Tout de suite, la suite !

Je voulais remercier Margaux, Guest & ShainaCobra pour leurs petits messages sur les chapitres précédents, ça motive vraiment à vous montrer la suite de cette histoire ! :D


Chapitre XVI : 15 juin 1999 :

Voilà deux semaines qu'Hermione et Drago ne s'étaient pas dits un seul mot. Chacun restait campé sur ses positions, sans baisser la garde, sans décolérer ne serait-ce qu'un peu. Drago était furieux d'avoir été autant accablé et d'avoir été planté salement dans sa propre maison. Quant à Hermione, elle était en rogne de voir que Drago Malefoy restait toujours le même, que l'espoir était vain voire même ridicule pour une possible rédemption. Pour pouvoir changer, il fallait un minimum le vouloir. Mais lui ne savait même pas qu'il devait changer de comportement avec les gens, alors quelles étaient les chances qu'il veuille faire ne serait-ce qu'un effort pour être légèrement plus agréable envers les autres ?

Hermione avait échoué pendant quelques minutes à son réveil le lendemain, repensant subitement à tous ces ouvrages qui auraient pu lui servir. Elle aurait peut-être pu trouver un remède au sort d'amnésie, elle aurait pu retrouver ses parents… puis elle s'était ravisée, prétextant que sa vie était ratée et que de toute manière il n'y avait aucun espoir pour ses parents . Oui, elle en était arrivée à un tel niveau de haine qu'il lui était impossible de raisonner objectivement et de conserver une lueur d'espoir pour un avenir avec ses parents. Il l'avait rendu maussade, aigrie. Elle perdait foi en l'espèce humaine et se demandait parfois si elle avait bien fait de placer sa confiance en elle. Et depuis deux semaines, rien n'avait changé, la colère était encore bien présente.

Ce n'était pas June qui allait le contredire. Hermione était d'une humeur exécrable lorsqu'elle la retrouvait et fut presque contente quand la pause déjeuner sonna. Hermione avait rendez-vous avec Harry ce midi. Elle n'était ni enjouée, ni malheureuse, elle restait en colère. Non pas contre Harry, juste en colère contre la terre entière.

"Hey Hermione, tu vas bien ?"

"Très bien merci, et toi ?"

Harry regarde sa meilleure amie avec de gros yeux. Le ton qu'elle avait employé ne lui était pas habituel et il était sûr et certain qu'elle n'allait pas "très bien merci".

"Houla… ça n'a pas l'air d'être la grande forme toi ! Tu as passé une sale matinée ?"

"Ecoute Harry si c'est pour me faire la leçon ça ne sert à rien, c'est clair ?"

"Heu… Bon… bonne ambiance ce déjeuner avec toi…"

Hermione soupira bruyamment et se plongea dans la lecture du menu qu'elle connaissait pourtant par cœur. Voulant à tout prix briser le malaise d'Harry, Hermione lança d'un ton banal, qu'elle voulut le moins cinglant possible :

"Comment vont Ron et Ginny ?"

Vu le regard que lui lança le jeune homme, elle ne sut dire si elle avait réussi à détendre l'atmosphère. Harry répondit, un peu méfiant, ne sachant pas vraiment sur quel pied danser :

"Oh… et bien… ils vont plutôt bien !"

"Plutôt bien ? C'est-à-dire ?"

Harry repensa soudain à Kate, la jeune femme avec qui Ron venait de faire connaissance. Cela faisait déjà deux semaines qu'ils s'étaient rencontrés, et le courant passait définitivement bien entre eux. Harry ne savait pas si cela allait mener quelque part mais ils se voyaient relativement souvent et il était certain qu'Hermione aimerait être mise au courant, et cela l'aiderait sûrement à passer à autre chose. Pour Ron, les choses semblaient se faire plus facilement, même s'ils n'en parlaient que très peu ensemble.

"Et bien Ginny s'entraîne énormément en ce moment, elle est très concentrée sur le Quidditch, il y a de fortes chances qu'elle soit repérée pour la saison prochaine par une belle équipe… ses entraîneurs sont confiants !"

"Quelle belle nouvelle ! Sincèrement, cela me met un peu de baume au cœur… Nous n'avons plus qu'à croiser les doigts pour elle, c'est son rêve !"

"C'est son rêve oui, j'espère que nous n'aurons pas à déménager ceci dit…"

"Vous êtes sorciers tous les deux, si vous ne trouvez pas un moyen de vous voir souvent et facilement, je ne comprendrais pas !"

"Tu as raison… mais Ginny parle beaucoup d'aller vivre ailleurs… Elle a besoin de sa famille mais je crois aussi qu'elle aimerait prendre l'air…"

"Oh…"

Hermione sentait que sa journée n'allait pas s'améliorer. Voir Ginny et Harry s'en aller lui briserait sûrement le cœur. Ce n'était pas encore d'actualité, mais que ferait-elle sans ses meilleurs amis ? Bien sûr, Ron n'avait pas évoqué l'envie de partir, mais elle savait bien que leur relation ne serait sans doute jamais plus la même alors, elle avait besoin de garder Ginny et Harry près d'elle…

"Nous n'en sommes pas là après tout, rassure-toi Hermione…"

"En effet… et Ron ?"

Et voilà qu'elle revenait à parler de Ron, devait-il lui dire ?

"Et bien… que veux-tu savoir au juste ?"

"Pardon ? Comment ça, qu'est-ce que je veux savoir ? Je ne sais pas moi, s'il va bien par exemple…"

"Oh oui ! oui bien sûr ! et bien, ça va pour lui, ça va !"

Au moment même où Harry a vu le sourcil d'Hermione froncer, il comprit qu'il n'avait pas réussi à être réalisé.

"Harry Potter… Je ne suis pas d'humeur à jouer aux devinettes. Alors, si tu me caches quelque chose, et tu me caches quelque chose, je préfèrerais que tu n'insistes pas, et que tu avoues tout, maintenant."

"Je ne suis pas certain que ce soit la journée justement…"

"Tu en as déjà trop dit imbécile !"

Harry baissa la tête, accélère largement le regard de sa meilleure amie. Et Hermione sut qu'elle n'aurait pas dû sortir de son lit ce matin.

"Harry s'il-te-plaît… Quitte à ce que ma journée soit bien pire encore, c'est mieux que ce soit dit maintenant…"

"Je ne sais même pas si je devrais t'en parler ! je ne sais pas si c'est à moi d'en parler ! et d'ailleurs je ne sais même pas de quoi je parle quand j'y pense… ce n 'est peut-être rien du tout…"

"Ron est malade ?!"

"Quoi ?! NON !"

"Alors dis-moi !"

"Bon… Ron a… rencontré une fille."

Le visage d'Hermione se décomposa instantanément. Harry s'en voulut beaucoup et tenta de recoller les morceaux de son cœur.

"Mais ça ne veut rien dire du tout ! Ils se sont rencontrés, c'est tout !"

En vérité, elle ne s'y attendait vraiment pas, elle était loin de s'imaginer que Ron était prêt à passer à autre chose, à "rencontrer" une autre fille, à ne plus l'aimer d'amour. Elle marmonna un rapide "bonne journée" à Harry et le laissa planté là, sans avoir déjeuné. Il fallait qu'elle parte, qu'elle rentre chez elle, qu'elle puisse respirer. Et Harry n'insista pas. Il savait qu'il allait se faire remonter les bretelles par Ginny lorsqu'il lui raconterait le soir venu. Et il n'avait pas besoin d'un sermon, il s'en voulait déjà bien assez comme ça. Il devait la laisser digérer la nouvelle, il espérait tout de même que cela l'aiderait à faire le deuil de leur relation amoureuse.


June n'avait pas été surprise de recevoir un message de la part d'Hermione lui disant que sa stagiaire ne serait pas là dans l'après-midi, elle n'avait pas cherché à en savoir plus, June avait bien comprit que la jeune femme n'allait pas bien, et finalement, elle préférait ne pas la voir, tant que les journées étaient pesantes avec elle depuis quelques temps. Hermione était précieuse pour l'avenir du Ministère, elle en était persuadée. Elle ne lui tiendrait donc pas rigueur de ses dernières actions. Ce n'était qu'une passade, il lui fallait juste un peu de temps pour régler ses problèmes, du moins, c'est ce qu'elle espère.


Hermione rentra chez elle, jeta son sac au sol, retira sa veste de ses épaules et s'effondra, à genou sur le carrelage froid de son entrée. Les larmes vinrent embrumer sa vision et bientôt, elle sentit son cœur se serrer de plus en plus et sa respiration lui manquer. Elle avait besoin d'eux, plus que jamais. Elle sortit rapidement de chez elle et alla s'isoler pour transplaner. Elle longea les nombreux sentiers, les larmes dévalant toujours le long de ses joues, jusqu'à retrouver la maison de ses parents. Enfin, ce qu'ils croyaient être leur chez eux, car tout était faux, ce n'était pas chez eux, qu'est-ce qu'ils faisaient encore là bon sang ? Ils avaient déjà fait tout ce chemin, combien de temps pourraient-ils revenir chez eux, auprès d' elle ? Et avaient-ils vraiment fait tout ce chemin pour elle ? Avaient-ils pressenti que leur place était en Angleterre ? Sentaient-ils la tristesse de leur fille ? L'amour surpasserait-il la magie ? Cela avait été possible pour Harry, pourquoi pas pour elle ?

Elle s'assit à même le sol, dans l'herbe humide, contre un arbre sûrement là depuis des décennies. Elle pouvait voir ses parents dans leur salon, toujours assis sur leur canapé, sans s'adresser à un mot. Cela ne consola pas Hermione qui pleura plutôt et préféra enfouir son visage dans ses mains pour laisser ses larmes couler jusqu'à ce qu'elles ne puissent plus. L'avenir sembla trouble pour Hermione et la solitude l'accabla, comme jamais auparavant. Maïs…

« Hermione… ?


"Oh Ginny, j'ai fait une erreur aujourd'hui…"

"Par Merlin Harry qu'est-ce-que tu vas m'annoncer ?!"

"J'ai parlé de Kate à Hermione…"

"Pardon ! Mais quel idiot… !"

"Je sais ! pris de remords j'ai essayé de la retrouver… mais impossible… elle était censée être au ministère, June a reçu une note d'Hermione signifiant qu'elle ne serait pas là cet après-midi, alors j'ai pensé qu'elle serait chez elle… mais… personne…"

"Par Merlin…"

"Tu crois qu'elle cherche Ron pour le tuer ?!"

"Mais non enfin ! Réfléchis un peu… elle doit se sentir tellement triste… et où va-t-elle lorsqu'elle se sent démunie ?"

"Chez ses parents… bien sûr !"

"Bien sûr… Mais aucune idée de l'endroit où ils vivent… Je vais attendre chez elle le temps qu'elle rentre… Je t'enverrai un hibou quand j'en saurais plus !"


Il se tenait là, devant elle, à quelques mètres. La dernière personne qu'elle aurait imaginé voir apparaître à cet instant, et pourtant, il était bien là, hésitant à s'approcher davantage. Hermione voyait bien l'incompréhension dans son regard mais elle n'avait pas la force d'expliquer quoique ce soit.

"Ce n'est pas le moment Malefoy... vraiment pas tu vois… et comment tu as su que…"

"C'est ici que tu viens quand ça ne va pas. Je t'ai vu partir de chez toi comme une folle… j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond…"

"Et donc, tu m'as suivi ?!"

« J'ai pensé que… et merde ! Non, je ne sais pas ce que je fous ici d'ailleurs ! Allez, bonne fin de journée Granger ! »

Et il rebroussa chemin. Hermione le vit petit à petit s'éloigner et elle sentit son cœur se vider en même temps qu'elle le voyait disparaître. Drago avait comblé une infime partie de sa solitude au moment où il était apparu à Hermione, elle ne devait pas le laisser partir. Elle se redressa et cria son nom. Il s'arrêta net et prit une grande inspiration avant de se retourner et de lui faire face. Il la vit s'effondrer au sol, le visage fatigué. Il s'empressa de la rejoindre et posa une main sur l'épaule de la jeune femme. Il ne savait pas pourquoi il avait fait machine arrière, ni pourquoi il tentait de la réconforter. Il le faisait sans trop y réfléchir.

"Allez Hermione, relève-toi maintenant… rentrons… tu te fais du mal à rester ici… nous allons reprendre nos recherches, d'accord ?"

Il attrapa ses mains et la força à se relever du sol, mais elle était épuisée, son corps faillit légèrement, et Drago la tint contre lui pour ne pas qu'elle tombe. Il marmonna :

"Regarde-toi Granger… tu fais pitié à regarder… héroïne de guerre… J'aimerais savoir qui de vous trois à sauver les deux autres sérieusement…"

Hermione n'avait pas le courage de remettre Drago à sa place, elle se laissa aller. Sentir la chaleur humaine émaner du corps du jeune homme suffisait à la faire se sentir moins seule au monde. Alors, elle profitait de cet instant, jusqu'au moment où il la repousserait et lui dirait de reprendre le dessus, de se relever, d'être moins pathétique.

"Pourquoi faut-il toujours que je sois celui qui te retrouve dans cet état ?"

C'est toi qui est venu à moi , pensa Hermione.

"Si tu n'étais pas si faible tu répliquerais sûrement que j'ai choisi de me foutre dans ce pétrin, n'est-ce pas Granger ?"

Il voyait bien que toutes ses tentatives pour la faire réagir ne suffisaient pas cette fois. Alors, il suivit son instinct et la serra plus fort contre lui. Il ne tiendrait pas longtemps comme ça, cela le démangeait de s'éloigner d'elle, il sentait des picotements lui parcourir tout le corps. Mais il sentait que c'était ce dont elle avait besoin, alors il le faisait, le temps qu'il pourrait lui-même accepter cette proximité. Hermione apprécia immédiatement l'emprise plus importante qu'exerçait Drago sur elle. Cela la rassurait et lui procurait un bien fou, elle avait l'impression que cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps. Ce n'était pas son genre de faire tout ça, alors elle prit sur elle et puisa dans ses dernières ressources pour relever la tête et se battre, montrer à Drago qu'il pouvait la lâcher, qu'elle ne tomberait pas.

Chacun se détacha silencieusement de l'autre et s'examina de loin. La gêne, la tristesse, la colère, tous ces sentiments mélangés. Les larmes avaient fini de couler, Drago avait une nouvelle fois réussi à apaiser Hermione. Cette pensée le fit sourire intérieurement, il se sentait bien mieux en voyant les traits de son visage se détendre doucement. Elle avait encore les joues rouges et humides d'avoir trop pleuré, ses cheveux partaient dans tous les sens, mais elle restait belle s'il se l'avouait vraiment. Et il ne l'avait jamais trouvé "belle", pourquoi à cet instant, alors que rien n'allait, il pouvait se dire qu'elle l'était ?

Hermione regardait Drago, comme hypnotisée par ses yeux gris bleutés. Ils dégageaient toute la bienveillance qu'elle avait tant cherchée auprès de Drago sans jamais la percevoir, sans la trouver sincère et touchante. Pourtant, elle la voyait, elle avait l'impression de presque pouvoir la toucher du doigt. Qu'est-ce-qui avait changé ? Leur dispute avait peut-être fini par les aider à se comprendre et Drago s'était peut-être remis en question ? Il fallait rester méfiante, elle le savait, tout était si fragile avec lui. Mais elle arrivait difficilement à contenir l'espoir qui renaissait peu à peu dans son esprit.

Poussée par cet élan, Hermione se rapprocha instinctivement de lui. Ils étaient maintenant assez proches pour sentir le souffle chaud de leurs respirations. Elle ne savait pas très bien ce qui la menait là après cette journée chaotique mais elle en avait envie, sans comprendre pourquoi. Et il ne bougeait pas, comme paralysé. Qu'y avait-il dans sa tête à ce moment précis ? Tant pis, leur relation était déjà très fragile, elle ne perdait rien à ne plus réfléchir et se laisser porter par son instinct. Alors, elle posa ses lèvres sur celles de Drago. Et il ne bougeait toujours pas. Il se laissait faire.

Qu'était-il en train de se passer ? Drago reprit peu à peu ses esprits. Hermione était bien trop proche de lui, vraiment trop proche. Il fallait qu'il réagisse, et vite. Ils ne devaient pas faire ça ! Il attrapa les épaules d'Hermione et l'éloigna de lui. Il ne savait pas ce qu'il devait dire, il paniqua. Il bégaya et ne prit pas la peine de vérifier s'il était visible, il transplana dans l'instant.

"Par Merlin, qu'est-ce que j'ai fais ?"


"PLOC"

« Par Salazar Drago ! tu m'as fait peur !

"Blaise !" Bordel mais qu'est-ce-que tu fais ici ?!

Blaise était confortablement installé sur le lit de Drago, semblant l'attendre depuis un bon moment déjà. Il s'était vivement redressé en voyant son meilleur ami apparaître dans la pièce.

"Je t'attendais! Ta mère m'a dit que je pouvais patienter ici! Elle n'a pas su me dire où tu étais! Apparemment tu es parti à toute vitesse on ne sait où…"

Drago évita le regard de Blaise. Tout lui revint subitement en tête, Hermione partant de chez elle en pleurs, la maison de ses parents, lui la prenant dans ses bras, elle qui… l'embrasse… lui qui… ne bouge plus. Par Merlin qu'est-ce qu'il venait de se passer ?!

"Drago, tout va bien ? Tu es livide… déjà que tu n'as jamais l'air très en forme, là je te jure, tu me fais peur…"

"ça va ça va…"

"Tu as fait une mauvaise rencontre ?!"

"On peut dire ça, oui…"

"Raconte !"

Le jeune Malefoy s'installa dans son fauteuil et prit sa tête dans ses mains. Il soupira.

"Tu ne me croiras pas…"

"Tu sais bien que si !"

"Je t'assure… même moi je n'y crois pas… Je ne sais pas ce qu'il s'est passé…"

"Oh là, ça m'a l'air grave… tu veux que j'appelle ta mère ?!"

"NON ! Surtout pas !"

"Bien ! Entendu… mais dis-moi dans ce cas !"

Il fixa Blaise un instant. Il chercha le moyen de lui expliquer, par où commencer ?

"J'étais… Je suis allé… J'ai… Je l'ai retrouvée! elle était dans un état pas possible… je pense que ça n'allait pas à cause de ses parents… et…"

"Attends, attends ! Je ne comprends rien… De qui tu parles ?!"

"Mais d'Hermione bon sang !"

Cela semblait tellement logique à Drago que Blaise n'insista pas sur ce point.

"Hermione… d'accord… bon et ensuite ?!"

"J'ai essayé de l'aider… qu'elle arrête de pleurer !"

Blaise commençait vraiment à s'inquiéter. Drago semblait paniqué, et cela ne lui ressemblait pas d'aider les autres, encore moins Hermione Granger. Que s'était-il passé ?

"Qu'est-ce-que tu as fait pour l'aider ?"

Drago avala difficilement salive. Il osait à peine dire qu'il l'avait prise dans ses bras, comment pourrait-il annoncer à Blaise ce qu'il s'était passé ensuite ?

"J'ai… Je ne sais pas… je l'ai relevée du sol et ensuite… il se pourrait que je l'ai prise dans mes bras… juste pour la calmer, tu sais ! Elle n'arrêtait pas de pleurer, elle était pitoyable je te jure… C'était juste pour qu'elle arrête… Je n'aurais pas dû faire ça…"

"Attends… Tu es dans cet état parce que tu l'as prise dans tes bras ?! C'est ça ton histoire ?! Alors oui c'est un peu inattendu de ta part et surtout pour elle… Mais… tu as fait ce que n'importe qui aurait fait Drago, tu n'as pas à t'en faire…"

Drago regardait Blaise comme s'il était fou. Si, c'était déjà extrêmement étrange jusque là. Peut-être que la suite lui suffirait à changer d'avis.

"Ce n'est pas le pire de tout Blaise… en fait, ce n'est rien à côté du reste…"

"Par Merlin, j'en tremble d'avance…"

"Elle m'a embrassée."

Blaise ne riait plus du tout maintenant que Drago avait posé la bombe. Il ne savait plus quoi répondre, il ne s'y attendait vraiment pas. Il avait souvent lancé des pics à Drago concernant Hermione, sans jamais être sérieux. Il n'imaginait pas une seconde qu'il pourrait se passer quoique ce soit entre ces deux-là. Il voyait mieux pourquoi Drago avait déclaré qu'il ne le croirait pas. C'était vrai, il avait beaucoup de mal à assimiler la nouvelle. Et il ne trouva rien de mieux à dire :

"Mais… du coup… vous êtes ensemble tous les deux ?"

"Quoi ?! Tu te fous de ma gueule ?! Non mais ça va pas !"

"OK ! Ok ! désolé j'ai vraiment du mal à vous suivre tous les deux…"

"Il n'y a pas de "tous les deux", rien du tout c'est clair ? Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais ça n'arrivera plus, c'est certain."

"On ne devait déjà pas que ça arriverait une fois alors je m'attends à tout maintenant…"

"Rassure-toi, ça n'arrivera plus, je ne vais plus la revoir."


Hermione avait suivi de peu Drago mais avait eu la lucidité de se cacher pour transplaner dans le lieu habituel. En passant devant la maison des Malefoy, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers les fenêtres donnant sur les chambres de l'étage, mais elle ne vit personne à travers. Elle repensa à ce qu'elle avait fait quelques minutes plus tôt, mais que lui était-il passé par la tête pour faire une chose pareille. C'était comme se jeter dans la gueule du loup. Il ne voudrait surement plus la revoir, ni même l'aider pour ses parents, elle avait tout gâcher. Elle entra chez elle, désespérée. Quelle fut sa surprise quand une tornade rousse sauta presque sur elle pour l'enlacer.

"Hermione ! Enfin tu es là ! Tu m'as fait une de ces peurs !"

Ginny était là, la serrant contre elle, comme l'avait fait Drago juste avant. Ginny la força à la regarder droit dans les yeux, ses deux mains contre les joues d'Hermione.

"Viens, j'ai préparé du thé en t'attendant… Je vais envoyer un hibou pour rassurer Harry !"

Elle la conduisit dans son propre salon, Hermione n'avait pas encore dit un seul mot. Elle fut soulagée de voir Ginny, cela lui fit un bien fou de trouver sa meilleure amie, aux petits soins pour elle. Ginny s'affairait autour d'elle pour écrire un mot à Harry. Hermione s'installa dans son fauteuil et ferma les yeux un instant pour souffler. Ginny vint quelques minutes plus tard, sur le canapé en face d'elle.

"Je suis désolée que Harry soit un goujat…"

"Oh… il fallait bien que quelqu'un me le dise…"

"Mais, il ne s'est rien passé avec cette Kate encore !"

"Kate". Elle avait déjà un prénom. C'était déjà énorme pour Hermione.

"Il fait ce qu'il veut Ginny… C'est juste que je ne pensais pas qu'il était prêt à tourner la page définitivement… j'étais loin de penser à tout ça en fait…"

"Tu étais chez tes parents c'est ça… ?"

L'épisode avec Drago lui revint soudain en mémoire, elle espéra que ses émotions ne se lisent pas sur son visage. Elle évita le regard de Ginny.

"J'avais besoin de les voir…"

"Je comprends… tu as l'air d'avoir beaucoup pleuré… mais tu m'as l'air aussi un peu soulagée alors tu as sûrement bien fait !"

Oui, Ginny, elle avait beaucoup pleuré, elle se sentait mieux, apaisée, mais ses parents n'y étaient pour rien. En réalité, les voir lui avait fait beaucoup de mal, tant qu'ils paraissaient plus malheureux de jour en jour. C'est Drago qui avait fait le reste. Mais elle ne se sentait pas capable de tout lui raconter, elle était encore trop mal à l'aise face à la situation.

"Je me sens mieux oui… très fatiguée mais mieux…"