Chapitre 2.

Il était mort.

Dumbledore était mort. Hermione l'avait deviné au cri de McGonagall qu'elle avait entendu depuis les tréfonds des cachots.

Elle avait quitté les quartiers de Snape et suivit le mouvement de foule jusqu'au pied de la tour d'astronomie. De là, des exclamations d'horreurs, la marque les ténèbres dans le ciel et tous ces élèves brandissant leurs baguettes pour la faire disparaître.

Hermione avait observé ce spectacle au beau milieu la horde sans un mot, sans un geste, la bouche pincée et le regard dur.

Pour elle, ce n'était guère une surprise. Quant à trouver le coupable, elle le connaissait d'avance en la personne de Dumbledore lui-même. Peut-être que quelqu'un d'autre l'avait balancé de là haut, mais elle s'en fichait bien : il était condamné de toute façon, il le lui avait dit lui-même.

Hermione soupira alors de lassitude. Les obsèques du vieil homme avaient pris une autre dimension que celles de Snape. Des délégations avaient été accordées à BeauxBatons ainsi qu'au ministère afin d'assister à cette cérémonie. C'était bel et bien une assemblée de centaines de sorciers qui s'était donnée rendez-vous afin de rendre un hommage au dernier directeur de Poudlard, et ce sans compter sur les professeurs, les fantômes, les centaures et autres êtres du lac noir comme de la forêt interdite.

Oh, ils étaient loin des douze pauvres sorciers présents ce jour-là devant ce cercueil minable en vieux bois. Mais Hermione se targuait de l'avoir rendu tellement plus beau et confortable, avec cette cape épaisse qu'elle avait déposé sur lui et tout ces lys blanches qu'elle avait invoqué une fois rendu en face de son corps inerte. Est-ce que cela valait un linceul d'or ainsi que cette vue incroyable du loch ? Non. Mais au moins, elle pouvait aller le visiter quand bon lui semblait, et s'occuper elle-même de son monument.

Sans un mot, elle était reparti une fois le lancé de flèches tendues par les centaures. C'est le soir-même qu'elle avait rejoins un Harry déprimé et un Ron dépité en haut de la tour d'astronomie, à l'endroit même où Dumbledore était mort pour leur dire qu'elle les suivrait. Ils n'en avaient d'ailleurs pas cru leur oreilles. La jeune femme avait affiché une détermination sans faille, alors ils avaient naïvement pensé que c'était en lien avec le trépas terrible du directeur…

Mais Hermione avait une toute autre idée en tête. Néanmoins, les habitudes avaient la vie rude, et ne plus pouvoir se rendre sur la tombe de Snape avait des effets plus néfastes sur elle que ce qu'elle avait pu imaginer.

Au départ, elle avait senti comme un noeud dans son estomac, mais plus le temps avançait, plus le manque se faisait grand. Alors, elle pleurait, seule, en silence, croisant les doigts pour que ni Harry ni Ron ne l'entende, ce qui était bien compliqué à faire au 12 Grimmauld Place, endroit où ils créchaient depuis l'attaque dont ils avaient fait l'objet. Harry était déjà trop préoccupé par sa propre situation pour se pencher sur celle de son amie avec plus d'investissement, mais il en était tout autre de Ronald Weasley.

C'est lors d'un énième soir qu'il se leva brusquement de sa couche.

« Qu'est-ce que tu fais ? marmonna Harry.

_ La voir.

_ Elle ne voudra pas de toi ni te parler, tu la connais. »

Ron se tourna ainsi vers son meilleur ami, la mine triste.

« Ça ne coute rien d'essayer. »

xXx

Elle avait juste senti un poids affaisser son matelas, et son visage afficha une mine choquée et déstabilisée à la fois. Ron la fixait, les lèvres pincées, alors Hermione s'empressa de sécher ses larmes.

Mais cela ne servait à rien, elle le savait.

« Ron, dit-elle d'une voix chevrotante, mal à l'aise. Qu'est-ce que tu fais là ?

_ Tu n'es pas seule tu sais. »

Le rouquin posa une main chaleureuse sur celle de la jeune femme. Elle la fixa un moment, observant comme sa paume était plus large que la sienne, sa peau plus blanche aussi. Hermione se racla la gorge et se redressa, rassemblant ses genoux contre elle en ôtant ses doigts des siens.

« Désolée, je suppose que c'est la pression et la solitude, soupira-t-elle avec nervosité. »

Ron finit par s'adosser à ses côtés en soufflant lui aussi.

« Je sais que ces derniers temps ont été difficiles. »

Hermione déglutit. Il savait ? Oh non, il n'en savait rien. Elle voulut protester de tout son coeur, mais n'en trouva pas la force.

« Loin de Poudlard, de nos habitudes.

_ C'est dur pour moi de rester ici.

_ Je sais, pour moi aussi. Hermione… Je suis si désolé, de t'avoir convaincu de nous suivre.

_ Je ne suis pas sure que j'aurais été mieux à rester là bas pour ma dernière année tu sais. »

Ron acquiesça dans le vide.

« Je suis triste pour mon frère Charlie.

_ Oui, ce mariage a vraiment été une catastrophe. »

Hermione hocha la tête, puis finit par pleurer en silence, avant de laisser échapper un sanglot.

Ron l'observa une seconde avant de soupirer et de la prendre par les épaules, tout contre lui.

« Hermione, s'il te plait, ne pleure plus.

_ Je ne peux pas Ron, lui dit-elle en reniflant dans son mouchoir de tissu imbibé de larmes. C'est si difficile, je ne pensais pas que tout se passerait comme ça. Le professeur Snape est mort, il est mort, j'ai voulu croire que c'était une blague de mauvais gout durant toutes ces semaines, tu n'imagine pas. J'ai vérifié plusieurs fois son corps, je croyais qu'il avait pris une potion pour feindre sa mort, pour qu'on le laisse tranquille. Il en aurait été capable, mais non, non. »

Elle fut pétrie par l'envie de lui demander ce qu'il s'était passé entre lui et Snape avant cet accident, ce qui avait causé son renvoi temporaire. Mais ce n'était guère le moment. Ron l'écouta avec attention, sans jugement, sans l'interrompre et elle… pour la première fois depuis tout ce temps, parlait enfin de son ressenti vis-à-vis de ce deuil qu'elle ne parvenait pas à faire.

Elle ne voulait toujours pas y croire.

« C'était si soudain, finit-elle par murmurer, les yeux rivés sur ses mains. Je ne pensais pas que ça arriverait, pas comme ça. Je suis désolée encore de t'offrir ce spectacle lamentable.

_ Non Hermione, ne le soit pas. C'est à ça que servent les larmes, évacuer le chagrin quand il est trop fort.

_ Dans ce cas, je risque de mourir de déshydratation, rit-elle doucement. »

Ron lui adressa un sourire en serrant encore un peu plus son corps. Hermione finit par fermer les paupières, et posa sa joue sur son pectoral, bercé par sa chaleur et son coeur battant… un contact qu'elle n'avait plus désormais.

« Merci, soupira-t-elle. Tu ne méritais pas ce que je t'ai fais ces derniers temps.

_ Comment ça ?

_ Je sais que tu es au courant pour l'accident de potions, le changement de corps, et le reste. »

Ron déglutit avec difficulté en serrant le poing. Etait-ce à cause de lui que Snape était mort ? Il n'en savait rien, ne le saurait sans doute jamais, et cela était en train de le consumer.

« J'aurais du te le dire tout de suite.

_ Non, je comprends, dit-il en posant sa main sur la sienne. Je comprends Hermione, c'était une situation délicate et compliquée.

_ Snape était quelqu'un de bien tu sais. Il était de notre côté depuis le début, et il espionnait les mangemorts pour le compte de Dumbledore. »

Ron leva les sourcils face à ces révélations… avant de se sentir plus mal encore. Impossible, Snape était leur ennemi.

« Mais… attends, tu l'as dis à Harry ?

_ Non, souffla-t-elle. Mais je sais qu'il le détestait car il a longtemps était amoureux de sa mère et qu'il n'avait pas réussi à la protéger, malgré tous ses efforts. C'est même lui qui a récupéré son corps ce soir-là, et prévenu les autres. Autant te dire que le voir le renvoyait à son échec. »

Le coeur de Ron sembla s'arrêter, et il perdit toute couleur.

Il l'avait frappé. Par pure jalousie. Il avait peut-être causé la perte d'un homme qu'il croyait abominable alors qu'il tenait justement une position cruciale dans le déroulée de cette guerre. Alors, il commença à avoir la nausée. Etait-il un... meurtrier ? Pouvait-il aller jusque là par pure jalousie ? Cela l'effrayait.

« Hermione, je…

_ Ron, s'il te plait ne lui dit rien, il a déjà assez à faire avec ces histoires d'horcruxes. Et de toute façon, on ne peut pas changer le passé. Severus est mort. »

Le concerné hocha la tête. Oui, elle avait raison. Il n'y avait plus rien à faire. Ron se décala, prêt à s'en aller, mais Hermione le retint.

« Ne me laisse pas seule.

_ Hermione, soupira Ron en tremblant. Tu sais, je ne vais pas bien non plus, entre les dégâts sur ma famille et le reste, alors je ne sais pas si c'est vraiment judicieux.

_ Qu'est-ce que tu veux dire ?

_ On était ensemble avant, tu te souviens ? »

Il n'y avait aucune brutalité dans ses paroles, aucune agressivité. Hermione leva le visage vers lui, et déglutit. Cela faisait si longtemps, elle avait si mal.

Elle aurait tout donné pour que l'homme la prenant dans les bras soit Severus Snape, mais il n'était plus là, et personne n'avait les épaules pour colmater ces fissures dans son coeur brisé.

Alors, elle s'avança avec hésitation, et posa sa bouche sur la sienne.

Immédiatement, la culpabilité l'étreinte et elle se recula avec honte. Ron sentit sa gorge se serrer. Il retrouvait ce contact qu'il avait tant attendu... mais elle était encore si mal.

« Hermione…

_ Excuse-moi.

_ Non…Non, ne t'excuse pas, je ne t'aurais pas laissé faire si j'en avais pas eu envie. Je suppose que c'est une façon de se réconforter comme une autre, non ?

_ Possible. »

Hermione leva de nouveau un coup d'oeil timide vers son ami, qui hésita avant de se pencher sur elle et de l'embrasser à son tour.

Ce baiser-là était délicat, timide, il n'y avait pas de passion ou d'intensité, mais bel et bien un profond amour. Ron l'aimait, elle le savait. Que ce soit en tant que personne, amie, ou plus, cela elle l'ignorait, mais il lui donnait de l'amour.

Et elle, tout ce qu'elle faisait depuis tout ce temps, c'était parler à une tombe.

Alors, elle ne dit rien lorsqu'il l'allongea doucement sur son lit, rien lorsqu'il monta sur elle, retirant ses boutons, baissant lentement le pantalon élastique de pyjama qu'elle portait. Mais Hermione était toujours aussi bouleversée.

Il ne le remplacerait jamais.

« Ron, je ne sais pas, finit-elle par murmurer, hésitante alors que ses mains caressaient ses cuisses.

_ Tu es encore triste, je sais. Je voulais juste te changer les idées, pour que tu te sente mieux. »

La jeune femme soupira en déglutissant. Elle se trouvait à présent en sous vêtement, sous le corps si massif de son meilleur ami qui, son pubis contre le sien, lui provoquait une agréable chaleur, elle devait l'admettre.

Ça n'irait pas mieux, non. Mais elle pensait un peu moins.

« D'accord, finit-elle par murmurer, les larmes aux yeux.

_ Tu es sure ? demanda Ron avec difficulté devait-il l'admettre car il se trouvait vraiment excité par le corps quasi dénudé de la jeune femme qui avait déjà les jambes écartées autour de son bassin.

_ C'est bon Ron, murmura Hermione en ravalant son abattement.

_ Hermione, je ne peux pas te faire ça si tu ne vas pas bien. Tout ce que je veux, c'est te réconforter.

_ Je vais mieux, je t'assure… Tu as raison. Maintenant… continue. S'il te plait. »

Ron serra la mâchoire lorsqu'elle s'allongea complétement, soupirant de bien être lorsqu'il bougea contre elle. Elle l'y encouragea et s'en suivit alors une série de plusieurs autres murmures. Elle se retenait, de toute ses forces de ne pas le comparer, de penser à autre chose, d'oublier Snape, au moins pour un temps.

Ron se déshabilla alors entièrement, l'aidant à retirer les derniers remparts à sa chair alors qu'elle sentait l'excitation prendre part en elle. Il approcha ainsi son membre de son entrée, et elle lui intima en plusieurs soupirs de la prendre, ce qu'il fit.

La jeune femme passa ses mains dans son dos musclé et massif, sentant son parfum sucré sur sa peau, alors qu'il se hâtait en elle. C'était si bon, qu'elle se perdit enfin un instant, le plaisir uniquement sexuel s'emparant de son être tout entier.

Ils prenaient garde à ne pas faire trop de bruit afin de ne pas alerter Harry, Hermione lançant un sort s'insonorisation sur ce maudit lit qui grinçait. Malheureusement, une fois rendue dans le calme des corps, dans cet acte purement physique, son esprit reprit le dessus.

Il lui manquait tellement. Sa voix grave, son parfum ambré, son corps dans le sien, le toucher de ses doigts si fins, la tiédeur de son corps, la mollesse de ses muscles qui rendait la rudesse de ceux de Ron inconfortables. Il lui manquait ses mots, et ses sarcasmes, sa façon de la connaître avec tant de perfection.

Mais en plusieurs coups de reins un peu plus intenses, Hermione sentit des étoiles envahir ses yeux qui s'humidifièrent de nouveau.

Severus, elle n'arrivait plus à penser sans lui, plus à vivre, ni à quoique ce soit d'autre. Il l'avait marqué au vif. C'est ainsi que des larmes perlèrent encore et encore sur ses joues sans que Ron ne le remarque.

Le garçon était bon dans le domaine, elle le savait. Alors, elle s'accrocha à son corps, suivant ses mouvements erratiques en elle, atteignant tout de même cet espèce d'orgasme amer, fermant les yeux si forts pour l'imaginer à sa place.

« Severus, jouit-elle, au comble de la félicité. »

Il l'avait entendu.

Ecroulé sur elle, ayant jouis en même temps qu'elle, il n'avait pourtant pu ignorer ce prénom qui n'était pas le sien qu'elle avait crié au lit.

Et il aurait pu se vexer, si ce n'était pas celui d'un mort. Et si elle ne pleurait pas, encore.

xXx

Elle l'avait trahi. Ça n'était arrivé qu'une seule fois, et elle se jura que plus jamais elle ne reproduirait ce genre de choses. Il n'y avait plus que lui désormais, lui et uniquement lui.

C'est ce à quoi elle songeait alors qu'elle veillait comme chaque soir depuis plusieurs semaines, laissant une faible lumière allumée dans leur tente de fortune après avoir du quitter avec précipitation le QG de l'Ordre. Cela attirait les moucherons et les moustiques en fonction des endroits où ils se rendaient, Ron grognait en silence et Harry pestait plus bruyamment, mais Hermione laissait couler. C'était qu'elle avait des affaires plus importantes. Comme, faire taire sa culpabilité, et tout faire pour remédier à son problème.

Ce maudit horcruxe pendant autour de son cou, elle trifouillait ce fichu retourneur de temps avec son mini tournevis depuis au moins une heure. Chaque soir, Harry et son meilleur ami peinait à dormir, le silence au sein de cette tente uniquement dérangé par des bruits d'outils, de sorts et de grognements provenant de la gorge de la jeune femme.

Hermione avait refusé de dire ce qu'elle était en train de fabriquer. Elle avait simplement récupéré son retourneur de temps au Ministère, au prix d'énormément de risques par ailleurs. C'était que l'usage de ces trucs s'était avéré si risqué qu'il n'en restait plus beaucoup. Mais elle y avait été toute seule, et elle ne leur avait même rien dit quand elle avait pris du polynectar pour cela.

Harry avait piqué une crise, et elle l'avait ignoré.

« Qu'est-ce que tu fabrique encore ? marmonna Ron. »

Hermione soupira en redressant la tête.

« Il y a un problème ? demanda-t-elle en grognant.

_ Oui, je suis fatigué. Alors, j'estime au moins avoir le droit de savoir pourquoi tu fais tous ces bidouillages depuis notre départ. »

Le survivant se redressa de sa chaise, un peu groggy, lui qui s'était endormi assis, terrassé par la fatigue. Il se leva pour retrouver ses deux amis se faisant face dans leur salon de fortune.

« Je fais des expériences, siffla-t-elle.

_ A trois heures du matin.

_ J'ignorais qu'il y avait une heure pour partir à la guerre.

_ Tu n'es pas en train de combattre là, soupira le rouquin en passant une main sur son visage. Ecoute, je suis en train de virer taré avec tout ce bazar, comprends moi. On a tous besoin de sommeil.

_ Fous-moi la paix, marmonna-t-elle en tentant de revenir à sa besogne.

_ Tu ne veux rien partager, tu reste là, à faire tes petits trucs dans ton coin. On ne sait même pas ce que tu fabrique, on ignore tout, tu nous tiens volontairement à l'écart enfin Hermione ! Je croyais que tu savais dans quoi tu t'embarquais en acceptant de nous suivre ! gronda Ron, hors de lui.

_ Oui, moi aussi je croyais savoir dans quoi je m'engageais, lança Hermione d'un air rageur. »

Ron fixa la jeune femme d'un air interdit, et c'est ainsi que Harry prit la relève, clignant plusieurs fois des paupières.

« Attend Hermione, j'ai sans doute mal entendu là, intervint le garçon.

_ Au contraire, Harry, tu as très bien compris. N'étions-nous pas censé nous battre ? demanda Hermione avec rage. Et à la place, on crèche dans cette tente minable au milieu des bois, tellement humide et froide que personne ne trouve le sommeil et qu'on impute ça sur ma personne. On attend quoi, que les choses nous tombent sur le nez ? Ne comptez pas sur moi pour ça.

_ Bordel mais qu'est-ce que tu croyais ? Qu'on allait t'offrir une vie luxueuse rempli d'horcruxes à foison à détruire, que t'allais pouvoir retourner fleurir la tombe de ce traitre de Snape d'ici Noel ? s'emporta-t-il, hors de lui.

_ Je t'interdis de le traiter de la sorte, accusa la jeune femme. Tu n'as pas le droit. »

Ron prit une profonde inspiration avant de baisser les yeux, portant un masque de culpabilité sur ses traits sans défense son ami. Mais Hermione n'en resta pas là. Elle continuait de fixer Harry, les yeux injectés de colère.

« Oui, je croyais qu'on aurait au moins accompli quelque chose ! Et maintenant quoi ? On m'accuse d'essayer de faire changer les choses ?! »

Ron observa Hermione avec sidération. Elle tenta bien, de revenir à son travail, et Ron essaya de tempérer Harry en lui intimant de laisser couler, mais il n'en fut rien.

« On t'accuse de nous rendre barjot, continua-t-il.

_ Barjot ? T'en sais quelque chose, toi, de la folie peut-être ? Tu parles d'un survivant ! Même pas fichu de supporter un peu de sommeil en retard, histoire de se casser la tête à tenter de faire quelque chose. »

C'est alors que Ron vit ce collier de malheur pendre autour du cou de la jeune femme et fit un pas en avant.

« Hermione retire-le. Retire ce truc. »

Mais Hermione n'écouta rien. Elle envoya valdinguer la main tendue par son meilleur ami avec rage.

« Tu crois que j'ignore ce que ça fait que de se décarcasser ? s'emporta Harry en hurlant.

_ Non justement t'en sais rien Harry ! Tu ne sais rien de ce que ça fait ! Tu es un minable, tu es médiocre, inutile, un sorcier passable sans aucun talent, tout bon à être l'élu, qui ne craint pas la mort car tu ne connais rien au véritable amour comme moi je l'ai connu ! Parce que tes parents sont morts bien avant que tu puisse t'en rendre compte ! »

Harry fonça sur Hermione, prêt à lui lancer un sort mais la jeune femme fut plus rapide que lui et forma un bouclier avant de lui lancer la pareille. Ron tenta bien de s'interposer, mais le jeune homme ne put qu'observer la scène devant lui, totalement impuissant, leur sommant d'arrêter. Oh seigneur, depuis toujours, Harry avait tellement tempéré leur ardeur qu'à présent, le voici qui était au coeur de ce même conflit. Conflit dans lequel Ron n'osait même pas prendre part. Rien que l'évocation de Snape le rendait encore si honteux.

« Bordel mais casse-toi Hermione ! Si on ne te suffit pas, casse-toi ! hurla le survivant. Tu n'as jamais voulu venir de toute façon ! »

Hermione, encore trop furieuse, ôta le collier maudit de son cou avec force avant de le jeter sur le sol. Elle rassembla ses affaires dans sa petite besace qui faisait un bruit effroyable, se fichant des manuels qu'elle venait d'entendre en train de s'effondrer. Elle les ramasserait plus tard, elle les avait récupérer de l'impasse du tisseur, avant que…

Peu importe.

La jeune femme secoua la tête, réservant une place tout de même abritée à son retourneur de temps démonté, ses outils, la pierre ainsi que la montre de son ancien professeur de potion.

« Hermione, appela le rouquin avec désespoir.

_ Et toi alors, qu'est-ce que tu choisi ? »

Hermione fixa alors le rouquin, indécis, planté sur place et blanc comme un linge, la bouche bêtement ouverte comme une carpe hors de l'eau.

« Bien, très bien. Je le savais de toute façon.

_ Hermione…

_ Je ne sais pas ce que tu a fais, accusa Hermione avec un ton soudain bas et menaçant, mais tu as été renvoyé à cause de Snape et après, il lui est arrivé quelque chose. C'est pour ça que t'as l'air de te sentir si coupable.

_ Mais de quoi est-ce que tu parles ?

_ De Snape, de sa mort.

_ Quoi ? Mais… mais je t'assure, je n'ai rien fais, se justifia-t-il avec émotion. »

Hermione fixa le rouquin avec rage avant de sortir de la tente sans se retourner. Il lui mentait.

« Hermione ! Hermione, je t'assure ! Reviens ! »

Elle avait beau entendre son ex petit ami l'appeler, la supplier de faire machine arrière, elle alla plus loin et transplana, sans retour possible.

xXx

Hermione émit un soupir tremblant après avoir déglutit.

Elle se trouvait à Carbone-Les-Mines. Pas tout à fait à l'Impasse du Tisseur bien sûr… Cette demeure devait sans doute être gardée depuis que Dumbledore était mort. A la place, la jeune femme avait choisi de se téléporter vers une vieille maison tout près de la rivière. Ça ne payait franchement pas de mine, mais c'était tout ce qu'il y avait de tranquille dans les alentours de cette ville si pauvre… Et c'était le refuge qu'elle s'était choisi après que tout ce bazar ait commencé.

La dernière fois qu'elle s'était rendu au cimetière, elle avait fait une visite un peu plus approfondie des alentours et était tombée sur cette espèce de cabane à l'abandon. C'était le seul bâtiment qui n'était pas en brique. En réalité, cette vieille bicoque ressemblait plus à un abri pour bateau qu'à un réel refuge, mais elle s'en fichait bien.

De toute façon, elle n'avait pas l'intention de rester ici très longtemps.

Elle se sentait bien mieux sans ce collier autour du cou, elle le réalisa, tout comme elle se rendit compte de toutes ces choses horribles qu'elle avait balancé à Harry, sur ses parents, et le reste.

Mais… parler de Snape lui était si douloureux !

Hermione renifla avant d'aller ouvrir la cabane et de s'y enfermer. Seul un cadenas sommaire permettait cela, et elle parvint à le verrouiller à l'aide d'un sort.

Elle ne voulait plus penser à tout ça.

Il avait eu raison. Jamais elle n'avait vraiment eu envie de les suivre là dedans. Elle ne l'avait fait que pour donner du sens à la mort de Severus, mais c'était complètement idiot et elle s'était tellement bercée d'illusion. Elle eut envie d'en hurler de colère et de peine.

Bouleversée, elle se mit ainsi à penser au pire. A quoi bon vivre dans un monde sans lui ?


Je vois que ce retournement de situation soudain a fait mousse ! Je suis ravie de voir l'émotion que j'ai réussi à vous faire parvenir (ouais j'ai chialé mes grands morts aussi en écrivant le premier chapitre). Là, on va partir dans une tournure beaucoup moins fun que dans charges contraires, comme vous pouvez vous l'imaginer.

Chka, je suis ta review avec assiduité. Je ne peux en dire plus sur ce qu'il va se passer, mais je suis toute ouverte à vos suggestions pour la suite héhé