Chapitre 7.

Hermione finit justement par penser qu'aucun Dieu ne pouvait exister. Ou du moins, si c'était le cas, alors il avait tout bonnement ignoré son existence !

Snape lui avait fait part d'une espèce d'amourette étrange qu'il avait observé naitre entre Ronald Weasley et une certaine Lavande Brown.

Bien sûr, Hermione ne comprenait pas de quoi il voulait parler. Dans sa réalité, elle et Ron étaient déjà ensembles depuis l'été. Cela faisait donc sans doute parti de ces « détails » qui ne l'étaient plus vraiment, au final.

Car, fort de cette « relation », le double d'Hermione faisait ainsi ressortir toute sa jalousie et son amertume envers le rouquin, et la rumeur courait qu'ils n'étaient plus amis. Ainsi, adieu les vacances au Terrier, et… bonjour Poudlard pour cette autre version d'elle qui l'empêcha ainsi d'errer dans les couloirs sans faire naître de suspicion.

Dépité était un gros euphémisme pour désigner l'état mental actuel de la jeune femme. Elle était tout bonnement anéantie.

Elle s'ennuyait entre ces 4 murs et devenait même littéralement zinzin. Oh, Snape la laissait bien vaquer à des occupations bizarres, comme changer la disposition des meubles, la couleur de la tapisserie, ranger ses vêtements par ordre de couleurs (du noir plus foncé au noir légèrement moins foncé), il la laissait tricoter des trucs absolument abominables, s'essayer à tenir en équilibre sa baguette sur le bout de son index, prendre des bains à tour de bras avec des boules moussantes infâmes et même, apprendre la guitare (ça avait été une calamité). Mais rien ne remplaçait le contact humain. Ce qu'elle prenait au départ pour un soulagement devenait à présent un véritable calvaire !

Qui plus est, Snape était quant à lui, de plus en plus tendu. Malfoy fils faisait n'importe quoi, Dumbledore lui mettait une pression monstre à propos d'une histoire de souvenirs à récolter sur Tom Jedusor, et il avait du minimiser du mieux qu'il l'avait pu une attaque de mangemorts chez les Weasley. Ça n'avait même guère fonctionné d'ailleurs, étant donné qu'un incendie s'était déclaré et que les pauvres avaient du trouver refuge dans un autre endroit le temps de réparer les dégâts. Mais en plus de cela, lorsqu'il quittait ses quartiers, il ignorait dans quel état il les retrouverait sous une lubie soudaine de la cinglée qui lui servait de colocataire.

Il avait fini par comprendre qu'elle faisait tout pour s'occuper l'esprit, alors il avait évité de lui faire des remarques. Il fallait dire que la dernière fois qu'il s'était essayé à cet exercice, il s'en était souvenu… Alors il l'ignorait. Mais cela ne faisait que repousser le pire.

Entre la tension qui pesait sur ses épaules, et l'esprit d'Hermione qui déraillait, ils fonçaient droit dans le mur c'était évident.

Alors, lorsque la rentrée scolaire prit le relai après un Noel et un Nouvel an miteux, Hermione finit par définitivement plonger.

Snape qui l'avait occupé tant bien que mal par sa simple présence durant ces deux dernières semaines avec les préparatifs des fêtes qui n'avaient d'ailleurs, pas été très fameuses, n'était plus là durant les journées, forcé d'assurer ses cours.

Et la jeune femme songea qu'elle n'aurait pas pu vivre pire expérience encore.

Ne côtoyer que Snape était une chose, mais supporter la solitude une minute de plus était rendu pire que de plonger tête la première dans les rives du Styx.

Ce jour-là, elle avait épluché tous les bouquins de sa bibliothèque jusqu'à plus soif, refusant de lire pour la 30éme fois les contes de Beedle le Barde sous peine de le bruler dans un feu de joie. Alors, elle en avait jeté une bonne partie sur le sol avant de grogner. Elle avait parcouru tout ce qu'il pouvait posséder, et ce plus d'une fois !

Alors, elle fouilla plus encore à l'intérieur des étagères et vit trois énormes classeurs qu'elle n'avait pas encore essayé de sortir. Elle tenta alors de les tirer vers elle pour fouiller dedans. Elle n'était plus à ça près après tout… et elle était certaine que ces trucs devaient servir à stocker des papiers inutiles.

Mais lorsqu'elle parvint à les retirer de leur place, elle réalisa que c'était pas du tout des classeurs répertoriant ses cours ou tout autre chose.

Non, les tranches cachait un trou minime, d'environ 40 centimètres sur 30, mais dont la profondeur semblait presque infinie.

Et le teint d'Hermione devint blafard quand elle en sortit une bouteille, puis une seconde, une troisième et d'autres encore de différents alcool. Il y avait là du vin français qui devait couter une petite fortune, un magnum Ogden's Old Firewhisky, une bouteille d'excellent cognac charentais, une plus petite d'Explosard, du rhum groseille et surtout : de la Bièraubeurre.

Hermione se mit alors à fixer les bouteilles de cette dernière boisson d'un air nostalgique. Cela lui rappelait toutes ces soirées passés aux Trois Balais avec ses amis, toutes ces pintes qu'elle avait bu avec eux dans la joie et la bonne humeur.

Foutue pour foutue, la jeune femme décida de sortir un des deux pauvres verres que Snape gardait sur un meuble et se servit.

xXx

C'était silencieux… trop silencieux.

C'est ce à quoi songeait Snape en arrivant jusqu'à la gargouille gardant l'entrée de ses appartements. Il espérait qu'Hermione soit en train de faire quelque chose commode la peinture.

Bon, elle s'y était déjà essayé en vérité. Ça avait été affreux, vraiment horrible ! Il gardait le tableau dans sa chambre, un magnifique portrait de lui… Tellement superbe qu'il l'avait accroché, mais dans le sens inverse, la peinture face au mur. Alors, tous les soirs, Snape fixait le cadrage de la toile, parfois en en riant intérieurement.

Mais là, là c'était plus que suspect.

A peine ouvrit-il la lourde porte en bois, qu'une musique insupportable lui vrilla les tympans. Seigneur, le volume… ses oreilles auraient pu en saigner de douleur. Mais le pire était sans doute le spectacle qui accompagna l'ambiance sonore.

Snape se raidit à l'entrée, et il manqua pour la première fois de sa vie, de s'évanouir.

Elle était là, debout sur la table basse du salon en bazar, en culotte et se déhancha sur un air de vieux rock qui passait sur sa radio moldu.

« Hermione ! cria-t-il, à mi chemin entre le choc et la colère. »

La jeune femme l'ignora royalement. Pire que ça, elle continua de danser comme une demeurée en chantant, enfin, plutôt en hurlant les paroles en tournoyant sur elle-même.

Bon sang, si cette écervelée n'arrêtait pas tout de suite, elle allait finir par se rompre le cou !

« Miss Granger ! finit par s'égosiller Snape. »

Hermione se retourna alors, mais à la place de montrer une honte palpable, son sourire se fendit en largeur et elle descendit de la table comme si elle descendrait de minuscules escaliers. Sauf que cette dernière était beaucoup trop haute pour cela, alors Snape la rattrapa au vol avant qu'elle ne finisse par se tuer en s'écroulant à même son vieux parquet.

« Vous êtes malade ? lui gronda-t-il.

_ Severus, je vous ai attendu toute la journée, ça va bien ? lui demanda-t-elle en s'accrochant à son cou, toujours avec ce rictus débile sur le visage.

_ Non, ça ne va pas ! Drago me fait perdre les pédales, Dumbledore tout autant, et maintenant vous êtes en train de vous y mettre ! Qu'est-ce qu'il se passe, vous avez pété un plomb ?!

_ Vous rigolez ou quoi ? Je vais parfaitement bien, affirma-t-elle en appuyant son index sur le torse du potionniste. »

C'est alors que ce dernier vit, juste au pied de sa table basse, une bouteille… puis une autre, des bouchons en liège et, oh mon Dieu… et son magnum ouvert ! Bon sang il avait réservé cette bouteille pour les occasions !

« Granger ! hurla-t-il. Bon sang vous êtes saoule !

_ Mais non, nia-t-elle d'une voix trainante.

_ Bien sûr que si, vous vous êtes bourré la gueule, et avec MES bouteilles !

_ Je n'ai fais que gouter une toute, toute, toute, toute, toute, toute, toute, répéta-t-elle inlassablement en mimant le volume avec son index et son pouce.

_ La ferme !

_ Toute petite goutte de rien du tout, finit-elle en l'observant d'un air totalement hagard.

_ Vous parlez d'une goutte oui ! Mon magnum, ma meilleure bouteille de Whisky Pur Feu, réduite à néant, manqua-t-il presque d'en sangloter en voyant que plus d'un quart était partie dans le gosier de cette Gryffondor de malheur. Je la gardais pour les occasions !

_ Quelle occasion ? balaya-t-elle en revenant vers lui en tanguant, vous croyez qu'on a des occasions à fêter peut-être ? Notre vie est lamentable. »

Hermione prit la bouteille des mains de Snape avec tant de vivacité qu'il ne parvint à la retenir. Lorsqu'elle porta le goulot à ses lèvres, le sorcier devint tout pâle et l'arrêta d'un geste. Alors, elle fit couler la moitié de sa gorgée sur son débardeur.

« Hé, protesta-t-elle.

_ Parce que vous le buvez comme ça en plus ? Vous êtes timbrée !

_ Vous savez quoi, Severus ? demanda Hermione sur le ton d'une personne sous l'emprise d'une trop grande quantité d'alcool.

_ Quoi encore ? grogna Snape.

_ Sortez-vous. Les doigts. Du cul, articula-t-elle. »

L'homme en fut tellement estomaqué qu'il se fit subtiliser de nouveau sa précieuse bouteille. Hermione profita alors de son air absent pour lui lancer un regard malicieux et un sourire qui l'était tout autant avant de prendre une nouvelle lampée.

« Vous avez un sacré culot, gronda-t-il, les dents serrées.

_ Quoi ?

_ Boire un truc pareil comme vous le faites, vous mériteriez que je vous vire d'ici à coup de pied aux fesses. Quant à balancer ce genre de remarque, vous savez où vous pouvez vous les foutre.

_ C'est vrai pourtant, je ne fais que dire la vérité, affirma-t-elle d'un air ravi.

_ Pas du tout.

_ Regardez-vous, lança-t-elle en lui pinçant les joues de sa main droite, vous êtes trop mignon.

_ Lâchez-moi, marmonna-t-il en sentant l'index et le pouce de la jeune femme s'enfoncer dans ses joues.

_Vous savez que c'est dommage, parce que demain, il n'aura pas aussi bon goût, lui clama-t-elle avant de le lâcher. Même dans une heure il ne sera pas aussi excellent. Vous devriez en boire un peu.

_ J'en avais l'intention, mais dans un verre, comme tout personne civilisée.

_ Il n'y a justement pas de verre décent dans vos putains de quartiers.

_ Langage Granger ! »

Hermione mima un « bla bla bla » avec ses mains en grimaçant, avant de rebrousser chemin. Mais Snape la rattrapa par le bras et la retourna à lui.

« Hermione.

_ Oui ? demanda-t-elle en un sourire rêveur.

_ La bouteille.

_ Oh oui, ça… En fait, je ne vous la rendrais pas.

_ Si, vous me la rendez, et tout de suite.

_ Non. »

Hermione reprit la bouteille contre sa poitrine et l'empocha d'y accéder.

« Arrêtez d'agir comme une gamine, clama-t-il.

_ Vous n'avez qu'à prendre l'Explosard qui est là bas.

_ Je ne compte pas boire je vous signale ! perdit-il patience.

_ Vous devriez. Regardez-moi ces rides, lâcha-t-elle en tentant de lisser ses sourcils froncés. Ça, c'est la ride du lion, la ride du soucis, expliqua-t-elle en faisant à moitié renverser de l'alcool sur l'épaule du sorcier. Oups !

_ Pour l'amour du ciel, Miss Granger ! s'égosilla-t-il.

_ Maintenant que vous sentez l'alcool, qu'est-ce que ça change que vous en buviez, hein ? »

Snape fulminait.

Il n'avait jamais été aussi furieux. Cela faisait des semaines que le stress était en train de lui bouffer toute patience, tout self control et son quotidien en était rendue à une douce et lente torture. Il se sentait au bord de l'implosion chaque fois qu'il allait se coucher, ne fermant pas l'oeil avant le petit matin. Son corps n'avait jamais été aussi tendu, et que dire de son mental qui était en train de foutre le camp ?

Si maintenant, Hermione elle-même s'y mettait, il ne jurait plus de rien !

Alors, d'un geste, l'homme porta la bouteille à la bouche d'un regard défiant et savoura une gorgée ou deux de son meilleur Whisky Pur Feu.

« Contente ? acheva-t-il, n'osant admettre que ce truc avait un goût tellement délicieux qu'il avait bien envie d'y retourner.

_ Hé, mon but c'est pas que vous vous bourriez la gueule vous savez, dit-elle sur un ton éméché.

_ Oh, mais ça se voit, clama-t-il sur un ton ironique.

_ Si j'ai… en fait, la situation m'a un peu… un peu échappé, bégaya-t-elle.

_ Oh, vraiment ? Je n'avais pas remarqué !

_ Mais je m'ennuyais tellement, laissa-t-elle traîner avec langueur, et cette ambiance est horrible vous comprenez ? J'avais besoin de m'évader. »

Snape soupira. Puis, il jeta un coup d'oeil vers la table basse, et grogna face aux bouteilles ouvertes.

« Je ne veux pas avoir honte de moi demain matin.

_ Oh et bien ça, il fallait y penser avant.

_ Vous êtes cruel avec moi, minauda-t-elle. »

Snape l'observa se diriger vers le canapé et s'asseoir là, boudant comme une enfant.

« Moi ? Cruel ? »

Le sorcier finit par prendre place à côté d'elle.

Il n'avait pas besoin de ça, pas ce soir, il n'en pouvait plus de ces histoires. Alors, de dépit, il prit la bouteille d'explosard et en but une énorme lampée.

Puis une seconde avant de sentir Hermione poser sa tête sur son épaule d'un air pensif.

xXx

Snape avait la foutue guitare que Hermione avait réussi à matérialiser un beau jour par il ne savait quel miracle, et tous deux beuglaient comme deux pauvres poivrots sur le fond sonore qui passait à la radio. Hermione balançait la bouteille de vin qu'ils avaient tout deux ouverts, et se pencha vers Snape pour en verser dans sa bouche quand il se pencha vers elle avant de chanter de nouveau, de sa voix aussi grave que fausse, accompagné de la jeune femme qui criait plus qu'autre chose. Les notes de l'instrument dans les mains du maître des potions ne ressemblaient à rien, mais il n'avait jamais eu l'air aussi fier de lui et surtout, aussi détendu.

« Hermione, cette chanson, est-ce que tu sais ce que c'est ? L'histoire… de ma foutue vie, balança-t-il en levant sa bouteille.

_ Tout à fait d'accord mon cher Severus, affirma Hermione, sans doute plus en état d'ébriété encore que lui, tu sais ce qu'il nous manque ? Des briquets quand on chante ce foutu refrain.

_ C'est une mauvaise idée ça tu sais, on a tellement bu d'alcool qu'on finirait par se bruler au… au treizième degré, au moins ! cria-t-il. »

Hermione éclata de rire avant de s'affaler sur lui.

« Mais ça n'existe même pas, le treizième degré !

_ Je devrais abandonner la guitare, c'est de la merde, marmonna-t-il en balançant l'instrument plus loin. Mon Dieu je comprends pourquoi tu as toujours galéré ! »

Hermione se balança au rythme de la musique, et Snape finit par la bousculer. Il se leva, et la leva de force.

« Severus, arrête, on va pas danser quand même, râla-t-elle, on va avoir la gerbe.

_ J'ai jamais participé à un de leur putain de bal, balança-t-il en titubant. Même quand j'étais gosse, cette sale pute de Lily m'a lâché pour ce connard de James de merde la seule, la seule fois où je devais y aller, tu te rends compte ! Oh je te jure, je me les serais bien fait ces deux là.

_ Ton langage, rectifia-t-elle, l'index levé.

_ Ta gueule. »

Hermione ouvrit en grand la bouche, avant d'éclater de nouveau de rire.

« Tu m'as dis de la fermer ! lâcha-t-elle au milieu de son rire.

_ J'en rêve depuis des années, sale petite Miss… Miss Je… Oh, Miss j'Sais que Dalle !

_ Miss Je Sais Tout, abruti ! »

Snape prit la main de la jeune femme avant de l'amener de force en une sorte d'étreinte qui ne ressemblait pas à grand chose. Hermione sentait l'alcool sur sa redingote, un mélange pas très glorieux d'ailleurs.

« C'était mieux la dernière fois je crois, lança-t-elle, sauf que là, tu es tout chaud et réconfortant.

_ Mais qu'est-ce que tu ra… »

Soudain, le pied de la jeune femme buta contre le tapis, et elle tomba en arrière, entraînant son professeur dans sa chute. Ainsi, ils hurlèrent plus encore, avant de finir par trouver ça tout à fait hilarant.

« Tu es d'une maladresse bordel ! jura-t-il en l'observant alors qu'il se trouvait sur elle.

_ On a peut-être un tout petit peu trop bu tu sais ?

_ Oh mais je sais bien mon Hermione, mais dans l'état actuel des choses, je m'en carre complètement l'oignon.

_ Tu sais ce que ça veut dire quand on se retrouve dans cette position plus d'une fois dans toute une vie ?

_ Non, aucune idée, mais tu vas me le dire, affirma-t-il.

_ Ça veut dire qu'on a faim de sexe, lança-t-elle en explicitant bien le dernier mot.

_ Oh, toi, toi tu as envie de sexe ? lança-t-il les sourcils levés. »

Hermione hocha lentement la tête d'un air espiègle. Snape finit par poser à la fois nonchalamment et maladroitement son coude contre la moquette du tapis sur lequel ils étaient tombés.

« Tu sais, des fois, l'alcool empêche un homme de bander, balança-t-il avec tout le naturel du monde. En plus, ce sera nul, on est beaucoup trop bourré.

_ T'as peut-être raison, mais quand tu sera sobre, on ne pourra plus le faire.

_ Oh ça… c'est possible, confirma Snape. En fait, j'en sais rien ! J'ai une terrible envie de baiser depuis des semaines et je ne peux même plus me branler tranquillement la porte ouverte. Autant te dire que ça risque d'être court et décevant.

_ Pas grave, j'avais une méthode quand j'étais dans ton corps tu sais ? »

Hermione inversa la position et se retrouva sur le corps du maître des cachots. La musique était si forte, qu'elle couvrait à peine leur voix, de telle façon qu'ils devaient presque hurler pour se faire entendre.

« Tu t'es branlé quand t'étais dans mon corps ?

_ Bien sur, qu'est-ce que tu crois ? J'ai pensé à mon chien en tutu pour tenir plus longtemps.

_ Hé, la prochaine fois, pense à Albus en tutu. C'est pire, parole d'homme ! »

Hermione éclata de nouveau de rire accompagné de Snape lui-même. Le sorcier passa pensivement ses mains sur les cuisses de la jeune femme qui était, devait-on le rappeler, toujours en culotte.

« T'as pas froid ?

_ Non.

_ Il était bon ce magnum.

_ Oh oui ! rit-elle. »

Hermione finit par poser son menton sur le torse du potionniste et à s'allonger de tout son corps sur lui qui passait pensivement ses doigts dans ses mèches bouclées.

« Je veux que tu sois toujours avec moi, lui murmura-t-elle.

_ Ça va être compliqué ça.

_ Je crois pas, souffla-t-elle en posant son oreille contre son torse d'où elle entendait les battements de son coeur. On continuera ensemble.

_ Tu va plus jamais me foutre la paix, n'est-ce pas ?

_ Oh Severus, j'adore cette chanson ! finit-elle par s'exclamer, excitée comme une puce en bondissant sur ses pieds. »

Alors, Snape finit par s'étaler sur le ventre et par ramper jusqu'aux bouteilles, et surtout sa biéraubeurre qu'il termina d'une traite.

Hermione sortit sa baguette en dansant avec des mouvements plus approximatifs avant que Snape ne se redresse avec grande difficulté. Alors, elle dirigea le bout de sa baguette vers sa bouche, et Snape la tira vers lui. Alors, leurs deux voix, fausses, l'une claire et l'autre très graves se percutèrent comme s'ils beuglait dans un mégaphone.

« And i scream at the top of my lungs

What's going on?

And i say. hey hey hey hey

I said hey. what's going on?

And i say. hey hey hey hey

I said hey. what's going on? »

Hermione éclata de rire avant que des coups finissent par toquer sur la porte avec énormément d'insistance. Alors, Snape dicta à la jeune femme d'enfiler un foutu pantalon en grognant avant d'avancer difficilement jusqu'à l'entrée qu'il ouvrit avec difficulté.

« Minerva, s'exclama-t-il d'un air ravi. »

La sorcière ne paraissait pas du tout dans le même état quant à elle. En robe de chambre, elle se blottissait dans cette dernière et avait une mine à faire peur.

« Severus ! Mais qu'est-ce qui te prends, tes élèves sont venu se plaindre du bruit, est-ce que tu as vu l'heure qu'il est ? Qu'est-ce que tu…

_ Chhhhhhhhhhht, souffla-t-il en posant son index sur la bouche de la vieille sorcière. Hé, les élèves, on s'en fout un peu, non ?

_ Severus, tu es saoul ?! s'emporta la professeur de métamorphose, enragée et choquée à la fois.

_ J'ai juste bu un toooout tout tout tout tout tout tout, répéta-t-il alors que les yeux de la jeune femme se levait vers le plafond, tout petit peu de whisky. Et on a mis un sonorus.

_ Non, c'est faux, je dirais que la moitié de Poudlard est en train de se boucher les oreilles devant la musique infâme qui sort de tes quartiers !

_ Hé, c'est pas moi qui l'ai choisi ok ? »

C'est alors que Hermione se glissa dans le même temps juste derrière le potionniste d'un air hagard.

« Miss Granger ?! souffla Minerva, outrée.

_ Oh, professeur McGonagall, lâcha la jeune femme d'un sourire niais en s'appuyant sur le chambranle de la porte. Je crois que le sonorus ne marche plus.

_ Merde, lâcha soudain Snape. Alors ça veut dire que tout le monde nous a entendu chanter. »

Puis, les deux sorciers se regardèrent avant d'éclater de rire, toujours aussi torchés vraisemblablement.

« Miss Granger, qu'est-ce que vous faites dans les quartiers de votre professeur en train de boire ?! »

Snape leva les bras au ciel, prêt à dire quelque chose… avant de les baisser sans ne rien répondre.

« Je sais plus ce que j'allais dire, souffla-t-il.

_ C'était un accident, lâcha Hermione, l'index levé et le regard pas vraiment droit.

_ Elle a trouvé ma bouteille, alors elle a gouté, alors j'ai dis « oh non » et après elle m'a dit, « c'est trop tard, elle est ouverte alors on devrait la boire », alors j'ai dis « d'accord ! » et puis, voilà, balança Snape avec des explications pas très claires.

_ C'était un magnum, se força à souligner Hermione en hochant la tête avec une lenteur extrême.

_ Excellent d'ailleurs, tu veux goûter ?

_ Sans façon, et je préfèrerais d'autant plus que vous arrêtiez l'alcool, vous aussi.

_ Ooooooh, rallèrent-ils de concert.

_ Minerva, tu es toujours aussi… coincée !

_ Moi ? Coincée ? Severus, tu as invité une élève dans tes quartiers et vous êtes tous les deux ivres, sais-tu ce que ça veut dire, siffla-t-elle, les dents serrées.

_ Ça veut dire que Miss Granger est trèèèèèès téméraire, lâcha Snape sur ce même ton bituré.

_ Ça veut dire que tu as une chance terrible que je ne dise rien à Albus. Je garderais donc cette mésaventure pour moi.

_ Minerva, tu es… Tu es la bonté incarnée, lança Snape, l'index levé, comme sur le point de verser sa larme.

_ Je tâcherais de m'en souvenir, gronda-t-elle d'un regard mauvais vers le potionniste. Quant à vous jeune fille, je vous raccompagne à votre dortoir.

_ Ah non non non, je reste là, campa-t-elle.

_ Miss Granger, vous me suivez et tout de suite.

_ Hors de question, elle reste avec moi, balança Snape en la serrant contre elle comme si elle était un espèce de doudou.

_ Il est hors de question que je vous laisse tous les deux, ronds comme deux queues de pelle dans la même pièce !

_ Je vais la protéger, clama Snape, c'est mon devoir de professeur ! »

McGonagall voulut attraper le bras de la jeune femme, mais c'était d'avance peine perdu avec ces deux-là. Alors, elle finit par soupirer en se tenant l'arête du nez, excédée.

« Je n'aurais jamais cru faire une chose pareille.

_ Il ne se passera rien de répréhensible, clama Snape avec ce timbre guilleret qu'on ne lui connaissait pas.

_ Il ne manquerait plus que ça, gronda la sorcière. Et éteignez-moi ça ! Il est plus de deux heures du matin nom d'un chien ! »

Snape observa Hermione comme pris en faute, avant qu'ils n'esquissent un rire, mais ils se retinrent de justesse en voyant l'air furibond de McGonagall.

« Bien Minerva, mais c'est bien parce que tu es trèèèès gentille, répéta Snape.

_ Tu me la déjà dis, trancha la vieille sorcière. Miss Granger, j'espère que vous serez assez « fraiche » pour tenir les cours demain, je n'accepterais aucune excuse.

_ Bien sûr professeur McGonagall, lâcha la concernée d'un air sérieux, les sourcils froncés, je suis toujours opérationnelle quand il s'agit d'avoir de bonnes notes et d'apprendre, car étudier sans réfléchir est vain, mais réfléchir sans apprendre est dangereux. Confucius !

_ Quand elle est bourrée, elle se transforme en philosophe, balança Snape.

_ Je le fais aussi sobre. C'est en quelque sorte mon super pouvoir, répondit Hermione, ravie.

_ Bonne nuit, finit par grogner Minerva, excédée. »

Snape finit par fermer la porte et à fixer la jeune femme.

« Confucius, on l'a perdu à Confucius. »