Chapitre 9.

Tuer Dumbledore et honorer le serment conclus avec Narcissa avait lavé tout soupçon de la part des mangemorts envers Severus Snape, comme ils l'avaient espéré.

Après avoir calmé les ardeurs de cette folle furieuse de Bellatrix, Snape avait accompagné le groupe au manoir des Malfoy, et, à l'aide de plusieurs entourloupes habiles, s'était débarrassé de Peter Pettigrow dans la foulée afin qu'il offre ses « généreux services » à cet endroit.

Le Seigneur des Ténèbres avait été si ravi qu'il n'y avait rien trouvé à y redire. Ce soir-là, ce sont des mains tremblantes qui s'étaient saisi du mug encore chaud tendu par Hermione Granger alors qu'il avait franchi le seuil de sa maison.

Le sorcier sentait la fumée à plusieurs kilomètres. Alors, la jeune femme lui avait ôté sa cape et l'avait traîné jusqu'à la salle de bain, l'empêchant de se morfondre.

C'est ainsi qu'une drôle de routine avait pris place durant tout l'été. Hermione avait du rapprovisionner la cuisine en provisions, et avait manqué de nourrir le sorcier à la béquet. Enfin, ses lectures dans les manuels de cuisine lui servait, au moins… Et Snape avait le bon goût de ne pas avoir d'elfe de maison. Alors, il ne s'en plaignait pas vraiment.

Et puis, cela donnait l'avantage à Hermione d'occuper ses journées autrement qu'en des activités farfelues. Cette maison était dépourvue de jardin, malheureusement, et parcourir les ruelles de Carbone-les-Mines lui rappelait de mauvais souvenirs, alors elle préférait ne pas sortir.

Pour ce qui était de Snape, cela l'arrangeait bien. On ne pouvait pas dire que cette ville minière était l'endroit idéal pour passer ses vacances d'été. Il n'y avait même pas un coin de verdure, seule une espèce de vieille usine aux énormes cheminées habillait le paysage et tout était tellement pavé que ça ne donnait pas envie de se balader dehors, à moins de se fouler potentiellement une cheville sur un chemin mal entretenu. S'il voulait voir un brin d'herbe, ils auraient du se rendre près du cimetière, à côté de cet arbre qu'il n'avait pas été visiter depuis bien trop d'années.

Autrement dit, il en était hors de question.

Alors, ils cohabitaient, encore. Mais vivre ensemble à l'impasse du tisseur était un poil différent que de rester à Poudlard. Il n'y avait plus cette ambiance scolaire, et ce statut de professeur qui lui collait à la peau. D'ailleurs, ils se demandèrent un temps tous les deux comment Snape pourrait réintégrer l'école après le meurtre de feu Dumbledore. La solution s'était imposée d'elle-même quand on l'avait nommé nouveau directeur de Poudlard.

En toute honnêteté, Snape n'avait pas été le sorcier le plus enthousiaste face à cette nouvelle, qui avait en plus été apportée par cette Ombrage de malheur. Mais il y avait vu l'avantage de bénéficier du matériel adéquat et qu'Hermione puisse changer d'air en traînant un peu dans l'immense bureau directorial. Alors, ça valait un peu la peine de se sacrifier, une fois de plus.

La jeune femme lui avait d'ores et déjà confier qu'ils ne participeraient pas à la nouvelle année en tant qu'élève, alors, Snape s'était mit comme mot d'ordre de surveiller le trio de près, et de les aider en cas de pépin. Après tout, il était impératif qu'ils détruisent les horcruxes.

Ainsi, la rentrée scolaire se fit discrète. Snape se sentait d'autant plus comme un imposteur dans ce grand bureau, et voir le dégoût dans le regard de Minerva, Flitwick, et la majorité des élèves lui était devenu vraiment insupportable.

Alors, l'homme avait prit la décision de tout déléguer au corps professoral, ne sortant que rarement de son bureau où, au moins, il croisait un sourire de temps en temps sur le visage d'Hermione qui le regardait avec autre chose qu'un écoeurement certain.

Ils avaient planchés un long moment sur la façon dont ils pourraient détruire les horcruxes, et comme d'habitude, c'est Hermione qui avait eu une espèce d'illumination concernant l'épée de Gryffondor qui s'était, par chance, matérialisée dans le bureau à son évocation.

Snape songea qu'il avait une chance inouïe que la jeune femme fasse partie de cette maison Collaborer une fois de plus à cette guerre en y laissant entrevoir une issue enfin favorable était en train de le changer.

Petit à petit, son regard envers Hermione se modifiait. Après tout, il n'était plus professeur, il n'avait déjà plus à faire cours à son double. Snape et elle étaient rendus en autarcie au sein même de Poudlard, et pourtant, vivre ensemble ne leur avait jamais paru si naturel et si plaisant. Ils avaient même fini par laisser tomber le vouvoiement ainsi que toute courbette.

« J'ignorais que ton patronus était une biche, lui glissa Hermione alors qu'ils jouaient à leur partie d'échec hebdomadaire.

_ J'ai maintenu mon rôle uniquement pour Lily Evans, pour sa mémoire. Je suppose que cela a du avoir une incidence…

_ Oui, je sais ce que c'est, de rester fidèle à quelqu'un, quoiqu'il en coute, souffla-t-elle. »

Snape fronça les sourcils en penchant la tête, mais la jeune femme n'épilogua pas.

« Il semble me souvenir que la biche symbolise la sensibilité et le soins.

_ Ce qui ne me correspond absolument pas, lâcha cyniquement Snape. »

Hermione rit alors en finissant la partie d'un échec et mat, une fois de plus. Elle se laissa couler dans sa chaise, pensive.

« Ma loutre a peu de prestance à côté.

_ Ton patronus est un foutue belette ? s'exclama Snape avant de se moquer d'elle allègrement.

_ Ça n'a rien de drôle, gronda la sorcière d'un air sévère. Enfin, peut-être qu'il a changé aussi… j'espère, j'ai toujours eu du mal à le faire apparaître, finit-elle par murmure. »

Hermione sortit sa baguette et lança le sort adequat, puisant, non plus dans ses souvenirs d'enfance avec ses parents, Ron et Harry, mais plutôt dans ceux avec Snape… ceux qui lui donnaient le plus de joie, comme le plus de peine quelque part. Elle se rappelait en particulier ces moments où ils confectionnaient le remède ensembles alors qu'elle se trouvait dans son corps, et toutes ces fois où il l'avait embrassé, où elle avait manqué cette occasion inestimable de lui dire qu'elle l'aimait.

C'est alors qu'un animal sortit de sa baguette et s'envola au dessus d'eux, sans aucun difficulté. Ses ailes étaient grandes, et Hermione crut naïvement qu'elle avait fait se matérialiser un dragon. Oh, si seulement.

« Une chauve souris ?! Vraiment ? »

La jeune femme ouvrit la bouche, et la ferma en s'enfonçant encore plus dans son siège, rouge de gêne.

« C'est pire que la loutre ? demanda-t-elle d'une petite voix. »

Snape se pinça les lèvres avant de se racler la gorge.

« Ce patronus est souvent associé à la peur, l'affronter nous fait grandir.

_ Nul doute que c'est ce que j'ai fais… »

Hermione prit une profonde inspiration, avant de laisser son regard se perdre dans le vide.
Et si ce n'était pas le retourneur de temps trafiqué qui l'avait fait prendre ces deux années ? Et si cela était lié à la raison pour laquelle elle avait cherché à changer de monde, à savoir reprendre le risque de faire face à la pire de ses peurs… La mort de Severus Snape. Non, ce serait idiot n'est-ce pas ?

La jeune femme releva un regard touché vers le sorcier en face d'elle qui était en train de ranger les pièces de son jeu.

Non, elle y arriverait. Il ne mourrait pas, pas cette fois.

Hermione se leva et se mit à ranger frénétiquement les parchemins sur le bureau du directeur. Depuis son arrivée à la tête de l'école, tous deux s'étaient mis à faire le ménage dans l'administratif de Poudlard, à défaut de ne pouvoir avoir un champ d'action très étendu sur ce qui se profilait du côté d'Harry, Ron et d'Hermione bis.

La jeune femme souffla en posant ses mains contre la table, et ferma les paupières.

« Une migraine ? lui murmura-t-il, près de son oreille. »

Hermione sentit son souffle se couper, non par la douleur palpitant sur ses tempes. Elle trouva néanmoins la force d'acquiescer une seconde avant de sentir une main chaude se poser sur sa nuque, avant de glisser sur son épaule.

Snape prit une profonde inspiration. Cela faisait des semaines que la voir lui tordait agréablement l'estomac. Il ignorait vraiment comment… Depuis ce moment dans la tour, depuis qu'elle l'avait accompagné jusqu'à la bas, depuis qu'il avait compris qu'elle n'était était différente de ce qu'il avait pu penser, il se sentait étrange. Il n'arrivait plus à maintenir cette espèce de distance raisonnable entre eux.

Elle était devenue son Hermione, celle de son monde demeurant la même certes, mais sans cette étincelle si particulière, celle qui sous entendait qu'elle le connaissait tout simplement.

« On devrait faire une pause dans les piles de papiers et les vérifications des comptes. »

Hermione se retourna vers lui, mais son regard tomba sur ce miroir qui leur permettait d'épier le trio dans sa cavale.

« Ça aussi, lui glissa-t-il.

_ Tu sais bien qu'on ne peut pas relâcher notre vigilance, marmonna-t-elle.

_ Je sais, mais tu te rends malade avec ces histoires.

_ Je veux juste en finir au plus vite. Cela me permettra d'évacuer mon angoisse.

_ Quelle angoisse, tu as peur de mourir ? Tu aura toujours un repli possible.

_ Ce n'est pas pour moi que j'ai peur, souffla-t-elle. »

Snape se figea soudain, et sentit son dos entier de crisper.

L'air refusa d'entrer dans sa gorge, et sa salive resta bloquée dans sa pomme d'Adam.

« C'est pour moi. C'est pour moi, que tu fais ça. »

Hermione trembla soudain, et tenta de s'extraire de la prise du potionniste afin de se sauver au plus vite, mais il ne la laissa pas faire.

« Laisse-moi partir, grogna-t-elle en secouant la tête.

_ Non, gronda-t-il. »

Hermione se débattit, mais Snape maintint sa prise. Il avait besoin de l'entendre, depuis le début. Il savait qu'elle avait une excellente raison pour avoir fait ce voyage insensé, pour l'avoir suivi jusque là. Il avait bien essayé de lui soutirer des informations, du mieux qu'il avait pu, mais il n'était parvenu à rien avant ce soir.

« A chaque fois que j'aborde le sujet, je ne te revois plus pendant plus de deux jours !

_ Alors arrête de m'en parler ! s'emporta-t-elle.

_ Mais tais-toi nom d'un chien, on va t'entendre alors que tu es censé être avec Harry et Ron dans une tente merdique en plein milieu de la forêt ! »

Hermione fulmina. Elle fut sur le point de partir, non pas de peur mais bel et bien de rage. Et Snape détecta dans l'immédiat son changement d'attitude, comme s'il pouvait lire en elle.

La voir apeurée était une chose, mais cette fois, elle lui en voulait vraiment.

« Tu crois que je ne l'ai pas remarqué peut-être ? Ce bureau est insonorisé !

_ Tu change de sujet. Est-ce pour moi que tu es revenue ?

_ Oui, finit-elle par hurler. Oui ! Ça te va ?! »

Snape prit une grande inspiration. Personne n'avait jamais rien fait de tel pour lui.

« Un conseil, Severus Snape. Lâche-moi avant que… »

Mais la jeune femme ne put finir sa phrase quand une bouche, qu'elle ne connaissait que trop bien, vint se poser avec force sur la sienne. Dire qu'elle était sous le choc serait un bien bel euphémisme. Son coeur avait cessé tout battement, et elle ressemblait présentement à une statue de cire, figée en une expression de choc. Ce baiser avait été si impulsif qu'il restait (trop) chaste, uniquement mué par un besoin viscéral et non par une réflexion quelconque. Et pourtant, la cerveau d'Hermione venait de se mettre en arrêt, analysant tout ce qu'elle était en train de vivre : ses lèvres chaudes, ses expirations à travers son nez qui la chatouillait, son parfum…

Lorsque Snape se détacha lentement d'elle, la jeune femme retrouva la capacité de respirer. Il ouvrit alors les paupières et remarqua son expression renversée.

C'était que, malgré leur « passé », du moins, le passé qu'elle avait avec son Severus Snape, Hermione avait demeuré dans l'incertitude. Elle s'était même faite à l'idée qu'il ne se passerait jamais rien.

« Je suis désolé, murmura-t-il après de longues minutes de silence.

_ Pourquoi est-ce que tu fais ça à chaque fois que je m'énerve au juste ?

_ Quoi ? souffla-t-il, un peu perdu. »

Hermione avança d'un pas, ce qui la fit presque se coller à celui qui était rendu directeur de Poudlard.

« Pourquoi tu m'as embrassé ? lui demanda-t-elle à voix basse, fixant sa bouche, comme hypnotisée.

_ Ce n'est pas la première fois que je le fais, n'est-ce pas ? »

Hermione se mordit la lèvre inférieure, avant de secouer la tête. Severus passa alors sa main dans sa nuque afin de l'approcher pour l'embrasser de nouveau avant d'entendre un raclement de gorge derrière lui.

Les deux sorciers sursautèrent et tombèrent ensemble sur le tableau de feu Albus Dumbledore, en train de leur lancer un espèce de rictus bizarre, mais étrangement ravi.

Cela eut l'effet d'une douche froide et ils se séparèrent brutalement, comme pris la main dans le sac.

« J'ignorais que la chasse aux horcruxes incluait ce genre de choses.

_ La ferme, Albus ! »

Snape se mit à gesticuler dans le bureau pour s'occuper l'esprit tandis que Hermione, toujours aussi rougissante, remuait sur place nerveusement.

« Je vais me coucher, bonne nuit, se sauva-t-elle. »

Snape fit aller sa main dans le vide et, quand la porte dérobée du bureau se ferma, il finit par soupirer en s'appuyant sur une des tables devant quelques tableaux.

« Severus, mon ami…

_ Albus, pour une fois dans votre existence, vous ne pouviez pas juste… vous taire ? »

Snape souffla en fermant les paupières. Il resta ainsi un petit moment, en silence, torturé par ce qu'il venait de faire.

« Qu'est-ce qui m'a pris, murmura-t-il.

_ Severus, acceptez-vous enfin que je puisse au moins vous donner mon opinion ? »

En guise de réponse, l'ancien potionniste grogna.

« Je vais prendre ça pour un oui.

_ Prenez-ça comme vous voulez, de toute façon, vous allez quand même en placer une.

_ Hermione Granger et vous êtes très similaires.

_ Albus…

_ Elle est passionnée de littérature, excellente en potion, pragmatique, sensible et même tout aussi caractérielle, en plus de ne pas manquer de discernement. Tu sais très bien qu'elle ne pourrait jamais accepter de se faire passer pour moins brillante qu'elle ne l'est.

_ Qu'est-ce que vous sous entendez au juste ?

_ Je dis juste qu'il est évident que cette jeune femme possède toutes les qualités que tu pourrais rechercher chez quelqu'un. En plus de cela, elle a un don pour comprendre les émotions des autres, les tiennes par extension.

_ Je ne cherche pas une psy, trancha Snape.

_ Sans Hermione Granger, Harry n'aurait pas tenu le coup. Et sans vous, ce petit n'aurait pas survécu. Vous êtes complémentaires dans vos rôles respectifs, mais vous l'êtes aussi de part vos caractères. Ce que je veux te dire, c'est qu'il ne te sert à rien de te torturer l'esprit en extrapolant sur le bien fondée de tes actes.

_ Je l'ai embrassé, vous l'avez bien vu, gronda-t-il. C'est mal, Hermione est trop jeune, trop innocente, ce n'est pas sa place, je n'aurais jamais du faire une chose pareille.

_ Tu as peur d'elle parce qu'elle te dépasse depuis toujours, lâcha Dumbledore. »

Severus grogna d'autant plus, avant de sortir de son bureau en claquant lourdement la porte.

Non mais pour qui il se prenait, celui-là ?

xXx

« Je suis désolé, balança Snape en ouvrant précipitamment la porte de la chambre. »

Snape plissa les yeux en voyant la jeune femme en train de manger du chocolat en lisant un livre.

« Tu bouffe dans mon lit.

_ Et toi, tu radote, balança-t-elle en étalant ses jambes, nues réalisait l'homme devant elle.

_ Oui, et bien je préfère m'assurer d'avoir été entendu, balbutia-t-il en tentant de rester digne. »

Hermione leva un sourcil, avant de lentement sourire avec malice.

« Tu t'excuse par deux fois, souleva-t-elle.

_ Oui, lâcha-t-il fièrement.

_ Je vais commencer par me vexer dans ce cas. Est-ce que c'était si nul que des excuses ont du m'être répété ? »

Snape grogna. Elle l'avait piégé.

Hermione quant à elle, se sentait plutôt fière d'elle. Elle en avait assez qu'il tourne autour du pot, alors, comme elle comprenait qu'à chaque pas en avant, il en reculait de trois, elle décida de prendre les devants.

« Arrête de me poser ce genre de questions, ricana-t-il jaune en se pinçant l'arête du nez.

_ J'ai toute la légitimité de mes les poser pourtant, lâcha-t-elle en haussant les épaules, faussement innocemment.

_ Ce baiser ne voulait… Il ne voulait rien dire, je ne l'ai fais que par impulsivité.

_ Oh, je vois. »

Hermione plissa les yeux avant de lâcher son livre plus loin et de s'avancer vers lui, à quatre pattes d'ailleurs car elle se trouvait encore sur le lit.

« Peut-être voudrais-tu recommencer après mure réflexion ?

_ Non, trancha-t-il. Je suis venu pour m'excuser, c'est chose faite.

_ Alors tu as le droit de m'embrasser, mais pas moi ? souleva-t-elle. C'est un peu injuste, même pour toi.

_ Je m'en vais. »

Hermione se leva alors d'un geste gracile et se postant devant lui.

« Ça, c'est un peu facile.

_ Ce n'est pas un jeu !

_ Embrasse-moi.

_ Quoi ?

_ Embrasse-moi ?

_ Pourquoi je ferais ça ?

_ Et pourquoi pas ? »

Hermione eut un air malicieux, et s'avança d'un pas de plus afin de trifouiller le col de son professeur qui paraissait avoir de plus en plus de mal à garder une certaine maîtrise.

« Ça a déjà marché cette méthode ? lui souffla-t-il.

_ J'en sais rien, c'est la première fois que j'essaie.

_ Qu'est-ce que tu veux Granger ? Tu es devenue folle ou ce sont ces histoires d'horcruxes qui te montent au crâne ?

_ J'ai juste envie de relâcher la pression, il n'y a rien de mal. L'autre Hermione est en train de dormir dieu sait où, je ne vois pas ce qui nous empêche de vaquer à nos occupations. »

Snape marmonna, tentant de protester sans vraiment y mettre du sien. Il ne bougea pas lorsqu'elle se hissa sur la pointe des pieds, et qu'elle lui accrocha le bord de la redingote. De nouveau, il resta stoïque lorsqu'elle effleura sa bouche en un baiser à peine voilée. Puis, elle fixa son regard dans le sien, comme pour chercher son approbation.

Severus se contenta de continuer de l'observer, ne voulant rien laisser transparaître. Alors, elle glissa sa main sur son torse et l'embrassa de nouveau, avec plus d'envie, suçotant sa lèvre inférieure. Snape grogna, peu ravie de se laisser avoir, il tenta bien de lutter quand sa langue tenta de se frayer un chemin, mais au bout de quelques secondes, il finit par entrouvrir la bouche, puis céda quand elle le caressa.

Ce fut alors au tour de la jeune femme de marmonner son plaisir dans sa gorge lorsqu'il répondit à son baiser avec envie avant qu'il ne la serre contre lui. Et heureusement, car elle aurait été prête d'en tomber de pâmoison. Mais elle se reprit, et tira encore un peu sa chemise à elle avant de l'entraîner à reculer vers le lit.

« Non, pas maintenant, lui grogna-t-il contre ses lèvres, quittant sa bouche un instant. »

Hermione ferma les paupières, manquant de le laisser planter là.

« Quel est le problème ? finit-elle par demander, blessée.

_ Il n'y en a pas, souffla-t-il.

_ Je vais finir par croire que tu n'as pas envie de moi ! »

Hermione le lâcha et s'apprêta à se reculer, mais Snape ne la laissa pas faire. Il li agrippa les bras, et l'approcha de lui vivement, avec un regard déterminé.

« Bien sûr que si j'ai envie de toi, gronda-t-il. J'en crève d'envie, de te prendre sur le bureau, tous les putains de jours. »

La jeune femme frissonna en déglutissant.

« Mais on ne peut pas, on doit se concentrer.

_ Severus, souffla-t-elle, frustrée.

_ Si on fait ça, je ne vais plus supporter que tu m'aide, je vais vouloir faire cavalier seul, je me connais.

_ Bon sang, mais… »

Hermione jura dans le vide. Elle était sur le point de lui demander pourquoi diable était-il comme ça, pourquoi tout devenait si compliqué avec lui, mais elle se retint, parce qu'elle se souvenait que c'était l'une des raisons pour lesquels elle l'aimait depuis tout ce temps. Il ne la considérait pas comme tout le monde, et il lui semblait même qu'il ne considérait aucune femme comme telle. Mais était-elle comme toutes les autres femmes.

« J'ai mal à la tête, soupira-t-elle. »

Snape se mordit la joue, puis caressa sa joue d'un air ennuyé.

« On devrait aller dormir.

_ On ? »

Snape leva les yeux au ciel, avant de retirer sa main.

« Je ne peux pas aller chez moi ce soir, j'ai décidé de réunir tous les élèves demain, dans la Grande Salle. Je suis sûr qu'ils cachent l'arrivée de Harry.

_ Tu crois vraiment qu'il va prendre le risque de venir jusqu'ici ?

_ On parle de Potter, bien sur que cet imbécile va le faire. Le mieux serait que je le débusque pour le sortir du château avec un énorme coup de pied au cul.

_ Il doit penser qu'il y a un horcruxe dans Poudlard, songea-t-elle à voix haute.

_ Tentons d'y réfléchir ce soir, va à l'impasse du Tisseur.

_ Hors de question, trancha Hermione, je vais faire des recherches et m'endormir devant mon foutu bouquin.

_ Sur le sofa ? lâcha-t-il avec moquerie.

_ Oh non, se languit-elle. Severus, le sofa est horrible, tu le sais très bien !

_ Je prends le lit.

_ Moi aussi. »

Alors, les deux sorciers se défièrent du regard… avant de se précipiter sur le matelas, manquant de se rentrer dedans violemment.

« Je n'irais pas à l'impasse, tous les livres dont j'ai besoin sont ici !

_ Et je ne me lèverais pas aux aurores là bas, je déteste faire des voyages en cheminette de bon matin ! »

Hermione soupira. Elle finit par lâcher l'affaire, mais ne décoléra pas et resta dans le lit.

« Bien, dans ce cas, dormons ensemble, on n'est plus à ça prés. »

Snape grogna, puis finit par abdiquer en soupirant.

« Met un pantalon dans ce cas. »

Hermione leva les yeux au ciel, puis finit par abdiquer. Snape la regarda se trainer jusqu'à la salle de bain et soupira. De son côté, il se changea lui aussi, finissant par se mettre un bas assez lâche à défaut de dormir en caleçon. De fatigue, le sorcier s'écroula dans le lit, les bras étalés.

Il n'eut même pas le temps de réfléchir lorsque Hermione revint, une grosse pile de livres dans les bras. Snape l'observa ainsi contourner le lit, puis installer ses bouquins sur la tablette chevet avant de s'asseoir naturellement à ses côtés.

Elle se trouvait assise, sa cuisse juste à côté de sa main, et quand il leva les yeux vers elle, il déglutit à la vue de sa poitrine.

Oh seigneur, il commençait à regretter de ne pas avoir dormi ailleurs finalement.

« Met aussi un pull.

_ Oh ça suffit ! »

xXx

Dire que Severus Snape était au bord de l'explosion serait un doux euphémisme. Il n'avait pas fermé un foutu oeil de la nuit ! Et pourtant, Dieu sait qu'il aurait aimé. Mais sentir Hermione à côté de lui, son parfum, sa présence, et même sa peau par effleurement l'avait rendu tout bonnement dingue !

Il était donc d'une humeur de chien, tant et si bien qu'il avait d'un coup de baguette, retourné l'ensemble des tableaux de la pièce de rage quand celui d'Albus lui avait fait remarqué les valises sous ses yeux.

Hermione quant à elle, avait dormi comme un bébé et il manqua de la haïr pour ça. La jeune femme navigua dans le bureau, parchemins en mains tandis que la pluie battait de plus belle sur le carreau vitrifié donnant sur les jardins.

« A quelle heure est la réunion des élèves ?

_ Dans 20 minutes.

_ Bien, je viendrais.

_ Non.

_ Pourquoi ? s'exclama Hermione.

_ Parce que tu n'y es pas invité, cingla-t-il. »

Hermione n'avait pas oublié depuis tout ce temps, sa mission à savoir : le protéger, à défaut qu'il ne le fasse lui-même. Bien évidemment, elle ne lui avait jamais révélé que son Severus Snape était mort, et qu'elle avait fait tout ce voyage pour le récupérer. Et il était même hors de question de le lui dire un jour, ainsi, elle voyait cette « réunion » d'un très mauvais oeil. En particulier si Harry était de la partie.

« Je prendrais un uniforme Gryffondor.

_ C'est non !

_ Dans ce cas, c'est non pour deux, lâcha-t-elle en verrouillant d'un informulé la porte principale et la dérobée donnant sur des couloirs secrets du château. »

Snape s'avança vers Hermione d'un pas plus enragé que d'habitude.

Ce n'était pas le jour pour lui faire un tour pareil, pas l'heure, ni la minute.

« Non mais pour qui vous vous prenez ? Vous ne décidez de rien, gronda-t-il à deux centimètres de son visage.

_ Oh, on reprend le vouvoiement ? Ça faisait longtemps.

_ Vous n'irez pas car c'est dangereux.

_ Tu n'iras pas pour les mêmes raisons.

_ Je n'ai pas besoin d'un chaperon !

_ Moi non plus.

_ Ouvre la porte.

_ Tu es frustré, balança-t-elle. »

Snape serra les dents. Il lui saisit alors les bras, mais Hermione ne se laissa pas démonter.

« Je te connais, souleva-t-elle.

_ Non, tu ne sais rien ! Tu ne sais rien, articula-t-il. Maintenant, laisse-moi sortir et reste ici, j'ai à faire.

_ Alors, laisse-moi venir, perdit-elle patience. Regarde, ce n'est pas compliqué, je n'ai qu'à prendre cet uniforme, et le tour est joué. »

Pour illustrer ses dires, la jeune femme enfila une cape noire de l'école, qu'elle boutonna.

Alors, Snape la fixa avant de grogner et de chercher à le lui retirer. Se faisant, il se rapprocha d'elle et le souffle de la jeune femme se coupa parmi ses gestes précipités. Puis, Snape jeta la cape sur le sol avant d'émettre un râle guttural.

Son regard se fixa sur le sien, et il réalisa alors qu'elle transpirait d'envie pour lui. Jamais encore elle ne l'avait observé ainsi. C'était… déstabilisant. Mais elle se contenta d'attendre, n'osant bouger. Alors, Snape en eut marre, de toutes ces semaines durant lesquels ils s'étaient tourné autour, de cette nuit qui avait été infâme, de se retenir, encore et toujours.

Uniquement dicté par leurs pulsions, ils se jetèrent ainsi l'un sur l'autre sans réfléchir.