Chapitre 18.

Il fallait croire qu'il avait été frappé par le destin, pour une seule fois dans sa vie. Peut-être était-ce un signe ?

Il avait pourtant remué toute cette histoire depuis des jours, et cela le tuait. Il avait failli plusieurs fois changer d'avis. Dire qu'il avait donné son allégeance à Dumbledore pour de nouveau, retourner sa veste à la dernière minute… Il s'en voulait tellement, mais c'était plus fort que lui ! Non pas la trahison, mais autre chose… Albus avait agis comme quelqu'un qui se souciait de lui, comme Voldemort l'avait aussi fait à une époque, mais Hermione Granger… Non, il y avait bel et bien un détail différent, mais il ne saurait encore dire quoi. Cette fille l'impressionnait, et l'agaçait à la fois, mais elle ne faisait pas semblant de s'intéresser à lui, il n'avait pas le sentiment qu'elle l'utilisait, contrairement à feu Voldemort, et à Albus.

Désormais, une question subsistait : il fallait qu'il disparaisse, oui, mais comment ? Il ne se voyait pas le tuer de sang froid, il n'imaginait même aucun stratagème possible, ce sorcier détecterait la moindre trace de poison dans son thé à des kilomètres, et quant à le défier en face, Severus tenait un peu trop à sa vie pour cela. Mais, alors qu'il pensait avoir fait le tour de la question, c'est là que la chance lui avait sourit.

Albus lui avait longuement parlé de Grindelwald, de leur amour avant que cela ne se transforme en vengeance, puis en haine. Et c'était le soir-même suivant son état de conscience qu'il avait retrouvé le directeur dans un état anormalement agité. Il l'avait presque chassé de son bureau, et c'était la première fois qu'Albus n'avait pas voulu honorer un rendez-vous avec lui pour faire son « rapport ». Lorsqu'il avait ouvert la gazette avant de siroter son café le lendemain matin, la Une avait parlé à sa place : Grindelwald avait été transféré, de Nurmengard vers Azkaban, faute de places. C'était que le nouveau courant de Granger avait ameuté plus d'adeptes, plus puissants, plus dangereux. Elle n'imposait pas à ce qu'on ne la surpasse pas, au contraire de ses prédécesseurs, alors les arrestations s'étaient faites tout aussi nombreuses que difficiles. Elle donnait du fil à retordre aux Aurors.

Azkaban regorgeait pourtant encore de nombreux détraqueurs, mais Snape avait compris que cela ne plaisait guère à Granger. Alors, un plan s'était tissé dans sa tête, lui évitant de tuer directement Albus tout en honorant tout de même l'ordre donné par la jeune femme.

Il avait attendu plusieurs jours avant de souffler cette idée à une réunion, banale en apparence.

Faire disparaître les détraqueurs d'Azkaban.

Encore une fois, c'était un silence tendu qui avait suivi sa suggestion, ainsi qu'une myriade de regards curieux rivés sur Hermione. Celle-ci plissait les lèvres, tout en maintenant sa fixation sur Snape d'un air sévère.

Quel satané Serpentard, elle n'en aurait pas espéré moins de lui ! Il aurait au moins pu être plus subtil que ça, la pilule serait peut-être mieux passée. Et nul doute que le sentiment était partagé.

« Severus, pense-tu que la naïveté fasse partie des valeurs que j'encourage ? »

Elle vit à son regard qu'il avait envie de la trucider pour cette remarque publique, et lui, sentit à son ton que le sentiment était partagé. D'apparence, tout deux semblaient se détester, et il ne suffisait que d'une étincelle pour embraser entièrement l'ambiance de la pièce

« Je parle ici de cohérence, se contenta-t-il de dire, sobrement.

_ Dans ce cas, sortons la carte de l'honnêteté Severus, toi qui est si grand légilimens, c'est quelque chose qui devrait te parler, lâcha-t-elle en passant son index sur le bord de son verre à pied.

_ Dans ce cas, peut-être devriez-vous l'utiliser au lieu de tourner autour du pot, balança-t-il sur un ton défiant. »

Le silence autour d'eux s'était fait si soudainement que quiconque aurait pu les croire seuls au monde.

« Ça te va si bien de dire ça, lâcha Hermione, suivi d'un rire jaune.

_ N'avez vous pas évoqué l'hypocrisie de l'utilisation des détraqueurs par notre cher ministère ?

_ Quelle douce coïncidence que tu évoque ce sujet juste après le transfert de Grindelwald, qui est le plus grand ennemi de Dumbledore, grinça Hermione d'une voix anormalement basse en serrant les dents.

_ En effet, ce sorcier puissant pourrait tout à fait entrer dans vos rangs.

_ Si tu penses que l'idée de me suivre est mon unique moteur, alors tu n'as rien compris depuis le début Severus.

_ Cela en fait partie, c'est le but de n'importe quelle idéologie, quelle qu'elle soit, lâcha-t-il sur ce ton professoral qu'elle avait en horreur.

_ Est-ce que tu sous entends que ce que j'entreprends est banal ?

_ Ces méthodes ne sont pas dignes de vous, ricana Snape avec sarcasme.

_ Et cette suggestion non plus. La présence de Grindelwald ici n'est pas requise, cela ne concorde pas avec ce à quoi j'aspire.

_ Tous les sorciers autour de cette table ont un passé, rappela Snape.

_ Un passé où on tente de tuer la personne qu'on aime ? Je ne crois pas. »

Snape souffla l'air par le nez, désinvolte.

« Vous parlez de lui et de Dumbledore ? Comme si vous vouliez le défendre alors que vous m'avez demandé de le tuer.

_ Arrête de détourner le sujet alors que je te parle de façon de voir le monde, commença-t-elle à grogner. Si tuer Dumbledore te pose problème, dis-le moi immédiatement, que je sois fixée.

_ Ce que je propose est justement en adéquation, et si le problème vient des détraqueurs, je peux me charger de les chasser.

_ Tu ne touchera pas de près ni de loin à un seul détraqueur, c'est clair ? »

Snape prit une profonde inspiration, qu'il bloqua dans sa poitrine.

Il n'avait jamais été aussi en colère !

L'air était électrique, pesant, et il ne restait à savoir quel détail viendrait sur le tapis pour mettre le feu aux poudres.

« Sortez, finit par marmonner Hermione, les poings serrés. »

Malfoy déglutit lui aussi, plus effrayé qu'autre chose à ce que sa belle table en bois massif soit de nouveau taché de sang. Mais le regard noir de Hermione dans sa direction lui suffit à repousser son envie d'aller vérifier l'intégrité physique de ses affaires.

Sans surprise, Snape venait de se lever, mais ne quitta pas la pièce avec les autres.

« Je peux savoir d'où vient cette lubie ? Le transfert de Grindelwald est déjà d'une dangerosité sans nom, cela ne fait que confirmer le fait que le Ministère se fiche des autres. Que je les encourage dans leurs exactions est loin d'être dans mes objectifs, trancha Hermione.

_ Je suis au contraire, surpris que vous ne vouliez pas profiter de cette occasion pour les ridiculiser, cela n'a aucun sens, gronda Snape, les mains sur la table.

_ Quoi, en mettant à mal les gardiens de leur prison ? Cela ne ferait de moi qu'une inconsciente de plus ! Je n'ai pas tué Voldemort pour donner l'occasion à un autre mégalo de s'échapper de sa cellule afin de prendre le relais, cela me paraît au contraire, d'une évidence folle.

_ Vous avez réponse à tout n'est-ce pas ? rit-il jaune en se pinçant l'arête du nez. »

Hermione fusilla Snape du regard. Dans cette dimension, il lui semblait incarner tout ce qu'il avait en horreur… Et elle s'en fichait bel et bien. Au contraire même, s'il pouvait ignorer jusqu'au bout son plan, cela l'arrangeait grandement.

« Appelle-moi la « Miss Je Sais Tout » si ça te chante Severus, cela ne me fera pas changer d'avis. »

Soudain, Snape se figea avant de plisser les yeux. Hermione fut alors frapper par toute la rancoeur qui transparaissait de ses iris.

« Vous avez fouillé dans ma vie, gronda-t-il.

_ Fouiller dans ta vie ? répéta Hermione en une grimace dédaigneuse.

_ Vous êtes comme les autres, je pensais que vous étiez différente, mais vous vous servez de moi, et vous n'avez pas respecté ma vie privée.

_ Qu'est-ce que vous racontez ?

_ Ne me dites pas que vous avez choisi ce surnom par hasard, s'emporta-t-il. »

Hermione se contenta de lever les sourcils, à la fois surprise et interrogative, mais Snape ne semblait pas décolérer. Lorsqu'il se mettait dans cet état, malgré tout leur passé, le pouvoir qu'elle avait en main et le reste, elle se sentait toujours aussi… intimidée.

Alors, elle voulut à tout prix cacher le fait qu'elle soit au bord de se ratatiner sur sa petite personne. Elle recula d'un pas pour mieux s'asseoir, cela qui permettrait peut-être d'éviter son regard inquisiteur… ces iris qui semblaient capable de sonder son âme et y découvrir les pires secrets.

« Je fais confiance aux sorciers qui m'entourent, c'est la base de ma doctrine.

_ « Miss Je Sais Tout » ? Arrêtez de tourner autour du pot, il n'y a qu'une seule personne que je connaisse qui m'a donné ce surnom et c'est Lily Evans, trancha-t-il. »

Le sang de la jeune femme sembla quitter totalement le contenu de sa tête, rendant son visage pâle comme celui du baron sanglant. Mais Snape ne s'aperçût de rien, trop emporté, à son plus grand soulagement.

« Mais vous devez le savoir, surtout si vous l'avez espionné, elle ?

_ Je n'ai espionné personne, trancha Hermione, agacée. Et je rappelle que je l'ai épargné.

_ Oui, et pourquoi d'ailleurs ? demanda finalement Snape avec suspicion.

_ Je n'aurais pas attaqué Lily Potter, répondit Hermione avec plus de calme. Pourquoi l'aurais-je fais ? Cette sorcière est intelligente, que je sache, elle a prouvé sa valeur dans le monde sorcier. Elle tenait tête à Voldemort en personne à mon arrivée, et tu avais explicitement demandé à ce qu'elle soit épargné.

_ Comment savez-vous ça ? »

Hermione prit une profonde inspiration qu'elle bloqua dans sa poitrine. Il fallait qu'elle arrête cette conversation avant que ça ne tourne au vinaigre.

« Je n'en ai jamais parlé, conclut Snape en s'avançant, plus méfiant encore.

_ Des rumeurs courent, et la déduction m'a paru évidente à faire à ton arrivée et à la tête que tu tirais. »

La jeune femme sentit le regard du potionniste la parcourir de haut en bas et elle frissonna, une fois encore avec assez de discrétion pour qu'il ne se rende compte de rien. Son corps devait réagir d'une drôle de façon, car ce Snape, oui ce Snape-ci lui sortait par les oreilles. Il n'avait d'yeux que pour Lily, alors qu'elle l'avait rejeté, alors qu'elle continuait à le traiter comme un paria. Si elle devait être tout à fait honnête, Hermione était tordue par la colère, l'amertume et la jalousie. Dans tous les autres mondes, Lily Evans était soit morte, soit une traitre à ses yeux, il n'y avait qu'ici et maintenant qu'elle avait toujours grâce dans le regard de Severus, et cela la dépassait.

Snape quant à lui, semblait perdu dans ses pensées. Il revoyait cette scène comme si c'était hier. Il avait 17 ans, et avait réussi à confronter celle qui était à l'époque sa meilleure amie, bien qu'elle avait pris le soin de l'éviter depuis l'incident. Elle s'était affiché avec ce maudit James Potter, et c'est dans un coin reculé des jardins qu'il l'avait enfin trouvé. Il lui avait écris des lettres, mais toutes étaient restées sans réponse. Alors, il lui avait demandé comment elle avait pu faire ça, comment elle avait pu se mettre avec un homme aussi lâche, aussi mauvais, arguant la multitude de ses défauts et surtout, son incompréhension la concernant. Il l'avait même supplier de le quitter, tant ne serait-ce que voir son visage le rendait malade. James Potter n'était tellement pas un homme pour elle ! Ni pour qui que ce soit d'ailleurs. Cela ne l'avait rendu que plus furieuse encore, et elle s'était contenté de lui dire, la dernière phrase qu'elle avait prononcé à son égard :

« Tu es décidément trop fort, sachant toujours tout mieux que tout le monde depuis notre plus tendre enfance. C'est si facile pour toi d'être odieux afin de mieux donner des directives, parce que tu es si convaincu de tes idées que plus rien d'autres n'a de grâce aux yeux du Monsieur Je Sais Tout que tu es ! »

Et elle s'en était allé. Il avait été si vexé, que ce surnom, il l'avait porté longtemps comme une armure empoisonnée, et il avait même perdu de sa verve après ça. L'entendre le replongeait dans un état étrange, entre amour, attente et tristesse. C'est un sentiment si ambivalent qui transparaissait de ce mot, Granger n'avait pas pu le choisir au hasard, c'était impossible. Mais comment le prouver ? N'importe qui le prendrait pour un fou.

Hermione quant à elle, commençait à être de plus en plus mal à l'aise. Snape ne disait pas un mot, mais gardait son regard sur elle, si fixe qu'elle se sentait vide de l'intérieur.

« Il y avait autre chose ? finit-elle par demander.

_ Laissez-moi m'occuper des détraqueurs, trancha Snape en posant ses mains sur la table. »

Elle le revoyait, subir le baiser du détraqueur avant qu'elle ne l'en délivre de cet horrible sort de mort. Elle avait tout fait pour enterrer ce souvenir au fond d'elle, et elle avait d'ailleurs remarqué que la présence de la montre non loin d'elle le ravivait. Mais elle n'avait pas encore trouvé de solutions par rapport à ce problème.

Autant dire qu'il lui en parle de la sorte ne faisait que l'amplifier plus encore.

« Non, répondit-elle d'un ton catégorique.

_ Je suis un des seuls ici à pouvoir créer un patronus.

_ J'ai dis non, répéta-t-elle en évitant son regard.

_ Ils sont déjà affaibli, si vous venez avec moi, nous pourrons…

_ C'est hors de question ! s'emporta-t-elle enfin. Je ne prendrais pas ce risque, tu ne toucheras pas à un seul de leur cheveux, c'est trop dangereux.

_ Trop dangereux ? Je peux les maîtriser, lâcha Snape, vexé. Je suis un des seuls à le pouvoir, et vous le savez très bien.

_ Ce qui veut dire que s'il t'arrive quelque chose, personne ne pourra te tirer de ce guêpier, s'agaça-t-elle en se levant enfin, enragée.

_ Vous le pourrez, lâcha Snape aussi calmement que possible. »

Hermione se figea alors, le jaugeant étrangement. Dans son mouvement, ils venaient de se trouver à quelques centimètres l'un de l'autre. Cela aurait bien du l'éloigner, lui du moins. Elle savait maintenant qu'il était encore au service de Dumbledore, qu'il l'espionnait, qu'il n'avait aucune allégeance pour elle et qu'elle était (presque) tout ce qu'il détestait, qu'il n'avait d'yeux que pour Lily. Lily qui était si bonne, si foutrement gentille, mais si rancunière alors qu'elle demeurait arrogante, froide, calculatrice, stoïque, sans pitié… presque, sans pitié. Si qui que ce soit demandait à ce qu'un sorcier soit épargné, par amour bien souvent, elle le faisait, même si cela pouvait desservir sa cause.

Prendre le relai de Voldemort était si difficile moralement, qu'elle s'était convaincu qu'il avait fallu de la souplesse, et cela l'avait aidé à surveiller Snape de près.

« Oui, je le pourrais, lâcha-t-elle sans sourciller. »

Snape cacha sa surprise. Il avait dit ça sur un ton défiant, quasi cynique. Il voulait la pousser à bout pour évacuer la pression, presque pour ne pas avoir à accomplir sa mission, il voulait l'énerver pour baisser dans son estime, baisser dans les rangs et perdre l'occasion de tuer Dumbledore. Mais… mais elle venait de lui répondre qu'elle pourrait le sortir d'un traquenard ? Granger ne sortait personne d'un piège quelconque. Elle partait du principe qu'elle n'était pas une sauveuse et que les sorciers autour d'elle devait se servir de leur tête.

Cela ne l'avait pas dérangé, jamais personne n'avait eu pour ambition de le sauver de quoique ce soit.

« Est-ce que j'arriverais à te retenir de le faire ?

_ Non, finit-il par dire.

_ Bien… »

Il fallait s'en douter.

Sauf que parler des détraqueurs, et l'accompagner dans ce beau bazar revenait à raviver un souvenir si douloureux que sa montre vibrait de mauvaises énergies, elle le sentait d'ici.

Si elle osait…

« Je viendrais, mais Severus, accepterais-tu de me rendre un dernier service pour cela ? »

Que lui prenait-elle ? Elle se le demandait. Oui, elle devait sans doute perdre la boule. C'était à cause de ce qu'elle avait du faire, sans doute. La hantise était trop grande, et elle commençait à comprendre pourquoi Voldemort avait disséminé ses horcruxes aux quatre coins de l'Angleterre.

Elle était presque en train de prier pour qu'il refuse.

« C'est-à-dire, dit-il d'un ton douteux.

_ J'aimerai te confier quelque chose. »

Il le montrerait à Dumbledore, il n'y avait aucun doute là dessus. Mais dans ce monde comme dans tous les autres, Hermione décida de faire confiance à Snape, même si elle l'agaçait et même s'il n'était pas celui qu'elle avait espéré non plus, même s'il en aimait encore une autre.

Hermione fit apparaître la montre dans sa main d'un informulé alors qu'elle se trouvait dans sa besace depuis tout ce temps.

« J'aimerai que tu prenne ceci et que tu en prenne soin.

_ Une… montre moldue, décrit Snape d'un air dédaigneux.

_ Je ne t'en dirais pas plus, mais c'est important. Severus, j'insiste là dessus. Je ne fais confiance à personne d'autre que toi pour cela. »

Snape leva les sourcils, avant de dévisager l'objet, puis de la mettre dans sa poche. Hermione fixa un moment l'endroit dans lequel il l'avait mis. Ce monde serait-il le dernier ? Possible, Snape n'avait jamais été en vie si longtemps. Ou alors c'était sa théorie qui était la bonne, elle n'en savait rien, et ne voulait plus le savoir, car ce qu'elle faisait ici, elle se sentait incapable de le reproduire une seconde fois.

« Quand veut-tu le faire ? »

Snape fronça les sourcils avant de serrer la mâchoire. Il baissa son regard un instant. Ils étaient proches, par la force des choses, et il s'en sentait étrangement troublé. Pourquoi ? Il partait du postulat que c'était parce qu'il avait le contact physique en horreur.

« Le faire, répéta-t-il.

_ Azkaban, rappela-t-elle.

_ Durant les vacances scolaires, sans doute. »

Hermione acquiesça rapidement. Il fallait que Dumbledore meurt le plus vite possible, pour que Snape lui donne accès au livre des admissions et qu'elle empêche son double de venir étudier à Poudlard… mais cela, il n'en avait aucune idée, bien sûr.

Hermione jeta un regard furtif sur le visage de Snape au dessus d'elle. Le voir ainsi, alors qu'il la surplombait de toute sa hauteur la troublait, mais elle décida de mettre ce sentiment loin, très loin derrière elle.

Encore effrayé par le fait que Snape puisse encore courir après l'amitié de Lily, Hermione songea à la faire surveiller. Si cette sorcière lui reparlait, alors elle pourrait le convaincre de s'éloigner définitivement de ses rangs, et elle ne pourrait plus jamais avoir la possibilité de le sauver.

Alors que le sorcier s'apprêtait à partir, Hermione fit un pas pour le retenir.

« As-tu testé la force de ton patronus avant d'engager une telle mission ?

_ Je n'en ai pas besoin, dit-il d'un ton un peu méprisant, un de ceux qu'elle avait en exergue.

_ Bien, je te fais confiance, mais… si je dois me voir dans l'obligation de te sauver la mise, sache que je serais extrêmement en colère. Ainsi, je te sortirais de là avant que tu ne te fasse tuer, pour mieux te tuer après. »

Snape ne put s'empêcher de laisser échapper un espace de rictus en coin. Et elle se demanda pourquoi il venait de sourire avant qu'il ne s'éclipse, sans un mot.

L'opération intimidation était devenu un flop total.