Allons bon, à peine une nouvelle histoire de commencer que je ne tiens pas la résolution d'un chapitre par semaine. Et pourtant, elle est complète.
Bon, corrigeons le tir, c'est le matin, personne n'a rien vu, n'est-ce pas !
Nous disions donc : Bonjour ! =D Vous allez bien ? On va commencer à rentrer doucement dans le vif du sujet, je vous laisse donc découvrir ce premier petit chapitre !
Bonne lecture !
Quand un rayon de soleil se posa sur son visage, elle leva une paupière paresseuse, révélant un œil aux nuances de vert et de marron. Elle grogna, pour chasser la lumière importune, sans grand succès. Elle se redressa, faisant ainsi glisser le long de son corps nu une peau de bête au pelage noir. Elle frissonna. Sa peau lisse, sans le moindre défaut, fut parcourue par la chair de poule.
L'été était encore présent, mais sa chambre de pierres grises n'avait pas encore emmagasiné la chaleur du soleil. Elle passe une main dans sa tignasse brune emmêlée avant de lever les yeux vers sa petite fenêtre. Le ciel était clair et dégagé. L'air sentait bon l'herbe sèche, brûlée par le soleil. Ce jour serait un bon jour.
Elle se leva, plongea la tête dans une bassine d'eau, mise à sa disposition, avant de la relever, décrivant un large cercle avec sa chevelure. Elle secoua la tête pour en chasser l'excédant d'eau et enfila une large tunique marron qui lui arrivait à mi-cuisse, la trempant instantanément dans le dos et sur les épaules. Ainsi fagotée, et non chaussée, elle monta les escaliers de la tour de pierre. Elle chaparda un morceau de viande crue dans la cuisine non surveillée et s'enfuit à l'extérieur avant qu'on ne la confine dans les hautes salles.
Dans cette matinée claire, les fleurs s'étaient ouvertes et répandaient leurs effluves enchanteresses. Elle aimait beaucoup les jardins de la tour. La nature y était laissée libre, loin des jardins taillés de certaines villes. Elle aimait cette impression de nature sauvage, libre de faire ce qu'elle voulait. Cela lui donnait un sentiment de nostalgie.
Soudain, elle releva la tête, attirée par un son lointain. Elle se tourna vers l'entrée du jardin. Elle fit un pas, puis un second, puis encore un, vite, de plus en plus vite. Elle se mit bientôt à courir, sautant par dessus les racines, se baissant sous les branches, glissant dans l'herbe mouillée de rosée.
Savourant l'air dans ses cheveux, elle accéléra encore. Elle sentait avec délice ses muscles se délier, se contracter et se relâcher, comme si eux-même n'avaient attendu que ce moment. Sans même s'en rendre compte, elle traversa le chemin à la vitesse de l'éclair. C'est un hennissement à la fois surpris et paniqué qui la fit planter les talons dans le sol et effectuer un demi-tour sans réellement prendre le temps de s'arrêter. Elle ralentit l'allure en revenant sur ses pas, trottinant tranquillement.
Arrêtés au milieu du chemin, le cheval et son cavalier l'attendaient. La monture avait une belle robe brune. Bien portant, le canasson secouait la tête et tentait de s'éloigner à mesure qu'elle se rapprochait, mais son maître le tenait d'une main ferme.
L'homme témoignait du temps qui passait, par ses yeux remplis de sagesse et sa longue barbe grise. Habillé de robes de la couleur d'un ciel d'orage, son chapeau lui tombait sur le visage. Son long bâton, plus grand qu'elle, indiquait que le vieillard était en réalité un magicien, tout comme le seigneur de la tour.
Elle trottina jusqu'à lui en souriant, pas même essoufflée par l'effort brusque qu'elle venait de faire... Elle prit une grande inspiration en approchant. Il s'entait le tabac à pipe, le soleil et le vent. Elle aimait son odeur, elle l'avait toujours aimée.
Elle leva une main à ses yeux, le pointa du doigt et porta ses deux mains à sa poitrine.
-Je suis également ravi de te voir Ulrika.
Pour toute réponse, elle lui sourit, dévoilant ses dents parfaitement blanches et bien alignées. Après une seconde, elle le pointa du doigt puis montra le sol en penchant légèrement la tête, une moue clairement interrogative.
-Je suis venu voir Saroumane. Il s'agit d'une affaire urgente.
Ulrika écarquilla les yeux, la tête toujours penchée sur le côté. Elle était curieuse de la présence de l'homme, et surtout de l'urgence qui l'avait guidé en ces lieux.
-Sais-tu où il est ?
Elle gonfla les joues, insatisfaite. Elle savait très bien que s'il n'était pas décidé à lui révéler quelque chose, il ne dirait rien. Elle poussa un soupir silencieux avant de joindre les mains devant elle, à l'horizontal. Elle écarta ses mains l'une de l'autre, verticalement, puis pointa le haut de son mime.
-En haut de la tour ? Merci.
Le magicien posa une main sur la tête brune de la jeune fille en lui souriant, avant d'éperonner son canasson qui partit aussi vite qu'une flèche, trop heureux de s'éloigner d'elle.
Ulrika se tourna vers Orthanc, regardant la tour côtoyer le ciel et les nuages. Le vieil homme venait rarement voir le maître de l'édifice. Cela la désolait, car elle ne le voyait que peu et elle aimait ses visites.
Les nuages grisâtres commencèrent à s'agglomérer. Le temps tournait. Elle frissonna dans l'air chaud de cette fin d'été. La journée ne serait pas aussi bonne qu'elle l'avait estimée il y a quelques heures.
-Ulrika !
Elle leva la tête en entendant son nom. Elle avait entendu la porte de la tour s'ouvrir plus grand, avec fracas. Cela l'avait surprise mais elle n'avait pas fait plus cas. Elle sauta de la branche sur laquelle elle s'était installée et partit au petit trot vers la tour, un pressentiment léchant sa colonne vertébrale.
Debout en haut des escaliers menant à l'entrée, le maître des lieux l'attendait, son bâton blanc à la main. La jeune fille frémit sous le regard clair de l'homme. Le visage de l'homme ne s'était pas tourné vers elle, seulement ses yeux, la regardant de haut. Ses traits étaient austères, durs.
Avant, il avait toujours un petit mot gentil quand il la voyait. Il était si souvent plongé dans ses études, en haut de la tour, qu'elle le voyait rarement, même aux repas. Mais récemment, cela avait été pire, il était beaucoup moins présent, de moins en moins. Parfois il l'appelait quand elle tardait trop à rentrer, mais maintenant, il n'était pas rare qu'elle puisse même passer la nuit dehors, dans le jardin.
Ulrika plissa le nez. L'homme sentait l'air vicié et le parchemin moisi, comme s'il s'était imprégné des ouvrages anciens qu'il lisait à longueur de journée. Son changement était aussi d'ordre vestimentaire. Il ne portait plus ses robes immaculées, préférant des robes irisées qui donnaient seulement une impression de blancheur. Elle n'aimait pas ce changement non plus, il lui agressait la rétine.
-Retourne dans ta chambre ! Ordonna le vieil homme en la regardant à peine. Et n'en sors plus sans que je te l'ordonne !
Ulrika écarquilla les yeux d'étonnement et d'horreur. C'était la première fois qu'elle était privée de toute sortie. Saroumane savait à quel point elle aimait être à l'extérieur, à quel point elle en avait besoin !
Elle ne bougea pas, penchant la tête en une supplique de comprendre pourquoi.
-Tu n'as pas à savoir. Rentre !
Le ciel se couvrit un peu plus encore et la voix du magicien gronda comme le tonnerre. Ulrika rentra la tête dans les épaules et grimpa les marches avec rapidité. Elle n'aimait pas le bruit de l'orage, les grondements, et l'homme le savait très bien. Après avoir passé la porte, elle se dirigea vers les sous-sols et se lova sous la fourrure posée sur son lit.
Elle leva les yeux vers la fenêtre, mais le ciel noir ne lui renvoya que l'image d'une sombre nuit, qui ne faisait que commencer.
Et voilà, chapitre terminé pour cette fois-ci, j'espère qu'il vous aura plu.
Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous mardi prochain ! Bye bye.
Sur ce ...
Angel.
