Euh ... Bonjour ? Non, on pose ces pierres, tout de suite ! Je sais, j'ai un peu zappé de publié la semaine dernière, mais j'ai une excuse hein ! J'ai oublié ... comment ça ce n'est pas une excuse ? Pff, vous êtes sévères.
Bon et si je vous laissai avec mon petit chapitre ?
Bonne lecture à tous.
Le jour se levait, elle le sentait. Ulrika se redressa sur sa couche mais serra la fourrure autour de son corps nu. Il faisait froid dans la tour. En levant les yeux vers sa lucarne, elle ne vit que des nuages noirs. Le soleil ne brillait plus sur Orthanc, il y faisait froid.
Ulrika tendit la main et attrapa la large tunique dont elle s'habillait toujours. Mais elle garda la fourrure sur elle. En se tournant vers la porte, elle vit un plateau, son repas. Elle plissa le nez et fit la moue. Tout ses repas se passaient ainsi désormais : elle mangeait, seule, enfermée dans sa … chambre. Son estomac grogna, mais elle ne se décida pas à le contenter.
Elle porta à nouveau son regard sur l'extérieur, si proche mais inaccessible. Depuis la visite de Gandalf, elle n'était plus autorisée à sortir dans le jardin, pas même dans la tour. Elle qui avait tant besoin de la nature, elle ne pouvait même plus la toucher, la voir, ou la sentir. Parfois, elle se demandait si le jardin n'avait pas été un rêve. Cela faisait des semaines que les oiseaux ne chantaient plus hors de sa prison, et les plantes n'étaient même plus visibles depuis sa fenêtre.
Il ne restait plus que l'odeur de fumée, et le vacarme de l'acier contre le métal.
Ulrika reposa sa tête sur son lit. Elle ferma les yeux, traçant dans son esprit les contours des arbres, des fleurs et des herbes. Elle s'imagina chasser les oiseaux et les lapins qui s'aventuraient là. Au milieu de son jardin imaginaire, le vieux magicien gris se tournait vers elle, le sourire aux lèvres, tout comme il souriait la dernière fois qu'elle l'avait vu. Elle voulut se précipiter vers lui, mais elle le savait trop loin, hors de sa portée. Une boule se forma dans sa gorge et ses yeux lui piquèrent.
Elle n'avait plus revu le magicien gris depuis son entrevue avec Saroumane. L'odeur de son tabac à pipe flottait encore dans l'air de la tour, seul indice quant à la présence réelle du magicien dans la tour. Mais il n'était pas venu la voir comme il le faisait toujours. Elle voulait qu'il vienne, comme il était venu à elle autrefois.
Alors que la nuit recouvrait la terre de son manteau de ténèbres, le vacarme extérieur s'amplifiait, faisant grincer Ulrika des dents. Cependant, elle l'avait remarqué, c'était à ces heures sombres que le magicien blanc quittait la tour.
La jeune femme attendit quelque minutes encore avant de se glisser hors de son lit, habillée seulement de sa tunique trop large, et couverte de sa peau de bête. Gandalf était là, elle voulait le voir, elle en avait besoin.
Elle tourna doucement la poignée mais celle-ci résista. La serrure craqua en un bruit assourdissant quand elle força un peu dessus. Rien ne suivit, aucun bruit, pas de bruits de pas, pas d'écho, rien. Relâchant sa respiration, qu'elle n'avait pas eu l'impression de retenir, Ulrika se glissa dans l'ombre du couloir.
Tout était noir, mais cela ne lui posa aucun problème. Elle avait toujours réussi à discerner les détails présents dans les ombres. Elle gravit les marches une à une, volant presque d'un étage à l'autre, jusqu'à aboutir sur le toit. Elle avait suivi l'odeur de l'herbe à pipe. Elle savait qu'elle le trouverait là.
Elle glapit quand elle sortit sur le toit plat de la tour, éblouie par la faible lueur rougeâtre visible en contrebas. Quand elle rouvrit les yeux, elle vacilla sous l'horreur qui la secoua. Il ne restait rien des jardins de l'Isengard. Les arbres et l'odeur fleuri avaient disparu, remplacés par de profondes fosses et la puanteur du soufre. Ses épaules se secouèrent de sanglots silencieux alors qu'elle constatait l'étendue des dégâts causés sur son royaume.
-Ulrika ? Appela la voix du magicien gris, quelque peu chevrotante.
Elle se tourna vivement et se précipita vers lui, inquiète de l'entendre si faible. Elle agrippa les barreaux de la cage où il était retenu et la tira fortement. Le métal crissa mais se plia finalement à sa volonté. Ulrika ramena la cage pour le sol de la tour. Elle secoua ensuite la porte qui resta bien fermée.
-Tu ne devrais pas être ici.
Ulrika fronça les sourcils et secoua la tête. Elle le montra du doigt, puis la cage et les fosses, penchant la tête sur le côté. Elle voulait savoir ce qu'il s'était passé, elle devait savoir pourquoi le jardin était mort, détruit, bafoué.
-Je ne sais pas, répondit-il en secouant lui-même la tête en un mouvement las, fatigué. Saroumane semble s'être lié au maître du Mordor. Te souviens-tu de lui ? Je t'en ai parlé.
Elle prit un air pensif, retraçant dans sa tête, rapidement, l'ascension du Seigneur Noir, de ses anneaux offerts aux peuples, puis de sa chute après qu'il est fabriqué l'Anneau unique. Elle hocha la tête, les doigts toujours enroulés autour des barreaux de métal.
-Il faut que tu trouves un moyen de t'enfuir, reprit-il de manière bien plus pressée. Je sais que tu en es capable.
Elle secoua la tête, faisant voler ses cheveux sous la violence du mouvement. Il était hors de question qu'elle s'en aille en le laissant là. Il lui avait tellement manqué alors qu'elle était enfermée dans sa chambre. Elle savait ce que ça faisait, elle ne voulait pas que le vieil homme reste plus longtemps dans cette cage. Elle leva le doigt vers lui.
-Ne t'inquiète, lui dit-il. Je m'en sortirai très bien. Toi, il faut que tu partes. Tu n'es plus en sécurité auprès de Saroumane. Il va t'utiliser …
Ulrika prit une grande inspiration et banda les muscles. Ses bras se gonflèrent sous l'effort, les veines de son cou se firent plus visible et son visage rougeoya alors qu'elle forçait sur les barreaux pour les écarter suffisamment et que l'homme puisse passer.
Gandalf posa une main sur la sienne, essayant de la dissuader. Le métal était trop épais, trop résistant. Mais la jeune fille avait la tête dure. L'air s'échappait de ses poumons par grognements sourds, sous l'effort intense qu'elle faisait subir à son corps. Avec une lenteur presque extrême, alors qu'elle commençait à haleter, à être épuisée, les barres de la cage plièrent jusqu'à laisser un passage suffisant pour un homme.
-Merci …
-Ulrika ! Tonna une voix trop bien connue. Tu m'as désobéit.
Elle rentra la tête dans les épaules, laissant rouler la voix grondante au dessus d'elle. Plus que n'importe quel être sur cette terre, elle craignait le magicien blanc. Elle percevait son pouvoir et son intensité, elle en avait peur. Surtout depuis qu'il s'était désintéressé de ses études.
Cependant, elle ne bougea pas, se tenant toujours entre les deux magiciens.
Les blessures de Gandalf attestaient d'un combat âpre, n'ayant pas tourné en sa faveur. Et elle ne voulait pas qu'il soit encore blessé. Elle se redressa, levant vers lui un regard rempli d'une profonde reconnaissance.
-Écarte toi ! Ordonna Saroumane.
Elle secoua la tête, déterminée à ne pas bouger d'un pouce.
-Écarte toi !
Elle ferma brièvement les yeux quand la voix tonna, comme elle le faisait quand elle voyait l'éclair un orage. Mais elle ne bougea pas pour autant. Quand elle souleva les paupières, elle vit passer entre elle et Gandalf un papillon, un phalène. Le sourire du magicien confirma que c'était son œuvre. Il le lui avait dit, qu'il arriverait à s'en sortir.
L'ouïe de la jeune femme perçut un son encore très lointain, imperceptible pour l'oreille d'un homme. Seulement un battement d'aile celui d'un oiseau, et un cri perçant comme ceux des aigles.
Elle se précipita vers le magicien gris, le poussant presque avec douceur au bas de la tour, le laissant aux bons soins d'un aigle géant. Elle l'entendit hurler son nom. Elle se contenta de sourire en le voyant s'éloigner.
Et voilà, c'est fini pour cette semaine.
Comme vous avez pu le voir, nous commençons à rentrer dans la guerre, enfin presque, mais on y arrive quand même !
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous la semaine prochaine !
Sur ce ...
Angel.
