Auteur : Nat.

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.

Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.

° 5 °

Les petits pas d'Elrond ne font aucun bruit tandis qu'il marche, sourcils froncés, perdu dans ses réflexions. Il a posé sa question au hurleur, il fallait qu'il sache. Mais la réponse obtenue n'est pas celle qu'il attendait. Il ne comprend pas. C'est peut-être un mensonge. Les sourcils bruns de l'enfant se froncent encore plus. Le hurleur a déjà menti, et à son grand frère en plus, pas plus tard que la veille. Il peut recommencer. …N'est-ce pas ?

Le semi-elfe est presque arrivé à la salle de jeu lorsqu'il entend les pas lourds du grondeur résonner devant lui. Il n'a pas envie de le voir. Le grondeur a dit la veille qu'il n'était pas fâché pour les plantes, parce qu'il croyait qu'Elrond voulait juste jouer, mais c'est peut-être encore un mensonge. Alors le petit se cache derrière une porte entrouverte. Le grand monsieur passe devant lui, en de longues enjambées nerveuses, ses cheveux sanglants ondulant dans son sillage. Il ne le remarque pas, et l'enfant attend qu'il disparaisse pour sortir de sa cachette.

Lorsqu'il entre dans la salle de jeu, c'est un Elros excité et bondissant comme une puce qui l'accueille. Monsieur Maedhros vient de passer, lui explique le garçonnet. Il voulait donner quelque chose à Elrond, poursuit-il, mais comme il n'était pas là il a posé cette chose sur une chaise, lui a demandé d'attendre son jumeau pour regarder dedans et est reparti. Elros a attendu, au moins deux bonnes minutes, en sautant partout. Il parie que c'est un nouveau jouet, sinon monsieur Maedhros ne l'aurait pas apporté dans la salle de jeu, pas vrai ?

Elrond regarde sur la chaise. Une jolie boîte en bois blanc, décorée d'arabesques gravées et peintes de couleurs pastelles, est posée là. Deux poignées et un fermoir d'argent en ornent le couvercle. Le métis débloque le fermoir à la demande de son frère et tire sur les poignées. Le couvercle s'ouvre par le milieu et dévoile une panoplie de petits ustensiles soigneusement rangés. Il y a là des rouleaux de bandages, des coupelles, des couteaux, des pinces, des aiguilles et du fil, de petites attelles de bois, des pots fermés, des lingettes, des sachets de tissus… Il y a même une sacoche de cuir. Elros ne peut retenir une exclamation ravie :

« Une boîte de soigneur ! Regarde Elrond, c'est une vraie boîte, avec des pansements ! »

Elrond s'est figé. Il cligne des yeux, regardant fixement la jolie boîte et son contenu. C'est pour lui ? Il saisit un des rouleaux de bandages et le tourne entre ses doigts tremblants. C'est vraiment pour lui ? Un à un, tout doucement, il sort de la boîte une aiguille et son fil, une paire de petits ciseaux, une pince, une attelle. Il glisse un doigt sur la lame émoussée d'un couteau, dévisse le couvercle d'un pot, ouvre un des sachets. Ils sont vides.

Près de lui, Elros trépigne d'enthousiasme. Il court chercher sa grande peluche de chien.

« Viens, on va soigner mon doudou !

-Non. »

Elros s'immobilise et presse Huan-en-peluche contre lui. Son regard interrogateur cherche à accrocher celui de son frère. Elrond range précautionneusement chacun des petits outils dans la jolie boîte et referme le couvercle. Il secoue la tête.

« On peut pas. Y'a pas de plantes qui guérissent. »

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