Auteur : Nat.

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.

Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.

° 9 °

Maglor ne sait pas ce qui le pousse à se lever au milieu de la nuit. Ce n'est pas Maedhros qui l'appelle comme il le fait parfois, quand les cauchemars le prennent ou que ses douleurs le torturent trop. Aucun bruit ne provient de ses appartements, signe que son frère est peut-être enfin parvenu à trouver le sommeil. Non, c'est autre chose qui le tient, lui, éveillé. Un pressentiment, peut-être, ou un rêve dérangeant qu'il a déjà oublié. Cela lui arrive souvent, maintenant. Il quitte sa chambre, son châle sur les épaules, avec l'idée de déambuler dans le château endormi. Un peu de marche dans la froideur de la nuit lui remettrait les idées en place, l'aiderait à retrouver le repos. Mais il ne fait pas trois pas hors de ses appartements.

Elrond attend dans le couloir, juste à côté de sa porte. Il sursaute en voyant Maglor, mais ses yeux ne le fuient pas. Ses pieds sont nus et ses cheveux lâchés, il ne porte que sa chemise de nuit blanche. Son regard angoissé cherche celui de l'adulte avec incertitude.

« J'ai fait un vilain rêve. »

Il chuchote, et baisse les yeux sur ses pieds. Il tremble un peu.

« Elros dort et j'ai peur. Je veux pas tomber. Je veux pas devenir un oiseau blanc. »

Maglor ne comprend pas, mais il s'agenouille et prend les petites mains dans les siennes. Elles sont gelées. L'enfant attend probablement là depuis un bon moment.

« Veux-tu que je te fasse un câlin, comme à ton frère lorsqu'il est triste ? » Questionne le ménestrel à voix si basse qu'elle est à peine audible.

Les chambres voisines sont celles de Maedhros. Il a le sommeil fragile et Maglor ne veut pas le réveiller s'il a réussi à s'endormir. Le petit ne répond pas. Il continue de fixer ses pieds.

Alors Maglor soupire et s'assoit par terre dans le couloir, le dos contre le mur. Lentement, pour ne pas l'effaroucher, le ménestrel attire Elrond à lui et le prend dans ses bras. Il l'assoit sur ses jambes croisées et force sa tête à reposer contre son épaule. Il ne dit rien. Elrond ne se débat pas. Il laisse Maglor l'envelopper dans son châle et lui couvrir attentivement les pieds.

Le corps de l'enfant est raide et crispé contre le sien. Lui-même se sent mal à l'aise. Mais ni l'un ni l'autre ne se dérobe.

« Je vous aime pas. Vous êtes méchant. »

La voix fluette murmure sans conviction dans le silence de la nuit. Elle faiblit sur le dernier mot. Maglor berce doucement le petit elfe, d'avant en arrière, sa voix d'or fredonnant l'air d'une berceuse dont il a depuis longtemps oublié les paroles.

Le temps passe mais, dans le couloir, Maglor n'a aucun moyen d'en évaluer le cours. Il n'a aucune idée de l'heure qu'il peut être. Il sait que l'enfant s'est endormi lorsque la tension de ses membres se relâche et qu'il se laisse enfin aller contre lui.

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