Auteur : Nat.
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.
Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.
° 11 °
La voix d'or de Maglor énonce de longues phrases rassurantes, consolatrices, de jolies phrases qui bercent les pleurs et les endorment. Il a d'abord cherché à convaincre Elros des bienfaits de leur futur déménagement, pour lui et pour son jumeau, mais le semi-elfe n'a pas voulu comprendre. Alors Maglor a cessé d'expliquer et s'est contenté d'essayer de l'apaiser. Le fils d'Elwing trouve qu'il fait ça beaucoup mieux. Le ménestrel s'est assis sur la chaise de la salle de jeu et Elros est venu poser sa tête sur ses genoux. Les doigts blancs du harpiste glissent dans les cheveux bruns du métis.
« Je veux pas partir. » Chuchote le petit garçon, et les larmes menacent d'envahir à nouveau ses joues.
Maglor caresse ses cheveux décoiffés et se met à chantonner. Le garçonnet ferme les yeux. Il presse sa grande peluche de chien contre son cœur, entre son petit torse et les grandes jambes de Maglor, et il écoute. Au bout d'un moment, calmé, il rouvre les yeux. Il tourne un peu la tête pour observer la salle de jeu. Son épée de bois gît au sol, oubliée dans son cercle de cubes, de soldats de plombs et de carrioles. La belle boîte de guérisseur d'Elrond, soigneusement fermée, trône sur le dessus du coffre à jouets.
Elrond est à sa place, sur le cheval à bascule. Il se balance doucement, en rythme avec la chansonnette de Maglor. Il berce sa poupée, mécaniquement, sans même s'en rendre compte. Il écoute, lui aussi.
Le soir, Elros attend qu'Elrond vienne se blottir contre lui sous leurs trois couvertures pour l'entourer de ses bras et le serrer contre lui. Son frère se laisse faire quelques minutes avant de gigoter pour se libérer. Elros défait son étreinte afin de le laisser respirer. Lorsque les femmes de chambre quittent la pièce, après avoir éteint les chandelles et allumé la petite veilleuse, il murmure :
« Je veux pas partir d'ici, Elrond. Tu veux partir, toi ? »
Elrond ne répond pas tout de suite. Il finit par marmonner :
« Quand on part, je prends ma boîte et mes robes pour ma poupée. C'est tout à moi.
-Je veux pas partir, Elrond. » Insiste le garçonnet. « On est bien ici et on a plein de jouets. Et on le connaît même pas, cousin Gil.
-C'est le roi.
-On l'a jamais vu en plus. Et puis Maglor et monsieur Maedhros, on les connaît, eux. Ils sont pas si méchants que maman disait tout le temps et on les aime bien. »
Les sourcils de son jumeau se froncent aussitôt.
« Non.
-Moi je les aime bien. »
Elros a chuchoté avec toute la conviction qu'il peut avoir. Les sourcils d'Elrond restent froncés. Mais il laisse parler son frère.
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