Auteur : Nat.
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.
Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.
° 15 °
L'idée d'une promenade d'une journée entière dans les collines vient de Maedhros. Il estime qu'il est grand temps pour chacun de changer d'air et pense qu'une sortie fera du bien aux garçons avant les plus virulents assauts de l'hiver. Voyant son avis sollicité, le guérisseur n'émet aucune objection. Les fils de Fëanor choisissent donc une journée où le soleil timide se décide à briller, une journée moins froide que les précédentes, sans vent. Et, accompagnés d'une suite restreinte, ils emmènent les fils jumeaux d'Elwing visiter le domaine.
Faire le tour des terres arables jouxtant le château leur occupe la matinée puis la frontière de leurs dépendances, chaos verdoyant de collines et de dénivelés, offre un merveilleux terrain de jeu pour Elros. Le garçonnet passe une bonne heure à courir partout en agitant son épée-jouet, pourfendant des orcs imaginaires et nombre de buissons effeuillés.
Maedhros marche maintenant sur un sentier tracé par des dizaines de patrouilles, Elros à sa remorque. Le géant roux s'arrête tous les trois pas pour indiquer une plante au petit garçon et la nommer en sindarin, en quenya et en westron. Maglor sourit. Elros, s'il en croit la direction de son regard brillant d'admiration, est plus intéressé par le visage altier et les cicatrices de son frère aîné que par le vocabulaire qu'il tente de lui enseigner.
Elrond, lui, se tient en retrait et fait son possible pour ne pas avoir l'air d'écouter. Mais, lorsque Maedhros s'éloigne, il va mine de rien ramasser la plante en question et la glisse discrètement dans un petit sac dissimulé sous sa cape.
Lorsqu'ils arrivent sur le bord d'une falaise, Elros se précipite pour admirer le paysage qui s'offre à lui. Maedhros lui désigne des nids de faucons pèlerins cachés au creux des arrêtes rocheuses, et Elros pousse un cri de joie.
« Viens voir, Elrond, des grands oiseaux ! C'est comme à la maison ! »
Le regard de Maglor croise celui de Maedhros, mais aucun des deux frères ne dit quoi que ce soit. Elros bat des mains, ravi, sa petite épée de bois oubliée à sa ceinture. Il décrit les oiseaux à son jumeau qui n'a pas esquissé un pas vers lui, se penche pour mieux voir, fait coucou de la main à un des volatiles.
Maglor s'avance dans sa direction avec l'idée de lui dire de se calmer afin de ne pas tomber. Il sent soudain une pression sur le bord de sa cape. Elrond, son petit poing serré sur le tissu, baisse la tête et fixe obstinément la pointe de ses chaussures. Il a pâli.
« J'ai peur. »
Il parle si bas que le vent manque d'emporter ses mots avant que Maglor ne puisse les saisir.
« Je veux pas tomber. »
Maglor ne cherche pas à le détacher de sa cape. Il pose sa main sur le dessus de sa tête, pour le rassurer. Pour lui faire comprendre qu'il ne le laissera pas tomber de la falaise. Pas lui.
« Je veux pas rester là. Je veux pas devenir un oiseau blanc. » Murmure encore Elrond.
Maglor ne comprend pas. Mais il appelle Maedhros et lui propose de rentrer chez eux.
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