Auteur : Nat.

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.

Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.

° 17 °

Accroupi sur le sol de la salle de jeu, Elros suit des yeux les gestes de son jumeau. Elrond a vidé sa petite sacoche de son contenu, étalant une vingtaine de plantes à demi séchées par terre. A présent, il s'occupe à les trier selon les explications données par Maedhros : les plantes qui soignent d'un côté, celle qui ne soignent pas de l'autre. Ceci fait, l'enfant saisit un petit bol et y écrase les plantes qui soignent. En y ajoutant de l'eau, il obtient une pâte verdâtre qu'il verse dans un de ses petits pots de pommade. Elros attend que son frère ait achevé son transfert pour lui demander :

« Tu as fini ? On va soigner mon doudou, maintenant ?

-Non, répond tout bas l'autre métis.

-Tu dis toujours non, bougonne Elros en se renfrognant. Pourquoi ?

-Parce que je veux pas.

-T'es pas drôle, Elrond. Moi j'en ai assez de toujours jouer tout seul. Je m'ennuie. »

Elrond l'ignore. Il attrape les plantes qui ne soignent pas et les déchire en petits bouts qu'il glisse dans un de ses sachets. Comprenant qu'il n'obtiendra rien de lui, Elros retourne à son occupation première : organiser une bataille entre ses soldats de plomb et ses affreux cavaliers wargs. La bataille bat son plein lorsqu'une idée de génie frappe soudain le garçonnet.

« Elrond ! Appelle-t-il en agitant les jouets qu'il tient –un archer elfe et un gobelin montant un warg. Il faut que tu soignes mes bonshommes, ils sont blessés. Ils ont été attaqués.

-Par des elfes ? Questionne Elrond, méfiant, et Elros lui tend sa figurine de warg.

-Non, c'est des orcs, regarde. Tu les soignes, dis ? »

L'autre garçon hésite. Mais Elros s'est mis à chouiner entre deux quintes de toux et, pour le faire taire, Elrond déroule un paquet de pansement et en coupe de fines lanières avec ses ciseaux. Elros pousse un cri de joie et se précipite vers lui, les bras pleins de ses braves soldats à soigner. Pendant un long moment, il indique une à une les blessures de ses héros à son frère qui, patiemment, transforme les figurines en petites momies couvertes de bandages. D'abord réticent, Elrond finit par se prendre au jeu : affectant l'air grave et appliqué d'un guérisseur chevronné, il ponctue ses soins de petites phrases expertes.

« Il faut que celui-là reste couché pour que sa jambe guérisse bien. Et puis il faut mettre un coussin dessous pour qu'elle soit plus haute.

-Pourquoi ?

-Je sais pas, mais tu te souviens quand Gildor avait cassé sa jambe ? Il devait toujours avoir un coussin sous son pied dans son lit. »

Elros hoche gravement la tête et lui tend le patient suivant –un malheureux fantassin qui a reçu un coup de hache sur le casque.

Les deux métis sont pareillement surpris lorsqu'un domestique vient les chercher pour le dîner. Ils n'ont pas vu le temps passer.

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