Auteur : Nat.
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.
Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.
° 25 °
Maglor a donné des directives aux femmes de chambre concernant les cheminées. Dans la salle de jeu, Elrond traîne son cheval à bascule près de l'âtre pour profiter de la chaleur. Elros, lui, s'obstine à jouer allongé sur le sol frais. Maglor fait doubler l'épaisseur des tapis, mais le garçonnet continue à tousser. Un matin, il refuse de se lever. Enfoui jusqu'au nez sous ses couvertures, Huan-en-peluche pressé contre sa joue, il ne peut s'empêcher de frissonner.
« Je reste dans mon lit. » Dit-il à Maglor d'une voix tremblotante, lorsque le ménestrel vient prendre de ses nouvelles. Il ajoute : « J'ai un petit peu froid. Je crois que je suis un petit peu malade. »
Son front est brûlant, perlé de sueur, et il a sans cesse soif. Maglor, dévoré d'inquiétude, fait aussitôt mander son guérisseur.
L'examen médical du semi-elfe semble durer des heures. Patiemment, Elros se plie aux exigences du médecin : ouvrir grand la bouche, tirer la langue, dire « aaaaaaaaah », se laisser écouter la respiration, montrer ses oreilles. Elrond, au pied du lit, singe les gestes du guérisseur sur sa poupée. Il n'est pas inquiet, la situation semble lui être familière. Alors, nerveux pour deux, Maglor arpente la pièce de long en large. Enfin, le verdict tombe.
« C'est une bonne grippe, seigneur Maglor, doublée d'une petite bronchite. Des infections fréquentes chez les Mortels. C'est impressionnant mais n'ayez aucune crainte, ses jours ne sont pas en danger. Je vais vous indiquer quelles tisanes lui donner pour faire tomber la fièvre et quels sirops pour limiter sa toux. Du lait chaud avec du miel adoucira les inflammations de la gorge liées à la toux. Surtout, veillez à ce qu'il soit bien hydraté et dans une semaine tout ceci ne sera plus qu'un mauvais souvenir. »
Maglor prend bonne note de ces recommandations. Il passe la majeure partie de ses journées au chevet de son malade. Elros avale volontiers le lait au miel et le sirop, dont il apprécie le goût sucré. Mais il refuse de boire la tisane, trop amère : par deux fois, Maedhros est obligé de venir le menacer de lui pincer le nez. La troisième fois, c'est Elrond qui, sans sommation, lui pince le nez pour le forcer à ouvrir la bouche.
Elrond joue au petit infirmier. C'est lui qui est chargé de surveiller l'infusion des tisanes, d'aller aux cuisines demander du lait chaud et de vérifier la dose de sirop que Maglor donne à son frère. Surtout, il partage la charge de la mission la plus importante : faire boire Elros régulièrement. Souvent, il vient prendre la température de son jumeau en posant sa minuscule main sur son front brûlant, qu'il éponge ensuite avec un linge frais.
« Tu aimes bien soigner ton frère ? Lui demande Maglor de sa voix douce.
Elrond hoche la tête. Un sourire timide étire les commissures de ses lèvres.
Sa dernière mission, mais non des moindres, consiste à choisir chaque jour l'histoire que Maglor lit au jeune convalescent. Un après-midi, après l'histoire, Elros saisit la main du fils de Fëanor. Il la serre dans la sienne. Son regard gris tremble un peu.
« Vous savez Maglor, chuchote-t-il, j'aime bien que vous êtes là quand je suis malade. Mon papa d'avant il restait pas avec moi. Il était trop occupé à fabriquer des bateaux. »
°0oOo0°
