Auteur : Nat.

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.

Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.

° 29 °

« Les cordes noires, ce sont les fa. Les cordes cuivrées sont les do. Les blondes sont les autres notes. Cela te donne donc, dans l'ordre, les notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si, et encore do. Et ainsi de suite des notes les plus graves vers les plus aigues. Des plus aigues vers les plus graves, c'est l'inverse : do, si, la, sol, fa, mi, ré, do. Essaye de les jouer, l'une après l'autre. »

Elrond hoche la tête. Aussi sérieux et concentré qu'un enfant de six ans puisse être, il saisit la première corde désignée pour la pincer entre son pouce et son index. Maglor secoue la tête et rectifie la position de sa main.

« Non, non. Un seul doigt par corde. Regarde, comme ça. Le pouce vers le haut, les autres doigts vers le bas. La paume vers les cordes. Les coudes hauts et bien espacés. Voilà, très bien.

-Ça tord la main. Remarque Elrond. Un peu.

-Tu t'y habitueras et tes doigts se muscleront. Maintenant, la main droite joue les notes aigues, au plus près de toi. Un doigt pour chaque note, Elrond, souviens-toi. Tu ne dois pas pincer les cordes pour de vrai. Et la main gauche joue les notes graves. Parfait. Maintenant, joue moi un do avec ta main droite. Quelle corde dois-tu faire chanter ?

-La corde qui est rouge. »

Elrond s'applique. Maglor sourit. Les leçons se déroulent dans le calme. Le ménestrel évoque les intervalles, seconde et tierce seulement : les trop petits doigts d'Elrond sur son grand instrument rendraient difficile l'interprétation des autres. Le semi-elfe s'entraîne à enchaîner les notes de façon fluide en répétant quelques airs simples, principalement de courtes berceuses que Maglor avait lui-même apprises à son âge, en des temps si lointains… Il ne se souvient pas de toutes, mais cela suffit.

Elrond est un élève attentif. Le Fëanorion sent qu'il commence à se détendre en sa présence : il lui arrive de sourire, timidement, lorsque l'adulte le félicite. Un matin particulièrement froid, il touche du bout des doigts la main de Maglor pour prendre congé à la fin de sa leçon.

Elros, qui se remet vaillamment de sa grippe, insiste pour assister aux cours, lui aussi. Il n'est pas intéressé par la musique mais il n'a pas envie de rester seul dans sa chambre pendant que son frère et Maglor font autre chose. Emmitouflé dans une épaisse couverture, il est le premier à encourager son jumeau lorsque celui-ci se trompe.

« Elle est trop grande, la harpe. Fait-il observer. Et Elrond est trop petit. Regardez Maglor, c'est pas pratique pour ses toutes petites mains. C'est pour ça qu'il rate des fois, je crois. Tu crois pas, Elrond ? »

Maglor acquiesce : la harpe est trop grande pour son jeune élève. Mais Elrond prétend s'en accommoder.

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