Auteur : Nat.
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au révéré Tolkien.
Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.
° 40 °
Reprendre les comptes et faire l'inventaire des acquisitions occupe la journée de Maedhros et de l'intendante, tandis que Maglor en supervise le rangement. Elros ne le quitte pas d'une semelle. Il le suit pas à pas, fondu dans son ombre, quitte à promener son chien en peluche dans toutes les pièces du château. Au dîner, il ne cesse de décaler ses couverts vers le ménestrel, puis sa chaise, ses couverts de nouveau. Il poursuit son manège jusqu'à se trouver attablé tout près de Maglor. Elrond boude. Il rechigne à manger ses panais, préférant les aligner sur le contour de son assiette. Les bords de ses yeux sont rouges. Maedhros l'autorise à passer au dessert. Maglor abonde dans son sens. Il est fatigué. Il se couche tôt, juste après les jumeaux, et la nuit plonge la forteresse dans un silence endormi.
Maedhros veille.
Le jour suivant est entièrement dédié aux célébrations funéraires. Le silence devient celui des familles endeuillées des soldats dont Maglor chante la mémoire et la vaillance. Maedhros a mal à sa main fantôme. Il ne peut plus plier ses doigts douloureux, puisque ses doigts ne sont plus là. Alors c'est la main gauche qu'il agite, nerveusement. Il se tient immobile jusqu'à la fin des cérémonies. Il s'arrête à l'officine du guérisseur avant de retourner dans son bureau. Le soir, il entend Maglor jouer de la harpe. Les notes argentines lui tiennent compagnie, détournant son attention de ses os craquants et de ses nerfs à vif.
Le discret grincement du parquet, dans le couloir, le tire de sa somnolence. Il perçoit un pas, deux pas d'enfants. Ce sont les jumeaux, soupçonne-t-il, qui se lèvent pour écouter Maglor jouer. Maedhros devrait les en empêcher. Ils sont trop jeunes, ils doivent dormir. Il ne faut pas qu'ils s'attachent. Mais le souvenir d'une petite ombre et d'yeux rougis le retient, pour cette nuit.
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