Vas-y je te rejoins dans un moment je dois me changer, aller en pyjama en cours, très peu pour moi, je plaisante en me sortant de mes sombres pensées.

Castiel embrasse mon front et sort de ma chambre. Je me lève et marche jusqu'à ma commode, le tapis fuchsia sous mes pieds nus me fait l'effet d'une douce caresse. En arrivant devant la commode, je me regarde dans le miroir suspendu au-dessus. La jeune femme qui me fait face me fait peur, de grandes cernes s'étalent sous mes yeux, mes iris sont dilatés de façon effrayante, comme si j'avais vu un fantôme.

Je me dirige vers la salle de bain annexée à ma chambre et je retire mes vêtements et entre dans la douche. L'eau chaude me fait du bien, me détend et me permet de me concentrer sur autre chose que mon l'image renvoyée par le miroir. L'eau ruissèle sur mon corps, me lave de mes pensées sombres, me purifie, m'aide à me vider l'esprit. La vapeur s'élève dans la cabine de douche, l'eau me transporte.

Quand j'ouvre les yeux, l'eau coule toujours mais mon environnement a changé. Je me fige parce que quelqu'un se tient derrière moi alors que je suis nue. Des bras se pose sur mes hanches et des lèvres me touchent le cou.

Ma douce, me murmure-t-on à l'oreille.

Je frissonne, mon corps se détend automatiquement comme s'il reconnaissait la voix de cet homme, mais mon esprit panique parce que je me rends compte que je rêve à nouveau.

Les mains de cet inconnu remontent le long de mon corps, me faisant perdre mes moyens. Mon corps répond à ses caresses, mes sens s'embrasent. Il me caresse tel un expert, il sait ce qu'il fait et chose qui me fait peur, il connait mon corps et ses réactions. Je me fonds dans ses bras et je sens son corps pressé contre le mien. Il semble bien construit et son parfum m'enveloppe et me fait perdre la tête, c'est une odeur musquée mais fruitée. Il m'embrasse dans le cou, mettant mes longs cheveux de côté pour avoir un meilleur accès. Je me cambre, les sensations qui envahissent mon corps sont trop intense, il sourit dans mon cou alors que ses mains explorent et stimulent mon corps, ma respiration s'accélère, la chaleur qui m'habite me submerge et je me sens exploser. Je tente de calmer ma respiration et alors que je suis sur le point de me retourner afin de connaitre l'identité de celui qui m'a transporté, j'ai le tournis, ce qui m'oblige à fermer les yeux. Quand la sensation m'est passée, j'ouvre les yeux et je suis de retour dans ma salle de bain habituelle. J'halète, déstabilisée. L'eau est devenue froide. Je me secoue. Je suis hantée par des visions depuis aussi loin que je puisse me souvenir, mais celle-ci était plus « vivante » et sensorielle, comme si mon subconscient voulait que je me rappelle quelque chose, de cet homme, d'une vie que nous aurions partagé.

Je sors de la douche et me sèche tout en me demandant qui était cet homme. Une chose est certaine, ce n'est pas l'homme de mes cauchemars, il ne cherche pas à me nuire, au contraire il semble que nous soyons en couple ou quelque chose d'approximatif.

On toque à la porte.

Ouiiiii, je crie.

Elyon s'il te plaît dépêche-toi, me répond la voix douce de Sarah.

J'arrive juste 5 minutes, Sasa, lui dis-je.

Je l'entends rebrousser chemin et je me concentre sur ma toilette et mon habillage. Je me dirige vers ma chambre et ouvre mon armoire. Je sors un jeans taille haute gris, un débardeur court noir ainsi qu'une longue jaquette grise également. Je me dirige vers le miroir et m'observe à nouveau. La douche m'a fait du bien, tout comme mon rêve éveillé. Mes joues sont rouges, mon teint semble plus saint et mes cernes sont moins visibles. J'attache mes cheveux en queue de cheval haute. Je prends mes affaires de cours qui ont été jetée sur la chaise de mon bureau comme de vulgaires déchets. Je sors de ma chambre et descends les escaliers qui mènent au premier étage et au silence que j'entends à cet étage du manoir, j'en déduis que mes frères n'y sont pas. Je continue au rez-de-chaussée. Dans la cuisine qui se trouve à la gauche des grands escaliers, j'entends le rire de Jonathan, ce qui me fait inconsciemment sourire. J'aime le voir heureux. J'entre dans la cuisine. Ma place est vide et devant moi se trouve mon repas habituel. C'est-à-dire une mangue, une omelette ainsi qu'une tranche de cake spécialement faite par Sara. Je lève les yeux et observe la femme qui au fil du temps est devenu une sorte de mère pour mes frères et moi. Ses longs cheveux bruns attachés en un chignon lâche qui met en valeur son petit visage. Ses grands yeux bleus bienveillants sont posés sur mon petit frère. Elle sent mon regard sur elle donc elle lève les yeux et me sourit. Son sourire est comme un soleil au plein milieu d'une tempête, il nous a toujours rassuré. Elle s'approche de moi et me prend dans ses bras.

Mange avant de partir ma belle, me dit-elle en m'embrassant la joue, je ne suis pas là ce soir, mais je vous ai laissé de quoi manger. Votre père rentre tard, mais je serais surement là avant lui.

Tu vas où Sasa ? a défait Jonathan.

Je m'assois et commencer à manger. Mais en levant les yeux je vois Sarah rougir sous la question de mon frère et je me stoppe stupéfiée. Est-ce qu'elle a un rancard ?!

Je sors avec la voisine, répond-elle de façon évasive.

Je ricane, persuadée qu'elle est trop embarrassée pour nous dire quoique ce soit. Elle me fusille du regard, puis éclate de rire et s'en va. Mon cadet me regarde confus. J'engloutis le reste de mon repas et lui ébouriffe les cheveux.

Tu comprendras quand tu seras grand le nain, je lui dis en lui embrassant la joue.

Castiel, tu es où, idiot ? Je hurle à la cantonade

Nulle part, imbécile, il me répond depuis le salon.

On y va ou alors tu préfères te rendre à pied au lycée ? je le taquine.

Il sort du salon en courant et je rigole. Nous sortons de la maison en nous chamaillant et nous dirigeons vers le garage. J'hésite, soit je prends la voiture de mon frère, soit la mienne. Finalement j'opte pour quelque chose d'ostentatoire : La Audi TT RS bleue de notre père. Et c'est parti pour une nouvelle journée ennuyante.

Elyon ne savait pas que cette journée serait loin d'être ordinaire. Les rouages du destin s'étaient mis en route et l'histoire allait commencer.