Arrivée devant lycée, je me gare et sors du véhicule. Castiel fait de même. Nous nous fixons dans les yeux et portons notre regard sur le bâtiment et ses élèves. Ternes, c'est le seul mot qui me vient en tête. Les élèves sont des rapaces, des êtres vides de toutes réelles émotions et des personnes complètement opportunistes. Le bâtiment est à l'image de ses occupants, inintéressant et sans vie. C'est une vieille bâtisse grise avec de vielles fenêtres aux cadres rouges.
Je sors de mes pensées et me dirige vers l'entrée pendant que Castiel part rejoindre ses amis après m'avoir saluée. Je cherche mes amies du regard, les seules personnes de ce lieux sinistre à ne pas être des lèches-bottes ou des opportunistes. Je repère Irène, une jolie brune aux yeux bleus et légèrement plantureuse. C'est une fille pleine d'esprit, toujours joyeuse et prête à faire les pires blagues à nos professeurs. À côté d'elle se trouve Cordelia, notre grande blonde. Cette dernière est la définition même de la fille parfaite, son corps ne laisse aucun homme indifférent, ses longs cheveux blonds semble toujours briller d'une sorte d'éclat mystique et ses grands yeux bleu céruléen sont habités d'une sagesse qui dépasse son âge. En face de mes deux amies se trouve le reste de la bande : Willa , une jolie rousse au grand yeux bruns et à l'air timide. Elle est l'incarnation même de la douceur. Tara, une afro-américaine, timide mais pleine d'énergie et capable de résoudre n'importe quelle énigme. Et pour finir Hai et Sia, nos petites jumelles chinoises à l'air fragile et à l'esprit plus vif qu'un feu follet. Ces filles et moi avons grandi ensemble, nous nous nommons entre nous les W.I.T.C.H.E.S. Concrètement, la moitié de notre école nous considère comme des sorcières car nous ne leur adressons que rarement la parole et nous nous en amusons sans pour autant leur ayant fait quoique ce soit. Bon j'avoue, nous avons un esprit très enfantin. Mais bon il est intéressant de voir à quel point le mental d'un adolescent peut être facilement manipulé.
Je rejoins les filles et après nos salutations habituelles, Irène lâche une phrase des plus étranges :
Aujourd'hui est le commencement de ce qui ne fut jamais terminer il y a quelques siècles.
Cela fait rire les autres car c'est une phrase plutôt spirituelle venant d'Irène. Mais mon rire se bloque dans ma gorge car les yeux de mon amie sont vitreux, comme si elle n'était plus avec nous en cette instant, aucun sourire n'orne ses lèvres. Étrangement, quelque chose semble remuer à l'intérieur de moi face à cet évènement. Mon cœur s'accélère et j'ai l'impression qu'un étau se resserre autour de mon esprit, mes pensées s'embrouillent et je ne peux plus penser correctement. Et tout comme cette sensation est apparue de nulle part, elle repart et je me retrouve toujours en train de fixer Irène qui cligne des yeux d'un air confus. Je fronce les sourcils essayant de lui poser une question silencieusement, mais elle détourne le regard. Troublée elle sourit d'un air crispé et fait comme si de rien était. Je me fais une note de lui en parler plus tard.
Nous nous dirigeons vers notre premier cours : histoire religieuse. Notre professeur est des plus ennuyeux. C'est un homme petit et bedonnant, il est doté d'une intelligence que j'estime des plus basiques, il passe son temps plonger dans ses séries bibliques et ne supporte pas que les gens ne soit pas du même avis que lui.
Je m'assieds au fond de la salle comme à mon habitude et j'attends l'arrivée de notre enseignant. Quelqu'un s'assoit près de moi mais je n'y fais même pas attention, je suis quasiment certaine que c'est encore un des mâles de ce lycée dont les hormones partent en folie. Je sors un de mes cahier et je me mets à dessiner sur la couverture. Tous les autres s'installent, mais soudain tout le monde se tait. Intriguée, je lève les yeux et me rends compte que notre professeur n'est pas là. À sa place se trouve une femme. Grande, blonde et belle, elle dégage une grande assurance. Ses yeux bleu céruléen balaient la salle, scrutant chacun, sans aucune émotion. Quand ses prunelles se portent sur moi, leur expression change, ils me dardent avec fureur, quelque chose semble la déranger en moi. Ne supportant pas ce genre de comportement à mon égard, je ne détourne pas le regard et la fusille du regard. Je refuse de baisser les yeux devant une telle personne exécrable. Notre bataille du regard dure assez longtemps pour attirer l'attention des autres élèvent, certains semblent choqués et d'autres s'en réjouissent. Le fait que la « reine » de l'école soit en conflit avec un professeur est une nouveauté et les plus vicieux n'attendent que le moment où je ne serais plus considérée par nos enseignants.
La mystérieuse blonde, détourne finalement le regard et je souris de façon diabolique, soulagée de n'avoir pas baisser le regard la première. Je suis obligée de l'admettre ses yeux me font froid dans le dos, ils dégagent quelque chose de néfaste et d'étrangement familier en même temps.
« Bonjour, je m'appelle Madame Dodge et je serais votre nouveau professeur pour le reste de l'année. Votre ancien enseignant, n'est plus... apte à continuer. », nous dit-elle.
Sa phrase qui semble banale pour tout le monde m'interpelle, elle l'a dite sur un ton des plus heureux comme si elle savait quelque chose que nous ne savions pas. Mon cœur s'accélère et je m'inquiète pour notre ancien professeur. Quelque chose au fond de moi me dit qu'elle est responsable de son absence. Puis je me rappelle que je suis dans la vie réelle et que ce genre de scénario est ridicule. Je ris de moi-même, ce qui fait sursauter mon voisin qui se tourne vers moi. Je l'ignore toujours, ne voulant pas me retrouver avec une sangsue pour le reste de l'année.
Madame Dodge nous distribue des feuilles relatant le programme de l'année entière. En le lisant je me demande si cette femme est cinglée. Pour commencer elle nous a mis au programme « histoire de la magie » ... Elle s'est crue dans « Harry Potter » ou bien. Ensuite « La guerre angélique ». Cette femme est folle... Ses sujets sont incohérents. Je me tourne vers mon voisin afin de savoir s'il est aussi choqué que moi et je reste le souffle coupé. Ce garçon, non, cet homme est absolument magnifique. J'aurais dû lever les yeux lorsqu'il s'est assis à mes côtés. Il doit être nouveau car jamais je n'ai vu un homme aussi séduisant. Il est brun, possède une mâchoire carrée, un menton absolument magnifique, un nez aquilin et des lèvres absolument attirantes. Je n'ai pas encore vu ses yeux mais je parie qu'ils sont bleus et profonds, dans le genre captivant. Comme s'il avait senti mon regard, il lève la tête et me regard. Encore une fois mon souffle se bloque dans ma gorge. Ce ne sont pas des prunelles bleues qui m'accueillent, mais grises. Ces yeux sont extraordinaires, on a envie d'y plonger et de ne pas en ressortir. Mon cœur se met à battre de façon erratique et je suis incapable de prononcer un mot. Je le regarde bêtement et lui me fixe d'un air interrogateur.
« Salut, je... je m'appelle Elyon. », je lui dis après quelques secondes.
Il me sourit doucement et je crois défaillir.
« Salut Elyon, moi c'est Ash'alynn, mais je préfère Ash », il me répond.
Je lui souris en retour et n'arrive plus à trouver mes mots.
« Euh... Je pense que tu es nouveau ? » je lui demande.
Avant qu'il ne puisse me répondre, la prof me dit avec dédain :
« Mademoiselle Duncan, quand vous aurez fini de parler, vous nous préviendrez ? »
Je me tourne vers elle, la rage obscurcissant mon esprit. Je m'apprête à lui crier dessus pour avoir tenté de m'humilier devant la totalité de la classe quand je sens une main sur ma cuisse. Je me tourne vers Ash, confuse et il me regarde juste calmement et se tourne vers Madame Dodge.
« Ne lui en voulez pas Madame, elle ne faisait que répondre à ma question, je suis nouveau », lui répond-il à ma place.
Madame Dodge change complètement de visage et devient douce.
« Pas de problème, Monsieur... ? » demande-t-elle.
« Darkmir », répond Ash.
Son nom me met des frissons je suis certaine de l'avoir déjà entendu quelque part mais je ne sais pas où et cela me perturbe. Dodge se désintéresse de nous et continue à expliquer le programme de l'année au reste de la classe. Ash me regarde sans pour autant retirer la main qui est sur ma cuisse. Je fixe cette dernière troublée car la chaleur que dégage sa main m'apaise et me fais perdre mes moyens. Je lève à nouveau les yeux pour rencontrer ses prunelles grise et je ne peux pas m'empêcher de me pencher vers lui. Il y a comme une sorte d'attraction. Sa main remonte ma cuisse et se promène sur mon bras. Mon cœur accélère, ma respiration se fait lourde... et Irène, qui est assise devant nous, se racle la gorge.
« Hum, le coup de foudre c'est pour plus tard vous deux », nous dit-elle avec un sourire taquin.
Je me détourne d'Ash en rougissant. Attendez. Je rougis ?
Je regarde Irène qui est hilare. Quant à Ash, il ne semble pas du tout gêné et il repose à nouveau sa main sur ma cuisse. Etonnement, cela ne me dérange pas, j'ai même l'audace de poser ma main sur la sienne et d'entremêler nos doigts.
Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Jamais je n'ai laissé un garçon que je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam se montrer aussi familier avec moi. Mais Ash possède quelque chose qui m'attire au-delà du raisonnable. Je ne sais pas où cela nous mènera et cela m'inquiète. Mais bon, je suis Elyon Duncan et rien ne m'arrête.
