Bien le bonjour !
Désolée pour l'attente, je sais ce fut dur pour vous (héhé). Mais avant, les réponses aux reviews (merci à toutes les personnes qui me mettent des petits commentaires ça me va droit au coeur à chaque fois T_T)
MadyLP : héhéhé ! j'aime faire durer le suspens, c'est vraiment trop cool.
brigitte26 : ah ok XD Et bien tu auras (peut-être) la réponse à ta question dans ce chapitre !
Bonne lecture à .s !
Lévitant dans les airs, le journal décrivait un arc de cercle devant sa lectrice qui semblait prendre le plus grand plaisir du monde à en parcourir les pages. Les mains croisées dans le dos, elle arpentait son bureau de long en large, un large sourire affiché sur son visage. Ses longs cheveux blonds étaient remontés en un chignon délicat, donnant encore plus de hauteur à sa silhouette élancée qui, juchée sur une paire de hauts talons, devait atteindre au moins un mètre quatre-vingt-dix. Pour fêter l'évènement, elle avait décidé de porter aujourd'hui un tailleur bleu turquoise serti de petite perles qui la faisait resplendir partout où elle passait, ce qui n'avait pas manqué quand elle avait traversé les couloirs de la rédaction en arrivant ce matin. Le journal l'attendait, posé sur son bureau, avec ses grandes lettres noires qui titraient ce qu'elle avait dicté à sa pigiste la veille. Au moment où elle terminait de lire l'article pour la seconde fois, un bruit sourd se fit entendre dans le couloir, suivi d'exclamations étouffées. La femme se dirigea alors vers la porte qu'elle ouvrit d'un grand coup.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? hurla-t-elle. C'est quoi ce bordel ?
Son secrétaire arriva alors en courant, une expression de peur plaquée sur son visage.
- Madame la … bafouilla-t-il. La Ministre ! Elle est là !
- Et qu'est-ce qu'elle fait ? Elle compte faire raser la rédaction ?
- Et bien comme vous aviez spécifié de ne pas la laisser entrer si jamais elle venait ce matin, elle ne semble pas très d'accord.
- Bon… soupira-t-elle. Je m'en occupe.
Elle attrapa le journal qui lévitait toujours à côté d'elle et se dirigea vers l'origine des bruits sourds qui s'étaient arrêtés. Arrivée en haut du grand escalier qui menait dans le hall d'entrée de la rédaction de la Gazette du Sorcier, elle la vit. Hermione Granger était debout, en bas des marches et semblait dans un état de rage comparable à toute une armée d'Acromentules affamées. Elle était accompagnée de son assistante qui avait l'air d'hésiter entre la rage et la honte.
- Embit ! lança Hermione en voyant la rédactrice en chef de la gazette en haut des escaliers.
- Madame La Ministre, répondit Embit avec un large sourire. Que nous vaut le plaisir de votre visite à cette heure si matinale ?
- Ne vous payez pas ma tête Embit ! C'est QUOI cet article ? D'où tenez-vous ces informations ?
- Allons, allons, calmez-vous Madame La Ministre… Vous ne voulez pas vous emporter devant tous ces témoins quand même ?
Hermione observa rapidement autour d'elle et s'aperçu qu'effectivement le hall s'était rapidement rempli d'employés curieux d'assister à cette scène de ménage.
- Vous ferez un démenti dans l'heure ! ordonna Hermione en pointant son doigt vers Embit qui semblait jubiler du haut des marches.
- Madame La Ministre, La Gazette du Sorcier est un journal indépendant, vous ne pouvez nous ordonner de modifier notre ligne éditoriale.
Nathalie s'approcha d'Hermione et se mit à chuchoter pour que personne d'autre ne puisse l'entendre.
- Elle n'a pas tort. Nous ne ferions qu'empirer les choses en faisant cela.
- Bien, répondit Hermione qui dut admettre que son assistante avait raison. Partons.
- Profitez bien de votre journée Madame La Ministre ! lança Embit en voyant Hermione faire demi-tour.
- C'est ça, marmonna Hermione en ouvrant à la volée la porte qui menait sur le chemin de traverse.
En sortant sur la rue ensoleillée, Hermione dû faire face à des regards étranges venant des passants qui, pour la plupart, tenaient un exemplaire de la gazette sous le bras. Une petite femme à l'aspect austère la pointa même du doigt en parlant avec l'homme qui l'accompagnait.
- Nous devrions rentrer au ministère, proposa Nathalie en voyant les gens s'écarter sur leur passage, comme devant des pestiférées.
Hermione acquiesça d'un signe de tête et remonta vers le chaudron baveur pour profiter de la cheminée de transport. Mais au moment où elle traversa l'arche de pierre, elle fonça dans quelqu'un qui s'avançait en sens inverse.
- Oh ! se plaignit-elle en se massant la tête à l'endroit où elle avait cogné l'intrus. Faites attention.
- Toi fais attention ! répondit une voix qu'elle connaissait.
- Ron ! lança-t-elle en relevant la tête. Que… Je…
- Je suis pressé, la coupa-t-il en passant devant elle. Bonne journée.
- Ron ! lança Hermione en se retournant, ignorant que de nouveaux curieux les regardaient avec le plus grand intérêt. Tu…
- Je quoi ? dit-il en se retournant.
- Tu… tu vas bien ?
L'espace d'un instant, son visage s'adoucit sous le coup de la surprise, mais il reprit rapidement un air dur.
- Je vais bien. Je suis pressé, je… je dois y aller.
Il détourna le regard, s'arrêta une seconde, puis continua sa route vers le centre du chemin de traverse, ignorant lui aussi les regards intrigués que leurs lançaient les passants. Hermione releva le menton, traversa rapidement le Chaudron Baveur et pénétra dans l'âtre de la cheminée pour retourner au ministère. Arrivée à son bureau, elle retomba sur l'édition du jour de la Gazette du Sorcier et se remis à lire l'article en détail.
« Hermione Granger est-elle incapable de gérer le pays ? Nous sommes en droit de nous poser la question. Certes, l'héroïne de guerre, proche de Harry Potter et compagne de Ronald Weasley, a beaucoup aidé les deux réels héros de la guerre lors de leur affrontement avec Vous-Savez-Qui, mais se cacher sous une tente n'est pas la même chose que d'affronter les crises diplomatiques que nous traversons depuis son arrivée à la tête du Ministère de la Magie. Le monde magique est aujourd'hui dans une situation à la criticité comparable à celle d'il y a dix ans ! Et la Gazette du Sorcier sait maintenant de source sûre que notre Ministre est également dans la tourmente du point de vue personnel (complément en page 5).
Comme vous le savez grâce à notre service investigation, les négociations de prolongation des accords avec les géants se sont déroulées de manière absolument calamiteuse ! Une gestion ratée par la Ministre qui, comme nous vous l'expliquions dans notre édition de la semaine dernière, a envoyé sans aucune instruction claire un membre du ministère qui a dû négocier seul avec les géants. Une faute stratégique, et incompréhensible, de la ministre qui nous a valu une crise risquant de mettre en péril le secret magique. Et ne vous méprenez pas chez lecteurs, la crise n'est pas prête d'être réglée, bien au contraire. Sans vouloir créer un vent de panique, nous pouvons vous affirmer aujourd'hui sans nous tromper que nous risquons fortement une guerre avec non seulement les clans de géants de Scafell Pike, mais également de leurs collègues du nord, qui ont menacé de s'allier dans la défense de leurs terres. La menace d'une expulsion en Sibérie n'était surement pas la chose à faire, et à cause de cette gestion calamiteuse par la Ministre Granger, nous voici au bord du gouffre. »
- Hermione ? fit une petite voix à l'entrée de son bureau.
L'intéressée releva la tête pour voir Dolosa qui se tenait dans l'ouverture de la porte, un gros dossier sous le bras. Avec toutes ces émotions, Hermione avait oublié qu'elle devait échanger avec Dolosa à propos de la crise des géants.
- Entre je t'en prie, je suis à toi dans une seconde.
Dolosa s'installa dans le petit salon, face à Hermione qui fouillait dans ses papiers. Une fois trouvé ce qu'elle cherchait, elle rejoignit Dolosa sur le canapé et l'observa d'un air triste.
- Je suis vraiment désolée, dit-elle en tendant sa main pour prendre celle d'Hermione.
Elle avait la peau douce, et un léger parfum d'orange se diffusa autour d'Hermione au moment où leurs mains se touchèrent. Surprise par ce contact soudain, Hermione eut un infime mouvement de recul que Dolosa ne remarqua pas, mais ne retira pas sa main.
- Je ne sais pas pourquoi, remarqua Dolosa en observant Hermione d'un regard profond. Mais visiblement, Embit a une dent contre toi. Je… Je pourrai demande à Draco de mener une petite enquête ? Discrète, et…
- Non, coupa Hermione en retirant finalement sa main. Je ne veux pas empirer la situation. J'ai réagi à chaud ce matin et je crains que ça ne fasse qu'aggraver sa haine contre moi. Elle le dit bien dans son papier : j'ai des choses plus graves que ma simple réputation à régler.
- Mais Hermione, contesta doucement Dolosa. Tu ne vas pas te laisser marcher dessus par cette harpie ! Tu n'as rien à te reprocher n'est-ce pas ?
- Absolument pas ! Je ne la connaissais même pas avant qu'elle ne devienne rédactrice en cheffe de la gazette !
- Mais…
- Bon ! coupa une nouvelle fois Hermione d'un ton sec. Nous avons une crise à gérer. Pouvons nous avancer sur ce sujet s'il te plait ? J'aimerai qu'on étudie en profondeur les demandes des géants pour qu'on leur en accorde un maximum. Je vais devoir présenter leurs requêtes en assemblée participative donc je dois construire un argumentaire béton. Tu peux m'aider sur ça ?
- Bien sûr, répondit Dolosa avec un petit sourire triste. Alors…
Pendant qu'elle ouvrait le gros dossier qu'elle avait apporté avec elle, Dolosa commença à exposer les différentes demandes des géants. Ecoutant d'une oreille seulement, Hermione l'observa faire et constata à quel point elle se reconnaissait dans sa collègue. Elle avait l'impression de se voir présenter des pistes à Harry, dix ans plus tôt, de manière extrêmement rationnelle et posée, analysant toutes les options qui s'offraient à eux, et pesant le pour et le contre en fonction du danger que représentait chaque alternative. En tendant le bras au dessus de la table pour donner un papier à Hermione, la robe de Dolosa tomba légèrement sur son épaule, dégageant quelques centimètres de peau au niveau de sa clavicule, attirant le regard d'Hermione sur un détail qu'elle n'avait jusqu'à présent jamais remarqué. Au niveau de la bosse que formait son os sous sa peau, Dolosa avait un petit tatouage qu'Hermione interpréta comme une sorte de chaîne qui semblait entourer sa clavicule. Elle fixa le dessin quelques secondes avant que Dolosa ne le remarque et remonte sa robe pour le cacher.
- Excuse moi, je ne voulais pas te fixer comme ça !
- Aucun problème, répondit Dolosa en souriant. Une erreur de jeunesse que je n'assume pas trop.
- Tu n'as pas réussi à le faire retirer ?
- Non, les tatouages faits à partir de sortilèges noirs ne s'enlèvent pas.
Ne voulant pas paraître intrusive, Hermione ne répondit rien, mais ne put cacher sa surprise face à la nouvelle que Dolosa ait un jour flirté avec les forces du mal.
- C'était il y a longtemps, ajouta cette dernière en voyant la tête d'Hermione.
- Tu n'es pas obligée de te justifier, je ne te demande rien.
- Tant mieux. Donc, voici la première demande en détail.
Hermione détourna le regard de son amie pour poser les yeux sur le parchemin et enfin se concentrer sur son travail. Vers midi, elles avaient analysé environ la moitié des propositions d'aménagement de l'accord, et avaient travaillé sur un argumentaire à présenter en assemblée participative.
- Je pense que nous pouvons faire une pause ? proposa Hermione en s'étirant le dos.
- C'est toi la cheffe ! répondit Dolosa avec le sourire. Que dirait-tu d'aller déjeuner ? Je t'invite.
Hermione accepta avec plaisir et toutes les deux sortirent du bureau en continuant de discuter travail. Arrivées dans le hall, elles croisèrent Ginny à qui Hermione proposa de se joindre à elles, ce qu'elle accepta également avant que Dolosa ne leur propose d'aller manger du côté moldu.
- Une fois n'est pas coutume ! approuva Hermione.
Les trois femmes quittèrent donc le ministère par la sortie des visiteurs et se retrouvèrent dans le centre de Londres, à quelques pas d'un quartier animé. Elles ne tardèrent pas à trouver un petit restaurant avec une table libre pour s'y installer et attendre que la serveuse vienne leur apporter la carte. Au moment où cette dernière retourna vers le comptoir, Hermione ne manqua pas de remarquer le regard de Ginny qui la suivait avec grande attention.
- Hé ! lança-t-elle avec un large sourire. La discrétion c'est pour tout le monde hein !
- Ça va… répondit Ginny en détournant le regard. Elle était de dos.
- Comment va Melissa ? demanda Dolosa à Ginny en forçant la voix.
Cette dernière lui jeta un regard outré, ne comprenant visiblement pas l'origine de cette question.
- Je ne sais pas, finit-elle par répondre après quelques secondes de silence. Cela fait plusieurs jours que je ne l'ai pas vue.
- Ginny a dormi à la maison hier soir, ajouta Hermione en lançant un regard appuyé à Dolosa. Je n'allais pas bien.
- Oui, je suis au courant pour Ron et toi.
- Comment peux-tu être au courant ? demanda Ginny en levant un sourcil.
- Et bien à cause du… commença Hermione.
- Mesdames ? coupa la serveuse qui venait prendre la commande. Vous avez choisi ?
- Oui, acquiesça Hermione. Je vais prendre un burger végétarien s'il vous plait.
- Moi aussi, ajouta Dolosa.
- Et moi un fish and chips, termina Ginny.
- Vous prendrez à boire ?
- De l'eau gazeuse, s'il vous plait.
La serveuse les remercia et s'éloigna, laissant à Hermione le loisir de terminer sa phrase interrompue, mais fut prise de court par Dolosa.
- Je ne savais pas que tu étais végétarienne, dit-elle en s'adressant à Hermione.
- Si, depuis quelques mois. D'ailleurs, j'ai décidé de lancer un projet de protection animale dans le monde magique. Notamment pour l'utilisation du parchemin.
- Excellente idée ! approuva Dolosa. Comment comptes-tu t'y prendre ?
La conversation dériva sur le projet d'Hermione et toutes les trois oublièrent sa séparation d'avec Ron, ce qui l'arrangea bien. Après avoir fini leur plats, les trois amies payèrent avec de l'argent moldu, et retournèrent vers le ministère. Au moment de se séparer pour retourner à leurs activités, Ginny proposa à Hermione de la retrouver le soir chez elle, ce qu'elle accepta avec plaisir face à la perspective de se retrouver seule dans son appartement. Avec Dolosa, elle remonta jusqu'à son bureau pour continuer à travailler sur les propositions des géants, et ce n'est que vers dix-sept heures qu'elles furent interrompues par Harry qui frappa à la porte.
- Salut, dit-il simplement. Vous en avez encore pour longtemps ?
- Non justement, j'allais proposer qu'on s'arrête là pour aujourd'hui. Qu'en penses tu Dolosa ?
- Je suis d'accord, on reprendra lundi ?
- Avec plaisir ! Bon week-end à toi.
Dolosa la remercia chaleureusement et ramassa les papiers éparpillés sur la table avant de quitter le bureau. Pendant ce temps Harry s'était installé dans le petit salon et semblait faire de gros efforts pour ne pas paraître angoissé, mais c'était sans compter sur la perspicacité d'Hermione qui s'approcha de lui une fois Dolosa partie.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle en s'installant sur le canapé.
- J'ai lu le journal.
- Et ?
- Comment vas-tu ?
- A ton avis ? J'ignore comment elle a pu être au courant si tôt cette harpie ! J'ai l'impression d'être espionnée.
- Je me demande si ce n'est pas justement le cas… répondit Harry en fronçant les sourcils d'un air grave.
- Comment ça ?
- Et bien, j'ai lu en détail l'article et je trouve qu'elle en sait également beaucoup sur la gestion de la crise avec les géants…
- Mais ce qu'elle raconte est faux enfin ! J'aurais envoyé un membre du ministère seul et sans aucune instruction claire au casse-pipe ? Oh…
- Oui, acquiesça Harry.
- Jones ! lança Hermione. Il lui aurait vendu toute l'affaire !
- Vu comment l'article lui est favorable, même s'il n'est pas cité, ça me semble évident.
- Ça n'explique pas comment elle a été mise au courant pour ma rupture d'avec Ron… remarqua Hermione.
- Non en effet, mais je pense que tu devrais te méfier, on ne sait pas de quoi elle est capable.
- A quoi penses-tu ?
- Je n'en sais rien justement. On ne connait rien sur cette Embit, elle peut venir de n'importe où et être prête à n'importe quoi. Donc je te préviens juste d'être prudente.
- Merci.
- Sinon, vis-à-vis de Ron… qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Hermione soupira et entrepris d'expliquer la situation calmement à Harry, mais l'émotion était trop forte et elle termina son récit en pleurant. Harry ne répondait rien, il la regardait avec tristesse et ne semblait pas savoir quoi faire. Il s'approcha d'elle et la serra dans ses bras. Hermione repensa à la façon dont Ginny l'avait serrée contre elle la veille au soir en débarquant chez elle, et remarqua qu'elle ne ressentait pas la même chose au contact de Harry. Elle s'écarta de lui en se tortillant légèrement et l'observa d'un air étrange.
- Quoi ? demanda-t-il.
- Rien, répondit Hermione en détournant le regard. Ecoute, je pense qu'on est d'accord pour dire que ce n'est pas une dispute ordinaire cette fois-ci, non ?
- Disons que j'ai parlé à Ron ce midi… répondit Harry. Et qu'effectivement il semble plutôt résigné.
- Pfeu ! cracha Hermione. Comment peut-il mettre fin aussi vite à une relation de dix ans ?
- Hermione, je pense que ce n'est pas une décision irréfléchie qu'il a prise.
Face au regard interrogateur qu'elle lui lança, il continua.
- Et bien, je pense que ça fait un moment que ça ne va plus entre vous non ? J'imagine que ta réaction d'hier à Sainte Mangouste a été la goutte qui a fait déborder le vase…
- Parce que c'est de MA faute ? hurla-t-elle.
- Je n'ai pas dit ça, je tente de t'expliquer ce que j'ai compris venant de lui.
- Et bien qu'il reste dans son coin. J'ai autre chose à penser qu'à lui en ce moment.
Harry resta silencieux, l'observant en coin, comme s'il avait peur qu'elle s'énerve à nouveau. Finalement, il l'informa qu'il devait partir car il avait un rendez-vous. Profitant de l'occasion pour changer de sujet, Hermione afficha un sourire satisfait.
- Galant ? demanda-t-elle d'une voix malicieuse.
- Oui ! Mais non, tu n'en sauras pas plus pour l'instant.
- Comme si j'avais l'habitude de te persécuter sur tes relations amoureuses ! protesta Hermione en plaquant sa main sur sa poitrine en ayant l'air faussement outrée. Nous avons trente ans Harry, pas quinze.
- Des fois, on dirait.
Hermione rigola doucement et le laissa partir. Se retrouvant seule dans son bureau, elle envisagea pour la première fois de passer le week-end seule, sans Ron, et se surpris elle-même de ne pas être si attristée par cette idée. Le fait d'avoir parlé à Harry de leur dispute l'avait quelque peu soulagée et rassurée sur le fait que Ron était tout sauf à l'écoute de ses besoins du moment. A la réflexion, elle dut s'avouer que cela faisait effectivement plusieurs mois qu'elle et lui prenaient des directions bien différentes dans leur vie, mais de là à se séparer… Les questions et leurs réponses contradictoires se bousculaient dans la tête d'Hermione au moment où l'on frappa une nouvelle fois à la porte.
- Entrez ! dit-elle en se redressant pour retourner derrière son bureau.
- Je n'en n'ai pas pour longtemps, annonça Drago en entrant dans la pièce.
- Bonjour à toi aussi, je vais bien merci et toi ? répondit Hermione en s'asseyant avec lourdeur sur son siège.
- Non, tu ne vas pas bien. C'est justement pour ça que je n'ai pas voulu poser la question.
Hermione leva les yeux au ciel. Evidemment, Drago avait lui aussi lu le journal.
- Bon, qu'est-ce que tu veux ?
- J'ai rédigé le communiqué pour la recherche de Jones, je voulais en parler avec toi avant de l'envoyer à la Gazette.
- Ah ! s'exclama Hermione qui avait totalement oublié cette histoire. Oui, tu as bien fait de venir me voir. Avec Harry, on pense que…
- Je sais, la coupa-t-il. C'est pour ça que je suis venu. Est-ce que c'est une bonne idée de confier au journal dont Jones est l'informateur, le communiqué qui demande des informations sur son compte ?
- Non effectivement, mais à qui veux-tu qu'on envoie ça ? La Gazette est le premier journal d'Angleterre.
- On pourrait le diffuser dans le chicaneur ?
Hermione leva un sourcil face à la proposition de Drago, mais se fit la remarque que ce n'était pas si stupide. Le chicaneur était devenu un journal respecté et les excentricités du père de Luna n'était plus qu'une rubrique folklorique parmi des articles sur les actualités. Même s'il était moins lu que la Gazette, un article sensationnel permettrait de booster les ventes et d'avoir une meilleure audience sur le communiqué.
- Bonne idée, mais il faut trouver un sujet qui augmentera les ventes. Le journal seul ne se vend pas assez.
- Je vais envoyer un hibou à Lovegood pour en parler avec lui, on trouvera bien un sujet.
- J'ai un sujet tout prêt, répondit Hermione en repensant à sa cinquième année à Poudlard. Une interview de moi, au sujet de la crise avec les Géants. Les gens veulent savoir ? Et bien ils sauront.
- Tu es sûre ?
Il semblait réellement inquiet de cette proposition et hésita à continuer.
- Pourquoi ? demanda Hermione pour l'encourager. Qu'est-ce que tu crains ?
- Quand on a appris qu'Astoria était malade, j'ai cru bon de passer deux fois plus de temps au bureau. J'avais l'impression que me plonger dans mon travail allait repousser l'échéance de sa mort. Mais pourtant, elle va quand même mourir, et j'ai gâché du temps que j'aurai pu passer avec elle.
- Euh… répondit Hermione qui ne comprenait pas le rapport.
- Tout ça pour dire que si tu proposes cette exposition soudaine dans la presse alors que tu rechignes à te mettre en avant depuis le début de ton mandat, ne le fait pas pour de mauvaises raisons.
- Tu parles de ma situation avec Ron là ?
- A ton avis ? Je me doute que tu sois énervée, mais te plonger comme ça dans une situation que tu pourrais regretter ne va surement pas t'aider.
- Alors tu proposes quoi ?
- Réfléchis-y ce week-end. Ça ne presse pas si ?
- Un peu quand même, répondit Hermione en levant à nouveau un sourcil.
- D'accord ! Mais je préfère qu'on perde deux jours.
Il la regardait avec un air sévère, si bien qu'il ressemblait à McGonagall. Cette image fit sourire Hermione qui baissa la tête en soupirant.
- Depuis quand tu te soucies de ce qu'il pourrait m'arriver ? finit-elle par demander.
- Pas de ça entre nous Granger ! Allez, je reviens te voir lundi, réfléchit bien.
La gratifiant d'un clin d'œil, il quitta le bureau et la laissa, une fois de plus, seule. Elle profita de la fin de journée pour trier des papiers éparpillés un peu partout dans son bureau et classer quelques affaires avant de quitter son bureau pour se rendre chez Ginny. En traversant l'Atrium désert à cette heure-ci, seul le bruit de ses pas raisonnaient dans l'immense hall du ministère, lui donnant l'impression d'être dans une cathédrale. Mais en arrivant auprès des cheminées, elle crut entendre des petits pas précipités derrière elle. Elle se retourna mais dû constater qu'elle était seule. Elle saisit une poignée de poudre de cheminette, entra dans l'âtre et se laissa emporter dans le feu qui l'emmenaient chez Ginny, pour le premier soir du reste de sa vie.
A suivre...
Et voilà pour ce chapitre 6 ! Est-ce que ça vous a plu ? ça avance suffisamment vite à votre goût ? Ou pas assez peut-être ?
Dites le moi en commentaire !
Vivi.
