Bonjour bonjour !

Enorme chapitre aujourd'hui, j'ai mal aux doigts à force de tapoter sur mon clavier.

Merci beaucoup pour vos Reviews, ça me régale de vous lire à chaque fois. Je ne m'attarde pas plus longtemps,

Bonne lecture !


Un rayon de soleil se glissa entre les rideaux légèrement ouverts et atterri doucement sur la joue de la femme qui dormait paisiblement, étendue toute habillée sur le lit. A côté d'elle, son amie était emmitouflée dans la couette, dont on voyait les pieds dépasser de quelques centimètres sur le côté. Celle-ci se retourna en grimaçant face à la lumière qui venait de la réveiller mais en voulant se cacher le visage en tirant les couvertures au-dessus d'elle, elle mit malencontreusement un petit coup dans le dos de l'autre qui dormait toujours.

- Aïe ! se plaignit Hermione en se réveillant brusquement.

- Oh, ça va je n'ai pas frappé fort ! modéra Ginny, la tête toujours enfouie sous la couette.

- Tu vas voir si tu n'as pas frappé fort !

Hermione se redressa sur ses genoux, attrapa la couette des deux mains et tira d'un coup sec pour découvrir Ginny, mais poussa un petit cri de surprise en la découvrant à moitié nue sous les draps.

- Ah ! Mais ! Pourquoi tu es… hiiiii !

Hermione se cacha les yeux à l'aide de sa main droite et tendit la couette qu'elle venait d'arracher à Ginny, de l'autre.

- Tiens, couvre toi !

- Tu as un problème avec le fait de me voire nue ? lança Ginny d'un air moqueur en attrapant la couette pour s'enrouler dedans.

- Tu n'es pas totalement nue déjà, répondit Hermione en détournant le regard. Et puis je ne sais pas, un peu de pudeur tout de même.

- Ce que tu peux être prude quand tu t'y mets ! Allez viens, on va petit-déjeuner.

- Non, je… bafouilla-t-elle, extrêmement gênée. Je n'ai pas faim, je vais rentrer chez moi.

- Tu es sûre ?

- Oui, j'ai pas mal de choses à faire à la maison.

- Ok ! On se revoit lundi pour organiser notre voyage aux USA ?

- Oui parfait ! J'emporte ton roman, si tu veux toujours me le prêter ?

- Bien sûr !

Hermione traversa le salon après avoir dit au revoir à Ginny qui avait prévu de se recoucher, attrapa le livre resté sur la table basse, et pénétra à nouveau dans la petite pièce sombre réservée au transport par cheminée. Une fois dans l'âtre, elle prononça d'une voix forte : « Chez moi ! » et lâcha la poudre de cheminette qu'elle tenait dans la main, pour s'enfoncer dans les ténèbres. Arrivée dans la pièce de transport de son propre appartement, elle s'épousseta par reflexe avant de voir de la lumière sous la porte qui menait au cœur de son appartement. Elle se précipita donc pour ouvrir la porte en grand et tomba sur Ron qui traversait le couloir en direction de la chambre.

- Qu'est ce que tu fais là ? demanda-t-elle sous le coup de la surprise.

- J'ai… commença-t-il, hésitant. J'ai décidé de revenir. Je regrette d'être parti.

Hermione put voir ses oreilles rougir comme à chaque fois qu'il était dans l'embarras, et constata à quel point il était adorable. Oubliant ses échanges avec Ginny de la veille, Hermione s'avança d'un pas et entoura Ron de ses bras pour l'embrasser à pleine bouche. Il lui rendit son baiser avec toute la fougue dont il était capable. D'un geste, il la saisit par les fesses et la souleva pour l'entraîner vers la chambre. Hermione sentit un désir incontrôlable lui parcourir le corps alors qu'elle saisissait le visage de Ron entre ses mains pour l'embrasser de plus belle. Elle se laissa ainsi porter jusqu'au lit sur lequel il la déposa délicatement, avant de commencer à la déshabiller.

Une heure plus tard, Hermione était allongée nue sur le lit, la tête posée sur le ventre de Ron qui lui caressait les cheveux d'un mouvement mécanique. Observant le plafond, elle se demandait si leur partie de jambe en l'air allait être celle qui changerait leur vie à jamais, si enfin, elle allait tomber enceinte. Sans faire attention à la petite voix qui tentait de lui faire entendre qu'elle était en train d'occulter la totalité de sa conversation de la veille avec Ginny, elle se retourna pour faire face à l'homme qu'elle aimait.

- Que dirais-tu de retourner à Sainte Mangouste lundi ? demanda-t-elle avec le sourire.

- Je pense que c'est une excellente idée, répondit Ron en lui touchant le nez du bout du doigt.

- J'aimerai juste qu'on n'ait pas le même médicomage que la dernière fois.

- Je tenterai de m'arranger pour que ça soit un autre, si tu le souhaites.

- Je veux bien. Je n'ai pas envie de me faire juger par un type que je ne connais pas.

- Je comprends, acquiesça Ron en hochant la tête. Mais tu dois aussi comprendre qu'il faisait son métier, et qu'on était venus pour avoir des réponses.

- Certes, mais je n'ai pas aimé la façon dont il m'a parlé.

Son ton était suffisamment catégorique pour que Ron comprenne qu'il ne servait à rien d'insister. Il fit un petit mouvement pour lui faire comprendre qu'il voulait bouger, l'obligeant à se relever pour le laisser quitter le lit. Alors qu'il traversait la chambre pour se glisser sous la douche, Hermione constata à quel point il avait changé depuis la fin de la guerre dix ans auparavant, sans qu'elle ne l'ai vraiment remarqué. Ses cheveux étaient moins denses, moins flamboyants, tirant plus vers le châtain que sur le rouge, son visage était moins souriant, plus terne, et sous ses yeux s'étaient formées des cernes qui ne partiraient surement jamais. Ses épaules étaient plus larges, plus puissantes, mais semblaient s'affaisser sous le poids d'une responsabilité qu'Hermione ne comprenait pas. Son torse était toujours aussi musclé, mais Hermione ne parvenait plus à y ressentir les battements de cœur qui vivait en dessous, comme si une carapace impénétrable s'était formée autour. Un ventre s'était installé au niveau de son nombril, entouré par des poignées d'amour bien formées, et ses jambes, toujours élancées, ne semblaient plus aussi dynamiques qu'elles avaient pu l'être. Après quelques minutes d'observation, Hermione dut se rendre à l'évidence, Ron avait vieilli. Il lui tournait à présent le dos, frottant ses cheveux avec du savon, faisant apparaître des bulles qui s'échappaient par le haut de la douche ouverte sur la chambre.

- Que se passera-t-il si jamais on apprend qu'on ne pourra pas avoir d'enfants ? demanda-t-elle alors d'une voix sombre.

Ron se retourna lentement pour lui lancer un regard interrogateur, les mains toujours remontées dans ses cheveux mousseux.

- Et bien, insista-t-elle. Imagine qu'après les examens que nous allons passer, on nous dise qu'il n'y a pas de solution et que nous n'aurons jamais d'enfants. Que se passera-t-il ?

- A quel niveau ? finit-il par demander.

Elle savait pertinemment qu'il avait bien comprit le sens de sa question, mais qu'il faisait tout pour retarder le moment où il devrait fournir une réponse. Ne voulant pas rentrer dans son jeu, elle lui lança un regard mauvais et appuya sa réponse.

- A notre niveau Ron. Est-ce que tu me quitteras si jamais on te dit que nous ne pouvons pas avoir d'enfants ?

Il l'observa quelques instants en silence, laissant couler l'eau brulante sur ses épaules qui s'affaissèrent davantage.

- Nous pourrons adopter, finit-il par lâcher dans un souffle en reprenant son shampoing.

- Pourquoi es-tu revenu ? demanda-t-elle en ignorant totalement la réponse de Ron. Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?

- J'ai lu la Gazette, comme tout le monde.

- PARDON ? hurla Hermione en se redressant d'un bond.

- Tu pensais que j'allais passer à côté ? Tout le monde ne parlait que de ça hier.

- Et c'est A CAUSE de l'article que tu es revenu ? Tu plaisantes ?

- Grâce à l'article, corrigea Ron en sortant enfin de la douche. Qu'est-ce que ça change ? Je suis revenu non ?

- Je ne sais pas…

Il s'enveloppa le bas du corps dans une serviette pour venir s'installer à côté d'elle, restée assise sur le lit. Une fois de plus, la maturité de Ron sur certains sujets n'était plus à prouver, il avait également beaucoup changé sur ce point. Mais Hermione se demanda si c'était pour le mieux, et si elle ne préférait pas le Ron d'il y a dix ans, plus enclin à résoudre les problèmes à l'aide de blagues. Il posa sa main sur la sienne et commença à lui caresser du bout des doigts.

- Ecoute, dit-il d'une voix grave. Je sais que ce n'est pas facile en ce moment entre nos projets de bébé, la crise des géants et cette femme à la Gazette qui ne te veut pas de bien, mais je suis là pour t'aider. Je n'ai pas été très présent ces temps-ci et je m'en excuse. Je ferai des efforts. Je te demande d'en faire aussi.

- Des efforts sur quoi ? demanda-t-elle sincèrement en levant les yeux vers lui.

- Et bien, sur le fait de suivre le programme sur l'infertilité proposé par Sainte Mangouste par exemple ?

- D'accord.

- Je vais envoyer un hibou à Carl Inanis ce midi. Je sais que tu m'as dit que tu ne voulais pas de lui, mais comme il est en charge de notre dossier, il va falloir lui expliquer pourquoi nous voulons quelqu'un d'autre.

- Merci, répondit Hermione en posant sa tête sur son épaule.

Le reste du week-end passa sans évènement particulier. Ron avait profité du samedi après-midi pour réinstaller ses affaires ôtées des armoires deux jours plus tôt, et avait annoncé à Hermione le soir même que Inanis avait accepté leur demande et affecté une autre médicomage sur leur suivi, ce qui n'avait pas manqué de soulager Hermione d'un immense poids, lui permettant de passer un dimanche plus joyeux que prévu. Tous les deux avaient profité du soleil Londonien pour aller se promener le long de la Tamise et parler, pour la première fois depuis longtemps, d'avenir. Hermione s'était sentie bien en la présence de Ron et commençait à retrouver quelque peu leur amour qui semblait évaporé. Le grand avantage qu'offrait le Londres moldu était la discrétion. Ils avaient peu de chance de tomber sur un groupe de sorciers qui viendraient les regarder de travers ou leur demander un autographe. Ils purent donc passer un après-midi main dans la main en ayant rien d'autre à penser que de savoir ce qu'ils pourraient bien manger le soir. Quand vint le moment de se coucher vers vingt-deux heures, Hermione ne put repousser plus longtemps cette petite voix qui ne demandait qu'à hurler dans son esprit les paroles que Ginny avait prononcées quand elles étaient assises sur le canapé. En se rappelant soudainement qu'elle avait un roman moldu à lire, Hermione sauta hors du lit sous les grognements mécontents de Ron, et fila chercher le livre resté dans l'entrée. Une fois réinstallée au lit, elle alluma sa lampe de chevet pour s'éclairer, et commença à lire.

Le lendemain matin, elle arriva au ministère de bonne heure, le livre sous le bras. Sans savoir si ça serait possible, elle s'était dit en partant qu'elle pourrait peut-être profiter de quelques minutes de pause pour poursuivre sa lecture. Arrivée à son bureau, elle vit que la porte était ouverte. Intriguée, elle pénétra dans la pièce pour y chercher l'intrus et vit Drago, installé sur le canapé, en train de lire l'édition du jour de la Gazette du Sorcier.

- Alors ? demanda-t-il d'une voix froide en la voyant entrer. Tu as réfléchi ?

- Bonjour Drago. Tu es bien matinal.

- J'ai besoin d'une réponse pour le Chicaneur, on ne peut pas attendre plus longtemps.

- Oui, lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel face à l'attitude de son ancien camarade de classe. Je vais faire l'interview.

- Tu es sûre ? Je ne voudrai pas être responsable d'un nouvel épisode dans le feuilleton que représente ta vie sentimentale.

Il se termina sa phrase en se levant, et balança nonchalamment le journal sur le bureau d'Hermione qui ne put s'empêcher d'y jeter un œil.

« NOTRE MONDE COURT-IL A SA PERTE ? LES FRASQUES DU MINISTERES RÉVÉLÉS ! »

- Qu'est-ce que c'est que ça encore ? soupira Hermione en attrapant le journal.

- Visiblement, quelqu'un te colle au train, et s'empresse de tout raconter à la Gazette.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je ne vois pas ce que ça peut te faire que ma vie soit ainsi étalée dans les journaux.

- Hermione, répondit Draco en plaquant ses mains sur le bureau d'un geste brusque. Si tu te fiches de ta cote de popularité, sache que ce n'est pas le cas de tout le monde. Et si tu sombres, tous tes proches sombreront aussi, donc tu me feras le plaisir de faire en sorte de régler ce problème.

- Tu fais partie de mes proches maintenant ? ironisa Hermione qui ne parvenait pas à cacher que les mots de Drago la blessaient réellement.

Celui-ci eu un mouvement de recul tout en affichant un air méprisant.

- Je n'ai pas envie d'agir contre toi Granger, mais quand il s'agit de ma famille, je n'ai aucun scrupule à écraser les autres pour la protéger.

- Il n'arrivera rien à ta famille, répondit-elle en détournant le regard. Cette harpie m'en veut à moi.

- Pourquoi ?

- Je n'en sais rien ! Je ne la connais pas ! Et j'ai autre chose à penser que de mener une enquête sur elle ! Maintenant si tu veux bien, je te laisse organiser l'interview avec le Chicaneur. J'ai du travail.

Il se retourna pour sortir du bureau, mais marqua une pause au moment de refermer la porte derrière lui. Hermione sentit qu'il voulait lui dire quelque chose, mais il reprit son mouvement et la porte se referma derrière lui dans un claquement sec. Après le départ de Drago, Hermione pesta intérieurement contre cette Embit de malheur. Que lui avait-elle fait pour qu'elle s'acharne autant contre elle ? Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question, qu'on frappa à la porte.

- Oui ?

- C'est moi, répondit Ginny en poussant doucement la porte. Je peux ?

- Oui, entre.

- Ton week-end s'est bien passé ? demanda-t-elle en s'avançant jusqu'à la table de réunion contre laquelle elle s'appuya.

Hermione leva un sourcil mais soupira quand elle comprit que Ginny avait également dû lire la Gazette.

- Ecoute… commença-t-elle pour tenter de se justifier.

- Je suis allée voir mes parents hier soir, la coupa Ginny en la regardant d'un air grave. J'ai été surprise de ne pas trouver mon frère avachi dans le canapé comme à son habitude. Et là, j'apprends par ma mère qu'il est rentré chez vous vendredi soir, et que visiblement ça s'est bien passé parce qu'il n'était pas revenu du week-end.

- Je sens comme un reproche dans ta voix, remarqua Hermione en s'adossant à sa chaise.

- Je pensais que tu avais compris le sens de notre conversation vendredi soir ?

- Je sais, tu penses que je suis malheureuse avec Ron, et que je ferais mieux de ne pas persévérer. Mais je l'aime. Et nous allons reprendre le programme contre l'infertilité.

Ginny secoua la tête en souriant d'un air dépité.

- Bien, dit-elle en se redressant. Je suppose que tu ne viens plus aux Etats-Unis avec moi ?

- Pourquoi ? s'inquiéta soudainement Hermione.

- Si bébé est dans ta tête, comment pourras tu profiter de ton voyage ? Non, je pense que c'est mieux que tu ne viennes pas.

- Ginny…

- Je ne t'en veux pas Hermione. Je suis juste triste pour toi. Mais ce n'est pas grave, peut-être qu'un jour tu reviendras me voir comme vendredi, et je serai là, encore.

Hermione ne répondit rien. Elle savait que Ginny serait toujours là pour elle quand elle en aurait besoin, mais elle ne voulait pas lui laisser penser qu'elle lui servait uniquement de bouée de secours. Elle se leva donc de sa chaise pour la rejoindre et serra son amie dans ses bras. Encore une fois, Hermione se senti étrange à son contact, comme si elle ne voulait plus jamais se séparer d'elle. Au prix d'un immense effort, elle se recula légèrement et plongea son regard dans les yeux verts de Ginny.

- J'ai commencé ton livre, dit-elle d'une petite voix.

- Et alors ?

- Disons que c'est… intéressant.

Elle crut voir l'espace d'un instant une étincelle traverser les pupilles de Ginny, mais en constatant son air blasé, elle s'imagina avoir rêver. Ginny se détacha de l'étreinte d'Hermione et se dirigea vers la porte.

- Ce livre n'est pas censé être « intéressant » Hermione. Tu me diras ce que tu en as pensé quand tu l'auras terminé. Je dois y aller. Passe une bonne journée.

- Merci, toi aussi.

En début d'après-midi, Hermione quitta Dolosa avec qui elle avait passé la matinée à discuter des dernières propositions des géants, pour l'hôpital Sainte Mangouste. Arrivée dans le hall, elle retrouva Ron qui l'attendait assis sur un siège dans un coin.

- Viens, lui dit-il en souriant. C'est au deuxième que nous avons rendez-vous.

Voir Ron d'aussi bonne humeur aida Hermione à mieux appréhender le rendez-vous qui arrivait. Une fois parvenue devant le bureau de la médicomage qui allait les recevoir, elle lut le petit panneau indiquant le nom de son occupante : Jeannine Andrew.

- Entrez ! fit une voix féminine de l'intérieur du bureau après que Ron ait frappé à la porte.

Contrairement à celui de Inanis, le bureau de Jeannine Andrew était chaleureux et accueillant. De nombreuses plantes ornaient les coins de la pièce, la transformant presque en petite forêt. Andrew les invita à s'assoir sur les deux fauteuils à l'aspect confortable qui étaient placés devant son bureau.

- Bien, dit-elle en affichant un large sourire. J'ai repris le petit dossier transmis par mon responsable et j'ai cru comprendre que vous souhaitiez la plus grande discrétion. Soyez rassurés avec moi, je suis une tombe. Sinon, je propose que nous commencions dès aujourd'hui les premiers examens, histoire d'éliminer, ou de confirmer, les causes d'infertilité les plus courantes. Qu'en dites-vous ?

Ron et Hermione approuvèrent d'un hochement de tête.

- Parfait. Comment préférez-vous procéder ? Ensemble ou séparément ?

- Qu'est-ce que ça change ? demanda Ron en jetant un rapide coup d'œil à Hermione.

- Et bien, si vous les faites ensemble, ça sera un peu plus long.

- Alors séparément, répondit Hermione sans consulter Ron. J'ai beaucoup de travail et je préfère que nous allions au plus vite.

- Bien, dans ce cas, je vous demanderai de bien vouloir passer dans la salle d'à côté pour vous Madame, et vous Monsieur, la salle en face.

- En quoi consistent les examens ? s'inquiéta soudainement Ron en rougissant légèrement des oreilles.

- Oh, nous vous prélevons un peu de sang pour réaliser quelques tests, et sinon ce sont des sortilèges d'analyse. Cela ne devrait pas prendre plus de deux heures.

Hermione se leva pour accélérer le mouvement, car quand bien même le bureau était agréable, elle préférait y passer le moins de temps possible. Elle se dirigea donc vers la porte, sorti dans le couloir et entra dans la salle mitoyenne. Environ deux heures plus tard, elle en ressorti pour trouver Ron assis sur un siège dans le couloir, qui se leva en la voyant.

- Alors ? demanda-t-il en lui prenant la main.

- Et bien comme toi j'imagine, nous aurons les résultats mercredi ?

- Oui, mais comment ça s'est passé ?

- Oh bien, c'était juste long, c'est tout.

Comprenant qu'elle ne voulait pas trop parler, il lui proposa de retourner directement au ministère, tandis que lui reprendrait le chemin du magasin, ce qu'elle approuva.

- On se voit ce soir, murmura-t-il en lui déposant un baiser sur le front. Je t'aime.

- Moi aussi.

Le soir venu, Hermione félicita Dolosa pour le travail accompli sur les propositions des géants. Elle put convoquer une assemblée participative dès le lendemain matin pour exposer un compte rendu et faire valider par les sorcières et sorciers votants les nouvelles clauses de l'accord qui serait présenté aux géants le jeudi suivant.

- Normalement, assura Dolosa en se levant pour quitter le bureau. Toutes les propositions que nous souhaitons faire accepter devraient l'être. En tout cas, avec les arguments bétons que nous avons préparé, il n'y a aucune raison que ça se passe mal.

- Non aucune effectivement ! Bonne soirée Dolosa.

- Hermione, je…

- Oui ? demanda cette dernière en relevant la tête.

- Je voulais te dire, je suis désolée pour ce qu'Embit te fait subir. Je suis sûre que ça finira par se calmer.

- Oui je le pense aussi, approuva Hermione en souriant. Une fois qu'elle n'aura plus rien à se mettre sous la dent, elle passera à autre chose.

- Tu es vraiment incroyable de le prendre de cette façon !

- Ce sont des risques à prendre quand on veut devenir Ministre de la Magie ! On sait qu'on sera sous le feu des projecteurs.

- Des quoi ?

- Non rien, c'est une expression moldue. Bonne soirée.

- Bonne soirée, répéta-t-elle en ouvrant la porte en grand. Oh ! Bonsoir Drago.

- Bonsoir Dolosa.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Hermione en le voyant entrer dans son bureau.

- Juste te prévenir, l'interview pour le Chicaneur aura lieu demain midi. Et paraitra, avec l'appel à témoin, mercredi matin.

- Merci, bonne soirée.

- Toi aussi.

Une fois son bureau enfin désert, Hermione put enfin souffler un peu. Elle décida de ne pas trop tarder et rentra chez elle. Sa journée du lendemain serait bien remplie, elle voulait donc se reposer un peu. En arrivant à son appartement, elle eut la bonne surprise de voir que Ron avait préparer un petit diner. Tous deux passèrent une soirée à discuter de choses et d'autres, dans le calme et la tendresse. Hermione pensa que cet épisode sombre de leur relation était bel et bien derrière eux, et que l'avenir leur souriait. Ils allaient enfin savoir pourquoi ils n'arrivaient pas à avoir d'enfant, pourraient trouver un remède et fonderaient enfin une famille. Mais au moment d'aller se coucher, son regard fut attiré par le livre de Ginny qui dépassait de son sac. Incapable de résister, elle s'en saisit, se glissa sous la couverture, alluma sa lampe, embrassa Ron sur la joue, et se replongea dans la lecture.

Alors que ses yeux dévoraient les lignes couchées sur le papier, les battements du cœur d'Hermione s'accélérèrent, se faisant de plus en plus sonores contre sa poitrine. La relation entre les deux héroïnes du roman était de plus en plus fusionnelle, sensuelle, érotique même. Hermione sentit ses joues rougir dans la pénombre de la chambre quand elle parcouru un chapitre décrivant une scène de sexe entre les deux amantes, extrêmement détaillée et réaliste. Vers deux heures du matin, Hermione dû admettre qu'elle était trop épuisée pour continuer à lire, et reposa donc le livre clos sur la table de chevet, avant d'éteindre la lumière pour s'endormir. Le lendemain matin, elle avait oublié tous ses rêves, et la personne qui les avait peuplés avec elle. C'est donc l'esprit léger qu'elle se dirigea vers la salle d'audience où se déroulait les assemblées participatives. Dolosa la rejoint quelques minutes avant le début de la séance, et s'installa à ses côtés. Elles avaient convenu qu'elles répondraient ensemble aux questions, même si Hermione était responsable de la majeure partie des prises de paroles.

Une fois l'ensemble des sorcières et sorciers composant l'assemblée installés, Hermione les salua d'un signe de tête et pris la parole.

- Mesdames et Messieurs membres de cette assemblée participative exceptionnelle, nous sommes aujourd'hui réunis pour voter l'approbation ou la réfutation des propositions faites par les géants dans le cadre de la renégociation de l'accord de paix entre nos deux sociétés. Nous avons préalablement sélectionné les propositions qui nous semblent acceptables, nous vous les présenteront aujourd'hui. Comme d'habitude…

- Madame La Ministre, l'interrompit un minuscule sorcier dont la robe semblait trois fois trop grande pour lui.

- Oui ? s'étonna Hermione qui ne chercha même pas à lui dire qu'il n'avait pas encore la parole.

- Avec plusieurs de mes camarades d'assemblée, nous avons discuté de la légitimité de cette séance.

- Comment cela ? s'interrogea Hermione en voyant Dolosa à ses côtés la regarder d'un air inquiet.

- Et bien voyez-vous, nous nous demandons si vous êtes bien en capacité de gérer cette crise qui nous semble extrêmement complexe et, nous pouvons le comprendre au vue de votre situation personnelle, a l'air de totalement vous échapper.

- Je vous demande pardon ?! s'indigna Dolosa qui venait de se lever de son banc.

- C'est pourtant simple, ajouta une vieille sorcière assise à la droite du petit sorcier. Nous demandons l'éviction de Madame La Ministre jusqu'à la fin de cette crise, au moins.

A suivre...


Ne me tuez pas s'il vous plait ! XD

Alors ? Qu'en avez vous pensé ?

Vivi.