Chapitre 8

Souvenirs

Scylla se laissa porter, ses nouveaux ravisseurs ou sauveteurs ou qui qu'ils étaient, la manipulaient avec douceur.

Elle fut transportée dans un autre véhicule. Allongée sur la banquette arrière, la tête posé sur les genoux de quelqu'un.

Sans trop savoir pourquoi cette situation lui semblait familière. La personne sur qui elle était allongé lui prodigua des sorts de soins avec beaucoup de bienveillance. Elle résista à l'envie d'ouvrir ses yeux, mitigée sur leurs motivations, feindre l'inconscience restait son meilleur mécanisme de défense.

Le temps semblait se rallonger. Allonger là à l'arrière de la voiture pendant une éternité, mais étrangement cela ne lui était pas désagréable. On lui caressait les cheveux. Une voix féminine fredonnait une chanson qui lui procura une sensation de sécurité. Elle s'attacha à cette idée. En dehors de ce chant, personnes d'autres dans le véhicule ne parlait.

Avaient ils comprit qu'elle était belle et bien réveillé ? Combien de tant allait durer ce voyage et où est ce qu'on la conduisait. Depuis quand avait elle quitter Fort-Salem. Elle pensa à Raelle et Tiffany. L'attaque avait était si rapide, elle n'avait pas vu grand choses tracter par la jambe à travers tout le parc de la base militaire et avait été assommé tout aussi rapidement.

La milice avait t'elle fait un carnage ce soir là ? Qui était mort ? Elle pensa à son ancienne unité, ces filles avaient elles survécu ? Et Tiffany ? Raelle devait être encore vivante mais pourquoi ne pas l'avoir enlever également ?

Toutes ses questions se bousculèrent dans son esprit. Elle se sentait doucement bercé. Les dernières images de l'affrontement s'évanouirent de son esprit. Et sans s'en rendre compte et malgré ses efforts elle s'endormit.

Ses rêves n'étaient que des bribes de sons et de sensation. Des rires, des couleurs pastels, des mélodies et la voix de sa mère. L'odeur d'un repas chaud et le parfum d'une tasse de café la sortirent de son sommeil. Elle avait l'impression d'être un dimanche matin à la concession, que sa mère lui avait apporter un plateau de petit déjeuner.

En ouvrant les yeux elle constatât qu'elle était dans un lit plutôt confortable sous une pile de grosses couvertures douillettes. Il faisait jour, la lumière du soleil inondait la pièce. C'était une chambre de taille correcte, les murs couvert de papier peint fleuris et de vieux meubles en bois vernis la garnissait. Elle connaissait cet endroit, comme dans un souvenir lointain ou dans une autre vie.

Scylla remarqua qu'on l'avait dévêtu et habillé d'un survêtement un peu épais et d'un débardeur. Puis elle regarda méfiante le plateau posé a coté d'elle. Une tasse de café encore fumante et un petit sandwich y était posé. Elle préféra ne pas y touché. Puis chercha des yeux la présence de quelqu'un, mais elle était seule. L'endroit était calme et silencieux, loin de l'agitation qui l'avait conduite jusqu'ici. Elle essaya de se rappeler les dernier événements. Le violent choc et le tonneau du camion, l'homme qui la menaçait d'un couteau, son corps tracter sur plusieurs dizaine de mètres dans le parc de Fort-Salem, le hurlement de Raelle.

Raelle, la simple représentation de son visage dans son esprit se transforma en moment de panique.

Que lui était il arrivé.

Elle signa sa main pour lui envoyer un signe. C'était son seul moyen de contact, un lien indélébile graver dans leurs chairs. Malheureusement il n'allait que dans un sens. Comment savoir si elle pouvait encore le recevoir ? Elle n'avait pas suffisamment travaillé la transmission pour la contacter autrement. Elle se mit à envier Tally.

Scylla s'apprêtait à sortir du lit lorsque quelqu'un frappa à la porte de la chambre. Elle s'immobilisa et fronça légèrement les sourcils. La poignée de la porte tourna et s'ouvrit. Une femme passa la tête dans l'encadrement. En voyant Scylla réveillé elle se mit à sourire, entra dans la chambre, s'avança doucement et vint s'asseoir sur le lit à coté de la jeune femme.

« Scylla, ça fait tellement longtemps ! »

Sans voix Scylla regarda les deux yeux écarquiller la femme devant elle.

« Elie ? »

« Oui, c'est moi, bienvenue à la maison mon enfant. »

L'impression de familiarité que Scylla avait ressenti tout ce temps c'était ça. Un fantôme surgit du passé.

« Tu as l'air en meilleurs forme, regarde toi ! Tu est tellement belle, la dernière fois tu étais tellement petite, tu devais avoir quoi ? 5 ans ? »

Scylla était toujours sans voix, partageait entre la surprise, la joie et l'incompréhension.

Elle était donc revenue au nord de la concession, là où remontait ses tout premiers souvenir d'enfance. L'époque de l'insouciance et des jeux.

« C'est vraiment toi ? Mais comment ? »

« C'est une longue histoire ma chérie, je te la raconterai plus tard, en attendant tu devrais manger quelques choses, je suis sure que tu dois avoir faim. »

Elle saisit les mains d'Elie avant que celle ci ne se lève.

« Non, dit moi tout, je veux tout savoir. »

« Toujours aussi curieuse et impatiente. Mange ! On en reparlera après.»

La femme se leva du lit et sortie. Scylla prit le plateau et le déposa devant elle. Le simple parfum du café réveilla son appétit. Elle porta la tasse à sa bouche et prit un morceau du sandwich. En quelques bouchée il fut engloutie et la tasse de café ne fit pas long feu derrière.

Excitée elle sauta du lit et se précipitât vers la porte. Rien dans la maison n'avait changé, elle arpentait les couloirs sans se perdre jusqu'à la cuisine. Elle stoppa net sa course, Elie était en train de s'essuyer les mains sur un torchon à coté de trois autres personnes. Deux jeunes hommes et une jeune femme un peu plus jeune qu'elle. Ils étaient tous plus ou moins habillé de la même façon. En jean et chemise a carreau.

« Gagné ! Moins de 5 minute ! »

Un des jeunes hommes tendait sa main vers son confrère qui lui donna un billet.

« On avait parié qu'il te faudrait moins de 5 minutes pour te précipiter ici ! »

« Bonjour cousine ! »

La jeune fille s'était adressé à elle de façon joyeuse et familière.

« Tu dois pas te souvenir de moi, Katy, et eux ce sont mes frères, Thomas et Roy. »

Elle tira un chaise sous la table comme pour invité Scylla à venir s'asseoir.

Méfiante elle s'avança doucement. Essayant de se souvenir.

« T'en fait pas, moi non plus je ne me souviens pas de toi, j'étais encore bébé la dernière fois que tu m'a vu. »

Il était difficile pour Scylla d'avoir des souvenirs net de cette période. Un peu hébétée, elle alla s'asseoir à la table. Tout le monde l'observait et la dévisageait en souriant.

« Ouais y a un air de famille. » Roy vint s'asseoir en face d'elle en continuant à l'observer.

« C'est le front ! »

« Je dirais le nez ! »

« Ouais c'est ça c'est le nez, il est comme le tien, pointu comme un celui d'un lutin ! »

Katy donna un coup de poing sur l'épaule de son frères. Les trois frangins la dévisageait toujours plus comme ci il faisait un jeu de sept erreurs.

« Allez ça suffis laissez la respirer un peu. »

Elie s'essaya a coté d'elle. Les autres encore debout prirent les chaises restantes autour de la table.

« Je suppose que tu dois avoir un bon millier de questions. »

Scylla ne savait absolument pas par où commencer.

« Je comprend c'est encore un peu difficile à croire, mais ça fait un petit moment qu'on à un œil sur toi. »

« Comment m'avez vous retrouver ? »

« Il y a quoi presque vingt ans de ça, j'ai essayé de convaincre ton père de rester ici avec Arthur son frère. La vie à la ferme c'était pas Fort-Salem mais au moins c'était tranquille, mais ils avaient peur qu'on les retrouve ici, que nous soyons en danger à cause de lui et de son frère. Les gens au alentour avaient vu des rôdeurs dans la région, on ne savait pas trop si c'était des réfractaires ou des espions de l'O.V.N. »

« Ces fous de l'ordre de la voie naturel » Katy les nommait comme ci c'était des voisins un peu excentrique.

« Mais ils sont partie, Lila, la femme d'Arthur est resté ici, elle avait l'intention de le rejoindre avec les enfants une fois qu'elle aurait accouché, mais quand les jumeaux sont nés, Arthur était déjà mort. D'après ce qu'on a pu glaner ici et là, l'OVN leurs avaient tendu une embuscade et Arthur s'est laissé prendre pour que vous puissiez fuir. Je n'ai plus eu de nouvel de ton père depuis ce jour. »

Katy et ses frères ne souriaient plus, ils regardaient Elie avec nostalgie.

« Et puis on t'a vu à la télé » Katy avait reprit la suite du récit.

Scylla fronça les sourcils.

« Le jour du procès, lorsqu'ils ont énoncé ton nom, Elie en a fait tomber le repas du midi, elle a courut devant le poste de télé. »

Scylla avait totalement oublié que cette mascarade avait été diffusé en direct sur les chaînes national.

« On a suivi tous tes faits et geste jusqu'à aujourd'hui. »

Roy se leva et ouvrit un tiroir de l'étagère et en sortie une pile de magazine. Scylla n'en revenait pas que des exemplaires du Clairon circulaient en dehors de Fort-Salem. Sur la couverture de l'une d'elle il y avait une photo de son mariage avec Raelle.

« A défaut de presse people, on à le Clairon, la fine fleur de l'armée dans tout ses états. »

« C'est aussi ça qui à trahi ton identité à l'OVN » Roy feuilleta l'un des derniers numéro jusqu'à trouver un article qui parlait de la réouverture possible d'une unité mobile aérienne « Pegasus » avec en illustration une photo d'elle sur le terrain d'entraînement avec le sergent instructeur Grieg.

« Je pense que si ils avaient su à ce moment que tu allais courir un quelconque danger il n'aurait pas sortie cet article. »

Scylla comprit comment cet homme avait fait pour la tracer. Une photo, un lieu, il fallait juste attendre le bon moment pour confirmer son identité.

« Cet homme, celui qui était dans le camion... »

« Ezra ? On l'appel l'inquisiteur, c'est le chef de cette organisation, on dit qu'il est aussi vieux que la sorcellerie elle même. »

« Il est mort ? »

« Hélas, si c'était aussi simple de s'en débarrasser on ne se cacherai pas comme ça. On ne sait pas comment il fait mais son corps disparaît et il revient toujours plus fou qu'avant. »

« Comment vous avez fait pour me retrouver hier soir ? »

« Comme on te l'a dit, on a un œil sur toi depuis quelques temps. Et ce n'était pas hier soir, c'était il y a deux jours. »

Scylla ne semblait même pas surprise, combien de fois ces derniers mois avait elle passé des jours à comater dans un lit d'infirmerie.

« Thomas à un don particulier avec les oiseaux. Il peut partager leurs visions. Il a une chouette... »

« Un grand duc, pas une chouette... je suis pas Harry Potter »

« Il a un Grand-Duc, c'est lui qui nous ramène le Clairon, il a vu les camions se diriger vers Fort-Salem et nous à prévenue, on juste tendu une embuscade pour te récupérer. »

« Désolée pour l'accident, mais on voyait pas trop comment créer l'effet de surprise. C'est le seul moyen de les avoir, mais j'y suis peut être aller un peu fort. »

« Les cris d'oiseaux c'était toi ? Tu t'en ai servi pour faire basculer le camion. »

« Oui, ils sont robuste et avec le bon sort ils peuvent devenir de vrai bulldozer. » Katy était assez fière de ses prouesse et de son lien avec les oiseaux.

« Et toi Scylla c'est quoi tes dons ? »

Scylla écarta la question et se tourna vers Elie.

« Qui d'autres vie ici ? J'ai cru entendre plusieurs autres voix quand vous êtes venue me libérer. »

« Tu les rencontrera bien assez tôt. En attendant reprend des forces, on verra ça plus tard. »

La phrase d'Elie avait un sous entendu que Scylla comprit et n'aimait pas. Elle allait rester ici plus longtemps qu'elle ne le voudrait.

« Et pour ma famille ? »

Elie ne répondit pas et sortie de la cuisine.