Bien le bonsoar et bienvenue pour ce chapitre de la frustration. Je vous JURE que je fais mon possible pour que ça avance, mais les évènements sont contre moi j'y peux rien. Krkrkr ! Alors ne me détestez pas tout de suite, lisez le chapitre d'abord, après vous aurez le droit.

Mais avant tout, réponse aux review :

brigitte26 : Aha ! ça c'est la grande question. On verra ce qu'il se passera aux US et si ça y restera... Est-ce que Hermione a VRAIMENT envie de savoir ce qu'il se cache derrière la rédac cheffe de la Gazette ? Telle est la question, parce que comme tu le dis, on ne comprend pas pourquoi elle refuse l'aide de Drago... Affaire à suivre !

MadyLP : hihi ! merci pour ta review ! Tu vas avoir quelques réponses à tes question, mais pas toutes (un peu de suspens fait jamais de mal) ! Bonne lectuuuuure !

Kccb : Merci pour ta Review ! Héhé on a tou·te·s hâte de savoir. Mais n'avons nous pas l'impression que la seule qui n'a pas hâte c'est Hermione ? Ron est un crétin. Absolument, c'est validé !

Bonne lecture !


Une goutte de sang tomba sur le sol et éclaboussa le bout de la chaussure de Drago.

- Merde ! cracha-t-il en se penchant pour la nettoyer à l'aide de sa baguette.

Face à ce comportement puéril, Hermione ne put s'empêcher de sourire. Il était dix-neuf heures passées et cela faisait maintenant plus de deux heures qu'elle n'avait plus eu de nouvelles de la délégation partie le matin même pour Scafell Pikes. Plus tôt dans la matinée, Drago n'avait cessé de faire des allers et retours entre son bureau et celui d'Hermione pour prendre des nouvelles, si bien qu'elle avait fini par lui dire de s'y installer pour travailler. Ainsi, dès qu'elle recevrait un hibou de la part de Dolosa ou Harry, il en serait le premier informé. Nathalie avait demandé à Hermione si elle pouvait laisser la porte du bureau ouverte pour être également informée de chaque nouvelle, ce qu'Hermione avait volontiers accepté, Drago rendant l'atmosphère de son bureau bien trop pesante à son goût. Le laisser ouvert ne ferait pas de mal. C'est ainsi qu'au fil de la journée, des lettres arrivaient sur le bureau d'Hermione, lui expliquant le déroulé des négociations. Jusqu'à présent, les géants s'étaient montré plutôt enclin à accepter les demandes du ministère sur les quelques propositions refusées, mais Dolosa n'était pas dupe quant à leur méfiance constante. « Je crois qu'ils s'attendent à ce qu'on leur mette à l'envers à chaque instant », avait-elle précisé dans sa dernière lettre arrivée vers dix-sept heures. Depuis, le bureau d'Hermione était resté désespérément vide et même si elle cherchait à la cacher, Hermione ne pouvait prétendre qu'elle ne sentait pas une forte inquiétude monter en elle. Elle regardait Drago se ronger les ongles jusqu'au sang, tournant et retournant inlassablement des parchemins éparpillés sans aucune logique sur la table de réunion.

- Tu devrais nettoyer ta plaie, lui conseilla-t-elle alors qu'elle le vit plonger son doigt ensanglanté dans sa bouche pour arrêter l'hémorragie. Elle risque de s'infecter.

- Je n'ai rien sur moi, répondit-il d'un ton bourru.

- Accio Dictame !

Une petite fiole jaillie de l'armoire placée derrière Hermione pour venir se poser délicatement dans sa main tendue, puis elle se leva pour s'approcher de Drago. Sans prévenir, elle lui tira sur la main et la leva au niveau de ses yeux pour en examiner la plaie, puis secoua la tête en souriant de nouveau.

- Qu'est ce qui te fait rire ? s'interrogea-t-il en levant un sourcil.

- Toi. Tu es si stressé que tu t'es presque arraché l'ongle. Je t'ai rarement vu dans un état pareil.

- Moi ce qui m'inquiète d'autant plus, c'est que tu sembles si sereine.

Elle déboucha la fiole pour verser quelques gouttes de son contenu sur le doigt toujours saignant de Drago, qui cicatrisa immédiatement.

- Après toutes ces années, tu ne me connais toujours pas bien…

- Si, je sais, tu fais preuve d'une froide intelligence quand il le faut. Mais…

Il fut interrompu par une boule lumineuse argentée qui pénétra par le plafond et s'immobilisa au milieu du bureau avant de se transformer en un magnifique cerf argenté qui se mit à parler avec la voix grave de Harry.

- L'accord est signé. Nous avons dû essuyer l'attaque d'un dragon en repartant. Nous sommes sains et sauf. Nous rentrons.

- UN DRAGON ?! s'exclamèrent Drago et Hermione d'une seule voix.

- Quoi ? s'exclama Nathalie qui avait entendu le patronus et s'était précipitée dans le bureau.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? s'interrogea Hermione en retournant derrière son bureau. Il n'y a plus de dragon dans cette région depuis des lustres !

- Ou alors nous avons de sérieuses lacunes en ce qui concerne nos données sur le sujet, commenta Drago.

- Ou alors quelqu'un a trouvé un excellent moyen de saboter la mission…

Nathalie et Drago se tournèrent vers Hermione avec un regard inquiet.

- On n'a toujours pas retrouvé Jones, ajouta Drago d'un air sombre.

Au moment où Nathalie allait ajouter quelque chose, on frappa à la porte et tous les trois se retournèrent pour voir qui était là.

- Bonsoir ! lança Harry en pénétrant dans le bureau en boitant.

Hermione se précipita sur lui pour l'aider à s'assoir dans l'un des fauteuils du salon et lui lança un regard plein d'inquiétudes et d'interrogations.

- Tu vas bien ? demanda-t-elle en passant son doigt sur une plaie ouverte sur son front. Que s'est-il passé ? Où sont les autres ?

- Du calme… répondit-il en levant les yeux vers elle. Tout va bien.

Hermione agita sa baguette pour faire venir à elle la fiole de dictame restée sur la table à côté de Drago et entreprit d'en déposer quelques gouttes sur les plaies de Harry. Maintenant qu'elle l'observait de plus près, elle constata qu'il avait l'air mal en point. Sa peau était brûlée à plusieurs endroit et son poignet était très enflé. Une large plaie lui parcourait le front, déversant un filet continu de sang sur sa joue, rappelant à Hermione les heures les plus sombres de la guerre dix ans auparavant.

- Dolosa est à Sainte Mangouste avec Juliana, continua Harry alors qu'Hermione soignait ses blessures. Rien de grave mais elle avait quand même besoin de soins. J'ai préféré venir ici pour vous tenir au courant. Les autres membres de la délégation sont rentrés chez eux, je leur ai donné leur fin de semaine.

- Que s'est-il passé Harry ? demanda Nathalie en s'approchant à son tour.

- Tout allait bien jusqu'à la signature du décret. Les équipes de Dolosa ont fait un travail incroyable avec les géants. Tu as eu une excellente idée en nous envoyant en renfort pour les protéger Hermione, je pense que sans nous, on aurait dû faire face à un véritable massacre. Une fois le décret signé, les géants nous ont fait comprendre qu'il était temps pour nous de partir. Non pas qu'ils n'étaient pas satisfaits des négociations, mais ils étaient extrêmement tendus toute la journée. Au moment où nous leur avons annoncé notre départ, un de mes éclaireurs m'a annoncé la venue d'un Vert Gallois qui nous fonçait dessus. On s'est retirés en position de défense mais les géants ont cru à une attaque de notre part et on a bien failli y rester. On a réussi à s'échapper avant de se faire attaquer et le Gallois a été maitrisé. Mais je crains que la confiance des géants envers nous n'en ai pris un sacré coup. Il va falloir continuer nos efforts de réconciliation…

- A ton avis, commença Drago qui s'était levé à son tour. Qui est derrière cette attaque ?

- Rien ne dit que quelqu'un soit derrière tout ça, répondit Harry en levant un sourcil.

- Ne soit pas naïf ! On sait très bien que quelqu'un cherche à s'en prendre au ministère et en particulier à Hermione. L'attaque d'un Vert Gallois, qui n'a rien à faire à Scafell Pikes, n'est pas une coïncidence.

- Je suis d'accord avec Drago, confirma Hermione.

- Tu penses à Jones ? demanda alors Harry en se tournant vers elle.

- Et bien… On ne sait toujours pas où il est et… il pourrait très bien être remonté contre moi depuis son licenciement.

Harry marmonna quelque chose d'incompréhensible et fit un geste étrange de la main, accompagné d'une grimace de douleur.

- Je pense que tu devrais toi aussi aller à Sainte Mangouste, ajouta Hermione en le voyant reposer son poignet enflé sur son genou. La situation est maitrisée pour ce soir, plus rien ne presse maintenant.

- Tu es sûre que…

- Ce n'était pas une proposition Harry, le coupa-t-elle. Tu dois soigner tes blessures. Tu as surement sauvé la vie de nombreuses sorcières et sorciers aujourd'hui alors va te reposer. On discutera de la suite demain.

- Hum hum ! toussota alors Drago dans une imitation horriblement réussie de Dolores Ombrage.

Hermione se retourna d'un geste vif et lui lança un regard outré, accompagné de Harry qui fronça les sourcils d'un air mauvais.

- Il me semble que demain tu pars aux Etats-Unis non ? demanda Drago face aux deux autres dont les regards semblaient lui lancer des éclairs.

- Ah bon ? s'interrogea Harry en se tournant vers Hermione.

- Et bien… Oui c'était prévu si tout se passait bien aujourd'hui, mais visiblement, on a un danger public sur les bras maintenant, donc je ne pense pas que…

- Je suis presque sûr que Jones n'est pas au courant de ton voyage aux Etats-Unis, coupa Drago. Et que ce serait passer à côté d'un excellent moyen de te protéger que de rester ici. Tu seras en sécurité là-bas.

- Je ne sais pas… hésita Hermione.

- Le voyage est sensé durer combien de temps ? demanda Harry qui semblait considérer les paroles de Drago comme très pertinentes.

- Une semaine, répondit Hermione. C'est trop long, si jamais…

- C'est sûr qu'ici tu ne peux compter que sur toi-même et que tu n'as pas d'équipe compétente pour t'épauler en cas d'absence, ironisa Drago en croisant les bras devant lui.

- Pourquoi tiens-tu absolument à ce qu'elle parte ? demanda alors Harry en se tournant vers lui.

- Parce que je crois me souvenir que la dernière fois qu'elle a pris des vacances, mon fils n'était pas né. Tu veux que je te rappelle l'âge qu'il a ?

- En aucun cas ce voyage n'est à considérer comme des vacances ! protesta Hermione. Nous y allons pour travailler.

Elle regretta presque immédiatement ses paroles quand elle vit Drago pencher la tête sur le côté et lui lancer un regard bien trop appuyé à son goût. Elle sentit ses joues rosir immédiatement et détourna le regard pour s'intéresser à une fleur qui dépassait du bouquet posé sur la table basse.

- Remarque, ajouta Harry qui n'avait rien remarqué. Drago n'a pas tort. C'est un bon moyen de t'éloigner de Londres sachant que Jones rôde dans les parages, et ça ne te fera pas de mal. Surtout que si j'ai bien compris, tu partirais avec Ginny c'est bien ça ?

- Oui, oui, répondit Hermione toujours rouge. C'est pour l'attribution de la prochaine coupe du monde de Quidditch.

- Je pense qu'on pourra survivre à une semaine sans toi ! acta alors Harry en se levant avec difficulté.

Hermione ne répondit rien et fit un effort incommensurable pour ne pas regarder Drago qui la fixait avec une grande satisfaction affichée sur le visage. Nathalie annonça qu'elle s'occupait dès à présent de préparer son absence et proposa même à Hermione de l'accompagner pour l'assister dans son voyage mais Drago déclina cette proposition sans même qu'elle ne puisse répondre.

- Je pense que tu seras bien plus utile ici à gérer les affaires d'Hermione en son absence n'est-ce pas ? Elle aura besoin de toi ici, et non là-bas. Et je dois t'avouer que je serai plus serein si je peux compter sur toi en cas de besoin.

Il gratifia Nathalie d'un clin d'œil enjôleur qui n'échappa pas à Hermione. Celle-ci s'empêcha d'éclater de rire face à l'absolue détermination de Drago à la voir partir seule avec Ginny, mais aussi face à la réaction de Nathalie qui se mit à bafouiller en répondant.

- Euh… oui… d'acco… bien.

Elle se retourna avec un large sourire aux lèvre et quitta le bureau en annonçant à Hermione qu'elle n'avait pas à s'en faire et qu'elle gèrerait tout pendant son absence. Une fois qu'elle eut quitté le bureau, Hermione se retourna vers Drago et l'observa d'un air sévère.

- Arrête, répondit celui-ci. On dirait McGonagall !

- Mais je SUIS McGonagall ! répondit-elle en faisant apparaître un grand chapeau au motif écossait qu'elle plaça sur sa tête.

- Je peux vous aider ? s'interposa Harry en croisant les bras devant lui. Je suis encore là au cas où vous n'auriez pas remarqué !

Hermione retira son chapeau en rigolant et salua Drago qui annonça son départ.

- Ne t'en fait pas pour Jones, lança-t-il avant de quitter le bureau. Avec un peu de chance on l'aura attrapé quand tu rentreras.

- Euh… c'est MON travail d'attraper ce type ! précisa Harry.

- Potter, si je devais compter sur toi pour faire ton boulot, ça ferai un moment qu'on serait tous morts !

- Malefoy je vais te …

Mais Harry n'eut pas le temps de finir sa phrase que Drago avait déjà disparu dans le couloir en éclatant d'un rire mauvais. Hermione s'amusa de voir les deux anciens ennemis retrouver leurs querelles puériles d'autrefois et retourna s'assoir dans le canapé.

- Tu veux que je t'accompagne à Sainte Mangouste ? proposa-t-elle en voyant Harry en grande difficulté.

- Non ça ira. Je peux emprunter ta cheminée ?

- Oui bien sûr. Je ne pense pas te voir demain matin avant mon départ, alors je dois te dire quelque chose maintenant.

- Oui ?

- Ron et moi, c'est terminé.

Harry ne répondit rien. Il ne semblait ni surpris, ni triste. Il hocha doucement la tête et s'avança vers la cheminée au fond du bureau.

- Je suis désolé pour vous deux, répondit-il finalement. Je suppose qu'on n'en parlera pas ?

- Pas pour l'instant non.

- Alors je te souhaite un bon voyage. Profite des Etats-Unis, il parait que c'est un pays incroyable.

- Merci Harry.

Il se retourna, alluma la cheminée d'un coup de baguette, pénétra dans l'âtre et disparu dans un souffle chaud, laissant Hermione seule face à la perspective de partir le lendemain avec Ginny. Hermione avait prévu de dormir à l'hôtel ce soir, mais devait tout de même passer chez elle pour récupérer des affaires en prévision de son départ. Elle ramassa donc quelques parchemins qui traînaient sur la table de réunion, ordonna son bureau, laissa une note pour Nathalie et quitta son bureau pour son appartement. Elle s'arrêta une seconde dans la petite pièce réservée au transport par cheminée et tendit l'oreille. Visiblement, l'appartement était vide. Elle poussa donc la porte et alluma la lumière. Pattenrond vint immédiatement se coller à ses jambes en ronronnant bruyamment, manquant de la faire tomber une nouvelle fois.

- Pattenrond, attention s'il te plait. Ce soir, tu viens avec moi. Je ne vais pas te laisser tout seul ici.

D'un coup de baguette, elle attira à elle une grosse valise et plusieurs vêtements qui se rangèrent tout seuls à l'intérieur, accompagnés de sa trousse de toilette et de quelques livres. Mais alors qu'elle allait refermer sa valise, son regard se posa sur le livre prêté par Ginny, abandonné la veille au soir dans le salon après l'arrivée de Ron. Elle hésita un instant mais finit par renoncer à l'emmener avec elle. Elle fit léviter sa valise jusqu'à la cheminée, attrapa Pattenrond qu'elle cala dans son coude et alluma une nouvelle fois la cheminée. Elle fit un pas en avant pour pénétrer à l'intérieur mais s'arrêta en plein mouvement, jeta un regard en direction de la porte, puis à sa valise.

- Et merde ! jeta-t-elle en agitant sa baguette en direction du salon. Accio livre !

Une seconde plus tard, elle pénétrait dans l'âtre de la cheminée, Pattenrond affichant un air agacé calé sous son bras gauche, sa valise dans sa main droite, et le livre de Ginny dépassant de la poche de sa robe. Lorsqu'elle arriva au Chaudron Baveur, elle croisa Tom qui lui indiqua que sa meilleure chambre était libre, proposition qu'elle refusa poliment en lui indiquant qu'elle se rendait côté moldu. L'aubergiste ne fit pas de remarque particulière et la salua chaleureusement, lui souhaitant une bonne soirée. Elle traversa donc le pub discrètement laissant Pattenrond trottiner derrière elle, et sorti dans la rue moldue. Grâce à un rapide sortilège, elle transforma sa valise en petit sac discret qu'elle cala sur son épaule, en bandoulière, et commença à déambuler dans les rues à la recherche d'un hôtel satisfaisant. Arrivée sur Saint Mary at Hill, elle s'arrêta devant le Premier Inn London Bank hôtel et avisa la devanture luxueuse. Une nuit dans un palace ne lui ferait pas de mal, et son salaire de ministre lui permettait largement de l'offrir une nuit à une centaine de livres moldues. Elle pénétra donc dans l'immense hall de l'hôtel et observa discrètement autour d'elle. Visiblement, elle ne passait pas inaperçue avec son chat qui la suivait docilement. Elle s'avança au comptoir et demanda une chambre pour la nuit. Le réceptionniste la toisa avant de lui indiquer qu'il pouvait lui proposer différentes chambres. Hermione choisit une chambre classique mais spacieuse, dotée d'une salle de bain avec baignoire. Elle choisit également le petit déjeuner apporté dans la chambre le lendemain matin, et régla la somme due d'avance, ce qui sembla rassurer le réceptionniste.

- Voici la clé de votre chambre Madame, lui annonça-t-il en lui tendant une carte magnétique. Vous… Vous désirez un nécessaire pour votre chat ?

- Oh non, je vous remercie, répondit-elle en attrapant la carte. Il ira surement se promener dehors.

- Bien, votre chambre est située au huitième étage, vous pouvez y accéder par l'ascenseur situé à votre droite. Excellente soirée Madame Granger.

- Merci !

Hermione lui adressa un petit sourire et appela Pattenrond qui commençait à explorer le hall. Celui-ci la rejoignit en trottinant mais rechigna à entrer dans l'ascenseur, si bien qu'Hermione dut à nouveau le porter le temps d'arriver à l'étage numéro huit. Une fois arrivée devant la porte de sa chambre, elle glissa la carte dans la fente de la porte et entendit le cliquetis de la serrure qui s'ouvrait. Pattenrond se glissa entre ses jambes et colla son nez dans le coin de la porte, visiblement impatient de découvrir l'endroit où il allait passer la nuit. Hermione ouvrit la porte et découvrit une chambre spacieuse, décorée sobrement, et dotée d'un petit balcon qui donnait sur un parc. Elle déposa son sac par terre et lui assena un petit coup de baguette pour lui faire reprendre sa forme de valise, puis s'avachit sur le lit et pour la première fois depuis plusieurs heures, pensa au lendemain.

Lorsque Ginny lui avait proposé avec un enthousiasme non dissimulé de l'accompagner aux Etats-Unis, Hermione n'avait pas su dire non, même en ayant conscience de tout ce que cela impliquerait. Elle savait pertinemment que ce voyage serait une torture pour elle, que passer du temps en compagnie de Ginny pour qui ses sentiments étaient de plus en plus ambigus n'allait en aucun cas arranger les choses, mais elle s'en fichait. Au pire elle passerait une semaine à se dire qu'elle allait passer le reste de ses jours à se languir de son amie qui ne voulait pas d'elle, au mieux elle passerait un excellent moment avec son amie comme cela faisait longtemps que ça n'était pas arrivé. Oui voilà. Elle avait pris la bonne décision. Le ministère pouvait très bien se passer d'elle une petite semaine maintenant que la crise avec les géants était réglée, et ni Harry ni Drago n'avaient besoin d'elle pour traquer Jones. Elle pouvait donc bien s'accorder une semaine de break.

Un mouvement sur le balcon attira alors son regard. Dans un battement d'aile, un hibou vint se poser sur la rambarde vitrée de la petite terrasse et agita sa tête. En constatant qu'il tenait une lettre dans son bec, Hermione se leva pour aller la prendre, laissant Pattenrond sortir sur le balcon. Elle reconnut immédiatement l'écriture de Ginny.

« Hermione,

Je n'ai toujours pas eu de tes nouvelles concernant notre voyage de demain, et tu n'es plus à ton bureau, ni ton assistante. Peux-tu me répondre pour au moins me dire si tu pars avec moi ? Et accessoirement si tu as réussi à sauver le monde magique d'une nouvelle guerre ?

Bises,

Ginny ».

Hermione se frappa le front du plat de sa main et s'empressa de retourner dans la chambre pour farfouiller dans sa valise. Quelques secondes plus tard, elle en sorti une plume et un encrier qu'elle déboucha d'un geste vif.

« Ginny,

Je suis sincèrement désolée de ne pas t'avoir avertie immédiatement, ça m'est sorti de la tête dans l'euphorie de la nouvelle. L'accord a été signé, je pars donc bien avec toi demain. Je te raconterai tout pendant le trajet, on aura le temps. Je te propose de venir me rejoindre à mon hôtel à neuf heures demain matin. Je suis au Premier Inn London Bank hotel.

Bises,

Hermione ».

Elle referma le parchemin sur lui-même et indiqua l'adresse de Ginny au dos, puis retourna sur le balcon pour la donner au hibou qui s'en saisit avant de s'envoler. Hermione le regarda s'éloigner, et quelques secondes plus tard, disparaître derrière un immeuble. Pattenrond était à présent en train de se glisser sur le balcon voisin, tentant non sans difficultés de passer sous la paroi vitrée qui séparait le balcon d'Hermione de celui de la chambre d'à côté. Il avait réussi à passer la moitié de son corps touffu de l'autre côté, mais semblait avoir du mal à faire passer son arrière train. Hermione s'amusa de cette vision inattendue, et ne put s'empêcher de se moquer gentiment de lui.

- Ne part pas trop loin cette nuit ! lança-t-elle alors qu'il avait fini par se glisser de l'autre côté. Demain nous partons en voyage !

Pour toute réponse, Pattenrond miaula doucement avant de s'éloigner et laissa Hermione seule dans sa chambre. Elle retourna donc s'allonger sur le lit et observa le plafond, puis se redressa d'un bond pour se saisir du livre prêté par Ginny resté dans la poche de sa robe. Elle s'installa confortablement contre ses oreillers et se remit à lire. Elle avait presque terminé le roman, et l'histoire entre les deux héroïnes ne semblait pas aller en s'améliorant. Malgré leurs parties de jambe en l'air, la différence notoire entre les deux et leurs visions de l'avenir semblaient se télescoper mais ne menaient nulle part. Incapable de s'en empêcher, Hermione se compara au personnage de Nathanaëlle, incapable d'avouer ses sentiments malgré son envie absolue de créer une relation saine avec Laure, puis se rappela que dans tous les cas, sa relation avec Ginny n'était en aucun cas comparable, car son attirance pour son amie n'était pas réciproque. Elle continua donc à lire, ses yeux glissant sur les mots sans vraiment les pénétrer. Après un moment qu'elle n'aurait su dire long ou court, le hibou fit de nouveau son apparition sur le balcon, et cette fois-ci profita de la porte-fenêtre ouverte pour se glisser dans la chambre et venir directement poser la lettre sur les genoux d'Hermione. D'un geste fébrile, elle la décacheta et en parcouru rapidement le contenu.

« Hermione,

Et bien ! J'ai bien fait de demander ! Par contre, je suis outrée de voir que tu dors à l'hôtel sans m'inviter pour une soirée entre copines. Du coup, je m'invite toute seule ! Comme ça tu auras tout le loisir de me raconter ce soir.

A tout de suite.

Ginny ».

Hermione releva les yeux de la lettre et observa la page restée ouverte du livre posé à côté d'elle. Cette fois ci, ses yeux accrochèrent sur chaque mot posé sur le papier.

« Nathanaëlle ouvrit la porte de sa chambre d'hôtel et découvrit Laure, essoufflée, la main posée sur le mur, reprenant son souffle avec difficulté.

- Ne me dis pas que tu pensais partir sans me prévenir ? lança-t-elle en soufflant entre chaque mot.

- Ecoute, je…

Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Laure se jeta sur elle et l'embrassa à pleine bouche, l'entourant de ses bras et plongeant ses mains dans ses cheveux détachés. Incapable de lui résister, Nathanaëlle lui rendit son baiser et se laissa entraîner à l'intérieur de la chambre. Son retour en France pouvait bien attendre. »

A suivre...


Bonsoir bonsoir...

Alors je SAIS qu'il faut vraiment pas avoir les yeux en face des trous pour pas voir que Ginny a envie de hum hum avec Hermione, mais que voulez vous ? Quand je vois que dans les livres officiels il a fallu genre mille ans à Hermione pour comprendre que Ron la kiffait, je me dis qu'elle a pas beaucoup du progresser en dix ans. Héhéhé !

A bientôt pour la suite !

Vivi.