Bonjour,
Voici la suite !
Bonne lecture
Le lendemain matin, Maximum frappa à la porte de la chambre à neuf-heure tapantes. Hermione et Ginny, déjà prêtes, le suivirent jusque dans le hall de l'hôtel où Romanov les attendait, accompagnée d'une escorte.
- Bonjour Mesdames ! lança-t-elle d'une voix chantante. Comment allez-vous ?
- Très bien merci, répondit Hermione sur un ton protocolaire.
- La visite de la ville s'est bien passée hier ? Bien que je regrette votre refus d'être accompagnées par les équipes diplomatiques du Macusa, j'espère que vous avez pu voir nos plus beaux monuments.
- Ne vous inquiétez pas pour nous, la rassura Ginny. Nous étions comme deux amies en vacances !
- Dans ce cas, vous m'en voyez ravie. Je vous propose de me suivre, nous allons prendre notre portoloin.
- Par ici Mesdames, ajouta Maximus en tendant le bras vers un couloir partant du fond du hall d'entrée.
- Nous sommes attendues par le Directeur des Travaux en charge de la création de l'espace du stade à Seattle, annonça Romanov en marchant vers le couloir. Il est prévu que nous fassions une petite visite des lieux, le but est de vous présenter toutes les dispositions prévues pour assurer aux sorcières et sorciers du monde entier un moment parfait, tout en garantissant la sécurité et le secret magique.
- Parfait, répondit Hermione. Nous comptons sur vous pour nous convaincre que votre pays fera le meilleur accueil à cette compétition internationale.
Le groupe arriva devant une petite salle dépourvue de meuble qu'Hermione supposa être réservée aux transports longues distance, et effectivement, une fois à l'intérieur, elle constata que seule une poubelle trouvée était placée au centre.
- Nous y voilà, annonça Romanov. Je vous en prie.
Le petit groupe s'attroupa autour de la poubelle et chacun plaça sa main dessus. Quelques secondes plus tard, elle se mit à vibrer, et dans un bruit sourd, les emporta dans les ténèbres. Quand le groupe atterri, chacun observa les alentours et découvrit l'endroit où le portoloin les avait menés. Hermione constata qu'elle se trouvait à présent au beau milieu d'une forêt de pins très dense, si touffue qu'elle distinguait à peine le ciel. Autour d'elle, la petite clairière qui leur avait servie de lieu d'atterrissage offrait un peu de clarté. Un chemin s'en détachait sur la droite et semblait s'enfoncer encore plus profondément entre les arbres.
- Venez, indiqua Maximus une fois que l'ensemble du groupe avait retrouvé une position d'attente. C'est par ici.
Il prit le devant de la marche et les guida à sur le chemin qui quittait la clairière. L'air était humide et on sentait une brume froide qui recouvrait la forêt en ce début de matinée. Le petit groupe progressait lentement sous les explications de Romanov qui s'était lancée dans une logorrhée vantant les mérites des systèmes de sécurités mis en place pour accueillir la coupe du monde.
- Permettez-moi une question, la coupa Hermione alors qu'elle enjambait de larges racines qui traversait le chemin. Il semble que vous ayez déjà commencé à installer des infrastructures pour la coupe du monde, notamment des dispositifs repousse moldus, alors que la fédération n'a pas attribué officiellement l'organisation aux Etats-Unis. Ne pensez-vous pas que cet investissement est risqué ?
Alors qu'elle finissait de poser sa question, Hermione aperçu Ginny lui lancer un regard étrange, mêlant une expression de surprise et d'agacement. Mais elle n'eut pas le temps de lui répondre que Romanov avait déjà repris la parole.
- Figurez-vous qu'au vue des échanges que nous avons pu avoir jusqu'ici avec la fédération, nous pensons utile de commencer dès à présent les travaux. Nous avons bon espoir de nous voir attribuer l'organisation et nous estimons que notre engouement et notre capacité d'anticipation ne seront que des arguments en notre faveur. Si cependant la fédération décide de valider la candidature de la France, nous conserverons ces infrastructures pour notre prochaine candidature. Rien de tout cela ne sera perdu.
- Vos arguments se valent, avoua Hermione, satisfaite de la réponse.
Romanov repris ses explications alors que le groupe continuait de progresser sur le chemin, Hermione sentant le regard appuyé de Ginny dans son dos, mais faisant semblant de ne pas y prêter attention. Bientôt, les arbres se firent moins denses et le soleil commença à traverser le plafond d'épine.
- Nous arrivons, annonça Maximus qui était toujours devant.
Effectivement, après quelques pas de plus, Hermione découvrit devant elle que le chemin les avait menés tout en haut d'une immense falaise surplombant une vallée.
- Mesdames, lança solennellement Romanov, je vous souhaite la bienvenue sur le site de la prochaine coupe du monde de Quidditch.
Dans la vallée, on apercevait un gigantesque chantier sur lequel s'affairaient des centaines de sorcières et sorciers. On les voyait faire léviter des poutres de fer à l'aide de leurs baguettes, mélanger des matériaux pour faire du ciment, monter des murets, transporter des sacs, installer des baraquements ou encore discuter devant de larges parchemins qu'ils tenaient devant eux.
- Très impressionnant, commenta Ginny visiblement admirative.
- Je vous remercie, répondit Romanov en s'inclinant légèrement.
Elle les invita alors à se rendre directement sur le chantier pour rencontrer le directeur des travaux qui les accueilli avec générosité, leur offrant du thé et des biscuits.
- Quel honneur de vous rencontrer Madame La Ministre, gratifia-t-il Hermione en lui serrant la main avec vigueur.
- Je vous remercie pour votre accueil. Je constate que les travaux ont bien avancé.
- Oh oui, nous sommes en avance sur le planning. Si la coupe du monde a effectivement lieu ici, ce que nous espérons tous, nous pourrons même faire des visites du stade aux fans de Quidditch.
- Des visites ? s'intéressa Ginny.
- Et bien, repris le directeur. Nous avons pensé qu'il serait amusant de faire visiter les coulisses du stade à une poignée de fan sélectionnés par tirage au sort. Ils pourront ainsi visiter les vestiaires et tout le système magique caché au public pendant les matchs. Cela ferait une très bonne publicité pour la coupe du monde et par la même occasion, offrirait une bonne opportunité touristique à la région.
- Excellente idée ! s'exclama Hermione.
Le directeur des travaux rougit légèrement sous le compliment inattendu d'Hermione et baissa la tête pour se cacher.
- Enfin Martin, le taquina Romanov. Ne vous cachez pas, vous avez effectivement eu une excellente idée sur ce coup là.
La visite du chantier dura environ deux heures pendant lesquelles Ginny et Hermione posèrent nombre de questions auxquelles Martin répondit avec passion. Il avait en effet réponse à tout et n'était pas avare d'explication complémentaires ou d'anecdotes amusantes quant à l'histoire du lieu. Vint rapidement l'heure du repas et le groupe prit la direction d'un restaurant installé pour le chantier. Une salle de réception avait été installée pour la visite de Ginny et d'Hermione, et malgré la volonté de ces dernières de déjeuner avec les ouvrières et ouvriers, le groupe protocolaire s'installa dans une grande salle vitrée donnant sur la forêt.
- Encore une fois, nous vous remercions de tout cœur pour votre accueil.
- C'est nous qui vous remercions Madame Weasley, répondit Martin en levant son verre de vin. Votre visite est un honneur.
Tout le monde trinqua dans la bonne humeur et les discussions allèrent bon train pendant une bonne partie du repas. Mais alors que les serveurs étaient en train de débarrasser les assiettes du plat principal, un bruit sourd se fit entendre depuis l'extérieur. Le son des conversations s'arrêta net et tout le monde échangea des regards interrogatifs en tendant l'oreille. Soudain, un hurlement déchira le silence. Hermione croisa le regard de Ginny et se leva d'un bon pour se retourner vers la baie vitrée qui donnait sur la forêt. Une énorme accromentule s'avançait vers la vitre en frappant le sol de ses immenses pattes velues de la taille d'un arbre, faisant trembler les verres posés sur la table.
- MAXIMUS ! hurla Romanov en direction de la porte.
Celle-ci s'ouvrit à la volée et Maximus pénétra en courant dans la pièce, la baguette tendue en avant, accompagné de deux aurors qui leur servaient d'escorte.
- PROTEGE LA MINISTRE ! ordonna Romanov en brandissant sa baguette à son tour. FAIT LA QUITTER LE SITE IMMEDIATEMENT.
Maximus se dirigea alors d'un pas vif vers Hermione et Ginny qui avaient elles aussi sorties leurs baguettes et les pointaient en direction de l'accromentule qui n'était plus qu'à quelques mètres de la baie vitrée.
- Madame La Ministre ! lança Maximus en agrippant le bras d'Hermione. Venez avec moi !
- Où ça ?
- Nous allons transplanner dans un lieu sur !
- Et les ouvriers ? s'inquiéta Hermione en jetant un œil à Ginny.
Celle-ci lui rendit cette fois ci un regard assuré. Hermione compris qu'il était hors de question pour Ginny aussi de s'échapper d'ici sans donner un coup de main pour neutraliser cette accromentule. Elle vit Romanov quitter la salle en courant accompagnée de deux aurors, et décida de les suivre.
- MADAME LA MINISTRE ! hurla Maximus en la voyant s'éloigner de lui.
- Elle vous a demandé de me protéger non ? répondit Hermione en montrant Romanov du doigt. Alors suivez-moi et venez nous aider !
Une fois sortie de la salle du déjeuner, Hermione traversa le restaurant en courant, à la suite des aurors qui étaient déjà dehors, accompagnée de Ginny et de Maximus, visiblement contrarié. Elle déboula dehors et observa autour d'elle. Une dizaine d'accromentules étaient en train de détruire le chantier, bataillant avec des sorcières et sorciers qui tentaient de se protéger et de sauver le peu d'installations encore debout. Hermione entendit à nouveau hurler sur la gauche et vit une sorcière au sol, roulant sur le côté pour échapper à l'accromentule qui martelait le sol de ses énormes pattes pour l'écraser.
- REDUCTO ! hurla Ginny la baguette pointée vers l'araignée.
Le sortilège d'une puissance inégalée la frappa de plein fouet et la fit basculer sur le côté et tomber sur le sol dans un bruit sourd. La sorcière releva la tête pour lancer un regard empli de gratitude à Ginny, puis se redressa pour aller aider ses camarades en difficulté.
- Ginny ! lança Hermione. Par ici !
Les deux femmes foncèrent à travers le chantier qui ressemblait maintenant à un véritable champ de bataille. Elles rejoignirent rapidement trois ouvriers qui luttaient difficilement contre une accromentule qui faisait la taille d'une maison. Celle-ci s'était dressée sur ses quatre pattes arrière et fendait l'air à l'aide de ses pattes avant. Hermione plongea en avant pour éviter l'une des pattes et en profita pour envoyer un sortilège de feu qui l'enflamma, inondant l'air d'une vague de chaleur. L'araignée émit un cri strident sous la douleur de sa patte en feu et recula de quelques mètres avant de marteler le sol pour se protéger de ses assaillants.
- ENSEMBLE ! hurla Ginny aux trois ouvriers qui n'arrivaient pas à envoyer de sort assez puissant. UN… DEUX… TROIS !
Les cinq sortilèges partirent en même temps et atteignirent les yeux de l'araignée qui bascula en arrière, aveugle, et encore plus enragée qu'elle ne l'était déjà. Martelant le sol, elle manqua une nouvelle fois d'écraser Hermione qui sauta sur le côté avec une agilité qui la surprit elle-même.
- ATTENTION !
La patte de l'araignée, de la taille d'un arbre, fondit sur un des sorciers qui avait perdu l'équilibre et s'était retrouvé au sol, sur le ventre. Il n'eut pas le temps de réagir que l'énorme patte velue l'écrasa de tout son poids, s'enfonçant dans le sol sous la violence du choc. Hermione recula sous l'horreur de la vision qui s'offrait à elle et son dos heurta quelque chose. Elle se retourna et vit Romanov également dos à elle, qui reculait face à une araignée au moins aussi grosse que celle qui venait d'écraser l'ouvrier.
- Nous sommes trop peu nombreux ! hurla Hermione à l'intention de Romanov. Prévenez des renforts !
- C'est fait ! Ils arrivent !
Effectivement, quelques secondes plus tard, une véritable armée de sorcières et sorciers apparurent à l'orée de la foret, tout autour du chantier. Les sortilèges fusèrent alors de toute part et les accromentules, à présent en sous nombre, furent vaincues et battirent en retraite. Hermione s'effondra sur un petit cube de béton et pris sa tête dans ses mains. Elle était en sueur malgré la fraicheur de l'air. Une horde de souvenir lui revinrent alors en tête. La bataille de Poudlard, le meurtre de ses amis, les blessés par dizaine et la mort, partout. L'adrénaline du combat se répandait si vite dans ses veines qu'elle pouvait presque la sentir pénétrer ses muscles. Elle ouvrit les yeux et regarda ses mains sales, pleines de terre et de sang.
- ROMANOV ! hurla-t-elle en se redressant d'un geste vif sous le regard surpris de Ginny qui venait de la rejoindre.
L'intéressée, postée quelques dizaines de mètres plus loin en pleine discussion avec Martin, tourna la tête vers elle et l'observa sans répondre. Hermione s'avança alors vers elle d'un pas décidé.
- Expliquez-vous ! Je croyais que le site était sécurité ! Comment des accromentules de cette taille ont pu pénétrer aussi facilement sur le chantier ?!
- C'est ce que nous tentons de comprendre Madame La Ministre, répondit Romanov d'un ton si calme qu'il eut le don de mettre Hermione hors d'elle.
- Comment comptez-vous justifier auprès de la Fédération Internationale de Quidditch cette mascarade ?! Vous pouvez faire une croix sur la prochaine coupe du monde !
- Madame La Ministre, intervint alors Martin d'un ton implorant. Je vous en conjure. Laissez-nous enquêter sur l'origine de cet incident avant de prendre votre décision.
- Cet incident ?! Il y a eu des morts ! J'espère que vous ne parlerez pas d'un incident lorsque vous irez expliquer votre incompétence à leurs familles ! Décidément, j'ai bien fait de participer à ce voyage. Il fut très instructif !
- Madame La Ministre, je vous en prie. Accordez nous vingt-quatre heures.
L'air de supplication affiché sur le visage de Martin fit hésiter Hermione. Ses yeux se tournèrent vers Romanov qui l'observait sans rien dire, comme si elle s'attendait à recevoir un sortilège en pleine poitrine et que la seule chose qui la séparait de la sentence fatidique était le silence absolu. Hermione se tourna finalement vers Ginny qui hocha doucement la tête pour lui faire comprendre qu'elle était favorable à laisser un délai avant de prendre une quelconque décision.
- Bien, répondit-elle finalement d'un ton brusque. Nous vous donnons vingt-quatre heure pour trouver l'origine de cette défaillance dans le système de sécurité.
- Merci pour votre compréhension, ajouta Romanov en inclinant légèrement la tête.
- Nous espérons que d'ici là vous nous fournirez une explication convaincante, intervint Ginny en faisant un pas en avant. Car comprenez bien que nous ne pouvons prendre la responsabilité de vous accorder l'organisation de la coupe du monde s'il existe un tel risque pour les spectateurs qui viendront assister aux matchs.
- Bien entendu, approuva Romanov. Je vous propose de vous raccompagner à Seattle. Vous y serez en sécurité, et vous pourrez vous y reposer.
- ROM !
L'ensemble du groupe tourna la tête d'un seul geste vers l'orée de la forêt où Maximus agitait ses bras de manière frénétique.
- On a trouvé quelque chose ! ajouta-t-il. Tu devrais venir voir !
- Mesdames, je vous demande un instant.
Romanov quitta Ginny et Hermione pour rejoindre Maximus qui s'était de nouveau enfoncé entre les arbres, accompagné de Martin et de deux autres sorciers. Ginny se tourna alors vers Hermione et lui posa délicatement sa main sur le bras.
- Tout va bien ?
- Oui ça va, répondit Hermione en soupirant. Et toi ?
- Je ne suis pas blessée si c'est là ta question. Mais je suis tout de même perplexe.
- Comment ça ?
- Je suis vraiment étonnée que des accromentules, si énormes fussent-elles, aient pu si facilement pénétrer sur le chantier et, comme par hasard, en notre présence.
Hermione la regarda sans rien dire, comprenant où elle voulait en venir mais souhaitant la laisser poursuivre tout de même.
- D'après ce que Romanov nous disait ce matin, il n'y a eu aucun incident jusqu'à présent et les systèmes de sécurité que nous a montré Martin avaient l'air suffisamment fiables pour éloigner les accromentules non ?
- Je suis d'accord avec toi.
- Alors pourquoi tu t'es énervée comme ça tout à l'heure ?
- Il m'a semblé important qu'ils comprennent la gravité de la situation. Des gens sont morts.
- Hermione, ajouta Ginny en se plaçant face à elle. Je comprends ce que tu as voulu faire mais la situation diplomatique avec les Etats-Unis n'est pas toute rose et nous devons être prudente quant à notre communication.
- Mes paroles n'avaient rien d'officielles. Et je ne me laisserai pas marcher sur les pieds.
- Je le sais. Mais nous devons garder Romanov comme alliée. Dois-je te rappeler que Taylor n'approuve pas ta politique progressiste ? Si nous voulons que ce séjour se solde par un accord et la continuité de nos bonnes relations avec le Macusa, nous devons faire preuve de retenue.
- Faire preuve de retenue ? s'étonna Hermione en levant un sourcil. C'est toi, Ginny Weasley, qui me conseille à moi, Hermione Granger, de faire preuve de retenue ?
Ginny sourit en baissant le regard.
- Et bien justement, je trouve que tu as quelques difficultés à garder ton calme en ce moment. Alors je me fais un devoir de te rappeler que tu es la grande Hermione Granger, Ministre de la Magie de Grande-Bretagne.
Hermione sourit à son tour en observant Ginny d'un air tendre. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais fut coupée dans son élan par Romanov qui arriva au petit trot et s'arrêta devant elles, essoufflée par sa course.
- Mesdames, je vous invite à me suivre.
- Vous avez trouvé quelque chose ? demanda Ginny.
- Il semblerait.
Les trois femmes prirent alors la direction de la forêt, à l'endroit où Maximus avait appelé Romanov quelques minutes auparavant. Elles se glissèrent entre les arbres, et après un instant, virent un petit groupe de sorciers regroupés au pied d'un rocher massif.
- Vous n'aurez pas à attendre vingt-quatre heures pour avoir une explication à la débâcle de tout à l'heure, annonça Romanov en levant le menton.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Figurez-vous que ce rocher fait partie de l'ensemble de rochers relais protégeant le site. Comme nous l'a expliqué Martin pendant le déjeuner, ces rochers sont ensorcelés pour former un bouclier protecteur et empêcher les accromentules de pénétrer sur le site. Il s'avère que les sortilèges de ce rocher-ci ont été annulés.
- Pardon ? demanda Hermione.
- Il s'agit bel et bien de sabotage, confirma Maximus. Ce rocher relais n'a plus aucun effet. Le bouclier est totalement désactivé.
- Qui était en charge de la sécurité de ces rochers ? s'interrogea Ginny en observant autour d'elle.
- Andrew Bennedict, répondit Martin d'un air sombre.
- Et bien où est-il ce Bennedict ? Lui avez-vous posé la question de savoir pourquoi le bouclier était désactivé aujourd'hui ?
- Andrew Bennedict est mort.
Hermione et Ginny tournèrent la tête vers Romanov. Elle avait le teint pâle et les yeux baissés vers le sol, comme si elle voulait éviter de croiser leurs regards.
- Il a été tué pendant la bataille de tout à l'heure, ajouta-t-elle sans relever la tête.
Hermione ne répondit rien. Elle ne connaissait pas ce Bennedict mais sa mort semblait opportune pour celui ou celle qui avait saboté le système de protection.
- Je suis sincèrement désolée pour la perte de votre collègue, ajouta Ginny.
- Merci, répondit Martin.
- Je suis désolée de vous demander ça maintenant, intervint Hermione. Avez-vous tenté des sortilèges de vérification autour du rocher ? La magie laisse des traces et nous pouvons peut-être obtenir des informations quant à l'auteur de ce sabotage.
- Nous allons nous en occuper, assura Romanov en lançant un regard appuyé à Maximus. En attendant je vous en prie, laissez-moi vous reconduire à Seattle.
- Je suis d'accord, approuva Hermione. Ginny ?
- Allons-y, si vous n'avez plus besoin de nous ici.
Le lendemain matin, Hermione et Ginny étaient installées dans leur chambre d'hôtel. Ginny sortait de la douche tandis qu'Hermione observait la rue depuis le balcon. Le ciel gris teintait l'atmosphère déjà morose de la ville d'une brume triste et déprimante que les couleurs chatoyantes des devantures des magasins n'arrivaient pas à chasser.
- Qui penses-tu être derrière ce sabotage ? demanda Ginny pour la dixième fois depuis leur retour, en sortant sur le balcon.
Elle était en train de frotter ses cheveux mouillés avec une serviette blanche qu'elle déposa ensuite sur la rambarde pour la faire sécher.
- Je ne sais pas, répondit une dixième fois Hemione. Sûrement quelqu'un qui ne veut pas des Etats-Unis comme organisateurs de la prochaine coupe du monde.
- En effet, ça pourrait être n'importe qui. Mais de là à risquer d'assassiner la Ministre de la Magie de Grande-Bretagne, c'est un peu fort non ?
- C'était peut-être une coïncidence que nous soyons là à ce moment précis.
Ginny lui jeta un regard en biais, visiblement peu encline à adhérer à cette théorie.
- Bon, d'accord, admis Hermione. Ça serait une très grosse coïncidence.
Ginny s'amusa de la réponse d'Hermione et se retourna pour s'adosser à la rambarde pour regarder vers l'intérieur de la chambre.
- Tiens ! s'exclama-t-elle avec le sourire. Pattenrond est là !
Hermione pivota sur ses talons et constata que le chat orange était apparu sur le pas de la baie vitrée.
- Ah ! Te voilà toi ! On se demandait où tu étais passé !
Le chat miaula et vint se glisser entre ses jambes.
- Il devait être caché sous un lit ! remarqua Ginny en se tournant à nouveau vers la rue. Les déménagements successifs ne sont pas très bon pour les chats.
Ce fut au tour d'Hermione de jeter un regard en biais à Ginny pour lui signifier son désaccord.
- Pattenrond déménagerait tous les jours s'il le pouvait, donc je ne pense pas qu'il soit si affecté par un changement de chambre.
- Hermione, regarde !
Ginny pointa du doigt un grand hibou dont la couleur claire se détachait dans le ciel sombre de Seattle. Il volait à basse altitude et semblait ralentir. D'un coup, il plongea vers elles et une seconde plus tard, s'agrippa à la rambarde du barcon. Les deux femmes reculèrent d'un pas pour ne pas risquer de se prendre un coup d'aile et laissèrent l'oiseau atterrir. Il tendit alors une patte à Hermione qui saisit la lettre accrochée par un petit cordon.
- Merci.
L'oiseau n'attendit pas son reste et s'envola aussitôt son devoir accompli, laissant Hermione et Ginny face à la lettre qui semblait bien lourde et épaisse. Hermione la décacheta et en sorti un exemplaire de la gazette du sorcier, ainsi qu'une lettre manuscrite qu'elle se mit à lire à haute voix.
« Hermione,
Je crois que votre voyage ne se passe pas comme prévu. Il semble que vous ayez été suivies depuis votre départ. Je vous envoie l'édition de la Gazette de ce matin. Vous feriez mieux de rentrer.
Harry. »
Hermione releva les yeux vers Ginny qui avait ouvert la gazette et lisait la première page, son teint habituellement rosé ayant perdu toute couleur. Elle retourna le journal pour mettre la première page face à Hermione qui lut avec horreur.
« Désastre à la Coupe du Monde, La Ministre au cœur d'un scandale macabre ».
A suivre...
