JOYEUX NOËL !
J'espère que vous passez de bonne fêtes de fin d'année, quant à moi je vous offre un petit cadeau avec ce chapitre qui change un peu !
Réponse aux Reviews :
MadyLP : Et oui il semble que tu eus raison XD j'ai trop hate de connaître les théories que tu as eu tout au long de la lecture !
brigitte26 : Ah oui, c'est normal, c'est le but ! Hahaha !
Bonne lecture !
Le vent soufflait doucement dans la baie, faisant onduler les joncs à l'image des vagues s'échouant sur le sable. Le soleil descendait derrière les immenses porte-conteneurs stationnés à l'horizon, découpant la silhouette du Mont-Saint-Michel dans le ciel orangé. On pouvait voir les derniers badauds quitter la plage en cette fin d'après-midi d'hiver, alors que sur les terres, des nuages bas et lourds menaçaient de déverser une pluie froide sur les champs et villages. Une jeune femme s'avança sur le sable sec et glacé et entrepris de retirer ses chaussures. Le contact de sa peau nue avec le sable sembla la ravir car elle pencha la tête en arrière et ferma les yeux tout en enfonçant le bout de ses orteils dans le sable. Après quelques secondes, elle fit un pas en avant mais s'arrêta net à quelques centimètres de l'eau car une voix se fit entendre derrière elle.
- Je ne ferais pas ça si j'étais vous !
La jeune femme se retourna doucement et vit une silhouette sombre qui se tenait debout, les bras croisés sur sa poitrine, postée un peu plus haut sur la plage.
- Pourquoi ? demanda la jeune femme d'un air méfiant.
- L'eau est glacée à cette période de l'année, répondit la silhouette. Vous risquez des engelures.
- Mêlez-vous de vos affaires et laissez-moi tranquille, cracha-t-elle d'un ton sec en se retournant vers la mer.
- Comme vous voudrez, finit par céder la silhouette. Du moins utilisez un sort anti-froid, ça sera plus agréable.
La jeune femme pivota sur elle-même d'un geste vif et fit face à la personne qui se tenait toujours devant elle.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle d'un ton méfiant en posant sa main sur sa poche où était cachée sa baguette.
- Je ne vous veux pas de mal, répondit la silhouette. Juste vous éviter de vous en faire.
- Ce n'était pas ma question.
- Je m'appelle Invidia. Je suis une sorcière comme vous.
- Comment savez-vous que j'en suis une ?
- Vous n'êtes pas très discrète, répondit Invidia avec un petit sourire.
Maintenant qu'elle s'était un peu approchée, la jeune femme pouvait voir plus précisément le visage de son interlocutrice. Il était fin, aux traits doux, encadré par des cheveux courts joliment coiffés.
- Et vous ? ajouta Invidia en faisant un pas de plus vers la jeune femme. Comment vous appelez vous ?
- Ginny, répondit-elle en tendant la main en avant.
Invidia la saisi avec une forte poigne et la serra avec vigueur.
- Enchantée !
- Moi de même, répondit Ginny. Qu'entendez-vous par « je ne suis pas très discrète » ?
Invidia lui lança un regard en biais, accompagné d'un petit sourire malicieux.
- Je vous ai vue ce matin à l'auberge, sur le Mont. Vous avez réchauffé votre café avec votre baguette.
Ginny observa le visage d'Invidia avec insistance et en particulier son sourire.
- Qu'y a-t-il ? demanda l'intéressée face à l'air curieux de Ginny.
- Pardon, c'est malpoli de ma part. Mais vous me rappelez quelqu'un.
- Ah bon ? s'étonna Invidia visiblement très intriguée. Qui ça ?
- Quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps, répondit Ginny pour clore le sujet. Je vais rentrer. Merci de m'avoir prévenue pour l'eau froide et pour mon manque de discrétion, je ferai plus attention la prochaine fois.
- Oh n'en faites rien, s'amusa Invidia. Vous risquerez de passer à côté d'une belle rencontre.
Ginny la regarda avec amusement, puis se baissa pour ramasser ses chaussures laissées sur le sable. Lorsqu'elle se redressa, elle constata avec effarement qu'elle était seule sur la plage. Invidia avait disparu. Elle réfléchit alors quelques instants, et se retourna à nouveau vers la mer. La marée commençait à descendre et il était connu dans les environs que l'eau se retirait très vite dans la baie. Ignorant les conseils de l'inconnue, elle reposa ses chaussures sur le sol et fit quelques pas en avant pour mettre les pieds dans l'eau. Invidia n'avait pas menti. L'eau était effectivement glaciale. Si froide que Ginny eut l'impression qu'on lui piquait les pieds avec des centaines d'aiguilles. Mais très rapidement, elle ne les sentit plus et le froid fit place à une sensation d'engourdissement qui lui remonta jusqu'à mi mollet. Elle aurait pu utiliser un sortilège pour se protéger mais elle préférait ressentir toutes les sensations que lui procurait cette eau presque gelée. Se concentrer sur ses pieds lui permettait enfin de ne plus penser à tout le reste. A toutes ces erreurs qu'elle avait pu faire, à cette vie solitaire et triste qui l'attendait, à la tristesse ressentie chaque jour depuis son départ et à cette absence qui lui trouait le cœur. Ginny ferma les yeux et visualisa la sensation de froid disparue au profit d'une douleur lancinante qui remontait doucement jusqu'à ses genoux. Elle s'avança un peu plus dans l'eau pour que la douleur progresse plus vite et bientôt, sans s'en rendre compte, elle avait de l'eau jusqu'à la poitrine. Lorsque la mer lui recouvrit les épaules, elle eut l'impression désagréable, mais attendue, qu'une main de glace lui avait saisi le cœur et le compressait entre ses doigts. La marée continuait de descendre et Ginny devait sans cesse avancer pour ne pas se retrouver en dehors de l'eau. Mais en entendant un cri lointain, elle finit par ouvrir les yeux pour voir ce qu'il se passait.
Au loin, restée sur la plage, Invidia hurlait dans sa direction en agitant ses bras au-dessus d'elle, mais le son de sa voix ne parvenait pas à Ginny, recouvert par le sifflement du vent.
- Oh laisse-moi tranquille, marmonna Ginny en détournant le regard.
Mais au moment où elle voulut faire un pas de plus pour se recouvrir à nouveau les épaules d'eau, elle sentit son pied faire comme un effet de ventouse avec le sable. Par reflexe, elle chercha à avancer l'autre pied qui était lui aussi prisonnier du sable et bascula en avant. Un instant plus tard, elle se retrouva plongée tête la première dans l'eau sans pouvoir se retenir à l'aide de ses bras retenus par la puissance du courant. Elle prit alors une grande inspiration, ferma les yeux et s'abandonna à sa chute.
Lorsqu'elle ouvrit de nouveau les yeux quelques instants plus tard, elle constata qu'elle était étendue sur le sable sec de la plage, le vent jouant doucement avec ses cheveux trempés.
- Vous êtes folle ?!
En tournant le regard sur la droite, Ginny constata que Invidia était accroupie à ses côtés et agitait sa baguette dans des mouvements compliqués.
- Qu'est-ce que vous faites ? toussa-t-elle en évacuant le reste d'eau qu'elle avait dans les poumons.
- Je vous sèche ! s'énerva Invidia en continua ses sortilèges. Il ne manquerait plus que vous ne choppiez un rhume !
- Laissez-moi tranquille… marmonna Ginny en balayant les mots d'Invidia d'un geste de la main.
- Désolée mais ce n'est pas possible. Allez, je vais vous aider à vous relever. Il faut que nous allions dans un endroit chaud.
- JE NE VEUX PAS DE VOTRE AIDE ! hurla alors Ginny en se redressant en position assise. LAISSEZ-MOI !
Invidia recula d'un bond en affichant une expression d'effroi, sa baguette tendue en position de défense.
- Pardon… s'excusa immédiatement Ginny en se prenant la tête dans les mains. Je… je suis désolée je ne voulais pas vous hurler dessus.
- Ce n'est rien… Vous avez raison je vais vous laisser, admit-elle en se levant pour quitter la plage.
- Non attendez ! l'interpela Ginny en lui attrapant le bras. Vous aviez parlé d'un endroit chaud ?
Invidia la sonda du regard et ne put résister à l'air implorant de Ginny. Son expression se transforma lorsqu'elle sourit de nouveau et se pencha pour l'aider à se lever.
Vingt minutes plus tard, les deux femmes se retrouvèrent dans l'une des nombreuses auberges qui peuplaient la baie du Mont-Saint Michel. Assises près d'une cheminée dans laquelle ronflait un puissant feu, elles sirotaient un thé bien chaud en échangeant des regards étranges.
- Vous ne semblez pas être française au vue de votre accent, fit remarquer Invidia en reposant sa tasse. Vous venez d'où ?
- De Londres, répondit Ginny. Et vous alors ? Vous n'allez pas me dire que vous êtes du coin.
- Non effectivement, je suis en vacances en fait. Je viens également d'Angleterre.
- C'est amusant que vous soyez tombée sur une sorcière anglaise en pleine France moldue.
- Oui ! comme vous le dites. Et vous ? Vous êtes aussi en vacances ?
- Non, répondit Ginny en baissant les yeux vers sa tasse. Je viens m'installer ici.
- Oh… cela n'a pas l'air d'être une bonne nouvelle au vue de votre air.
- Vous êtes toujours aussi intrusive dans vos questions ? lâcha-t-elle en relevant vivement la tête. Non parce que je préfère vous prévenir que si c'est le cas, je vais partir.
- Vous n'aimez pas les questions ? demanda Invidia en ignorant totalement la principale information de l'avertissement de Ginny.
- Qui êtes-vous ? répéta alors Ginny en plissant les yeux. Pourquoi j'ai l'impression que vous n'êtes pas tombée sur la seule sorcière anglaise à la ronde par hasard ?
- Je vous l'ai déjà dit, je m'appelle Invidia et je suis ici en vacances.
- Invidia comment ? persista Ginny.
- Invidia Embit.
Les couleurs réapparues sur le visage de Ginny depuis qu'elle s'était installée près du feu disparurent instantanément malgré la chaleur ambiante. Elle observa Embit qui affichait un petit sourire satisfait, visiblement très contente de l'effet produit par l'annonce de son nom de famille.
- Mon nom vous dit quelque chose ? demanda-t-elle alors en portant son thé à ses lèvres.
- Oui effectivement, finit par répondre Ginny après quelques secondes de silence. On m'a parlé de vous.
- En bien j'espère ! s'exclama Embit dans un éclat de rire.
- Pas vraiment non…
Embit fit mine de faire la moue et sa posture jusqu'alors imposante s'affaissa sur elle-même.
- Oh… vous m'en voyez désolée. Quelles méchancetés vous a-t-on raconté sur moi ?
- On n'a pas eu besoin de me raconter quoi que ce soit, lâcha Ginny en se levant, manquant de faire tomber sa chaise à la renverse. J'ai lu les articles que vous publiez dans votre torchon.
- Vous mentez Miss Weasley, votre ex vous a suffisamment rencardé sur moi pour que vous ayez une opinion arrêtée bien avant de lire mes articles.
Ginny ouvrit de grands yeux ronds mais ne répondit pas. Visiblement Embit avait eu vent de sa conversation avec Harry à Noël. Comment était-ce possible ? Le moment n'était pas idéal pour réfléchir à la question, alors elle jeta une pièce d'argent moldu sur la table, attrapa son manteau posé sur le dossier de sa chaise et s'inclina doucement.
- Au revoir Madame, j'espère ne plus vous revoir.
- Oh mais je vous assure que vous me reverrez ! s'amusa Embit en la voyant s'éloigner vers la porte d'entrée.
En refermant la porte de l'auberge derrière elle, Ginny se demanda si elle ne devait pas rentrer immédiatement en Angleterre prévenir Harry. Même si l'idée lui parut bonne sur le moment, elle se ravisa et décida de rentrer chez elle pour réfléchir. Elle trouva un coin discret entre deux haies et après s'être assurée que personne ne pouvait la voir, elle transplanna jusque dans son hall d'entrée.
A son arrivée en France dans les jours qui ont suivi Noël, Ginny s'était mise en quête d'un pied à terre qui lui permettrait de commencer une nouvelle vie. Elle avait, non sans quelques difficultés, fini par trouver une petite maison en bord de mer, près de la ville de Caen, en Normandie. Cette ville de taille moyenne avait l'avantage non négligeable de compter une petite communauté magique et une excellente équipe de Quidditch. Elle avait donc postulé en tant que coach assistante et après avoir rencontré la directrice du club qui l'avait immédiatement reconnue, avait été engagée. Sa vie semblait bien partie pour prendre un nouveau départ mais c'était sans compter sur ses pensées qui revenaient sans cesse à l'Angleterre et à ce que lui avait avoué Harry à Noël.
« Je sais qu'il s'est passé quelque chose entre vous lorsque vous étiez toutes les deux aux Etats-Unis, mais je pense que c'était une mauvaise idée. Hermione est prise entre mille feux en ce moment, entre Embit qui ne la lâche pas d'une semelle, Ron avec qui elle espère peut-être recoller les morceaux, sa collègue Dolosa qui lui tourne autour et le travail… Tu ne crois pas qu'elle pourrait se passer d'une complication supplémentaire ? »
Les mots de Harry raisonnaient en elle comme une cloche pour lui rappeler à quel point elle avait eu tort de ne pas s'écouter. Oui, elle avait fait une erreur, et non elle n'aurait pas dû coucher avec Hermione et se torturer davantage. Mais ce que tout le monde ignorait, tout simplement car Ginny n'en n'avait jamais parlé à personne, c'est que la raison pour laquelle elle était incapable de garder la moindre petite amie plus de quelques semaines, c'était qu'elle était définitivement et éperdument amoureuse d'Hermione, et ce depuis des années. Et que la seule et unique personne avec qui elle voulait finir sa vie, c'était elle.
- Pourquoi tu es partie alors ? se demanda-t-elle à haute voix en lançant son manteau sur le crochet mural.
La question se posait bel et bien. Mais les mots de Harry lui apportèrent une nouvelle fois la réponse. Car Hermione ne voulait pas d'elle, et qu'elle avait tant d'autres préoccupations bien plus importante qu'une petite sauterie entre copines pour se prendre la tête avec un amour non réciproque. Voilà pourquoi elle était partie. Pour oublier Hermione, et rencontrer quelqu'un de bien ici, quitte à revenir plus tard, quand tout serait fini.
Elle s'avachit sur le canapé de son salon et fit léviter jusqu'à elle une tasse qu'elle remplit d'eau et qu'elle chauffa à l'aide de sa baguette.
- Rien de tel qu'un thé pour se réchauffer le cœur n'est-ce pas ? tenta-t-elle une nouvelle fois de se convaincre en s'allongeant de tout son long sur le canapé.
En fixant le plafond, Ginny repensa à Embit. Comment cette harpie avait-elle fait pour la retrouver et surtout, pour avoir connaissance de son échange avec Harry à Noël ? Selon ce que lui avait dit ce dernier, elle devait avoir un espion qui travaillait pour elle, mais de là à s'introduire au Terrier pour écouter toutes les conversations ? C'était vraiment peu probable… Harry devait tout de même être mis au courant de la présence d'Embit en France, alors au prix d'un effort presque insurmontable, Ginny se redressa, agita sa baguette et prononça dans sa tête le sortilège d'attraction. Une seconde plus tard, une plume, un parchemin et un pot d'encre noire vinrent se poser délicatement sur la table du salon. Ginny se mit alors à l'ouvrage et entreprit de rédiger sa lettre, mais au moment où la pointe de la plume allait toucher le parchemin, trois petits coups secs retentirent à la fenêtre. Ginny leva les yeux et vit une belle chouette brune lui faire de petits signes de tête. Elle reconnut immédiatement la chouette de Harry et se leva pour aller lui ouvrir.
- Viviane ! s'exclama-t-elle en tendant le bras pour que la chouette se repose dessus. Qu'est-ce que tu m'amènes ?
Elle détacha la lettre accrochée à la patte de la chouette et lui donna un petit bol avec de l'eau et des graines.
- Repose toi un peu avant de repartir, tu dois être exténuée.
Ginny attendit que la chouette se pose sur le bord de la fenêtre et mange un peu avant de reporter son attention sur la lettre. Elle reconnut immédiatement l'écriture de Harry et s'empressa de décacheter l'enveloppe pour en découvrir le contenu.
« Ginny,
J'espère que tu vas bien.
Je t'écris pour te prévenir que la femme dont je t'ai parlé à Noël, Embit, celle qui a une dent contre Hermione, elle a quitté l'Angleterre pour la France. Alors si tu la croises, sait-on jamais, fait bien attention à toi, elle n'est pas du tout digne de confiance.
On a découvert qu'elle utilise des artefact moldus pour obtenir des informations confidentielles sur Hermione. Je ne sais pas encore ce qu'elle est partie faire en France, mais cela ne présage rien de bon.
Tiens-moi au courant immédiatement si tu la vois, ou si elle entre en contact avec toi.
Bises,
Harry »
Ginny tendit la lettre devant elle et pointa sa baguette sur le parchemin et prononça la formule : « incendio ». Immédiatement, la lettre s'enflamma et tomba sur le sol pour ne laisser bientôt qu'un petit tas de cendres noires.
- Voilà, commenta Ginny. Comme ça, Embit ne pourra pas en connaître le contenu.
Elle se retourna pour foncer vers la table où était restée sa lettre vierge et commença à écrire.
« Harry,
Tu as un magicobus de retard. Embit est déjà ici et m'a déjà rendu visite. Visiblement, elle a eu vent de notre petite conversation à Noël. Il est donc préférable de brûler les lettres que nous nous échangeons. Je m'occupe de Embit, et toi, de ton côté, assure toi qu'Hermione ne court aucun danger.
Bises,
Ginny. »
Elle referma la lettre et la cacheta à l'aide d'un sceau de cire, puis la tendit à Viviane qui s'en empara avant de s'envoler vers son destinataire. Ginny referma la fenêtre derrière la chouette et retourna s'assoir dans son canapé pour réfléchir à la suite des évènements. Il lui fallait un plan d'attaque. Savoir ce que Embit mijotait était la plus absolue des priorités, mais malheureusement, elle ne savait pas où la trouver. Elle pensa alors à une femme qu'elle avait rencontré à Caen lors d'une tournée des bars qu'elle avait fait quelques jours après son arrivée en France (rien de tel pour découvrir une ville). Comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui.
- Violette Loh ! s'exclama Ginny en remerciant sa mémoire.
La dernière fois qu'elles s'étaient vues, Violette lui avait avoué tout savoir sur tout le monde dans leur communauté magique et même au dehors. Si quelqu'un avait eu vent de la venue de Embit en France, c'était bien elle. Ginny attrapa son manteau et fila hors de son appartement pour transplanner. Elle arriva quelques secondes plus tard dans une ruelle déserte entre une poubelle et un bac à compost. L'odeur nauséabonde lui monta immédiatement aux narines, la faisant fuir la ruelle à toutes jambes. Arrivées dans une rue perpendiculaire, elle prit le chemin du bar où elle avait rencontré Violette, le Gini's bar. Elle s'en souvenait particulièrement bien au vue du nom de l'établissement. Une fois arrivée à l'entrée, elle scruta la salle à la recherche d'une femme grande aux cheveux longs et noirs. Ne trouvant pas la femme qu'elle cherchait, elle fit demi-tour mais son regard s'arrêta sur une masse de cheveux ondulés qui dépassaient de derrière un pan de mur. Elle fit donc deux pas de plus en avant et la reconnu immédiatement. Violette était assise à une table avec deux autres femmes, à discuter joyeusement.
- Salut, lança Ginny après s'être approchée.
- Ginny ! s'exclama Violette en affichant un large sourire. Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'ai besoin de te parler, répondit Ginny en allant droit au but. Je cherche quelqu'un.
Les deux femmes assises à la table échangèrent un regard mais ne pipèrent mot.
- Bien sûr ! répondit Violette avec enthousiasme. Tu sais que je suis la personne qu'il faut pour ce genre de quête. Assied toi je t'en prie !
Elle lui montra un tabouret d'un signe de la main, laissant l'occasion à Ginny de s'assoir.
- Ah, je ne t'ai pas présentée. Voici Elsa, et Mady ! Deux excellentes amies à moi.
- Enchantée, répondit Ginny avec un petit hochement de tête.
- Nous de même ! répondirent les deux femmes d'une même voix.
- Alors ? demanda Violette en se tournant de nouveau vers Ginny. Qui est-ce donc que tu recherches ?
- Une femme, une anglaise, arrivée il y a peu dans la région. Elle s'appelle Invidia Embit.
- Embit tu dis ? répéta Violette en réfléchissant. Dis comme ça, ça ne me dit rien. Les filles, ça vous parle ?
- J'ai rencontré une Invidia il y a trois ou quatre jours à Vire, répondit Mady en buvant une gorgée de cidre. Elle avait un fort accent anglais, donc ça me semble correspondre.
- A Vire ? demanda Ginny. Où est-ce ?
- Pas très loin d'ici, intervint Violette. Et tu l'as rencontrée comment ?
- Par hasard. Je ne sais plus trop comment elle a compris que j'étais une sorcière et est venue me parler. Elle m'a dit qu'elle était journaliste et qu'elle rédigeait un papier sur le Quidditch européen. Je crois qu'elle cherchait à connaître les clubs du coin. Je lui ai dit que le meilleur club de la région c'était celui de Caen bien sûr, et il me semble que ça s'est arrêté là.
- Elle serait en toute logique venue ici, remarqua Violette.
- C'est comme ça qu'elle m'a trouvée, murmura Ginny pour elle-même.
- Quoi ? demanda Violette en penchant la tête vers elle.
- Elle est venue me trouver en fin d'après-midi dans la baie du Mont-Saint-Michel. Je me demandais comment elle m'avait trouvée, mais voilà. Elle a dû venir au club de Caen. Sachant que c'était le meilleur de la région, il y avait de grande chances que j'y sois. Et on a dû lui dire que j'étais partie quelques jours au Mont-Saint-Michel.
Les trois femmes échangèrent des regards mêlant interrogation et intérêt.
- Pourquoi tu la cherches cette Embit ? demanda Elsa en penchant la tête sur le côté.
- Disons que j'ai quelques questions à lui poser.
Elsa fronça les sourcils face à cette réponse qui posait plus de questions qu'elle n'en répondait, mais n'ajouta rien de plus.
- Merci beaucoup, dit alors Ginny en se levant. Vous m'avez beaucoup aidée.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda Violette en levant les yeux vers elle.
- Chercher où elle se cache, la trouver et l'obliger à répondre à mes questions.
A suivre...
Je pars en vacances une semaine donc pas de nouveau chapitre d'ici fin de semaine prochaine (au moins) !
Bonne année à toutes et tous !
