Bonne année ! Bonne santé, mais pas des pieds. OK je sors.

Avant de lire ce bel et intense chapitre (OMG plus de 4000 mots), voici les réponses aux review :

brigitte26 : Hé oui, mais l'amour nous fait parfois faire n'importe quoi ! Nous aurons l'occasion de le voir dans ce chapitre !

MadyLP : C'est booooon je suis rentrée de vacances et me revoilà avec un chapitre des plus fournis !

Bonne lecture !


Le lendemain à l'aube, Ginny fonça au club de Quidditch de Caen et se dirigea vers les bâtiments administratifs. Si quelqu'un avait vu Embit et pouvait la renseigner sur elle, c'était bien là-bas. Elle passa devant une vitrine de prêt à porter et tourna à droite dans une ruelle étroite. Arrivée devant une porte délabrée, elle tapota discrètement du bout de sa baguette sur une planche en bois qui pendait lamentablement au bout d'un clou rouillé, et recula d'un pas. La planche se souleva alors doucement et se remit en place, bien droite et soudainement brillante et dorée, comme du bois neuf. Bientôt, Ginny se retrouva face à une porte en bois massif, décorée de deux grands balais croisés en son centre. Elle s'avança d'un pas vif et traversa la porte qui reprit immédiatement après son aspect moisi et repoussant. Arrivée dans le hall, elle passa en trombe devant le présentoir et ne prêta nulle attention aux décorations ouvragées qui encadraient la sorcière qui se trouvait derrière.

- Bonjour Ginny ! lança-t-elle avec un petit signe de la main. Comment vas-tu auj…

Mais elle s'interrompit dans son salut quand elle constata qu'elle parlait maintenant à son reflet dans la vitre qui lui faisait face de l'autre côté du hall. Ginny était déjà arrivée au niveau des escaliers qui montaient dans les étages et les grimpaient quatre à quatre. Une fois le deuxième étage atteint, elle tourna vers la droite et entra sans frapper dans un petit bureau lumineux, mais encombrés d'une multitude de piles de papiers, laissant peu de place pour circuler.

- Carl ! lança-t-elle en pivotant sa tête à droite et à gauche. Où es-tu ? J'ai besoin de toi !

Une tête brune apparu alors soudainement derrière une pile de papier, au fond du bureau.

- Oui ? répondit Carl avec un grand sourire. De quoi as-tu besoin aujourd'hui ? Si c'est d'un nouveau balai, je suis désolé mais pour tout balais supplémentaire il faut faire une demande à la prési…

- Je n'ai pas besoin d'un balai, s'agaça Ginny d'un geste de la main. J'ai besoin d'une information.

- Je t'écoute, dit alors Carl en se relevant et en contournant la pile de papier pour faire face à Ginny.

- Il y a deux ou trois jours, commença-t-elle, une femme est venue au club pour demander des informations sur moi. Notamment pour savoir où me trouver. Est-ce que ça te parle ?

Carl sembla réfléchir. Il leva sa main vers son menton et entrepris de lisser sa barbe broussailleuse.

- Alors ? insista Ginny sans chercher à dissimuler son impatience.

- Oui ça me dit quelque chose, finit-il par admettre en reposant ses yeux noirs sur elle. J'ai entendu Evguinia évoquer une femme très belle qui te cherchait, mais j'ai surtout cru comprendre qu'elle te soupçonnait d'avoir fait une conquête.

- Je m'en fiche de savoir ce que pense Evguinia. Sais-tu par hasard où je peux la trouver ?

- Evguinia ? s'étonna Carl. Et bien au stade bien sûr ! C'est jour d'entretien de la pelouse.

- Merci !

Ginny quitta alors le bureau en trombe, manquant de faire tomber une pile de papier qui vacilla dangereusement à son passage. Elle descendit les escaliers, traversa le hall mais ne retourna pas dans la ruelle. A la place, elle traversa une arche ovale dans laquelle semblait flotter un liquide visqueux, et se retrouva bientôt en pleine campagne. « C'est quand même sacrément pratique ces arches de transport » se dit-elle en se recoiffant. Le stade de Quidditch du club de Caen lui faisait face, entouré par ses immenses gradins aux couleur du club : rouge et noir. Elle s'avança d'un pas décidé vers l'entrée du stade et se retrouva bientôt sur le terrain qu'elle balaya des yeux à la recherche d'Evguinia. Elle la trouva en train de faire de grands geste compliqués avec sa baguette en direction de la pelouse qui retrouvait un vert pétant sous les sortilèges. Les trous formés dans l'herbe suite à la chute de joueurs lors des précédents matchs ou entrainement se résorbèrent sous les coups de baguette et bientôt, toute la zone retrouva l'éclat d'une pelouse toute neuve.

- EVGUINIA ! lança Ginny d'une voix forte pour que sa collègue l'entende.

Celle-ci se retourna d'un geste vif et lui fit un geste de la main pour la saluer. Ginny s'avança alors jusqu'à elle pour ne pas avoir à crier davantage.

- Salut Ginny ! Tu vas bien ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai une question à te poser, répondit-elle sans autre forme d'introduction. Il parait que tu as vu une femme qui me cherchait il y a quelques jours.

Evguinia s'arrêta dans son geste et afficha un large sourire malicieux.

- Oui, c'est exact, confirma-t-elle en se tournant pour faire face à Ginny.

- Ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas du tout ce que tu crois. Est-ce que par hasard elle t'aurait dit où je pouvais la trouver ?

- Ce n'est pas ce que je crois, répliqua Evguinia sans arrêter de sourire. Mais ça y ressemble vraiment.

- Evguinia, insista Ginny. Je n'ai pas le temps.

- Bon d'accord, abdiqua-t-elle. Oui elle m'a dit qu'elle logeait à l'hôtel du hibou blanc.

- Merci, répondit Ginny en tournant les talons.

- De rien !

Ginny quitta le stade en trombe avec un objectif précis : trouver Embit et la confronter. Elle se rendit donc à l'hôtel du hibou blanc, qui était l'étape de référence pour toute sorcière de passage dans la région. Tout comme le chaudron baveur, cet endroit fréquenté uniquement par les sorciers était situé en plein cœur de Caen, mais dissimulé aux moldus par des sortilèges puissants. Arrivée dans le hall d'entrée, ressemblant à une auberge moldue du moyen age, Ginny se rendit directement au comptoir d'accueil où un standardiste attendait que le temps passe en lisant le journal sorcier local.

- Bonjour, s'annonça Ginny en passant la tête par-dessus le comptoir.

- Bonjour ! répondit le standardiste en levant la tête. Que puis-je faire pour vous ?

- Je cherche quelqu'un. Avez-vous une cliente répondant au nom de Embit ?

- Oui effectivement, confirma le standardiste. Mais …

- Je vous avait dit qu'on se reverrait Miss Weasley, fit alors une voix derrière Ginny.

Celle-ci se retourna d'un bond et fronça les sourcils en voyant Embit lui faire face, les bras croisés devant elle, affichant un air de satisfaction non dissimulé sur le visage.

- Et bien voilà, murmura Ginny.

- Vous vouliez me voir ? demanda innocemment Embit, ce qui eut le don d'énerver un peu plus Ginny.

- Absolument, où pouvons-nous aller discuter ?

- Dans ma chambre, nous y serons au calme.

Ginny acquiesça d'un hochement de tête et suivit Embit qui la guida à travers l'hôtel jusqu'à sa chambre. Elles y entrèrent sans un mot et s'installèrent autour d'une petite table basse pourvue de deux fauteuils en cuir à l'aspect défoncé et vieilli.

- Alors, commença Embit toujours souriante. Je vous écoute.

- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Ginny sans tourner autour du pot.

- Moi ? Mais rien voyons ! C'est vous qui venez me trouver ici pour me parler, alors la question serait plutôt de savoir ce que vous voulez !

- Cela fait plusieurs mois que vous vous en prenez à Hermione Granger, qui visiblement ne vous a jamais rien fait. Vous êtes extrêmement bien renseignée sur des faits et informations qui ne vous regardent absolument pas, et vous venez me trouver en France suite à mon départ pour m'informer de votre présence ici. Ne me faites pas croire que vous n'avez pas de but derrière tout ça.

Embit bascula la tête en arrière en éclatant d'un rire sans joie. Elle fit mine de s'essuyer les yeux en reprenant son souffle sous le regard exaspéré de Ginny.

- Miss Weasley, susurra-t-elle après quelques secondes de silence. Vous n'allez pas me faire croire qu'après tout ce qu'elle vous a fait, vous en avez encore quelque chose à faire de Mrs Granger ?

- Ce qu'elle m'a fait ? s'interrogea Ginny à haute voix.

- Accio ordinateur, lança Embit en pointant sa baguette vers un sac qui se trouvait près du lit.

Un objet rectangulaire sorti alors du sac pour venir se poser sur les genoux de Embit qui, à la vue de l'air interrogateur de Ginny, comprit immédiatement qu'elle n'en avait jamais vu de sa vie.

- Vous ne semblez pas savoir ce que c'est, commenta Embit. Laissez-moi vous montrer. Il s'agit d'un appareil moldu dont ils se servent pour plein de chose.

- Quel est le rapport avec ce qui nous intéresse ici ? s'emporta Ginny de plus en plus impatiente face à l'attitude désinvolte de Embit.

- Patience ma jeune amie, patience. Regardez, ça s'utilise comme ça.

Elle ouvrit l'ordinateur et appuya sur un bouton. L'écran s'alluma et afficha une image qui ressemblait à une chambre vue de dessus.

- Je ne suis pas votre jeune amie ! s'exaspéra Ginny. Expliquez-vous car je commence à ne plus avoir beaucoup de patience en stock, et je peux vous garantir que vous n'avez pas envie que j'arrive à épuisement.

- Regardez l'écran Miss Weasley, et vous comprendrez.

Elle plaça l'ordinateur sur la table basse et l'orienta pour que Ginny puisse observer l'image affichée, puis appuya sur un autre bouton. L'image jusqu'alors immobile se mit finalement à grésiller. Ginny pouvait voir un lit au centre de l'image, et en haut à droite de celle-ci, une date et une heure. 25/12 – 00h32. Soudain, elle vit une femme rentrer dans la chambre par la droite de l'image et s'installer sur le lit pour faire face à ce que Ginny supposa être l'entrée de la chambre. Elle reconnut la femme comme étant Dolosa, la collègue d'Hermione. Elle se demanda bien pourquoi Embit lui montrait ces images mais une seconde plus tard, Dolosa fut rejointe par une autre femme. Ginny eut un haut le cœur en la reconnaissant. Sous ses yeux écarquillé, Dolosa et Hermione s'adonnaient à un plaisir non dissimulé et sonore. Ginny releva la tête vers Embit qui ne semblait pas bouder son plaisir.

- Eteignez moi ça ! lança Ginny en refermant l'ordinateur d'un geste brusque.

Mais la vidéo continuait de tourner et les gémissements des deux femmes se faisaient toujours entendre, mettant Ginny de plus en plus mal à l'aise. Embit se décida finalement à mettre fin au calvaire de Ginny en appuyant sur un bouton positionné sur le côté de l'ordinateur, ce qui eut pour effet immédiat de stopper les bruits qui en émanaient.

- Pourquoi vous me montrez ça ? s'indigna Ginny. Qu'est ce qui ne va pas chez vous ?

- Vous me demandiez ce que Mrs Granger vous avait fait ? Et bien je vous ai donné la réponse.

Ginny se leva d'un bond et se dirigea vers la porte de la chambre d'un pas vif.

- Comment prenez-vous le fait que Mrs Granger qui se dit trop occupée pour entretenir une relation stable avec vous, trouve le temps de coucher régulièrement avec sa collègue de bureau ? lança Embit avant que Ginny n'ait pu quitter la pièce.

Celle-ci s'arrêta net en entendant les mots prononcés par Embit et se rappela pourquoi elle était venue jusqu'ici. Découvrir ce qu'Embit mijotait. Elle se retourna donc doucement et leva un sourcil.

- Et vous Mrs Embit, demanda-t-elle ne s'avançant vers elle. Comment prenez-vous le fait que malgré tous vos stratagèmes pour détruire Hermione Granger, tout ce que vous avez réussi à faire c'est de la rendre heureuse avec une femme ?

- Oh mais détrompez-vous, s'amusa Embit en riant à nouveau. Hermione Granger ne sera pas heureuse très longtemps. Et puis, ce n'est pas la seule chose que j'ai réussi à accomplir.

- Eclairez moi dans ce cas, car vraiment, en y réfléchissant, je ne vois rien d'autre.

- Vous devriez penser un peu plus à vous, répondit Embit en se levant à son tour. Regardez l'état dans lequel vous êtes.

Elle s'avança d'un pas vers Ginny.

- Vous êtes loin de votre famille.

Elle fit un pas de plus.

- Vous êtes loin de vos amis.

Encore un pas.

- Et vous avez perdu l'amour de votre vie au profit d'une femme qui saura effectivement rendre Mrs Granger bien plus heureuse que vous ne le pourrez jamais.

Ginny ne répondit pas. Elle s'écarta d'Embit qui était à présent à quelques centimètres de son visage et se dirigea vers la porte de la chambre.

- Revenez me voir quand vous voulez Miss Weasley, lança Embit dans son dos alors qu'elle refermait la porte derrière elle.

Une fois de retour dans la rue, Ginny partit à la recherche d'un endroit discret. Elle parcourut les rues du centre de Caen pour finir après une dizaine de minute par tomber sur une ruelle étroite en cul de sac. Elle s'y glissa en vérifiant qu'elle n'était pas suivie et une fois dissimulée par un sortilège de désillusion, elle prononça la formule à voix basse « expecto patronum ». Un élégant cheval argenté apparu alors devant elle et se transforma presque immédiatement en une boule lumineuse, puis disparu. Une fois son patronus parti, Ginny pivota sur elle-même, et dans un claquement sec, disparu à son tour.

Une fois rentrée chez elle, elle fila directement dans sa chambre et sorti une grande valise de sous son lit, qu'elle remplit de vêtements pris au hasard dans la penderie. Vingt minutes plus tard, elle se tenait devant la porte, prête à ressortir. Mais Ginny ne quitta pas son appartement, attendant un signal qui se manifesta quelques secondes plus tard. Un grand cerf argenté pénétra dans l'entrée en traversant la porte et se mit à parler avec la voix de Harry.

« Message reçu, j'ai prévenu Hermione, j'attends sa réponse. Tiens-moi au courant. »

Ginny ouvrit la porte de sa maison qui donnait sur la mer, sortit sur le perron et referma derrière elle. Elle huma une dernière fois l'air marin qui lui emplit les poumons et soupira lourdement. « Je n'ai jamais aimé la mer de toute façon… » lâcha-t-elle à voix haute avant de transplanner vers la gare de Caen. Arrivée à destination, elle s'éclipsa dans un endroit discret pour envoyer un nouveau patronus à Harry et le prévenir de son départ en train pour Londres, et surtout, qu'il ne lui réponde plus avant son arrivée. Elle l'informa qu'il était prévu qu'elle rejoigne Londres le soir même, avec une heure d'arrivée à St Pancras prévue pour 20h05. Une fois les informations transmises, elle se dirigea vers son train et s'installa à bord. Le désavantage principal de ne plus travailler pour le ministère était de ne plus pouvoir profiter des privilèges comme l'accès immédiat et illimité à des portoloins très longue distance. Elle se retrouvait donc à devoir prendre le train. Le voyage ne s'annonçait pas de tout repos. Elle allait d'abord devoir se rendre à Paris pour récupérer le train pour Londres. Et comme prévu, ce n'est que le soir venu qu'elle arriva à la gare de Saint Pancras, bondée comme d'ordinaire. Ginny descendit du train et se fraya un chemin à travers les badauds venus accueillir leurs proches fraichement arrivés de France.

- Ginny ! lança une voix masculine dans la foule alors qu'elle se dirigeait vers la sortie de la gare.

- Harry ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- On a un problème ! Hermione a disparu !

- QUOI ?! s'exclama Ginny en lâchant sa valise qui manqua de s'exploser au sol.

Harry se baissa pour la ramasser et jeta un coup d'œil autour de lui comme pour s'assurer que personne de suspect ne les observait.

- Je ne peux pas te parler ici, c'est trop dangereux. Viens avec moi !

- Mais Harry enfin ! s'indigna-t-elle. Tu ne peux pas me dire qu'Hermione a disparu et ensuite que tu ne peux rien me dire !

- Et bien active toi ! On va au ministère !

Il cala la valise sous son bras et fonça d'un pas volontaire vers la sortie de la gare, suivit de près par Ginny dont les pensées se bousculaient dans sa tête. Etait-ce de sa faute si Hermione avait disparu ? Etait-elle en danger ? Une fois arrivée dans une ruelle insalubre, Harry attrapa le bras de Ginny et sans lui demander si elle était prête, il pivota sur lui-même et les entraina dans les ténèbres. Quelques secondes plus tard, la pression exercée sur la poitrine de Ginny se relâcha et elle put enfin de nouveau respirer. Elle se sentit atterrir sur un sol dur et en ouvrant les yeux, elle constata qu'elle était dans le hall du ministère de la magie, désert à cette heure.

- Où va-t-on ? demanda-t-elle à Harry qui se dirigeait déjà vers les ascenseurs.

- Dans mon bureau, Malefoy nous y attend.

- Depuis quand sais-tu qu'elle a disparu ? s'inquiéta Ginny en montant à la suite de Harry dans l'un des ascenseurs dorés qui descendait dans les étages.

- Depuis ce midi. Je suis montée la voir juste après avoir reçu ton message, mais elle n'était pas dans son bureau, et Nathalie ne l'avait pas vue de la matinée, mais elle m'a dit qu'elle était arrivée tard, donc qu'Hermione était surement en réunion. Sauf que je suis retourné la voir à midi et toujours personne. J'ai demandé à un auror d'aller voir chez elle, mais elle n'y est pas. Bref, elle est introuvable.

L'ascenseur s'ébranla dans un bruit de ferraille pour s'arrêter quelques secondes plus tard au son de la voix glaciale qui annonça « département de la justice magique, département des aurors ».

- Viens, lança Harry en sortant au pas de course.

Une fois arrivé dans son bureau, Harry invita Ginny à s'assoir sur une chaise à côté de Malefoy qui attendait les bras croisés. Dans le bureau se trouvaient également deux aurors penchés sur des documents qui ressemblaient de loin à des cartes.

- Bien, commença Harry. Votre attention s'il vous plait. Comme vous le savez, la Ministre est introuvable. James et Otto ont fouillé son appartement ce midi à la recherche de trace de magie suspecte mais cela n'a rien donné. On cherche également Dolosa Havoc avec qui Hermione passait pas mal de temps ces derniers jours. Elle est également aux abonnés absents. Nous avons donc comme priorité numéro 1 : retrouver Hermione. Pour ça, la deuxième priorité numéro 1 est de retrouver Havoc. Nous ne savons pas si…

Soudain, une auror entra en trombe dans le bureau et lâcha dans un souffle :

- On a trouvé Jones !

- Jones !? s'exclama Drago en se levant d'un bond.

- Quel rapport avec Hermione ? demanda Ginny en se levant à son tour.

- On le soupçonne d'être de mèche avec Embit.

- Harry, ajouta Ginny en s'approchant de lui. A propos de Embit, il faut que je te parle d'une chose.

- Tu m'en parlera tout à l'heure si tu veux ? répondit-il en quittant le bureau à la suite de l'aurore et Drago. Il faut qu'on aille interroger Jones ! Viens !

- Non, répliqua-t-elle d'un ton ferme. Je dois t'en parler maintenant.

Harry soupira mais n'insista pas, connaissant trop bien Ginny pour savoir qu'il ne fallait pas la contredire dans ces moments-là. Il laissa donc à Drago la charge de cuisiner Jones en l'attendant, et referma la porte derrière lui.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en croisant les bras devant lui.

- Je crois savoir où est Hermione.

Pour la première fois depuis des années, Ginny eut l'impression d'avoir de nouveau 10 ans, quand elle rougissait à la seule l'idée de parler à Harry, incapable d'aligner deux mots, bafouillant telle une adolescente puérile.

- Ah bon ? Mais pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ?

- En fait, je ne sais pas vraiment où elle est, mais je pense qu'elle réapparaitra dans quelques jours.

- Ginny explique-moi ce qu'il se passe je ne comprends rien !

- Bon d'accord, soupira-t-elle en comprenant qu'elle n'allait pas échapper à une explication complète de la situation. Tant pis pour les secrets. Je suis amoureuse d'Hermione Harry. Depuis longtemps. Très longtemps. Je ne t'en ai jamais parlé mais si on n'est plus ensemble aujourd'hui, ce n'est pas parce que je suis lesbienne. En fait il s'avère que je suis toujours attirée par les garçons, dans une moindre mesure peut-être. Mais voilà, j'ai préféré mentir pour ne pas avoir à t'avouer à l'époque que j'étais amoureuse d'elle, et non plus de toi. Sauf qu'elle filant le parfait amour avec mon frère, tu comprends qu'il m'était impossible de lui avouer, alors j'ai cherché du réconfort ailleurs, dans des relations sans lendemain, avec des femmes. Je m'étais dit que peut-être un jour j'allais trouver quelqu'un qui me la ferait oublier.

Harry était à présent adossé contre le mur et observait Ginny en silence, attendant visiblement le moment ou Embit entrerait dans l'histoire. Face à la non réaction de son ex quant à ces aveux, Ginny continua.

- J'ai rencontré une femme un jour, April. Elle était belle, intelligente. C'était une née moldue comme Hermione. On a passé pas mal de temps ensemble. C'était à l'époque où je ne vous présentais pas mes petites amies car il aurait été difficile de suivre. Ça se passait vraiment bien mais une fois encore, elle n'a pas été celle qui m'a fait oublier Hermione et lorsque le temps fut venu pour moi de passer à autre chose, elle ne l'a pas accepté. Elle était éperdument amoureuse de moi et n'a pas cru mes mensonges au moment de notre séparation. Elle m'a supplié pendant des mois de lui expliquer la vraie raison et contrairement à ce que je m'étais promis, je lui ai tout avoué. Mon amour impossible pour ma meilleure amie, ma volonté de tomber sur quelqu'un qui pourrait la remplacer et surtout le fait que cette femme n'était pas April. Comme tu peux t'en douter, elle l'a extrêmement mal pris. Elle a finalement disparu de ma vie et je n'en ai plus entendu parler. Avant ce matin.

- Ce matin ? demanda Harry intrigué.

- Comme je te l'ai dit grâce à mon patronus, j'ai vu Embit ce matin à son hôtel. Et j'ai identifié un point que j'avais compris sans le savoir depuis que je l'avais vue sur la plage. Elle me rappelait quelqu'un. J'avais l'impression de l'avoir déjà vue quelque part. Et ce matin à son hôtel elle m'a dit une phrase qui m'a fait assembler les pièces du puzzle. Elle m'a dit que j'avais perdu l'amour de ma vie. De toutes les femmes que j'ai rencontrées dans ma vie, la seule à qui j'ai dit qu'Hermione était l'amour de ma vie, c'est April. Lorsqu'elle m'a dit ça, je l'ai sondée un peu plus en détail et c'est là que j'ai vu que c'était elle. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a réussi à modifier la forme de son visage, mais la structure était la même. April était une experte en artefacts moldus. Le fait qu'Embit utilise des systèmes d'espionnage moldu, qu'elle m'ait montré des images sur un appareil moldu, et surtout, son mobile. Elle a réussi à me prendre Hermione.

- Hermione est avec Havoc non ? fit remarquer Harry.

- April m'avait raconté à l'époque où nous étions ensemble, qu'elle et une de ses plus vieilles amies avaient fait un pacte dans leur jeunesse. Un pacte scellé dans leur chair par un sort de magie noire. Elle m'avait expliqué que ce sort les liait l'une à l'autre jusqu'à ce que leur serment les libère, et pour cela il fallait que l'une oblige l'autre à faire quelque chose qu'elle se refusait de faire.

- Tu penses que…

- Oui, je pense que Dolosa Havoc est cette amie dont April m'avait parlé à l'époque, et que April l'a chargée de séduire Hermione. Dans la vidéo que Embit… enfin, April, m'a montrée ce matin, j'ai pu constater que Havoc n'avait pas l'air très… heureuse d'être là. Je veux dire que je sais ce que c'est d'être avec une femme qu'on aime et qu'on désire. J'ai remarqué que Havoc avait plus l'air d'un robot que d'une femme éprise de celle avec qui elle couche.

- Wow Ginny… ce que tu me racontes là c'est… incroyable.

- Je sais mais je suis sûre de moi. Je ne pense donc pas qu'Hermione soit en danger.

- Je n'en suis pas si sûr moi, répondit Harry en fronçant les sourcils.

- Pourquoi ?

- Et bien, si le but de Embit, enfin April, c'est de te nuire. Quel meilleur moyen que de s'en prendre à la personne qui tu aimes le plus au monde ?

A suivre...