Bien le bonjour !
Merci encore aux deux personnes qui me laissent des petits commentaires, c'est un plaisir de les lire à chaque fois, et aussi réconfortant de savoir que mon histoire plait. Les autres, celleux qui lisent silencieusement, et bien j'espère que ça vous plait aussi hein. Au vue du nombre de vues assez énorme que j'ai sur chaque chapitre, je me doute que ça plait, mais bon.
Allez, bonne lecture !
Le soleil se levait doucement sur la campagne anglaise, cherchant non sans difficultés à percer l'épais brouillard matinal qui diffusait la lumière du soleil, rendant l'atmosphère lugubre et mystérieuse. La vallée bordée de colline semblait inhabitée, recouverte de forêts épaisses séparées par quelques clairières, sans aucune construction humaine à perte de vue. Au loin dans la lande, seule se dressait une cabane qui, si l'on ne voyait pas lumière filtrer à travers les fenêtres sales, pouvait paraître abandonnée. Alors que le soleil se hissait un peu plus dans le ciel, la lumière s'éteignit soudainement et des voix s'élevèrent dans la brume.
- Laisse-moi partir !
- Tait-toi !
On entendit un bruit sourd suivit d'un cri aigu, puis ce fut de nouveau le silence qui, comme le brouillard, engloba la vallée et les collines alentours. Etrangement, malgré l'absence de forte activité humaine dans la région, aucun oiseau ne volait dans le ciel, aucun lapin ne sortait de son terrier, aucune biche ne s'aventurait dans les prairies pour goûter l'herbe humide et fraiche du matin. Quelques minutes plus tard, une silhouette apparut à droite de la cabane décrépite et s'avança jusque devant la porte en bois moisi. Mais au lieu de chercher à l'ouvrir pour pouvoir entrer, elle la traversa comme elle avait pénétré le brouillard pour venir jusqu'ici. Des voix s'élevèrent à nouveau.
- Mais ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- Elle n'arrêtait pas de hurler ! Et comme tu m'as spécifiquement demandé de ne pas utiliser la magie, je l'ai assommée.
- C'est malin elle saigne maintenant !
- Oui et bien tu n'avais qu'à te charger de la garde de cette nuit ! J'en ai marre moi ! Quand cela va-t-il finir ?
- Arrête de crier, on va nous entendre.
- Je m'en vais, débrouille toi toute seule !
Une silhouette quelque peu différente de la première sortit de la cabane et la contourna d'un pas décidé pour quitter l'endroit.
Lorsqu'Hermione reprit conscience, une vague de sensations désagréables l'envahit. Une forte douleur la lançait à l'arrière du crâne, et elle sentait un liquide visqueux et froid étalé sur sa joue et son cou. Elle voulut lever une main pour toucher sa blessure mais se rendit compte qu'elle était attachée à quelque chose. C'est en ouvrant les yeux que sa mémoire lui revint, mais elle n'eut pas le temps de se refaire l'histoire dans sa tête qu'une voix s'adressa à elle.
- Bien ! Tu es enfin réveillée ! On va pouvoir discuter.
- Si tu ne m'avais pas assommée, marmonna Hermione dans le vide, je ne me serais pas évanouie.
- Ce n'est pas moi qui t'ai assommée mais Dolosa, répondit la voix. Je n'aurai pas fait quelque chose d'aussi stupide.
Hermione releva la tête avec difficulté pour voir qui se tenait en face d'elle et constata qu'effectivement ce n'était pas Dolosa, mais Embit.
- Vous ! s'écria Hermione en tirant sur ses liens.
- Calme toi, tu vas te faire mal.
Embit était assise sur un tabouret en bois, les coudes appuyés sur ses genoux, les mains croisées devant elle, et affichait un air grave. Elle observait Hermione dans un mélange de satisfaction et d'appréhension, comme si la voir lamentablement attachée sur le sol la dégoûtait.
- Alors, repris Embit. Maintenant que tu es réveillée, on va pouvoir reprendre où on s'était arrêtées.
- Plutôt mourir.
- Figure toi que c'est prévu, mais avant tout j'ai besoin d'informations que toi seule peut me fournir. Donc tu vas gentiment me les donner, histoire que tout le monde puisse rentrer chez soi.
Hermione leva un sourcil en adressant un regard circonspect à Embit, qui leva les yeux au ciel.
- Oui bon, se reprit-elle. Histoire que je puisse rentrer chez moi.
- J'ai survécu à des heures de tortures dans le manoir Malefoy, sous la baguette de Bellatrix Lestrange, répondit Hermione d'une voix caverneuse. Vous vous doutez bien que ce ne sont pas vos coups à répétition qui vont me faire peur ?
- Contrairement à Bellatrix Lestrange, je ne suis pas une fanatique cinglée qui te sous-estime et méprise ta condition de née moldue.
- Et bien dans ce cas vous devez savoir que je ne vous donnerai jamais ces informations.
Embit se redressa sur son tabouret pour s'adosser au mur de pierre sales derrière elle, et croisa les bras. Elle ne semblait pas surprise de la réponse d'Hermione, au contraire même.
- Tu es si sûre de toi, s'amusa Embit. C'est ta plus grande faiblesse. Quand cela fera des mois que tu pourriras dans cette cabane, que la corde qui te lie les mains fera intégralement partie de tes poignets, et que même le nom de ton meilleur ami ne te reviendra plus en mémoire, nous verrons si tu seras toujours aussi résistante.
La perspective d'avenir qui s'offrait à Hermione n'était pas très reluisante, mais elle doutait qu'Harry et Ginny n'abandonnent les recherches. Où qu'elle soit, elle finirait bien par être retrouvée. Malgré tout, une ombre vint rapidement obscurcir cet espoir. Elle avait bien remarqué, depuis son arrivée dans la cabane trois jours plus tôt que Dolosa n'avait jusqu'à présent jamais utilisé la magie en sa présence. Et elle le savait mieux que personne, la magie laisse des traces. Sans elles, Harry et Ginny auraient nettement plus de difficulté à suivre une quelconque piste.
- ça cogite fort là-dedans, commenta Embit en la voyant réfléchir. Ne t'attends pas à ce que tes petits amis viennent te chercher, ils pensent que tu es partie de ton plein gré avec le nouvel amour de ta vie.
- Alors c'est ça hein ? marmonna Hermione qui sentait la douleur sur son crâne la lancer davantage. C'est vous l'amie de Dolosa avec qui elle a fait ce pacte. Vous l'obligez à faire tout ça…
- Dolosa est faible, cracha Embit en décroisant les bras. Elle l'a toujours été. Même quand nous étions enfant, elle n'a pas été dure à convaincre quand je lui ai proposé de faire ce pacte. Et tu vois, des années après elle se laisse encore faire.
- Qu'est-ce que je vous ai fait ?
Embit se leva pour s'approcher de la fenêtre encrassée et resta silencieuse. Après un instant immobile, elle se retourna d'un geste vif pour faire face à Hermione qui eut un mouvement de recul en voyant l'air féroce affiché sur son visage.
- Je n'ai pas le temps pour ça Mrs Granger !
Elle s'avança brusquement et empoigna le cou d'Hermione avec force, la plaquant contre le mur derrière elle.
- Comment communiques-tu avec Ginny ? Et avec Potter ? As-tu reparlé à Weasley depuis votre séparation ? REPONDS !
La pression sur la gorge d'Hermione se fit de plus en plus forte, si bien qu'elle sentit l'air passer avec difficulté. Le visage d'Embit à quelques centimètres du sien, elle pouvait sentir son souffle froid sur sa peau. Ses yeux noirs pénétraient le regard d'Hermione qui avait de plus en plus de mal à respirer. La pression sur sa gorge s'atténua brusquement lorsqu'Embit la relâcha, laissant le loisir à Hermione de tousser pour expulser l'air vicié de ses poumons.
- Vous… tenta-t-elle en reprenant son souffle. Vous pensez vraiment être capable de patienter plusieurs mois ?
Elle lança un regard amusé à Embit qui se tenait toujours au-dessus d'elle.
- Je pense que vous vous lasserez avant moi… Vous semblez avoir quelques difficultés à gérer la colère et la frustration.
- Ne parle pas de ce que tu ne sais pas.
Elle ponctua sa phrase par un coup de poing qu'elle assena sur la tempe d'Hermione, qui s'évanouit instantanément sous la douleur.
Lorsqu'elle revint à elle, l'intérieur moisi et humide de la cabane baignait de soleil. Elle se rendit compte qu'elle était étendue sur le sol et qu'à la chaleur du liquide rougeâtre qui lui coulait dans les yeux, la plaie de son crâne s'était rouverte, chose confirmée par la douleur qui lui parcouru la tête quand elle tenta de se relever.
- Reste tranquille si tu ne veux pas que je t'assomme de nouveau, fit une voix rude à sa droite.
Elle reconnut Dolosa et tenta de se redresser pour lui faire face, mais ses liens avaient visiblement été resserrés car elle ne pouvait presque plus bouger sans que la corde lui lacère les poignets. Ne cherchant pas plus à se faire mal, elle parla dans le vide.
- Dolosa je t'en supplie…
- La ferme ! cracha Dolosa toujours hors de son champ de vision.
Hermione ferma les yeux. Elle sentait le soleil qui filtrait à travers les fenêtre atteindre péniblement ses pieds et les réchauffer quelque peu, mais pas suffisamment pour que l'espoir s'embrase en elle. Elle était là, étendue lamentablement sur ce sol crasseux et froid, à la merci d'une femme qu'elle pensait connaître et qui s'avérait être une parfaite étrangère. Alors que la corde qui lui liait les poignets s'enfonçait inévitablement dans sa chair, elle pensa à Ginny. Où pouvait-elle bien être en ce moment ? Cherchait-elle à la retrouver ? Pourquoi Embit cherchait à savoir leur méthode de communication ? Et si elle avait reparlé à Ron depuis leur séparation ? Rien de cela n'avait de sens. Harry, Ron et elle avaient réussi à échapper pendant un an à Voldemort dix ans auparavant, alors comment Ginny et Harry pourraient-ils la retrouver ? Elle était perdue au milieu de la campagne, peut-être même dans un autre pays que l'Angleterre, même si le climat, la durée des jours et la venue de Embit la poussait à croire qu'elle n'était pas si loin de Londres que ça. Elle chercha une nouvelle fois à se retourner dans une position plus confortable mais ses liens l'en empêchèrent.
- Arrête de gigoter, répéta Dolosa en lui assenant un coup sur la jambe.
- JE PEUX ME RETOURNER NON ? hurla Hermione en gesticulant dans tous les sens.
Mais la seule réponse qu'elle obtint fut un nouveau coup assommant sur la tête. Les jours se transformèrent rapidement en semaines, rythmées par les allées et venues de Embit qui lui posait sans cesse les mêmes questions, sans qu'Hermione ne flanche pour y répondre. Une fois ou deux, elle eut droit à quelques variantes dans les demandes de Embit, qui voulut connaître un moyen d'amadouer Pattenrond. La question surprit tellement Hermione qu'elle ne put s'empêcher de demander ce que son chat venait faire dans toute cette histoire, mais comme à son habitude, Embit lui répondit en l'assommant une énième fois. A chacun de ses réveils, elle constatait qu'on avait soigné sa plaie à la tête de manière rudimentaire, mais suffisamment soignée pour qu'elle ne s'infecte pas. Elle en avait déduit qu'il était bien dans les plans d'Embit de la garder ici jusqu'à ce qu'elle réponde à ses questions, si futiles fussent-elles. Une fois par jour, Dolosa lui donnait à manger et à boire, une espèce de soupe froide et répugnante, qui suffisait à Hermione pour ne pas mourir de faim.
Le froid lancinant de la cabane fit place à un vent violent qui souffla plusieurs jours d'affilée, indiquant à Hermione que l'hiver touchait à sa fin. Elle était enfermée dans cette cabane depuis bien trop longtemps pour que les recherches de Harry et Ginny aient été faites de manières efficaces. Ce ne fut que quelques jours plus tard qu'elle eut la réponse à sa question. Embit arriva un matin munie d'une petite sacoche rectangulaire en tissus noir. Aux vues du large sourire affiché sur son visage, Hermione présagea que cette arrivée inhabituelle ne lui apporterait rien de bon.
- Mrs Granger, lança Embit en posant la sacoche sur la table. Sais-tu ce qu'est ceci ?
Elle plongea la main dans la sacoche et en ressorti un objet noir et rectangulaire.
- C'est un ordinateur, répondit Hermione en reconnaissant l'objet.
- Bien ! Je vois que ton passé de moldue n'est pas totalement sorti de ta mémoire.
Embit ouvrit l'ordinateur et le tourna face à Hermione qui se redressa en position assise malgré les liens serrés autour de ses poignets.
- Je sais que tu te demandes pourquoi tes chers petits amis ne t'ont pas encore retrouvée après tout ce temps. Et comme je n'aime pas te voir sans réponse à cette question qui te taraude, j'ai décidé d'être charitable et de te montrer la réponse.
Hermione leva un sourcil et reporta son attention sur l'écran de l'ordinateur qui s'alluma après qu'Embit ait appuyé sur un bouton. Une image s'afficha et Hermione reconnu immédiatement son appartement. On voyait le hall d'entrée qui donnait sur la porte fermée. Soudain, trois coups se firent entendre à l'entrée, puis une femme de dos s'avança pour ouvrir la porte. Derrière, se tenait Ginny, souriante et visiblement très heureuse de voir la femme qui venait de lui ouvrir. En prêtant un peu plus attention à cette dernière, Hermione constata qu'elle lui ressemblait beaucoup, mais la qualité limitée de l'image ne lui permit pas d'en être sûre. Ce furent les paroles prononcées par Ginny qui finirent de la convaincre.
- Hermione ! Ma belle ! s'exclama Ginny en s'avançant vers la femme qui la prit dans ses bras.
- Comme je suis heureuse de te voir, répondit la femme avec une voix qui ressemblait à s'y méprendre à la sienne.
Hermione releva les yeux vers Embit alors que les deux femmes se dirigeaient vers son salon pour s'y installer et discuter joyeusement.
- Qui est-ce ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Vous ? Dolosa ?
- Je suis impressionnée, répondit Embit en mettant la vidéo en pause. Malgré plusieurs semaines d'enfermement ici, à manger de l'eau salée, ton sens déductif est toujours aussi affuté.
Sans répondre à sa question, Embit sourit à Hermione et appuya sur la barre espace de l'ordinateur d'où les voix de Ginny et de son double se firent de nouveau entendre.
- Tu m'as tellement manqué, lança Ginny en se jetant sur la fausse Hermione pour l'embrasser.
Les deux femmes s'allongèrent sur le canapé pour se serrer l'une contre l'autre et s'embrasser de plus belle. Hermione voulu détourner le regard mais fut attirée par un petit détail dans un coin de l'image. Discrètement, elle fixa un groupe de pixel orange dissimulés derrière le rideau et comprit qu'il s'agissait de Pattenrond. Le chat observait les deux femmes, caché derrière la fenêtre par le lourd rideau de velours et affichait un air méfiant. Puis l'image se figea et l'ordinateur redevint noir.
- Je ne vais pas te montrer la suite, dit alors Embit en refermant l'ordinateur pour le ranger. Il serait dommage que tu t'imagines à la place de celle qui te l'a prise.
- C'est vous n'est-ce pas ? répondit Hermione d'une voix calme. C'est vous qui avez pris ma place. Dites-moi. Que vous a dit Ginny lorsqu'elle vous a quittée ? Qu'elle ne pouvait pas poursuivre de relation avec vous car elle m'aimait moi et que c'était avec moi qu'elle voulait finir sa vie ?
- Remarquable, commenta Embit en souriant. Mais avoir découvert la solution de l'énigme ne te sortira pas d'affaire pour autant Granger. Ginny est à moi et le restera. Si tu veux abréger tes souffrances, tu n'as qu'à me donner ce que je veux. Tu vois bien qu'elle ne te cherche plus.
- Vous avez dit ne pas me sous-estimer, continua Hermione sur le même ton. Pourtant vous semblez grandement sous-estimer Ginny. Pour une femme qui en est éprise au point d'organiser toute cette mascarade, c'est surprenant…
- Qu'est-ce que tu racontes ?! s'emporta soudainement Embit.
- Rien, vous verrez. Mais si vous pensez que voir Ginny avec une fausse moi va me faire perdre espoir et vous donner ce que vous voulez, vous vous fourrez la baguette dans l'œil jusqu'au coude.
Embit lui jeta un regard méprisant avant de quitter la cabane en trombe, laissant Hermione seule une nouvelle fois. « Eh bien, finalement elle n'est pas si infaillible que ça » pensa-t-elle alors en souriant pour la première fois depuis de longues semaines. Ainsi, Embit avait pris sa place. C'était donc la raison pour laquelle elle avait tant besoin de toutes ces informations, pour ne pas se compromettre auprès de Ginny. Hermione imagina qu'Embit sous couverture l'avait faite démissionner du Ministère pour ne pas à avoir à gérer une charge aussi lourde. Elle devait avoir maintenant beaucoup de temps à consacrer à Ginny.
La lande ensoleillée fit place à la brume qui recouvra tout en quelque heures, pénétrant chaque espace de son air glacé et humide. Hermione frissonna dans son sommeil agité. Les nuits passées sur le sol dur et froid n'étaient pas les plus agréables qu'elle avait eu à passer dans sa vie, mais la fatigue finissait toujours par l'emporter et elle parvenait malgré la douleur à dormir quelques heures. Mais cette nuit-là fut différente, car elle était seule. Sans avoir cherché à savoir pourquoi, elle avait constaté que ni Dolosa, ni Embit ne l'avait surveillée le soir et lorsqu'elle s'était réveillée à cause d'une douleur lancinante dans le bras, elle s'était aperçue qu'elle était bel et bien restée seule depuis le début de la soirée. Elle avait cherché à tirer sur ses liens mais les cordes avaient trop profondément creusé sa chair pour que la douleur soit supportable et malgré tous ses efforts, la fatigue l'avait de nouveau emporté et elle s'était effondrée de sommeil. Elle rêva de Pattenrond cette nuit-là. Elle l'entendait miauler dans son sommeil, mais n'arriva pas à le voir dans le noir. Elle voulait avancer pour le retrouver mais seules les ténèbres l'entouraient. Au bout d'un moment, une sensation d'humidité s'ajouta aux miaulements perçus dans son sommeil, dont l'intensité augmenta petit à petit. Ce n'est que lorsque Pattenrond la mordit qu'Hermione se réveilla en sursaut, surprise par cette douleur nouvelle.
- Pattenrond ? murmura Hermione en voyant son chat venir se lover contre elle.
La douceur de la fourrure de l'animal fit à Hermione l'effet de la plus pure des caresses et toutes les larmes retenues depuis sa capture se libérèrent d'un coup. Pattenrond contourna alors Hermione pour se glisser dans son dos et entreprit de ronger ses liens. La douleur se fit un peu plus intense mais après quelques minutes encore, elle disparut. Les cordes qui entravaient ses poignets se dérobèrent une fois coupées et tombèrent lamentablement sur le sol. Hermione tira doucement sur ses bras pour ne pas brusquer ses épaules restées dans cette position pendant de longues semaines, mais la douleur fut trop intense et elle ne put retenir un hurlement. Pattenrond se précipita vers elle pour la soutenir et lui lécha doucement le visage. Une fois ses bras revenus devant elle, Hermione les entoura autour du chat qu'elle serra contre elle en pleurant. « Merci Pattenrond » murmura-t-elle.
Soudain, une explosion retentie à l'extérieur de la cabane. Hermione se coucha sur le sol pour se protéger des débris de bois et de pierre qui manquèrent de lui tomber dessus. Ses oreilles se mirent à siffler mais elle put tout de même entendre des cris et de nouvelles explosions à l'extérieur. Elle ouvrit les yeux et libéra Pattenrond qui cherchait à s'extirper de ses bras. La porte de la cabane était à présent éventrée sur toute la hauteur, une partie du mur de droite avait disparu et le toit pendait dangereusement au-dessus.
- HERMIONE ! hurla une voix entre deux explosions. HERMIONE TU ES LA ?
En reconnaissant la voix de Harry, elle voulut crier mais aucun son ne sorti. A la place, elle sentit une main se plaquer sur sa bouche et la tirer en arrière, sans qu'elle ne puisse réagir. Se souvenant soudainement que Pattenrond l'avait libérée, elle releva les mains vers son visage et attrapa le bras qui la maintenait en arrière et hurla de toute ses forces.
- HARRY !
- GINNY ! fit la voix de Harry à l'extérieur de la cabane. ELLE EST LA !
Ils étaient là. Ils étaient venus la sauver. Hermione retrouva soudainement une force qu'elle pensait avoir perdue depuis plusieurs semaines et se retourna d'un mouvement brusque. Devant elle se tenait Dolosa qui se releva et se jeta à nouveau sur elle. Hermione l'esquiva en pivotant sur elle-même en lui assenant un coup de coude dans les côtes, arrachant un cri à Dolosa qui tomba au sol. Elle en profita pour tenter de se redresser mais ses jambes restées immobiles depuis trop longtemps refusèrent de la porter. A l'extérieur de la cabane, des explosions et sortilèges fusaient dans tous les sens, éclairant la nuit de jets de lumière rouges et vertes.
- HARRY ! hurla de nouveau Hermione en tentant de se trainer hors de la cabane.
Mais Dolosa s'était redressée et pointait à présent sa baguette vers elle.
- Tu fais un geste de plus et tu es morte, lança-t-elle d'une voix d'outre-tombe.
Hermione s'immobilisa face à Dolosa et leva les mains en signe de reddition.
- C'est fini Hermione, ajouta cette dernière. Tu crois qu'on a quelque chose à perdre ?
- Pourquoi tu fais tout ça ? demanda alors Hermione pour tenter de gagner du temps alors que la bataille faisait toujours rage dehors.
- Tu crois qu'il me faut une raison ! répondit-elle en riant.
Elle attrapa le col de sa chemise à l'aide de sa main libre et tira dessus pour dégager sa clavicule, et laisser apparaître son tatouage en forme de chaîne.
- ça te rappelle quelque chose ? Tu n'as aucune idée de ce que c'est.
- Dolosa, continua Hermione. Tu peux te libérer d'elle.
- NON ! hurla Dolosa en levant sa baguette. Je suis coincée ! C'est un pacte ! Si je la trahis, je meurs !
- Il doit bien y avoir une solution…
- Y pensait serait une forme de trahison, répondit doucement Dolosa en laissant une larme couler le long de sa joue. J'ai détruit ma vie le jour où nous avons fait ce pacte. Je savais que je mourrai en le réalisant.
Une lumière pénétra dans la cabane et se fit de plus en plus intense, comme si un sortilège fonçait droit sur la cabane.
- DOLOSA COUCHE TOI ! hurla Hermione en tentant de se redresser pour la tirer vers elle.
Mais Dolosa tourna la tête vers la fenêtre pour voir la mort arriver vers elle, puis jeta un dernier regard rempli de remords à Hermione, avant que tout n'explose. Hermione se protégea la tête à l'aide de ses bras et sentit le souffle de l'explosion la projeter en arrière. Elle atterrit dans l'herbe humide, sa tête cogna contre le sol et sa plaie à la tête s'ouvrit de nouveau. Puisant dans ses dernières forces, elle ouvrit les yeux pour voir les flammes ravager la cabane, et Dolosa restée à l'intérieur.
A suivre...
Alors ? Vous en avez pensé quoi ? :D
