Disclaimer : Les personnages appartiennent à Gaston Leroux et les chansons à Andrew Lloyd Weber pour la plupart.
J'ai laissé les paroles des chansons en français, mais si vous souhaitez être transportés, je vous conseille les versions originales. Personnellement, je me suis collée énormément au film (2004). Autant sur les physiques que costumes, décors.
Pour toutes chansons au cours de cette fiction qui ne serait pas présente dans film/comédie musicale de base, vous trouverez les références à la fin du chapitre.
Bonne lecture !
R0mancière.
Chapitre 3. The Music of The Night
Raoul ne revenant pas, Christine sentit l'inquiétude poindre en son cœur. Lui était-il arrivé quelque chose ? Ou bien peut-être avait-il comprit ? La jeune femme en doutait fort. Raoul, déjà dans leur enfance était le premier à faire des bêtises malgré les supplications de Christine pour qu'il s'arrête que tout deux ne se fasses attraper et ainsi punir.
Les pensées de Christine vaquèrent quelque peu tandis que son regard était plongé sur la rose d'un rouge intense… Pouvait-elle être un présent de son Ange de la musique ? Cette pensée aussi étrange que loufoque traversa l'esprit de Christine l'espace d'un instant… Qui d'autre ?
« Ô mon Ange… Quand te montreras-tu enfin ? »
Tandis qu'elle caressait encore le ruban noir, un courant d'air parfumé de rose vint éteindre les lumières de la pièce. L'angoisse monta immédiatement en la jeune femme, Christine avait toujours eut une peur horrible du noir, d'un geste apeuré elle se retourna vers la porte quand soudain une voix de ténor teinté de rage résonna dans la pièce.
« Jeune insolent,
Esclave de la mode,
Ebloui par ta gloire,
Beau soupirant
Superbe ignorant
Partageant ma victoire. »
Christine reconnut immédiatement la voix de son ange. Et elle savait très bien que ces paroles aussi cruelles que véridique étaient contre Raoul. Il était là, il avait tout vu. La culpabilité vint enserrer sa poitrine… Se retournant lentement, la jeune femme commença à chantonner comme si cela pouvait apaiser son Ange de la Musique.
« Ange sublime,
Parle, je t'écoute.
Reste avec moi,
Guide-moi.
Ange, mon âme est faible,
Pardonne-moi.
Quand viendras-tu, mon Maître ? »
Depuis sa plus tendre enfance, Christine rêvait de voir son Ange de la Musique apparaître. Celui-ci lui avait promit qu'il viendrait, que lorsqu'il la sentirait prête, il lui montrerait qui il était. Depuis ce jour où l'Ange lui avait promis, la jeune femme restait dans une attente presque insoutenable. Et en cette soirée de triomphe, elle se sentait prête à rencontrer son Ange.
« Flatteuse enfant,
Tu apprendras,
Pourquoi dans l'ombre je me cache
Regarde-toi dans le miroir,
Et tu me verras. »
La voix s'était adoucie et Christine releva son visage. Le miroir était là, face à elle, caché au milieu des fleurs qui engloutissait la loge de la Prima-Dona. S'avançant de quelques pas, fixant toujours l'immense miroir, elle le vit. Une silhouette immense se reflétait dans la glace. Habillé de noir et de rouge, il la contemplait. Le cœur de Christine s'emballa, c'était plus douloureux encore que lorsqu'elle eût revu Raoul une heure auparavant. Il était là ! Son Ange était là…
D'un pas lent, elle s'avança vers le miroir tout en continuant à chantonner. Il ne fallait pas qu'il disparaisse, il ne fallait pas. Elle devait le rejoindre.
« Ange de la Musique
Guide et gardien
Accorde-moi ta gloire
Ange de la musique,
Ne me fuis plus,
Viens à moi,
Ange obscure.
- Je suis ton ange de la musique,
Viens à moi,
Ange de la musique. »
Un bruit lointain semblable à une voix qui criait ainsi que des coups sur la porte vinrent jusqu'à Christine. Raoul était-il revenu ? Mais la jeune Soprane ne sembla nullement perturbée par ce fait, seul son Ange comptait en cet instant.
« Qui chante ? Qui est là ?! Christine ! Christine ! »
Mais la jeune femme ne répondit rien, seule la voix de son Ange lui parvenait.
« Je suis ton ange de la musique
Viens à moi, ange de la musique. »
Le miroir sembla disparaître, la loge de la Prima-Dona ne fut qu'un lointain souvenir tandis qu'elle voyait devant-elle une main gantée de cuir qui lui était tendu par son Ange. Son cœur se serra plus fort encore dans sa poitrine et une chaleur qu'elle ne connaissait aucunement envahit son bas ventre tandis que ses doigts fins vinrent se glisser dans celle gantée de cuir de son Ange de la musique…
Mais était-ce réellement un ange ?
Contemplant son visage avec attention le temps d'un instant, elle ne put que voir ce masque blanc qui couvrait la moitié de son visage. Elle ne connaissait que trop bien ce masque dont Joseph Buquet, le chef des machinistes, racontait l'histoire sans arrêt lorsqu'il s'introduisait dans les dortoirs des femmes.
« Sa peau est tel parchemin jauni
Un grand trou noir remplace son nez qui n'a jamais grandi,
Soyez toujours sur vos gardes,
Ou il vous attrapera avec son lasso magique. »
D'un mouvement de paupière, Christine chassa ce souvenir de Buquet de son esprit. L'homme qu'elle avait en face d'elle n'avait rien à voir avec ce monstre qu'il décrivait. Cet homme… Était-ce le Fantôme de l'Opéra ? Son Ange de la Musique était-il… Le Fantôme ? Aucune peur ne vint pourtant se saisir de son être tandis qu'ils longeaient ensemble le couloir. Il semblait d'une douceur si pure… Le Fantôme n'avait rien d'un monstre, il était un ange…
« Dans mes rêves
Il venait chanter pour moi
Cette voix qui m'appelle
De l'au-delà
Si ce n'est pas un rêve
Qui me trahit
Le fantôme de l'opéra est là
Dans mon esprit. »
Elle ne pouvait cesser de le regarder, ce moment semblait suspendu, hors du temps, comme si de sa simple présence, il venait de créer le miracle d'arrêter celui-ci. Et tandis qu'elle l'observait, la voix du ténor s'éleva dans l'air dans une mélodie hypnotisante.
« Chante encore avec moi
Notre duo
L'empire que j'ai sur toi
Est au plus haut
Inutile de t'enfuir
Vers ton passé
Le fantôme de l'Opéra est là
Dans ton esprit. »
Sa voix la possédait, plus encore qu'avant, elle se sentait envahit de sentiments étranges. Et tandis qu'il soulevait la jeune femme pour l'aider à monter sur un étalon noir, elle laissa parcourir son regard sur les tréfond de l'Opéra. Cet instant ne dura que quelques minutes tout au plus, bientôt, ils prirent une barque tandis que les pensées de Christine se mélangeait avec celle de son Ange. Elle se sentait comme attachée à lui, comme si son âme et la sienne ne faisait qu'une, tel leurs voix se mélangeant. Elle comprenait. Elle comprenait enfin.
« Ceux qui voient ton visage
Tremblent d'effroi
Je traduis ton image
- Tu chantes pour moi… »
Et alors qu'elle fermait ses yeux, respirant à pleins poumons l'odeur de rose qui l'enveloppait, sa voix vint s'entremêler à celle de son Ange de la Musique.
- Nos esprits et nos voix
Sont réunis
Le fantôme de l'Opéra est là.
Dans mon esprit (dans ton esprit).
- Le fantôme de l'Opéra est là »
La voix de Christine s'éleva dans les airs, tel une mélodie cristalline, tel le chant d'un ange, elle était d'une pureté incroyable tandis que son précepteur l'encourageait à puiser dans ses derniers retranchements.
« Chante mon ange de la musique, chante, mon ange, chante pour moi. Chante, mon ange. Chante pour moi ! »
Il avait toujours été là, dans son esprit, ses pensées, ses rêves, ses fantasmes. Toujours il s'était insinué au plus profond de son être. Cet homme mystérieux, finalement fait de chair et de sang avait réussi à s'insinuer en elle tel un esprit. Il chantait à travers elle, il faisait découvrir au monde son art à travers la voix angélique de Christine.
Ils arrivèrent enfin à la berge, et Christine admira ce monde dans lequel elle était désormais plongée. Des milliers de bougies scintillaient autour d'eux, des chandeliers sortaient de l'eau et un orgue des plus majestueux trônait aux milieux de bougies et des dizaines de parchemins et autres papiers trônaient ci et là, tous couverts de notes de musiques, de partitions griffonnées... Quel était cet endroit incroyable où l'art semblait maître du monde. Une grille de fer vint se refermer derrière eux, fermant définitivement l'antre de l'Ange … ou du Fantôme ?
L'homme descendit de la barque de façon gracieuse avec une facilité déconcertante. Une fois sur la berge, il enleva sa cape d'un noir intense et se tourna vers la jeune femme. Il était si grand et mince, presque à la limite de la maigreur mais une aura puissante tournait autour de lui, une prestance qu'elle n'avait encore jamais vue.
Elle prit alors le temps de le détaillé un instant de plus. Son regard d'un bleu si froid mais envoûtant brillait d'une lueur qui la fit frémir. Elle connaissait ce regard, cette lueur. Il était dans le même état qu'elle. Une transe inexplicable où l'amour de la musique et la passion pour l'art s'entremêlait. Ils étaient identiques, partageant ce même culte pour la musique. Sa voix résonna alors à nouveau dans pièce, emplissant plus encore le cœur de Christine d'une chaleur devenue insoutenable. Il avait le don pour faire monter en la jeune femme des sentiments si violent et doux à la fois. Tout était contradictoire et pourtant, c'était ainsi.
« Je t'ai menée
Au cimes de l'harmonie,
Un royaume où tu dois rendre hommage à la musique
Musique
Tu es venue à moi,
Pour une seule raison
Lorsque je t'ai entendue chanter
J'ai eus besoin de toi pour me servir pour chanter
Ma musique
Ma musique »
L'être en face d'elle était d'une beauté qu'elle n'aurait sût décrire. Jusqu'à présent, Christine ne s'était attardée que sur la beauté physique des hommes. Jamais encore, une telle beauté d'âme ne l'avait frappé. Mais elle était là, cette beauté, ce magnétisme qui venait lui enserrer la gorge tandis que son Ange la fixait d'un regard azur envoûtant. Comment pouvait-on dire de cet homme, le Fantôme de l'Opéra, qu'il était laid ? Et tandis que sa voix vibrait dans l'air, l'esprit de Christine bascula dans un monde fait de volupté.
« Les ombres appellent,
Toutes nos sensations,
Agitent, excitent,
Notre imagination,
Silencieusement,
Abandonnent leurs défenses. »
Sa voix avait quelque chose de mystique, Christine sentait tout son être vibré tel les cordes d'un piano tandis qu'il lui tendait la main. Au bout du monde, elle le suivrait. Elle n'avait peur de rien, aucun doute, lorsqu'il était à ses côtés.
« Tout doux,
La nuit nous offre sa splendeur,
Respire la nuit,
Elle vibre avec lenteur,
Détourne ton regard,
L'aube est glaciale est cruelle
Distrais ton esprit
Du jour si froid et terne,
Ecoute la musique de la nuit. »
Son regard parcourait l'endroit aussi féérique que ténébreux. Et tandis qu'il ramenait son visage vers lui d'une caresse, la jeune femme retint un frisson. A chaque contact elle se sentait défaillir. Il lui procurait des sensations qui amenait la jeune femme au bord de l'évanouissement.
La maquette de la scène de l'Opéra attira un instant son regard, était-ce elle sur la scène entrain de chanter le dernier aria d'Hannibal ? Oui, elle en était certaine.
Et tandis que son regard noisette retournait à la contemplation de l'homme qui chantait pour elle, un sourire vint étirer ses lèvres. Il vivait, il respirait pour la musique, son regard était empli d'une passion folle. Comme s'il avait attendu toute sa vie de lui faire découvrir son monde.
« Ferme les yeux et succombe à tes plus sombres rêve
Laisse au loin tes souvenirs,
Ferme les yeux
Pour que ton esprit
S'envole. »
La jeune femme admirait l'Ange en fasse d'elle, et tandis qu'il gravissait les marches menant à son orgue, elle vint fermer son regard embrumé par la passion…
« Pour connaître
Une vie d'extrême bonheur, »
Jamais auparavant elle n'aurait pu croire qu'une chanson soit plus tendre, plus exaltante, plus sensuelle qu'un baiser ou les caresses d'un amant. Mais c'était pourtant la vérité. La voix de son ange s'encrait au plus profond de ses chaires et n'en ressortait plus. Il était là, sa voix mélodieuse emplissant son esprit de notes incroyables. Avait-elle seulement ressenti cela par le passé ?
Non, jamais.
Un désir aussi passionnel que puissant vint consumer son cœur et ses entrailles, qu'était-elle en train de vivre ? Sans même la toucher, sans même l'embrasser, elle se sentait au bord de l'extase…
Il était en haut de ce petit escalier, et sans vraiment comprendre, Christine tendit sa main vers lui, elle voulait rester au plus proche de celui qui la faisait vibrer.
« Habile, tranquille,
La musique te caresse,
T'envoûte, écoute,
C'est comme une pure promesse,
Ouvre ton esprit,
Que tes visions se déchaînent
Dans la noirceur des ténèbres irrésistibles
Au royaume de la musique de la nuit. »
Lentement, elle monta à lui, et lentement il la frôla, sa bouche, à quelques centimètres de la sienne. Le désir dévorait son bas ventre en un feu sensuel tandis que ses yeux n'osaient le regarder. Son cœur était sur le point de défaillir ainsi que ses jambes qui se transformait en coton. Pouvait-on être aussi doux et à la fois sensuel ? Il reflétait à la fois la passion et l'amour. La puissance et la douceur tandis que sa voix se brisait sous le désir…
« Ton esprit se transporte vers un nouveau monde,
Ton passé n'a rien à faire sur cette onde,
Que ton âme te mène,
Au bout de ton choix, »
Dans ses yeux elle s'y perdait, dans son âme elle s'y retrouvait. Comment pouvait-elle être autant lié à un homme qu'elle ne connaissait qu'à travers des cours de chants ? Pourtant, elle avait la sensation que leurs âmes, elles, se connaissaient depuis le commencement du monde. Elle avait envie de chanter avec lui jusqu'à ce que sa voix soit brisée, elle avait envie de porter ses paroles au monde entier elle voulait… Elle désirait tant de choses… Son esprit s'embrumait peu à peu, elle n'arrivait plus à l'écouter, seule ces sentiments qui dévoraient son âme restait en son esprit.
« Alors seulement tu pourras,
Être à moi, »
Et alors qu'il revenait à elle, si proche et à la fois si loin, Christine eut envie de le toucher, de le garder contre elle. Et peut-être entendit-il sa pensée car il caressa avec délicatesse son visage, ses épaules…
« Flottante, flagrante,
Délicieuse ivresse,
Touche-moi, crois-moi,
Excitation céleste,
Que le rêve commence,
Ta noirceur fasse allégeance,
A la puissance de la musique que j'écris.
La puissance de la musique de la nuit. »
Lentement il retourna la jeune femme, son dos venant se coller à son torse, ils étaient au plus proches. Son bassin vint se serrer contre le sien, ses épaules se plaquèrent contre son torse… Elle sentit les mains gantées de cuir de l'Ange glisser le long de ses hanches avant de prendre ses mains. Christine ferma les yeux de plaisirs tandis qu'elle venait blottir son visage dans le creux de l'épaule de cet homme qui la faisait atteindre des sommets d'extases encore inconnue pour elle.
Et alors que sa main glissait sur la partie de son visage non masqué, elle apprécia chaque instant. Sa peau était douce, délicate et ne ressemblait nullement à un parchemin jauni ou un cadavre écœurant. Une idée folle passa même en son esprit. Pouvait-elle partager avec lui plus qu'une caresse ? Pouvait-elle lui accorder un baiser ? Lentement, la jeune femme se retourna mais l'Ange s'écarta, continuant son chant des plus envoûtant.
La guidant à nouveau dans son antre, ils descendirent les escaliers il la guida jusqu'à un rideau rouge, sous lequel se trouvait un mannequin de cire … Un mannequin à son effigie portant une robe et un voile de mariée. Christine sentit son corps défaillir son esprit la quitter, et sans retenue, sans lutte, elle tomba évanouie dans les bras de son ange qui la souleva sans aucun mal du sol.
« Toi seule peux chanter ma mélodie,
Sublimer la musique de la nuit. »
Le Fantôme déposa Christine dans le lit en forme de cygne, caressant une dernière fois son visage, il hésita l'espace d'un instant à lui voler un baiser. Non, il était trop tôt. Ils venaient de se rencontrer. Il venait de lui révéler la vérité… Tout viendrait en son temps. Il lui laisserait le temps de l'aimer, au-delà de son statut d'ange. Au-delà de son visage de Fantôme… Et au vu de leurs yeux se dévorant en cette nuit, l'Ange de la Musique n'avait aucun doute, Christine pouvait apprendre à l'aimer.
Note :
Est-ce l'un de mes chapitres préférés ? Oui.
Enfin la rencontre ! haha.
J'adore la chanson "The Music of the Night", je trouve les paroles sublimes et douces. et vous ?
En espérant que le chapitre vous ait plu ! A Samedi :)
