Disclaimer : Les personnages appartiennent à Gaston Leroux et les chansons à Andrew Lloyd Weber pour la plupart.
J'ai laissé les paroles des chansons en français, mais si vous souhaitez être transportés, je vous conseille les versions originales. Personnellement, je me suis collée énormément au film (2004). Autant sur les physiques que costumes, décors.
Pour toutes chansons au cours de cette fiction qui ne serait pas présente dans film/comédie musicale de base, vous trouverez les références à la fin du chapitre.
Bonne lecture !
R0mancière.
Chapitre 6. All I Ask of You
Tous hurlaient, tous pleuraient et elle, elle cherchait par tous les moyens de gagner un escalier, quand soudain un homme arriva face à elle… Raoul. Une angoisse immense envahit soudainement son cœur. Raoul pouvait-il être en danger ? Le Fantôme pouvait-il lui faire du mal ? Son cœur devint douloureux tandis qu'entre ses doigts, elle serrait une magnifique rose rouge, sans épines, entourée d'un ruban noir. Elle était dans la loge tandis qu'elle se changeait… Posé là, sur sa robe… Tel un message… Un signe.
« Christine ! Est-ce que tout va bien ?
- Raoul ! Nous ne sommes pas en sécurité ! »
Les mots étaient sortis tout seuls dû à l'affolement et sans réfléchir la jeune femme prit sa main dans la sienne et l'entraîna à sa suite dans l'escalier menant au toit. Les larmes vinrent se loger en sa gorge tandis que son esprit était hanté par mille questions. Qui d'autre que le Fantôme aurait pu tuer Joseph Buquet ? Cela ne pouvait-être un accident ! Buquet était le chef des machinistes, un ivrogne aux paroles parfois lubriques, mais il n'avait nullement un fond mauvais et encore moins un pied mal assuré tandis qu'il gravitait dans les décors de l'Opéra. Cela ne pouvait être que son Ange… Le Fantôme.
L'amour qu'elle ressentait en sa poitrine se brisait pour ne laisser place qu'à la peur. Elle devait protéger Raoul. Elle devait le protéger du regard perçant du Fantôme. Et tandis que Raoul lui parlait, elle ne pouvait s'empêcher de penser à voix haute, de crier son désespoir. Il l'avait déçu. Pourquoi avait-il tué ?
« Pourquoi m'amènes-tu là ?
- On ne pouvait pas rester !
- Redescendons.
- Il te tuera ! Ses yeux nous trouveront !
- Ne dis pas ça !
- Ses yeux qui brûlent !
- Oublis-les.
- Même s'il lui fallait tuer un millier d'hommes !
- Oublie ce cauchemar !
- Le Fantôme de l'Opéra a tué et tuera.
- Ce Fantôme n'est qu'une légende !
- Mais qui donc est cet homme ?... Qui chasse, qui tue ?
- Christine, qu'est-ce que tu racontes ?
- Je ne veux pas y croire ! Mon cœur est brisé ! Et dans ce labyrinthe aveugle, le fantôme de l'Opéra est ici, dans mon esprit !
- Il n'y aucun Fantôme de L'Opéra, Christine. »
La jeune femme se figea en arrivant sur le toit, il était là, l'Ange… Le Fantôme… Il était là, elle le sentait. Comme si leur âme était reliée et que peu importe où ils se trouvaient, ils pouvaient savoir si l'autre était là où non. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que l'homme qui la transcendait d'amour soit un meurtrier ?
Raoul s'approcha d'elle, mais la jeune femme se recula d'un pas. La haine l'emportait sur son cœur. Elle se sentait trahit. D'une voix glaçante, elle commença alors chanter, comme si c'était le seul moyen pour elle d'exprimer sa peine, sa rage.
« Je suis allée
Dans ce monde de nuit sans fin,
Monde où la lumière se dissout dans l'obscur…
L'obscur…
J'ai vu cet homme
Saurai-je en effacer l'image ?
Vision horriblement grise,
D'un visage difforme,
Si c'était un visage…
Dans ces ténèbres,
Ténèbres… »
Une odeur de rose vint alors envahir ses poumons, et tout en fixant la fleur qu'elle tenait entre ses mains, elle savait que ce n'était nullement elle, la source de ce parfum. Elle regretta immédiatement ses paroles. Non, son Ange ne méritait pas un tel châtiment. De telles injures… Il avait le droit au bénéfice du doute, peut-être n'avait-il vraiment pas tuer Joseph Buquet ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à le haïr… Il était peut-être un assassin…
Son esprit n'en doutait nullement, mais son cœur lui résistait.
« Mais sa voix emplit mon esprit d'accents superbes, harmonieux,
Cette nuit-là, il y avait de la musique dans mon esprit,
Sur cette musique, mon âme prit son envol…
J'entendais des sons nouveaux, absolus… »
Le souvenir de cette nuit à l'écouter chanter, le souvenir de ses mains parcourant son corps. De leurs visages si proches… La jeune femme se laissa guider par l'odeur, se rapprochant inexorablement d'une statue à l'effigie d'un pégase. Seul son Ange pouvait la mettre dans un état semblable à une transe. Avec lui, elle avait connu un sentiment encore inconnu, une passion dévorante.
« Ce n'était qu'un rêve et rien de plus… »
Les paroles de Raoul la blessèrent en plein cœur. Comment ne pouvait-il pas la croire ? Comment pouvait-il encore douter ? Elle lui ouvrait son cœur, son esprit et il réfutait tout…
« Dans son regard, un infini désespoir…
Ample regard…
Qui menace et qui adore… »
Les yeux embués de larmes, Christine quitta la rose qu'elle tenait entre ses mains pour fixer la statue de pégase… Il était là, juste là. Elle en était certaine.
« Christine…
- Christine… »
La voix de son ange emplissait son esprit, mais Raoul ne semblait l'entendre. Devenait-elle folle ?
Et alors qu'elle se retournait face à son ami d'enfance, celui-ci vint la prendre dans ses bras, une étreinte réconfortante et douce qui calma Christine le temps d'un instant. Les larmes montèrent pourtant à ses yeux. Comment avait-elle pu se tromper sur son Ange à ce point ?
Raoul la guida jusqu'à lui, il était son soleil, l'être qui la rapprochait le plus à son père, à ses souvenirs. La rose glissa de ses doigts pour venir s'écraser dans la neige et lentement Raoul l'attira contre lui.
« Oublions la nuit noire,
Faisons s'enfuir tes peurs,
Le mal ne peut plus t'atteindre
Mes mots vont te réchauffer.
Libre, tu es libre.
Que le jour sèches tes larmes
Je suis là, tout contre toi
Pour te garder, te guider »
Les mains de Christine tremblaient, son cœur se brisait, ses poumons s'enflammaient. Pouvait-elle réellement aimer Raoul ? Alors que son Ange ne quittait son esprit ? Ses mots étaient si doux, si réconfortant… Elle l'avait aimé par le passé. Il était son premier amour. Un amour enfantin certes, mais son premier amour. Il l'aimerait, la respecterait… Et il n'était nullement un tueur…
« Dis qu'à tout moment
Du jour, tu m'aimes
Emmène-moi au bout du bonheur.
Dis que pour la vie
Tu me veux à chaque heure.
Promets-moi d'être sincère toujours.
C'est tout ce que je veux. »
Ces mots sonnaient si faux, son cœur était pris dans un étau, plus elle parlait, plus elle avait envie de pleurer… Pourquoi faisait-elle cela ? Elle savait que c'était la décision la plus logique et la meilleure pour elle-même… Pourquoi se mentait-elle ? À chaque phrase qu'elle chantait, elle n'avait que son Ange en son esprit. Elle ne voulait pas faire de mal à Raoul, aucunement, mais tandis qu'il lui déclarait sa flamme, la jeune femme sentait son cœur souffrir. Elle aimait deux hommes, et ne savait quoi faire.
« Je veux être ton abri.
Je veux être ta lumière
Tu es sauve, personne ne peut te trouver
Tes peurs sont loin derrière toi. »
Avait-elle réellement peur ? Avait-elle réellement craint le Fantôme de l'Opéra ? L'Ange ne lui ferait jamais de mal. Ella avait juste voulu éviter à Raoul d'être pris pour cible par le Fantôme en l'emmenant ici, non pas qu'il lui déclare son amour…
Les ténèbres ou la lumière ?
La droiture ou le vice ?
Son Ange… Ou Raoul ?
« Je ne veux qu'être libre,
Dans un monde sans nuit
Et toi, toujours près de moi
Pour m'enlacer, me cacher. »
Elle parlait tout en fixant la statue où était caché son ange, ces mots étaient pour lui, le savait-il ? Elle l'implorait de quitter ses ténèbres, de la rejoindre dans la lumière. Raoul vint prendre sa main, l'attirant contre lui, et tandis que Christine se laissait faire, son âme quittait peu à peu les ténèbres de la Musique de la Nuit…
« Vivons un seul amour
Amour unique et sublime
Laisse-moi briser ta solitude
Aie besoin de moi
Toujours près de toi
Si tu vas au bout du monde,
J'irai
Christine, c'est tout ce que je veux »
Le bras de Raoul, tout contre elle, l'étouffait, elle ne se sentait nullement à sa place. Le cœur de Christine hurlait deux mélodies différentes. L'une prônait son amour pour Raoul. Un amour naissant, pur et normal… L'autre lui hurlait qu'il fallait que cela cesse ! Que son cœur vivait pour son Ange… La passion, les ténèbres, la musique…
Elle brisait le cœur de deux hommes ce soir. Juste parce qu'elle était incapable de savoir ce qu'elle-même ressentait…
Et pourtant, chaque mot que Raoul prononçait, la rendait heureuse. Jamais encore personne ne lui avait dit des mots si doux. Pas même son Ange…
« Vivons un seul amour
Amour unique et sublime
Vivons-le, je suis prête à te suivre. »
- Donne-moi tes jours
Tes nuits, tes matins.
- Dis que tu m'aimes.
- Je t'aime, tu le sais.
- Aime-moi,
C'est tout ce que je veux. »
Raoul embrassa Christine, son premier baiser, il était doux, empli de sentiments purs, sans arrières pensés. Et néanmoins, Christine sentit une amertume poindre dans sa bouche tandis que le Vicomte l'embrassait encore et encore.
Que faisait-elle ? Pourquoi ?
Lentement, elle repoussa Raoul, ses yeux se remplissant d'une mélancolie que Raoul ne sembla voir.
« Christine, je t'aime… »
La jeune femme fut incapable de répondre, les mots étaient bloqués dans sa gorge. Elle n'aimait nullement Raoul, pas d'un amour passionnel. Pas de l'amour dont elle rêvait.
Il fallait qu'elle fasse diversion.
« Fais venir tes chevaux ! Attends-moi à la porte !
- Avec moi, tu n'as rien à craindre ! »
Raoul descendit les escaliers, Christine lui promit de le rejoindre. Qu'elle devait encore aller prévenir Madame Giry. Et tandis que Raoul descendait les escaliers en courant, Christine fit demi-tour, retournant sur le toit de l'Opéra. À peine eut-elle ouvert la porte, qu'elle le vit.
L'Ange de la Musique était face à elle.
Note :
Alors ? Qu'en pensez-vous ? Le Fantôme va-t-il pardonner à Christine ce moment d'égarment ?
Et Christine... Va-t-elle pardonner au Fantôme cet instant de folie ?
A la semaine prochaiine !
Réponse Review :
Guest : Sí ! Estoy totalmente de acuerdo. Gerry hizo que la música de la noche fuera muy suave y sensual. ¡Gracias por tu reseña!
