Disclaimer : Les personnages appartiennent à Gaston Leroux et les chansons à Andrew Lloyd Weber pour la plupart.

J'ai laissé les paroles des chansons en français, mais si vous souhaitez être transportés, je vous conseille les versions originales. Personnellement, je me suis collée énormément au film (2004). Autant sur les physiques que costumes, décors.

Pour toutes chansons au cours de cette fiction qui ne serait pas présente dans film/comédie musicale de base, vous trouverez les références à la fin du chapitre.

Bonne lecture !

R0mancière.


Chapitre 8. Engagement

Nul doute que l'Opéra tournait sans son Fantôme. Même si derrière lui, il avait laissé le cœur de Christine meurtri. L'Ange de la Musique ne chantait plus en son esprit et le vide qu'il avait laissé la rendait malade.

Depuis ce soir-là, sur le toit, la jeune femme n'entendait plus la voix de son Ange. Il avait disparu, comme s'il n'avait-été depuis le début, qu'un rêve qui mettait en scène ses fantasmes les plus sombres… Mais l'enterrement du machiniste, Joseph Buquet prouvait à Christine qu'elle ne rêvait pas, la Fantôme de l'Opéra existait bel et bien.

En ce soir de décembre, l'on préparait le bal masqué du nouvel an, l'Opéra donnait une représentation grandeur nature et ne recevait que sur invitation. Tous étaient euphoriques à l'idée de mener ce spectacle innovant. Et Christine l'aurait-été aussi, si son Fantôme n'avait pas disparu.

Les sanglots secouaient son corps tandis qu'elle était à genou dans la Chapelle, observant la photo de son père.

« Ô père, qu'ai-je fais ? »

Les sanglots redoublèrent plus encore tandis que son monde semblait s'être écroulé. Que pouvait-elle devenir sans les accords mélodieux de son Ange ?

« Ange de la musique… Reviens, je t'en prie. »

Sa voix se brisait sous les douloureux sanglots. Pourquoi l'avait-il abandonné ? Pourquoi n'acceptait-il pas son pardon ?

Les jours avaient passés, puis les semaines…

Raoul devenait de plus en plus entreprenant avec elle. Leur relation semblait couler la parfaite idylle aux yeux de tous, sauf les siens. Elle n'arrivait pas l'aimer, mais elle n'arrivait aucunement à lui briser le cœur non plus.

Cet instant d'égarement sur le toit, où la jeune femme avait cru ressentir quelque chose pour Raoul n'était en fait qu'une nostalgie amère. Qu'un besoin urgent d'être rassuré, consolé. Elle ne ressentait pour Raoul qu'une amitié profonde, un vague amour enfantin. Mais pas un amour passionnel comme partageait avec son ange…

« Ange de la musique… Je t'en prie… »

Soudain, une odeur de rose vint la prendre la gorge, tournant son visage de part et d'autre de la Chapelle, Christine ne vit aucune trace de son ange, et sa voix divine ne s'éleva jamais. Seulement Madame Giry arriva dans l'encadrement de la porte, le regard inquiet.

« Mon enfant, es-tu souffrante ?

La Directrice du corps de ballet vint à la rencontre de sa fille de cœur et caressa sa chevelure brune. L'enfant n'avait été dans cet état là depuis la mort de son père… Depuis ce jour où elle était entrée dans cette Chapelle… Qu'arrivait-il ?

« Je… je vais bien. »

Christine se releva, essuyant les larmes qui roulaient sur ses joues, elle passa devant Madame Giry qui la retint par le poignet.

« Christine… Tu sais que tu peux tout me dire.

- Je vais bien, Madame Giry. Père me manque, c'est tout. »

Madame Giry lâcha le poignet de sa fille adoptive et la regarda toujours d'un air inquiet durant quelques secondes avant de reprendre contenance.

« Les répétitions vont commencer, tu ferais mieux de te dépêcher de rejoindre les autres. »

Christine acquiesça et quitta définitivement la Chapelle avec Madame Giry, sans se douter que derrière l'immense tableau d'ange, un véritable Ange pleurait son amour détruit.

Le Fantôme de l'Opéra se tenait devant son orgue, exotérisant sa haine et son désespoir face aux notes de son piano. Qu'avait-il fait ? Que n'avait-il pas fait ? Pour qu'ainsi Christine aime ce Vicomte à la beauté ensorceleuse mais au cœur vide…

Les mots qu'ils avaient tous deux prononcés sur le toit était teinté d'une telle pureté, d'un tel amour, qu'il en était tombé malade de haine. Le chagrin le rongeait de l'intérieur, il avait beau lutter, il se sentait sombrer au fond des ténèbres.

Chaque jour, il entendait la jeune femme pleurer, chaque jour, il l'entendait le supplier. Mais il n'arrivait aucunement à la pardonner. Elle l'avait trahi. Il lui avait tout donner, son cœur, son âme, ses secrets. Et elle avait donné son amour à un autre que lui…

L'Ange de la musique se leva, balayant d'un mouvement de rage toutes les partitions qui se trouvait sur son orgue. Il aurait vendu son âme au Diable pour ne serait-ce qu'une nuit avec elle, la serrant dans ses bras et caressant sa peau pâle… Rien que cette pensée valait tous les péchés du monde à ses yeux…

Un sanglot vint secouer son corps… Christine… D'un geste tendre il vint prendre entre ses doigts un portrait qu'il avait fait d'elle au fusain, un soir où il lui donnait un cours de chant. Son visage était si beau… Si doux… Il luttait corps et âme pour ne plus réapparaitre dans sa vie. Il n'était nullement prêt, et pourtant… Pourtant entendre ses sanglots et ses suppliques le rendait malade. Depuis ses sept ans il était là, il ne l'abandonnait pas ! Alors pourquoi… Pourquoi choisissait-elle le Vicomte ?

Parce que Raoul était beau, que le Fantôme était laid. Pourtant il aurait été cherché la lune à Christine si elle lui avait demandé. Alors que lui… Lui il n'avait rien fait pour sa Christine… Absolument rien. L'Ange avait veillé sur elle, l'Ange avait modelé sa voix, l'Ange avait tout fait pour qu'elle devienne la femme qu'elle était… Alors pourquoi l'aimait-elle lui… Plutôt que son Ange… Il avait pourtant cru… Cette nuit-là, qu'elle avait vu au-delà de son faciès. Au-delà de sa laideur, et il avait espéré…

Buquet n'était qu'un accident. Cet idiot s'était montré trop fouineur, il était une menace… Ce n'était que de la légitime défense… Et il était monté au plus des toits… Son cœur lui avait murmuré que Christine le rejoindrait… Il lui aurait alors expliqué, il lui aurait alors prouvé qu'il n'était pas le mal… Mais quand elle est arrivée, elle n'était nullement seule…

Elle aimait le Vicomte, elle lui avait dit ! Mais elle n'aimait qu'un corps sans défaut, et cet homme allait lui faire des promesses, allait lui volé sa pureté pour ensuite se détourner d'elle pour une femme de haut rang… Et son Ange ne serait plus là pour la consoler car il sera mort de chagrin.

« Ma laideur est une insulte…
A ta beauté insolente…
»1

Le Fantôme reposa le portrait, puis, consciencieusement, il ramassa chaque partition qu'il avait lui-même jeté par terre. Il devait finir son Opéra, il devait le terminé. C'était la seule solution. Lorsque Christine l'entendrait, lorsque Christine jouerait dans son Opéra… Elle ne pourrait que l'aimer…

Raoul avait insisté dans sa missive pour que Christine soit des plus présentable. Il voulait que sa beauté soit sans pareil pour ce soir de décembre.

Mais Christine n'avait aucunement envie de sortir, malheureusement elle n'en avait pas le choix. D'un geste rageur, elle jeta sa magnifique robe rose pâle que le Vicomte lui avait offert pour le soir du nouvel an et se mit à chercher dans ses malles une robe qui lui irait pour une sortie avec Raoul. La jeune femme finit par trouver une robe d'un vert clair, au col de dentelle blanc.

Toujours dans une rage non dissimulée, la jeune femme la mit, non sans mal avant de se fixer dans le petit miroir du dortoir des danseuses. Elle était belle… Mais tout lui semblait indéniablement fade. Sans attendre, elle glissa ses pieds dans ses uniques chaussures usées et Gwen, une autre ballerine, lui prêta son manteau de fourrure blanc. Meg l'aida à se coiffer et Marie à se maquiller. En moins de quelques minutes, elle fut prête pour son rendez-vous.

Remerciant ses amies, Christine quitta ainsi l'Opéra Populaire avec le cœur gros. Elle n'avait nullement l'esprit à sortir. Mais une détermination nouvelle envahissait son cœur, ce soir, elle dirait à Raoul qu'elle ne l'aimait pas, du moins, qu'elle l'aimait tel l'ami qu'il eut toujours été.

La neige commençait déjà à tomber sur Paris, ces moments qu'elle avait toujours considéré comme féériques lui paraissait désormais horriblement mélancolique. Et tandis qu'elle se perdait une nouvelle fois dans ses souvenirs, une voiture aux armoiries des Chagny s'arrêta devant elle et Raoul en descendit et l'embrassa. Chacun de ses baisers étaient douceurs et amertumes en même temps. L'homme y mettait tout son amour tandis que Christine ne pouvait s'empêcher de ressentir de la peine. Comment lui dire ? Cette mascarade allait-elle aller jusqu'au mariage ?

Raoul aida la jeune femme à monter dans le carrosse puis monta à son tour, enlaçant la jeune femme dans ses bras. Tous deux parlèrent de leur journée, de la neige qui couvrait Paris et de la soirée du nouvel an qui arrivait à grand pas.

« Tu es époustouflante par ta beauté, Christine.

- Merci… »

Christine fixait l'horizon, son corps était bien là mais son esprit était ailleurs, Raoul le sentait, la jeune femme dont il était éperdument amoureux n'était jamais réellement là. Son esprit torturé était bien loin, peut-être avec son défunt père ? Ou avec son mystérieux Ange de la Musique ? Raoul balayait cette pensée de son esprit. L'Ange de la Musique n'était qu'un conte et rien d'autre. Christine l'aimait et ce soir, il allait enfin boucler la boucle de leur amour.
Pendant longtemps, le Vicomte avait recherché cette jeune Daaé qu'il avait rencontré sur les côtes Bretonne un hiver. Son cœur d'enfant n'arrivait à l'oublier… Pourtant, malgré tous les efforts du monde, il ne la retrouvait pas. Un jour, on lui rapporta que son père, Gustave Daaé était décédé de maladie au début de l'hiver 1860 à Paris. Mais personne ne savait où était désormais sa fille. Retournée en Suède ? Ou bien dans un autre pays d'Europe ? Comme pour rendre hommage à cet amour d'enfance et à cet homme qui fut un violoniste de talent, il décida de devenir mécène de l'Opéra Populaire.

Ce fut comme un signe du destin, Dieu avait tout orchestré. Et il la retrouva. Son tendre amour à la voix d'ange…

Mais depuis leurs retrouvailles, quelques choses avaient définitivement changé en Christine. Il ne savait si c'était en son regard ou sa manière d'être… Mais elle n'était que l'ombre d'elle-même, la mélancolie ne quittait son regard noisette, elle maigrissait de jour en jour… Elle semblait attendre désespérément que la mort vienne la chercher. Il avait entendu, au détour d'une conversation en Madame Giry et sa fille, que sa petit Lotte n'avait jamais réussi à aller au-delà du décès de son père et qu'encore aujourd'hui elle hurlait sa peine dans la Chapelle de l'Opéra… Pouvait-il réellement la blâmer ? Il avait perdu son père à un âge déjà bien avancé et sa mère était toujours en vie. Il ne saurait jamais ce qu'était le fait d'être Orphelin à sept ans…

La voiture des Chagny s'arrêta devant le restaurant le plus côté de Paris, le Maxim's. Il se trouvait au Faubourg St. Honoré et toute la bourgeoisie de Paris s'y rendait avec délice. Raoul aida la jeune femme à descendre de la voiture et tout deux rentrèrent dans le restaurant. La jeune femme était à la fois émerveillée et mal à l'aise face à ce décor si majestueux. Le couple s'installa à une table et une femme vint leur servir une nourriture exquise et un vin des plus sucré. Christine n'avait pas faim, mais elle se força à manger, mais elle ne but qu'une coupe de vin qu'elle termina non sans mal. Elle avait horreur de l'alcool. Cela endommageait sa voix et qui plus est, faisait perdre l'esprit.

Raoul et elle se remémorèrent des souvenirs d'enfances, des moments partagés. Longuement celui-ci lui parla de lui-même, du décès de son père, de sa mère plus que présente, de son impatience à devenir le chef de famille et de fonder sa propre famille. Christine écoutait le discours de son ami d'une oreille distraite. Ses pensées n'étant tourné que vers son Ange.

Peut-être… Si elle essayait de retourner dans la loge de la Prima-Dona ? Par le miroir… Non… C'était impossible de rentrer dans la loge de la Prima-Dona sans les clés… Et si elle se faisait surprendre… Non… Elle ne pouvait pas…

« Christine…

- Oui ?

- Tu ne m'écoutais pas…

- Ô Raoul je suis sincèrement désolée mais je suis épuisée. Je pense que nous devrions rentrer… »

Raoul acquiesça non sans tenter de cacher sa frustration qui pourtant sauta aux yeux de Christine. La jeune femme désormais mal à l'aise attendit le Vicomte, Raoul paya et tous deux sortir sans un mot.

Mais alors qu'il prenait le chemin de la voiture, Raoul se stoppa sur la place de la fontaine, c'était une minuscule place où brillait les lampadaires jusque tard dans la nuit et où la fontaine entourée de rosier donnait cet aspect si romantique.

La malaise s'insinua plus encore en Christine tandis que, lentement, Raoul attira la jeune femme contre lui. Leurs lèvres se scellèrent dans un baiser amoureux et Raoul vint lentement poser un genou à terre tout en sortant de sa poche une boite dans laquelle résidait une bague. C'était une magnifique bague en or surmontée d'un diamant scintillant et entouré de plusieurs minuscules diamants formant ainsi une fleur. Christine porta ses mains à sa bouche tant la surprise la gagnait. Cela faisait à peine un mois qu'il s'était retrouvé… A peine un mois… Comment cela était-il possible ?

« Raoul… Je …

- Christine, depuis notre plus tendre enfance, tu es celle qui illumine mes jours et mes nuits, depuis notre séparation, je n'ai de cesse de penser à toi. Te retrouver à l'Opéra Populaire relevait du miracle et j'en suis si heureux. Je ne veux plus être séparer de toi, mon Amour. Veux-tu m'épouser ?

- Ô mon tendre Raoul… »

La peine vint se lire dans les yeux de Christine qui fixait désormais la bague…

« Je ne peux accepter…

- Je t'en prie, si tu veux réfléchir, fais-le, ne me donne pas de réponse hâtive… Mais prends cette bague et réfléchi. »

Raoul prit la bague entre ses doigts et la passa au doigt de la jeune femme qui resta figée. Le Vicomte embrassa sa Petite Lotte dans un geste chaste avant de murmurer.

« Ce n'est qu'une promesse temporaire. Mais s'il te plait, réfléchis. »

Christine ne répondit rien, sous le choque qu'ainsi des fiançailles lui soit imposée. Le Vicomte finit par raccompagner la jeune Soprane jusqu'à l'Opéra avant de lui-même rentrer à l'hôtel des Chagny. Christine, à peine eut-elle passer la porte de l'Opéra qu'elle se mit à courir jusqu'à la Chapelle. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, ses sanglots secouait son corps entier et à peine eut-elle franchit l'encadrement de la porte qu'un lourd hoquet vint franchir ses lèvres avec douleur.

Pourquoi ? Pourquoi n'arrivait-elle pas repousser Raoul ?

Pourquoi son Ange restait-il silencieux ?

Pourquoi tout cela lui arrivait-il en même temps ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?!

« Pourquoi ?! »

Son cri rageur frappa tel un écho les murs de la Chapelle résonnant dans cette petite pièce exiguë. Les sanglots redoublèrent tandis que sa voix s'élevait, plus brisée que jamais.

« Ange de la Musique… Parles je t'écoute…
Ange de la Musique… Guide et Gardien…
Montre-toi…
»

Et tandis que les sanglots redoublèrent plus encore, une douceur odeur de rose imprégna la pièce. Christine se releva alors lentement et alors qu'elle perdait peu à peu espoir, sa voix de cristal s'éleva dans l'air, tel un dernier appel, tel une dernière supplique…

« La journée commence, la journée se termine,
Le temps défile,
La nuit s'infiltre, arpentant le sol,
Les moments glissent
Pourtant, je ne supporte pas de dormir,
Jusqu'à ce que je vous entende chanter. »

Le silence régnait toujours dans la pièce, mais l'odeur de rose, elle, était là, les larmes inondant son visage, Christine continua son appel au secours… Elle avait brisé cette relation avec son ange, elle avait gâché cet amour unique

« Et les semaines passent, et les mois passent,
Les saisons volent,
Vous ne franchissez toujours pas la porte,
Et dans ce brouillard,
Je compte les jours silencieux…
Jusqu'à ce que je vous entende chanter une fois de plus… »

Cette fois, Christine s'écroula, ce silence était une torture pour son âme. L'Ange de la Musique avait imprégner son être de son talent et désormais elle se sentait telle une orpheline. La plaie béante de son enfance causée par la mort de ses parents se rouvrait, ce que son Ange avait pansé, guérit par sa simple voix mélodieuse revenait en elle avec une douleur plus forte encore.

« L'Ange de la Musique chantait dans ma tête… »

Telle une dernière complainte, la jeune femme supplia, et dans un murmure, elle l'entendit.

« Et parfois la nuit,
Je rêve que tu es là,
Mais je me réveilles en ne tenant rien d'autre que l'air vide. »

La jeune femme fixait la Chapelle, rien, ni personne n'était là. Mais sa voix résonnait en son âme tel une harmonie grâcieuse. Il était là, son Ange était revenu.

« Et les années viennent, et les années passent,
Le temps s'épuise,
Pourtant j'ai mal jusqu'au cœur,
Mon âme brisée,
Ne peut pas être vivante et entière,
Jusqu'à ce que je t'entende chanter une fois de plus… »

La voix de son Ange semblait brisée, brisée comme celle d'un homme qui avait trop pleurée. Brisée comme celle d'un homme qui avait le cœur brisé par la haine et le tourment. Qu'avait-elle fait ? Dans un murmure, elle tenta de répondre, comme si ces suppliques le feraient réapparaître.

« Et la musique, ta musique,
Me tourmente,
Je me tourne et elle s'estompe, et tu n'es pas là… »

Une brise caressa son visage, fermant les yeux, Christine eut la sensation, l'espace d'un instant qu'il était là, juste derrière elle et qu'il embrassait son âme avec son art. Son chant mélodieux résonnant à son oreille.

« Laisse passer les espoirs, laisse passer les rêves,
Laisse les mourir. »

Elle se sentait fébrile tandis que ce qu'elle crut être la main de son précepteur lui caressa la joue. Dans le tourment, elle tenta de lui répondre…

« Sans toi, à quoi servent-ils ? »

La voix du ténor reprit avec plus de force encore, faisant vibrer la jeune femme de tout son être.

« Je me sentirai toujours,
Pas plus qu'à moitié réel
Jusqu'à ce que je t'entende chanter une fois de plus. »2

Le silence revint, seul l'écho de ce cri de désespoir de l'Ange résonnait encore dans la Chapelle, et Christine pleura à nouveau, s'endormant presque sur le sol froid de la Chapelle. Pourquoi l'amour faisait-il si mal ?


Note :

1 Dieu que le monde est injuste écrit par Luc Plamondon et chanté par Garou (de Notre Dame de Paris)

2 'Till I Hear you sing de Andrew Lloyd Weber et Glenn Ewan Slater. Chanté par Ramin Karimloo (Love Never Dies).

Alors ? Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? J'avoue en être assez fière ! :D

A Samedi ! :)