Chapitre 2 : Tout recommencer

Je n'avais pas senti pas la chute.

Je ne m'étais pas sentie tomber.

Je n'avais pas ressenti pas cette braise m'emporter.

Je ne pouvais plus rien ressentir.

Je n'avais plus froid. Je n'avais plus ce pincement aigu dans ma poitrine. Je ne ressentais plus ces larmes, ce poids.

Plus rien.

Et c'était bien étrange.

La lumière blanche, éblouissante, dans laquelle je m'étais emportée ne me terrifiait pas. Je ne savais où je m'étais téléportée mais, où que je sois, j'avais la certitude que rien ne pouvait m'arriver.

J'étais déjà morte, après tout. Pas vrai ? Que pourrait-il m'arriver d'autre ?

Surprise par cette pensée morbide, toutefois véridique, la luminosité devint tout à coup plus forte. Beaucoup trop forte pour mes yeux. Tentant de les protéger avec mon bras, je discernais quelque chose se former.

Une petite forme blanche, plus foncée que le reste de ce monde, s'avança.

Alors que le monde commençait à se transformer, je pouvais ressentir le sol se mouvoir et de l'herbe pousser à mes pieds. Un arbre naquit à mes côtés et, à ma grande surprise, une petite cabane apparut en face de moi. Ce monde mystérieux restait clair et lumineux mais, à présent, j'arrivais à le voir. Ce monde mystérieux restait clair et luminaux à un niveau où ma vue n'était plus entravée.

La chose était assise devant la cabane. Je l'observai.

De longs cheveux blancs entouraient un visage fin, un petit corps replié en deux détachait les pétales d'une fleur.

Il y avait quelque chose d'inhumain dans ses traits. Quelque chose d'indescriptible. Tout semblait trop artificiel, et cette chose était impossible à genrer ou reconnaitre. Ni un homme, ni une femme, ni une bête.

Tout à coup, ce petit corps me regarda, souriant, et m'invita d'un geste de la main à le rejoindre.

J'avançais, un pas devant l'autre, ayant la sensation de marcher sur du coton. Rien n'était habituel dans ce lieu.

Arrivée devant la cabane, le sourire amical de La Chose s'effaça. Elle plissa les sourcils, des yeux foncés, complètement noirs, ne cachaient pas du tout son exaspération. De fines lèvres rosâtres, un nez en trompette et des pommettes saillantes accentuaient les courbes non-genrées de ce visage si étrange.

Comme un parent grondant son enfant, j'entendis, pour la première fois, cette voix mélodique. Un soprano lyrique enchantant sortant des mots meurtriers.

Tu as tout raté.

Levant un sourcil, je dévisageais cette chose. Comment pouvait-elle oser me réprimander alors que je me retrouvais totalement déboussolée dans un autre monde, juste après ma mort. Mais pour qui ce truc se prend.

Tu dois recommencer, c'est tout ce qu'il te reste à faire maintenant, fit-elle d'un air dégouté.

Quoi ?

Ma propre voix me paraissait également différente. Plus ferme, plus froide que dans mes souvenirs.

La Chose soupira et jeta la fleur avec agacement, à ses pieds. Elle se leva rapidement et s'approcha de moi. Je baissais la tête et encrais mes yeux dans les siens. Si ce truc se sentait dominant, il n'en était rien. Ce corps ne devait mesurer plus d'un mètre.

Il y a eu une erreur, ce n'était pas supposé se passer comme ça. Tu dois recommencer.

Et, ainsi, sans un mot de plus, tout autour de moi disparu aussi vite qu'apparu, sans même que j'eu le temps de comprendre ce que signifiaient les paroles de cette Chose.

Et, ainsi, sans un mot de plus, je me retrouvais emportée par les limbes. Ma tête bourdonnante, mon équilibre perdu, je m'endormis et oubliais. Ce lieu, cet être, ce sentiment de sécurité… Toi.

J'oubliais ta perte, j'oubliais mon chagrin.


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