Nouveau chapitre : Petite note pour faire part des modifications physiques et psychologique des personnages, j'espère que cela ne gène pas et, si c'est le cas, je modifierai ^^


Chapitre 3 : Seconde chance

Une violente sensation de vertige surprit la jeune fille dans son lit, la réveillant en sursaut. Son rêve avait été des plus étranges. Elle s'était imaginée tomber dans un trou sans fin, entourée d'un voile blanc et oppressant.

Se redressant, la main sur le cœur, elle reprit doucement son souffle, regardant furtivement son réveil ; six heures cinquante-trois. Soulagée, elle se recoucha sur le dos, tentant de se détendre. Ses yeux contemplèrent le plafond, sa main toujours sur son cœur, ce dernier battant la chamade.

Sachant que dans huit minutes son réveil sonnera, elle décida, après avoir repris contenance, que rester coucher était inutile. Elle prit son téléphone et, plissant des yeux, regardait les notifications présentes.

Un mail frauduleux et des nouvelles publications sur Instagram. Rien de passionnant.

Elle leva les yeux au ciel, s'imaginant déjà la journée banale qu'elle passerait, sachant déjà comment la semaine allait finir avant même de sortir de son lit. Vivre tous les jours la même journée était une véritable source d'angoisse, elle détestait le lycée et avait hâte d'en finir. Ce matin était particulièrement éprouvant puisqu'il s'agissait du premier lundi après les vacances d'hiver.

Plus que cinq mois, songea-t-elle. Dans cinq mois, elle sera enfin à l'université. Cette unique motivation la poussa à se lever.

Tombant face à mon miroir, l'adolescente se contempla. Le contraste de ses cheveux foncés avec ses yeux gris lui donnait une apparence froide naturelle d'après ses amis. Avec des sourcils arqués, ses traits paraissaient durs et son comportement public n'arrangeait rien à cette réputation. Ce matin, seuls des cernes rouges étaient témoins de sa mauvaise nuit.

Une fois apprêtée, elle descendit vers la cuisine. Etant trop matinale pour un lundi matin, elle en profita pour préparer le petit déjeuner – pancakes, œuf au plat et jus d'orange frais.

L'adolescente aimait cuisiner. Ça la mettait de bonne humeur, contrairement à conduire. Encore plus conduire avec un passager. Cette seule idée la révulsait. Elle gardait encore un souvenir amer de ses cours de conduites.

Pensive, elle observa l'extérieur de la maison. Depuis la cuisine américaine, ouverte sur un salon luxueux, des baies vitrées donnaient vue sur la mer, la plage à l'horizon. Un grand luxe, qui n'en palliait cependant pas l'absence abusive de son père, plus inquiet pour ses patients que ses enfants.

Il était sept heures trente quand elle entendit des bruits de pas empressés dans les escaliers. Son petit frère, se hâtait, courant dans la cuisine.

– T'es à la bourre, connard, fit-elle, aigre.

Les grands yeux bleus de Jasper se levèrent, presque paniqués, avant de soupirer.

– Tu te débrouilles pour aller en cours, trancha-t-elle finalement.

Tournant des talons, la jeune fille rejoignit sa salle de bain pour finir sa petite routine. Au moins, Jasper pouvait profiter de ce que j'ai cuisiné, se dit-elle pour compenser son manque de compassion.

Finalement, la jeune fille laissa partir son petit frère avant elle, courant presque après le bus tandis qu'elle montait dans sa voiture, était persuadée d'arriver à l'heure et sans témoins (ou potentiels victimes) de sa conduite.

Une fois arrivée à destination, elle aperçut une blonde, Rosalie, sa meilleure amie, en train de discuter devant les portes avec son groupe de potes. Elle devait se l'avouer, retrouver ses amis rendait la journée bien plus attrayante. Un sourire se dessina enfin sur ses traits.

– Alors ? Toi et Emmett ? demanda la brune à sa meilleure amie, curieuse.

– Je n'y crois pas ! Tu as vu ce qu'on a fait à la soirée du nouvel an ?

Elle secoua la tête de droite à gauche. Oui, elle les avait bien vus mais elle souhaitait avant tout connaitre son point de vue et non l'idée qu'elle s'était faite par elle-même en les voyants se tourner autour toute la soirée.

– Oh, vraiment ? lui demanda Rosalie, aguicheuse.

Malgré les paroles de son amie, Rosalie savait que cette dernière avait été bien trop occupée avec un autre garçon pour avoir prêter attention à elle.

– Ta gueule, répliqua la brune, mi-gênée, mi-amusée.

Rosalie lui sourit. Les deux filles s'échangèrent un regard complice avant que la blonde n'avoue la suite des évènements.

– Il m'a embrassée. On a passé le restant des vacances ensemble, c'était génial.

Les yeux marrons de Rosalie brillaient ce qui fit sourire son amie.

– Vous êtes en couple, alors ?

Elle cacha son visage dans ses mains, tentant de dissimuler ses rougissements.

Un rire franc s'échappa de la fille aux yeux gris.

Arrivée devant sa première classe de la journée, elle souhaitait déjà retrouver Rosalie, et prier pour que ce lundi se passe vite. Malheureusement, comme attendu, les cours étaient lents et ennuyants. Elle se surprit même à gribouiller dans son cahier et à rêvasser, regardant toutes les cinq minutes l'horloge.

Les options mathématiques et scientifiques n'étaient pas les plus séduisantes, ni les plus abondantes dans ce lycée. Les options artistiques et littéraires avaient bien plus de succès. La lycéenne aimait beaucoup la poésie, lire, apprendre des choses utiles. Elle pensait que l'art n'apportait rien de concret, très peu de personnes gagnent beaucoup d'argent en travaillant dans ces secteurs, et peu réussissaient vraiment. Cette option est, par conséquent, inutile et totalement débile, donc.

Et dire que son frère se trouvait en option de dessin. Jamais il ne deviendra un peintre connu, qu'il se mette le doigt dans l'œil, se disait-elle.

Plus tard, ce qu'elle voulait, était de gagner sa vie posément, être sa propre patronne et n'avoir personne pour lui donner des ordres ou lui réclamer d'effectuer son travail autrement. Jamais elle ne pourrait survivre en tant qu'employée, l'idée même lui donne envie de vomir.

Sans surprise, tous les mecs de son option la trouvaient « intimidante ». Avec son air froid, sa façon rude de s'exprimer et de se faire comprendre, elle portait l'étiquette de la fille « pas commode », mais cela illustrait parfaitement sa vocation de future chef d'entreprise.

Sortant de ses rêveries, revenant contre son gré à la réalité, elle se rendis à son dernier cours de la matinée - histoire.

Ce n'était pas l'option qui la dérangeait le plus, elle gonflait sa culture générale après tout. Elle possédait de grandes facilités pour ce cours, il ne lui demandait pas beaucoup d'efforts et c'est bien ce qui la dérangeait. Il n'y avait pas ce challenge. Il ne présentait donc aucun intérêt, encore une fois.

Ce fut avec indifférence qu'elle s'installa à une table près de la fenêtre. Habituellement, personne ne venait à ses côtés, sauf si un ami partageait un cours avec elle ce qui n'était pas le cas ici. A ce cours, elle partageait sa paillasse avec un certain Edward Masen. Mis à part pour des exercices en groupe, ils ne s'étaient jamais parlé.

Masen était un garçon toujours calme, renfermé sur lui-même. Jamais les yeux des deux camarades ne s'étaient croisés sans que le garçon ne se mette à rougir stupidement.

Aucune conversation, même lors de ces petits travaux. Elle lui avait toujours dit quoi exécuter et – oh miracle ! – il s'y était toujours exécuté.

Sans émettre un mot.

C'est pourquoi lorsque le professeur leur demanda de réaliser un travail qui comptera pour la moitié de la note finale, elle fut surprise d'entendre sa voix.

– Tu… Tu vas faire ce travail ?

Elle leva un sourcil, rencontrant deux iris vertes, fuyants sur le côté.

– Il compte pour la moitié de la note, répondit-elle, glaciale.

Il était stupide de poser une question aussi évidente.

Les joues du garçon prirent une teinte rosée écœurante, tel un petit porcelet.

– Non, je sais, je veux dire… Tu veux le f-faire – seule ?

– Oui, répondit-elle rapidement.

Ils avaient le choix d'effectuer ce travail par binôme ou seul et, comme personne ne suivait son rythme de travail et qu'en plus elle était toujours plus intelligente (selon elle), l'adolescente préférait réaliser ses travaux elle-même.

La grande Bella ne laissait personne décider de son destin, elle ne pouvait qu'en vouloir à elle-même si elle échouait.

Ce qui ne lui arrivait jamais, évidemment.

Après cette brève conversation, le professeur autorisa les élèves à sortir, ce qu'elle fit sans plus de conversation avec son voisin de paillasse.

C'était avec le ventre creux qu'elle arriva au réfectoire.

Sa place toujours disponible, elle ne perdit pas de temps avant de s'installer. Très vite, tout son groupe d'amis arriva et la conversation commença gaiement.

Ils parlaient de vacances, de la soirée du nouvel an, des potins…

Les entendant sans les écouter, elle sentait que quelque chose n'allait pas. En elle. Elle ne pouvait exprimer exactement quel sentiment étrange elle ressentait, comme si elle avait oublié quelque chose. Un sentiment très familier et pourtant si frustrant.

Bella n'avait pas l'habitude de ressentir cette boule au fond de son estomac et pourtant, la chose oubliée l'angoissait. Avec un œil furtif, elle contempla la salle. Celle-ci était remplie, Bella pouvait reconnaitre certains visages, des personnes qui avaient cours avec elle, leurs amis – ces gens qu'elle croisait depuis des années.

Mais ce sentiment ne la perdit pas. Elle commençait vraiment à se sentir mal. Cette boule au fond de son être remontait doucement vers le haut de son estomac et l'envie de vomir lui prit d'un seul coup.

Sans perdre une seconde, ne prenant que son sac à dos, elle sortit en courant de la cafétéria, direction les toilettes. A son plus grand malheur, une file s'était formée devant les toilettes des filles.

Elle ne prit qu'une seconde à réfléchir, regardant l'entrée vide des toilettes des hommes.

Et puis merde, pensa-t-elle.

Elle ouvrit subitement la porte destinée aux hommes et s'engouffra dans une toilette, son déjeuner rapidement perdu.

Bella ne se sentait pas malade ce matin. Elle se demandait ce qui a pu se passer, se remémorant son petit-déjeuner. Peut-être que le pain n'était plus bon ? Le jambon ou le fromage pourri ?

Elle n'y croyait guère.

Vraiment étrange.

Une fois son estomac vide, elle s'assit dos à la porte. Fermant les yeux, elle frotta la sueur de son front avec lamanches de son pull.

C'était tout juste. Encore un peu et je vomissais devant tout le monde.

Elle resta ainsi pendant quelques minutes lorsqu'un sanglot étouffé se fit entendre. Avait-elle bien entendu ? Elle était confuse. Quelqu'un pleurait ? Dans les toilettes ? Pourquoi ?

Un deuxième sanglot étouffé apparu et elle sursauta. Oui, quelqu'un pleurait vraiment dans une toilette à côté.

Elle ne savait quoi faire, totalement perdue. Savait-il qu'une fille était là ? Depuis quand était-il là ? Devait-elle annoncer sa présence ?

Après quelques secondes, un léger mais franc « Tout va bien ? » finit par franchir ses lèvres.

Elle n'avait clairement pas l'habitude de parler sentiments. Pleurer, c'était pour les faibles.

Les sanglots s'arrêtèrent et plus aucun son ne résonnait dans cette pièce.

L'adolescente commençait doucement mais sûrement à s'énerver contre le garçon, ne supportant pas ce silence. Son cœur battait plus fort, et ses mains tremblaient à ses côtés. Elle devait se montrer moins émotive, elle ne pouvait s'agacer autant pour si peu.

– Je sais que tu es là et je sais que tu pleures, souffla-t-elle. Rien ne sert de te cacher.

Elle ouvrit la porte et sorti des toilettes pour se laver les mains et se rafraichir le visage. Elle prit une bouteille d'eau de son sac et bu un peu.

– Je ne partirai pas, fini-t-elle, prenant ce silence après sa sympathie pour un défi personnel qu'elle devait maintenant relever.

L'inconnu inspira. Elle pouvait entendre les soubresauts de sa voix lorsqu'il répondit enfin.

– Je vais rater le cours d'histoire, sanglota la voix.

Le choc l'envahit. Elle reconnut cette voix, une voix entendue il y quelques minutes seulement.

Un doux ténor mielleux, appartenant à un brun aux yeux verts.

– Edward ?

Elle voulait frapper à sa porte mais elle l'entendit la déverrouiller et en sortir. Il était grand, dix bons centimètres en plus que le mètre soixante-et-onze d'Bella. C'était bizarre de voir les yeux de ce garçon rougis sur une peau si pâle.

– Je suis désolé, je ne voulais pas…

– Non, le coupa-t-elle.

Bella détestait encore plus les gens qui s'excusent pour un rien.

– Pourquoi tu vas rater histoire ?

Il soupira, plaçant sa main contre sa nuque.

– Je-… Tu-

Il semblait tendu, très tendu, alors qu'Bella l'intimidait, plissant ses yeux gris et prenant son visage le plus stricte. Elle se radoucit une fois qu'il ouvrit à nouveau la bouche pour former de vraies phrases. Pour exprimer ses pensées profondes.

– Je suis si nul ! reprit-il, les épaules tombantes, l'avouer à haute voix étant bien plus difficile. Le travail demande beaucoup de temps et de préparation, et c'est un exposé oral et… et je n'ai pas le temps ! Je travaille pour me payer ces études à l'université, je suis déjà en train de rater ce cours, si je n'ai pas la moyenne je ne vais pas pouvoir entrer dans l'université que je veux et… parler devant tout le monde…

– D'accord, j'ai compris, le coupa-t-elle encore.

Edward retira ses mains de ses cheveux. Il n'avait pas réalisé ce geste consciemment, tentant tant bien que mal de calmer sa crise d'angoisse.

– Fais-le avec moi, enchaina-t-elle, haussant les épaules.

Ces mots sortirent trop rapidement de sa bouche, elle-même se surprit à lui proposer son aide. Les yeux émeraude de Edward s'agrandirent et ses tremblements s'arrêtèrent pendant une seconde.

– V-vraiment ?

Elle-même n'y croyait pas, en vérité. Elle avait été tellement en colère de voir ce garçon si triste pour si peu que la seule solution évidente qu'elle trouva était d'être en binôme avec lui.

– Tu devras suivre quelques règles.

Il acquiesça vivement.

– Tu fais ce que je dis, je veux ta partie du travail à temps, je veux écrire le travail et je veux que tu t'occupes du Power Point pour la présentation, il devra me plaire. Aucun retard, aucune excuse, ne sera toléré.

Elle avait déjà fait assez de travaux de groupe pour connaitre le fonctionnement. Personne n'était présent, personne n'effectuait le travail, les autres n'avaient pas la même motivation qu'elle et, au final, elle présentait le devoir seule avec les autres décorant l'arrière-plan.

Elle voulait réussir, avoir une bonne note et si elle devait le réaliser toute seule, elle préférait être vraiment seule pour le faire. Elle ne voulait pas être encore une fois la bonne conne à donner un A au groupe alors qu'ils n'avaient pas levé le petit doigt.

Ce schéma était trop fréquent !

Parce que des excuses à la dernière minute du style « j'avais un rendez-vous chez le médecin » ou « j'ai pas pu lire cet article mais tu peux le faire tu comprends mieux que moi de toute façon » ne fonctionnera pas cette fois.

– D'accord, acquiesça Edward.

– Je veux que tu sois disponible à tout moment. Pas de fausses excuses.

– Sans soucis, juste je travaille…

– Pas mon problème. Tu fais le taff que je te donne, c'est le deal. Le 'je n'ai pas le temps' c'est du bullshit. Du temps, ça se trouve.

Elle sortit son téléphone et lui demanda d'y introduire son numéro. Il s'y exécuta, ne réfléchissant pas une seconde, se donnant à Bella comme si elle était sa sauveuse, son Messi.

– M-merci, dit-il en lui rendant le téléphone.

– T'as intérêt à faire ça bien.

Tournant des talons, elle sorti, se demandant ce qu'elle venait de faire.

C'était tellement contraire à son comportement, qu'elle se surprenait.


Merci et Review pour la suite ? :) Ca me motive à poster xD