Chapitre 4 : Les douces délices du destin

C'était avec ces pensées irritantes qu'Bella cherchait Edward dans la cafétéria, les sourcils froncés.

L'adolescente n'arrivait à comprendre ce qu'il s'était passé la veille, comment avait-elle osé partager le fruit de son travail avec quelqu'un d'autre ? Quelqu'un qu'elle ne connait pas, en plus. Elle pensait encore qu'il allait trouver des excuses bidon, et qu'elle allait devoir effectuer ce travail toute seule. Et elle ne voulait surtout pas partager son mérité, il en était hors de question pour la brune.

De plus, il tentait déjà de justifier des absences. Bella ne pouvait y croire, elle devait absolument empêcher cela. Il devra effectuer ce travail avec quelqu'un d'autre, c'était définitif.

Zieutant dans toute la salle pendant deux bonnes minutes, elle tomba enfin sur lui, installé au fond, à une table vide dans un coin. Dos à elle. Heureusement qu'elle avait une excellente mémoire visuelle.

– Je reviens, lança-t-elle à Rosalie avant de rejoindre le brun.

Son amie acquiesça lentement avant de retrouver leurs amis à leur table habituelle – se situant à l'autre bout de la pièce.

C'était avec détermination qu'elle s'avança vers lui. Plus elle se rapprochait, plus elle pouvait sentir une émotion étrange naitre au fond d'elle, une émotion inhabituelle. Elle serra le poing, tentant de maitriser sa frustration.

Bruyamment, elle déposa son plateau-repas sur la table, faisant sursauter le solitaire. Elle le surplombait de sa taille, le regardant en haussant un sourcil, hautaine. Les yeux émeraude du garçon s'encrèrent dans ses prunelles argent, et la douleur qu'elle aperçut déchira ses intentions en millions de petits morceaux. En une seconde, tout en elle changea et elle ne le voyait plus de la même manière. Ses traits s'adoucirent, son poing se desserra. Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit.

La brune se questionna un instant, se demandant ce que ce regard pouvait exprimer. De la tristesse ? Pourquoi donc, se questionna-t-elle.

Et plus étonnant encore, elle réalisa que cette observation ne la laissait pas de marbre.

Elle ressentit un coup de poignard en plein cœur. Encore un sentiment étrange pour la brune. Elle se disait que c'était surement de la colère, comme hier, parce qu'il était malheureux pour rien. Qu'il pleurait, qu'elle ne supporte pas ces émotions négatives.

– Pourquoi tu ne manges pas ? finit-elle par débiter, d'un ton plus sévère qu'espéré.

Edward baissa son regard vers sa table, vide, haussant simplement les épaules. Mis à part le fait qu'il triturait ses mains sous la table (chose qu'Bella ne pouvait voir), tout son corps restait immobile.

Bella resta muette, à présent physiquement incapable de lui révéler qu'elle ne voulait pas travailler avec lui, sans pour autant en comprendre la raison.

A la place, d'autres mots inattendus sortirent de sa bouche.

– Tu as déjà réfléchi à un sujet ?

Comme si elle avait toujours voulu lui demander ça.

Edward fronça subtilement les sourcils avant de relever ses deux émeraudes. Il déglutit difficilement avant de formuler une réponse réfléchie.

– Je… commença-t-il, la voix rauque. Il se racla la gorge. Je pensais à faire à propos du Jazz. L'évolution du Jazz aux Etats-Unis.

Bella était surprise face à cette proposition mais surtout par son changement brutal d'expression. Elle pouvait y voir une lueur nouvelle, de l'excitation. Elle comprit alors que ce sujet lui tenait à cœur, et elle fut encore plus surprise d'apprendre qu'ils avaient un point en commun.

– Tu aimes le jazz ?

Il hocha doucement la tête.

– Si ça ne te plait pas, on peut faire sur le sujet que tu veux je… il baissa à nouveau les yeux, continuant de se tordre les mains. Ce n'est rien.

– Non. C'est parfait. On commence vendredi vingt heures, chez moi.

Sans attendre un mot ni un regard de plus, elle tourna des talons et rejoignit ses amis, pestant contre elle-même de n'avoir pas été capable de l'éconduire.

Pourtant, malgré ses pensées sanglantes, elle effectuait tout son possible pour ne pas penser au point commun qui les lie – l'amour du jazz.

Soupirant à ses amis, elle déposa encore une fois bruyamment son plateau-repas sur la table avant de s'asseoir.

– Tu faisais quoi ? demanda gentiment Rosalie.

Un soupir lui échappa tandis que ses yeux rencontrèrent le ciel.

– Je dois me le farcir pour un travail de groupe, dit-elle en pointant le brun à la capuche du menton. Il me fait trop pitié, je n'ai pas pu refuser. Charité tout ça. Il aurait raté sans moi, s'indigna-t-elle, glaciale.

Elle voulut prendre (enfin) une bouchée de son repas tranquillement mais le regard meurtrier de sa meilleure amie l'en empêcha. Les yeux de Rosalie étaient devenus grands et sa respiration se coupa, cessant tout mouvements.

– Pardon ?! s'exclama Rosalie. T'es pas sérieuse ?

Un haussement de sourcil et un geste de la main tenant la fourchette demandaient à Rosalie de développer.

– Tu es sérieusement en train de dire qu'il t'a eu par pitié ? Charité ? Tu ne peux donc pas avoir une once de gentillesse en toi ? Faire quelque chose de bien parce que c'est la meilleure chose à faire ?!

Bella était dépourvue face au timbre franc de sa meilleure amie. Rosalie était toujours cette fille calme, attentionné et gentille. Elle ne s'énervait jamais.

Entendre quelqu'un hausser le ton ne fit qu'irriter davantage Bella.

– Quoi ? Mais je n'y crois pas ! Pourquoi je me mettrais de moi-même en groupe avec quelqu'un pour faire un stupide travail ?

– Ce n'est pas ça le problème ! s'énerva-t-elle.

– C'est quoi alors ?

– Le problème, c'est que tu es égoïste et tu ne penses qu'à ton petit travail, tes petites notes, ta petite personne. Mais tu es juste odieuse, tu…

– Tu rigoles ! s'apostropha-t-elle à son tour. J'ai accepté de faire ce travail avec lui !

– Oui ! Mais pas pour la bonne raison ! Et puis, tu le connais ? Tu sais pourquoi il aurait raté ?

– Tu le sais toi, peut-être ?!

– Oui ! Je fais attention aux autres, contrairement à une certaine personne !

Soudainement, Rosalie prit son plateau-repas et se leva de sa chaise. Bella ne la quittait pas des yeux alors qu'elle allait rejoindre Edward quelques tables plus loin, s'installant même à ses côtés.

Bella soupira bruyamment, un sourire amer collé à ses lèvres.

Elle pensait que Rosalie ne racontait que des conneries. Il est évident qu'Bella n'était pas si nombriliste, qu'elle regardait autour d'elle et jamais de la vie elle n'avait vu Rosalie s'installer avec lui pour déjeuner. Ou même lui parler.

Tournant la tête vers sa table, elle discerna la surprise se dessiner sur les visages de ses amis. Elle jurerait que quelques-uns avaient leur bouche ouverte.

– Quoi ? souffla-t-elle.

– C'était chaud, s'exclama Jessica Yates.

– C'est quoi votre problème ? s'indigna une dernière fois Bella, avant de commencer enfin son repas.


Désolé ! C'était un petit chapitre et j'ai mis du temps avant de poster. Merci pour les reviews, je vais essayer d'être un peu plus rapide la prochaine fois :)
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