Hello, je sais que je publie très très peu cette petite histoire, et pas du tout régulièrement; mais je tiens à ce que ces chapitres soient bien et si je dois mettre deux mois avant d'en écrire un de bonne qualité, c'est préférable je trouve :)
enfin voilà, un chapitre plus long et qui, j'espère, plaira tout autant.
(à noté que c'est le 2ème pour aout :p)
Chapitre 9 : Ombrage
La respiration haletante de deux être résonnaient. Tous deux enlacés, ils embrassaient ce relâchement de sérotonine avec douceur. Bella avait sa main sur son torse, et pensait à des tonnes de choses en même temps. Elle n'avait pas retiré de son esprit les évènements de la veille, et se surprit à se demander si le garçon était à présent en sécurité.
Un baiser vint chatouiller ses cheveux et elle soupira. Les câlins ne duraient jamais assez longtemps selon son compagnon, mais il ne fut pas surpris lorsqu'elle se leva et s'habilla, hâtive.
Il était pourtant habitué. Il savait qu'elle ne restait jamais, qu'elle n'était pas très tactile, mais il espérait à chaque fois qu'elle reste un peu plus longtemps, qu'elle l'embrasse, lui tienne la main. Qu'elle pose sa tête contre son torse et qu'elle le regarde avec admiration.
Rien de tout cela n'arrivait. Il n'osait s'avouer à quel point Bella le blessait en ces moments.
Une fois rhabillée, elle se coucha sur son lit, dos à lui. Le regard d'Bella se perdit et elle entra dans un monde qu'elle seule pouvait connaitre, qu'elle seule pouvait franchir.
N'en ayant pas conscience, il enroula son bras autour de ses épaules, l'enlaçant en cuiller. Il profitait de l'odeur de ses cheveux, de la douceur de sa peau un peu plus longtemps, tandis qu'elle réfléchissait encore. Il semblait que son esprit ne s'arrêtait jamais, mais ces derniers temps, elle ne pensait qu'à des yeux verts.
Elle soupira enfin, chassant ses états d'âme.
– A quoi tu penses ? susurra la voix rauque de Félix Moody dans son oreille.
Bella répondit d'un haussement d'épaule.
– J'ai vu Edward hier, répondit-elle, comme s'il n'était rien.
Félix senti son estomac se resserrer et son cœur manquer un battement. Il ne s'attendait pas à cette réponse.
– Ah ?
Une curiosité morbide le consuma et une haine injustifiée s'intensifia pour ce garçon. Il ne le considérait pas, le sentant malingre, seul, et sans défense. Il prenait du plaisir à se moquer de lui, rire lorsqu'il répondait (bien ou mal) à une question d'un professeur, le bousculer dans les couloirs ou encore lui jeter ses bouquins par terre. Bella n'était pas au courant du harcèlement dont Edward était victime, encore moins de la part de son ami. Elle ne prêtait que rarement attention au monde autour d'elle, ne voyant pas les choses devant son nez.
– Oui, il est venu chez moi. On a ce travail à faire en histoire, tu te souviens ?
Il acquiesça.
– Je pensais que tu n'avais pas envie de travailler avec lui, ajouta-t-il froidement. Comment ça s'est passé ?
– Bien.
Félix sentit une rage monter et le consumer subitement à l'entente de ce seul mot, sans en comprendre la raison. Pourquoi détestait-il ce garçon autant ? Uniquement parce que Bella avait bien travaillé avec lui ? Il savait très ce que ce seul mot pouvait signifier, il disait bien plus qu'elle ne voulait partager avec lui.
Il se demanda s'ils allaient devenir amis, si Edward allait lui voler cette femme qu'il aime plus que tout.
Il aimait Bella, de tout son cœur. Mais il savait que ce n'était pas réciproque, et il préférait vivre avec ces plaisirs ponctuels plutôt qu'avoir son cœur brisé en morceaux.
– Bien ? répéta-t-il, presque accusateur.
Sentant Bella se tendre à ce changement brutal de ton, il se senti quelque peu mal d'avoir transféré un peu de son mécontentement. Il n'appréciait pas la contrarier, encore moins avec des détails futiles, comme ce pauvre type.
– Oui, bien. Il est plus intelligent que ce que je pensais.
Elle se retourna alors, lui faisant face. Ses yeux gris transperçaient les siens, et il se senti diminué, rabaissé, interprétant ce qu'elle venait de débiter comme une insulte. Il se savait puéril, mais les mots ne purent s'empêcher de sortir de sa bouche.
– Ah ! Moi qui pensais que ce n'était qu'un bon à rien. Sympa de savoir que ce n'est qu'un intello.
Une fraicheur extrême le fit frissonner. Il ignora la sensation et reprit malgré les révolvers qui le regardaient.
– J'ai du mal à croire qu'il a eu l'audace de te demander de l'aide, vu comment il a du mal à formuler une phrase en cours.
La malveillance, soupoudrée de jalousie, de ses propos étaient intelligibles mais cela ne l'empêchait pas de se sentir fier, supérieur, avec l'impression de s'être valorisé.
Pourtant, la réaction de Bella le surprit.
– C'est quoi ton putain de problème ?
Tout à coup, sa confiance baissa d'une traite. Il ne se sentait ni fort, ni puissant. Il se sentait pris au piège, comme un gamin se faisant réprimander par ses parents. Il tenta malgré tout de cacher ses ressentis.
– Quoi ? Tu n'es pas d'accord ? Il est quand-même…
– Non, je ne veux rien savoir, le coupa-t-elle. Tu n'es qu'un con, c'est puéril. Tu te crois mieux, peut-être ?
Furieuse, elle se leva du lit, tentant de retrouver ses affaires cachées aux quatre coins de la pièce.
– Tu n'as aucun droit de parler de lui comme ça, tu ne le connais pas. Tout le monde n'a pas la chance que tu as, reprit-elle.
– Tu n'es pas en train de le défendre là ? Si ?
– Peut-être que je n'aurais pas à le faire si tu te comportais comme un adulte et pas comme un connard condescendant ! s'énerva-t-elle.
– Pardon ? Je suis le connard condescendant ?!
– Ouais !
Son ton, tranchant, le coupa subitement.
– J'ai travaillé avec lui hier, tout s'est bien passé. Je suis certaine que ce travail sera fait, qu'on aura une bonne note. Tes commentaires, tu peux te les garder pour toi !
– Et comment tu peux en être certaine, de cette meilleure note ? Toi qui ne veux jamais…
– Je fais ce que je veux ! Je le sais, c'est tout. Une intuition, appelle ça comme tu veux.
– Ah oui, et…
– Je n'ai pas à me justifier auprès de toi.
Il pouffa, moqueur.
– Je me demande bien comment tu as pu finir avec lui.
Le geste violent qui suivit le surprit, mais réussit à le faire taire. Il connaissait le tempérament d'Bella, il savait ce dont elle était capable, la perte de contrôle qu'elle pouvait ressentir lorsqu'elle était en colère. Mais jamais il ne l'avait vu être violente. Jamais il n'avait reçu une claque aussi forte.
– Moi, je me demande bien comment j'ai pu finir avec toi.
Bella prit son sac, sa veste, et claqua la porte avant de partir de chez lui. La colère, après le choc, montait chez Félix. Sa haine démesurée auprès du garçon aux yeux verts et aux cernes violacées s'encra au plus profond de lui. Derrière cette haine, se cachait la jalousie et la peur de perdre Bella, qu'il lui vole son amour et la chance de profiter de ces moments d'intimités auprès d'elle. Jamais il n'aurait pensé que, d'elle-même, elle partirait et tomberait amoureuse de quelqu'un d'autre.
Même s'ils ne sortaient pas à proprement parler ensemble, il aimait le penser. Savoir qu'il était le seul à posséder une partie d'elle, qu'elle ne partageait avec personne. Sachant son passé, il en avait pourtant eu la certitude ; qu'elle allait tomber amoureuse de lui. Ils allaient sortir ensemble, et longtemps. Qu'il pourrait l'emmener aux rendez-vous, se tenir la main, l'embrasser quand il le voulait.
Tout ça, tous ces rêves et toutes ces pensées s'évaporaient peu à peu, sentant que ce mec allait lui voler celle qu'il aime.
Cette seule pensée tournait en boucle dans son esprit. C'est pourquoi quand il le vit le lundi matin, il ne put s'empêcher de le bousculer, de l'insulter, lançant un « va te faire foutre, connard ». Lui-même savait que son comportement était immature, mais sa peine était trop forte. Il la projetait malgré lui.
Edward savait à quoi s'attendre, le voyant arriver vers lui ce matin-là. Il s'était imaginé s'habituer au harcèlement qu'il subissait mais rien n'y faisait. Il n'arrivait pas à s'en détacher. Après tout, ce n'était qu'une insulte de plus, qu'une rencontre brutale de plus, dans sa pauvre et misérable existence. La haine qu'il avait développé en lui-même ne pouvait égaler celle que les autres lui portait. Il ne pouvait qu'acquiescer à ces messages et se soumettre aux dures lois de la vie qu'il avait de moins en moins envie de combattre.
Comment avoir une bonne estime de soi quand, toute sa vie, on lui avait répété qu'il n'était qu'un bon à rien ? Qu'il ne méritait aucun amour ? Aucune compassion ? Que ses besoins, ses sentiments, ses passions n'intéressaient personne ? Comment venir à une autre conclusion que « je ne mérite pas de vivre » ?
L'ombre présente au fond de son âme l'englobait dans sa solitude, dans sa dépréciation, dans sa mélancolie et la peine qu'il ressentait glissait au fond de son cœur, créant une douleur aigüe, telle celle d'un couteau le coupant en deux à chaque instant.
Il ne se souvint pas arriver à son troisième cours de la journée. Il ne se souvint pas s'être assis au fond de la classe, regardant la verdure à travers la fenêtre. Il n'entendit que l'accueil bienveillant de Rosalie, qui vint auprès de lui.
– Hey ! Salut Edward, dit-elle, chaleureusement, d'une empathie inégalée.
Elle seule pouvait voir la douleur dans ses yeux. Rosalie était quelqu'un qu'il appréciait malgré lui. Il ne comprenait pas pourquoi elle s'embêtait à lui parler. Quelques fois, seuls des grognements lui répondaient et pourtant, elle n'avait jamais abandonné.
– Salut, répondit-il simplement, toujours en pleine réflexion avec lui-même et ses pensées dévastatrices.
– Ça s'est bien passé avec Bella vendredi ?
Il tourna ses yeux et rencontra des yeux marron, brillants et scintillant de bonté. Elle lui souriait, et il ne pouvait s'empêcher de penser à quel point elle était belle. Cependant, une pointe s'enfonça dans son cœur lorsqu'il pensa aux mésaventures du vendredi. Bella ne semblait pas lui avoir dit, il aurait pu le parier.
Il fallait avouer que même s'il passait énormément de temps dans son esprit, sans prêter attention à son entourage ou au monde extérieur et tangible, il avait appris à reconnaitre des traits sincères. Il pouvait aisément déterminer les sentiments des personnes face à lui. Colère, tristesse, joie ingénue ? Il reconnaissait tout ça.
– Oui, ça a été.
– Elle n'est pas si effrayante que ça en vrai, je te l'avais dit, ricana-t-elle et un rire franc s'échappa des lèvres de Edward.
Il avait oublié la sensation de rire, même aussi brièvement, et la sensation lui fit du bien.
– Elle est pire, dit-il simplement, faisant rire Rosalie.
Le professeur prit la parole et les deux étudiants se concentraient vers l'objet du cours.
Durant la pause de midi, Edward s'installa à sa table habituelle, au fond de la cafétéria. Il ne prit pas la peine de s'acheter un plateau, ne sentant pas l'envie de manger et de dépenser ses économies. Son estomac se tourna encore lorsqu'il aperçut Rosalie, à ses côtés se trouvait Bella.
Il ne l'avait plus vue depuis vendredi soir, après avoir convenu d'un nouveau rendez-vous. Il se souvint du sourire qu'elle avait arboré et du bonheur qu'il avait ressenti à ce moment-là. Au plus il la regardait, au plus il la trouvait sublime. Ses longs cheveux bruns, presque noirs. Ses lèvres rouges et pulpeuses, merveilleusement bien dessinées. Ses traits, fins et durs et, pourtant, si féminin. Et, plus qu'il ne se l'avouait, son corps entier était désirable. Il plongea son regard vers ses courbes avant de se ressaisir. Il ne pouvait pas développer tant de désir pour cette fille, ça ne lui apporterait rien de bien. Il ne pensait pas qu'elle pourrait l'apprécier en retour, vouloir plus de lui. Elle semblait si forte, et lui si faible…
Félix, le garçon qu'il l'avait bousculé ce matin, s'approcha d'elle et lui mâchonna des mots qu'il ne pouvait pas entendre. Il vit Bella faire un signe de la main avant de partir. Ce dernier semblait déçu, triste même (si Edward avait bien lu ses traits). Il se surprit à rencontrer finalement les yeux bruns du garçon. Edward senti la chair de poule s'emparer de lui alors que Félix le fixait d'un regard meurtrier.
Sans réellement en comprendre la raison, Edward se leva et quitta la cafétéria, pensant que la bibliothèque serait un meilleur endroit pour rêvasser et passer l'heure du déjeuner.
Hésitez pas avec les reviews ça me motive :)
