Chapitre 14 : Astronautes
Bella et Edward étaient assis, sur le sable, contemplant l'étendue astrale devant leurs yeux. Ils partageaient leur connaissance en astronomie et même en astrologie.
Edward apprit qu'Bella était Lion, signe de soleil et d'ascendant, et ce fait ne l'étonna pas du tout. Il pouvait très clairement voir son côté combattant et têtu, soutenant ses idées et acharnée. C'était de l'égo avec de l'égo, de la confiance et de l'assurance à foison.
Edward, lui, est capricorne ascendant poisson, ce qui fit rire Bella. Elle le voyait vraiment comme un idéaliste ambitieux, voyant en premier abord sa sensibilité, du rêve à la mélancolie. Elle avait fait rougir Edward en lui demandant s'il croyait au grand amour. Il ne lui avait pas répondu mais, oui. Il y croyait et rêvait de trouver quelqu'un qui l'aimera.
–
Le rire cristallin d'Bella résonna dans ses oreilles et il appréciait l'entendre. C'était rassurant, revivifiant.
– Que signifie ton prénom ? demanda-t-elle. Edward, ce n'est pas commun.
– C'est un prénom français, commença-t-il.
Il n'avait pas envie de raconter toute sa vie mais il sentait l'attention que portait Bella à ses paroles. Il pouvait voir ses prunelles briller d'intérêt, son corps se tourner inconsciemment vers lui. C'était pour cette raison, cette agréable tension, cet intérêt ingénu, qu'il poursuivit.
– Ma grand-mère voulait rendre hommage à mon grand-père, décédé quelques mois avant ma naissance.
Le regard argenté de la brune ne quittait le sien. Malgré cette nuit noire, il pouvait voir son sourire illuminer son visage.
– Tu ne m'as jamais parlé de ta grand-mère.
Une douce mélancolie s'empara de lui en repensant à celle qui l'avait élevée. Il passait plus de temps en sa compagnie qu'avec sa propre mère.
– Elle est partie il y a cinq ans, avoua-t-il tristement.
Le manque dans son cœur se ressenti toujours. Son regard fixa le ciel, contemplant cette nuée d'étoile, pensant que sa grand-mère pourrait toujours le voir de là-haut.
– Parfois, je me dis que c'est mieux parce qu'elle peut rejoindre mon grand-père… Je sais qu'ils s'aimaient très fort. Mais, depuis qu'elle n'est plus là…
Il tritura ses doigts, réflexe de nervosité. Bella n'avait détaché son regard de son visage. Reconnaissant à présent ce geste, elle posa sa main sur les siennes, tentant de le rassurer. Surpris, il baissa son regard vers ses mains. Sentir ce contact, cette chaleur était agréable. Il craignait de bouger, peur de réaliser un geste trop brusque et imprudent, peur de détruire cet instant magique. Il était à présent parBellssé, heureux de sentir le pouce de la brune caresser le dos de sa main.
Un mince sourire répondit à ce geste.
– Avec elle, la vie était moins douloureuse, poursuivit-il.
Quelques agréables minutes de silence passèrent entre les deux. Bella ne savait quoi dire, quoi faire, ni même quoi penser. Elle était perdue par tant d'émotion et de sensibilité. Jamais elle n'aurait imaginé ce que Edward a vécu, elle ne pouvait pas se mettre à sa place. Elle senti pourtant l'envie de lui montrer son soutien, sans savoir exactement comment.
Elle ne le voyait plus comme quelqu'un de faible, elle le voyait à présent comme une âme brisée qui fait tout en son pouvoir pour se relever. Après l'humiliation, les violences, la culpabilité qui le ronge et qui le détruit il était capable de contempler les étoiles et de voir au-delà de tout cela. Il était capable de trouver une raison de continuer. Jamais elle ne pourrait le traiter de faible. Elle ne pouvait pas comprendre ce qu'il avait vécu, et jamais elle pourra. Edward ressemblait un peu à Rosalie, en y repensant, et, Rosalie n'était pas faible.
Edward, lui, appréciait la conversation et les confessions, le silence et le calme, le bruit de la mer et les étoiles, le sable sous ses pieds et la main de la jeune fille sur la sienne.
– C'est elle qui s'occupait de toi ?
Il hocha la tête.
– Avec ma mère… je n'aurai jamais survécu seul. C'est évident.
Elle se rapprocha un peu de lui, contemplant ses émeraudes. Elle voulait en savoir plus sur lui. Elle voulait qu'il sorte tout le malheur de son système. Elle voulait qu'il se sente bien.
Un poids lourd se posa sur sa poitrine après cette épiphanie.
– Et ton père ?
Un rire jaune franchis la gorge du garçon.
– Je ne sais même pas qui s'est. Et, ma mère se réjouit bien de me dire à quel point je ne suis pas désiré, ne t'en fais pas.
– Je suis contente que tu sois là, répondit-elle sans réfléchir à l'importance de ses mots.
Il tourna vivement la tête et rencontrait des yeux clairs, le souffle coupé. Ce fut au tour de Edward de ne plus savoir comment réagir. Il contemplait Bella lui sourire. Il pensait être heureux qu'elle soit avec lui, mais il était surtout apeuré de ce que cette proximité pouvait bien signifier.
Il pensa alors à sa grand-mère, à la chaleur qu'elle lui avait procuré pendant les onze premières années de sa vie. Il pensait aux histoires qu'elle lui racontait, à l'amour inconditionnel qu'elle portant pour son défunt mari.
À l'amour qu'il espérait ressentir un jour, se demandant également s'il ressentirait les mêmes papillons dans le ventre, la même nervosité près de la personne qu'il apprécie.
– Ma grand-mère me racontait toujours à quel point mon grand-père était aventureux, reprit-il. Il a fait le tour des Etats-Unis en moto, il est parti jusqu'en Europe en bateau et a fait une grande partie en train. Il a voyagé en Asie, en Afrique… Son but était de visiter tous les pays du monde. Et dire que je n'ai jamais quitté cette ville…
– Quoi ? s'offusqua Bella. Tu n'es jamais allé nulle part ? Même à New York ?
Elle retira sa main de la sienne et contempla Edward, les yeux ronds, alors qu'il haussait les épaules, secouant la tête. Elle avait brisé la bulle dans laquelle ils étaient, surprise par cette révélation.
– C'est inadmissible ! Il faut qu'on y aille ! s'exclama-t-elle en se relevant.
Edward était confus par l'entrain soudain de la jeune fille. Tout à coup, elle était si dynamique.
– Quoi ? Maintenant ?
– Evidemment ! Tu as un truc de prévu ce week-end ? Tu travailles ou quelque chose ?
– Heu, non.
– Alors ? Qu'est-ce qui t'empêche de partir maintenant ?
– Je n'ai aucune affaire, et ma mère…
– On s'en fout de ta mère. Qu'elle aille en enfer ! Tu prendras les vêtements de Jasper, il fait ta taille.
Non, Edward n'était pas petit (il mesurait un mètre quatre-vingt-trois après tout), c'est Jasper qui était affreusement grand pour son âge.
Elle lui tendit la main pour qu'il se lève et la rejoigne.
– Allez ! On rentre, je regarde les choses intéressantes à faire et on y va ! Avec un peu de chance, on arrivera avant minuit à Central Park !
Exactement vingt minutes après, ils se trouvaient dans la voiture. Bella avait déjà tout préparé, tout avait été organisé en un temps record et Edward en était agréablement étonné par son organisation et son esprit pratique.
– Je n'arrive pas à croire que tu ne sois jamais allé à New York ! s'offusqua-t-elle encore. Ce n'est qu'à une heure de route, tu n'as jamais quitté Larchmont ou quelque chose ?
– Quelque chose comme ça, murmura-t-il.
Il contempla les notes de la conductrice, dictant le programme du week-end. Comme par hasard, elle avait trouvé un concert de Jazz dans un bar juste à côté de Central Park et en face d'un hôtel. Edward avait beau lui dire qu'il n'avait aucun argent, elle lui coupait toujours brusquement la parole ne lui laissant même pas le choix de refuser quoique ce soit. Il était amusé par son entrain et sa soudaine motivation, il pensait même qu'elle était contente de ce voyage improvisé. Le samedi soir il y avait une pièce à Broadway, et le dimanche ils allaient rentrer assez tôt, avant treize heures parce que Edward travaillait.
Ce soir était l'un de ces soirs, cette nuit était l'une de ces nuits. Le ciel était clair, un sourire accroché à ses lèvres, le cœur battant jusqu'à n'entendre que le chant agréable de la radio, le radiant sourire de la jeune fille à ses côtés. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir cette joie, ce si bel et attachant sentiment qu'il osait enfin ressentir pleinement. Il osait enfin laisser ses gardes tomber, sentir son cœur battre, prendre une grande inspiration sans de pointe aigue et déchirante dans son corps. Il osait enfin, ressentir le bonheur et les émotions positives, l'envahir. Il osait, enfin, profiter de l'instant présent sans craindre pour l'avenir.
Ces sensations sont incroyables.
Ils chantaient, ils riant, ils parlaient de tout et de rien pendant l'heure de route qui les rapprochait de leur destination. Une fois sur place, Bella trouva une place de parking sans s'agacer, sans détruire cet instant magique de bonheur et de plénitude. Comme elle l'avait prédit, ils étaient arrivés avant minuit et ils pouvaient voir le concert jouer dans ce bar.
Ils y étaient rentrés, ils s'y étaient amusés. Ils avaient discuté du travail, de ce que cette musique leur faisait ressentir. Ils avaient apprécié l'instant, sans pouvoir toucher une goute d'alcool, sans qu'ils soient détruit par cette drogue délirante et aveuglante.
Ils dansaient, chantaient, s'amusaient comme des enfants dans ce bar étonnamment bondé. Trop de monde était présent pour prêter attention à eux, et il se trouvaient encore une fois enfermés dans leur bulle.
Le groupe était doué, la chanteuse incroyable. Ils reprenaient des chansons connues, donnant leur touche personnelle fantastique et prodigieux. Ils étaient vraiment doués, même Bella pouvait le reconnaitre.
Il y avait trois choses dont se rendit compte Edward en dansant auprès de la brune. La première, c'était qu'elle était incroyablement drôle quand elle lâchait toutes ses barrières. La seconde, qu'il adorait voir ce sourire étinceler, et ses yeux briller, entendre ce rire cristallin, sentir son parfum et ses cheveux, toucher sa main et sa taille.
La dernière, il la réalisa bien après que le concert soit terminé, quand ils regardaient le soleil se lever, assis sur l'herbe humide dans Central Park. La dernière chose que Edward réalisa, c'est la manière dont son cœur pouvait battre dans sa poitrine, dont sa respiration pouvait se couper en la regardant, dont les papillons ses disputaient dans son corps.
La dernière chose qu'il réalisa était sa plus grande crainte, et pourtant son plus grand souhait, son plus grand rêve. Comme ça, d'un coup, il était tombé amoureux d'elle comme l'on tombe de son vélo. Sans prêter attention, sans prendre garde, d'un coup sec, ne sachant encore s'il était tombé sur de la terre ou sur du béton.
Bella, elle, réalisa deux choses. Alors qu'elle dansait encore avec lui, elle appréciait pour une fois se sentir petite quand il avait entouré ses bras autour de sa taille et qu'elle avait déposé sa tête contre son épaule. Elle avait apprécié se sentir petite, protégée, en sécurité – chose qui l'avait toujours révulsé.
Et la seconde, c'était vers six heures du matin alors qu'ils regardaient le soleil se lever. Elle contemplait le ciel, rose et orange, mais surtout le profil de Edward. Un sourire avait franchi ses lèvres, et elle réalisa à quel point elle appréciait sa présence.
Il s'agissait peut-être d'une petite révélation pour la plupart des mortels, mais pour Bella cela signifiait beaucoup plus. Cela signifiait qu'elle pouvait regarder dans ses yeux émeraudes toute sa vie, qu'elle ne sera jamais lassée de voir son sourire, d'entendre son rire, de sentir sa main se poser sur la sienne.
Tout ce qu'elle avait fait pour lui cette nuit, signifiait bien plus que ce qu'elle pouvait s'avouer, mais nous savons tous exactement ce qu'il se passe.
Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
A la base ce chapitre devait être plus long mais j'ai apprécié la fin et je voulais la terminer comme ça
La suite arrive bientôt, j'espère. Dites moi si ça plait toujours, je sais que je suis lente donc je me demande tjr si vous suivez x')
