Bonsoir.
Je devais faire un petit mot avant de commencer. Je ne le fais jamais, mais j'ai l'impression d'avoir pris un grand tournant depuis le début de cette fic. Ca va bientôt faire un an que je la partage ici mais cette histoire nait progressivement dans ma tête depuis bien plus longtemps. Je voulais faire quelque chose de bien, et je cherche la perfection. J'aime ces personnages, je ne veux pas les laissés. Je veux suivre avec eux leur parcours et leur évolution. Je veux que tout soit parfait - c'est pour ça que je prend du temps à l'écrire.
Je voulais remercier TOUTES les personnes qui lisent, qui commentent cette merveilleuse histoire que j'aime par dessus tout ! Vous avez du courage, de la patience et j'espère que vous l'aimez autant que moi!
Bref, bonne année et gros merci à vous qui me montrez votre soutien énorme, je vous aime pour ça !
Bonne lecture (un peu de joie ici)
Chapitre 15 : Apesanteur
Des flammes orange et roses illuminaient le ciel de New York alors que les premières voitures vibraient sur la route. Nul doute que la journée venait de commencer et que la ville s'animait enfin. Les deux adolescents regardaient le spectacle devant eux, inconscient du monde autour, contemplant ce mélange ce couleur et profitant de la compagnie de l'autre.
Quelques mots furent échangés concernant la beauté du spectacle, l'incroyable tournure qu'avait prit leur nuit et cette nouvelle journée qui commençait sous leur yeux ébahis. Ça et là, quelques échanges innocents, des regards inquisiteurs, une complicité naissante.
– Je serai ici l'année prochaine, annonça Bella, sûre d'elle. Je serai à Columbia et je pourrais voir ce spectacle tous les jours.
Edward la contempla, émerveillé. Elle était allongée sur le dos, une main sur son ventre et l'autre jouant avec l'herbe sous leur corps. Il pouvait voir son air sérieux, son profil séduisant. Un sourire naquit sur ses lèvres et un soupir le surpris.
– Tu as déjà réfléchi à l'avenir ? lui demanda-t-elle, sans détourner son regard.
Il haussa les épaules.
– Si j'ai de la chance, j'irai à Columbia aussi.
Elle fronça les sourcils, mécontente. Elle n'aimait pas entendre parler de chance, il fallait toujours se donner les chances, la chance n'apparait pas d'elle-même.
– Il me faut une bourse, poursuivit-il. Je dois réussir tous mes cours, avoir assez de crédits.
– Tu veux faire quoi ?
Elle détourna son regard du ciel, pivotant afin de le rencontrer. Il était allongé sur son flanc, des yeux émeraudes la regardait.
– Je veux être ingénieur environnemental. Je veux changer le monde.
Le visage de la brune s'adoucit et un sourire en coin, si rare mais si beaux, déforma son visage.
– Tu vas y arriver, j'en suis sûre, l'encouragea-t-elle.
Le cœur de Edward se gonfla. Elle l'avait dit avec tellement de sincérité que lui-même ne pouvait qu'y croire.
Il avait envie de lui prendre la main, de déplacer ses cheveux derrière son épaule, de l'embrasser… Ses lèvres semblaient si douces, l'inférieure plus épaisse que la supérieure. Elle semblait ne pas avoir d'arc de cupidon, cependant elle en avait bien un. Il était si fin, presque invisible mais Edward l'avait remarqué et ne pouvait voir que cela.
– Et toi ? demanda-t-il. Tu veux faire quoi ?
– Gestion commerciale. Je veux ouvrir mon entreprise.
– Dans quoi ?
– Des boites de nuit, sourit-elle.
Il rigola.
– Tu veux faire la fête toute ta vie ?
– Ça serait fun !
Ils rirent aux éclats, la conversation légère. Ils avaient tous deux leur vision de l'avenir, ils savaient. Tout était déjà tracé, et Bella aimait ça. Elle aimait les personnes qui savent ce qu'ils veulent, qu'ils savent comment bâtir leur vie, leur futur.
Bella aussi ne pouvait détacher son regard des yeux olivâtres, les voir briller et vivre d'une lueur qu'elle n'avait rarement vu. C'était confortable, vivifiant de l'entendre rire à ses côtés. Elle le sentait détendu, léger, et elle-même ne pouvait que se sentir bien.
Aux alentours de sept heures du matin, ils se décidèrent enfin à trouver un hôtel où passer la nuit. Bella insista pour tout payer, bien que Edward soit mal à l'aise. Elle ne voulait rien entendre prétendant que ses parents étaient assez riches pour tout ça. Il ne discuta pas, ressentant que ça ne changerait rien à la finalité et que, pire, cela la rendrait en colère.
Il ne voulait surtout pas la mettre en colère.
Ils gagnèrent leur chambre, deux lits séparés, une petite douche et une télévision au mur. L'hôtel n'était pas extravagant mais assez confortable pour les deux. Ils s'endormirent rapidement, sous les draps, alors que la journée commençait et que les oiseaux chantaient.
Six heures plus tard, Bella se réveilla enfin. Elle pouvait sentir le soleil briller sur son visage. Il lui fallut quelques secondes avant de se souvenir d'où elle se trouvait mais, une fois les souvenirs en mémoire, elle rit doucement. Un sourire collé aux lèvres, elle détourna la tête et contempla la chambre, mais surtout l'homme endormis. Elle était attendrie par son air enfantin. Il semblait paisible, les cheveux en bataille, des petites boucles se formaient sur son front. Sa respiration était lente et régulière et la soirée chez Rosalie lui revient en mémoire.
Là aussi, ils avaient dormi ensemble, ils avaient été plus proche qu'actuellement. Là aussi, elle avait eu un sourire en le contemplant et sa respiration se coupa.
Elle ne pouvait le regarder dormir plus longtemps (bien qu'elle le veuille), ils avaient des tonnes d'activités à faire et de monuments à visiter aujourd'hui.
Elle se précipita vers la douche. S'il n'était pas réveillé à son retour, elle allait devoir s'y coller.
– A quelle heure est ta pièce ? demanda Edward en sortant de l'Empire State Building, un classique à visiter.
– Dix-neuf heures, on a le temps de manger avant. Tu veux quoi ?
Il haussa les épaules, indifférents.
– On va regarder quoi ?
– Surprise !
Sa voix était enjouée mais ses yeux rencontrèrent le ciel, faussement agacée après avoir répondu pour la centième fois à cette question.
Et, pour être surpris, il l'était. À dix-huit heures trente, juste après avoir mangé des plats méditerranéens, ils se trouvaient devant Broadway.
Bella présenta des tickets (achetés la veille juste avant de partir) pour voir Chicago, la célèbre comédie musicale avec une chanteuse Jazz. Edward était bouche bée, ravi, enchantée. Bella venait de lui offrir son plus beau cadeau, et son sourire illuminait son visage, des larmes de bonheur voulaient franchir ses yeux.
Bella était fière d'elle. Elle avait bien choisi, elle ne pouvait qu'être heureuse.
Après une après-midi chargée, avec plein de visites et de découvertes, ils pouvaient enfin s'installer dans la salle et s'asseoir pendant presque trois heures.
– Merci dit enfin Edward, les yeux remplis d'étoiles.
Bella ne pouvait détacher son regard de son ami. Elle aimait le voir autant heureux, elle voulait le voir ainsi tout le temps. Edward rencontra ses yeux gris, ressentant le regard posé sur lui, et dégluti difficilement.
– Merci pour tout, j'ai… vraiment passé un bon moment, avoua-t-il la gorge serrée.
La brune sourit encore, dévoilant une série de dents blanches.
– J'ai beaucoup aimé aussi, dit-elle. Ca faisait longtemps que je n'étais plus venue ici.
– Tu es déjà venue souvent ?
– Quelques fois. La dernière fois c'était avec Félix mais…
Elle haussa les épaules, ne terminant pas sa phrase.
– Ce n'était pas chouette ?
Elle souffla, agacée.
– Il est insupportable. Il ne voulait rien faire, ça m'agace. Je ne prévois pas des vacances pour rester à l'hôtel, tu vois ?
Il déglutit, hochant la tête.
– Je vois.
– Et puis, il peut être très égocentrique.
– Vous êtes ensemble depuis longtemps ? demanda-t-il, curieux.
Il pouvait sentir son cœur se resserrer, il ne voulait pas penser aux deux individus ensemble. Cela lui donnait la nausée, comment une personne aussi rassurante pouvait être liée à son plus grand cauchemar ?
Elle fronça les sourcils.
– On n'est pas ensemble.
Edward était véritablement surpris de cette révélation, encore plus de l'air totalement sincère de la brune.
– Oh, désolé, je pensais que…
– Non. Jamais de la vie. Je ne suis pas amoureuse de lui.
Parce que Bella savait ce qu'ils avaient l'air. Ils semblaient, aux yeux de tous, qu'ils formaient un couple parce que Félix adorait le raconter à tout le monde. La vérité était toute autre.
Elle ne devait aucune explication à Edward mais elle avait une impression étrange, comme l'envie de lui garantir qu'elle soit célibataire. Comme l'envie de croire qu'une relation entre eux était possible. Comme l'envie de croire en l'amour.
– Tu es déjà tombé amoureux ? demanda-t-elle après quelques secondes de silence.
Edward, derechef pris au dépourvu, bégaya avant de répondre à la négative.
– Pourquoi ?
– Je me demande ce que ça fait, se questionna-t-elle.
Une douleur aigue déchira le cœur de Edward et pourtant, ce dernier battait encore plus fort. Plus vif.
– Tu n'as jamais été amoureuse ? murmura-t-il.
– Je pensais que oui, avoua-t-elle. Mais (elle soupira), maintenant je ne suis pas sûre que c'était de l'amour.
La respiration de Edward se coupa et sa gorge se resserra. Il ne pouvait détacher son regard du visage d'Bella, il ne pouvait que ressentir son ventre se contracter sous la nervosité, sous le poids de la conversation reposait sur lui. Son cœur battit plus fort encore, son regard ne quittait celui de la brune.
Elle continua, ses yeux argent fixés droit devant elle, sur la scène sombre.
– Avec Félix c'est juste plus simple en fait. L'autre m'a juste utilisée, ou alors c'est moi. Je m'étais peut-être mis l'idée dans la tête de coucher avec lui et puis je me suis rendu compte que ce n'était pas comme je l'imaginais. Parfois je fais ça, pouffa-t-elle. Je me mets une idée en tête, elle m'obstine et je ne peux que la suivre et faire ce que j'ai imaginé, même si les conséquences ne sont pas bonnes. Et, c'est ce qui est arrivé.
Les lumières s'éteignent d'un coup et la première mélodie résonna dans les haut-parleurs, annonçant le début du spectacle.
– Mais j'ai l'impression que c'est différent, chuchota-t-elle.
Edward pensait avoir mal compris, il voulait croire qu'elle parlait de lui et de maintenant.
Ils rentrèrent vers minuit, fatigués mais heureux du spectacle, du voyage, de leur compagnie. Edward voulait dormir mais il ne voulait pas quitter ce moment présent. Il voulait profiter, continuer de vivre ce rêve.
Il contemplait les photos, le lever de soleil, les visites, les restaurants, et même une vidéo dans le bar du vendredi soir. Il pouvait voir Bella sourire, son sourire si rare qu'elle réservait qu'aux moment spéciaux, qu'aux personnes particulières. Il voulait se sentir particulier à ses yeux, il voulait chérir ces moments et ne jamais les oubliés.
Alors, il avait pris plein de photos. Sur chacun de ses selfies se trouvait Bella. Même s'il ne se trouvait pas spécialement attirant, il se trouvait bien trop maigre, il aimait ces photos. Il aimait Bella.
Sa respiration se coupa, sous le choc de son propre monologue mental. Il posa son téléphone contre son cœur et regarda à sa droite la fille endormie. Comment pouvait-il ne pas l'aimée ? Elle était tout ce qu'il aspirait à être, elle avait la confiance et l'assurance, elle était spontanée et directive. Elle était tout ce qu'il n'est pas et elle lui donne de l'espoir.
C'était évident, il était amoureux d'elle.
Une larme voulait sortir de ses yeux mais il se reprit. Il ne voulait pas gâcher les dernières heures de ce voyage. Avec un peu de chance, Bella l'aimerait aussi.
Pour la première fois de sa vie, il ne laissait pas de pensées envahissantes détruire son estime de lui. Une nouvelle détermination le frappa – il voulait apprendre à vivre avec elle. Il n'allait pas la laisser partir.
Il repensa alors à sa grand-mère et aux histoires de son grand-père, de ce que l'amour était pour elle. Il pouvait presque entendre sa voix quand il chuchota ces quelques mots, ces mots, ces phrases qu'elle lui avait dit tant de fois étant plus jeune…
« Même dans l'obscurité, tu peux voir les étoiles. Même dans les moments les plus sombres tu peux voir de l'espoir. L'amour est inconditionnel et qu'importe ce que tu deviendras, qu'importe tes choix je te soutiendrai toujours, je ne t'abandonnerai jamais. Comme je n'ai jamais abandonné ta mère. Tu comprendras quand tu apprendras à aimer. »
« Mais je t'aime, » avait répondu le petit Edward de sept ans. Sa grand-mère avait ri joyeusement, le prenant dans ses bras.
Il ne pouvait le voir, mais Bella avait entendu ces mots et en était attendrie.
Elle aussi, même si elle se le cachait et ne se l'avouait pas, souhaitait apprendre à aimer.
:)
