Note de l'auteure : Les malheurs de Katsuki se poursuivent, pour notre plus grand bonheur. Non ? Ah, tant pis... Si vous n'assumez pas d'aimer le voir souffrir, j'assume pour vous.
Bonne lecture.
Lili
~ 5. Mighty ? C'est quoi ce nom ? ~
Izuku se dépêcha de se changer pour ne pas faire attendre Kacchan. Kacchan qui était revenu vers lui de son propre chef ! Pas question de le faire attendre, ne serait-ce que pendant dix secondes. Kacchan n'était pas patient et Izuku refusait tout net de prendre le risque de l'énerver alors que ce dernier faisait un pas vers lui. Il se retrouva donc à l'extérieur des vestiaires à peine cinq minutes après y être entré.
Impatient, il fit les cent pas devant la porte, guettant l'arrivée de la blonde. Il ne put s'empêcher d'angoisser un peu. Kacchan n'avait pas eu l'air agressif. Il ne lui avait pas demandé de l'attendre pour lui exploser la tronche hein ? Ah moins que si ? Après l'avoir snobé pendant quatre jours, il voulait peut-être lui faire payer ses mésaventures au cimetière. Après tout, c'était une idée d'Izuku d'aller y passer la nuit.
- Tu viens Izuku ? s'enquit Shoto sortant à son tour des vestiaires.
- Ah non, j'attends Kacchan, répondit Izuku non sans nervosité. Il me l'a demandé. Il ne m'a pas dit pourquoi, par contre.
- T'inquiètes, ça va bien se passer, lui assura Eijiro en passant.
- J'espère, soupira Izuku en laissant ses amis s'éloigner.
- Il s'est enfin décidé à arrêter de faire sa mauvaise tête ? s'enquit Shoto en emboîtant le pas à Eijiro et Denki.
Izuku n'entendit pas la réponse d'Eijiro, son attention entièrement focalisée sur la fine silhouette s'avançant vers lui.
- Ramène toi !
- Oui Kacchan !
Non sans appréhension, Izuku suivit la blonde, notant que sa tresse était de travers et se retenant de lui proposer de la refaire. Katsuki n'était visiblement pas doué pour se coiffer.
Sans un mot, Katsuki se dirigea vers les bois entourant leur dortoir, Izuku sur ses talons.
- Tu veux faire un truc en particulier ? finit par demander Izuku n'en pouvant plus de ce silence.
- Ouais, confirma Katsuki. Trouver une bestiole de compagnie.
- Euh... D'accord... Mais... pourquoi ?
- C'est toi qui a noté les idées des autres ! bougonna la blonde. L'autre rocher a proposé que je prenne un animal de compagnie. Je vois pas en quoi ça aidera, mais bon...
Izuku se mordit les lèvres pour ne pas rire. Il se souvenait de cette proposition de Koda. Ce que Katsuki ignorait, c'était que le jeune homme à l'alter animalier n'avait fait cette suggestion que dans le cas où Katsuki serait une princesse en détresse. Et c'était Denki et Mina qui étaient partis dans ce délire de princesse en détresse. Pour la santé mentale de tous, et la survie de Denki et Mina, il valait mieux que Kacchan n'apprenne jamais ce fait.
- D'accord, reprit Izuku. Mais tu espères trouver quoi dans les bois ?
- Pas question que je me coltine une grosse bestiole qui va me demander du temps. Je veux un truc que je puisse mettre en cage dans un coin ou qui va se démerder tout seul. Du coup, si on trouve une bestiole potable dans les bois, ça fera l'affaire.
La moue renfrognée de la blonde explosive signifiait clairement ce qu'elle pensait de cette idée.
Mais pour Izuku l'important était ailleurs. Kacchan non seulement était revenu vers lui, mais en plus acceptait son aide. Toute la morosité et l'anxiété l'habitant ces quatre derniers jours disparurent brusquement, faisant place à une douce euphorie. Il mit donc du cœur à l'ouvrage pour trouver le petit animal le plus susceptible de plaire à son exigeant ami d'enfance.
- Non Deku ! Pas un oiseau ! protesta Katsuki en voyant le nerd perché dans un arbre près d'un nid. Laisse-le où il est ! Touche pas à son nid !
- Putain de chiotte à cul ! T'as chopé cette merde où ? Un rat c'est dégueulasse ! Vire-moi ça !
- Abruti de Deku ! Je vais pas foutre un écureuil en cage ! Pauvre bête !
- Et je le mets où ton poisson rouge là ? Dans mes chiottes ? J'ai pas d'aquarium, crétin !
- Pourquoi t'es trempé ? T'es tombé dans la rivière ? Pour choper une grenouille ? Mais t'es con ou quoi ? Relâche-la !
- Une lucane... C'est les gamins qui ont ça ! T'as cru que j'avais encore quatre ans ?
Au bout de deux heures, Izuku était dépité. Il avait tout tenté, en vain. A ce stade, il ne lui restait que les lombrics. Et malheureusement, il avait horreur de ça. Mais peut-être que Kacchan aimerait avoir un ver de terre comme animal de compagnie. Armé d'un petit bâton, Izuku fouilla donc la terre humide au pied d'un buisson pour chercher un lombric à offrir à son ami d'enfance.
- Tu fais quoi là ?
- Hiiii ! sursauta Izuku. Tu m'as fait peur Kacchan !
- Froussard, se moqua ledit Kacchan. Qu'est-ce que tu fous avec ton pauvre bâton ?
- Je cherche un ver de terre, répondit Izuku avec une moue boudeuse.
Katsuki soupira lourdement. Un ver de terre ? Sérieusement ? Ils en étaient là ? Un détail lui revint soudainement en tête et il fronça les sourcils.
- T'as pas peur des vers de terre toi ?
- Si, avoua Izuku. Mais c'est pour toi, alors...
- Putain que tu me gonfles, bougonna Katsuki. Allez, laisse tomber et ramène toi, j'ai l'autorisation d'Aizawa pour aller au refuge.
- C'est vrai ?! Tu veux que je vienne avec toi ? s'extasia Izuku.
L'expression du nerd fut si lumineuse que Katsuki se sentit bêtement rougir. Il détourna rapidement la tête, se maudissant pour avoir une réaction si inappropriée. Depuis quand rougissait-il parce que Deku souriait comme un putain de soleil ? N'importe quoi. Plongeant les mains au fond de ses poches, il partit en direction de la sortie de Yuei en râlant :
- Ramène ta tronche au lieu de dire des conneries !
Petit, Katsuki avait tanné ses parents pour avoir un chien, puis un chat. Mais ses parents n'avaient jamais cédé, arguant qu'un animal de compagnie c'était des contraintes et des soucis. Katsuki avait eu beau tempêter, supplier et promettre de s'en occuper tout seul, Mitsuki et Masaru avaient maintenu leur refus. En grandissant, Katsuki avait mieux compris le point de vue de ses parents. Ayant l'habitude de voyager dès qu'ils en avaient l'occasion, un animal aurait une contrainte difficile à gérer.
À choisir, Katsuki préférait aussi visiter divers endroits et d'autres pays sans avoir à s'inquiéter de savoir qui nourrirait le chat ou s'occuperait du chien en son absence. Et puis, un animal était un être vivant avec des sentiments. En prendre un signifiait devoir bien s'en occuper et ce jusqu'à la fin de sa vie. Aussi quand Katsuki avait décidé de tester la proposition de Koda, il était fermement décidé à ne prendre ni chat, ni chien.
Il pensait trouver son bonheur dans les bois, mais arracher un animal à son environnement naturel lui faisait mal au cœur. Il était donc là, dans ce refuge, en compagnie de Deku.
- Voilà, leur dit la femme les ayant accueillis. Ici, il y a les lapins, les hamsters et les tortues que nous avons.
- Oh ! s'extasia Izuku. Des tortues ? Vraiment ?
- C'est rare qu'on ait des tortues, avoua la femme. C'est un couple. Leur propriétaire est décédé il y a trois mois. Ses enfants ne pouvaient pas s'en occuper. On leur cherche une nouvelle maison.
- Kacchan ! Ce serait bien pour toi ça !
- Mouais, grogna Katsuki peu convaincu. C'est des tortues terrestres. Elles vont être malheureuses dans ma piaule. Elles ont besoin d'espace.
- Oh oui, soupira Izuku déçu. On pourrait les mettre dans le patio commun ?
- Tu sais combien de temps ça vit ces bêtes-là ? Ça peut vivre cent ans ! Quand on aura fini nos études, elles deviendront quoi, hein ?
Ayant fait entendre raison à Izuku, Katsuki se dirigea vers les hamsters. Il jeta à peine un regard aux lapins. Koda avait déjà un lapin, pas question qu'il fasse pareil. Un hamster, ça pouvait être une bonne idée. Sauf que ça faisait du bruit la nuit ces trucs là. Déjà qu'en ce moment il dormait mal, il ne donnait pas cher de la survie de la bestiole si elle le réveillait avec son bordel. Une toute petite boule de poil noire et blanche attira finalement son attention et Katsuki se tourna voulant la montrer à son ami d'enfance.
- Deku ? Putain, il est passé où cet abruti ?
Katsuki eut beau regarder partout autour de lui, il était seul dans la pièce. Qu'est-ce qu'Izuku était allé foutre encore ? Katsuki arpenta le petit couloir à la recherche de son nerd personnel, bougonnant tant et plus après ce crétin qui se barrait sans rien dire. Il le trouva finalement dans une cour extérieure et il se dépêcha de le rejoindre.
- Oï Deku ! appela-t-il.
Mais à peine eut-il fait un pas à l'extérieur qu'il sentit un truc se jeter sur sa jambe. Baissant les yeux, il vit un petit chien blanc lui faire la fête. Le toutou était si petit que, debout sur ses deux pattes arrière, il atteignait à peine le genou de Katsuki. Ses yeux noirs brillaient de joie et il jappait avec entrain.
Un doux sourire éclaira le visage du blond qui s'accroupit pour caresser le petit chien. Ce dernier frétilla de bonheur, en réclamant un peu plus.
- Je crois qu'il t'adore Kacchan, souffla Izuku en s'accroupissant à son tour.
- C'est surprenant, fit remarquer la femme les ayant accueillis. Ce petit est assez farouche d'habitude. Là, il vous a vu et, tout de suite, s'est précipité vers vous pour vous faire la fête.
- C'est un mâle ? demanda Katsuki en continuant à caresser les longs poils ébouriffés du canidé miniature.
- Oui, il a six ans.
- Il est tout petit ! remarqua Izuku. On dirait un chiot.
- C'est normal, sourit la jeune femme. C'est sa race.
Izuku tendit une main pour caresser lui aussi le petit toutou, mais ce dernier lui grogna dessus en se réfugiant entre les jambes de Katsuki qui ricana, amusé par l'attitude du canidé.
- Je crois qu'il t'a adopté, sourit Izuku.
- Ouais, mais un chien, c'est vachement de contraintes, soupira Katsuki tout en caressant la boule de poils.
- Il y a largement la place à Yuei pour qu'il puisse sortir et se défouler, argumenta Izuku. Et il est tout petit, il prendra pas trop de place dans ta chambre. En plus, en journée, il y a le lapin de Koda, il ne sera pas seul. Et tu pourras le laisser dans la salle commune avec le patio ouvert. Il pourra sortir dehors sans risquer de se sauver.
- Et quand on est en apprentissage ? tenta Katsuki.
- C'est rare qu'on y soit tous en même temps. Du coup, il y aura toujours quelqu'un pour s'en occuper. Et je suis sûr qu'Endevor serait d'accord pour que tu le laisses à l'agence.
- Surtout si c'est Double face qui lui demande, ricana le blond. Il lui cède tout.
Passant doucement ses mains sous le ventre du chien, Katsuki le prit dans ses bras en se relevant. Loin de se plaindre, le toutou agita frénétiquement sa queue et lécha la mâchoire de son porteur.
- Il a un nom ? s'enquit Katsuki auprès de la responsable.
- On l'appelle Loulou, mais vous pouvez en choisir un autre si vous voulez.
- Pourquoi Loulou ? demanda Izuku.
- C'est un Loulou de Poméranie nain, expliqua Katsuki.
- Exact, confirma la responsable. Je vois que vous vous y connaissez.
- Un peu.
Une heure plus tard, le temps de faire les papiers d'adoptions et le point complet sur la situation de Loulou, Katsuki et Izuku sortirent du refuge, la blonde tenant en laisse un petit chien fier comme un coq. Izuku ne put s'empêcher de pouffer en voyant le canidé miniature marcher la tête haute, son pelage ébouriffé voletant sous la brise légère.
- Il te ressemble, dit-il en souriant.
- T'es en train de me comparer à un mini-clebs ? râla Katsuki.
En entendant son nouveau maître, ou plutôt sa nouvelle maîtresse, râler, le toutou se tourna vers Izuku en grognant. Bien évidemment, loin d'impressionner le jeune homme, cela le fit rire. Vexé, Katsuki planta Deku là, avançant sur le trottoir le nez en l'air, offusqué jusqu'au bout de sa tresse blonde.
- T'occupe pas de lui, dit-il à son petit animal. C'est juste un crétin de nerd. Tsss...
Le rire d'Izuku s'accentua quand le chien emboîta le pas à la blonde, le snobant après avoir soufflé fortement par le nez. Oui, décidément, tel maître, tel chien ! Izuku piqua un sprint pour rattraper le duo boudeur, s'excusant autant auprès de son ami d'enfance que du toutou. En voyant que Katsuki ne reprenait pas la direction du lycée, Izuku l'interrogea :
- Kacchan, on va où là ?
- A l'animalerie ! répondit Kacchan d'un ton signifiant clairement ce qu'il pensait de la question. J'ai absolument rien pour m'en occuper. Il lui faut un harnais, une laisse digne de ce nom et pas ce truc dégueu qu'ils m'ont filé, un coussin, des gamelles et des croquettes.
- Et des jouets ! ajouta Izuku avec enthousiasme.
- Ça, on verra, décréta Katsuki.
Quand ils rentrèrent au dortoir, les bras encombrés de sacs divers et variés, ils furent accueillis par leurs amis qui s'extasièrent immédiatement sur le nouveau pensionnaire à quatre pattes.
- Oh qu'il est mignon ! s'exclama Mina en se précipitant pour caresser le toutou.
Mais ce dernier se planqua derrière les jambes de Katsuki en grognant, la queue et les oreilles basses.
- Vous lui faites peur, bande d'abrutis, tonna Katsuki en se penchant pour prendre son chien dans ses bras en un geste protecteur.
- Mighty est un peu sauvage, expliqua Izuku avec un grand sourire. Au refuge, ils nous ont dit qu'il fallait prendre le temps de l'apprivoiser. Mais il a tout de suite adopté Kacchan.
- Mighty ? C'est quoi ce nom ? se moqua Denki.
- Il est très bien ce nom ! rétorqua Katsuki.
Et sans un mot de plus il se dirigea vers sa chambre, Mighty bien calé dans ses bras, Deku le suivant de près avec la majorité des sacs contenant leurs achats. Dés que la porte fut fermée dans leurs dos, Katsuki défit le petit harnais noir orné de clous argentés libérant Mighty pour qu'il puisse explorer la pièce à sa guise. Le petit chien se mit immédiatement à renifler son nouvel environnement, sa queue touffue, et relevée sur son dos, s'agitant gaiement.
- Il est tellement mignon, sourit Izuku en le voyant faire.
- J'espère qu'il va pas faire de conneries, soupira Katsuki en sortant le coussin confortable acheté à l'animalerie.
- Je suis sûr qu'il sera sage comme une image, assura Izuku tout en vidant les sacs qu'il tenait toujours.
Son sourire s'agrandit en voyant la quantité de choses que Kacchan avait acheté, en grande partie avec l'argent restant de ce que leur avait donné Endevor. Le passage à l'animalerie avait été épique, ponctué de nombreuses discussions plus ou moins houleuses entre eux. Izuku craquait pour les accessoires mignons ou à l'effigie des héros, Katsuki ne voulait que des trucs classes et rock pour son chien. Le plus jeune avait bien tenté d'argumenter que Mighty était un petit chien tout mimi et, donc, qu'il lui fallait des trucs mignons comme lui, l'adolescente n'avait rien voulu entendre.
Le Loulou de Poméranie blanc avait donc un harnais en cuir noir orné de clous argentés, un collier orange vif avec une médaille tête de mort, un coussin moelleux gris foncé où était brodé les mots "Attention chien méchant", des gamelles en inox reposant sur un support en métal rouge, un tapis de protection à l'effigie d'un groupe de hard rock pour mettre sous les gamelles, et une laisse rouge avec des têtes de morts noires.
Et les jouets du toutou étaient dans la même veine. Noirs, rouges ou oranges, ronds, allongés, en forme d'os, à picots et lisses, il y avait un peu de tout. Katsuki en avait même trouvé un imitant parfaitement une main humaine coupée. Tous absolument silencieux, Kacchan refusant tous jouets couinant affreusement. Même les trois brosses destinées à toiletter Mighty étaient dans les mêmes tons : une orange, une noire et une grise et rouge.
Izuku trouvait absolument hilarant l'entêtement de son ami d'enfance à choisir des accessoires tranchant franchement avec le côté choupi de la petite boule de poils blanche qu'était Mighty. Mais ledit Mighty avait approuvé chaque choix de son nouveau propriétaire, lequel les lui avait présentés les uns après les autres. Izuku avait renoncé à donner son avis, se contentant de profiter du spectacle de Kacchan interagissant avec un mini-chien et s'amusant des similitudes entre les deux.
- Et t'as pas intérêt à pisser sur le balcon, prévint Katsuki en refermant la baie vitrée après avoir laissé Mighty découvrir le petit espace extérieur.
Mighty jappa joyeusement, allant flairer une nouvelle fois son coussin posé à côté du bureau.
- Maintenant, à la douche ! décréta la blonde en prenant le nécessaire acheté pour shampouiner le toutou.
- Tu veux lui donner un bain ? s'étonna Izuku.
- Il vient d'un refuge, expliqua Katsuki. Qui sait ce qu'il peut avoir chopé comme cochonneries. Et il a plein de nœuds dans ses poils. Un bon bain lui fera du bien, et comme j'ai besoin d'une douche moi aussi. On va faire d'une pierre deux coups.
- On se retrouve au repas alors, sourit Izuku. A tout à l'heure Mighty.
Pour seule réponse Mighty détourna la tête en soufflant exagérément par le nez, amusant beaucoup Izuku. Mais il réussirait bien à amadouer le toutou. Il avait bien réussi à apprivoiser Kacchan, ce n'était pas un petit chien qui allait lui faire peur. Izuku rejoignit ses amis dans la salle commune, laissant Katsuki et Mighty aller dans la salle de bain. A peine eut-il mis un pied dans le salon qu'il fut assailli de questions sur l'arrivée surprise du nouveau pensionnaire.
- Reviens là ! rugit Katsuki en courant après son chien fugueur.
Si Mighty s'était laissé mouiller et shampouiner sans rien dire, il refusait de se laisser rincer et courait partout comme un fou dans la grande salle bain, obligeant sa maîtresse blonde à lui courir après. Une serviette de bain enroulée autour de son buste, couvrant sa poitrine et tombant jusqu'à mi-cuisses, les cheveux défaits et mouillés, Katsuki pesta après la boule de poils lui échappant encore.
Boule de poils, pleine de mousse, qui jappait joyeusement tout en semant de l'eau mousseuse partout dans la pièce. Katsuki glissa sur le carrelage humide et tomba sur les fesses en un glapissement surpris.
- Putain, râla-t-il. J'ai mal au cul maintenant avec tes conneries !
Mighty voyant son humaine au sol se précipita pour réclamer des caresses, étalant de la mousse sur le corps à peine couvert de cette dernière.
- C'est bon ? grogna Katsuki en chopant son petit toutou. T'as fini de jouer ? On peut se rincer ?
- Bakugo ? Tout va bien ? demanda Shoto à travers la porte verrouillée. Je t'ai entendu crier.
- Mêle toi de ton cul, Double face ! tonna Katsuki.
- Tu as besoin d'aide ? Tu veux que j'appelle Izuku ? insista Shoto.
- Mais putain, dégage ! rugit Katsuki. Ça va ok ?! Lâche-moi ! Et laisse Deku où il est !
- D'accord. Mais si tu as besoin, n'hésite pas.
Katsuki leva les yeux au ciel sans répondre et se releva, Mighty dans ses bras. Il jeta un rapide coup d'œil à la pièce, constatant le carnage, de la mousse s'étalant absolument partout.
- Ah ouais, soupira-t-il. T'as foutu un de ces bordels.
Tout en s'activant pour rincer le petit chien, Katsuki bougonna après celui-ci qui semblait très fier de lui.
- On voit que c'est pas toi qui va devoir nettoyer, hein !
Et dire qu'il s'était juré de ne prendre ni chien, ni chat. Mais voilà, il avait craqué devant la bouille du Loulou de Poméranie. Et il avait bien vu la façon dont Izuku regardait le chien, ses yeux émeraudes brillant d'une joie enfantine. Il n'avait pas pu résister, ni à la bouille du toutou, ni au regard de son ami d'enfance. Voilà comment il se retrouvait responsable d'un autre être vivant en plus de lui-même. Ses parents allaient lui piquer une crise, c'était certain. Mais Katsuki ne regrettait pas son choix, si choix il avait vraiment eu ce dont il doutait un peu. Mighty semblait avoir décidé que ce serait lui et personne d'autre.
Une fois séché et habillé, Katsuki frotta énergiquement son petit compagnon avec une serviette de bain avant de nettoyer la salle de bain. Puis, il passa au séchage de ses cheveux, armé de son sèche-cheveux. Il s'amusa beaucoup de la réaction de Mighty quand il dirigea le souffle chaud vers lui pour jouer un peu. Le toutou ne bougea plus, levant le nez et fermant les yeux, appréciant visiblement le traitement.
- T'aime ça ? sourit Katsuki.
Mighty jappa joyeusement en réponse et Katsuki s'amusa à sécher autant sa chevelure que les poils longs et blancs du toutou. Après s'être soigneusement brossé les cheveux, Katsuki brossa tout aussi soigneusement Mighty qui se laissa faire avec un plaisir évident.
- Et voilà ! T'es tout beau, tout propre, dit Katsuki en rattachant le collier orange autour du cou de Mighty.
Mighty... C'était Deku qui avait choisi ce nom à l'animalerie. Le magasin avait une machine pour graver les médailles et Katsuki avait fait écrire sur la petite tête de mort argentée son numéro de téléphone et le nom du toutou. Il n'était pas question que son chien s'appelle Loulou. La jeune femme s'occupant d'eux avait semblé très amusée par le débat entre les deux amis d'enfances pour le choix du nom du Loulou de Poméranie. Deku avait finalement remporté ledit débat. Et Loulou était devenu Mighty. Ce qui lui allait très bien selon Katsuki.
Après avoir rangé ses affaires et celles de son compagnon à quatre pattes, Katsuki rejoignit la salle commune pour le repas, Mighty sur ses talons. Ce dernier se planqua rapidement dans ses jambes, en grognant, quand Mina et Denki voulurent le caresser, gagatisant sur la mignonne petite chose. Katsuki récupéra son chien dans ses bras et le caressa pour le rassurer.
- Foutez lui la paix ! tonna-t-il à l'adresse de ses deux amis.
- Il est tellement mignon ! s'exclama Mina en se rapprochant des étoiles dans les yeux.
Mighty grogna en voyant la jeune femme tendre la main et Katsuki se recula, le protégeant de la caresse indésirée.
- Tu lui fais peur, espèce de sauvage !
- Oh, c'est tellement mimi ! rit Denki. Katsuki Bakugo défendant une boule de poils.
- Tu vois ce crétin là, Mighty ? dit Katsuki avec un sourire machiavélique. Lui, tu peux le chiquer. En fait, tu peux tous les chiquer, sauf Deku, Rikido et Koda.
- C'est quoi cette façon d'éduquer ton chien ? s'offusqua Denki.
- Pourquoi moi ? protesta Eijiro.
- Pourquoi nous ? renchérit Hanta.
- Et pourquoi pas Izuku, Rikido et Koda ? s'insurgea Toru.
- Parce que vous me faites tous chier ! claqua Katsuki fier de lui. Sauf Rikido, qui est cool. Pour Koda ça sert à rien, avec son alter il empêcherait Mighty de le chiquer. Et Deku, parce qu'il va chouiner comme un gamin et c'est encore moi qui vais me faire engueuler.
- Katsuki, sermonna Tenya en remontant ses lunettes, tu ne peux pas inciter ton chien à mordre tes camarades.
- Lui, tu peux le mordre deux fois plus que les autres, dit Katsuki très sérieusement à Mighty blotti dans ses bras.
Mighty jappa avant de donner une léchouille au menton de sa propriétaire sous les rires de ses potes se moquant de la mine offusquée de leur délégué. Le repas se déroula dans l'ambiance bon enfant caractérisant la seconde A, les discussions légères ponctuées par les coups de gueule de Katsuki, les rires de Denki, Hanta et Eijiro, et les tentatives des filles de donner, discrètement, à manger à Mighty. Ce qui fit râler la blonde explosive, leur expliquant avec sa douceur habituelle, qu'on ne donnait pas n'importe quoi à manger à un chien !
Une fois le repas fini et ses devoirs terminés, Katsuki harnacha Mighty, enfila une veste chaude et emmena son petit compagnon dehors pour une ultime promenade avant de dormir. Étant donné que c'était le premier jour de Mighty à l'académie, Katsuki préféra le tenir en laisse, soucieux que le petit chien ne se perde ou s'enfuit. Il devrait se renseigner sur les méthodes d'éducation canine pour apprendre quelques bases à Mighty.
- Ba... Bakugo-Kun ? l'interpella une voix timide.
Tournant la tête, Katsuki vit Koda quelques pas derrière lui, semblant hésiter à venir le voir.
- Ouais ? dit-il du ton le plus neutre possible.
Il se demandait ce que pouvait lui vouloir Koda. Ce dernier était plutôt timide et n'avait que rarement discuté avec Katsuki, pas que celui-ci ait particulièrement cherché à converser avec son camarade.
- Je... euh... Pardon de te déranger... Mais... bafouilla Koda en triturant ses doigts. Si tu veux... je peux t'aider avec... Mighty ?
- M'aider ? demanda Katsuki curieux.
Sa réaction dénuée de toute hostilité sembla mettre un peu Koda en confiance, ce dernier se rapprochant un peu et s'exprimant plus clairement.
- Avec mon alter. Midoriya-Kun nous a dit qu'il vient d'un refuge et qu'il a six ans. C'est plus compliqué d'éduquer un chien adulte qu'un chiot. Si tu veux... Pas que je crois que tu puisses pas y arriver... Mais, euh... Je peux, peut-être, faciliter les choses ?
Koda attendit la réponse de la blonde avec anxiété. Katsuki l'avait toujours impressionné par sa nature bougonne, sa grande gueule et son arrogante assurance. Aussi Koda n'avait-il jamais réellement cherché à discuter avec lui. Il se contentait de l'observer de loin, apprenant à le connaître ainsi, se forgeant son propre avis sur le blond explosif. Et cet avis était étonnamment positif.
En passant outre ses airs de bad boy associable, Katsuki avait de belles valeurs selon Koda. L'honneur d'abord. Katsuki payait toujours ses dettes, qu'elles soient financières ou morales. La loyauté ensuite. Le blond avait peu d'amis, mais il était prêt à beaucoup pour eux, acceptant de se plier à leurs caprices ou prenant leur défense quand nécessaire. Il avait sa propre façon de faire, laquelle pouvait être mal interprétée, mais ses amis pouvaient compter sur lui quoi qu'il arrive.
Koda avait aussi noté, comme tout le monde, l'intelligence du blond, son sens de l'observation et ses analyses. C'était bien plus discret que Midoriya, mais lui aussi analysait et observait tout. Malgré son caractère sauvage, Katsuki inspirait confiance et sa rage de vaincre était communicative. Et depuis qu'il acceptait de coopérer pleinement avec ses camarades durant les entraînements, il démontrait des qualités de leader inspirant et galvanisant.
Rikido, dont Koda était assez proche, lui avait raconté la soirée passée en compagnie de la blonde quelques jours plus tôt. Et si Rikido se désolait de la tournure de celle-ci, il avait réellement apprécié la discussion avec Katsuki avant le carnage. Soucieux que ce dernier ne lui en veuille, Rikido avait pris des nouvelles de l'adolescent, lequel l'avait rassuré, à sa façon. Tout ceci avait donné l'envie à Koda de tenter une approche, purement amicale, et Mighty était la parfaite excuse.
- Ça serait cool, ouais, dit Katsuki avec un micro-sourire.
Oui, ça lui simplifierait grandement les choses si Koda pouvait expliquer deux trois trucs à Mighty. Avec un sourire, Koda se rapprocha du duo. Les deux lycéens s'accroupirent et Katsuki appela Mighty qui vint immédiatement vers lui en jetant un regard méfiant à Koda.
- T'inquiètes pas, lui souffla Katsuki en le caressant. Lui, c'est un gentil.
- Tu veux que je lui dise quoi ? s'enquit Koda touché par la douceur dont faisait preuve son camarade envers la petite bête.
Il ne supportait pas ceux qui traitaient mal les animaux, sûrement en partie à cause de son alter. Et en voyant comment Katsuki parlait et caressait Mighty, Koda était sûr et certain que ce dernier ferait un très bon maître pour le petit toutou.
- Hmmm... Déjà qu'il doit pas pisser et chier ailleurs que dehors, et pas sur mon balcon. Je le sortirai régulièrement et je lui laisserai le patio ouvert en journée.
Koda approuva d'un signe de tête avant d'expliquer ce que venait de dire Katsuki à Mighty. Le petit chien sembla très attentif au discours du jeune homme. A la demande de Katsuki, ce dernier rassura aussi Mighty, lui assurant qu'ici personne ne lui ferait de mal, qu'il était en sécurité et qu'il ne devait pas avoir peur des autres personnes vivant au dortoir. Koda lui parla aussi de son lapin, proposant de le lui présenter le lendemain.
Katsuki écouta attentivement le dialogue entre Koda et Mighty, sentant son petit compagnon à poils se détendre sous ses caresses. Celui-ci finit même par se rapprocher de Koda qui put le caresser à son tour sans se faire grogner dessus. Koda lui expliqua aussi qu'il ne devait rien manger d'autre que ce que Katsuki lui donnerait, ou accepterait qu'on lui donne, s'il ne voulait pas être malade. Et qu'il n'avait pas le droit de mordre les gens, sauf Mineta, le plus petit garçon de la classe.
Koda ayant fini, la promenade reprit, Katsuki invitant silencieusement Koda à se joindre à lui.
- Le refuge t'a raconté son histoire ? demanda le lycéen timide.
- Pas vraiment non, soupira Katsuki. Juste qu'il avait été trouvé blessé et errant dans la rue. Il n'avait ni puce, ni tatouage, ni collier, c'est comme ça qu'il s'est retrouvé au refuge. Il a été vacciné et castré par le refuge. J'ai rendez-vous chez un véto dans quelques jours pour le faire pucer.
- C'est bien. Il m'a un peu raconté son histoire, avoua Koda. Tu veux savoir ?
- Carrément, répondit Katsuki. Je pourrais sûrement mieux anticiper ou comprendre ses réactions.
- Il était avec un couple, expliqua Koda. Ça se passait bien et il était heureux. Mais des enfants sont arrivés et ils lui ont fait du mal. Il s'est défendu et a grogné après les enfants. Après ça, ses maîtres sont devenus méchants avec lui. Ils l'enfermaient dans un placard et lui donnaient des coups de pied. Un jour, ils l'ont emmené loin de la maison et sont partis en l'abandonnant.
- Quelle bande de connard ! grogna Katsuki, sa profonde colère contre les anciens propriétaires de son chien se lisant sur son visage.
- Il est très content d'être avec toi, lui sourit Koda. Il a tout de suite senti que tu serais gentil avec lui. Et il aime bien aussi Midoriya-kun.
- Il le cache bien, ricana Katsuki.
- Il a un peu peur d'être à nouveau mis de côté, enfin je crois, répondit Koda.
- Mouais, c'est légitime, soupira Katsuki. Je peux pas promettre d'être là tout le temps. Il y a l'apprentissage, et si je me blesse et que je me retrouve à l'hosto... Mais entre mes parents et Deku, y'aura toujours quelqu'un pour s'occuper de lui en attendant que je revienne.
Koda s'empressa de transmettre l'information à Mighty. Faisant demi-tour, le trio reprit le chemin du dortoir, Mighty précédant les deux apprentis héros en reniflant chaque buisson, arbre et cailloux qu'il croisait. L'adolescent blond avait appelé ses parents un peu plus tôt, les informant de sa nouvelle acquisition. Ceux-ci l'avaient plutôt bien pris, à l'étonnement de leur fils, lui rappelant quand même qu'il avait intérêt à prendre ses responsabilités avec son animal.
- Au fait, reprit soudainement Katsuki. Pourquoi tu as suggéré que je prenne un animal de compagnie ? En quoi, ça va aider à me rendre mon corps d'origine ?
Il fallut quelques secondes à Koda pour comprendre le sens de la question. Il écarquilla brutalement les yeux et s'affola en répondant à la blonde :
- Oh ! Je suis désolé si tu as cru que... ça n'avait rien à voir en fait !
- Ah ? Pourtant, Deku l'a noté ! répondit Katsuki les sourcils froncés.
- Alors oui mais... bafouilla Koda. C'est juste que... Kaminari-kun et Ashido-chan ont... émis l'idée que tu serais comme une princesse en détresse. Et... ben, c'est là que j'ai dit que... les princesses en détresse ont toujours un animal de compagnie... Je ne comprends pas pourquoi Midoriya-kun a noté ça. Je n'ai pas pensé une seule seconde que ça pourrait... régler ton problème... Je suis désolé !
Oui, Koda était profondément désolé de la méprise. Surtout devant l'air de plus en plus colérique de la blonde. Des crépitements se firent entendre et Koda eut des sueurs froides en voyant les petites étincelles dans la paume de son camarade.
- Je vais tuer ces deux abrutis ! grogna férocement Katsuki. Une princesse en détresse ! Ils vont mourir putain !
Et sans attendre, Katsuki partit en courant vers le dortoir, Mighty sur ses talons. Koda suivit le mouvement, désolé pour ses deux amis qui allaient passer un sale quart d'heure. Il rejoignit la salle commune juste à temps pour voir une blonde rugissante se jeter sur une Mina affolée, Mighty pourchassant en aboyant férocement un Denki terrorisé. Il se tordit les mains, se sentant coupable d'avoir révélé, à Katsuki, la remarque de ses amis.
- Il a appris pour la princesse en détresse, hein ? devina Hanta en souriant.
- Je pensais qu'il le savait déjà, avoua Koda.
- Ne t'inquiètes pas, le rassura Eijiro en passant un bras autour de ses épaules et l'entraînant vers les canapés communs. Il va pas les tuer.
- Juste les torturer, plaisanta Kyoka.
Depuis le salon, le reste de la classe assista, très amusé, à la course poursuite entre une blonde enragée, une boule de poils vindicative et deux victimes suppliant pour leur survie. Izuku se joignit rapidement à la partie, tentant de rattraper Mighty par sa laisse qui trainait derrière lui, tout en conjurant Kacchan de se calmer et de ne pas trop martyriser leurs deux camarades.
~oOo~
- Une jeune fille doit bien se comporter. Ajuste correctement ta tenue, tiens toi bien, souris et sois poli et respectueux. Je suis sûr que ça arrangera ton problème actuel.
Katsuki fixa d'un œil rageur son téléphone où s'affichaient ces quelques mots. Il avait reçu le texto juste avant d'aller de se coucher et l'énervement ressenti suite à ça l'avait empêché de dormir correctement. En plus, Mighty avait couiné en début de nuit, visiblement mal à l'aise dans ce nouvel environnement encore inconnu. Katsuki avait donc pris le toutou avec lui, le laissant dormir sur son lit pour le rassurer.
Mais ce qui énervait vraiment la blonde n'était pas le texto en lui-même, ni ce qu'il sous-entendait sur sa manière d'être. Non, le vrai problème, c'était l'expéditeur : Best Jeanist ! Le héros professionnel était donc informé de la condition particulière de son ancien stagiaire. Cela voulait, logiquement, dire que quelqu'un avait bavassé sur le sujet ! Katsuki aurait bien sauté à la gorge du bavard, pour lui apprendre à fermer sa gueule, mais la liste des suspects était longue et composée uniquement de héros professionnels ou de représentants de la loi.
Endevor, Burning, les autres héros bossant à l'agence du héros numéro Un, les profs de Yuei ou les policiers étant sur place au moment des faits... Ils étaient tous suspects ! Mais Katsuki ne pouvait décemment pas les attaquer, ni les uns, ni les autres. Il avait peut-être des manières laissant à désirer (selon Face de Jeans), mais il avait un minimum de respect pour ses supérieurs.
Il lâcha finalement son téléphone sur son bureau. Il enfila le bonnet qu'il mettait pour faire son jogging depuis qu'il avait les cheveux longs, y glissant ses mèches sans aucune douceur. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour éviter d'avoir à se coiffer et pouvoir courir sans que sa chevelure ne vienne l'emmerder.
- Allez Mighty ! On va se balader !
Mighty se précipita immédiatement vers lui, sa laisse, accrochée à son harnais, dans la gueule.
Quand Katsuki revint finalement de son footing quotidien, Mighty était calé dans sa veste, le petit canidé ayant fatigué rapidement. Voyant Deku déjà installé pour son petit déjeuner, la blonde se dirigea vers lui, sortant la boule de poil de son haut.
- Tu restes avec Deku le temps que je prenne ma douche, dit Katsuki à Mighty.
- Ne t'inquiète pas Kacchan, sourit Izuku. Il va être bien sage, hein Mighty ?
- On se retrouve dans ma piaule après, décréta la blonde en prenant la direction de la salle de bain.
- Oui Kacchan !
Mighty resta sagement aux pieds d'Izuku, surveillant la porte derrière laquelle sa maîtresse avait disparu. Mais il refusa catégoriquement de suivre Izuku quand ce dernier voulut remonter à l'étage, campant devant la salle de bain en pignant. Izuku laissa tomber et attendit que Kacchan sorte de la pièce en cajolant la boule de poils qui se laissa faire, sans trop grogner.
- Je crois qu'il aime pas quand il ne te voit plus, sourit Izuku un peu plus tard tout en nattant les cheveux blonds de son ami d'enfance.
- Je peux pas l'emmener en classe avec moi, soupira ce dernier.
- Laisse-lui un tee-shirt à toi, suggéra Izuku. Ça le rassurera.
- C'est ce que je comptais faire, avoua Katsuki.
Izuku sourit ravi de pouvoir repasser un peu de temps seul avec Kacchan. Les quatre jours précédents, ces quelques minutes matinales lui avaient vraiment manqué. Et il avait dû se retenir très fort de refaire la tresse blonde si mal faite. Aussi prit-il tout son temps pour peigner l'épaisse chevelure de Kacchan, profitant au maximum de cette intimité.
- Jeanist m'a envoyé un texto, lâcha soudainement Kacchan.
- Ah ? Il dit quoi ? s'enquit Izuku.
Katsuki tendit son portable à Deku pour qu'il lise le message. Ce dernier fronça les sourcils.
- Comment il l'a appris ?
- J'en sais rien, mais y'a forcément quelqu'un qui a bavé, grogna Katsuki. Que des commères !
- Et donc ? Tu vas suivre son idée ?
- Elle est pas totalement débile, soupira Katsuki. Alors ouais, je vais faire ça. De toute façon au point où j'en suis, je suis prêt à tout tenter, même les trucs les plus cons.
Izuku se retrouva donc à aider Katsuki à arranger son uniforme correctement, s'assurant que la chemise était parfaitement rentrée dans le pantalon, que ce dernier ne tombait pas trop bas sur les hanches de la blonde et que le nœud de cravate était parfaitement fait. Katsuki bougonna mais se plia aux exigences scolaires.
- Il est vachement court, râla Katsuki en regardant le bas de son pantalon.
- Non Kacchan, il est pile à la bonne taille, sourit Izuku. Tu le portes plus bas d'habitude, donc il plisse sur tes chaussures. Là, non.
- J'ai l'air con comme ça, protesta Katsuki.
- Pas de gros mot ! lui rappela Izuku. Et non, tu n'as pas l'air con ou rien d'autre. Ça te va bien en fait.
- J'ai horreur des cravates !
- Je sais, soupira doucement Izuku en desserrant un peu l'accessoire. Là, ça ira ?
- Mouais... C'est chiant quand même !
Oui, Izuku connaissait l'aversion profonde de son ami d'enfance pour les cravates ou pour tout ce qui pouvait serrer le cou. Plus jeune, Katsuki s'était étranglé avec une cordelette tendue en travers d'un chemin forestier. Courant sans regarder devant lui, le petit bonhomme de cinq ans s'était pris la cordelette en plein sur le cou. Dans sa chute, inévitable, la cordelette s'était enroulée autour de la gorge enfantine et, sans l'intervention rapide de Mitsuki, Katsuki aurait pu mourir étranglé. Depuis, il ne supportait pas d'avoir le cou engoncé dans quoi que ce soit.
Avant de partir en cours, Katsuki présenta Mighty au lapin de Koda, les deux animaux sympathisant rapidement. Katsuki entrouvrit la porte du patio intérieur, indiquant à Mighty que s'il avait envie de faire ses besoins, il devait aller là.
- Tiens, conclut-il en tendant le tee-shirt qu'il avait porté durant la nuit à sa boule de poils. Et t'inquiètes pas, ok. Je reviens tout à l'heure.
Mighty jappa tristement, mais se saisit du vêtement et laissa sa maîtresse partir.
- Oh ! Kats ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? T'es malade ? s'affola faussement Denki en voyant Katsuki arriver en classe, tiré à quatre épingles.
- Bonjour Denki-kun, répondit poliment Katsuki. Je te remercie de t'inquiéter pour ma santé, mais je vais bien, rassure toi. Et toi, comment vas-tu ?
Le silence de mort qui s'abattit dans la salle de cours fit intérieurement ricaner Katsuki et pouffer discrètement Izuku.
- Oh mon Dieu ! souffla Mina. Qui a cassé Katsuki ?
- Tu crois que c'est un effet secondaire de l'alter de transgenrisme ? s'inquiéta Toru.
- Je suis choqué, avoua Hanta. Je savais même pas qu'il pouvait faire des phrases aussi longues sans aucun gros mot dedans.
- Tu veux qu'on t'emmène à l'infirmerie Kats ? demanda Eijiro.
- Pitié, dites moi que quelqu'un est en train de filmer ça ! supplia Kyoka. Je veux garder une preuve de ce moment !
- Je suis touché par ta sollicitude, Eijiro-kun. Mais je vais très bien. Je n'ai nullement besoin d'aller à l'infirmerie, assura Katsuki avec un sourire poli et en s'asseyant à sa place.
Il avait bien envie d'étrangler ses potes qui se foutaient ouvertement de sa gueule, mais voir la tête effarée de Denki, toujours pas remis de sa salutation, en valait la peine. Et entendre Izuku s'étouffer de rire derrière lui aussi. Finalement, même si cette idée ne fonctionnait pas, il pourrait s'amuser un peu.
Et pour s'amuser, Katsuki s'amusa. Il dut se retenir de rire comme un dément en voyant la tête que fit Ectoplasm quand il lui dit :
- C'est un réel plaisir d'avoir un professeur tel que vous, Monsieur. Avec vous, les mathématiques semblent si faciles.
Le tout agrémenté d'un sourire éclatant et de quelques battements de cils innocents.
Même Azaiwa le regarda choqué quand il alla au tableau en lâchant un "Avec grand plaisir, Aizawa-sensei" souriant. Durant la pause, il se retrouva cerné par ses camarades, tous s'inquiétant de sa santé mentale et physique.
- Je n'aurai jamais cru voir Katsuki aussi calme, poli, souriant et respectueux un jour, avoua Ochaco.
- J'ai été parfaitement éduqué par mes parents, l'informa Katsuki avec un sourire crispé.
Ochaco n'était pas assez stupide pour répondre à ça. Aussi se contenta-t-elle d'hocher la tête. Mais Shoto ne se gêna pas pour exprimer à haute voix ce qu'elle pensait tout bas, partageant visiblement son avis :
- Nous n'en doutons pas. Mais tu prends pas mal de liberté avec leur éducation.
Izuku se tendit en entendant son ami, conscient que Kacchan n'allait nullement apprécier la remarque.
- N'est-ce pas là le rôle de l'adolescence ? répliqua Katsuki d'un ton sec. Remettre en question ce que nos parents nous ont appris, faire nos propres choix et réfléchir par nous même ?
- Si, tout à fait, se dépêcha de répondre Izuku ne souhaitant pas que la discussion s'envenime. Tu viens, Kacchan ? J'ai besoin que tu m'aides pour... un truc !
Et sans attendre il entraîna son ami d'enfance à l'extérieur de la salle de cours. Il se précipita dans la première pièce venue, tirant la blonde à sa suite.
- T'as besoin d'aide pour pisser, Deku ?
Le ton narquois de Katsuki fit réaliser à Izuku qu'il s'était précipité dans les toilettes.
- Non, soupira-t-il. Je voulais juste pas que tu sautes à la gorge de Shoto.
Le sourire narquois de Katsuki disparut immédiatement, remplacé par une expression sombre et orageuse.
- Ce... Todoroki ! pesta-t-il. De quel droit il me cause comme ça hein ?! Qu'il s'occupe de ses problèmes avec son paternel avant de s'inquiéter de mon éducation ! Cet espèce de tr... triple andouille ! C'est pas un gros mot ça, triple andouille ?
- Non, Kacchan, sourit Izuku. C'est pas un gros mot.
- Put... Zut ! Ça va être bien ch... casse pied, cette histoire, soupira Katsuki.
- Je suis sûr que tu trouveras le moyen d'insulter les autres sans dire une seule grossièreté, dit Izuku en essuyant les larmes d'amusement perlant à ses yeux.
- Évidemment ! confirma Katsuki. Je suis très imaginatif dans ce domaine !
Et Izuku ne put que constater que son ami d'enfance était, effectivement, très imaginatif. Ainsi Eijiro se fit appelé "corniaud mal embouché" quand il tint absolument à vouloir caresser Mighty durant la pause de midi, la quasi totalité de la classe ayant suivi le blond pour promener la boule de poils, promue au rang de mascotte. Mineta reçu la douce appellation de "pet de mouche", Denki de "batterie défectueuse", et Tenya de "balai congelé". Le tout fut toujours dit avec un sourire aimable et un air d'angelot.
- Je le préfère comme d'habitude, avoua Ochaco en s'asseyant à sa place juste avant la reprise après s'être faite appelé "ballon de baudruche".
- Oh, je crois qu'il est tout à fait comme d'habitude, la corrigea Tsuyu. Il s'amuse beaucoup à nous faire enrager sans qu'on puisse le réprimander pour son langage.
- C'est un sadique, assura Ochaco d'un air boudeur.
- C'est ce qui fait tout son charme, confirma Yuga rebaptisé "la crevette pailletée" par leur camarade explosif.
- Je le trouve pas charmant moi, bougonna Ochaco.
- Il a un certain succès auprès des filles, dit platement Tsuyu. Et maintenant, auprès des garçons.
- Il avait déjà un certain succès auprès des garçons avant, fit remarquer Yuga. Même si les gays sont plus discrets que les filles ou les hétérosexuels.
- Toi par exemple ? s'enquit Ochaco avec un air de fouine curieuse.
- J'avoue le trouver beau garçon, admit Yuga. Mais je préfère les hommes plus raffinés.
- Ah oui, niveau raffinement, on a vu mieux que ce sauvage, se moqua Ochaco.
Present Mic arriva en classe, mettant un terme à la conversation entre les trois amis. Katsuki écouta attentivement le professeur d'anglais, participant au cours avec son sourire aimable et sa politesse exagérément respectueuse. Il avait des courbatures à la mâchoire à force de sourire comme un débile. Et il devait toujours réfléchir à deux fois avant de parler. Y'avait intérêt à ce que cette idée à la con fonctionne ! Sinon, Best Jeanist allait l'entendre !
Heureusement, cet après-midi, ils avaient cours héroïques. Cela permit à Katsuki de se défouler un bon coup, même s'il dut se retenir de ne pas hurler ses insultes habituelles. Franchement, "Prends ça" au lieu de "Crève", c'était vachement moins cool et moins stylé. Et s'énerver après Hanta, qui s'interposa par mégarde entre lui et sa cible (Rikido), sans pouvoir le traiter de tous les noms était frustrant. "Espèce d'empoté" c'était moins impactant que "trou du cul".
Même s'il s'était bien amusé à trouver des insultes originales et des tronches de ses potes à chaque fois qu'il leur parlait, Katsuki fut ravi que la journée de cours se termine. Il rejoignit rapidement le dortoir et prit comme excuse la promenade de Mighty pour s'isoler. Son petit toutou tenu en laisse, il se balada dans l'académie, profitant d'être tranquille pour se détendre. L'air de rien, aller à ce point à l'encontre de sa nature, c'était stressant.
Katsuki était en train de ramasser la crotte de Mighty avec un petit sac plastique pour la mettre à la poubelle, quand une voix masculine l'interpella :
- Bonjour, il est à toi ce toutou ? Il est très mignon.
Sourcils froncés, Katsuki se releva pour dévisager celui qui venait l'emmerder. Il était grand, brun, avec des yeux noirs, un sourire crétin collé sur la face, et portait l'uniforme de Yuei.
- Bonjour, grogna-t-il en réponse. Oui, c'est mon chien.
- Je peux le caresser ?
- Non, il aime pas ça.
Mighty confirma les dires de sa maîtresse en grognant, collé à la jambe de celle-ci.
- D'accord, sourit l'adolescent en face du duo. Je m'appelle Gamo Ippei. Et je suis en première générale.
Katsuki ne dit rien, attendant de voir ce que ce débile lui voulait au juste. S'il venait lui parler, il devait bien savoir comment il s'appelait et dans quelle classe il était. Il ne voyait donc pas l'intérêt de se présenter. Devant son silence, le jeune homme sourit un peu plus et reprit :
- Ça fait quelque temps que je te regarde, et je te trouve vraiment très mignonne.
Un doute affreux se fraya un chemin dans l'esprit de la blonde. Non ? Ce mec n'était pas réellement en train de...
- Je sais qu'il y a des rumeurs disant que tu es en couple avec Midoriya, mais...Ben, ce ne sont que des rumeurs. Alors, je me suis dit que...
Les légères rougeurs qui apparurent sur les joues de l'adolescent et son air embarrassé confirmèrent ses soupçons à Katsuki. Ce mec allait lui proposer un rencard.
- On pourrait peut-être... Aller quelque part... Tous les deux. Pour faire connaissance, tu vois ? finit par souffler le lycéen.
Estomaqué, Katsuki fixa en silence son interlocuteur, n'en revenant pas de se faire proposer un rencard par un mec. Ce n'était pas la première fois qu'on lui proposait un rendez-vous, mais c'était avant, quand il était lui-même un mec, et c'était des filles qui lui en faisait la demande. Là, c'était totalement inédit et surtout très déconcertant. Son premier réflexe fut de se foutre de la gueule du jeune homme, mais il s'arrêta en se souvenant qu'il devait être poli et respectueux.
Et puis, même s'il pouvait être un parfait connard parfois, il l'admettait sans mal, il avait toujours pris en considération le courage que nécessitait une telle demande. Aussi avait-il toujours éconduit ses prétendantes avec un minimum de tact et de politesse. Il pouvait donc faire de même avec ce mec, même s'il était encore plus con que la moyenne à son humble avis. Il souffla discrètement, chassant son envie de rire méchamment, avant de prendre la parole d'un ton neutre.
- Ippei ? C'est ça ?
- Oui.
- Je... te remercie de ton intérêt, mais je crois qu'il y a méprise.
Avant que l'autre n'ait le temps de protester, il reprit :
- Sais-tu comment je m'appelle ?
- Non, avoua piteusement Gamo. Je sais que tu es en seconde A, en héroïque donc, et que tu es arrivée en cours d'année. C'est pour ça qu'on ne t'a pas vu au tournoi.
- Tes informations sont erronées, soupira Katsuki. Je suis bien en seconde A, en héroïque. Mais je ne suis pas arrivé en cours d'année et j'ai bel et bien participé au tournoi. Je l'ai même remporté.
Katsuki laissa le temps à son interlocuteur de comprendre, se retenant de grogner en le voyant le dévisager de la tête aux pieds, en s'attardant particulièrement sur sa poitrine et son entrejambe.
- Attends... Quoi ?! s'écria Gamo, choqué. Tu es...
- Bakugo Katsuki, oui, confirma Katsuki.
- Oh ben merde alors, souffla l'autre les yeux rivés sur le renflement du chemisier de la blonde. C'est vachement bien fait ! Ta poitri... transformation est impressionnante. J'aurai jamais cru que tu étais trans. J'ai rien contre les trans hein ! Mais du coup, c'est des prothèses que tu as ? Tu sens quand on les touche ou pas ?
La dernière question mit fin à la bonne résolution de Katsuki.
- Putain, mais c'est pas possible d'être aussi con ! Tu crois vraiment qu'on obtient ce genre de résultat en seulement quelques jours ?! C'est un putain d'alter qui m'a fait ça ! Et je suis pas transgenre ! Je suis un mec, bordel !
- T'as vachement de poitrine pour un mec, fit remarquer Gamo inconscient de la fumée sortant des oreilles de Katsuki.
- Je vais te fumer putain ! rugit Katsuki en faisant crépiter ses paumes.
- Du coup, pour le rencard, on oublie, hein, reprit Gamo avec un air un peu méprisant. J'ai rien contre les trans, mais je suis pas intéressé, hein. Je préfère les vraies femmes, avec de vrais seins.
- Je suis une vraie femme ! hurla Katsuki en se jetant sur le lycéen. Et je vais te faire bouffer tes dents !
Quand Katsuki repartit en direction du dortoir, il laissa derrière lui le corps fumant d'un adolescent avec une coupe afro et un air totalement traumatisé sur le visage. Mighty jugea bon de lever la patte sur le presque cadavre avant de suivre sa maîtresse, ajoutant sa petite touche personnelle au tableau. Gamo fut retrouvé par un de ses camarades et Recovery Girl le soigna rapidement, ses blessures étant plus impressionnantes que graves. Present Mic, professeur principal de Gamo, rit beaucoup de sa mésaventure, lui faisant cependant remarquer que ses propos étaient déplacés et lui conseillant de rester loin de Bakugo.
La seconde A vit un Katsuki furibond revenir de la promenade de Mighty.
- Kacchan ? s'inquiéta Izuku. Tout va bien ?
- Non putain ! râla Katsuki en ôtant le harnais de Mighty. Un connard de première générale est venu me faire chier.
- Ah oui ? Il te voulait quoi ? demanda Eijiro.
Katsuki releva la tête et darda un regard noir et assassin sur son meilleur ami.
- Un rencard ! Ce connard m'a proposé un putain de rencard ! rugit-il.
- T'as dit oui ? demanda Denki avec un grand sourire.
- Ça va pas non ? tonna la blonde explosive. Pourquoi j'aurai accepté un rencard de merde avec un connard qui savait même pas qui j'étais ?
- Il savait pas ? s'étonna Kyoka.
- Non ! Il m'a proposé parce qu'il me trouve mignonne ! tempêta Katsuki.
- Y'en a pour qui y'a que le physique qui compte, s'insurgea Mina.
- Ouais, ben celui-là il en fait partie, claqua Katsuki. Il a pas lâché ma poitrine des yeux !
- C'est tellement pénible d'en être réduite à une seule partie de notre anatomie, soupira Momo.
- C'est clair ! confirma Ochaco. On ne se résume pas qu'à une paire de seins !
- Y'en a qui sont mieux servies que d'autres à ce niveau, se plaignit Kyoka.
- Et il a réagit comment quand tu lui as dit ton nom ? s'enquit Tsuyu.
- Cette merde a osé me dire que, finalement, il était pas interessé, parce qu'il préfère les vraies femmes et pas les trans ! Et il m'a demandé si c'était des putains de prothèses ! enragea le blond explosif.
- Quel con ! s'offusqua Mina. En quoi les trans ne sont pas de vraies femmes ? C'est quoi cette idée débile ?
- Des prothèses ? se révolta Toru. Quel goujat !
Les garçons de la classe se regroupèrent discrètement entre eux, s'éloignant des filles remontées à bloc.
- Je crois que je commence à comprendre ce que tu voulais dire Shoji, souffla discrètement Hanta. Entre les duels filles-garçons de l'autre jour et aujourd'hui, Katsuki est prêt à mener une révolution contre le sexisme.
- Je ne pensais pas qu'il serait aussi... vindicatif, avoua Shoji.
- Je plains sincèrement ce mec, soupira Eijiro. Kats a du bien l'amocher.
- Et je crois qu'il va prendre cher dans les jours qui viennent, s'inquiéta Izuku en désignant discrètement leurs camarades féminines réunies autour de Katsuki.
- Je l'ai ! s'exclama Toru en agitant son portable sur lequel ses amies se penchèrent immédiatement.
- Il est beau gosse, souffla Mina. Dommage qu'il soit si con !
- Aucune pitié ! affirma Ochaco. On va lui montrer à Monsieur le pervers !
- Regarde, demain il a la même pause déjeuner que nous, dit Tsuyu.
- Parfait ! Katsuki et Toru vous vous chargez de nous l'amener, décida Momo. On vous attendra dans les toilettes des filles, avant le réfectoire.
- Je ferai le guet, ajouta Kyoka.
- J'ai plein de merdes dont je ne me sers pas dans ma piaule, ajouta Katsuki. Ramenez-vous, y'a forcément des trucs qui nous seront utiles.
En voyant le groupe de filles disparaître dans les étages, les garçons de la classe soupirèrent en chœur.
- On a intérêt à se faire petit, prédit Denki. Elles sont remontées comme des pendules.
- On devrait peut-être prévenir ce garçon que... commença Tenya soucieux.
- Non ! s'exclamèrent Izuku et Eijiro affolés. Elles risquent de s'en prendre à nous !
- Je ne crois pas qu'elles lui feront quoi que ce soit mettant sa vie en jeu, le rassura Shoto.
- Et il mérite une bonne leçon, ajouta Yuga. Ne serait-ce que pour son manque de tact.
- J'ai hâte de voir ce qu'elles vont lui faire, avoua Hanta en souriant sadiquement.
- Moi aussi, rit Mineta avec un air vicieux.
Voyant les airs surpris de ses camarades, il haussa les épaules et avoua :
- Je suis bisexuel et très ouvert d'esprit.
- Mais très pervers, souffla discrètement Mashirao.
Rikido et Koda approuvèrent en silence.
- Trans ou pas, je m'en fous, expliqua Mineta. Tant que je peux avoir les mains pleines, de seins ou de fesses, le reste m'est égal.
- On se disait aussi, souffla Fumikage dépité.
Loin de se douter de ce qu'il se tramait dans son dos, Gamo Ippei vivait sa petite vie normale de lycéen, racontant au passage le scoop appris la veille : la jolie blonde de seconde A n'était pas une nouvelle élève, mais Katsuki Bakugo ! L'information fit rapidement le tour des premières, puis des terminales et des secondes toutes filières confondues. Elle choqua les demoiselles, faisant pleurer celles ayant des vues sur le blond explosif, et fit beaucoup rire les jeunes hommes.
Le lendemain matin, tout le monde fut surpris de voir Katsuki arriver en classe avec Mighty. Aizawa fronça les sourcils, mais Katsuki lui parla discrètement et il accepta la présence du canidé en classe. Mighty fut très sage toute la mâtinée, restant silencieusement aux pieds de sa maîtresse, en machouillant son jouet imitant une main humaine. Les têtes que firent les autres élèves en voyant la boule de poils, toute mignonne, se promener fièrement dans les couloirs, une main coupée dans la gueule, fit beaucoup rire les secondes A en général et Katsuki en particulier. Il avait vraiment bien fait de prendre ce jouet.
A la pause de midi, Izuku suivit Katsuki et Mighty, tel qu'ordonné par son ami d'enfance le matin même. Il fronça les sourcils en notant l'absence des autres filles de la classe.
- C'est lui, souffla Katsuki en désignant du menton un grand brun installé avec d'autres garçons autour d'une table.
- Ok, répondit la voix de Toru faisant sursauter Izuku.
- Kacchan ? Qu'est-ce que vous manigancez ?
- Tais toi ! Joue le jeu !
Katsuki prit la main d'Izuku dans la sienne et se dirigea en roulant des hanches vers la table occupée par Gamo. Ce dernier et ses amis se levèrent et se dirigèrent vers la sortie, tout en jetant des regards moqueurs, et un brin lubriques, sur la blonde pulpeuse.
- Ippei-San ? appela cette dernière d'un ton enjôleur. On peut discuter ? En privé ?
- Euh, oui, si tu veux, sourit celui-ci, son regard passant d'Izuku à Katsuki.
Izuku lui fit son sourire le plus rassurant possible, bien qu'il ignore tout des plans de Kacchan et de son rôle dans cette histoire. Gamo les suivit jusque dans le couloir avant de soudainement s'effondrer, inconscient.
- Oh mon Dieu ! s'exclama avec un affolement surjoué Kyoka qui était tout près. Vite ! Il a fait un malaise !
- Deku, ordonna Katsuki, prends-lui le haut, je prends le bas.
- Oui Kacchan !
Gamo fut emmené dans les toilettes des filles par un Izuku de plus en plus perdu. Il le fut encore plus quand Katsuki lança :
- Bien joué Toru !
- C'était trop facile, rit celle-ci. Il était tellement concentré sur ton cul qu'il n'aurait même pas vu un géant ! Joli déhanché d'ailleurs au passage !
Katsuki lâcha sans aucune douceur les jambes de Gamo au sol, incitant Izuku à en faire de même.
- Maintenant, on le désappe ! annonça-t-il avec un sourire de psychopathe.
- Quoi ?! Mais ! protesta Izuku.
- Tu m'aides ou tu dégages ! claqua Katsuki. T'es là pour ça !
- Oui, on se voyait mal déshabiller un mec, avoua Momo un peu gênée.
- Tenez, voilà l'uniforme, leur lança Mina en tendant un ensemble de tissus.
Izuku soupira mais se plia aux exigences des filles et de Kacchan. Il nota que ses camarades féminines leur tournèrent le dos, laissant ainsi un peu d'intimité à leur victime. Gamo se fit donc entièrement déshabiller, à part son caleçon, avant de se voir revêtu de l'uniforme féminin de Yuei. Izuku dut le tenir assis quand Katsuki lui enfila un soutien gorge dans lequel étaient collées des prothèses en silicone.
- Tu lui as fait une de ses paires de seins, Momo, se moqua Katsuki. Il va voir ce que ça fait, ce petit con ! Voilà, on a fini ! Il est tout à vous !
Les filles se retournèrent rapidement et se lancèrent dans la mise en beauté de leur victime, sous l'œil effaré et désolé d'Izuku, et celui moqueur et vengeur de Katsuki. Mighty assista à tout ceci en machonnant paisiblement son jouet.
Quand Gamo reprit connaissance, il fut surpris de se retrouver dans les toilettes de filles. Il en sortit et vit Bakugo, nonchalamment appuyé contre le mur face à la porte, son chien à ses pieds et un rictus narquois sur le visage.
- Hey ! Jolie poitrine mec ! C'est des vrais ? Tu vas faire des ravages avec ça !
Surpris Gamo baissa les yeux constatant avec effroi qu'il ne voyait pas ses pieds, un important renflement dans sa chemise lui bouchant la vue.
Des rires et des sifflements appréciateurs lui firent lever les yeux. Il remarqua avec effarement qu'il était l'objet de ses rires, principalement féminins, et des sifflements, essentiellement masculins. Il fit demi-tour et alla s'examiner dans le miroir, pris d'un affreux doute. C'était bien lui, aucun doute possible. Mais il avait les cheveux longs réunis en une épaisse queue de cheval, l'uniforme féminin dévoilant sans pudeur ses jambes (heureusement couvertes par des collants) et une poitrine de belle taille.
Mais le pire, c'était son visage. Ses yeux étaient maquillés de rose et de bleu, avec des paillettes, ses cils atrocement longs, ses pommettes teintées d'une belle couleur abricot, et sa bouche était d'un rouge vif des plus voyants. Ses oreilles s'étaient ornées de grandes créoles et le foulard rose vif autour de son cou ne masquait pas le lourd collier, en perles et en strass, pendant jusque sur ses nouveaux seins.
Le hurlement outragé de Gamo résonna dans tout le bâtiment et fit bien rire ses tortionnaires qui se félicitèrent pour leur œuvre commune.
- C'est pas un peu abusé ? souffla discrètement Izuku à Katsuki en le suivant à l'extérieur pour la balade de Mighty.
- Il pourra tout enlever ce soir, rétorqua Katsuki en haussant les épaules. C'est juste pour qu'il voit ce que ça fait d'être une fille quand on est un mec.
- Il peut tout enlever maintenant, fit remarquer Izuku.
- Aucun risque... Momo a tout collé pour que ça tienne bien. Il ne pourra l'enlever que sous la douche. Il peut seulement changer d'uniforme. Tusyu lui a remis celui qu'on lui a enlevé dans son casier pour qu'il le retrouve. Avec un mot lui expliquant que tout partirait sous l'eau chaude.
- N'empêche, soupira Izuku. Je n'aimerai pas être à sa place. Vous avez fait fort.
- Toi, t'es un mec bien. On te fera jamais ça, lui répondit platement Katsuki. Et puis, ça va. Il va pas en mourir non plus, hein ! Il va en entendre parler pendant plusieurs jours et après ce sera oublié. C'est pas comme s'il se faisait emmerder tous les jours. On a vérifié avant.
Izuku abandonna l'idée de faire la leçon à Kacchan et le suivit dehors, discutant des cours du matin et du prochain entraînement avec All Might. Dans l'après-midi, Izuku put constater que Gamo Ippei avait finalement pris le parti de rire de sa situation, et qu'il proposait même à ses camarades de lui peloter les seins pour voir ce que ça faisait. Ce dernier point convainquit finalement Izuku que ce mec méritait, au moins un peu, la leçon infligée par les filles.
Le soir venu, Katsuki finissait de s'habiller après s'être douché quand il entendit un aboiement sonore suivi d'un cri vaguement masculin. Il sortit précipitamment de la salle de bain, juste à temps pour voir Mighty mordre les fesses de Mineta.
- Mineta ! réprimanda Tenya. Combien de fois faudra-t-il qu'on te dise de ne pas tenter d'espionner Katsuki sous la douche ?
- Son chien m'a mordu ! pleura Mineta en frottant son postérieur martyrisé.
- Bien joué, Mighty, lança Katsuki.
Mighty revint tout fier vers sa maîtresse qui le caressa en le félicitant pour l'avoir si bien protégé.
- Quant à toi le dragibus, si Mighty est malade à cause de toi, je te noie dans la baignoire !
La tête, que tira Mineta face à la menace, fit hurler de rire Denki et Eijiro, et Mighty fut baptisé : Mighty, le redoutable !
Dans son appartement, Best Jeanist sourit en recevant un texto incendiaire de son ancien stagiaire, l'informant en termes fleuris que son idée n'avait nullement fonctionné. Son sourire s'agrandit quand Midnight l'appela pour lui raconter les dernières mésaventures de Katsuki. Le héros manipulateur des fibres plaignit mentalement les camarades du blond, lesquels devaient supporter ses humeurs souvent bruyantes. Avec sa collègue, rapidement rejointe par Present Mic, il essaya d'imaginer à quoi ressemblerait la prochaine tentative de Bakugo.
A suivre...
Commentaire de l'auteure :
Alors ? Vous aimez Mighty ? Il est trop chou non ?
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Pendant que Lili souffle sur la fin de son chapitre, maugréant qu'elle avait initialement prévu de passer moins de temps sur Mighty et contre les idées s'invitant toutes seules dans son squelette, Aizawa darde un regard désapprobateur sur Yzan.
- Elle sait que le harcèlement est interdit par la loi hein ? demande-t-il.
- Tout à fait, confirme placidement Yzan.
- Et pourtant, ce pauvre Gamo...
- A été remis à sa place, une fois, contre Yzan. Une seule et unique fois ! Le harcèlement est, par définition, des agissements et des paroles répétées ! Dans le cas de Gamo, on peut parler d'humiliation, mais pas de harcèlement. Or, l'humiliation ponctuelle n'est pas juridiquement punissable. Sinon, Lili serait en prison depuis longtemps. Elle a un certain talent pour s'humilier toute seule en public. Et puis, il l'avait mérité !
Peu convaincu, Aizawa se tourne vers les lecteurs et leur demande :
- Et vous ? Vous pensez qu'il l'avait mérité ? Ou que les filles en ont trop fait ?
Rendez-vous au chapitre 6 : Princesse en détresse cherche Prince Charmant.
- Raiponce est renommée Fiona.
- Vous espérez quoi au juste en faisant ça ?
- C'est moi ou Tenya vient de kidnapper Katsuki ?
