GROS TW : Drogue, médicament, sang
Chapitre 18 : Astéroïdes
Edward sortit de la voiture de Rosalie, peu rassuré. Il ne savait pas à qui appartenait cette deuxième voiture, il ne pouvait qu'avancer à reculons. Un cri strident résonnait dans ses oreilles, son cœur bat rapidement. Son cœur avait battu trop vite aujourd'hui, il pensait faire une crise cardiaque.
La pensée morbide le traversa, que son cœur cesse de battre maintenant ne serait pas une mauvaise chose. Il ne penserait plus à Bella, il ne questionnerait plus ses sentiments, il ne s'inquiéterais plus pour ses sourires. Plus pour sa mère et l'horreur qui l'attend en ouvrant cette porte.
Ce qu'il fit immédiatement.
Il l'ouvrit, doucement, mais cette dernière grinça tout de même. Il n'avait pas le temps de rentrer dans la maison que son souffle se coupa.
L'intérieur était saccagé, démoli. Des débris de verre, du vomi, ce qui ressemblait à de la sauce tomate et des pâtes à terre.
Il pouvait sentir l'odeur du crack, il pouvait sentir la sueur, l'alcool, les signes que sa mère avait un ami spécial qui était venu la voir. Le signe qu'elle avait replongé, qu'elle n'était plus elle-même.
Il voulait s'enfuir, partir, connaissant par cœur les effets de cette drogue et ce qui risquait de lui arriver mais avant qu'il ait eu l'occasion de réaliser quelque chose, il ressentit un choc aigu sur sa tempe. Il s'affala sur le sol, et d'autres coups à son estomac retentissaient. Il ne pouvait entendre ce que le mec pouvait bien lui dire avant que sa mère l'entrainât dehors, lui marchant sur la main au passage.
Ils étaient sortis mais Edward n'en était pas rassuré. Il l'avait peut-être pris pour un cambrioleur, ou pire – les hallucinations sont possibles avec cette drogue.
Il voulait juste aller dans sa chambre, oublier tout, oublier son existence, écouter sa musique, sortir de son corps, sortir de son esprit, vivre ailleurs. Juste, être en paix.
Il monta alors ses escaliers, titubant à cause des coups, se tordant de douleur. Arrivé au second étage, son esprit se vida.
Mais pas de la manière qu'il espérait.
La porte de sa chambre était détruite, totalement cassée, fracturée. Le bois ressortait, elle ne tenait même plus droite.
Il osa s'approcher.
Tout avait été renversé, tout avait été mis par terre, cassé, détruit. Ses vêtements, ses cours, son ordinateur. Tout avait disparu. Plus rien n'existait.
Le seul endroit où il se sentait en sécurité, son seul point de repère, de repos. Le seul endroit où rien ne pouvait lui arriver avait été détruit.
Son cœur rata un battement. Des larmes sauvages coulaient le long de son visage, inarrêtable. Ses genoux frappaient le sol, il s'était effondré. Ses mains tiraient ses cheveux, grattaient ses bras pour tenter de calmer sa crise de panique.
Rien n'y faisait. Ses pensées étaient incohérentes. Il pensait à tout et à rien en même temps, plus rien n'avait de sens, plus rien ne comptait à ses yeux. Il ne savait plus quoi faire, comment arrêter ça. Ses ongles griffaient ses mains, laissant des traces, ouvrant sa peau.
Il devait se calmer.
Il se souvient garder des calmants dans sa table de nuit. Il se retourna vers son lit, regardant par terre, partout. Le tiroir avait été retiré et déchiré en deux. Il bougeait frénétiquement tout ce qui était sur son passage, pour seule image ces pilules roses dans son esprit. Il déchira des feuilles, jetait des déchets dans toute sa chambre avant d'enfin trouver ce qu'il cherchait. Il en avala une entière, qui ne fit aucun effet. Il n'en pouvait plus, il voulait que tout cela cesse tout de suite.
Il en restait deux, qu'il avala sans eau. Il se fichait de s'étouffer. De s'étrangler. Il voulait juste que tout cela cesse.
Il attendit ce qui lui semblait être des heures, positionnant son menton entre ses genoux. Bella lui avait dit de l'appeler, ce souvenir lui revient en mémoire. Elle lui avait dit qu'elle serait toujours là pour lui mais elle n'était pas là ! Elle ne voulait pas de lui, il ne pouvait pas l'appeler. Il ne savait même pas si son téléphone était toujours auprès de lui, inconscient des vibrations de ce dernier dans sa poche.
Ses yeux voyaient flou et pourtant il surprit un couteau face à lui. Ce couteau avait surement servi à couper son matelas, à ouvrir la porte ou qu'importe. La lame s'étendait devant lui, l'appelant. Criant son nom, suppliant de la prendre et de cesser cette douleur. Qu'une seule chose pouvait tout arrêter.
Il n'avait qu'une seule solution. Il voulait que tout s'arrête, que toute cette souffrance se termine. Il ne servait à rien, il n'était pas méritant d'amour, il ne méritait pas de vivre. Que disait donc sa mère ? Qu'elle aurait été mieux sans lui. Voilà ce qu'elle dit. Voilà ce qu'il devait faire.
Parce que c'était bien lui le problème. Tout le monde était contre lui, personne ne l'aimait. Il ne méritait pas l'amour des gens, il ne méritait rien du tout. Il n'était qu'un moins que rien, sa présence sur terre n'était qu'une erreur de l'univers.
Ce n'était pas la première fois qu'il souhaitât mourir mais c'était la première fois qu'il rampait vers une lame et la plaça sur son avant-bras.
Le sifflement, le bourdonnement dans ses oreilles ne fit que s'amplifier alors que les premières gouttes de sang s'enfuirent de sa peau, sous le pli de son coude. Sa vision de brouillait, floue de larme et noire d'une chute de tension. Sa tête tournait mais il poursuivit.
Alors qu'il avait réussi à tracer dix centimètres sur sa peau, une main saisit l'arme et la déposa. Il s'effondra, en pleurs, incontrôlable, dans les bras de la personne qui avait compris. Qui était venu à son secours. Il ne pouvait pas entendre ce qui était dit, mais il pouvait sentir des bras l'entourer, une main caresser ses cheveux, un tissu se poser sur sa blessure.
Rosalie avait attendu. Les évènements avaient duré moins de cinq minutes et elle s'en voulait de ne pas être rentré directement après avoir vu les deux adultes sortir. Elle avait vu l'état de la maison, avait cherché Edward partout. Il n'avait fait aucun bruit, il avait été tellement discret que Rosalie était d'autant plus choquée.
Elle le garda dans ses bras le temps que sa crise de larme cesse, que sa respiration redevienne normale.
Sans attendre plus longtemps, elle appela Bella. Si elle tenait vraiment à lui, elle devrait se montrer disponible. Elle le devait.
Elle ne pouvait pas continuer comme ça, à le laisser seul et malheureux. Rosalie était énervée contre son amie, énervée parce qu'encore une fois elle reculait face à ses sentiments, mais cette fois elle blessait quelqu'un en même temps.
Et Edward était son ami. Rosalie adorait Edward, elle pouvait remercier Bella pour leur rapprochement, mais surtout la gentillesse du garçon. Elle ne voulait pas que l'histoire se répète pour elle. Il ne pouvait pas terminer comme sa mère.
Et Bella ne pouvait pas ressembler à son père, ce connard batteur de femme qui l'avait abandonné elle et ses frères.
– Tu aurais dû m'appeler plus tôt.
– Plus tôt ? Je t'ai appelée la seconde où j'ai pu !
– Il aurait dû m'appeler.
– Après ce que tu as fait aujourd'hui ?
– Parce que c'est ma faute maintenant ?
– Ne fais pas ça.
– Quoi ?
– Ne remet pas tout à toi.
– Le monde ne tourne pas autour de moi, c'est ça ?
– Oui ! Arrête d'être aussi égocentrique et pense aux conséquences un peu !
– Je pense aux conséquences !
– Pas assez ! On a failli le perdre aujourd'hui.
– Je lui avais dit de m'appeler.
Un silence suivit cette phrase chuchotée, entrecoupée par la respiration faible du garçon couché sur le lit de la chambre d'amis des Cullen. Bella avait demandé à Rosalie de venir directement chez elle, de ne pas attendre une seconde. Rosalie avait été surprise de réussir à soutenir le corps de Edward avec autant de facilité, il était si frêle. Ses jambes arrivaient à peine à porter son poids, et les vingt minutes de trajet avaient suffi à l'endormir.
Une fois arrivés, Jasper l'avait porté dans la chambre. Il n'avait posé aucune question, seulement de la compassion dans son regard.
Bella, elle, n'avait qu'une idée en tête.
C'est lui.
Elle ne comprenait pas de quoi, d'où, ni pourquoi cette révélation l'angoissait autant mais elle ne pouvait que se répéter ces mots.
C'est lui.
Et, effectivement, c'était bien lui qui était mort le 13 avril 2015, le même jour, la même année, dans une autre vie.
Patience, Bella arrive avec l'explication de son plan
J'espère n'avoir trauma personne, cette scène m'a brisée le coeur
