Note de l'auteure : Attention, dans ce chapitre il y aura une scène particulièrement choquante : Katsuki va discuter (chose rare) avec des filles (chose encore plus rare). Vous êtes prévenus, vous lisez la suite à vos risques et périls !

Bonne lecture.

Lili

PS : Je déménage ce week-end, et même si j'ai fait toutes les démarches pour avoir internet dès mon emménagement et pris toutes les précautions pour ne pas prendre de retard à la publication, il n'est pas impossible que le prochain chapitre soit en retard. Pas de panique, il sera juste en retard. Cette fic est finie d'écrire, tous les chapitres sont bien au chaud dans mon pc. Merci d'avance pour votre compréhension.


~ 7. C'est quoi pour toi un vrai baiser ? ~

Ce matin-là, comme d'habitude, Izuku prit son petit déjeuner, guettant le moment où Katsuki sortirait de la salle de bain après sa douche post-footing. Mighty attendait patiemment sa maîtresse à la porte, comme d'habitude. Quand Katsuki sortit de la pièce, Izuku jeta un œil à sa montre, comptant mentalement une dizaine de minutes avant de pouvoir monter dans la chambre de son ami d'enfance pour le coiffer, lui laissant ainsi le temps d'enfiler son uniforme.

Mais alors qu'il rangeait son bol, après l'avoir lavé, Ochaco l'aborda avec un grand sourire :

- Deku-kun ?

- Oui Ochaco-chan ?

- J'ai un message à te transmettre de la part de Mina et Toru.

- Oh ?

- Ce matin, tu n'as pas besoin d'aller coiffer Katsuki, elles s'en chargent.

- Quoi ? Mais pourquoi ? s'inquiéta immédiatement Izuku.

- C'est une surprise, sourit Ochaco.

Izuku ne la sentait pas cette surprise et tenta de faire parler son amie, en vain. Celle-ci se contenta de le rassurer : aucun mal ne serait fait à Katsuki. Si ledit Katsuki avait entendu une telle affirmation, il aurait sûrement protesté avec véhémence. Mais il était actuellement dans sa chambre, aux prises avec trois de ses camarades très enthousiastes. Un peu trop d'ailleurs, à son avis. Elles lui arrachaient les cheveux, l'obligeaient à écarquiller les yeux démesurément et à faire diverses grimaces. Bref, elles le maltraitaient !

A peine avait-il eu le temps de remonter dans sa piaule, que Mina, Toru et Momo avaient débarqué avec armes et bagages. Qu'elles viennent était une chose convenue depuis la veille au soir, mais Katsuki aurait aimé avoir le temps d'enfiler sa chemise d'uniforme. Il ne portait encore que sa tenue d'intérieur (tee-shirt et pantalon noir) quand les filles arrivèrent.
- Tiens, on t'a apporté ce qu'il faut, sourit Mina en lui tendant un paquet.

- Vous pouvez vous retourner ? demanda-t-il entre ses dents serrées en prenant le paquet des mains de sa camarade.

- Bien sûr, confirma Momo en lui tournant immédiatement le dos.

- Ben pourquoi ? s'étonna Toru. On est des filles aussi...

Mina ne dit rien, mais son regard ne trompa pas Katsuki, qui devina l'envie de son amie de le voir en petite tenue. Pour quelles obscures raisons ? Il n'en savait rien et ne voulait surtout pas le savoir. En temps normal, il n'était pas particulièrement pudique, voire pas du tout. Il n'avait aucun complexe et assumait parfaitement son corps tel qu'il était. Le hic étant, qu'à l'heure actuelle, son corps n'avait plus grand chose à voir avec celui dont il avait l'habitude. Aussi était-il bien plus gêné par la situation.

Mais comprenant qu'il n'avait pas vraiment le choix, et souhaitant s'éviter des heures de débat qui le mettrait en retard pour les cours, il se résigna à se changer sous les regards curieux de ses amies. Quand il put enfin sortir de sa chambre pour rejoindre la salle commune et aller en cours, il avait l'horrible impression d'être déguisé et n'avait qu'une envie : retourner se changer. Mais il avait promis à Mina et Toru de suivre leur idée et il n'avait qu'une parole.

Les autres membres de la classe étaient tous réunis dans le salon, prêts à partir. Mais tous voulaient voir la fameuse surprise promise par les filles.

- On va devoir courir si on ne veut pas être en retard, fit remarquer Tenya en remontant ses lunettes d'un index nerveux.

- Mais je vous jure que ça va valoir le coup, assura Ochaco.

- Oh oui, ricana Jiro. J'ai hâte de voir ça !

- Je suis sûre que ça rendra bien, sourit Tsuyu.

Le ding caractéristique de l'ascenseur se fit entendre et tous tournèrent la tête dans un bel ensemble. Dans le silence choqué qui suivit son apparition, tous entendirent Katsuki bougonner :

- Elle est trop courte cette foutue jupe de merde !

- Ah non, elle n'est pas trop courte, soupira lascivement Mineta les yeux rivés sur ladite jupe.

- Kats... merde ! T'es... band... commença Denki avant de se faire bâillonner par Eijiro.

- C'est ça la surprise ? s'étonna Shoto.

- Oui ! confirma Mina. Ça lui va bien hein ?

Tous hochèrent la tête, les yeux rivés sur la blonde qui se sentait de plus en plus mal à l'aise. Mina et Toru avaient suggéré qu'assumer son corps féminin lui rendrait, peut-être, son corps masculin. Aussi avait-il accepté de porter l'uniforme féminin de Yuei. Si le haut ne lui posait pas de problème, étant composé d'une chemise et d'une veste, presque identiques à celles qu'il avait l'habitude de porter, le bas était une toute autre histoire.

La jupe plissée était définitivement trop courte à son avis. Si courte, qu'elle ne cachait même pas le haut des bas noirs opaques qu'il portait. Ses amies avaient estimé que, n'ayant pas l'habitude des jupes, il serait plus à l'aise avec les jambes couvertes. Mais les collants s'étaient avérés être un véritable enfer à enfiler pour Katsuki. Après en avoir filé deux paires avant même d'avoir atteint ses genoux, il s'était rabattu sur les chaussettes hautes.

Ce qui laissait le bas de ses cuisses, ses genoux et le haut de ses mollets à l'air libre. Impossible ! Il n'avait pas tenu dix secondes avant de réclamer une autre paire de collants, ayant l'impression hautement dérangeante d'être à moitié nu. Momo avait alors proposé des bas, assez hauts pour couvrir les jambes de la blonde jusqu'à la lisière de la jupe. C'était un bon compromis, du moins jusqu'à ce que Katsuki ne commence à marcher. La jupe se relevait un peu à chaque pas, dévoilant sans pudeur le haut des bas et un bout de cuisse.

Les filles avaient voulu pousser l'aspect féminin jusqu'au bout et lui avait donc imposé des putain d'escarpins ! Certes, ils étaient noirs et sobres. Mais ils avaient des talons de cinq centimètres ! Cinq foutus centimètres ! Rien qu'entre sa chambre et l'ascenseur, Katsuki avait failli se tordre trois fois la cheville. Trois fois ! Et il devait les porter toute la sainte journée ! Il sentait qu'il finirait avec des courbatures aux mollets et une cheville foulée.

Sans qu'il ait réellement eu son mot à dire, Toru lui avait verni les ongles des mains d'un rose bien flashy, Mina lui avait peinturluré le visage et Momo l'avait coiffé. Il s'était à peine reconnu en se voyant dans le miroir. Ses pommettes étaient plus marquées et plus rosées, ses yeux semblaient plus grands et charbonneux, ses iris grenat ressortant plus flamboyants que d'habitude, ses cils étaient plus longs et plus fournis et ses lèvres plus pulpeuses et d'une teinte proche du rouge de ses iris.

Ses cheveux tombaient librement dans son dos, ornés de petites tresses judicieusement placées et nouées entre elles. Il avait longuement examiné sa coiffure, ayant la sensation de l'avoir déjà vu quelque part sans pouvoir dire où exactement. Cela lui était brutalement revenu quand Toru avait lâché un "Khalessi" admiratif. Ah ! C'était ça ! C'était l'une des coiffures de Daenerys Targaryen, personnage principal d'une série de fantasy qu'il aimait beaucoup. Ce que Momo lui confirma, lui précisant que c'était la coiffure que l'actrice avait dans la saison trois, en arrivant à Yunkaï.

Bref, Katsuki avait tout d'une jolie jeune fille, tout sauf la démarche comme le lui fit remarquer un Eijiro cramoisi, ne sachant visiblement pas trop où poser son regard. Pour seule réponse, Katsuki lui présenta son majeur droit et agrippa le bras de Deku.

- Oïe le nerd ! Réveille toi, on va être en retard ! Et je peux pas courir avec ses putains de talons de merde ! C'est à peine si je peux marcher, bordel !

- Ou... Oui Kacchan ! s'exclama Izuku sortant de la transe où la vue de son ami d'enfance ainsi apprêté l'avait plongé.

Il laissa volontiers son bras à Katsuki qui lui attribua le rôle de béquille, ce qu'Izuku accepta sans broncher. Si c'était pour aider Kacchan, il voulait bien être une béquille, un coiffeur, un garde du corps, un petit ami fictif ou tout autre rôle que son ami d'enfance voudrait lui attribuer. Au vue de la réaction des garçons de la classe, nul doute qu'aujourd'hui encore il devrait éloigner de potentiels prétendants de la blonde, même si les menaces proférées la veille à l'ensemble du lycée allaient sûrement en calmer quelques uns.

Quand il avait vu Katsuki arriver, Izuku n'avait pensé qu'il était très beau ainsi vêtu qu'une demi-seconde, les conséquences de ce constat affluant immédiatement dans son esprit. Les remarques de Mineta et de Denki lui avaient vite fait comprendre le danger qu'encourait son ami d'enfance. D'un simple coup d'œil vers ses camarades, il avait évalué l'ampleur de la menace. Et elle était immense de son point de vue.

Si même ceux connaissant le blond, et parfaitement au fait de sa situation et de son caractère, avaient ce genre de regard pour lui, cela ne présageait rien de bon pour le reste de la journée. Et les craintes d'Izuku se confirmèrent rapidement, trop rapidement à son goût. La distance entre le dortoir et la salle de classe n'était, certes, pas bien grande, mais elle suffit au jeune homme pour voir les ravages que pouvait faire la jolie blonde, s'agrippant à son bras pour ne pas s'étaler comme une crêpe au sol.

Les lycéennes qu'ils croisèrent la regardèrent avec jalousie, la détaillant de la tête aux pieds avec des airs calculateurs, semblant chercher le moindre défaut à critiquer. Les lycéens, eux, l'examinèrent avec avidité, leurs yeux s'attardant sur la jupe se balançant au rythme de ses pas. Beaucoup ne se gênèrent pas pour se retourner afin de la mater de dos aussi, leur regard rivés sur son postérieur. Et c'était sans compter les commentaires soi-disant discrets.

- Tu vas te péter le bras si tu continues, grogna Katsuki en lui pinçant le biceps.

- Désolé Kacchan, souffla Izuku en tentant de se détendre. C'est juste que ça m'énerve !

- Laisse tomber, soupira Katsuki. C'est des abrutis !

- Je sais, bouda Izuku, mais ça m'énerve quand même ! De quel droit ils te matent comme ça, hein ? Et t'as entendu l'autre là ?

- Lequel ? Celui qui a dit que j'étais trop bonne ou celui qui a bavé sur mon cul ? Ou peut-être celui qui voulait m'arracher mes bas avec les dents ? ricana Katsuki.

- Tous ! râla Izuku.

- Vois le bon côté du truc, reprit Katsuki avec un rictus moqueur. Tu vas faire des envieux.

- Ah ? Pourquoi ça ? s'étonna Izuku.

- Parce que ta petite amie est trop bonne, avec un cul bandant et que, toi, tu peux lui arracher ses bas avec les dents, répondit malicieusement Katsuki.

- C'est vrai, rit Izuku. J'en ai de la chance !

Le faux couple pénétra dans la salle de classe et s'installa, chacun à sa place, vite suivi de leurs camarades. Aizawa arriva dans la foulée, son sourcils se soulevant de surprise en voyant Bakugo aussi féminin. Mais il ne fit aucune remarque, commençant son cours le plus normalement du monde. Il dut cependant rappeler plus d'une fois Denki et Mina à l'ordre pour bavardage.

Dans l'ensemble, la journée de Katsuki se déroula relativement tranquillement. Visiblement son discours rageur et le rappel à l'ordre d'Aizawa la veille au soir avaient fait leur effet. La présence permanente de Deku à ses côtés joua sûrement en sa faveur aussi. Izuku tint brillamment son rôle de béquille, évitant à la blonde de s'étaler pitoyablement à de nombreuses reprises, et la rattrapant à chaque fois qu'elle trébuchait ou se tordait la cheville.

Katsuki ne pouvait qu'être intérieurement reconnaissant à Izuku pour son appui infaillible. Vraiment les talons, ça l'emmerdait et pas qu'un peu. Et encore, si c'était le seul truc bien chiant. Mais non ! Sa jupe était beaucoup trop courte, de son point de vue, et sentir un courant d'air, plus ou moins permanent, sur son intimité était très dérangeant. Lui qui avait l'habitude de s'asseoir les jambes plus ou moins écartées, ou de poser un pied sur le genoux opposé, avait dû lutter contre cette manie toute la sainte journée.

C'était un détail auquel il n'aurait pas pensé sans le regard lubrique de Mineta. Regard qui avait valu au plus petit des secondes A de se retrouver avec le fouet noir de Deku et les bandes d'Hanta enroulés autour de ses yeux. Mais le pire, selon Katsuki, c'étaient les bas. Ces foutus bas qui glissaient lentement mais sûrement, l'obligeant à les remonter régulièrement pour ne pas se retrouver les cuisses presque nues devant tout le monde.

Il y avait aussi le maquillage qui le saoulait sérieusement. Il avait appris ce matin à quoi servait la fameuse pince à cils achetée par Double face et il s'en serait bien passé. Mina lui avait posé des faux cils, pour "embellir" son regard avait-elle dit. Katsuki ne savait pas si cela embellissait réellement son regard, en revanche c'était très pénible pour lui. Il devait écarquiller les yeux en permanence sous peine d'avoir de fins traits noirs lui obstruant partiellement la vue.

De ce fait, il avait passé une bonne partie de la journée à se frotter les yeux, gêné par cet ajout qu'il jugeait totalement inutile. Et plus il se frottait les yeux, plus il avait envie de les frotter, le maquillage les lui irritant. Le rouge à lèvre lui asséchait les lèvres, l'obligeant à les humecter souvent sous peine d'avoir la sensation très désagréable qu'elles craquelaient. Franchement, il ne comprenait pas comment les filles faisaient pour supporter autant de merde tous les jours.

Même si personne ne l'aborda directement, il entendit bon nombre de commentaires sur son passage, commentaires qui lui hérissèrent le poil et énervèrent Izuku. Plus d'une fois; il avait dû retenir son ami d'enfance pour l'empêcher de sauter à la gorge d'un étudiant quelconque. Plus d'une fois, Deku avait dû l'inciter au calme pour ne pas qu'il explose la tronche d'un connard.

C'était quoi cette obsession des mecs pour son cul ou ses seins ? En plus, aujourd'hui, ils bavaient aussi sur ses jambes. A ce rythme là, ils finiraient pas se branler en fantasmant sur ses pieds. Katsuki ne comprenait pas. Il avait seize ans, il avait des fantasmes, comme tout le monde. Il savait aussi apprécier la beauté des gens. Mais de là à les reluquer sans vergogne et à faire des commentaires sur leur physique, non. De toute façon, pour lui, la beauté n'était rien sans une personnalité attrayante.

La preuve : Gamo Ippei. Même lui pouvait admettre que Gamo était plutôt beau garçon. Mais c'était un parfait crétin, du moins du peu que Katsuki avait pu connaître de lui. Et ça gâchait complètement son physique avantageux de l'avis du blond explosif, le rendant totalement inintéressant à tout point de vue. Aussi Katsuki ne comprenait-il pas l'attrait que les autres pouvaient avoir pour son physique et uniquement pour ça. Il n'était pas qu'un corps, féminin ou masculin, il était avant tout un être humain doté d'une personnalité, plaisante ou non. Réduire une personne seulement à son aspect physique était complètement con.

Un grognement menaçant le sortit de ses pensées, attirant son attention sur celui dont il avait réquisitionné le bras pour tenir debout : Deku. Il retint difficilement un ricanement en voyant le regard noir que lança son ami d'enfance à un groupe de lycéens un peu plus loin dans le couloir. Visiblement, ces abrutis faisaient des remarques qu'Izuku n'appréciait pas. Voulant éviter qu'une bagarre éclate, il serait désavantagé avec ses putains de talons de merde, il pinça le biceps de Deku lui intimant ainsi de se tenir tranquille.

On était au milieu de l'après-midi, il ne restait que trois petites heures de cours, et Katsuki se félicita intérieurement d'avoir survécu jusque-là sans péter un plomb, ni se ridiculiser en se vautrant comme une merde. Il avait eu quelques inquiétudes lors du repas du midi, se demandant comment il allait réussir à porter son plateau et aller jusqu'à une table sans s'étaler de tout son long.

Mais Izuku avait anticipé le problème, prenant deux plateaux qu'il superposa et posant deux repas sur celui du dessus, permettant ainsi à Katsuki de continuer à s'accrocher à lui sans rien porter. Ce ne fut qu'une fois à table qu'Izuku lui avait donné un plateau, le garnissant rapidement de tout ce que Katsuki avait choisi. Il avait répété l'opération pour débarrasser avant d'accompagner le blond jusqu'au dortoir pour la promenade de Mighty.

Une sensation désagréable sortit à nouveau Katsuki de ses pensées, le faisant râler contre ses bas qui glissaient doucement le long de ses cuisses.

- Bon, ça y est ! Ça me gonfle ! cracha-t-il énervé.

Lâchant le bras d'Izuku, il ôta les escarpins d'un coup de talon rageur, avant de se pencher vers l'avant, faisant descendre ses bas jusqu'à ses chevilles.

Des sifflements flagorneurs retentirent, lui faisant froncer les sourcils. En quoi le fait qu'il montre ses jambes méritait un tel enthousiasme. Mais il saisit rapidement que le problème était tout autre quand Izuku s'exclama avec un affolement évident :

- Kacchan ! Te penche pas comme ça !

Un courant d'air mal placé informa Katsuki que ce qui suscitait tant d'intérêt, était son postérieur dévoilé par sa position.

- Merde ! Putain de jupe à la con ! ragea-t-il en se redressant d'un coup, les deux mains sur son arrière train.

- Attends je te couvre ! s'affola Izuku en glissant sa veste d'uniforme autour de la taille du blond, le dos de la veste rallongeant l'arrière de la jupe.

Sans attendre, il noua solidement les manches au niveau du nombril de son ami d'enfance avant de l'entraîner rapidement dans première salle qu'il trouva, ramassant les escarpins au passage.

Rouge cramoisi, Katsuki ne savait plus où se mettre. Merde ! Trop pressé de se débarrasser de ses bas, il avait oublié la jupe et avait montré son cul à tous ceux présents dans le couloir. Et comme c'était la pause de milieu d'après-midi, ils étaient nombreux dans ledit couloir.

- Fais chier, putain ! souffla-t-il mortifié.

Heureusement qu'il avait gardé l'habitude de porter ses boxers, plus couvrants qu'une petite culotte féminine. Il sursauta en sentant un effleurement sur sa cheville droite et baissa les yeux, voyant Izuku à ses pieds, tirant sur les bas pour les lui enlever.

- Tu veux pas le faire avec les dents ? ricana-t-il en tentant de reprendre contenance.

- J'aurai peur de te mordre, sourit Izuku.

- Si tu me chiques, je t'explose les dents, sale nerd !

Izuku rit de bon cœur à la menace, tirant sur l'un des bas quand Katsuki leva obligeamment sa jambe pour lui permettre de le lui ôter. Le second bas subit le même sort, la paire d'accessoires finissant leur journée dans le sac du blond, avec les escarpins qu'il refusa tout net de remettre. Quand il revint en classe, ses camarades le regardèrent choqués. Il était pieds et jambes nues, une veste nouée autour de la taille, suivi de près par Izuku qui, lui, ne portait plus que sa chemise.

- Katsuki ! Mais qu'est-ce que tu as fait ? s'affola Toru.

- A part montrer son cul à tout le monde ? demanda innocemment Hanta.

- Quoi ? C'était quand ? C'était où ? Pourquoi j'ai raté ça ? pleura Mineta.

- Dans le couloir tout à l'heure, répondit Ojiro. Mais tu n'aurais rien vu. Avec Shoji, on a essayé de cacher la vue aux personnes présentes.

- Et Izuku s'est empressé de lui donner sa veste, ajouta Shoji.

- Pourquoi tu as tout enlevé ? pleura Mina. Ça t'allait si bien !

- Ça me gonflait, grogna Katsuki en se laissant tomber sur sa chaise.

Machinalement, il se frotta les yeux, s'attirant de nouveau les foudres de ses amies.

- Arrête, tu gâches ton maquillage, supplia Toru.

- Tu ressembles de plus en plus à un panda, rit Jiro.

- Ça me gêne putain ! se justifia Katsuki.

- Encore quelques heures et tu pourras te débarrasser de tout, le rassura Momo.

Katsuki avait hâte que les quelques heures soient passées, pour enfin retrouver son look habituel. Quand la sonnerie délivra les élèves, Katsuki soupira de soulagement, heureux de voir cette journée se finir. Mais à peine eut-il mis un pied dans le couloir qu'il se fit alpagué par Midnight qui l'entraîna à sa suite.

- Bakugo, toi et moi, on doit discuter !

- Pourquoi ? demanda Katsuki, s'interrogeant sur la raison pour laquelle sa professeur d'histoire de l'art voulait lui parler.

- Midnight-Sensei, intervint Izuku trottinant à la suite du duo, il y a un problème avec Kacchan ?

- Aucun, le rassura Midnight, je veux juste lui parler. De femme à femme !

Ces mots ne rassurèrent nullement Katsuki qui blêmit. Il ne la sentait pas cette discussion, mais alors pas du tout.

- Ah, euh... d'accord, souffla Izuku, hésitant sur la marche à suivre.

Devait-il rejoindre le dortoir avec les autres ou attendre Kacchan ? Kacchan qui était pieds nus et toujours en jupe. Il croisa le regard de son ami d'enfance voyant la supplique muette dans les iris grenats. Il suivit donc le duo jusqu'à la porte d'un des salons réservés aux professeurs, et lança, juste avant que la porte ne se referme :

- Je t'attends là, Kacchan.

Intérieurement, Katsuki fut infiniment reconnaissant à Deku de l'attendre. Il avait un très mauvais pressentiment à propos de cet entretien en tête à tête avec Midnight. Il aimait bien Midnight, même si la matière qu'elle enseignait était loin d'être sa préférée. C'était une bonne prof sachant rendre ses cours attractifs et intéressants. Il admirait aussi l'héroïne qu'elle était. Son alter était intrigant et elle en faisait un usage remarquable. Le personnage qu'elle jouait en permanence ajoutait un plus non négligeable à son charisme.

Mais si Katsuki avait bien conscience que Midnight jouait le rôle de la dominatrice sadique pour la galerie, il soupçonnait cette dernière de se laisser parfois prendre à son propre jeu. De ce fait, il craignait un peu ce qu'elle voulait dire par "parler de femme à femme". Et le sourire qu'elle lui fit en l'invitant à s'asseoir ne lui dit rien qui vaille. Vraiment, il ne la sentait pas cette conversation.

Dans le couloir, Izuku attendit patiemment, ne pouvant s'empêcher de s'inquiéter pour son ami d'enfance malgré tout. Certes, il ne risquait rien avec Midnight, elle n'allait certainement pas tenter de le draguer ou de l'agresser sexuellement. Mais c'était plus fort que lui, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter en permanence pour Katsuki. Izuku soupira intérieurement de dépit. Si Kacchan savait ça, nul doute qu'il lui hurlerait dessus avant de lui défoncer la tronche.

Pourtant, Izuku savait que Katsuki était fort, intelligent, parfaitement capable de tenir tête à n'importe qui et de s'en sortir sans trop de dommages. Merde, il l'avait vu de ses propres yeux tenir tête à six membres de la ligue à Kamino. Il l'avait vu mettre Black Mist à terre et le neutraliser lors de l'attaque du SCA. Il s'entraînait avec lui plusieurs fois par semaine. Il savait que Kacchan était fort. Et sa transformation en fille ne changeait rien, absolument rien, à ce fait.

Izuku savait qu'il avait une fâcheuse tendance à s'inquiéter un peu trop, pour tout et n'importe quoi. Mais il avait l'impression que dès que ça concernait Katsuki s'était mille fois pire. Pourtant, au vue de leur passé commun, il aurait dû être satisfait de voir son ami d'enfance en difficulté, il aurait dû se foutre de son sort et prier pour qu'il finisse par disparaître de sa vie.

Mais, il n'y arrivait pas. Pas du tout. C'était même complètement l'inverse. Voir Kacchan en difficulté lui donnait juste l'envie de voler à son secours. Son sort lui importait plus que sa propre vie et l'idée même que Kacchan disparaisse lui faisait monter les larmes aux yeux. Non, il ne pouvait pas se passer du blond explosif. C'était impossible. Il avait besoin de lui, besoin d'être sûr qu'il allait bien, besoin de pouvoir poser ses yeux sur lui, de pouvoir l'observer, le voir, l'entendre.

Katsuki était son phare, lui indiquant le chemin à suivre dans n'importe quelle tourmente. Katsuki était son modèle de la victoire, celui qui, paradoxalement, l'empêchait d'abandonner ses rêves et ses ambitions. Izuku n'avait jamais laissé tomber l'idée d'être un héros, malgré les nombreuses brimades et moqueries de son ami d'enfance. Au contraire, il s'y était accroché, bien décidé à prouver que Kacchan avait tort. Jusqu'à ce qu'All Might lui-même mette fin à tous ses espoirs.

Et alors qu'il avait abandonné, se résignant à changer de voie, il avait vu Kacchan dans l'étreinte du gluant. Son sang n'avait qu'un tour et il s'était lancé au secours de son ami sans réfléchir. C'était cet acte qui lui avait valu le respect et l'alter d'All Might. En son for intérieur, Izuku pensa que, finalement, c'était grâce à Katsuki qu'il avait pu avoir un alter et la chance de poursuivre son rêve.

Jamais il n'aurait pensé à s'accrocher à All Might pour lui poser la question qui le tourmentait, pouvait-on devenir un héros sans alter, si Kacchan ne lui avait pas dit et répété, encore et encore, que c'était impossible. Et si Izuku ne s'était pas accroché à All Might, le gluant ne se serait pas libéré. Il n'aurait pas attaqué Katsuki, Izuku n'aurait pas tenté de le sauver et All Might ne lui aurait jamais donné son alter.

Katsuki avait toujours eu une place bien à lui dans sa vie, dans son coeur. Quand ils étaient petits et qu'ils s'entendaient encore bien, il était son meilleur ami, celui qui savait le rassurer, celui qu'il aurait suivi au bout du monde. Que les autres ne l'aiment pas ou se moquent de lui, parce qu'il était pleurnichard et trop faible lui était complètement égal. Parce qu'il avait Kacchan et que cela lui suffisait amplement.

Quand Katsuki avait commencé à le rejeter, à s'éloigner, Izuku n'avait pu se résoudre à le perdre. Il l'avait poursuivi encore et encore, préférant sa méchanceté à son indifférence. Tant que Kacchan le regardait encore, même si ce n'était plus avec sympathie, cela lui convenait. Izuku avait conscience que ce n'était pas très sain. Mais c'était plus fort que lui. Il ne pouvait pas laisser Kacchan disparaître de sa vie. C'était impossible.

Depuis son entrée à Yuei, Izuku s'était fait de nouveaux amis. Il tenait à eux, leur amitié lui était précieuse, et il avait commencé à se dire que, peut-être, il pourrait enfin laisser Katsuki s'éloigner. Que peut-être Kacchan ne lui était pas aussi indispensable qu'il l'imaginait. Que sûrement leur relation serait plus saine s'il ne s'y accrochait pas avec tant de ferveur. Il s'y était presque résigné.

Mais l'enlèvement de Katsuki par la ligue avait tout bouleversé. Izuku avait vu son pire cauchemar se produire : Kacchan avait disparu. Il avait pleinement réalisé la chose dans son lit d'hôpital, quand les autres étaient venus lui rendre visite. Et il avait eu l'horrible impression qu'on lui avait arraché une partie de lui-même, une partie de son cœur, de son âme.

Il n'avait pas hésité une seconde à accepter la proposition d'Eijiro. Peu importaient les risques qu'il prenait, il devait sauver Kacchan ! A n'importe quel prix ! Izuku avait conscience qu'il y serait allé dans tous les cas. Même si personne d'autre n'avait voulu sauver Katsuki. Même si cela devait lui coûter son rêve de toujours. Même s'il avait fallu enfreindre un bon milliers de lois. Il y serait allé.

Izuku pensait bien connaître Katsuki, le connaître par cœur. Il avait pris conscience que son ami d'enfance savait surtout extrêmement bien cacher ses sentiments lors de leur combat nocturne. Jamais Izuku n'avait soupçonné ce sentiment d'infériorité, cette culpabilité qui rongeaient le blond. Et s'il avait perdu le combat, Izuku avait le sentiment d'avoir gagné quelque chose de plus important ce soir-là : Kacchan.

Depuis ce combat, ils s'étaient rapprochés, devenant plus complices, même si toujours rivaux. Izuku avait le sentiment de mieux comprendre le blond, peut-être parce que ce dernier s'ouvrait un peu plus à lui, même inconsciemment, le laissant percevoir plus facilement ses émotions. Kacchan restait cependant très égal à lui-même, toujours en train de râler, protester, menacer. Et cela convenait très bien à Izuku.

Un groupe de lycéens passa devant lui en riant bruyamment, sortant Izuku de ses pensées.

- Ben alors, lui lança l'un d'eux. T'as perdu ta petite amie ?

Les autres ricanèrent et le petit groupe poursuivit son chemin sans attendre de réponse. Mais Izuku était perturbé par leurs quelques mots. Petite amie ? Certes, Kacchan avait dit à tout le monde qu'ils sortaient ensemble, mais c'était juste pour avoir la paix et qu'on lui lâche les baskets. Ce qu'Izuku approuvait totalement.

Cependant, Izuku n'avait jamais été amoureux. Enfin, du moins, pas qu'il s'en souvienne. Sa mère lui soutenait que du haut de ses trois ans, il lui avait assuré qu'il épouserait Kacchan quand il serait grand. Mais bon, à cet âge là, il est facile de confondre l'amitié et l'amour. Ça ne comptait pas. Surtout qu'il n'en avait aucun souvenir. Il faudrait qu'il en parle à Kacchan, peut-être que lui se souviendrait de ça.

Bref, Izuku ne savait pas ce que c'était d'être amoureux. Oh, il avait quelques notions, ayant lu des livres avec des romances et vu des films romantiques. Mais il n'avait jamais ressenti ces fameux papillons dans le ventre, ni aucun des autres symptômes décrits dans ces œuvres. En y réfléchissant bien, la personne qui comptait le plus pour lui, en dehors de sa mère, c'était Kacchan. Mais il n'en était pas amoureux. C'était juste son meilleur et plus ancien ami. Presque comme un frère.

Et le fait qu'il ait actuellement un corps féminin ne changeait rien. Izuku n'était pas à l'aise avec une trop grande proximité physique avec les filles, même avec ses amies comme Ochaco. Bizarrement, cette proximité ne le gênait nullement avec Kacchan depuis que celui-ci était une fille. Pour lui, fille ou garçon, Kacchan restait Kacchan. Izuku ne se sentait donc nullement gêné quand le blond s'accrochait à son bras, ou quand il le plaquait au sol lors des entraînements.

La proximité de leurs deux corps ne le mettait pas mal à l'aise, malgré les attributs féminins du blond. Au contraire, il l'appréciait. De la même manière qu'il l'appréciait quand Katsuki avait encore son corps masculin. Cela lui rappelait tous les moments, dans leur enfance, où il se blottissait contre le blond à la recherche d'un peu de chaleur, de réconfort ou juste pour se sentir rassurer.

Bref, pour Izuku, il n'y avait aucune ambiguïté. Ou alors il était totalement aveugle à ses propres sentiments, ce qui serait absolument risible. Un ricanement moqueur s'échappa des lèvres du jeune homme, amusé par la pensée qu'il puisse être amoureux de Katsuki sans le savoir. Il admettait sans mal qu'il tenait à Kacchan plus que de raison, mais de là à en être amoureux, il ne fallait pas pousser mémé dans les orties.

La porte face à lui s'ouvrit et Izuku chassa définitivement ses pensées troublantes, son attention se focalisant immédiatement sur la blonde livide qui sortit dans le couloir.

- Ça a été un plaisir de discuter avec toi Bakugo, assura Midnight avec un grand sourire.

- Ah... Euh... Ouais... merci, pour... cette discussion, souffla Katsuki du bout des lèvres.

Il tourna rapidement les talons, pressé de s'éloigner au plus vite de l'héroïne.

- Tout va bien, Kacchan ? s'enquit Izuku en s'approchant.

Katsuki leva les yeux, croisant le regard soucieux de son ami d'enfance. Avec un soupir tremblant, il posa son front contre l'épaule de Deku, en soufflant :

- Je veux jamais parler de ça.

- D'accord, sourit Izuku en se demandant si Kacchan allait s'énerver s'il le serrait contre lui pour le réconforter.

Mais avant que Deku n'ait eu le temps de se décider, Katsuki s'éloigna, prenant le chemin de la sortie. Il voulait juste retrouver sa piaule et oublier tout de cette conversation. Absolument tout. Midnight l'avait pris à part pour lui parler de sa féminité. Déjà, en soi c'était hautement perturbant. Il n'était pas une femme putain ! Il était un mec coincé dans un corps féminin contre son gré. Donc, sa féminité, il n'en avait rien à foutre. Mais vraiment rien !

Mais en plus, Midnight avait décidé que le rôle de la gentille petite lycéenne bien propre sur elle et toute mignonne, ne lui allait pas du tout. Selon elle, Katsuki avait tout de la femme fatale et dominatrice. Il fallait donc qu'il explore cette voie. Et elle lui avait donné tout un tas de conseils pour ce faire. De son look, à son maquillage, en passant par sa coiffure et son attitude, Midnight avait tout passé au crible, lui listant tout ce qu'il devait faire pour exprimer pleinement sa personnalité profonde.

Bordel, elle lui avait même fait manier son fouet et l'avait obligé à faire tout un tas de mimiques allant supposément avec la fatale dominatrice dormant en lui. Katsuki ne savait pas s'il avait l'âme d'une maîtresse SM, mais une chose était sûre, il ne s'était jamais senti aussi mal à l'aise de toute sa vie. Le pire du pire étant quand Midnight l'avait obligé à dire des choses telles que :

- Lèches-moi les pieds, vilain garçon !

- Tu es un petit coquin qui aime les fessées.

Et d'autres phrases du même style, toutes plus gênantes les unes que les autres, les lui faisant répéter encore et encore jusqu'à ce qu'il ait la bonne intonation.

Oui, Katsuki voulait à tout prix oublier cet entretien hautement malaisant. Midnight prenait son rôle vraiment trop au sérieux. Il était sûr et certain qu'elle ne l'avait entraîné dans son délire que pour le plaisir de le voir rougissant, bafouillant, blêmissant et incommodé. Nul doute que l'héroïne s'était bien amusée, contrairement à lui. Il espérait simplement qu'il ne ferait pas de cauchemars suite à cette conversation surréaliste.

- Kacchan, l'interpella Izuku le sortant de ses pensées.

- Quoi ? bougonna-t-il.

- On va arriver dehors, et tu es pieds nus, signala doucement Izuku.

Katsuki jeta un œil dubitatif au sentier gravillonné qu'il devait emprunter, puis à l'herbe le bordant. Il aurait moins mal aux pieds en marchant dans celle-ci, mais il aurait les pieds dégueulasses après.

- Si tu veux, je peux te porter, suggéra prudemment Izuku.

- Ah ? Me servir de béquille toute la journée t'a pas suffit, Deku ? ricana Katsuki.

- En bon petit ami, je me dois de te proposer une solution pour éviter que tes pieds ne soient abîmés par le gravier. Et l'herbe est humide, tu risques de t'enrhumer si tu marches dedans, sourit Izuku.

- Si tu me portes, ma jupe va se relever et tout le monde verra mon cul, argumenta Katsuki.

- Sauf si je retiens les pans de ma veste contre tes cuisses, contra Izuku.

Katsuki aurait pu argumenter durant des heures, mais là il n'en avait pas le courage. Il voulait juste retrouver sa chambre, son chien et qu'on lui foute la paix. Aussi soupira-t-il lourdement avant de poser ses mains sur les épaules de Deku, sautant pour grimper sur son dos.

- Tu vas me porter parce que je ne veux pas me dégueulasser les pieds, décréta-t-il. C'est un ordre !

Tout en agrippant les genoux de Kacchan, s'arrangeant pour tenir en même temps les pans de sa veste toujours nouée autour de la taille du blond, Izuku sourit largement, concédant le dernier mot à son ami d'enfance avec plaisir. Si cela permettait à Katsuki de se sentir moins redevable, il était d'accord. Pas qu'Izuku attende quoi que ce soit en retour, il faisait tout ça par pure gentillesse et parce que c'était Kacchan. Mais il savait que ce dernier détestait avoir des dettes, même morales, envers les autres.

- Au fait Kacchan, demanda Izuku en s'engageant sur le sentier gravillonné, la blonde sur le dos. Tu te souviens de quand on était petit ? Ma mère m'a dit que, quand j'avais trois ans, je disais qu'on se marierait ensemble, toi et moi, quand on serait plus grands. Mais je ne m'en souviens pas du tout.

- Ah ? réfléchit Katsuki. Moi non plus. Quoique... maintenant que tu le dis... je crois que mon père m'a dit un truc du même genre. Mais... attend que je me souvienne... Si ma mémoire est bonne, il disait que TU m'avais demandé en mariage, et que j'avais accepté. C'était ton idée quoi, le nerd. Pourquoi tu parles de ça d'un coup ? Tu veux me demander en mariage, Deku ?

Izuku éclata de rire au ton malicieux de Katsuki.

- Non Kacchan. Je pensais juste à ça tout à l'heure en t'attendant.

- Pourquoi tu pensais à ça ?

- A cause de mecs qui m'ont demandé si j'avais perdu ma petite amie. Je me suis rendu compte que je n'ai jamais été amoureux. Et c'est là que j'ai repensé à ça.

- T'as jamais été amoureux ? s'étonna Katsuki. Pas même un crush ? Et la tête ronde ? Tu craques pas pour elle ?

- Ochaco-chan ? Non ! C'est juste une amie, rien de plus ! se défendit Izuku. Et toi, tu as déjà été amoureux, Kacchan ?

- Non, avoua Katsuki. Mais j'ai déjà eu un crush.

- C'est vrai ? s'étonna Izuku la curiosité perçant dans sa voix.

- Ouais, une fille que j'ai rencontrée en vacances avec mes vieux. Il s'est rien passé, mais je craquais un peu pour elle.

Izuku se mordilla les lèvres, s'empêchant de poser toutes les questions qui lui venait à l'esprit. Après tout, ça ne le regardait pas. Il sentit Katsuki glisser sa tête près de la sienne et un coup d'œil lui permit de voir que ce dernier le fixait avec malice.

- Je sais que tu as pleins de questions, le nerd, ricana le blond. T'as du bol, c'est mon jour de bonté !

Katsuki se redressa un peu, s'étant tordu le cou pour pouvoir regarder Izuku.

- Elle s'appelait Aya, elle était brune avec les yeux bleus, commença-t-il à raconter. Elle avait quatre de plus que moi et elle vivait à Tokyo. Je l'ai rencontré il y a trois ans, pendant les vacances d'été quand on est allé à Okinawa. Elle m'a aidé à apprendre le surf. Elle était sympa, drôle et intelligente. On s'entendait bien. Voilà, tu sais tout.

- Comment tu as su que tu craquais sur elle ? s'enquit Izuku.

- Ah ça, c'était facile. Elle avait un petit ami; et j'ai compris quand je me suis imaginé à sa place.

- Oh ! Effectivement, difficile de faire plus clair, rit Izuku.

- Et toi, donc, tu t'imagines pas tenir la main de la tête ronde, ni l'embrasser ?

- Quoi ?! Non ! Kacchan ! Argh ! s'exclama Izuku faisant rire son ami d'enfance. C'est juste une amie, rien de plus.

- Mais tu rougis dès qu'elle est trop proche de toi, argumenta Katsuki.

- Parce que ça me gêne ! C'est pareil avec les autres filles.

- Tu rougis pas avec moi.

- Toi, c'est pas pareil. Tu es Kacchan !

- Et actuellement j'ai des seins et un vagin !

Les rougeurs qui s'étalèrent à vitesse grand V sur les joues d'Izuku firent rire la blonde.

- Je... Je voulais pas savoir ça hein ! Je m'en doutais ! Pas la peine de le préciser ! protesta Izuku.

- Tu vois, là, tu rougis !

- Parce que tu dis des trucs gênants !

- Pas parce que je suis une fille et littéralement collé à toi ?

- Non ! Fille ou garçon, ça change rien pour moi. Tu es Kacchan !

Ces quelques mots soulagèrent Katsuki. Chose qui l'étonna, ne s'étant pas attendu à craindre la réponse de Deku. Mais finalement, c'était parfait tel quel. Deku ne le voyait pas différemment de d'habitude, malgré sa transformation. Et même s'il s'en doutait, Katsuki était rassuré de l'entendre de vive voix. Il n'aurait pas supporté qu'Izuku lui sorte le même genre de discours qu'Eijiro, comme quoi le fait qu'il soit une fille change les choses entre eux.

Étant arrivés au dortoir, Katsuki descendit de son perchoir et se dirigea vers sa chambre, non sans rendre sa veste à Izuku. Il se défit de l'uniforme féminin avec grand plaisir, se démaquilla avec une intense satisfaction, râlant cependant sur les faux cils qu'il enleva douloureusement. Une fois changé, il harnacha Mighty et le sortit, profitant de la balade avec son petit chien pour se détendre et chasser définitivement les souvenirs honteux de son tête à tête avec Midnight.

Après avoir fait ses devoirs et mangé avec ses camarades, Katsuki remonta dans sa chambre, bien décidé à profiter de sa soirée pour se détendre et réfléchir à quelle solution il allait tenter le lendemain pour mettre fin à l'alter de transgenrisme dont il était victime. Peut-être tenterait-il l'idée de Fumikage, ou celle de Kyouka. Celle de Yuga et d'Ochaco lui posait quelques problèmes. Celle de Denki était difficilement envisageable selon lui et celle de Mineta totalement absurde.

Quant à celle d'Ojiro, il l'avait déjà testé sans le savoir. Son camarade à la queue lionesque suggérait que la méditation aiderait peut-être Katsuki à mettre fin à l'alter dont il était victime. Katsuki en avait d'ailleurs discuté avec lui, confirmant que le jeune homme, adepte de la méditation, aurait eu les mêmes idées que lui pour le choix des encens. Hélas, la méditation avait été un échec. Il était donc inutile de retenter la chose.

Des coups à sa porte le sortirent de ses pensées. A peine eut-il ouvert qu'il se fit violemment tirer dans le couloir.

- Oï ! Qu'est-ce que tu fous putain ? protesta-t-il en freinant des quatre fers.

- Ce soir, on se fait une soirée pyjama dans ma chambre, répondit Mina en souriant. Une soirée entre filles, et tu viens avec nous !

- Quoi ?! Mais non, putain ! Lâche-moi bordel ! râla Katsuki.

- Mighty est invité aussi, sourit Ochaco en sortant de la chambre le petit chien dans les bras.

- Y'a cours demain, râla Katsuki en tentant vainement de se défaire de la poigne de son amie, la soupçonnant d'utiliser de la glue pour le tenir plus sûrement.

- Et alors ? C'est pas comme si l'histoire de l'art en première heure étaitsuper important, assura Mina. Et on a cours que le matin !

- Euh... les filles ? Vous faites quoi ?

Katsuki tourna brutalement la tête vers Eijiro qui se tenait à la porte de sa chambre, regardant le spectacle avec amusement.

- Dis à cette furie de me foutre la paix ! rugit-il à l'intention de son meilleur ami.

- On vous emprunte Katsuki pour la soirée et la nuit, répondit Mina avec un grand sourire en poussant le blond dans l'ascenseur, Ochaco suivant avec Mighty dans les bras.

Les portes de l'ascenseur se refermèrent et Eijiro cligna des yeux surpris.

- Je crois qu'on vient d'assister au kidnapping de Bakugo, souffla Fumikage lui aussi attiré hors de sa chambre par le raffut.

- Tu crois qu'il faut prévenir Aizawa-sensei ? pouffa Eijiro.

- Plutôt Izuku, sourit Fumikage. Mais il risque de gâcher la soirée des filles en débarquant comme un fou furieux.

- Elles sont capables de le prendre comme otage, ajouta Eijiro très amusé.

- On ne peut pas se permettre de perdre deux de nos camarades en une soirée, assura Fumikage d'un ton faussement dramatique. Bakugo comprendra qu'on ait choisi de le sacrifier.

Eijiro éclata franchement de rire, vite rejoint dans son amusement par Fumikage.

- Et voilà la plus belle ! s'exclama Mina en propulsant Katsuki dans sa chambre où les autres filles étaient déjà réunies.

- Super ! On est au complet ! s'écria joyeusement Toru.

Katsuki jeta un rapide coup d'œil autour de lui, notant que ses amies avaient toutes leurs couettes et leurs oreillers avec elle, et étaient toutes en pyjama. Il nota aussi la présence de saladiers remplis de sucreries et de nombreuses bouteilles de jus de fruits.

- Tiens Katsuki, sourit Momo en lui tendant un oreiller et une couette fabriqués avec son alter. Je vois que Mina et Ochaco ne t'ont pas laissé le temps de prendre tes affaires.

- Oh ! Vous avez pris Mighty ! s'extasia Jiro en se précipitant pour prendre la boule de poils des bras d'Ochaco.

Mais Mighty protesta vivement, grognant et jappant. Déjà qu'il avait été kidnappé, pas question qu'il aille avec n'importe qui.

Katsuki attrapa son chien et le cala dans son giron le caressant pour le calmer.

- C'était obligé, sérieux ? De m'inviter ?

- Oui, confirma Tsuyu. Tu es une fille, même si ce n'est que temporaire.

- On s'est aussi dit que ce serait l'occasion de discuter avec toi, avoua Momo.

- Sans que les autres mecs n'interviennent à tout bout de champ, précisa Jiro en tortillant un de ses lobes d'oreilles.

Comprenant qu'il n'y couperait pas, et qu'il vexerait ses amies s'il partait, Katsuki se laissa tomber au sol, signant là son acceptation. Les sourires des demoiselles le firent grommeler dans sa barbe inexistante.

- Ça va hein ! Si je ne cède pas maintenant, vous ne me lâcherez jamais avec ça.

- Tu veux quelque chose à boire ? proposa Mina.

Katsuki accepta un jus d'aloe vera et but tranquillement sa bouteille tout en écoutant la discussion autour de lui. Les filles parlèrent un peu des cours avant de gagatiser sur Mighty qui avait, finalement, quitté le giron de sa maîtresse pour aller réclamer des caresses aux autres. Un détail fit tiquer Katsuki qui demanda de but en blanc :

- Tête ronde, pourquoi tu as une bouillotte sur le bide ?

- Ah, rougit un peu la demoiselle. C'est la mauvaise période du mois.

Devant l'incompréhension visible de la blonde, Toru précisa :

- Elle a ses règles et elle a mal au ventre.

- Oh ! comprit Katsuki. Mais tu as mal au bide juste le soir ?

- Non, toute la journée, avoua Ochaco. Mais je prends des anti-douleurs en journée. Le soir, je mets une bouillotte sur mon ventre, ça aide.

- Et ça fait forcément mal ? s'enquit Katsuki avec une curiosité évidente.

Devant les regards suspicieux des filles, il se sentit obligé de se justifier :

- Même si j'espère pas connaître ça, je me fais pas trop d'illusion. Ça fait vingt et un jour que je suis une fille, un cycle est de vingt-huit jours si ma mémoire est bonne. Donc, à moins que je trouve rapidement une solution pour retrouver mon corps masculin, ça me pend sérieusement au bout du nez. Du coup, je me renseigne.

- Effectivement, je n'avais pas pensé à ça, dit Momo.
- Chacune a des règles différentes, entreprit de lui expliquer Tsuyu. Par exemple, moi j'ai mal au ventre la veille, elles durent maximum trois jours et sont assez peu abondantes. Et je n'ai pas de douleurs pendant.

- Moi j'ai mal au bide du début à la fin, ajouta Ochaco. Ça dure entre quatre et six jours selon les mois et c'est peu abondant.

- Moi je n'ai pas mal au ventre du tout, ni avant, ni pendant, intervint Mina. Mais j'ai les seins qui me tirent durant les quatre jours que ça dure. Et c'est les chutes du Niagara à chaque fois.

- Pour ma part, je n'ai jamais mal, nul part, précisa Momo. Mais la durée et l'abondance sont si irrégulières que je dois prendre la pilule pour réguler mon cycle.

- Moi aussi j'ai un cycle très irrégulier, avoua Jiro. Mais la pilule c'est cher.

Les sourcils froncés, Katsuki écouta attentivement les réponses de ses amies, se faisant intérieurement la remarque que les filles avaient des emmerdes qu'aucun mec ne comprendrait jamais. Et qu'il ne souhaitait en aucun cas connaître personnellement. Les derniers mots de Jiro le firent tiquer :

- Cher ?

- Hmm... Il faut compter un peu plus de 2300 yens par mois, répondit Jiro.

- Quoi ?! Mais c'est lamentable ! s'offusqua Katsuki. 2300 yens par mois pour un moyen de contraception ? Ça fait... trois boîtes de capotes ! Par mois ! C'est comme si un mec utilisait trente-six capotes par mois ! En plus, si j'ai bien pigé ce que vous dites, c'est pas juste un moyen de contraception.

- Non, ça peut aussi aider à réguler les cycles très irréguliers, confirma Momo.

Trouvant en Katsuki une oreille attentive, les filles se lachèrent un peu, se plaignant de tous les inconvénients dus à leur sexe. Que ce soit les menstruations, et tout ce qui allait avec, les prix des vêtements plus chers pour elles que pour les hommes, le harcèlement dont elles étaient régulièrement victimes et ce que la société attendait d'elles (des épouses dévouées et des mères de famille épanouis), tout y passa.

Ayant emprunté une feuille et un crayon à Mina, Katsuki prit bonne note de toutes les récriminations de ses amies, abondant régulièrement dans leur sens. Oui, la place de la femme était encore trop traditionnelle dans la société, ne leur laissant souvent pas d'autres choix que de laisser tomber leurs ambitions professionnelles pour tenir la place qu'on voulait qu'elles tiennent.

De leurs côtés, les adolescentes se sentirent étrangement réconfortées d'être écoutées et soutenues par Katsuki. Finalement, Shoji avait sûrement raison en disant que le blond pourrait faire bouger les choses dans le bon sens, à son échelle du moins. Loin de les juger ou de minimiser leurs plaintes, il les écouta, chercha à aller plus loin même, comparant sans complexe les obligations féminines avec celles masculines.

Les sourcils froncés, Katsuki fixa la feuille sur laquelle il avait noté les désagréments quotidiens de ses camarades. Il en avait vécu lui-même certains depuis qu'il était une femme, mais il n'avait pas envisagé que les choses soient à ce point compliqués pour ses consœurs. Et après on osait les appeler le sexe faible ? Putain, aucun mec ne supporterait autant de merde sans se plaindre en permanence. Et il savait de quoi il parlait, il était un mec !

- Bon, finit par dire Toru, maintenant qu'on s'est bien lamenté, parlons de choses plus sympas !

- Oh oui, parlons d'amour ! s'exclama Mina avec un enthousiasme débordant.

- En parlant d'amour, sourit malicieusement Ochaco. Katsuki, tu sors avec Deku-kun ?

- Non, soupira Katsuki blasé.

- Mais tu as dit que... commença Toru d'une voix où perça toute sa déception.

- J'ai juste dit ça pour que les gros lourds me lâchent la grappe, expliqua Katsuki. Et oui, Deku était d'accord, je lui ai demandé avant.

- Arf, je suis déçue, pleurnicha Mina. Je trouve que vous allez tellement bien ensemble !

- Je suis un mec hein, se sentit obligé de préciser Katsuki.

- Et alors ? s'étonna Jiro. Vous allez quand même bien ensemble, que tu sois un mec ou une fille.

- On n'a rien contre les gays, assura Tsuyu. Aucune d'entre nous. Et je crois que les garçons de la classe ne sont pas homophobes non plus.

- Yuga est gay, sourit Ochaco. Et Mineta bisexuel.

- Comment vous savez ça vous ? s'étonna Katsuki qui ne s'était jamais intéressé à l'orientation sexuelle de ses camarades.

- Ils nous l'ont dit ! sourirent les filles.

La discussion dériva rapidement sur les amours des demoiselles et Katsuki tendit l'oreille attentif. Il savait que Denki craquait complètement sur Jiro et, s'il ne comptait pas dévoiler le secret de son ami aux filles, rien ne l'empêchait de récolter quelques infos pour savoir si le blondinet électrique avait la moindre chance avec l'élue de son cœur. Il comprit rapidement que si rien n'était encore gagné, il avait toutes ses chances, la musicienne le trouvant drôle, gentil et plutôt mignon.

Ochaco admit avoir craqué à une époque sur Deku, mais qu'elle avait compris qu'il ne la verrait jamais autrement que comme une amie et que finalement cela lui convenait très bien. Les autres n'avaient visiblement personne en vue, sauf Momo. Momo avait de forts sentiments pour Shoto, mais timide et manquant de confiance en elle, elle n'osait pas aborder le jeune homme ayant volé son cœur. Aussi se contentait-elle de quelques interactions peu satisfaisantes avec lui.

Voulant aider leur amie, les adolescentes se lancèrent dans toute une liste de conseils pour que Momo puisse se rapprocher en douceur de Shoto pour le séduire. Katsuki écouta en silence, secouant intérieurement la tête. Non, rien de ce que les filles proposaient ne marcherait. Pourtant, Katsuki était sûr que Shoto serait réceptif, Momo étant la fille pour laquelle il semblait avoir le plus de sympathie.

- Vous oubliez un truc, finit-il par dire, faisant taire ses amies. On parle de Double face là ! Avec n'importe quel autre mec ça pourrait fonctionner. Mais avec lui, c'est mort !

- Je n'ai aucune chance alors ? soupira Momo.

- J'ai pas dit ça, contra Katsuki. Je veux pas te donner de faux espoirs, mais je pense que tu es celle qui a le plus de chance de le séduire. Mais si tu fais dans le trop subtil il pigera rien ! Il a aucune subtilité ! Zéro second degré ! Putain, rappelez vous, lors de l'entraînement aux interviews. Il a cru que les filles feraient des arrêts cardiaques s'il souriait, quand Mount Lady lui a dit qu'avec un sourire les filles tomberaient toutes à ses pieds.

Mina, Ochaco, Toru et Jiro éclatèrent joyeusement de rire au souvenir. Tsuyu et Momo, plus discrètes, sourirent en hochant la tête, comprenant ce que voulait dire la blonde.

- Ce qu'il faut que tu fasses, c'est que déjà tu te rapproches de lui. Cause lui plus souvent, des cours, des entraînements, des dernières actions des héros. Bref, des trucs qui l'intéressent. Entre les cours, avant ou après, peu importe. Mais un peu tous les jours. Premièrement ça te permettra d'être plus à l'aise avec lui, et lui il se décoincera un peu avec toi. Et puis petit à petit vous trouverez bien le moyen de causer des trucs plus personnels. Après, une fois que vous avez passé plus de temps ensemble, propose lui un rencard. Et sois franche ! Prends pas de gants, fais pas dans la subtilité ! Il pigera rien sinon !

- Je trouve que c'est un bon plan, remarqua Tsuyu. Pas trop brusque ni pour toi, ni pour lui. Ça vous laisse le temps de vraiment apprendre à vous connaître amicalement avant de voir si vous pouvez passer à l'étape suivante.

- Ouais, c'est l'idée, confirma Katsuki.

- Tu ferais un bon conseiller en amour, rit Mina.

Katsuki protesta vertement, amusant ses camarades qui le chambrèrent gentiment sur le sujet. Jusqu'à ce que Jiro demande les yeux pétillants de curiosité :

- Tu as déjà eu une petite amie Katsuki ?

- Non, répondit abruptement le blond. J'ai pas le temps pour ça ! Je dois devenir le meilleur, putain !

- L'amour tu sais, ça te tombe dessus comme ça sans prévenir, rit Toru.

- Allez, un beau mec comme toi, tu n'as jamais embrassé personne ? insista Mina.

- Ah ? Non ! Pourquoi j'aurai fait ça ? s'offusqua Katsuki.

Il n'écouta que vaguement ce que les adolescentes lui répondirent, soudainement trop obnubilé par des questions qu'il avait occultées jusque-là. C'était l'occasion parfaite pour les poser et avoir des réponses.

- Hey, Ochaco, c'est quoi pour toi un vrai baiser d'amour ? lâcha-t-il brutalement coupant la chique à ses amies.

- C'est quoi cette question ? s'étonna la jeune fille interpellée.

- C'est bien toi qui a suggéré qu'un vrai baiser d'amour pourrait mettre fin à cette merde d'alter, répondit sèchement Katsuki. Alors, je te pose la question : pour toi, c'est quoi un vrai baiser d'amour ?

- Oh ! Tu envisages d'essayer ? s'exclama Mina. Avec qui ?

- Mais ta gueule putain ! Je pose juste la question ! rugit Katsuki en rougissant légèrement. J'ai jamais dit que j'essayerai !

Ses amies rirent un peu de son éclat mais laissèrent Ochaco répondre :

- Un vrai baiser d'amour... Un baiser d'amoureux quoi !

- Ça va, ça j'avais compris hein ! grogna Katsuki. Je suis pas con non plus. Mais est-ce que moi je dois être amoureux de la personne, est-ce que la personne doit l'être de moi, ou les deux ?

- Les deux ! s'exclamèrent en chœur Ochaco, Mina et Toru.

- Je pense que si toi tu en es amoureux, sans savoir si c'est réciproque, ça compte aussi, contra Momo.

- Ou si l'autre est amoureux mais pas toi, ajouta Jiro.

- En fait, conclut Tsuyu, il faut que ce baiser soit donné avec amour. Que ce soit toi qui le donne, ou pas.

- Et surtout que les sentiments se transmettent via le baiser ! ajouta Ochaco.

Devant les hochements unanimes de têtes de ses amies, Katsuki se dit qu'il était dans la merde. Et pas qu'un peu. Bien évidemment, elles voulurent le cuisiner pour savoir si son cœur battait pour quelqu'un, le faisant rager tant et plus. Il finit par menacer de se barrer dans sa piaule et cela calma les ardeurs des demoiselles. La conversation dériva sur les plus belles histoires d'amour dans les œuvres littéraires ou cinématographiques et Katsuki perdit le fil, s'endormant durant le débat pour savoir si Healer était un remix de Roméo et Juliette.

Quand Katsuki se réveilla le lendemain, sorti des bras de Morphée par la sonnerie stridente du réveil de Mina, il lui fallut quelques secondes pour se resituer. Ah oui ! Il était dans la chambre de sa camarade, avec ses consœurs. Mighty dormait, blotti contre lui. Mina émergea difficilement de son lit, manquant de trébucher sur Toru étalée au pied de sa couche. Momo et Jiro se blottissaient contre le mur, Tsuyu était sous le bureau et Ochaco ronflait tout près de Katsuki, ses pieds au niveau de la tête blonde.

Un coup d'œil à son téléphone apprit à Katsuki qu'il était trop tard pour son footing quotidien. Sortant de son lit de fortune en grimaçant, le plancher c'était pas le top comme matelas, il grommela vaguement un bonjour avant de quitter la pièce. Il avait besoin d'une douche ! Et il devait sortir Mighty. Déjà que le toutou n'avait pas eu sa dernière balade la veille au soir, s'il ne le promenait pas ce matin, il risquait de se retrouver à devoir nettoyer des bêtises canines ce midi.

Il arriva dans la salle commune, se dirigeant vers la salle de bain.

- Kacchan ? s'étonna Izuku. Tu n'as pas fait ton footing ?

- Pas le temps, souffla la blonde. Hey Deku ! T'as fini ton petit déj ?

- Oui, confirma Izuku.

- Tu pourrais sortir Mighty ? demanda Katsuki. Je suis grave à la bourre là !

- Pas de soucis Kacchan ! sourit Izuku. Allez viens, Mighty, on va se promener.

Mighty jeta un regard curieux à sa maîtresse qui le caressa en le rassurant. Katsuki harnacha le petit chien, content d'avoir pensé à laisser la laisse et le harnais dans son casier à chaussures du hall la veille, pensant ressortir plus tard.

- Sois sage avec Deku, ok ?

Mighty jappa joyeusement et léchouilla la joue de la blonde avant de suivre Deku à l'extérieur.

Sous la douche, Katsuki réfléchit longuement à ce qu'il avait appris durant la soirée pyjama entre filles. Il ragea intérieurement en songeant à toutes les injustices que ses camarades subissaient, juste parce qu'elles étaient nées femmes. Il n'avait jamais eu réellement conscience de tout ça avant. Il se rendit aussi compte qu'il n'avait eu qu'un petit aperçu de ce que vivaient quotidiennement ses amies depuis qu'il avait un corps féminin.

Il pesta un peu plus fort en réalisant que Deku l'avait protégé de beaucoup de choses, et ce dès le départ. Et si ce constat le faisait râler, il sentit aussi une étrange chaleur se diffuser dans sa poitrine. Ce qui le fit râler encore plus ! Depuis quand il appréciait d'être protégé par ce sale nerd ?! Hein ?! Le pire c'était qu'il n'arrivait même pas à lui en vouloir réellement ! Voilà, c'était définitif ! Cet abruti de Deku l'avait complètement détraqué !

Il sortit de la salle de bain et rejoignit sa chambre, énervé autant contre lui-même que contre son ami d'enfance. Il enfila son uniforme masculin tout en pestant encore et toujours contre lui-même et ce débile trop gentil. Débile trop gentil qui franchit la porte quelques minutes plus tard, tout sourire, annonçant que Mighty s'était bien défoulé et prenant immédiatement la brosse et le peigne qu'il utilisait chaque matin.

Pour la première fois de sa vie, Katsuki se sentit comme un con, incapable d'envoyer chier Izuku comme il avait pourtant très envie de le faire. Il avait un sérieux problème ! Peut-être que l'alter commençait à attaquer son cerveau ? Pourquoi n'arrivait-il pas à verbaliser son énervement comme d'habitude ? Il se désespérait tout seul sur ce coup là. Dépité, il se laissa tomber sur sa chaise de bureau, laissant Deku le coiffer comme chaque matin.

Il fallait qu'il mette fin à cet alter avant que ça prennent des proportions plus grandes ! L'idée d'Ochaco lui revint à l'esprit et il décida de se pencher dessus dès aujourd'hui. Il profita de l'après-midi de libre, il n'y avait cours que le matin le samedi, pour faire une liste. Quelqu'un qui soit amoureux de lui ? A sa connaissance, il n'y avait personne. En tout cas personne ne s'était déclaré à lui ou n'avait tenté une approche. Il ne comptait pas les dragueurs minables qui ne fantasmaient que sur son corps. Le problème était donc vite réglé de ce côté là.

Donc, quelqu'un dont lui soit amoureux. Ça, c'était une autre paire de manches. Il n'avait pas l'impression d'être amoureux. Mais il n'y connaissait pas grand-chose dans ce domaine, ne s'étant jamais réellement intéressé à la question. S'il en croyait sa très petite expérience, il fallait qu'il essaye de s'imaginer avec cette personne. Alors, il saurait. Mentalement, il passa donc en revue toutes ses connaissances, féminines et masculines, essayant de s'imaginer leur tenir la main ou les embrasser.

Et le résultat fut hautement dérangeant. Il faillit éclater de rire, ou même carrément vomir, plus d'une fois en visualisant la chose avec certains et certaines, lui confirmant ainsi que ceux-ci n'étaient réellement que de simples amis ou de vagues connaissances. Au final, il n'en était resté qu'un : Izuku. Évidemment, bougonna-t-il intérieurement, lui ça passe ! Parce qu'à son grand désarroi, il n'eut aucun mal à s'imaginer tenir la main d'Izuku dans la sienne, l'ayant déjà fait par le passé. Et quand il s'imagina l'embrasser, il rougit bêtement. Il rougit, bordel ! A cause de ce sale nerd de merde qui le faisait profondément chier !

Il était à deux doigts de laisser tomber quand il se rappela les autres solutions restantes. Bon, finalement, ce n'était pas la pire ! Il fallait quand même qu'il en discute avec Izuku avant. Il n'allait certainement pas lui sauter dessus pour l'embrasser sans son consentement. Il n'était pas comme ça putain ! Aussi envoya-t-il un message à Deku lui demandant de le retrouver dans sa piaule.

En attendant, il se lança dans des recherches sur la condition féminine, errant sur des forums de discussions où le sujet était abordé, passant d'un site de vente à un autre et lisant les divers statistiques qu'il put trouver sur la question. Il finit même par prendre une feuille et un crayon, prenant des notes, faisant des calculs et rageant de plus en plus en prenant conscience de l'ampleur du problème dans la société actuelle. Vraiment, naître homme était un sacré avantage.

Voyant l'heure du repas approchait de plus en plus et Katsuki commença à s'angoisser. Peut-être aurait-il dû donner une heure précise à Deku ? Pour lui c'était logique de se retrouver avant le dîner, mais peut-être pas pour son ami d'enfance. Pour la énième fois, il vérifia son haleine, hésitant à se brosser les dents pour la quatrième fois. Il avait aussi fait cinq bains de bouche. Pas question d'avoir une haleine de chacal pour embrasser son nerd !

De l'autre côté de la porte, Izuku faisait la même vérification, Katsuki lui ayant bien précisé de se brosser les dents avant de venir. Pourquoi ? Ça, Izuku n'en savait rien, mais si Kacchan l'avait précisé, il devait avoir ses raisons. Il était donc hors de question d'avoir mauvaise haleine. Izuku s'était astreint à un brossage intensif de ses dents, avait usé du fil dentaire deux fois plus que d'habitude et s'était gargarisé trois fois avec un bain de bouche mentholé.

Se sentant prêt pour tout ce que voudrait Kacchan, Izuku frappa à la porte et entra quand son hôte l'y invita.

- Kacchan ? Tu voulais quelque chose ? demanda-t-il en souriant, notant rapidement l'anxiété à peine perceptible dans les yeux rouges de son ami.

- Ouais, ferme la porte à clé, souffla Katsuki avec embarras.

Izuku s'exécuta et se tourna vers la blonde attendant patiemment qu'elle s'explique. Cette dernière soupira lourdement avant de lâcher la bombe :

- Je peux t'embrasser ?

Voyant que Deku avait buggué, ne bougeant plus d'un cil et le fixant d'un air abasourdi, Katsuki s'empressa de préciser :

- C'est une idée de l'autre tête ronde ! Elle pense qu'un baiser pourrait me rendre mon corps. Mais je ne me vois pas embrasser n'importe qui ! Alors...

- Tu... Tu as pensé... à moi ? bafouilla Izuku aussi surpris que gêné.

Il comprenait mieux maintenant la demande particulière de Kacchan. S'embrasser avec une mauvaise haleine, ça ne devait effectivement pas être terrible. Katsuki haussa les épaules en silence, attendant une réponse. Face à lui, Izuku était partagé. D'une part, ce serait son premier baiser, et le romantique qu'il était trouvait ça important et se l'était imaginé autrement. D'autre part, c'était Kacchan.

Kacchan qui le regardait, attendant sa réponse, avec cette légère inquiétude dans ses prunelles. Kacchan qui lui avait demandé son accord. Kacchan qui était dans une situation peu enviable et cherchait à s'en sortir. Kacchan qui lui demandait son aide. Pourquoi hésitait-il déjà ? Juste parce que ce serait son premier baiser ? Mais ce serait aussi celui de Kacchan ! Et Kacchan n'avait certainement pas imaginé partager ça avec lui.

- D'accord, dit-il avec une assurance qu'il ne ressentait pas. Mais, euh... tu sais comment faire ?

- En théorie, admit Katsuki. On peut commencer simplement, non ?

- Ok, souffla Izuku.

Les deux amis se rapprochèrent l'un de l'autre, Katsuki râlant parce qu'il devait lever la tête pour atteindre son objectif.

- Et si tu t'assois sur ton bureau ? proposa Izuku. Tu n'auras pas à lever la tête et tu te feras pas mal au cou.

Katsuki approuva l'idée et s'assit sur son bureau, mettant ainsi son visage au même niveau que celui de Deku. Deku se pencha un peu, Katsuki se rapprocha légèrement et leurs lèvres se frôlèrent.

Ils restèrent ainsi quelques secondes, avant que Katsuki ne pose plus franchement sa bouche sur celle d'Izuku. Ce n'était pas désagréable. Deku avait des lèvres moelleuses et douces. Il se recula après quelques secondes, jetant un coup d'œil à son ami d'enfance, jaugeant ses réactions. Les légères rougeurs sur les joues parsemées de tâches de rousseurs le laissèrent espérer que Deku n'avait pas trouvé ça déplaisant.

- Tu veux qu'on... euh... réessaye ? souffla timidement ce dernier. Un peu plus appuyé peut-être ?

- Hm, confirma Katsuki. Mais tu me chiques pas hein !

- Promis, sourit Izuku.

Leurs visages se rapprochèrent doucement l'un de l'autre, jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.

- Faut pencher un peu la tête, remarqua Izuku.

- Penche à gauche, je vais à droite, décida Katsuki.

Obéissant, Izuku pencha un peu la tête, sa bouche rencontrant celle douce et tendre de Kacchan. Timidement ce dernier bougea ses lèvres, Izuku suivit le mouvement, fermant les yeux pour mieux ressentir les sensations. Katsuki avait, lui aussi, les yeux clos et s'enhardit, glissant doucement la pointe de sa langue sur l'interstice entre les lèvres de Deku. L'imitant, Izuku caressa du bout de la langue sa bouche et, Katsuki entrouvrit un peu plus ses lèvres, laissant le muscle humide de son ami d'enfance effleurer le sien.

C'était timide, hésitant, maladroit. Ni l'un, ni l'autre ne sachant trop que faire et n'osant aller trop loin. Aussi leurs langues respectives ne dépassèrent pas les dents de l'autre, se contentant de découvrir leurs jumelles du bout des papilles et humectant les lèvres de leur vis à vis. A aucun moment, ils ne cherchèrent à se rapprocher plus, leurs mains et leurs corps respectifs restant sagement à leurs places.

Quand ils se séparèrent, ils étaient aussi rougissant l'un que l'autre.

- Ça n'a pas marché, soupira Izuku dépité. Je suis désolé, Kacchan.

- C'est pas ta faute, bougonna Katsuki.
- C'était pas si mal non ? demanda timidement Izuku.

- Ouais, c'était pas si mal, admit Katsuki.

- Bon, ben j'y vais, ça va être l'heure de manger, dit Izuku gêné.

- Hm...

La porte claqua dans le dos d'Izuku et Katsuki soupira lourdement, toujours assis sur son bureau. Pas si mal hein ? Quel euphémisme ! Il avait le cœur qui battait la chamade et des putains de papillons dans le bide ! Il était dans la merde ! De l'autre côté de la porte, Izuku porta une main tremblante à sa bouche et l'autre à son cœur. Aucun doute n'était possible, il avait tous les symptômes ! Il était amoureux de Kacchan !

A suivre...


Commentaire de l'auteure :

Tadam ! The first Kiss ! Yes ! Vous avez bien lu ! Ils se sont embrassés !

Ça vous a plu ?

Pour info, au Japon, la pilule contraceptive est autorisée depuis peu et coûte, en moyenne, 2362 yens pour un mois (soit environ 17 euros).

La boîte de 12 capotes coûte en moyenne 800 yens (soit un peu plus de 5 euros).


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Pendant que Lili souffle de soulagement après l'écriture d'un nouveau chapitre, Katsuki se penche par dessus son épaule et demande :

- Tu comptes en faire quelque chose de ton tableau là ?

- Ah oui, tout à fait, confirme Lili.

- Tu sais que tu te fais du mal en faisant ce genre de recherches hein ? ricane Katsuki.

- Je sais, mais je voulais pas dire des trucs complètement à côté de la plaque, explique Lili. Donc, tant pis, je me suis fait mal. Mais c'est pour la bonne cause.

- Et ça va tomber sur ma tronche, soupire Katsuki.

- J'ai totalement foi en toi, assure Lili.

Dans le dos de l'auteure et de son chouchou, Izuku marmonne frénétiquement en rougissant furieusement.

- Qu'est-ce que tu as, le gosse à problème ? s'enquit Aizawa.

- Kacchan m'a embrassé ! avoue Izuku.

- Et ?

- Je me demande si j'ai été assez bon ?

- Il est aussi inexpérimenté que toi, soupire Aizawa. Tu n'as donc aucune inquiétude à avoir. Et puis, c'est toi... Il a forcément aimé.

- Vous croyez ?

Blasé, Aizawa regarde les yeux brillants d'espoir de son élève et grogne :

- On va demander aux lecteurs. Je suis sûr qu'ils seront d'accord avec moi. N'est-ce pas ?


Rendez-vous au prochain chapitre : 8 : Ta mère suce des bites en enfer !

- Je suis sûr que vous auriez fini par vous pisser dessus !

- Il est vivant au moins ?

- Mon être tout entier aime tout de toi.