Note de l'auteure : La suite ! Oui, tout à fait ! Et ce titre ? Vous avez la ref ?

Au fait, je suis pas hyper calée niveau religion et exorcisme. Donc j'ai beaucoup improvisé. N'y voyait aucune offense si j'ai écrit des trucs totalement débiles pour les connaisseurs. J'ai juste eu la grosse flemme de me lancer dans des recherches fastidieuses.

Et au cas où cet avertissement vous ferait froncer les sourcils d'inquiétude, non je ne parle pas de religion à proprement parler dans ce chapitre. J'utilise juste des artéfacts religieux pour pratiquer une cérémonie multi-religieuse. Il n'y a donc aucun avis sur lesdites religions (ni bon, ni mauvais, ni neutre... rien !) (je vais déjà me mettre à dos les fans de télé réalités et les anti-féministes, je vais éviter d'en rajouter une couche).

Bonne lecture.

Lili

PS : J'ai enfin internet ! Ce chapitre n'a donc qu'un jour de retard ! Alleluia !


~ 8. Ta mère suce des bites en enfer ! ~

Étalé sur son lit, les yeux rivés sur le plafond de sa chambre éclairée par aucune lumière, Katsuki soupira lourdement. Il était trois heures du matin et il était réveillé depuis au moins deux heures. Son réveil sonnerait dans trois petites heures et il sentait qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Décidément, depuis le début de tout ce bordel il dormait vraiment mal. Quand il pouvait espérer avoir son nombre d'heures de sommeil habituelles, ces dernières étaient ponctuées de cauchemars, ou de rêves bizarres, finissant invariablement par le sortir des bras de Morphée.

Sa main s'égara dans le pelage doux et chaud de Mighty, qui squattait son lit sans vergogne. La boule de poils soupira d'aise sous la caresse tirant un léger sourire à sa maîtresse. Katsuki ne regrettait pas de l'avoir adopté, même si cela lui donnait des obligations supplémentaires Cependant, il appréhendait un peu la réaction du toutou quand il retrouverait son corps masculin.

Parce qu'il le retrouverait ! Y'avait pas moyen qu'il reste une fille jusqu'à la fin de sa vie ! Il essayerait tout, même les trucs les plus débiles, même les trucs les plus gnangnans, tout, absolument tout, pour retrouver son corps d'origine. Mais, il devait avouer que sa transformation avait eu un effet très inattendu et pas totalement négatif. Il avait pris un peu plus conscience de ce que signifiait être une femme dans la société actuelle et il ne les enviait clairement pas.

Il savait déjà avant que ce n'était pas toujours simple. Les femmes étaient majoritairement encore vues comme des mères au foyer et leurs carrières s'en ressentaient. Sa propre mère avait dû batailler dur pour grimper les échelons dans l'entreprise de décoration d'intérieur où elle travaillait. Surtout après sa naissance. Tout le monde s'attendait à ce qu'elle laisse tomber son boulot pour se consacrer pleinement et uniquement à son éducation.

Mais Mitsuki Bakugo était une acharnée, têtue et révoltée. Elle avait refusé ce rôle de mère au foyer, voulant poursuivre sa carrière envers et contre tout. Son patron n'avait cependant eu de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues, la renvoyant à son rôle de mère au détriment de ses compétences professionnelles. Finalement, Mistuki s'était mise à son propre compte, claquant la porte au nez de son chef et lui faisant directement concurrence.

Et ça avait fonctionné. Mitsuki avait monté sa propre boîte, qui connaissait un succès suffisant pour lui assurer un revenu confortable et le luxe d'avoir trois employées. Mitsuki n'avait d'ailleurs engagé que des femmes, décidant d'offrir à ses consœurs la chance qu'elle même n'avait pas eu avec son ex-patron. Bref, Mitsuki avait réussi sur les deux fronts, carrière et famille, élevant son fils dans l'idée que les femmes étaient les égales des hommes.

Ce n'était que tardivement que Katsuki avait pris conscience que sa mère avait galéré pour en arriver là. Et il se doutait que cette dernière avait largement minimisé les problèmes auxquels elle avait été confrontée, quand il en avait discuté avec elle. Mitsuki l'avait admis elle-même, sans le soutien inconditionnel et sans faille de Masaru, elle aurait sûrement dû faire une croix sur sa carrière.

Mais Masaru avait soutenu son épouse, l'avait encouragé, secondé, se chargeant régulièrement des courses, de la confection des repas, du ménage et de s'occuper de Katsuki. Donner le biberon à toutes heures du jour ou de la nuit, changer les couches, donner le bain, aider aux devoirs, Masaru avait tout fait à part égale avec son épouse. Et si pour Katsuki c'était totalement normal que ses deux parents s'occupent de lui pareillement, ce n'était pas le cas pour la majorité des gens.

A part ces rares camarades n'ayant que leur mère, divorcée ou veuve, tous les autres enfants de son âge vivaient dans le schéma familial classique : papa au boulot, maman à la maison. Le seul dérogeant à la règle, à sa connaissance du moins, c'était Izuku. Son père travaillant à l'étranger, il était absent du foyer familial, mais pourvoyait aux besoins financiers de son épouse et de son fils. Inko Midoriya avait repris un petit boulot de coiffeuse à mi-temps quand Izuku était entré au collège, plus par envie de sortir de son appartement que par réelle nécessité financière. Du moins pour ce qu'en savait Katsuki, via sa mère, grande amie d'Inko.

La famille Bakugo dénotait grandement dans le décor, les deux parents travaillant à plein temps et s'impliquant dans l'éducation de leurs fils de la même manière. Si Katsuki n'avait pas de souvenirs précis de sa très petite enfance, il avait vu les photos prises et entendu ses parents lui raconter moultes anecdotes à ce sujet. Contrairement aux autres pères, Masaru s'était occupé de son fils quotidiennement, de sa naissance à aujourd'hui, répondant à tous ses besoins.

Ayant été élevé ainsi, Katsuki trouvait tout à fait normal et naturel qu'un homme sache changer les couches, donner le biberon, faire les lessives, le ménage, les courses etc... Il n'avait jamais sérieusement pensé à se marier et fonder une famille. Il devait devenir le numéro un, surpasser All Might, il n'avait pas de temps à consacrer à ce genre de connerie. Mais il était sûr d'une chose : avoir une gentille épouse bien soumise, l'attendant patiemment chaque jour en s'occupant de la maison, ce n'était pas pour lui. Il avait besoin de quelqu'un étant son égal, pas d'une femme de ménage avec laquelle il ne partagerait que son lit.

Surtout que le ménage, il savait faire. Il savait aussi faire la cuisine, tenir un budget, repasser, coudre et tondre la pelouse, ses parents lui ayant enseigné tout ça. C'était logique selon eux de lui apprendre à être totalement autonome. Quand il quitterait le domicile familial, il serait sûrement amené à vivre seul, au moins durant un temps, et ce n'était pas ses parents qui viendraient faire son ménage, ses courses, s'occuper de son linge etc... C'était donc la base de savoir faire tout ça.

Bref, si Katsuki n'avait pas grandi dans un foyer traditionnel, il avait cependant vaguement conscience de l'inégalité entre les hommes et les femmes dans la société. Et s'il trouvait ça injuste, il ne s'était jamais réellement intéressé au sujet, heureux d'être né du bon sexe, celui lui facilitant grandement les choses. Mais depuis qu'il avait changé de genre, contre son gré, il se prenait cette réalité de plein fouet et cela lui foutait méchamment les nerfs.

Mighty s'agita un peu, couinant doucement dans son sommeil et tirant Katsuki de ses pensées.

- Hey, souffla-t-il doucement en caressant le petit chien blotti contre lui. Ça va, ok ?! C'est juste un mauvais rêve.

Mighty ouvrit vaguement un œil avant de le refermer en soupirant de bien-être. Machinalement, Katsuki jeta un regard à son téléphone, soufflant lourdement en voyant qu'il était trois heures trente.

Levant à nouveau les yeux vers le plafond, sa main errant doucement dans le poil pelucheux de Mighty, Katsuki se décida à faire face aux pensées qu'il avait soigneusement occultées jusque-là. Celles-là même qui l'avaient réveillé en sursaut deux heures plus tôt. Celles-là même qu'il avait enterré bien loin au fin fond de sa conscience avant de descendre dîner. Celles lui soufflant qu'il avait aimé embrasser Izuku. Tellement aimé, qu'il aurait bien recommencer.

Et s'il en croyait son rêve, il avait envie de plus que ça. Heureusement, il s'était réveillé avant que Deku et lui-même ne soient complètement nus ! Il n'était pas sûr qu'il se serait remis qu'il y ait plus que des baisers et des caresses, plutôt chastes, dans ses songes. L'autre détail le perturbant dans cet onirique échange, c'était leur genre à Deku et lui. Au début, ils étaient lui une fille et Izuku un garçon, puis tous deux des garçons avant de devenir des filles tous les deux, puis que seul lui soit un homme.

Qu'il ait pu imaginer son ami d'enfance dans un corps féminin était perturbant. Mais, à bien y réfléchir, ce n'était pas si surprenant. Izuku lui avait dit, quelques heures plus tôt, que Kacchan restait Kacchan quelque soit son genre. Katsuki supposait que pour lui c'était pareil. Deku serait toujours Deku, même avec des seins et un vagin. Ayant éclairci ce point, Katsuki se décida à se pencher sur le reste.

Il n'était pas lâche. Il allait affronter les choses en face, les admettre, au moins à lui, en toute conscience. Et il verrait après ce qu'il ferait de tout ça. Donc, premièrement, il avait aimé embrasser Izuku. Suffisamment aimé pour en redemander et vouloir recommencer. Rien que d'y repenser, il avait des fourmillements dans les lèvres, des papillons dans le bide et son cœur accélérait sensiblement sa course.

Etait-ce parce que c'était Izuku ou simplement parce que c'était ce qu'on ressentait à chaque baiser peu importe qui nous embrassait ? Une grimace tordit les traits fins de l'adolescente. Non, c'était impossible de ressentir ça avec n'importe qui. Si ça avait été quelqu'un d'autre qu'Izuku, il était intimement convaincu que les choses auraient été différentes. C'était bien pour ça que Katsuki avait choisi son ami d'enfance pour tester cette solution proposée par Ochaco.

Il avait déjà passé en revue la totalité de ses camarades et de ses connaissances pour choisir l'élu. Et il avait déjà convenu avec lui-même que le seul, l'unique, avec lequel c'était envisageable c'était Izuku. Il avait vaguement hésité avec Eijiro. Mais s'il n'avait pas trop de mal à s'imaginer lui tenir la main, même si c'était gênant, imaginer l'embrasser lui avait donné une impression de trahison hautement dérangeante. Eijiro était son pote, probablement son meilleur ami, aussi une certaine intimité physique ne le dérangeait pas plus que ça. Mais c'était bien tout. Il n'y avait définitivement aucune ambiguïté possible.

Donc Izuku. Ce satané nerd, qui semblait être né pour le faire chier de toutes les manières possibles et imaginables. Ce foutu pleurnichard, avec un instinct de survie avoisinant le zéro absolu, martyr tout désigné pour toutes les causes perdues du monde. Ce Deku de mes deux, si maladroit qu'il pouvait trébucher sur ses propres pieds. Ce crétin, incapable de réfléchir en silence, marmonnant sans cesse, son cerveau carburant à toute allure. Ce stalker, fan boy ultime, avec ces carnets de notes débiles et sa collection de goodies à faire pâlir d'envie n'importe quel magasin spécialisé. Ce brocoli sur patte, avec un cœur trop grand et trop pur pour vivre dans un monde aussi cruel que le leur. Bref, Izuku, son ami d'enfance.

Pourquoi avait-il aimé embrasser Izuku ? Pourquoi avait-il rêvé des mains de son ami d'enfance le caressant doucement ? Pourquoi avait-il rêvé de le caresser lui-même ? Fantasmait-il sur Deku ? Visiblement oui. Au moins un peu. Pourquoi, ça, c'était une question plus épineuse. Les sourcils froncés, Katsuki se lança dans une introspection profonde, cherchant à analyser ses ressentis envers son nerd personnel.

Il admettait, relativement facilement, qu'Izuku était plutôt mignon. Il avait de beaux yeux verts, des traits fins et réguliers, un corps bien sculpté et un sourire lumineux. Les tâches de rousseurs sur ses joues ajoutaient un petit plus, tout à fait charmant, et les cicatrices sur son bras droit ne l'enlaidissaient pas. Du moins du point du vue de Katsuki. Et si le visage d'Izuku gardait encore quelques rondeurs enfantines, le blond supposait que cela s'estomperait avec l'âge. Après tout, Deku n'avait encore que seize ans, il n'avait pas fini sa croissance, ni sa puberté. Comme eux tous.

Physiquement donc, Izuku ne lui était pas désagréable à l'œil. Et sa personnalité était loin d'être repoussante. Souriant, gentil (un peu trop parfois), altruiste (à point presque maladif), loyal et fort, aussi bien mentalement que physiquement. Katsuki en savait quelque chose, n'ayant jamais réussi, malgré toute l'énergie qu'il y avait mise, à mettre mentalement à terre Deku, lequel ne l'avait jamais lâché malgré toutes les crasses qu'il lui avait faites.

Et surtout, Izuku était intelligent. Très intelligent. Et Katsuki se savait sensible à ce détail. Pour lui, une personne intelligente était beaucoup plus attractive qu'une personne avec le QI d'une moule, quel que soit son physique. Si on le lui demandait, il dirait que le truc le plus sexy chez quelqu'un c'était son intelligence et sa culture. Katsuki exécrait de toute son âme les abrutis comme ceux qu'on voyait dans les télé-réalités avec un QI n'excédant pas leur température rectale. Et dire que certains, et certaines, les adoraient et fantasmaient sur eux ! Cela dépassait totalement Katsuki qui se demandait qui était le plus con : le débile à la télé ou le crétin de l'autre côté de l'écran ?

Bref, donc, Izuku était mignon, avec une personnalité agréable, ses qualités compensant largement ses défauts, et une intelligence appréciable. Conclusion : Katsuki craquait sur Izuku. Voilà... Il l'avait pensé... admis... Vu la vérité en face... Maintenant, il allait prendre ses couilles à deux mains pour aller plus loin. Ses sentiments étaient-ils une conséquence de son changement de genre ou pas ?

Même avec la meilleure volonté du monde, Katsuki ne pouvait pas tout mettre sur le dos des hormones féminines. Deku et lui avaient commencé à se rapprocher bien avant son changement de genre. Et Katsuki aurait été vraiment de très, mais alors de très mauvaise foi s'il disait ne pas apprécier ce rapprochement. Loin de là ! Même s'il le cachait soigneusement, il affectionnait chaque instant de complicité partagée avec son ami d'enfance.

Katsuki avait conscience d'avoir un problème d'égo et que c'était là la principale cause de son comportement de merde avec Izuku durant des années. Il avait compris tardivement qu'il s'était mépris sur les intentions de ce dernier à son égard, persuadé qu'il ne cherchait qu'à le rabaisser, attendant l'instant où il faiblirait pour lui rendre sa méchanceté au centuple.

Mais Izuku n'était pas comme ça et Katsuki s'en voulait de l'avoir oublié. Parce qu'il l'avait su, il l'avait toujours su. Après tout, il le connaissait depuis sa plus tendre enfance.

Ayant réalisé ses erreurs, Katsuki avait décidé de se rattraper. Aussi avait-il proposé son aide à Deku pour s'entraîner. Il lui donnait aussi des conseils et l'encourageait, à sa manière certes, mais Izuku le connaissait suffisamment pour comprendre. Il s'était promis de s'excuser de vive voix un jour, quand il aurait prouvé à Deku qu'il pouvait compter sur lui, quelques soient les circonstances. Katsuki était prêt à suivre son ami d'enfance jusqu'en enfer s'il le fallait.

Katsuki savait qu'Izuku deviendrait un grand héros, même s'il ne comptait pas lui laisser la place de numéro un sans se battre. Mais s'il connaissait les qualités de Deku, il connaissait aussi ses défauts, dont le principal : son sens aigu du sacrifice. Et Katsuki refusait tout net que son nerd personnel disparaisse. Il était prêt à jouer lui-même les martyrs pour le protéger. Aussi lui collait-il aux basques pour s'assurer qu'il aille bien et ne prenne pas de risque inconsidéré. Il tenait trop à Izuku pour risquer de le perdre.

Dépité par son propre constat, Katsuki croisa les bras sur ses yeux, cachant les quelques larmes traîtresses qui vinrent trahir son émoi. Il était amoureux d'Izuku ! Et sûrement depuis plus longtemps qu'il ne voulait bien l'admettre. Ce n'était pas juste un crush, ni un effet secondaire de l'alter dont il était victime, ni la conséquence du baiser échangé quelques heures plus tôt. C'était déjà là avant tout ça. Il avait juste refusé de le voir plus tôt.

Et maintenant, il faisait quoi de tout ça ? Il se déclarait ? Proposait un rencard à Deku ? Lui demandait de sortir avec lui ? Avait-il la moindre chance que ce soit, au moins un peu, réciproque ? Izuku n'avait pas eu l'air de trouver dégoûtant le fait de l'embrasser. Mais cela ne voulait rien dire. Avait-il seulement le droit de mettre en péril leur relation, encore fragile, avec des sentiments qu'il venait lui-même de découvrir ?

Si Deku le rejetait, il allait le perdre. Si Deku l'acceptait, il n'avait pas la moindre foutue idée de ce qu'il se passerait après. Et était-ce réellement nécessaire de se prendre la tête avec tout ça maintenant ? Il était cinq heures du matin, il s'était déjà torturé le cœur et le cerveau pour arriver à la conclusion qu'il était amoureux de son ami d'enfance. Avait-il réellement l'envie et le courage de se demander quoi faire de ça maintenant ? Non ! Clairement pas.

Après tout, rien ne l'empêchait de laisser la situation telle quelle et de voir où cela mènerait. Les choses lui convenaient plutôt bien à l'heure actuelle, il n'allait donc rien faire de plus. Il se promit cependant de se pencher sur ce problème quand il aurait retrouvé son corps masculin. Pour l'instant, sa priorité était de redevenir lui-même. Tout le reste pouvait attendre encore un peu.

Deux étages plus bas, dans une chambre à l'effigie d'All Might, Izuku était en proie aux mêmes questionnements et était arrivé à une conclusion similaire. Oui, il était amoureux de Kacchan. Mais il ne ferait rien qui risquerait de mettre à mal la relation qu'ils avaient actuellement. Cette complicité, il en avait trop rêvé pour prendre le risque de la détruire avec ses sentiments. Il ne voulait pas perdre Kacchan et s'il ne devait jamais être plus que son ami, Izuku ferait avec.

~oOo~

Assis au milieu d'un cercle dessiné à la craie sur le sol du salon, Katsuki se retint de soupirer lourdement en écoutant les conversations autour de lui. La journée s'était passée normalement, malgré un petit instant de gêne entre Deku et lui le matin même. Moment de gêne que Mighty avait vite dissipé en sautant sur Izuku pour réclamer des caresses. Le petit chien avait efficacement permis aux deux adolescents de reprendre leurs habitudes matinales, occultant le baiser échangé la veille.

Katsuki avait alpagué Fumikage durant le repas du midi, lui parlant de l'idée de ce dernier d'exorciser son corps féminin. Fumikage avait immédiatement expliqué le rituel auquel il pensait, réquisitionnant tous leurs camarades pour l'aider. Et c'était pour cette raison que Katsuki était, actuellement, installé au centre d'un cercle composé de divers symboles religieux, entouré de grigris divers et variés, chacun des élèves ayant apporté sa petite touche personnelle.

Shoto alluma les bougies que Jiro et Mina disposèrent sur le cercle, Ojiro s'occupa des bâtons d'encens, Rikido des bouquets aromatiques purificateurs et Denki éteignit la lumière, plongeant la pièce dans la pénombre. Debout aux quatre points cardinaux, Eijiro, Momo, Tenya et Fumikage tenaient chacun une liasse de feuille en main, ayant chacun des artéfacts religieux différents : un crucifix pour Fumikage au nord, une main de Fatma pour Momo au sud, une hannoukia pour Eijiro à l'est et une fleur de lotus pour Tenya à l'ouest.

Derrière eux, en un cercle plus large, les autres tenaient dans leurs mains divers symboles shintoïstes appelant à la terre, au ciel, à la nature, au soleil, à la lune et à l'harmonie. Fumikage avait dessiné le symbole du yin et du yang sur le front et le dos des mains de Katsuki.

- Si tout le monde est prêt, on peut y aller, annonça l'initiateur de cette idée.

D'une même voix, Tenya, Eijiro, Momo et Fumikage scandèrent un texte mêlant les diverses croyances du monde, appelant au retour à la normale et à libérer le corps de leur camarade du démon l'habitant. Les autres murmurèrent une prière appelant à l'harmonie et à ce que chaque chose reprenne sa place. Au fil des mots, ils bougèrent un peu, agitant leurs artéfacts en direction de la blonde installée au centre. Ils répétèrent plusieurs fois l'opération, le volume de leurs voix augmentant au fur et à mesure.

Soudainement, la tête de Katsuki tomba vers l'avant, ses longues mèches, libres de toutes entraves, masquant son visage. Son corps tout entier fut brusquement pris de tremblements de plus en plus violents. Un râle rauque et grave se fit entendre, prenant de plus en plus d'ampleur au fil des secondes, pour finir en un cri d'agonie sauvage. La tête blonde se renversa brutalement vers l'arrière, dévoilant un visage tordu par la souffrance, des yeux se révulsant dans leurs orbites et une bouche ouverte d'où s'écoulait un filet de bave moussante.

- Sors de ce corps ! Démon ! ordonna avec force Fumikage tout en agitant son crucifix avec frénésie.

Eijiro, Tenya et Momo l'imitèrent, échangeant malgré tout des regards inquiets. Il se passait quoi là au juste ? Ce n'était pas du tout comme ça qu'ils avaient imaginé les choses. Dans leurs dos, les autres n'en menaient pas plus large, poursuivant malgré tout leur prière.

Katsuki tomba lourdement sur le dos, son corps convulsant violemment sur le sol. Il poussa un hurlement inhumain, se tendant si violemment que seul sa tête et ses orteils touchèrent le sol, le reste de son corps s'arc-boutant d'une manière choquante.

- Vade Retro Satanas ! rugit Fumikage avec toute la conviction dont il était capable.

Devant lui, la tête blonde se tourna dans un angle impossible, les yeux rouges le fixant avec un air sadique.

- Ta mère suce des bites en enfer ! ricana salement Katsuki d'une voix cassée et rocailleuse, ne ressemblant en rien à sa voix habituelle.

Eijiro, Momo et Tenya commencèrent sérieusement à s'affoler, de plus en plus inquiets de la tournure des choses. Denki n'en menait pas plus large, à deux doigts de se pisser dessus de peur. Mineta tremblait comme une feuille, Koda était livide, Rikido et Jiro envisageaient sérieusement d'appeler Aizawa-sensei à la rescousse, Shoji et Hanta étaient prêt à courir chercher Recovery Girl, Yuga s'accrochait au bras de Shoto avec force, lequel fixait d'un air halluciné son camarade convulsant au milieu d'eux.

Les mains de Katsuki se posèrent de chaque côté de sa tête, ses orteils se plièrent sur le sol, et en appui uniquement sur ses paumes et ses orteils, plié à l'envers tel un contorsionniste, le blond effectua un demi-tour sur lui-même, se retrouvant le visage tourné vers Momo. Ses yeux se retournèrent dans leur orbite, devenant blancs et de sa bouche baveuse sortit une voix d'outre-tombe :

- Je vous pisse la raie, bande de chacals pouilleux !

Mina ne put retenir un sanglot horrifié, Toru faillit s'évanouir, Ojiro recula d'un pas et Tsuyu fronça les sourcils, soucieuse. Tous étaient choqués par ce qui était en train de se passer. Au milieu d'eux, Katsuki convulsa à nouveau, son corps décollant entièrement du sol par moment en proférant une montagne d'insultes. Fumikage, Tenya, Momo et Eijiro continuèrent à scander leur texte, l'un plus convaincu que les trois autres de plus en plus inquiets pour la santé de leur camarade exorcisé.

- Va t'en ! La truie est à moi ! rugit la voix d'outre-tombe sortant de la bouche de Katsuki quand le corps de ce dernier retomba lourdement au sol.

C'en fut trop pour Izuku qui ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire, faisant violemment sursauter ses camarades qui le fixèrent choqués.

- Deku-kun, souffla Ochaco larmoyante et tremblante. Tu...

- Ahaahahaha ! Kaaaa... Kacchan ! Arrêt... Arrête ! bafouilla Izuku.

- Ben non, t'as vu leurs tronches ? C'est trop marrant ! ricana Katsuki depuis le sol où il était toujours.

Il ne put s'empêcher d'éclater moqueusement de rire à son tour en voyant les regards hallucinés que posèrent brutalement les autres sur lui.

Dès que Katsuki avait baissé violemment la tête, Izuku avait su que ce n'était que du cinéma, ayant capté la lueur de malice brillant dans les iris rubis. Nul doute que sans ça, il se serait affolé depuis longtemps. Il était cependant admiratif de la souplesse de Kacchan et de son imitation parfaitement réussi de l'Exorcisme, film qui avait donné de nombreux cauchemars à Izuku.

- Tu... Tu... bafouilla Denki livide en pointant un doigt accusateur vers Katsuki.

- Tu nous a fait peur, abruti ! rugit Eijiro avec un soulagement audible.

- Ouais, c'était un peu l'idée, avoua Katsuki sans aucun remords. Dommage que Deku m'ait arrêté. Je suis sûr que vous auriez fini par vous pisser dessus !

- C'était pas drôle Bakastuki ! s'exclama Mina en agitant les bras.

- Je vais faire des cauchemars, pleurnicha Mineta.

- Katsuki, on fait ça pour t'aider, pas pour que tu t'amuses à nous effrayer, reprocha Tenya en remontant ses lunettes.

- Ça n'a pas marché, souffla Fumikage, dépité. Les ténèbres sont tenaces.

Tout en écoutant d'une oreille les plaintes et récriminations de ses camarades, Katsuki se releva, un sourire amusé accroché à ses lèvres. Il avait sagement attendu de ressentir le début d'un truc pouvant prouver que cet exorcisme fonctionnerait, mais en vain. Et en voyant les autres aussi concentrés sur leurs tâches, il avait eu l'idée de leur jouer un petit tour à sa façon. Il s'était cependant arrangé pour faire comprendre à Deku que c'était du pipeau, sûr et certain que sinon Izuku se serait affolé dès les premières secondes, ruinant son plan et son amusement.

- Comment tu arrives à avoir une voix pareille ? s'enquit Shoto avec une curiosité non feinte.

- Tu contracte ta gorge et tu racles les syllabes, expliqua Katsuki.

Les sourcils froncés, Shoto tenta de suivre les directives du blond, mais sans succès.

- Non, non, tu contractes pas assez, s'agaça Katsuki après la troisième tentative.

Posant sa main sur le cou de Shoto, il serra celui-ci suffisamment fort pour obtenir le résultat souhaité sans pour autant étrangler son camarade.

- Vas-y, réessaye comme ça, dit-il.

- Ta mère suce des bites en enfer, dit Shoto avec bien plus de succès que précédemment.

- Plus grave et racle les syllabes. Garde ta salive au fond et parle sans l'avaler, lui conseilla Katsuki.

- Ta mère suce des bites en enfer !

- Ben voilà, Double Face, tu vois quand tu veux, t'y arrive, le félicita Katsuki en relâchant sa prise. Maintenant que tu sais ce que tu dois faire, démerde toi !

- Pourquoi tu veux savoir faire ça Shoto-Kun ? demanda Ochaco.

- Pour faire flipper mon père, avoua Shoto en reprenant son entraînement vocal.

- Mais juste ça, ça suffira pas, fit remarquer Denki. Je veux dire, ton père c'est Endevor, il doit pas avoir peur si facilement.

- Kacchan sait imiter tous les cris des méchants dans les films d'horreurs, lança Izuku avec une innocence feinte.

- Putain Deku ! Pourquoi t'as dit ça ?! rugit immédiatement ledit Kacchan, dardant un regard rageusement outré à son ami d'enfance.

- Tu leur as fait peur. C'est pour que tu te fasses pardonner, décréta Izuku, narquois.

- Ah ?! Je m'en torche le cul de leur pardon à cette bande de poules mouillées ! tonna Katsuki.

Mais hélas pour lui, ses camarades trouvèrent que l'idée de Shoto était excellente, et Katsuki se vit dans l'obligation de donner un cours à tous ceux qui voulurent réussir à imiter aussi bien la voix de la petite fille de l'Exorcisme que le râle angoissant de celle de The Grudge.

Eijiro voulut absolument savoir comment son ami faisait pour se retourner les yeux jusqu'à les rendre blancs. Tenya se fit un torticolis en essayant de tourner sa tête le plus loin possible vers son dos. Mina chuta plus d'une fois en voulant marcher tout en faisant le pont. Denki fit hurler de rire Jiro en tentant de convulser de manière crédible. Hanta et Yuga aidèrent Shoto à inventer des phrases pouvant effrayer son héroïque paternel. Mineta tenta vainement de se faire consoler par Momo, Toru et Tsuyu commentèrent les essais de leurs camarades en riant. Koda et Shoji discutèrent paisiblement, tout en jouant avec Mighty et le lapin du porteur de l'alter animalier. Rikido décida de faire un délicieux gâteau pour réconforter tout le monde. Et Izuku s'amusa beaucoup des regards noirs que lui lança régulièrement Katsuki. Son blondinet d'ami d'enfance n'appréciait visiblement pas que sa blague se retourne contre lui, mais Izuku trouvait ça très drôle.

~oOo~

Assis à son bureau, Katsuki soupira lourdement, fixant d'un œil maussade la feuille de papier couverte de ratures devant lui. La veille au soir, après avoir donné un cours d'imitation de films d'horreurs à ses camarades, il était remonté dans sa chambre et s'était penché sur les dernières solutions proposées pour régler son problème de genre. Concrètement, il lui en restait quatre, dont une totalement débile, une hautement dérangeante, une carrément gênante et la dernière assez risqué pour lui.

D'ici peu, il mettrait celle-ci en pratique. Pour être sûr que ni Deku, ni Aizawa n'aurait vent de la chose, il avait prétexté des devoirs en retard pour sécher l'entraînement avec All Might, envoyant Eijiro et Shoto prendre sa place. Denki, Jiro et Yuga ne devraient pas tarder à le rejoindre pour l'aider dans son entreprise. En théorie, il n'avait besoin que de Kaminari. Mais c'était l'idée de la musicienne à la base, Katsuki l'avait donc convié à venir, avec son tact habituel.

La présence de Yuga n'avait strictement rien à voir avec l'idée de Jiro. En fait, Yuga était la raison pour laquelle Katsuki gaspillait actuellement du papier et des crayons. Et puisque c'était l'idée du blond étincelant, peut-être pourrait-il éclairer quelques points obscurs. Cette solution, la carrément gênante, Katsuki comptait la mettre en œuvre demain, lui laissant ainsi le temps de tout préparer comme il fallait. Quitte à faire les choses, autant les faire bien. Enfin, si ce qu'il allait tester sous peu ne fonctionnait pas.

Des coups à sa porte le sortirent de ses tourments internes, et Katsuki ouvrit la porte à ses trois invités.

- Ramenez vos cul dans ma piaule ! Et fermez vos gueules ! lut Kyoka avec amusement. Tu sais lancer une invitation, toi !

- La preuve, vous êtes là, ironisa Katsuki avec un rictus tout en fermant sa porte à double tour.

Voyant les regards curieux de ses trois convives, il soupira lourdement et daigna s'expliquer :

- Oreille de Bouddha, tu as suggéré que des électrochocs pourraient mettre fin à toute cette merde. Mais si Aizawa-sensei ou Deku l'apprennent je serai bon pour un sacré savon et des séances avec un psy. Alors, vous avez intérêt à fermer vos gueules, c'est clair ?!

- Tu veux que je t'électrocute ? s'assura Denki.

- Ouais !

Le sourire du blond électrique ne dit rien qui vaille à Katsuki. Nul doute que son pote allait le faire morfler.

- Denki, n'en profite pas, le prévint Jiro les sourcils froncés. Ne va pas le tuer !

- T'inquiètes, je gère !

- C'est bien ce qui m'inquiète, souffla la musicienne.

- Et moi ? s'enquit Yuga. En quoi puis-je t'être utile ?

- Tu me surveilles ces deux-là, répondit Katsuki. Et après, faudra qu'on cause tous les deux.

Oui, Katsuki voulait parler à Aoyama. Même si les électrochocs réussissaient à lui rendre son corps féminin, il avait des questions pour son camarade pailleté. Questions dont les réponses lui seraient forcément utiles un jour ou l'autre. Mais l'urgence, c'était les décharges électriques. Katsuki voulait que ça soit fini avant qu'Izuku ne rentre de son entraînement. Aussi décida-t-il de s'y mettre le plus vite possible.

- Putain !

L'exclamation fit sourire sadiquement Denki qui augmenta encore un peu le voltage de son alter, les deux mains posées sur le crâne de son ami explosif. Assis sur le lit, Jiro et Yuga regardaient le spectacle en caressant Mighty et en l'empêchant de se jeter sur Denki pour protéger sa maîtresse. Maîtresse dont les longs cheveux ne connaissaient plus le sens du mot gravité, se hérissant au-dessus de sa tête en une magnifique coupe afro.

- Stop ! claqua Jiro quand sa montre vibra, lui indiquant que le temps imparti était écoulé.

Pour éviter que Katsuki n'ait un accident et se retrouve à l'infirmerie, il avait été décidé d'y aller en douceur et par palier, laissant un temps de repos entre chaque électrochoc. Denki cessa d'activer son alter, s'assurant d'un coup d'œil que son ami allait bien. Ce dernier souffla discrètement, soulagé que la torture prenne fin.

Même s'il était d'accord, et qu'il s'était déjà pris de belles décharges de la part de Denki lors des entraînements, ça n'en restait pas moins douloureux. Il commençait à avoir un début de migraine et à voir des étoiles.

- On ferait mieux d'arrêter, fit remarquer Yuga. Izuku ne devrait plus tarder à revenir et ça va être l'heure de dîner.

- Je suis d'accord avec Yuga, ajouta Jiro. Visiblement, ça ne fonctionne pas.

- Une dernière fois, décréta Katsuki les poings serrés. Juste une dernière. Et cette fois, tu balances toute la sauce, Pikachu.

- Je suis pas sûr que ce soit très prudent, intervint Yuga.

- Si tu veux, sourit Denki, des éclairs parcourant déjà ses doigts. T'es prêt ?

- Ouais !

Denki posa à nouveau ses mains sur le crâne de Katsuki et lança son attaque à puissance maximale. Le hurlement de souffrance de la victime volontaire fit bondir Jiro et Yuga qui se précipitèrent pour arrêter le carnage. Mighty les devança se jetant tous crocs dehors sur le mollet de Denki. Mais aucun des deux blonds ne réagit, l'un agitant ses pouces en l'air avec un air benêt, l'autre inconscient sur le sol, du sang coulant lentement de son nez.

- Oh merde, souffla Jiro catastrophée.

- Katsuki ? appela Yuga en se penchant sur l'inconscient. Katsuki ?

- C'était quoi ça ? s'affola une voix de l'autre côté de la porte. Kacchan ? Kacchan ?

- On va se faire tuer, soupira Jiro en fixant la porte d'un air coupable. Il est vivant au moins ?

- Oui, confirma Yuga en prenant le pouls de Katsuki. Juste évanoui.

- Kats ? intervint une autre voix depuis le couloir. Ouvre cette porte avant qu'on la défonce.

- Je vais prévenir Aizawa-sensei, fit une troisième.

- KACCHAN ! OUVRE MOI !

Yuga et Jiro échangèrent un regard entendu. Il valait mieux pour tout le monde qu'ils ouvrent cette porte avant qu'Izuku ou Eijiro ne la défonce, ou que Shoto ne revienne avec Aizawa.

- On ouvre, on ouvre, lança Jiro en se dirigeant vers la porte.

Depuis le sol, Katsuki reprenait lentement mais sûrement conscience, captant ce qu'il se passait autour de lui. Merde... Deku était déjà de retour ! Il ne devait surtout pas entrer !

Sans prendre le temps de réfléchir, il se releva d'un bond, manquant de tomber quand la tête lui tourna, et se jeta sur le battant pour empêcher son ouverture.

- Tout va bien ! assura-t-il. N'entrez pas !

- On t'a entendu hurler, assura Eijiro. C'était pas le cri de quelqu'un qui va bien !

- C'est à cause de Pikachu, improvisa Katsuki. Il a eu peur de Mighty et je me suis pris une décharge en protégeant mon chien.

- Kacchan, laisse nous entrer ! exigea Izuku soupçonneux.

- Non ! décréta Katsuki. On fait un truc...

- Une surprise ! ajouta Jiro.

- Pour toi, Izuku ! Faut pas que tu la voies, renchérit Yuga en jetant vite fait un œil sur une feuille chiffonnée dans la corbeille à papier.

- Une surprise ? s'étonna Izuku.

- Ouais ! confirma Katsuki. Alors, va dîner ! On vous rejoint après !

- Si c'est pour Izuku, je peux entrer moi, fit remarquer Eijiro.

- Non !

Dans le couloir, Eijiro et Izuku sursautèrent devant le cri unanime. Ils échangèrent un regard surpris, surtout en entendant leurs camarades se justifier :

- Tu sais pas tenir ta langue, tête d'ortie !

- Ça te concerne aussi !

- Il n'y a plus de place !

Et se disputer :

- Ça le concerne pas putain !

- Il sait garder un secret !

- Les chambres sont assez grandes pour cinq personnes !

- Mighty m'a mordu !

- Ah tiens, t'es de retour avec nous ?

- Oh merde Kats, t'as vu ta...

- Ta gueule abruti !

- C'est quoi ce raffut ? tonna Aizawa faisant sursauter ses élèves.

- On a entendu Katsuki crier et on s'inquiète, mais il ne répondait pas et sa porte est fermée à clé, expliqua Shoto.

- Bakugo ?

- Aizawa-sensei ?

- Ouvre cette porte !

- Euh... C'est pas possible, plaida Katsuki.

- Il est pas présentable, ajouta Jiro.

- Il essaye une tenue... originale, renchérit Yuga.

- Ouais, ça ferait désordre que vous le voyez comme ça, Aizawa-sensei, confirma Denki.

- Bien. Vous avez trois minutes pour sortir de la pièce, tous les quatre ! claqua le professeur d'un ton ne souffrant aucune contestation.

Dans la chambre, Katsuki grimaça. Trois minutes... C'était court putain ! Il avait la tête qui tournait, sentait ses cheveux crépiter et du sang couler de son nez. Heureusement pour lui, Yuga et Jiro étaient, eux, parfaitement opérationnels. Yuga se précipita dans le cabinet de toilette, l'entraînant à sa suite, lui collant la tête sous le robinet du petit lave main pour lui mouiller les cheveux. Jiro s'empressa de lui essuyer le sang coulant de ses narines, pendant que Yuga peignit rapidement les mèches blondes, l'humidité les plaquant à nouveau sur le crâne de leur propriétaire.

Denki revint définitivement à son état normal après avoir subi un sort similaire. Sa légère blessure due aux crocs de Mighty fut efficacement désinfectée et s'orna d'un pansement. Un rapide check-up, pour s'assurer que rien ne transparaissait de leur activité réelle, et Jiro donna le signal d'un hochement de tête, Yuga ouvrant immédiatement la porte. Les quatre complices sortirent dans le couloir sous l'œil suspicieux de leur professeur principal et de leurs trois camarades, Mighty sur leurs talons.

- Tu saignes du nez, Bakugo, fit remarquer Aizawa.

- Ah merde, souffla ce dernier en essuyant le mince filet de sang le trahissant avec un mouchoir.

- C'est vrai qu'il fait chaud dans ta chambre, sourit Denki.

- Moi aussi ça m'arrive, l'été surtout, ajouta Yuga.

- La prochaine fois, on ouvrira la fenêtre, souffla Jiro.

Eijiro et Izuku plissèrent les yeux, examinant leurs amis, mais à part le léger saignement de nez de Katsuki, rien n'indiquait qu'il puisse y avoir autre chose que ce qu'ils avaient dit. Aizawa soupira lourdement et décida de laisser couler pour cette fois, se promettant cependant de garder Bakugo à l'œil. Ce sale gosse était assez intelligent pour déjouer toute tentative de surveillance.

- Descendez dîner, soupira-t-il finalement. Et tenez vous tranquille pour changer.

- Désolé de vous avoir dérangé pour rien, s'excusa Shoto.

- Je préfère être dérangé pour rien que de devoir emmener l'un de vous à l'infirmerie ou à l'hôpital. Bonne soirée.

- Bonne soirée, Aizawa-sensei.

Aizawa quitta le bâtiment, laissant ses étudiants dîner tous ensemble comme d'habitude. Dîner durant lequel Eijiro ne cessa de questionner Denki et Jiro, tentant d'avoir le fin mot de l'histoire et voulant à tout prix savoir ce qu'était la fameuse surprise. Katsuki râla après son meilleur pote trop curieux, faisant bonne figure malgré une migraine lancinante et le regard inquisiteur de Deku ne le lâchant pas.

Izuku n'était pas dupe. Il remontait dans sa chambre, tout en discutant avec Shoto et Eijiro quand il avait entendu le hurlement de Kacchan. Ce genre de hurlement qui faisait froid dans le dos. Tout son être avait compris le message : Kacchan souffrait ! Atrocement ! Il s'était élancé dans les escaliers, les montant quatre à quatre pour voler au secours de celui qu'il aimait plus qu'en simple ami.

La porte close et le refus obstiné du blond à l'ouvrir ne l'avait qu'un peu plus angoissé. Et savoir que Kacchan n'était pas seul ne le rassura nullement. En entendant la voix de Denki, un doute affreux s'était emparé de lui. Izuku avait une bonne mémoire, surtout quand ça concernait Kacchan. Aussi se souvenait-il parfaitement de la suggestion d'user d'électrochocs pour mettre fin à l'alter de transgenrisme dont était victime le blond.

Tout confirmait ses soupçons. Kacchan n'était pas venu à l'entraînement avec All Might, chose qu'il ne ratait pourtant jamais. Il avait prétendu des devoirs à rattraper, lui qui n'avait jamais de retard dans ce domaine, s'avançant toujours au maximum. Il avait envoyé Eijiro à sa place à l'entraînement, éloignant ainsi son meilleur ami pour agir plus librement. Il s'était enfermé dans sa chambre avec Denki et Jiro, l'un ayant l'alter pour faire des électrochocs et l'autre étant l'initiatrice de l'idée. Bon, il ne voyait pas en quoi la présence de Yuga était nécessaire, mais c'était un détail.

Mais en l'absence de preuves tangibles, il ne pouvait porter aucune accusation. Et Kacchan semblait bien décidé à cacher son méfait, ses complices dans le crime gardant aussi le silence sur leurs réelles activités dans la chambre. L'idée que Kacchan se soit à nouveau mis en danger volontairement lui brisa le cœur et lui donna des envies de meurtres. S'il tuait le vilain responsable de la situation du blond, peut-être que les choses redeviendraient normales ?

~oOo~

Izuku était en train de prendre frénétiquement des notes à propos de la dernière intervention héroïque de Mount Lady quand son téléphone afficha un message :

- Va sur ton balcon. Maintenant !

Surpris, il vérifia l'expéditeur du message, histoire d'être sûr que c'était Kacchan. Mais seul Kacchan donnait des ordres par SMS.

Il hésita quelques secondes. Mais entre Kacchan et une intervention, qu'il pourrait revoir à sa guise, la balance pencha rapidement en faveur de son ami d'enfance. Aussi tira-t-il son rideau et ouvrit-il sa baie vitrée pour aller sur son balcon. Il leva la tête pour apercevoir le balcon de Kacchan. Mais ne voyant rien de particulier, il se pencha par-dessus le garde fou pour regarder en bas. Ses yeux s'écarquillèrent brutalement, surpris par ce qu'il vit.

Là, au pied du bâtiment, se tenait Kacchan, vêtu d'un jean noir et d'une chemise blanche, ses longs cheveux blonds dénoués lui tombant sur les épaules. La blonde avait une feuille blanche dans les mains et était éclairée par une boule à facettes, accrochée à une branche au-dessus de sa tête, le laser de Yuga, provenant d'un buisson, illuminant la boule. A peine Izuku se fut-il penché qu'une douce mélodie retentit. D'un coup d'œil aux alentours, Izuku en chercha la provenant, trouvant Jiro et sa guitare vaguement cachée par le buisson masquant à peine Yuga.

- Izuku, commença Katsuki d'une voix pas aussi assurée qu'il l'aurait voulu. Toi et moi, on se connait depuis toujours.

- Attends non ! souffla une voix étouffée. Pas cette merde que tu as écrite ! Lis ça, c'est mieux !

Izuku dut se mordre les lèvres pour ne pas rire en voyant Denki surgir de derrière un arbre pour arracher la feuille que Katsuki tenait dans ses mains et la remplacer par une autre.

- Putain, qu'est-ce que tu fous Pikachu de merde ?! protesta le blond explosif.

- Fais moi confiance, ça c'est mieux ! assura Denki en repartant aussi vite qu'il était venu.

Katsuki lança un regard noir à son pote avant de se reconcentrer sur sa feuille, se raclant discrètement la gorge au passage. Il savait que c'était une idée à la con, mais Denki était plus au fait de ce genre de merde que lui, alors bon, il allait lui laisser le bénéfice du doute.

Depuis son balcon, Izuku retint un rire amusé, conscient que la situation devait mettre Katsuki extrêmement mal à l'aise et que s'en amuser ouvertement couperait court à cette scène. Il était curieux de savoir ce que Kacchan avait préparé et ce qui nécessitait une telle mise en scène. La lumière, la musique... Était-ce donc la fameuse surprise que Katsuki préparait dans sa chambre hier ?

La guitare jouait toujours sa douce mélodie et la boule à facettes éclairait toujours la blonde rougissante d'embarras. Izuku croisa les bras sur le garde-corps et tendit l'oreille, attentif à tout ce qu'allait dire Kacchan.

- Izuku... Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer... Et la terre peut bien s'écrouler... Peu m'importe, si tu m'aimes... Je me fous du monde entier... La vie est si belle depuis que tu es de ce monde...

Izuku baissa son visage dans ses bras croisés, cachant ainsi les rougeurs qu'il sentit monter sur ses joues, ses yeux ne quittant pas la silhouette blonde à quelques mètres en contrebas. Il se mordit les lèvres pour ne pas pouffer en entendant Kacchan marmonner un "Putain, c'est gnangnan" boudeur, avant de poursuivre.

- Ce soir, je veux tout te donner... Il y a tant de choses que je veux faire... Et ce soir, je me mets à tes pieds... Parce que je ne suis né que pour t'aimer...

Des pétales de roses s'envolèrent soudainement de l'endroit où Denki était caché, ainsi que du buisson où Yuga transpirait à grosses gouttes pour maintenir son alter en marche.

- Sérieusement, chuchota rageusement Katsuki. C'est les paroles d'une chanson ça !

- C'est romantique ! souffla vigoureusement Denki depuis sa cachette.

D'un geste, il incita Katsuki à poursuivre ce que le blond explosif fit, non sans lui lancer un regard noir.

- Tes yeux sont les plus doux que j'ai jamais vus... Mon être tout entier aime tout de toi... Toutes tes parfaites imperfections... Je te donnerai tout de moi... Tu es ma fin et mon commencement...

Depuis son balcon, Izuku sourit doucement, touché par la déclaration outrageusement romantique dont il était l'objet. Même s'il aurait largement préféré que ce soit les mots de Kacchan et non pas ceux tirés de diverses chansons connues.

- J'irai jusqu'au bout du monde, si tu me le demandais... J'irai décrocher la lune, si tu me le demandais... Regarde dans mes yeux et tu verras ce que tu représentes pour moi... Prends moi comme je suis, prends ma vie... Je te la donnerai toute entière, je me sacrifierai.

Les sourcils d'Izuku se froncèrent à l'entente de ces mots. Non, il ne voulait pas que Kacchan se sacrifie, surtout pas pour lui ! Si Kacchan lui donnait sa vie, alors Izuku s'assurerait qu'elle soit très longue et très heureuse. Il en prendrait soin comme du plus précieux des trésors !

- C'est comme si je renaissais... T'as balayé tous mes principes... Tu m'as fait sortir les tripes... Plus jamais je ne te laisserai... Puisque tu es mon ange gardien... Tu seras celui qui pourra me sauver... Car tu es mon mur des merveilles.

La mélodie prit fin et la lumière s'éteignit, laissant Katsuki planté au pied du bâtiment à peine éclairé par la lune brillant dans le ciel nocturne.

Dans le silence revenu, Izuku entendit parfaitement Yuga soupirer :

- J'ai mal au bide moi maintenant, je pensais pas que ce serait si long.

- T'as géré Kats ! s'exclama Denki avec un enthousiasme débordant.

- C'était quoi cette merde guimauveuse qui tu m'as fait lire ?! râla ledit Kats.

- Une déclaration romantique, répondit Denki avec assurance.

- Tu me prends pour un con ? C'était que des paroles de chansons ! tempêta Katsuki.

- Des chansons d'amour romantiques ! se justifia Denki. Je ne pouvais pas te laisser lire un truc que tu aurais écrit toi-même. T'as aucun romantisme ! Même les crottes de Mighty sont plus romantiques que toi !

- Je t'emmerdes Pikachu de merde !

Sur ces mots, Katsuki tourna les talons, ignorant royalement ses potes, ainsi qu'Izuku toujours sur son balcon, et rentra dans le bâtiment bien décidé à aller s'enterrer au fond de son lit en espérant tout oublier de cette soirée. Il grimpa rapidement les étages et ferma sa porte à double tour, ôta rageusement ses vêtements pour enfiler son pyjama et se jeta sur son lit, boudeur et enragé.

Déclarer sa flamme avec tout le romantisme possible. Une idée de Yuga. Une idée à la con, qui n'allait sûrement rien donner et qu'il avait jugé carrément gênante. Mais il s'était juré de tout tenter, alors il avait tenté. La veille, après le dîner, Yuga lui avait longuement expliqué ce qu'il entendait par "tout le romantisme possible". Pour être parfaitement honnête, Katsuki s'était attendu à ce que la discussion soit chiante et gonflante.

Mais à son grand étonnement, Yuga s'était avéré être un interlocuteur intéressant, même si un peu trop maniéré à son humble avis. Yuga lui avait recommandé d'être sincère dans sa déclaration, lui conseillant de ne pas aller à l'encontre de sa nature.

- Tout le monde sait que tu es assez brut de décoffrage, avait-il dit avec un sourire entendu. Si tu commences à faire dans la délicatesse et la guimauve, la personne ne te pensera pas sincère.

Katsuki avait hoché la tête, rassuré de savoir qu'il n'allait pas être obligé de faire dans le cucul et le gnangnan ce qui ne lui ressemblait pas. Les problèmes avaient surgi en même temps que Denki et Jiro dans sa chambre, le duo venant prendre des nouvelles de Katsuki après sa séance d'électrochocs. Et bien sûr, Denki n'avait pas pu s'empêcher de mettre son grain de sel dans l'histoire.

C'était Denki qui avait décidé que Katsuki ferait sa déclaration au pied du balcon de l'heureux élu, heureux élu dont la blonde mortifiée avait dû révélé le nom provoquant des exclamations extatiques :

- Tu es amoureux d'Izuku ?! En vrai de vrai ?!

- Toru va être ravie, elle qui veut absolument vous voir ensemble !

- Je suis sûr qu'Izuku-Kun te rendra tes sentiments !

- C'est juste pour retrouver mon corps bande de tocards ! Et vous avisez pas d'ouvrir vos gueules à ce sujet, sinon je vous explose les dents !

Après avoir fait promettre aux trois curieux qu'ils garderaient le secret, Katsuki n'avait pas eu d'autres choix que de se plier à leurs caprices. Denki avait donc décidé que cela serait au pied du balcon (comme Roméo et Juliette ou Cyrano et Roxane). Jiro avait proposé de jouer de la guitare pour apporter un peu plus de romantisme. Denki en avait rajouté avec les pétales de roses que Yuga et lui lanceraient sur Katsuki et Yuga avait été réquisitionné pour illuminer la scène, prêtant sa boule à facettes au passage.

- Le seul truc qu'il te reste à faire, c'est te faire belle, enfin beau, avait décrété Denki, et d'écrire un truc plein d'amour et de passion.

C'était sur ces mots que les trois complices l'avaient laissé. Katsuki avait passé toute une partie de sa nuit à écrire cette putain de déclaration, essayant de mettre en mot tout ce qu'il pouvait ressentir pour son ami d'enfance.

Pour lui, qui n'était pas grand adepte de l'étalage de sentiments, ça avait été une véritable torture. Il avait dû user d'une bonne dizaine de feuilles et casser une bonne trentaine de crayons de papier, mais au final il était assez satisfait du résultat. Ce n'était pas une déclaration d'amour grandiloquente, c'était sûrement un peu maladroit et peut-être un peu trop brutalement honnête, mais il avait pu écrire tout ce qu'il voulait dire à Deku.

Finalement, il n'avait même pas pu lire sa propre prose, devant déclamer une succession de phrases tout droit sorties de chansons d'amour ultra connues. Katsuki avait reconnu les paroles de L'hymne à l'amour d'Edith Piaf, Your song d'Elton John, I was made for lovin' you de Kiss, All of me de John Legend, Everything I do I do it for you de Bryan Adams, Halo de Beyonce et même Wonderwall d'Oasis.

Et si l'idée générale était là, ce n'était pas ses mots, ce n'était pas ainsi qu'il aurait dit les choses et le tout manquait de sincérité, le frustrant et l'agaçant. Il s'était senti parfaitement ridicule du début à la fin. Lui avait plutôt imaginé dire tout ça à Izuku en tête à tête, dans sa chambre ou dans celle du nerd. Ça aurait été tout aussi gênant, mais moins ridicule et il n'y aurait surtout eu aucun témoin.

De toute façon, depuis le début de ce bordel et son changement de genre, Katsuki avait l'horrible impression de se ridiculiser un jour sur deux et de se faire agresser le reste du temps. Il en avait marre, vraiment marre. Il voulait que ça cesse. Il voulait retrouver son corps, retrouver ses habitudes. Ne plus batailler chaque matin avec son soutien-gorge, ne plus manger ses propres cheveux chaque nuit quand il se retournait dans son lit.

Il voulait qu'on arrête de le déshabiller des yeux à chaque fois qu'il sortait du dortoir ou de la salle de classe. Il voulait pouvoir prendre le bus sans craindre de se faire peloter contre son gré. Quand il avait emmené Mighty chez le vétérinaire, un connard avait osé lui caresser le cul. Il avait bien évidemment copieusement insulté le connard en question et Izuku l'avait poussé dans un coin, faisant barrage de son propre corps pour lui éviter tout autre attouchement non désiré.

Et puis merde hein, il n'avait pas prévu de se déclarer à Deku. Pas si vite en tout cas. Il n'avait pris conscience de ses propres sentiments que depuis peu, il avait besoin de temps pour s'y faire. Et il était absolument hors de question qu'il se passe quoique ce soit de romantique, avec qui que ce soit, tant qu'il aurait ce corps. Pas qu'il pense qu'il puisse se passer un truc avec Deku. Surtout que ce sale nerd n'avait même pas répondu à sa déclaration, aussi foireuse soit-elle. Mortifié par ses propres pensées, Katsuki enfonça son visage dans son oreiller en râlant contre lui-même.

Depuis son balcon, Izuku assista amusé à une dispute entre Denki et Jiro, la musicienne accusant le blond électrique d'en avoir trop fait et de vouloir se moquer de Katsuki. Denki se défendit, assurant qu'il voulait seulement l'aider. Le duo rejoignit finalement l'intérieur du bâtiment, Jiro rappelant à Denki qu'il avait promis à Katsuki de tenir sa langue et Denki protestant qu'il savait garder un secret.

Seul resta Yuga qui leva les yeux vers Izuku et lui sourit avant de finalement rentrer à son tour, après avoir décroché sa boule à facettes. N'ayant plus aucune raison de rester dehors, Izuku retourna dans sa chambre, fermant sa baie vitrée et son rideau. Machinalement, il reprit son carnet de note et son téléphone, s'installant sur son lit. Mais il n'avait plus du tout la tête à analyser la dernière intervention de Mount Lady.

Kacchan lui avait fait une déclaration d'amour. Izuku n'était pas naïf au point d'imaginer que c'était totalement sincère. Non, Kacchan n'avait sûrement fait ça que dans le but de retrouver son corps masculin. Si la mémoire d'Izuku était bonne, il y avait une suggestion du genre dans les solutions proposées par ses camarades. Il lui semblait même que c'était une idée de Yuga. Ce qui expliquerait la présence de ce dernier dans la chambre de Kacchan la veille au soir.

Avec un soupir dépité, Izuku abandonna carnet de note et téléphone, s'étalant comme une crêpe sur son matelas. Oui, sûrement que Kacchan ne pensait pas un mot de ce qu'il avait dit. Ce n'était même pas lui qui l'avait écrit, mais Denki. Kacchan ne pouvait pas être amoureux de lui. Kacchan était bien trop extraordinaire pour s'intéresser à quelqu'un d'aussi ordinaire que lui.

En plus, Izuku était un homme et Kacchan lui avait avoué avoir eu un crush pour une fille une fois. Donc, le blond ne devait pas être gay. Izuku n'avait aucune chance d'avoir plus que son amitié. Ce dont il saurait se contenter, Izuku se le promettait. Il aurait sûrement mal au cœur en voyant celui qu'il aimait au bras d'une autre, mais il prendrait sur lui pour cacher ses propres sentiments, félicitant Kacchan et lui souhaitant tout le bonheur du monde.

Pourtant, il ne se leurrait pas. Ce serait difficile. Avant même de comprendre qu'il était amoureux du blond explosif, Izuku avait toujours eu du mal à le partager avec d'autres. Au collège, il ne supportait pas de voir Kacchan traîner avec les deux boulets lui servant d'amis, se demandant ce qu'il pouvait leur trouver de si intéressant. Ils étaient stupides, moches et méchants. Et Izuku les détestait joyeusement, les jalousant secrètement d'avoir le droit de se tenir aux côtés de Kacchan.

Fut un temps où Izuku avait aussi envié la relation que Kirishima avait réussi à nouer avec Kacchan. C'était encore parfois le cas quand les deux garçons s'amusaient d'un truc qu'eux seuls pouvaient comprendre. Mais Izuku appréciait Eijiro et donc sa jalousie, mal placée il en convenait lui-même, était moindre. Et puis, au fil du temps, Kacchan et lui s'étaient rapprochés pour son plus grand plaisir. Il n'avait maintenant plus rien à envier à personne, Kacchan le reconnaissant enfin comme son rival et ami.

Mais voilà, il voulait plus qu'une simple amitié avec le blond. Izuku l'avait enfin compris après le baiser échangé trois jours plus tôt. Il voulait pouvoir embrasser Kacchan jusqu'à plus soif, le prendre dans ses bras, dormir avec lui, le protéger de tout et n'importe quoi, le soutenir dans tous ses projets. Il voulait tout partager avec son ami d'enfance : son rôle de héros, son quotidien, ses jours, ses nuits, sa vie entière.

Un léger coup à sa porte le sortit de ses pensées moroses et Izuku jeta un œil interrogateur au battant. Qui venait le déranger à cette heure là ? Il vit avec surprise une feuille se glisser sur son seuil. Le temps qu'il s'approche, il entendit des pas s'éloigner dans le couloir. Avec l'espoir que peut-être Kacchan était passé le voir, Izuku ouvrit sa porte mais ne vit que le couloir vide.

Un peu déçu, il referma et ramassa le papier soigneusement plié à ses pieds. Il fronça les sourcils en voyant une écriture alambiquée sur l'enveloppe, mais ne put retenir un sourire ravi en lisant les mots écrits.

- Izuku, ceci est la déclaration que Katsuki avait lui-même écrit, sans l'aide de personne, et qui t'est destinée. Bonne lecture. Y.

Se promettant de remercier Yuga pour avoir récupéré la feuille volée par Denki, et pour la lui avoir transmise, Izuku s'empressa d'ouvrir l'enveloppe pour en sortir son contenu. Il s'installa sur son lit, le cœur battant à tout rompre d'une joie anticipatrice. Il ne s'attendait pas à une déclaration d'amour, mais c'étaient les mots de Kacchan qu'il avait sous les yeux. Kacchan qui avait pris la peine d'écrire pour lui. Et ça, ça valait toutes les déclarations du monde.

Izuku, toi et moi, on se connait depuis toujours. Je ne me souviens pas d'une époque de ma vie où tu n'étais pas. Et imaginer le futur sans toi me donne envie d'exploser tout le monde. Je sais que je me suis comporté comme un enfoiré avec toi pendant longtemps. Rien ne justifiait, rien ne justifiera jamais, toutes les horreurs que j'ai pu te dire et te faire. Un jour, je m'excuserai de vive voix pour tout ça. Mais pas aujourd'hui. Je ne mérite ni le droit de m'excuser, ni ton pardon. Patiente encore un peu, un jour je le ferai. Je te le promets.

Je suis supposé te faire une déclaration d'amour, mais franchement j'ai pas la moindre idée de comment faire. Alors je vais juste te dire tout ce que je sais avec certitude.

Je tiens à toi, beaucoup, énormément même. Je veux te protéger, parce que tu es capable de te sacrifier pour tout et n'importe quoi et c'est hors de question que je te laisse faire. Tu seras un grand héros et je serai ton plus grand fan, même si je le nierai certainement. J'aime ton intelligence, ton sens de l'observation et tes analyses, même si tes marmonnements me gonflent souvent.

J'aime passer du temps avec toi, discuter avec toi, rire avec toi. Je sais que je peux compter sur toi quelque que soient les circonstances. J'aimerais que tu saches que la réciproque est vraie. Je serai toujours là pour te soutenir dorénavant. Compte aussi sur moi pour t'engueuler quand tu fais des conneries. Tu es un pilier inébranlable dans ma vie et j'aimerais en être un pour toi aussi.

Je ne parlerai pas de tes yeux ou de ton apparence, parce que pour moi elle n'a aucune importance. Tu es Izuku, Deku, mon sale nerd, que tu sois un homme, une femme, brun, blond ou roux, mince ou gros, jeune ou vieux. Même chauve, ridé, bedonnant et édenté, tu resteras le même pour moi.

Voilà, c'est à peu près tout ce que je peux te dire. J'espère juste que tu me laisseras une chance de te montrer que je suis sincère et que je veux une place dans ta vie, comme tu en as une dans la mienne.

Katsuki.

Izuku essuya les larmes dévalant sur ses joues, serrant contre son cœur la lettre de Kacchan. Ce n'était pas une déclaration d'amour, mais c'était tout aussi bien, même mieux peut-être. Kacchan lui avouait qu'il comptait pour lui, qu'il le voulait dans sa vie à l'avenir. Il ne lui déclarait pas sa flamme de manière grandiloquente et romantique. Mais ses mots étaient sincères, Izuku le sentait de toute son âme.

Les sentiments contenus dans cette missive, il les comprenait, les connaissait si bien. C'était les mêmes que les siens. Lui aussi voulait Kacchan dans sa vie jusqu'à ce que la mort les sépare, et le plus tard serait le mieux. Il relut plusieurs fois la lettre, souriant et larmoyant, submergé par un mélange d'émotions incontrôlables. La joie, l'espoir, la nostalgie, l'amusement, et une pointe d'agacement.

" Je ne mérite ni le droit de m'excuser, ni ton pardon" disait Kacchan. Et ces mots-là, Izuku ne les acceptait pas. Premièrement, il était libre de donner son pardon à qui il voulait et quand il voulait. Et il avait pardonné à Kacchan depuis longtemps. Il n'avait pas besoin que Kacchan s'excuse de vive voix. Mais il supposait que Katsuki avait, lui, besoin de le faire et il l'acceptait. Tout comme il acceptait que son ami d'enfance ne soit pas encore prêt à le faire.

Deuxièmement, d'où Kacchan avait besoin de mériter le droit de s'excuser ? Cela ne voulait rien dire pour Izuku. Qu'est-ce que Kacchan entendait par là ? De quelle façon espérait-il mériter ce droit ? Il lui avait déjà prouvé de bien des manières qu'il avait changé, que leur relation avait évolué dans le bon sens. Izuku fronça les sourcils, soudainement très inquiet. Et si Kacchan décidait que la seule manière d'obtenir le droit de s'excuser était de sacrifier sa propre vie pour protéger celle d'Izuku ?

Non ! Izuku refusait que Katsuki aille jusque là ! Il savait que Kacchan ne le voyait plus comme un Deku inutile et faible. Il savait que Kacchan regrettait ce qu'il avait fait par le passé. Il n'était pas question qu'il le laisse croire qu'il devait aller jusqu'à mettre sa vie en jeu pour pouvoir présenter des excuses dont Izuku n'avait pas besoin. Il devait lui ôter cette idée de la tête au plus vite.

Saisissant son téléphone, il commença à taper un message affolé avant de se reprendre. Kacchan n'allait rien faire d'inconsidéré maintenant. Izuku pouvait donc prendre quelques minutes de réflexion pour formuler les choses. Il ne devait pas braquer le susceptible blond, ni lui donner l'impression de lui ordonner quelque chose. Et il devait répondre à sa déclaration. Il ne pouvait pas laisser Kacchan sans réponse. Pas après avoir lu sa lettre.

Enroulé dans sa couette, Katsuki se morfondait encore sur sa situation merdique, tout ce que cela l'avait obligé à faire et les situations à la con où ça l'avait foutu. Tout en caressant Mighty blotti contre lui, il ressassait encore et encore les mêmes pensées moroses et déprimantes. Saleté de vilain de merde, avec son alter débile ! Connasse de commission à la con qui le laissait dans la panade sans lever le petit doigt ! Abrutis de potes qui se foutaient de sa gueule en prime ! Et ce sale nerd qui ne faisait même pas semblant de vouloir répondre à sa déclaration !

Une vibration attira son attention, le faisant ronchonner un peu plus dans sa barbe inexistante. A tâton, il chopa son téléphone, se demandant quel était le crétin qui le dérangeait à cette heure. Il cligna bêtement des yeux en voyant le nom de l'expéditeur. Son si génial cerveau lui confirma ce que ses yeux voyaient et Katsuki se redressa d'un bond dans son lit, soudainement tendu.

Mighty protesta vaguement contre le changement de position, mais Katsuki l'ignora, fixant son écran avec angoisse. Deku lui avait envoyé un message. Deku... Peut-être était-ce la réponse à sa déclaration de merde ? Ou peut-être que cela n'avait rien à voir. Katsuki se fustigea lui-même en remarquant que ses mains tremblaient et se décida à ouvrir le SMS. Il ne put retenir un ricanement en voyant la longueur de ce dernier. Deku dans toute sa splendeur, incapable de faire court.

- Kacchan, merci pour ta déclaration avec musique, pétales de fleurs et lumière, cela m'a beaucoup touché. Mais celle que tu as écrite toi-même me plait beaucoup plus. Je remercierai Yuga pour l'avoir glissée sous ma porte.

Oh merde, songea Katsuki. Izuku avait lu ce qu'il avait écrit, ce qu'il aurait dû lui dire ce soir si Denki n'en avait pas décidé autrement. Visiblement, cela l'avait touché, mais bon c'était Deku. Ce sale nerd était capable de pleurnicher de bonheur devant à peu près n'importe quoi d'un minimum gentil ou mignon. L'autre matin, il avait eu la larme à l'œil juste parce que Mighty lui avait léchouillé la joue.

- Moi aussi je tiens beaucoup à toi, j'aime passer du temps avec toi, j'aime ton intelligence et même ton caractère explosif. Pour moi non plus ton apparence ne change rien, comme je te l'ai déjà dit. Tu es et tu resteras toujours Kacchan pour moi. Tu seras mon plus grand fan ? Je te dédicacerai chaque goodies qui sortira à mon effigie. En toute discrétion, bien sûr. Mais tu devras me dédicacer chacun des tiens. Parce que je suis déjà ton plus grand fan !

Katsuki ne put s'empêcher de rire un peu en lisant ça. Il imaginait sans mal sa tronche étalée partout, et sous toutes les déclinaisons possibles, dans la piaule de Deku. Après tout, il avait vu l'autel à la gloire d'All Might que son ami d'enfance appelait chambre. S'il faisait pareil avec lui, Katsuki se promettait de ne jamais foutre un orteil dans la piaule d'Izuku. Il voyait sa tronche chaque jour dans le miroir, cela lui suffisait largement.

- Plus sérieusement, Kacchan. Je sais que tu as changé, je sais que tu regrettes, je n'ai pas besoin que tu me présentes des excuses de vive voix. Et je t'ai pardonné depuis longtemps. Mais je comprends que ce soit important pour toi. Je sais que tu aimes faire les choses comme il faut. Alors je vais attendre patiemment que tu te sentes prêt à le dire de vive voix. Je ne sais pas ce que tu penses devoir faire pour mériter un droit que je t'accorde bien volontier et sans condition. Mais, s'il te plaît, ne fais rien qui te mette en danger de quelque manière que ce soit. Tu sais que je suis un éternel inquiet, et tu es celui pour qui je m'inquiète le plus. Parce que tu es celui auquel je tiens le plus et que tu es un pilier inébranlable dans ma vie. Bonne nuit Kacchan.

Lâchant son téléphone, Katsuki se passa deux mains tremblantes sur le visage, se sentant rougir bêtement.

- Sale nerd, souffla-t-il. Tu me fais faire vraiment n'importe quoi, hein ?!

Dire qu'il était chamboulé par la dernière partie du message d'Izuku était un doux euphémisme. Il avait autant envie de pleurer de soulagement que de hurler de joie. Oh, et aussi d'engueuler ce crétin trop gentil avant de l'embrasser passionnément.

Parce qu'Izuku lui avait pardonné sans même qu'il ne fasse rien pour ça. Parce qu'Izuku avait des sentiments si semblables aux siens que son cœur chantait de bonheur. Parce qu'Izuku s'inquiétait pour lui encore et toujours. Parce qu'Izuku avait ce foutu don pour voir le meilleur en chacun, même chez un connard dans son genre, et que cela bouleversait un peu trop son égo mal placé. Parce qu'à travers les yeux et les mots de Deku, il se sentait plus fort, plus puissant, plus beau, plus tout !

Tout se rallongeant, Katsuki reprit son téléphone pour relire les mots de son ami d'enfance, son cœur battant la chamade et les papillons voletant frénétiquement dans son bide. Il finit par envoyer une réponse, courte et succincte, se promettant de remercier Yuga pour avoir joué les facteurs. Et même si l'envie le tiraillait méchamment, il n'irait pas cracher à la tronche de Denki que Deku avait préféré sa déclaration à celle cucul la praline écrite par Pikachu.

Dans son lit, Izuku lut la réponse de Katsuki avant de se laisser emporter au pays des rêves, un sourire aux lèvres, la lettre de Kacchan dans sa main et les derniers mots de ce dernier flottant encore sous ses paupières closes.

- Merci pour tout, le nerd. Bonne nuit Deku.

A suivre...


Commentaire de l'auteure :

Avant toutes récriminations sachez que :

- J'ai basé l'exorcisme pratiqué par Fumikage sur les divers films et séries que j'ai vu où il y avait des rituels du genre.

- J'ai volontairement utilisé les quatre grandes religions les plus pratiquées au monde (christianime, islam, juive et bouddhisme) pour ne vexer personne.

- J'ai bêtement cherché sur google pour trouver des artéfacts religieux propres à chacune de ces religions. Je n'ai pas cherché plus loin. Donc oui, sûrement que ça n'a rien à voir avec l'exorcisme, mais voilà, c'est juste pour le symbole.

- La religion Shintoïste étant la plus pratiquée au Japon, je l'y ai glissé aussi. N'y connaissant absolument rien, et n'étant pas motivée pour me renseigner plus que de raison, j'ai juste glissé ça là.

- Les électrochocs ne sont pas nécessairement mortels, tout dépend du voltage. J'ignore si c'est encore utilisé à l'heure où j'écris ces mots, mais il y a vingt ans c'était encore utilisé dans certaines thérapies psychiatriques (je l'ai vu de mes propres yeux).

- Denki balance des millions de volts sans jamais tuer personne dans le manga. Donc oui, Katsuki survit ! Tout à fait ! En cas de réclamations, voyez ça directement avec Kõhei Horikoshi.

Pour toute autre protestation, j'invoque la loi du TGCM (Ta Gueule, C'est Magique) !

Voilà, je crois que j'ai fait le tour des points pouvant faire criser certains.

Sinon, ça vous a plu ?


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Pendant que Lili relit son chapitre, s'assurant ne n'avoir laissé passer aucune possible réclamation de la part des lecteurs, Eijiro se penche vers Denki et souffle :

- Tu t'es pas foulé pour la déclaration. Piocher des phrases de chansons et les coller toutes ensemble.

- Hey ! C'est pas moi ! proteste Denki. C'est Lili ! Je la soupçonne d'en avoir profité pour étaler sa culture musicale.

- Certaines chansons sont en anglais, fait remarquer Eijiro. Et Lili est tout sauf bilingue. Comment elle a traduit ?

- Elle a trouvé un site où il y a les traductions, soupire Denki dépité. Elle ne s'est même pas fait chier à traduire elle-même.

- Donc, elle passe trois jours à faire des recherches sur le prix des capotes au Japon, le prix de la pilule, les lois concernant le harcèlement sexuel, mais la religion et traduire des chansons, elle a la flemme, résume Eijiro. Ben, super l'auteure !

Se retournant brutalement, Lili darde un regard glacial sur le duo et tonne :

- Le titre c'est Katsuki, féministe malgré lui. FEMINISTE ! Pas bonne sœur, prêtre, rabbin, imam, ou je ne sais quel autre représentant religieux. Ni traducteur de chansons d'amour ! Et si vous êtes pas content je m'occuperai personnellement de votre cas à vous deux !

- Hey, j'ai rien dit moi ! proteste Denki.

- Non, c'est bon, hein, assure Eijiro. Pardon Lili, je ne dirai plus rien.

- Dommage, ricane Katsuki. Je suis sûr que les lecteurs aimeraient que vous passiez sous sa plume. Hein, lecteurs ? Vous en pensez quoi vous ?


Rendez-vous au prochain chapitre : 9 : Ce soir, c'est une émission très spéciale.

- Putain, y'a du sang partout !

- Je ne sais pas si je dois être fier de lui ou avoir honte de nous.

- Flirtez pas en public !