Note de l'auteure : Un petit avertissement pour ce chapitre. Il y a une petite scène à caractère sexuel. Vous voilà prévenus.

Bonne lecture.

Lili


~ 9. Ce soir, c'est une émission très spéciale. ~

- Deku, tu pourrais garder Mighty avec toi cette nuit ?

Izuku écarquilla les yeux, surpris par une telle demande, mais accepta bien vite. Pour éviter que Mighty ne fasse tout un cirque à son gardien d'une nuit, Koda fut mis à contribution pour expliquer au petit toutou que ce n'était que temporaire et le rassurer sur le fait que Katsuki ne l'abandonnait pas.

- Je viendrais te chercher demain matin pour la balade, promit ce dernier en câlinant le Loulou de Poméranie. C'est juste pour cette nuit, ok ?

Mighty profita éhontément des caresses de sa maîtresse qui bombarda Izuku de recommandations diverses et variées. Recommandations que Deku nota soigneusement dans un de ses carnets, promettant à Kacchan de prendre bien soin de son petit compagnon à quatre pattes.

- Mais Kacchan, pourquoi tu le gardes pas avec toi cette nuit ? s'étonna Izuku.

- Ça te regarde pas, putain ! râla Katsuki en rougissant furieusement.

Si la réponse ne surprit nullement le porteur du One for All, c'était du Kacchan tout craché, la gêne visible sur les joues écarlates de son ami d'enfance l'intrigua. Il ne chercha cependant pas à en savoir plus. Garder Mighty cette nuit ne le dérangeait nullement, bien au contraire. Il adorait le petit chien. Et si cela rendait service à Kacchan, il était d'autant plus d'accord.

Après s'être assuré que Mighty serait bien installé et ne manquerait de rien (gamelles, coussin et jouets ayant déménagés en même temps que le toutou), Katsuki rejoignit sa chambre, non sans promettre une ultime fois à Mighty de venir le chercher dès l'aube. Laisser son chien à Deku lui serrait le cœur, mais il n'était pas question de faire ce qu'il devait faire devant lui. Ce serait déjà suffisamment gênant sans y ajouter le regard du toutou posé sur sa personne. Et il n'allait quand même pas l'enfermer dans son cabinet de toilette le temps qu'il fasse... ça !

A son réveil, ce matin, Katsuki avait tristement constaté que se déclarer à Deku n'avait rien changé à son état. Il était toujours une fille. Et il ne lui restait que deux solutions à tester. Dont une qu'il ne pourrait pas mettre en œuvre avant trois jours, ayant besoin d'accessoires. Lesdits accessoires avaient été commandés mais n'arriveraient que dans soixante douze heures. Il n'avait donc pas d'autres choix que de tester la seule solution restante, celle qu'il avait toujours repoussé, dégouté d'avance à l'idée d'essayer.

Cela l'avait turlupiné toute la journée, l'angoissant plus que de raison. Il avait profité de chaque pause entre les cours pour faire discrètement des recherches sur le sujet via internet. Il connaissait donc la théorie. Restait à mettre ça en pratique. Et c'était là une autre paire de manches. Merde, il se sentit rougir jusqu'aux oreilles rien que d'y penser. C'était la première fois de sa vie qu'il était aussi embarrassé par son propre corps. Pas que son corps actuel l'ai mis particulièrement à l'aise, loin de là. Mais là, c'était mille fois pire.

Debout devant son lit, Katsuki le fixa longuement, se demandant s'il devait se coucher sur ou sous la couette et s'il devait garder, ou non, son pyjama. Putain, il se prenait la tête pour des conneries, se morigéna-t-il. Décidé, il se glissa tout habillé sous sa couette, bien plus à l'aise dans cette configuration. Il pouvait le faire ! Ce n'était pas comme si c'était la première fois, bordel !

Sauf que si... Ce serait la première fois, et il l'espérait la seule et unique fois, où il ferait ça avec son corps féminin. Oui, il s'était déjà masturbé par le passé. Il avait seize ans bordel ! Il était un adolescent bourré d'hormones ! Mais il avait alors un appareil génital masculin. C'était simple de prendre sa bite en main et de l'agiter jusqu'à cracher la sauce. Il ne s'était jamais pris la tête pour savoir comment faire pour atteindre la jouissance. Il faisait comme il le sentait, tentant parfois des trucs nouveaux, et voilà.

Mais ce qui lui semblait si simple, si naturel, auparavant lui paraissait, tout à coup, être un truc insurmontable juste parce que son corps était différent. Katsuki étant curieux, il avait exploré son corps masculin de diverses manières, découvrant ses points sensibles et la façon dont il préférait les titiller. Les sourcils froncés, il se dit que ce serait un bon début pour commencer. Sûrement que son corps féminin aurait quelques similitudes avec son homologue de sexe opposé.

Levant une main, il se caressa le cou du bout des doigts, sentant de légers frissons courir sur sa nuque. Ça, c'était visiblement pareil. Il était sensible au cou, surtout quand on l'effleurait à peine. Par curiosité, il alla caresser les différentes zones érogènes de son corps, du moins celles qu'il pouvait atteindre facilement. Le pourtour de son nombril, le V du bas de son abdomen, l'intérieur de ses genoux, la plante de ses pieds, sa nuque, l'intérieur de ses cuisses... Il retrouva les sensations qu'il connaissait et gagna en assurance, s'échauffant doucement.

Il fit surgir dans son esprit les images érotiques sur lesquelles il avait l'habitude de s'échauffer. Ce n'était jamais rien de vraiment concret, des bouts de corps et des sons langoureux. Et si la peau de son fantasme était pâle et parsemée de tâches de rousseurs et ses yeux verts, c'était totalement par hasard. Pas qu'il s'attarde réellement sur ces détails, plus concentré sur les sensations nouvelles envahissant son corps au fil de ses attouchements.

Il ôta son tee-shirt, dévoilant son buste féminin et surtout sa généreuse poitrine. Il remonta lentement un index caressant de son nombril à son sternum, son doigt se glissant dans l'interstice entre ses deux seins. C'était agréable, il ne pouvait le nier. Quand il était encore un homme, il avait découvert que ses pectoraux et ses tétons étaient réceptifs aux caresses de manière fort appréciable. Il semblerait que sa poitrine féminine le soit aussi.

Non sans une certaine timidité, il redessina du bout des doigts la courbe de ses seins, frissonnant délicieusement sous le léger effleurement. Les yeux rivés sur les globes de chair ornant son buste, il les prit finalement à pleine main, les malaxant lentement, cherchant à retrouver les sensations qu'il aimait. Son majeur glissa sur un mamelon au théolisme de plus en plus marqué, lui soutirant un soupir de plaisir coupable.

Fermant finalement les yeux, Katsuki se laissa porter par ses propres caresses, imaginant sans mal d'autres mains que les siennes le parcourir, des mains fortes et couturées de cicatrices. Il se mordilla les lèvres pour ne pas s'entendre soupirer trop fort, quand ses doigts jouèrent malicieusement avec ses tétons érigés. Il n'était pas un grand pratiquant de l'onanisme, pouvant passer plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, sans le pratiquer. Mais quand il s'y adonnait, il prenait son temps, faisant monter son plaisir avec délectation.

Il prit donc tout son temps, savourant les frissons courant sur sa peau échauffée par ses caresses, soupirant discrètement sous le tourbillon licencieux naissant au creux de son ventre. Ses doigts explorèrent avec douceur son buste dénudé, se faisant parfois un peu plus brutaux, allant pincer un téton ou griffer l'épiderme sensible autour de son nombril. Une exquise chaleur se répandit doucement en lui, partant de sa poitrine et de son nombril pour envahir lentement tout son corps.

Sans réfléchir, il repoussa son pantalon de pyjama, finissant par l'ôter totalement, offrant ainsi à ses mains, exploratrices licencieuses, un peu plus de territoires à découvrir. Ces dernières descendirent délicatement jusqu'aux cuisses découvertes, les cajolant suavement, les invitant silencieusement à s'ouvrir pour elles. Invitation que les cuisses musclées ne refusèrent pas, s'écartant pour laisser les mains câlines les courtiser onctueusement.

Les yeux clos, Katsuki remonta sa main gauche jusqu'à sa poitrine, titillant agréablement celle-ci tout en glissant timidement sa main droite sur son entrejambe. Il joua du bout des doigts avec les boucles blondes nichées là, conscient par delà son plaisir de ce qu'il s'apprêtait à faire. Et même s'il en avait envie, s'étant suffisamment allumé pour ça, il appréhendait un peu.

Son index effleura craintivement cet endroit si intime et qu'il avait évité de trop toucher depuis sa transformation. La sensation humide et chaude sur sa phalange le surprit un peu, mais surtout le rassura. S'il mouillait, c'était qu'il ne s'y prenait pas comme un manche, chose dont il n'était pas convaincu jusque là. Il appuya un peu plus son index, le laissant rencontrer les muqueuses moites d'envie.

Concentré, il explora son anatomie intime, découvrant du bout des doigts ce qu'il n'avait jamais vu que dans son livre d'anatomie. C'était étrange. Ça n'avait clairement rien à voir avec un pénis. C'était chaud, humide, plein de plis et de bosses. Malgré ses recherches, il n'avait qu'une très vague idée de comment cela fonctionnait, tâtonnant pour découvrir les secrets de son intimité. Un bref éclair de plaisir le traversa quand son index caressa une petite boule de chair humide.

- Oh ! souffla-t-il malgré lui.

Se mordillant les lèvres, il se félicita intérieurement d'avoir trouvé son clitoris, avant de le titiller en douceur. Très vite, il oublia de se prendre la tête, savourant simplement les sensations que cette petite chose lui procura. Sa main gauche, qui avait pris une pause durant sa découverte intime, repris du service, allant caresser ses seins, son cou, son nombril, ses tétons durcis.

Son majeur rejoignit son index dans les plis secrets de son corps, augmentant les sensations délicieuses auxquelles il s'abandonna sans scrupule. C'était bon, différent de ce qu'il connaissait jusque-là, mais tout aussi bon. Et il avait envie de plus, d'un peu plus encore. Suivant ses envies, il enfonça doucement son index dans l'ouverture humide et palpitante qui le tentait. Son pouce se dévoua pour ne pas négliger le clitoris augmentant son plaisir.

Bien malgré lui, Katsuki laissa échapper quelques gémissements et soupirs, se noyant dans le délice de sensations orgasmiques que ses mains lui procuraient. Son index allait et venait lentement dans l'antre serrée et palpitante de son intimité, ses propres fluides trempant sa main. Il avait délicieusement chaud et les tourbillons licencieux dans son ventre se transformèrent doucement en une tornade orgasmique.

Ses gestes se firent plus rapides, ses caresses plus insistantes, ses soupirs plus fréquents, ses gémissements plus bruyants. Il sentit monter en lui la jouissance, s'en délectant sans remords et cherchant à la prolonger encore un peu. Son corps se crispa une première fois, ses parois internes se refermant sporadiquement contre son doigt niché entre elles. Ce dernier se fit un peu plus rapide encore, s'enfonçant plus profondément, fouillant sans vergogne à la recherche d'encore plus de plaisir.

C'était entêtant, grisant, enivrant, et Katsuki gémit fortement quand son orgasme éclata, le faisant frissonner de la tête au pied. Son index, toujours à l'intérieur de lui, fut fait prisonnier par son intimité palpitante, et il ne songea pas à le libérer de suite, savourant les sensations jouissives qui le traversaient encore. Il lui fallut de longues secondes pour finalement ouvrir les yeux, essoufflé par son plaisir.

Lentement, il retira sa main de son entrejambe trempée et lâcha son sein auquel il s'accrochait. Voilà, il l'avait fait. Il s'était donné du plaisir, allant jusqu'à l'orgasme. Et s'il ne pouvait nier le plaisir ressenti, maintenant que c'était fini, il se sentait un peu sale. Surtout sa main droite. Curieux, il l'examina, la renifla, avant de se décider à sortir du lit pour se laver un minimum. Il n'aimait pas particulièrement se retrouver couvert de fluides intimes, même quand il était encore un garçon. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il utilisait des préservatifs pour se branler. C'était plus propre.

Dans son petit cabinet de toilette, Katsuki se lava consciencieusement les mains avant de nettoyer aussi son entrejambe et l'intérieur de ses cuisses. Satisfait et se sentant plus propre, il enfila son pyjama et se glissa à nouveau dans son lit, bien décidé à dormir. Il y avait intérêt que demain matin il ait retrouvé son corps habituel, sinon il ne garantissait pas la survie de Denki. Après tout, c'était lui qui avait suggéré cette idée.

Quand son réveil sonna, Katsuki grogna d'énervement. Non seulement il avait toujours un corps féminin, mais en plus il avait de nouveau très mal dormi. Il chassa bien vite les images dérangeantes qui l'avaient hanté cette nuit. C'était probablement à cause de sa conversation avec Midnight qu'il s'était rêvé en dominatrice sadique ordonnant à un Deku soumis à ses pieds de le faire jouir encore et encore.

Il se redressa, bien décidé à récupérer Mighty avant d'aller faire son footing quotidien, quand une sensation étrange lui fit froncer les sourcils. Un peu inquiet, il baissa les yeux vers le milieu de son corps, son visage se plissant un peu plus en voyant la tâche sombre sur son pantalon gris. Qu'il ait pu mouiller dans son sommeil à cause de son rêve, ça il pouvait le comprendre. Mais à ce point ? C'était quand même une sacré tâche.

L'auréole humide partait de son entrejambe pour s'étendre vers l'intérieur de ses cuisses. A la lumière de sa lampe de chevet, un reflet étrange attira son attention. Soudainement affolé, il tira sur la ceinture de son bas de pyjama pour jeter un œil angoissé à la chose. Non, non, non ! Pas ça ! Mais la terrible vérité lui sauta aux yeux, le narguant sans vergogne. Sa peau pâle était teintée de rouge. De sang. Il n'avait pas mouillé dans son sommeil. Il avait ses règles !

- Merde, merde, merde ! paniqua-t-il en se levant d'un bond, constatant que son drap était tout aussi tâché que son pyjama. Bordel de merde !

Bien sûr, il savait que cela pouvait arriver. Mais il avait tellement espéré passer à travers ! Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire, la panique et le désespoir noyant ses neurones pas encore parfaitement réveillés.

Sans réfléchir, il attrapa son téléphone et appela la seule personne au monde avec laquelle il voulait parler de ça : sa mère.

- Katsuki ? souffla celle-ci d'un ton ensommeillé. Tu sais quelle heure il est ?

- J'ai mes règles ! Putain, y'a du sang partout ! Je...

- Calme toi, l'interrompit Mitsuki d'un ton plus réveillé. Paniquer ne changera rien, donc respire et calme toi !

Katsuki souffla lourdement, se passant une main tremblante sur le visage, rassuré d'entendre la voix de sa mère.

- Tu m'as dit que tu avais tout ce qu'il fallait non ? reprit Mitsuki.

- Oui, confirma Katsuki en se dirigeant vers son placard pour en sortir le sac bien planqué tout au fond.

- Tu as quoi au juste ?

- Des serviettes hygiéniques, des tampons, des cups et des culottes menstruelles, répondit Katsuki en sortant un à un les articles du sac.

- Tu oublies les tampons et les cups, décida Mitsuki. Pour une première c'est pas l'idéal, et tu vas galérer à les mettre. On va faire simple, tu prends une culotte menstruelle.

- D'accord, souffla Katsuki en sortant la boîte concernée.

- C'est simple à utiliser, lui expliqua Mitsuki. Je suppose que tu vas aller prendre une douche avant d'aller courir, tu la mettras après. En attendant, prend un de tes boxer, et colle une serviette hygiénique au fond.

Katsuki fixa d'un œil inquiet les paquets sortis du sac. Une serviette hygiénique... Ok, mais laquelle ? Quand il posa la question à Mitsuki, celle-ci s'étonna :

- Parce que tu en as beaucoup ?

- Cinq paquets, avoua Katsuki. Ultra plus, spéciales nuit, normales avec ailettes, normales plus sans ailettes et un autre paquet de normales sans ailettes mais épaisses.

- Ah ouais, sourit Mitsuki. T'es sacrément équipé !

- C'est l'autre tocard de Double face ! se justifia Katsuki en râlant. Je suis sûr que la vendeuse a profité de son ignorance pour lui refourguer la moitié du rayon.

- D'accord, rit doucement Mitsuki. Écoute, vu que tu vas en porter une que le temps d'aller prendre ta douche, prend une normale plus sans ailette.

- Ok, souffla Katsuki en ouvrant le paquet désigné. Et ça se met comment cette merde ?

Calant son téléphone contre son oreille avec son épaule, Katsuki suivit scrupuleusement les instructions de sa mère, ôtant son bas de pyjama et enfilant le sous-vêtement orné de la protection périodique. Il nettoya rapidement le sang ayant tâché ses cuisses avant d'enfiler un pantalon propre.

- Et pour le sang sur le drap ? Je fais comment ? demanda-t-il. Je le fous dans la machine comme ça ?

- Le sang est frais ou ça a séché ? s'enquit Mitsuki.

- Un peu les deux. C'est frais au centre et sec sur les bords, répondit Katsuki en examinant de près la tâche de sang.

Après avoir attentivement écouté les conseils de sa mère, frottant la tâche avec une lingette humide et imbibée de vinaigre blanc, Katsuki se sentit un peu mieux. Il avait cependant une question qu'il posa du bout des lèvres :

- Maman... hier soir... j'ai.. euh... Te fous pas de ma gueule, ok ?

- Promis, sourit Mitsuki à l'autre bout du fil.

- Je me suis masturbé, voilà, cracha Katsuki avec gêne. Tu crois que c'est à cause de ça que c'est arrivé ?

Mitsuki se retint difficilement de rire, mais répondit calmement à son fils :

- Non, Katsuki. Rassure-toi, ça n'a rien à voir. Les règles, ça arrive tous les mois, à toutes les femmes. Qu'elles se masturbent ou pas. Ça fait combien de jours que tu es une femme maintenant ?

- Vingt-sept, grogna Katsuki boudeur.

- Un cycle menstruel, c'est en moyenne vingt-huit jours, reprit Mitsuki. C'est juste arrivé parce que c'est le moment. Ça n'a rien à voir avec tes activités nocturnes.

- Je m'en serai bien passé, bougonna Katsuki.

- Je sais, rit Mitsuki. Allez, va prendre ta douche et laisse moi finir ma nuit.

- Ouais, ouais, va pioncer la vieille ! râla Katsuki.

Bien évidemment, Mitsuki pesta contre l'appellation, Katsuki répondit avec sa hargne habituelle et Masaru intervint en faisant remarquer aux deux blonds de sa vie qu'il était trop tôt pour leurs vociférations et leurs noms d'oiseaux. Ce qui lui valu de se faire engueuler. Juste avant de raccrocher, Katsuki souffla :

- Merci maman.

Il put entendre sa mère sourire à travers le téléphone alors qu'elle lui souhaitait une bonne journée.

Quand Katsuki alla récupérer Mighty dans la chambre d'un Deku encore endormi, il était douché, habillé, portait la culotte menstruelle lui assurant douze heures de protection d'après sa mère et les explications notées sur le paquet, et avait lancé la machine avec son linge de lit et son pyjama. Mighty lui fit la fête comme s'il ne l'avait pas vu depuis des lustres et Izuku lui assura que tout c'était très bien passé, Mighty ayant dormi paisiblement toute la nuit.

En rentrant de son footing, Katsuki récupéra son linge dans la machine après avoir repris une douche, s'assurant au passage que la culotte faisait bel et bien son office. Il étendit son drap, sa housse de couette et son pyjama sur son balcon, vérifiant qu'aucune tâche n'avait survécu au lavage. Il refaisait son lit quand Izuku arriva pour le coiffer.

- Oh, tu as fait une lessive ? s'étonna ce dernier.

- Ouais, grogna Katsuki en ajustant sa taie d'oreiller. Mes règles ont débarqué cette nuit, y'en avait partout.

Les rougeurs qui s'étalèrent à vitesse grand V sur les joues d'Izuku l'amusèrent un peu.

- Ben alors, Deku... Tu rougis ?

- C'est... J'avais pas besoin de savoir ça ! protesta ledit Deku.

- C'est naturel hein, comme pisser ou chier, ricana Katsuki en haussant les épaules. Même si je m'en serai bien passé.

- Et ça va ? Tu... n'as pas mal ou... demanda timidement Izuku.

- Non, répondit le blond en s'installant sur sa chaise de bureau pour se laisser coiffer. Ma vieille m'a conseillé de prendre des antalgiques avec moi, au cas où. Mais pour l'instant ça va. Ça me fait chier, mais c'est pas comme si j'avais vraiment le choix hein !

- T'es vraiment la seule personne que je connaisse qui puisse parler de ça aussi ouvertement, sourit Izuku en peignant les longues mèches blondes.

- Je vois pas en quoi ça doit être un tabou, expliqua Katsuki en fermant les yeux sous le papouillage de son crâne. Après, je t'avoue que je faisais moins le fier tout à l'heure quand je m'en suis rendu compte.

- J'imagine oui. Tes parents vont bien ?

- Ouais, ils râlaient un peu que je les réveille, mais ils vont bien.

- Tu as de la chance qu'ils prennent les choses aussi sereinement. Si j'avais été à ta place, ma mère aurait totalement paniqué.

- Et pleuré toutes les larmes de son corps, se moqua gentiment Katsuki. Vous êtes pareils !

- C'est vrai, rit Izuku. Tu comptes faire quelque chose aujourd'hui ?

- Non, soupira Katsuki. Il ne me reste qu'un seul truc à tester, et j'ai besoin d'accessoires. Je les ai commandés mais ils arriveront qu'après-demain. Ça m'arrange, vu que j'ai déjà cette merde de règles à la con à gérer.

- Comment tu vas faire si le dernier truc marche pas non plus ? s'inquiéta Izuku.

- J'en sais rien, avoua Katsuki. Je préfère ne pas y penser pour l'instant.

- On pourrait parler à All Might et Nezu, pour qu'ils essayent de faire plier la commission et faire parler le vilain.

- Hmm...

Izuku noua l'élastique à l'extrémité de la natte blonde, et les deux amis se préparèrent à aller en cours, Katsuki glissant une culotte menstruelle de secours dans son sac, ainsi que des lingettes nettoyantes.

- Si tu vois une tâche, tu me préviens, exigea-t-il.

- Promis Kacchan, lui assura Deku avec un grand sourire.

Durant toute la journée, Katsuki fut mal à l'aise, craignant qu'une fuite ne vienne salir son pantalon d'uniforme et révéler son état. Si cela ne l'avait pas gêné d'en parler ouvertement avec ses parents et Deku, il ne tenait pas non plus à ce que tout le monde le sache. Entre ne pas en faire un tabou et l'étaler sur la place publique, il y avait un pas qu'il ne voulait pas franchir.

A chaque pause, il alla aux WC, vérifiant que la culotte menstruelle ne fuyait pas et qu'il n'y avait aucune tâche suspecte sur son pantalon. Il interrogea régulièrement Deku du regard, ce dernier baissant alors les yeux pour inspecter son arrière train avant de lui sourire pour le rassurer. Sans compter qu'étant habitué à porter des boxers, Katsuki trouvait la culotte gênante plus qu'autre chose, les échancrures lui serrant désagréablement l'aine.

Pour son plus grand plaisir, des sensations fortement désagréables avaient fait leur apparition dans son abdomen au cours de la mâtinée. Pas assez fortes pour être réellement douloureuses, mais étranges et gênantes. Comme si une main invisible pressait sporadiquement un organe dans son bide. Ce n'était absolument pas régulier, ni en temps, ni en intensité. Et ni l'antalgique qu'il avala entre deux cours, ni sa main, chauffée par son alter, massant discrètement son bide ne changèrent quoique ce soit à ce désagrément lancinant.

Bref, la journée de Katsuki fut longue et parsemée d'angoisse. L'entraînement héroïque n'arrangea rien à son malaise. A s'agiter comme il le faisait, il craignit sans cesse que la protection ne bouge et de se retrouver avec du sang coulant sur ses cuisses. Seule consolation, son pantalon de costume héroïque était noir, ce qui limiterait la casse visuelle en cas de fuite inopportune.

Aussi vit-il avec un soulagement non feint se profiler le moment où il pourrait aller au lit. Par mesure de précaution, il avait changé de culotte juste après l'entraînement et comptait en remettre une nouvelle pour la nuit. Il revenait tout juste de sa promenade nocturne avec Mighty quand Present Mic lui sauta dessus, l'ayant attendu dans le salon du dortoir.

- Bakugo ! Come with me ! décréta le professeur.

- Hein ? Mais pourquoi ? s'étonna Katsuki, prêt à râler contre son professeur en lui signalant que la journée de cours était finie.

Mais il n'eut pas le temps de protester, Present Mic l'entraînant à sa suite tout en disant que Mighty pouvait venir. Il eut tout juste le temps d'entendre Eijiro demander en ricanant :

- C'est devenu une habitude de kidnapper Katsuki ?

Putain, il allait lui faire sa fête à cette tête d'ortie de mes deux ! Dès qu'il se serait libéré de Present Mic qui le traînait à travers Yuei en direction de la sortie.

- On va où ? demanda-t-il en attachant sa ceinture de sécurité après que son professeur d'anglais l'ait poussé dans sa voiture.

- Surprise ! sourit Mic en démarrant le moteur.

Comprenant qu'il n'aurait pas de réponse, Katsuki bougonna discrètement, surveillant le trajet pour tenter de deviner sa destination, Mighty blotti dans ses bras.

- Bienvenue dans mon antre ! annonça Present Mic en le poussant dans la pièce.

Katsuki observa avec une curiosité non feinte son environnement. Ils étaient au siège de la radio nationale, Radio Héros, et plus exactement dans un studio d'enregistrement. Present Mic l'invita à s'asseoir sur l'un des sièges disposés autour d'une table ronde, table ayant un trou en son centre et tout un tas d'appareils électroniques posés dessus.

Katsuki examina avec intérêt l'écran incrusté dans la table devant lui, le micro sous son nez et le casque que son professeur lui tendit, l'incitant à le poser sur ses oreilles. Mighty s'installa confortablement sur les genoux de sa maîtresse, les deux pattes avant sur la table, sa queue frétillant de joie sous les caresses que la blonde lui dispensa. Un des murs de la pièce était partiellement vitré, laissant voir un homme installé derrière une console pleine de boutons.

Une lumière rouge clignota au-dessus de leur tête, et Katsuki vit l'homme derrière la vitre effectuer un compte à rebours avec ses doigts.

- GOOOOD EVENINGGGGG EVERYBODY ! clama Present Mic dès que le compte à rebours fut fini.

Katsuki lâcha des yeux le régisseur et se concentra sur son professeur installé face à lui qui le fixa avec malice.

- Bienvenue très chers auditeurs ! Vous êtes sur Radio Héros, et c'est Present Mic qui vous parle. Comme chaque semaine, c'est l'heure de Put Your Hands Up Radio !

Un jingle énergique retentit dans le casque de Katsuki, qui s'interrogeait encore sur la raison de sa présence dans le studio. Il appréciait cependant l'instant, s'étant toujours demandé à quoi ressemblait l'envers du décor d'une émission radiophonique.

- Ce soir, c'est une émission très spéciale, reprit Present Mic. Ce soir, j'ai un invité bien particulier. Vous le connaissez tous, vous l'avez déjà vu, vous forcément avez entendu parler de lui. Il a remporté le tournoi sportif de Yuei ! Et quelle victoire ! Un jeune au caractère aussi explosif que son alter et à l'avenir prometteur ! Je vous présente, KATSUKI BAKUGOOOOOOOOO !

Comprenant que c'était à lui de parler, Katsuki se pencha vers le micro devant lui et souffla :

- Salut.

Dans le dortoir de Yuei, Denki poussa un hurlement hystérique, ses écouteurs branchés à son téléphone nichés dans ses oreilles. Il se jeta sur la télécommande de la TV, changeant la chaîne pour trouver la diffusion en direct de l'émission de radio de Present Mic.

- Denki, qu'est-ce que tu fais ? râla Eijiro. Je voulais voir cette émission !

- Crois-moi tu ne vas pas le regretter ! assura Denki. Chut ! Écoutez !

Il augmenta le volume pour que tous puissent entendre Present Mic.

- OH YEAH ! C'est bel et bien lui ! Katsuki Bakugo ! Mais, vous aurez remarqué chers auditeurs, qu'il n'a pas tout à fait la même voix qu'avant. C'est pour ça qu'il est mon invité spécial ce soir ! Il y a un mois, il a été touché par l'alter d'un vilain et suite à ça... HE BECAME A GIRL ! YEAH !

- Génial, râla Katsuki dans les hauts parleurs diffusant l'émission. Vous m'avez traîné jusqu'ici pour ça ?!

- Exactly ! s'exclama Present Mic avec un enthousiasme débordant. Dis nous tout... Comment c'est d'être une fille ?

Si dans le salon commun de la seconde A, les lycéens sourirent largement avides d'entendre la réponse de leur camarade, dans le studio Katsuki bouillonnait de rage. Sérieusement, Present Mic voulait vraiment causer de ça ? Il n'aurait pas pu lui parler d'autres choses ? Des trucs en rapport avec sa formation héroïque par exemple ? Mais devant le regard malicieux de son professeur, il comprit qu'il n'y couperait pas.

- C'est chiant ! dit-il sans ambages.

- Peux-tu développer un peu plus, my dear ? insista l'animateur avec un sourire encourageant.

- Vous allez pas me lâcher, hein ? râla Katsuki.

- Nope, confirma Present Mic. J'ai toute la nuit ! All the night !

- Vous êtes sûr de vouloir savoir ce que je penses de toute cette merde ? s'assura Katsuki.

- Of course ! confirma Mic avec conviction.

Mais il ne put s'empêcher de douter un peu en voyant les iris rubis de la blonde s'allumer d'une lueur sauvage et sadique. Le genre de lueur qui ne présageait rien de bon pour l'adversaire. Un rictus mauvais étira les lèvres de Katsuki qui retint difficilement un ricanement. Present Mic ne savait pas dans quoi il venait de foutre les pieds. Puisqu'il avait la parole, Katsuki ne comptait pas se gêner.

- Vous avez déjà vu des chiens affamés baver devant l'étal d'un boucher ? s'enquit-il son rictus s'agrandissant.

- Yes, répondit Present Mic ne voyant pas trop où voulait en venir son invité.

- Depuis que j'ai une paire de seins et un vagin, tous les mecs me regardent comme ces chiens-là ! Sérieusement, c'est pitoyable ! Et je parle même pas des connards impuissants qui m'ont tripoté dans les transports en commun. De quels droits ils me touchent sans mon accord cette bande de merde ? Je sais pas ce qu'ils espéraient en faisant ça, mais ça m'a juste donné envie de leur arracher les couilles ! S'ils sont en manque, qu'ils aillent donc se branler dans les chiottes ou se payer une pute ! Le consentement, ils connaissent ?! C'est pas écrit libre-service sur ma tronche ! Putain, ça me gonfle ce genre de sous-merde !

Present Mic se retint difficilement de rire, Katsuki s'étant enflammé au fil de son discours. Pour essayer de tempérer un peu les choses, il glissa :

- C'est pour éviter ce genre d'inconvénients qu'il existe des wagons réservés aux femmes.

Que n'avait-il pas dit là ! Il comprit immédiatement son erreur en voyant le regard enragé que lui lança Katsuki.

- Pour ça aussi que la réglementation sur les costumes des héroïnes existe, alors que ça peut nuire à l'utilisation de leur alter. Réglementation qui n'existe pas pour les mecs. Eux peuvent se balader à poil ça gêne personne. Et ça dit quoi sur les mecs que ça existe ce genre de mesures ? Qu'ils ne sont pas foutus de garder leurs mains pour eux ? Qu'ils prennent toutes les femmes pour des poupées gonflables ? Que ce putain de gouvernement à la con est pas capable d'empêcher que ça se produise ? Genre en leur donnant plus qu'une putain d'amende quand on s'en plaint ! Vous savez comment ça s'appelle de réserver des espaces et des lois à toute une partie bien spécifique de la population ? De la ségrégation ! Et ça dit quoi sur notre société, hein ? Que c'est de la merde !

- Euh, tu vas un peu loin là non, tenta de minimiser Present Mic en se mordant les lèvres pour ne pas rire.

- Vous m'avez demandé, je réponds ! Vous m'avez donné la parole ! Assumez ! rugit Katsuki.

- Chers auditeurs, je crois que ce soir les hommes vont prendre cher ! soupira dramatiquement l'animateur radio. Ça va être AWESOME ! N'hésitez pas à intervenir en appelant la station ! Je suis sûr que Katsuki se fera un plaisir de vous répondre !

- Ouha ! jappa Mighty toujours perché sur les genoux de sa maîtresse juste avant qu'une musique soit lancée sur les ondes.

- Aizawa monte le son ! exigea Midnight dans la salle commune des professeurs. Je ne veux rien rater du carnage !

- Je ne sais pas si je dois être fier de lui ou avoir honte de nous, soupira All Might en fixant un regard halluciné sur le poste de radio allumé au milieu de la table basse autour de laquelle ils étaient tous installés.

- Les deux, ricana Aizawa amusé. Les deux, All Might.

- J'ai hâte d'entendre ce que ça va donner, avoua Nezu en buvant son thé. Je suis sûr que le jeune Bakugo aura des idées novatrices.

- Un peu trop peut-être, souffla Ectoplasm.

- Oh purée ! rit Denki. Il est remonté comme une pendule !

- Ça va être génial ! s'enthousiasma Mina.

- Allez Katsuki ! encouragea Toru. On est toutes avec toi !

- C'est clair ! Lamine les ! renchérit Ochaco.

- J'adore ce mec, annonça Jiro avec un grand sourire.

- J'aimerais qu'il fasse un peu changer les choses, avoua Tsuyu. Même si je doute qu'il y arrive.

Les secondes B profitèrent de l'interlude musical pour envahir le salon de la seconde A, d'autres élèves se joignant rapidement à eux. Mirio, tout sourire, rit de l'enthousiasme de Bakugo, Tamaki soupirant que ça risquait de faire une mauvaise publicité à Yuei. Nejire se joignit aux filles pour spéculer sur tout ce que Katsuki pourrait bien dire à l'antenne. Les camarades masculins de l'invité spécial s'inquiétèrent de la même chose, mais pas pour les mêmes raisons. Ils espéraient tous que Katsuki n'aurait pas l'idée de les citer eux personnellement comme exemple.

Dans le studio, Present Mic fit un immense sourire à Katsuki en le félicitant pour son aplomb à l'antenne.

- Je peux balancer tout ce que je veux ? demanda Katsuki suspicieux.

- Yes ! No censorship ! promit Present Mic. Ne change rien, t'es parfait !

- Évidemment ! claqua le blond explosif en roulant des yeux.

Le signal de la reprise d'antenne fut lancé et Present Mic invita une nouvelles fois les auditeurs à appeler pour participer à la discussion avant de demander à son invité :

- Que penses-tu de la décision de suspendre l'apprentissage pour te laisser le temps de t'adapter à ton nouveau corps ?

Present Mic se doutait qu'en posant cette question il mettait le feu aux poudres, et il ne fut nullement déçu.

Katsuki fit clairement savoir son mécontentement, s'insurgeant contre cette décision totalement débile. Il clama haut et fort qu'il lui avait fallu moins de deux heures pour adapter son style de combat à sa nouvelle morphologie, et qu'il était parfaitement apte à aller sur le terrain, n'en déplaise à ce pisse-froid d'Endevor. Shoto manqua s'étrangler avec sa propre salive en entendant son camarade traiter son père de pisse-froid, sous les rires hystériques des autres lycéens. Dans son bureau, Endevor soupira lourdement, fusillant du regard ses acolytes qui osèrent pouffer. All Might gémit de mortification, imaginant déjà tout ce qu'il devrait mettre en œuvre pour excuser son élève auprès de son collègue. Aizawa sourit sadiquement, partageant totalement l'avis de Bakugo.

- On refait le tournoi de Yuei maintenant si vous voulez, assura Katsuki. Je le remporterai encore ! Parce que mec ou gonzesse ça change foutrement rien ! Je suis parfaitement capable d'exploser salement la tronche de tous ceux qui m'emmerdent ! Double face, ramène ta tronche que je te refasse le portrait ! Et t'as intérêt à utiliser tes flammes cette fois, peigne cul de mes deux !

- Je suppose que tu parles de Shoto Todoroki en disant Double Face, rit Present Mic. Nous accueillons notre premier auditeur. Good evening !

- Bonsoir, dit une voix masculine. Je tenais à dire que je trouve que votre invité a bien mérité ce qu'il lui arrive. Il n'a aucun respect pour les femmes, on l'a tous vu lors du tournoi quand il a combattu Uraraka. Il s'est...

- Aucun respect ! rugit Katsuki coupant la parole à l'auditeur. C'est les abrutis dans votre genre qui lui manque de respect ! J'ai traité Uraraka comme une égale ! Je ne l'ai pas prise à la légère sous prétexte qu'elle est une femme ! Son alter n'est pas offensif, mais elle est assez intelligente pour s'en servir comme d'une arme ! J'aurais dû faire quoi selon vous ? Déclarer forfait ? La laisser gagner ? Pourquoi ? Parce que c'est une gonzesse ?! Autant lui donner le trophée sans faire la phase finale dans ce cas ! Votre raisonnement, c'est juste du foutage de gueule !

Present Mic se mordit les lèvres pour ne pas rire, définitivement très amusé par la tournure des choses. Voyant les gestes frénétiques de son régisseur, il intervint :

- Je crois que quelqu'un d'autre à quelque chose à dire sur le sujet, sur l'autre ligne. C'est à vous !

- Bonsoir ! Je suis Ochaco Urakaka ! Et je suis parfaitement d'accord avec Katsuki ! Il m'a traité comme une adversaire digne de ce nom, et tous ceux qui l'ont hué pour ça sont trop stupides pour se rendre compte que c'est eux qui m'ont manqué de respect ! Ils insultent ma force, ma détermination et mon intelligence, partant du principe que je devrais être ménagée parce que je suis une femme. Je suis très fière que Katsuki m'ait traitée de la sorte ! Parce que j'ai peut-être perdu ce combat, mais je l'ai perdu loyalement ! Je me suis donnée à fond et lui aussi ! Ça, c'est le comportement digne d'un héros !

- Ouais, ça c'est viril ! confirma en arrière fond la voix d'Eijiro.

- On est toutes avec toi, Katsuki ! beugla Mina.

- Girl power ! rugit Toru.

- Je vois que tes camarades féminines te soutiennent, s'amusa Present Mic.

- Elles sont cool, répondit Katsuki avec un rictus fier. Super badass aussi ! On a fait un affrontement les mecs contre les filles l'autre jour, elles ont gagné haut la main ! Parce que ces abrutis les ménageaient ! Résultat, ils se sont fait laminer ! Bien fait pour leurs gueules ! T'entend ça connard machiste ?

- Il a raccroché visiblement, remarqua Present Mic.

- Hey, Mic, vous pensez que Midnight vaut moins que vous ? Que Mount Lady, Mirko ou Ryukyu sont des héroïnes au rabais ? reprit Katsuki.

- No ! Of course, no !

- Vous croyez que les vilains en ont quelque chose à foutre que ce soit une gonzesse ou un mec en face ? Qu'ils tapent moins fort quand c'est une héroïne ?

- No ! Not at all !

- Alors pourquoi considérer des futures héroïnes comme des petites choses fragiles qu'il faut ménager ? C'est les desservir complètement en ne leur donnant pas l'occasion de se préparer à la réalité du terrain. C'est complètement con ! Et pourtant, c'est exactement ce qu'il s'est passé lors du tournoi quand le public m'a sifflé, parce que je combattais Uraraka sérieusement. Alors qu'aucun de ces tocards n'aurait fait poids face à elle !

Katsuki aurait pu continuer longtemps ainsi si un auditeur n'était pas intervenu en espérant que Katsuki ne traitait pas les femmes dans son quotidien comme il les traitait sur un ring. Si Present Mic pressenti le piège quand Katsuki demanda à l'auditeur comment devaient être traitées les femmes selon lui, le suicidaire à l'autre bout du fil ne le vit pas venir et répondit avec assurance à la question.

- Donc pour vous, une femme c'est une petite chose fragile qu'il ne faut pas trop bousculer, superficielle et à qui il ne faut pas trop en demander sorti de son rôle d'épouse et de mère ? C'est bien ça ? résuma Katsuki d'un ton ne présageant rien de bon.

- C'est ça, confirma l'auditeur, apparemment ravi d'avoir été compris.

- Et les tripoter à la moindre occasion, c'est les traiter comme des petites choses fragiles ? Et elles ne font donc des études que dans le but de trouver un bon parti à épouser, pas par ambition personnelle ? C'est ça que vous êtes en train de me dire ?

- Euh... oui... Enfin, non... se décomposa l'auditeur, soudainement moins sûr de lui.

- Et qui est le plus superficiel : celles qui portent des jupes parce qu'on ne leur laisse pas le choix ou ceux qui bavent devant une paire de jambes ?

- Les femmes aiment les jupes, assura l'auditeur.

- Vous leur avez demandé ? Vous en avez déjà porté ? Histoire de voir ce que ça fait ! rugit Katsuki. Elles en portent parce qu'elles n'ont pas le choix ! L'uniforme scolaire c'est des jupes pour les filles, des pantalons pour les mecs ! J'en ai porté une de jupe, c'est horrible ! Ça couvre à peine, ça ne tient même pas chaud, et faut faire gaffe à la manière dont on s'assoit ou on se penche sous peine de montrer son cul à tout le monde !

Present Mic ne put retenir un éclat de rire.

- Mais ça t'allait tellement bien !

- Je suis sûr que ça vous irait très bien aussi, décréta Katsuki. On devrait laisser le choix à tout le monde ! Les filles devraient avoir le droit de porter un pantalon si elles le veulent, et les mecs une jupe si ça les chantent ! Mieux ! On devrait obliger les mecs à porter une jupe de temps en temps ! Juste pour leur montrer ce que ça fait ! Les uniformes scolaires sont hyper sexistes !

Une auditrice intervint pour confirmer que les jupes étaient un enfer, mais qu'une femme en pantalon était mal vue, aussi bien en ville que dans le milieu du travail. Une autre s'insurgea contre l'interdiction d'aller dans certains lieux pour les femmes, réduisant les amoureuses de randonnée à tomber dans l'illégalité ou à devoir renoncer à certains parcours. Une troisième appela pour faire part de son agacement face aux remarques qu'elle subissait de la part de son patron dès qu'elle prenait son congé menstruel, alors qu'elle était à peine capable de sortir de son lit durant cette période difficile.

Present Mic tenta de réorienter la conversation sur un autre sujet que les menstruations, mais c'était sans compter sur son invité spécial qui s'engouffra joyeusement dans la brèche ouverte.

- Ouais, parlons en des règles ! décréta-t-il désespérant l'animateur radio. C'est quoi ce tabou absolu autour de ça ? C'est naturel hein ! Comme chier, pisser, transpirer, saliver, péter, roter !

- Certes, contra Present Mic. Mais il n'est peut-être pas nécessaire d'étaler ça sur la place publique.

- Parce que jamais en causer c'est mieux peut-être ? rugit Katsuki. Vous savez pourquoi certains endroits sacrés sont interdits aux femmes ? A cause des règles ! Soi-disant que ce serait une souillure ! Vous savez que sans règles, les femmes ne pourraient pas avoir d'enfants ? Et que donc aucun des connards qui plissent le nez de dégoût devant trois gouttes de sang ne serait né ? Vous en avez conscience ou vous êtes trop cons pour ça ? Et putain, je mets au défi n'importe quel mec de supporter ça tous les mois ! En plus ça coûte une blinde !

Remonté comme un coucou suisse, Katsuki se lança dans l'énumération des frais induits par les menstruations, balançant sans vergogne les fourchettes de prix des différents produits nécessaires pour traverser cette période mensuelle sereinement.

- En plus, c'est hyper dangereux ! renchérit-il. Vous saviez qu'il ne faut pas porter un tampon plus de six heures d'affilés sous peine de faire un putain de choc septique ? Y'a quoi comme merde là dedans pour qu'ils se sentent obligés de le préciser sur la boîte ?

De nouveaux témoignages arrivèrent par téléphone, allant tous dans le sens du blond. Entre celles qui avaient été malades à cause des tampons, celles qu'on avaient humilié à l'école en les obligeant à donner leur calendrier menstruel à leur professeur d'EPS, et celles qui avaient à peine les moyens de s'acheter des protections périodiques, toutes apportèrent de l'eau au moulin de Katsuki.

Lequel ne s'arrêta pas là, s'insurgeant ouvertement sur le prix des sous-vêtements féminins par rapport à ceux masculins. En plus, les hommes n'avaient pas à acheter de soutien-gorge, accessoire indispensable pour les dames et qui coûtait un bras pour trois fois rien de tissu. Même le prix des petites culottes féminines était exorbitant en comparaison avec celui des slips masculins. Ce qu'il trouvait totalement scandaleux et ne se gêna pas pour le dire.

Dans le dortoir de la seconde A, les filles encouragèrent vivement leur camarade, racontant leurs propres déboires, sous les regards désabusés de leurs homologues masculins que le sujet mettait très mal à l'aise. Seul Izuku sourit largement, malgré sa gêne évidente. Les yeux rivés sur l'écran de TV où se dessinait le logo de la radio, il ne perdait pas une miette de l'émission, fier comme un paon de son ami d'enfance qui bousculait sans vergogne les préjugés et les habitudes sociétales.

- Les protections périodiques devraient être distribuées gratuitement, assena ce dernier avec force. Pour permettre à toutes les femmes d'y avoir accès quel que soit leur statut social. Surtout que les femmes gagnent moins d'argent que les hommes, mais elles ont plus de frais ! Et je parle pas du coiffeur ou de l'esthéticienne ! Je cause de frais indispensables, comme ces foutus protections périodiques.

- La différence ne doit pas être si énorme que ça, plaida courageusement Present Mic.

- Vous avez fait le calcul ? l'interrogea Katsuki. Parce que moi oui ! Les femmes ont, en moyenne, 30% de frais en plus que les hommes par mois. Mais elles touchent, en moyenne, 25 % de moins que les hommes ! Vous voyez toujours pas le problème ?

- Nous avons un nouvel auditeur en ligne, annonça Present Mic sans répondre, espérant que le sujet serait abandonné. Bonsoir. Welcome among us.

- Je me permets de vous contacter parce que cette jeune demoiselle semble oublier un détail. La majorité des femmes sont ravies de rester au foyer et de se faire entretenir. C'est d'ailleurs elles qui tiennent les cordons de la bourse, ne laissant qu'un peu d'argent de poche à leurs époux.

- Ravies ? grogna Katsuki. Si elles le veulent, elles peuvent l'être, là n'est pas le problème. Le problème, c'est qu'elles ont rarement le choix ! Elles devraient avoir le choix ! Et putain, si c'est elles qui tiennent le budget, c'est parce que la plupart des mecs sont pas foutus de le faire ! Je le vois tous les jours autour de moi, mes potes sont pas capables de tenir un budget correctement, pas foutu de faire la moindre tâche ménagère proprement. Pas parce qu'ils sont trop cons pour le faire, mais parce que personne ne le leur a appris ! A quoi ça leur servirait, puisqu'ils auront une parfaite petite épouse pour s'en charger à leur place, hein ?

- Je ne sais pas comment vous avez été éduqué, mais il est évident que vos parents ont failli à leur tâche, assena sévèrement l'auditeur.

Present Mic vit un sourire monstrueusement sadique étirer les lèvres de Katsuki qui répondit d'un ton dénotant toute sa colère et son outrage :

- T'avises pas de critiquer mes parents, connard ! Ma mère s'est battue comme une lionne pour conjuguer sa vie de famille et son boulot, et mon père l'a aidé, chaque putain de jours !

- S'il a un problème avec nos méthodes d'éducation, il a qu'à venir me le dire en face, rugit la voix de Mitsuki depuis la seconde ligne téléphonique. Nous avons appris à notre fils à être autonome, indépendant, pour qu'il puisse se gérer seul quand il quitterait la maison. Nous lui avons appris que les femmes sont les égales des hommes et ont autant de droits qu'eux. Nous lui avons appris tout ce que vos parents ne vous ont pas appris, faisant de vous l'immonde merde que vous êtes !

- Prends ça dans tes dents, le débile sexiste, ricana Katsuki.

- Calmez-vous tous les deux, soupira Masaru en arrière fond. Inutile d'insulter ce pauvre homme.

- Monsieur, vous devriez avoir honte du comportement de votre femme et de votre fils, osa dire l'auditeur offusqué.

A l'autre bout du fil, Mitsuki sourit largement en voyant le visage habituellement si paisible de son mari se froncer brutalement. Arrachant le téléphone des mains de sa femme, il invectiva l'odieux personnage ayant insulté sa famille :

- Je suis extrêmement fier de mon épouse ! Qu'à accompli la vôtre dans sa vie ? La mienne a monté sa propre boîte, elle est devenue sa propre patronne, elle m'a donné un fils merveilleux et me comble sur tous les plans ! Quant à mon fils, je suis immensément fier de lui ! Il sera un grand héros ! Il est intelligent, débrouillard, loyal, honnête, avec le sens de la justice qui vous manque sérieusement !

- A vous entendre, il est parfait, protesta l'auditeur.

- Nul n'est parfait dans ce monde, contra Masaru enragé. Mais lui, au moins, n'a pas peur de regarder ses erreurs en face et de les réparer ! J'ose espérer pour vos enfants que votre femme vaut mieux que vous, sinon les pauvres partent du mauvais pied dans la vie avec des parents comme vous !

Face à un Present Mic hilare, Katsuki sourit avec une fière satisfaction. Voilà, ce connard était remis à sa place ! On n'attaquait pas la famille Bakugo sans en payer le prix. Vraiment, il adorait ses parents ! Il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en entendant sa mère roucouler :

- Oh mon chouchou ! J'adore quand tu t'énerves comme ça !

- Non mais de quel droit il ose insulter mon merveilleux fils et mon extraordinaire épouse, répondit Masaru sur le même ton.

- Ce n'est qu'une petite bite impuissante, assura Mitsuki d'un ton cajoleur. Pas comme toi, chouchou.

- Flirtez pas en public ! rugit Katsuki mettant fin à la parade nuptiale auditive de ses parents.

- Tu n'as rien à interdire à tes parents, sale gosse ! tonna Mitsuki.

- Comment tu me causes la vieille ? protesta Katsuki. Et raccrochez, merde !

Dans la salle commune des professeurs, ces derniers écoutèrent très amusés la dispute familiale.

- J'adore cette famille, décréta Midnight avant d'éclater de rire quand Mitsuki appela son fils "mon bébé d'amour" provoquant des protestations véhémentes de la part dudit Bébé d'amour.

- Tellement dysfonctionnelle, soupira All Might.

- Pas tant que ça, contra Aizawa avec amusement. Ils ont un mode de fonctionnement différent, mais il semble leur convenir.

- Il y a tellement d'amour entre eux, souffla Mina en essuyant une larme de rire.

- C'est ça une famille aimante ? demanda Shoto avec une curiosité non feinte.

- Il y a toutes sortes de familles, le rassura Tenya. La mienne est très soudée et aimante, mais on ne se crie pas dessus comme eux.

- Je ne suis pas sûr que tu puisses prendre la famille de Kacchan comme modèle, ajouta Izuku. Ce n'est pas une famille très traditionnelle. Et ils ont leurs caractères. Mais, ils s'aiment énormément, c'est une certitude.

Le régisseur finit par couper court à la dispute en prenant une nouvelle auditrice, assez âgée si on se fiait à sa voix, qui demanda à Katsuki ce qu'il voulait dire en disant que sa mère s'était battue comme une lionne pour conjuguer son travail et sa vie de famille. Katsuki se fit un plaisir de lui expliquer ce qu'avait vécu sa mère avant de monter sa propre boîte et toutes les difficultés auxquelles elle avait été confrontée, du moins celles dont il avait eu connaissance.

- Votre père est un homme admirable, conclut l'auditrice. Peu d'homme en aurait fait autant pour leur épouse. Je vous souhaite de trouver un mari au moins aussi dévoué.

- Merci Madame, sourit Katsuki.

- On reçoit beaucoup de messages de soutien, reprit Present Mic. Nos auditrices sont majoritairement d'accord avec toi sur la place de la femme dans la société et sur le sexisme auquel elles sont confrontées quotidiennement.

- Ouais, ce serait bien que les choses changent à ce niveau là, hein ! grogna Katsuki. Mais comme nos dirigeants n'ont pas de couilles, ils feront rien ! Du moins, tant que personne ne dira rien. Et c'est pas à moi tout seul que je vais leur faire se bouger le cul.

- C'est vrai, jeune Bakugo, intervint alors un nouvel auditeur. Bonsoir, je suis Nezu, le directeur de Yuei. J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt cette émission et j'ai pris conscience de certaines inégalités totalement injustes au sein de mon établissement. J'ai donc décidé d'y remédier.

- Ah ouais ? s'étonna Katsuki.

- Tout à fait, confirma Nezu. Premièrement, dès demain, le lycée prendra en charge tous les frais menstruels de nos élèves. Afin de répondre au mieux à leurs besoins, toutes nos étudiantes se verront remettre un formulaire, où elles pourront nous faire connaître ce qu'elles utilisent comme protections périodiques. Les formulaires seront à remettre à Recovery Girl, qui sera la seule à en connaître le contenu et se chargera de commander et distribuer tout ceci. Je ferai installer dès demain aussi, des distributeurs de protections périodiques dans toutes les toilettes pour femmes du lycée. Ces distributeurs seront bien évidemment gratuits.

- Et pour celles qui prennent la pilule ? demanda Katsuki. Parce que ça coûte cher cette merde, et certaines n'ont pas les moyens de se l'acheter.

- J'y venais, assura Nezu. Recovery Girl sera aussi chargée de distribuer, gratuitement, la pilule aux élèves en faisant la demande. Bien évidemment, un examen médical sera effectué avant, par un gynécologue au choix de l'élève mais payé par le lycée. Il faudra aussi le consentement des parents pour les élèves mineures.

Depuis la salle commune des professeurs, Nezu sourit largement en voyant les regards approbateurs de ses collègues. Dans les divers dortoirs, les filles exprimèrent leur satisfaction avec exubérance. Dans le studio de radio, le régisseur fixa, halluciné, l'écran où s'affichaient les messages des auditeurs, les voyant défiler tellement vite qu'il n'avait pas le temps de les lire. L'annonce de Nezu faisait sensation.

- Afin de respecter l'égalité, poursuivit Nezu, des distributeurs de préservatifs gratuits seront installés dans les WC pour hommes de tout l'établissement.

- Est-ce vraiment nécessaire ? souffla Present Mic amusé.

- L'égalité veut que nous offrions à TOUS nos élèves des moyens de contraceptions gratuits. La pilule pour les filles, les préservatifs pour les garçons.

- C'est équitable ouais, confirma Katsuki avec un rictus satisfait.

- Mais ce n'est pas tout, reprit le directeur. Je remercie le jeune Bakugo de m'avoir ouvert les yeux sur le sexisme de nos uniformes. Chacun devrait effectivement avoir le choix de porter le style de vêtement qui lui convient. Dès demain, chaque fille de l'établissement se verra distribuer deux pantalons d'uniforme en complément de leurs jupes. Elles auront le droit de porter indifféremment soit l'un, soit l'autre.

A Yuei, les cris de joie féminins retentirent depuis chaque dortoir. Dans celui de la seconde A, les lycéennes applaudirent à tout rompre l'initiative de leur directeur. Plus modérés, les garçons suivirent le mouvement, certains se lamentant déjà sur la disparition des jambes dénudées de leurs camarades.

- J'y crois pas, souffla Eijiro. Avec sa grande gueule, il lui a suffit d'une émission pour faire bouger les choses. Shoji, t'avais carrément raison en fait. Il fait un super militant féministe !

- Je ne pensais pas que ça irait jusque là, avoua Shoji. Mais c'est plutôt une bonne chose.

- Il me reste juste un dernier point à annoncer, poursuivit Nezu. Afin de respecter l'égalité, tous les garçons de l'établissement se verront distribuer deux jupes dès demain.

- Ils les porteront jamais ! assura Katsuki que l'idée amusa pourtant.

- C'est bien pour ça que j'ai décidé d'instaurer deux journées mensuelles. La journée du pantalon, où tout le monde devra porter un pantalon. Et la journée de la jupe, où tout le monde devra porter une jupe, indifféremment de son sexe.

- Tout le monde ? Même les profs ? demanda Katsuki en lançant un regard narquois à Present Mic.

- Tout à fait ! Même les professeurs devront se soumettre au code vestimentaire de ces journées. La première journée de la jupe aura lieu dès la semaine prochaine. Mardi. Et celle du pantalon dans trois semaines, mardi aussi. De plus, je vais instauré des cours obligatoires sur le harcèlement sexuel dans toutes les filières et tous les niveaux du lycée, afin de sensibiliser les jeunes à ce problème récurrent.

- Nezu, vous êtes le meilleur ! claqua Katsuki avec une satisfaction sadique audible.

- Je n'aurai jamais pris conscience des inégalités injustifiables au sein de mon établissement sans toi, Bakugo. Je te remercie pour m'avoir ouvert les yeux. Bonne soirée.

A Yuei, les hurlements de rire des lycéennes devant les mines décomposées de leurs homologues masculins résonnèrent longuement dans la nuit. Dans la salle commune des professeurs, Midnight se tordait de rire dans un fauteuil sous l'œil totalement dépité de ses collègues. Aizawa soupira lourdement que Bakugo lui aura vraiment tout fait, mais son sourire fier démentait son ton désabusé.

A l'agence d'Endevor, ce dernier soupira lourdement et maugréa dans sa barbe inexistante avant d'appeler Nezu :

- C'est bon, Bakugo peut reprendre l'apprentissage. Quelque soit son sexe.

- Tu as finalement changé d'avis sur la question ? sourit Nezu.

- Si ce sale gosse se lance dans une révolution, je préfère qu'il ne m'ait pas dans sa ligne de mire, grogna Endevor. Et je vais lui faire payer le "pisse-froid".

- Je lui annoncerai la bonne nouvelle dès son retour, promit Nezu.

A la radio, Present Mic lança un dernier disque et, profitant d'être hors antenne, darda un regard noir vers son invité.

- T'es fier de toi, je suppose ?

- Ouais ! confirma Katsuki, un rictus arrogant étirant ses lèvres. J'ai hâte de vous voir en jupe, Sensei !

- Tu sais que tu devras la porter aussi hein ? tenta l'héroïque professeur.

- Et alors ? J'en ai déjà porté une, et j'en suis pas mort hein ! contra Katsuki.

- Je me demande finalement si c'était une si bonne idée que ça de t'inviter, bougonna l'animateur boudeur.

- C'était une idée géniale ! rugit le directeur de la radio depuis la régie. On a explosé les audiences ! Un record historique ! 85% des parts de marché ! Bakugo, tu reviens quand tu veux !

- On a un nombre hallucinant de messages, ajouta le régisseur.

- Et on est numéro un des tendances sur les réseaux sociaux, renchérit une demoiselle avec un grand sourire.

- C'était l'émission du siècle ! s'extasia le directeur.

Boudeur, mais ravi malgré tout, Present Mic reprit l'antenne pour saluer les auditeurs, les remerciant pour leurs nombreux messages. Katsuki souhaita une bonne fin soirée aux auditeurs, en espérant à voix haute que cette émission les amènerait à réfléchir sur la condition de la femme dans la société actuelle, et à ce qu'ils pouvaient changer pour l'améliorer à leur échelle. Ce fut finalement Mighty qui eut le dernier mot de l'émission, jappant joyeusement dans le micro de sa maîtresse juste avant de rendre l'antenne.

Katsuki et Present Mic sortirent du studio d'enregistrement, recevant les félicitations enthousiastes des divers collègues de l'animateur, tous ravis des audiences dantesques de l'émission. Les quelques femmes de l'équipe remercièrent plus discrètement l'adolescente pour sa prise de position et espérèrent que cela ferait changer les choses, au moins au sein de l'entreprise.

Present Mic déposa Katsuki devant son dortoir, le laissant y rentrer seul, rejoignant ses collègues. Il fut accueilli par une Midnight exaltée, un All Might décomposé, un Nezu satisfait et un Aizawa moqueur.

- Je t'avais prévenu qu'il foutrait la merde, dit-il à son ami blond.

- On va vraiment devoir porter une jupe un jour par mois ? pleurnicha Present Mic.

- Tout à fait, confirma Nezu avec un sourire sadique.

A peine eut-il franchi le seuil du salon commun que Katsuki se fit sauter dessus par ses camarades féminines.

- T'as été génial !

- C'était grandiose !

- T'es la meilleure !

- Pour Katsuki, HIP HIP HIP...

- HOURRAAAAAAAAAAA !

Katsuki se laissa soulever et jeter dans les airs par ses amies. Il n'avait pas prévu que les choses tournent de cette façon. Il voulait juste profiter de l'antenne offerte par Present Mic pour donner son avis et libérer toute sa colère face aux injustices de la société vis-à-vis de ses camarades féminines et des femmes en général. Mais grâce à Nezu ça n'avait pas été vain, et finalement cela profiterait aux étudiantes de Yuei.

- Bakugo, l'interpella une voix attirant l'attention de tous.

- Nezu-sama ! s'exclama Mina avec un enthousiasme débordant.

Nezu fut surpris de voir les élèves féminines de la seconde A et B s'aligner devant lui avant de s'incliner en disant en choeur :

- Merci pour tout ce que vous faites pour nous !

- Allons, allons, c'est un plaisir, vraiment, leur assura le petit mammifère. Remerciez plutôt Bakugo. Sans lui, je n'aurai jamais pris conscience de ces injustices.

- C'est bon, grommela Katsuki. J'ai rien fait de spécial. J'ai juste dit ce que je pensais.

- Et c'est déjà beaucoup, sourit Nezu. Mais je viens pour vous annoncer une autre bonne nouvelle. L'apprentissage reprendra dès la semaine prochaine. Pour tout le monde.

Devant le regard interrogateur de Katsuki, il précisa :

- Endevor a écouté l'émission et a finalement changé d'avis sur ta mise à l'écart Bakugo. J'ai cru comprendre aussi qu'il comptait te faire payer un certain... pisse-froid.

- J'ai hâte de voir ça, ricana Katsuki nullement effrayé par la menace sous entendue.

- Nezu-sama... on va vraiment devoir porter des jupes ? intervint Rikido.

- Oui, confirma Nezu. Allons, si vos camarades y arrivent à longueur d'année, il n'y a aucune raison pour que vous ne puissiez pas y survivre une journée par mois.

Nezu repartit, laissant Katsuki aux prises avec ses potes, plutôt mécontents de devoir renoncer régulièrement à leur pantalon. Mais Katsuki ne se laissa pas démonter, les dardant d'un regard fièrement provocateur.

- Tu te rends compte que tu devras y passer aussi, même si tu redeviens un mec ? insista Denki.

- Ouaip, sourit Katsuki.

- En fait, t'es encore plus chiant en meuf qu'en mec, bougonna Mineta.

- Non, mais les jupes c'est pour les filles ! tenta Eijiro.

- Dit celui qui en porte une par dessus son fut dans son costume héroïque, ricana Katsuki.

- Moi, ça ne me gêne pas, intervint Mirio. Ce sera marrant.

- Je vois pas en quoi ce sera marrant, soupira Tamaki.

- Ça ne doit pas être très différent d'un short, fit remarquer Yuga.

Katsuki profita du début de débat pour s'éclipser vers sa chambre. Il était plus que temps d'aller dormir, la journée ayant été bien assez longue à son goût. En plus, il devait s'assurer que sa culotte menstruelle n'avait pas fuit. Mighty sur ses talons, il prit l'ascenseur jusqu'à son étage. Il allait entrer dans sa chambre quand une voix bien connue l'interpella :

- Kacchan !

Tournant la tête, il vit Deku surgir de la cage d'escalier avec un grand sourire.

- Quoi ? grogna ledit Kacchan. Toi aussi, tu veux te plaindre ?

- Me plaindre ? s'étonna Izuku. Non, pas du tout !

- Tu vas porter une jupe sans rechigner ?

- Oui Kacchan !

- J'ai hâte de voir ça !

Izuku sourit un peu plus en se rapprochant de son ami d'enfance. Il n'avait rien raté de l'émission de radio, ni des récriminations et exclamations enthousiastes qu'elle avait suscitées. Et s'il avait couru après Kacchan ce n'était certainement pas pour se plaindre. Non, bien au contraire. Izuku était si fier de Kacchan qu'il n'avait pas les mots pour le dire. Aussi dit-il la seule chose qu'il trouva :

- Kacchan est tellement génial !

Et sans réfléchir, il se pencha pour déposer un chaste baiser sur les lèvres de la blonde explosive. Oui, Kacchan était génial. En une soirée, il avait jeté le premier pavé dans la mare de l'inégalité homme-femme. Izuku ne doutait pas une seule seconde que Nezu ne serait pas le seul à prendre des mesures pour rétablir l'équité entre les deux sexes. Le directeur de Yuei était influent et respecté, nul doute que d'autres suivraient son exemple. Et de fil en aiguille les choses bougeraient enfin. Cela prendrait sûrement du temps, mais ce soir Kacchan avait libéré la parole des femmes, brisant les tabous et ouvrant la voie à tous les possibles. Et Izuku l'admirait infiniment pour ça.

Il se recula un peu, tombant sur le regard surpris de son ami d'enfance. Les iris écarlates se teintèrent d'une tendre malice et Katsuki réduisit à nouveau l'écart entre eux, un léger rictus aux lèvres.

- Génial, hein ? Rien que ça ?!

Comprenant l'invitation silencieuse, Izuku se pencha vers le visage offert, le parsemant de doux baisers en soufflant :

- Totalement... absolument... Définitivement... génial !

Katsuki gronda, frustré de n'avoir que des gentils petits smacks sur le front et les joues quand il voulait plus. Il saisit la nuque de Deku et plaqua ses lèvres contre les siennes avec exigence. Le sourire amusé de son nerd le fit grogner un peu plus et il lui tira doucement les cheveux en représailles avant de le relâcher.

- Va te coucher sale nerd ! bougonna-t-il en ouvrant la porte de sa chambre, congédiant Deku.

- Bonne nuit Kacchan ! le salua Izuku en repartant.

Tout en se préparant pour la nuit, Katsuki se promit de parler franchement de ce qu'il se passait entre eux avec Deku le lendemain. Si leur premier baiser n'était qu'une expérience, ceux de ce soir ne l'étaient nullement. Izuku l'avait embrassé spontanément, de lui-même. Et il avait trouvé ça totalement normal, en voulant même un peu plus. Il se savait amoureux de son ami d'enfance, mais n'était pas certain que la réciproque soit vraie, même si certaines choses lui donnait un peu d'espoir.

Et puis, peut-être qu'Izuku était amoureux de lui parce qu'il était actuellement une fille et qu'une fois redevenu un homme ses sentiments changeraient. Si Deku l'aimait ainsi ! Ce qui n'était pas certain. Il fallait vraiment qu'ils en parlent ensemble. Katsuki détestait qu'on joue avec les sentiments des gens. Il ne comptait pas jouer avec ceux d'Izuku, ni laissait qui que ce soit jouer avec les siens. Il fallait vraiment qu'il parle à Izuku.

Dans son lit, Izuku se repassait encore et encore son échange avec Kacchan. Incapable de trouver les mots pour lui exprimer toute son admiration, il l'avait embrassé. Il en avait eu envie. Depuis leur premier baiser il voulait recommencer. Et il l'avait fait. Loin de le repousser, Kacchan en avait réclamé un peu plus, finissant par prendre lui-même les choses en main. Izuku soupira, posant une main sur son cœur battant la chamade au souvenir des lèvres de Kacchan sur les siennes. Il était amoureux de Katsuki. Il espérait que ce soit réciproque, sans en être totalement certain. Et il ne pouvait rester dans cette incertitude. Il devait en parler avec Kacchan.

Dans les divers dortoirs, chacun regagna finalement son lit, certains plus enjoués que d'autres. Si les filles avaient toutes hâte d'être au lendemain, ce n'était nullement le cas des garçons qui, majoritairement, appréhendaient l'arrivée de leurs futures jupes d'uniforme. Dans la maison familiale des Bakugo, Mitsuki et Masaru s'endormirent tendrement enlacés, fiers de leur fils et de ce qu'il avait fait ce soir. De son côté, Endevor planifiait déjà toutes les corvées ingrates qu'il infligerait à son apprenti ayant osé lui manquer ouvertement et publiquement de respect.

A suivre...


Commentaire de l'auteure :

Voilà pour ce chapitre, qui à lui seul justifie le titre de la fic. J'espère qu'il vous a plus.

Place maintenant au dessous de l'histoire.

En fait, en imaginant ce chapitre, je me suis dit que j'allais éviter de dire trop de conneries sur un sujet aussi sensible, et donc j'ai fait des recherches, dont certaines longues et difficiles, et des calculs divers et variés. Tout ça pour éviter de donner des chiffres trop à côté de la plaque.

Je n'ai pas la prétention d'avoir fait une étude approfondie, pas du tout. Je voulais juste avoir une idée à peu près correcte de la différence financière entre hommes et femmes.

Non, les chiffres que je donne dans le chapitre ne sont pas sortis de nul part, promis !

Bref, donc... Quelques chiffres concrets :

Différence salariale entre homme et femme : 25.4% au Japon, 9.9% en France. (selon des sources officielles)

Frais mensuel supplémentaire pour les femmes par rapport aux hommes : 30% au Japon, 28% en France. (selon mes propres calculs)

Ces frais mensuels comprennent : les protections périodiques, la pilule, l'achat de sous-vêtements, l'achat de vêtements et de chaussures, pour les femmes. Les préservatifs, l'achat de sous-vêtements, l'achat de vêtements et de chaussures pour les hommes.

Quelques faits concrets :

- Il y a eu un scandale au Japon quand il a été révélé que certains établissements scolaires exigeaient le calendrier menstruel de leurs élèves pour s'assurer qu'elles ne séchaient pas les cours de natation sans raison valable.

- La disparité salariale homme-femme au Japon s'explique principalement par la place de la femme dans la société japonaise. La femme est encore souvent reléguée à son rôle d'épouse et de mère. Beaucoup de femmes arrêtent donc de travailler pour s'occuper de leurs enfants et de la maison. Ce qui fait que quand elles veulent retrouver un emploi elles ne trouvent que des emplois irréguliers, avec des petits revenus. Celles voulant faire carrière sont souvent confrontés à des obstacles, connus en France aussi, dus à leur sexe (supposé désir de maternité, préjugés sur leurs capacités à gérer des taches dites complexes, emploi du temps des enfants quand elles en ont, etc...)

- Certains endroits au Japon sont interdits aux femmes ! La principale raison est que ces endroits sont sacrés et les femmes sont souillées (oui, on parle bien des règles). Même l'ascension du Mont Fuji est réglementée pour les femmes, leur droit à monter plus ou moins haut dépendant du pouvoir en place.

- Au Japon, les femmes gèrent le budget du foyer. Et c'est elles qui attribuent de "l'argent de poche" à leur mari. Le reste du salaire de monsieur est dédié au bon fonctionnement du foyer, aux enfants et aux divers besoins de madame. (Oui, moi aussi j'ai été surprise. C'est un fonctionnement étonnant pour la française que je suis).

- Au Japon, toujours, il existe des voitures dédiés aux femmes dans les transports en commun. Pas dans tous et pas à toutes heures. Le but est d'éviter aux femmes d'être victimes des tristement célèbres frotteurs. Mon avis sur la question ? Ce n'est pas une mauvaise idée, mais c'est une solution de feignant ! En faisant ça, le gouvernement prétend protéger les femmes, mais ne se mouille pas à punir les frotteurs ou le harcèlement. J'ai souvenir qu'il était question d'instaurer un truc similaire en France, mais j'ignore si c'est fait ou pas (j'habite à la campagne, où les transports en communs se résument au bus scolaires, donc j'avoue ne pas être très au fait des pratiques dans les transports en communs dans les grandes villes).

- Au Japon, le congé menstruel existe bel et bien. Mais il est rarement utilisé. Le merveilleux tabou des menstruations ! (il existe aussi en France ce tabou, mais pas le congé menstruel). Ceci dit, ce n'est pas la seule raison pour laquelle il n'est pas utilisé par les japonaises. Les japonais prennent peu de congés, même ceux auxquels ils ont le droit. Leur rapport au travail est très différent de celui que nous avons en France.

- Le port de tampons n'est pas recommandé sur une trop longue période. On peut RÉELLEMENT faire un choc septique si on n'en change pas régulièrement. Et même comme ça, les plus sensibles peuvent avoir des symptômes désagréables si elles en portent trop longtemps (sensation de malaise, vertiges, sueurs, nausées, maux de ventre). Donc les tampons c'est bien pratique, mais seulement sur des périodes courtes et épisodiques.

Et pour finir, mon humble point de vue sur la question de l'égalité homme-femme (si ça vous intéresse pas vous pouvez passer).

- L'égalité homme-femme devrait être un dû et non quelque chose que l'on doit acquérir au prix d'un long combat.

- Mais puisque ces messieurs nous refusent ce droit, je suggère de réclamer la suprématie des femmes sur les hommes. Là, peut-être qu'ils verront l'égalité comme un bon compromis.

- Le premier pas vers cette égalité, c'est l'éducation des enfants. Leur apprendre à être autonome, respectueux, à gérer la frustration, c'est la base. Il est inutile, à mon humble avis, de leur offrir des jouets non genrés si à côté de ça vous ne leur apprenez pas les tâches ménagères et le respects des autres, indépendamment de leur sexe. Rappelez vous que les enfants d'aujourd'hui sont les adultes de demain, et que si vous en faites des assistés incapable de supporter qu'on leur disent non, ils deviendront des adultes assistès et ne comprenant pas que NON, c'est NON ! J'ai moi-même des enfants. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire et qu'un gamin qui fait des caprices c'est pesant, usant. Mais je sais aussi que c'est la base et qu'aussi fatigant que ce soit, il ne faut pas transiger avec certaines choses.

Voilà, voilà...Maintenant que j'ai bien plombé l'ambiance, on repart sur du plus léger XD.


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Assise dans son fauteuil, son sacro-saint coca en main, Lili assiste aux essayages.

- J'ai l'air con, assure Eijiro en tirant sur le bas de sa jupe plissée.

- Mais non, le rassure Tenya en remontant ses lunettes d'un geste nerveux. C'est pour la bonne cause.

- La bonne cause, la bonne cause, râle Mineta, je préfères voir les jambes des filles moi !

- Ça fait un courant d'air, fait platement remarquer Shoto en fixant ses cuisses découvertes.

- Sympa le boxer All Might Izuku, ricane Denki en voyant Izuku se pencher vers l'avant.

- Voyeur ! proteste Izuku en se relevant d'un coup, ses deux mains posées sur ses fesses.

Mina s'approche de Lili et soupire :

- Ils sont super poilus des pattes, ça casse tout le charme.

- J'ai de quoi régler ça, ricane sadiquement Katsuki en sortant un pot de cire épilatoire.

Devant la menace explicite contre leur pilosité, les adolescents tentent de fuir. Mais ils sont fait prisonniers par leurs camarades féminines.

- Pitié ! Pas mes poils ! pleurniche Hanta. Ils vous ont rien fait !

- Pas de pitié ! claque Toru en tirant violemment sur une bande de cire posée sur la jambe d'Hanta.

Souriant sadiquement face à la torture épilatoire subies par les adolescents, Lili se tourne vers les lecteurs :

- Et vous ? Vous en pensez quoi de tout ça ? Vous aussi vous vénérez Nezu ?


Rendez-vous au prochain, et dernier, chapitre : 10. Je te préfères comme ça.

- Si tu me regardais, tu serais déjà en train de pleurnicher !

- Je te jure, tu me rends fou !

- Vous lui remontez les roubignoles jusque dans la gorge !