22 ans avant la grande bataille, Portugal

« Allez encore un effort ! Vous y êtes presque ! »

Depuis près de 12h, Patricia Vosta-Santos, fille de Fatima et Joao souffrait le martyre, son époux Diogo à ses côtés. Elle eut ses premières contractions tôt le matin en allant se rafraîchir. Sa grossesse fut difficile. L'enfant qu'elle porte lui infligeait beaucoup de fatigue et d'anémie. Si bien qu'elle a fini alitée au sixième mois, incapable de se mouvoir normalement. C'est son second enfant. Et certainement le dernier. Patricia ne veut aucunement être torturée de cette manière. Jeune-femme de 23 ans, elle a rencontré Diogo sur le marché de Coimbra alors qu'il vendait ses produits laitiers. Elle, modeste paysanne issue du sud du Portugal avait déménagé pour la richesse du Nord. Diogo est l'aîné d'une famille nombreuse. Il venait de quitter sa compagne. Avoir rencontré Patricia fut une évidence. Ils se sont aimés dès qu'ils se sont vus. Elle était alors jeune mère d'une petite-fille d'un an. Le géniteur l'avait abandonné comme si elle n'avait jamais existé. Diogo a été son sauveur, la meilleure chose qui lui arrivé dans sa vie. Et quand elle annonce à ce dernier qu'elle attend un bébé quelques mois après leur noces, il est fou de joie.

Aujourd'hui l'amour de sa vie va donner vie à un enfant exceptionnel, selon sa belle-famille. Les parents de Patricia sont un peu fantasques pour le brun : tout ce qui touche de près ou de loin à l'astrologie et le destin et les Dieux font partis de leur quotidien. Fatima qui a des pouvoirs de médium a prédit selon elle que leur bébé sera voué à un destin hors du commun. Cela avait quelque peu amusé Diogo, athée jusqu'au cou. Sa femme est une fervente pieuse des Dieux de l'Olympe alors que la majorité des Portugais sont catholiques. Elle vénère chaque jour Déméter, Déesse de la nature et Athéna, Déesse de la sagesse.

« Je n'en peux plus ! » clame alors cette dernière, à bout de forces.

« Melle ! Tenez-bon ! » assure la sage-femme, "Il arrive bientôt.".

Diogo observait la puéricultrice et fronça les sourcils : elle était étrange. Elle ressemblait à une espèce de prêtresse dans ses habits antiques et considérait ce dernier comme le dernier des ignares. Elle parlait un bien étrange dialecte. Qu'importe, il allait être père.

Au bout d'un moment, Patricia gémit alors de toutes ses forces. Le bébé sortit de ses entrailles, une vive lumière éblouie toute la pièce et rendit Diogo presque aveugle.

"Que se passe t'il ?" en se protégeant les yeux.

Il n'eut aucune réponse alors que l'enfant poussa son premier cri. Soulagée, Patricia s'écroula sur la table de travail.

« C'est une fille ! »

Diogo était touché et versa une larme, oubliant l'étrange incident. Il était l'homme le plus heureux du monde. Comme s'il flottait sur un nuage. Il admirait sa fille avec une fierté qu'il ne pouvait pas dissimuler. Il embrassa tendrement sa femme qui lui sourie de fierté. La portugaise demande à avoir le bébé contre elle. L'enfant et la mère se regardait tendrement.

Pendant de longues minutes, le couple profite de ce moment de joie tout en s'embrassant affectueusement : « Je t'aime Pati, tu es la femme de ma vie. »

« Moi aussi Diogo .. »

La sage-femme examina la mère et l'enfant mais eut soudain une réaction étrange : elle confia l'enfant à Diogo, interloqué.

« Gardez-là. »

Le jeune-homme lui rétorqua vivement : « Que vous arrive-t-il ? »

Il a eu à peine le temps de réaliser quoique ce soit qu'il entendit sa femme lui dire : « Pardonnes-moi mon amour ».

Cette dernière tomba inconsciente. Le brun sentit l'angoisse s'emparer de lui et envoya un regard noir à la puéricultrice.

« Comment avez-vous su ce qui allait arriver ? »

Il n'eut que le silence en guise de réponse.

« Reculez ! » répondit sèchement le médecin du village, « Votre épouse fait une hémorragie. »

Le jeune père dut attendre seul avec ses interrogations, entendant le personnel s'agiter derrière la porte. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il était impuissant, anxieux, son enfant dans les bras. Il lui sourit tout en remontant la couverture pour que la petite n'ait pas froid. Une jolie fillette accompagnée d'une nourrice vint alors à lui. D'environ deux ans, de longues boucles brunes tombent sur ses épaules, une sucette dans la bouche, elle tire sur les vêtements de l'homme :

« Papa que s'qui s'passe ? Où est maman ,dit ? Tu m'potes ? C'est qui le bébé ? »

Diogo caressa tendrement le visage de la gamine intrépide et la posa sur ses genoux : « C'est ta petite-sœur ma chérie. »

« Oooooh elle est belle .. » dit l'enfant en posant sa main sur le petit front du poupon.

La fillette connaissait son histoire. Leurs liens étaient très forts même si Diogo n'était pas son père biologique. Il donnerait tout pour l'enfant de sa femme. Ses raisons de vivre. D'ailleurs, en repensant aux portraits de naissance, la cadette ressemblait beaucoup à sa sœur.

Après une interminable heure d'attente, le verdict tomba : Patricia vient de rendre son dernier soupir. "Votre femme a perdu trop de sang, je suis navré Monsieur." lui avait dit le médecin.

Diogo ne comprenait plus, versant toutes les larmes de son corps. Comment ça Paty est décédée ? Elle est trop jeune, c'est impossible. On ne meurt pas d'un accouchement au 20ème siècle !

"Que racontez-vous ? Ma femme était en pleine forme !" gronda le jeune-homme.

"C'est ainsi Mr Vosta. Toutes mes condoléances." répondit t-elle imperturbable.

Voulant s'assurer des paroles de cette "vieille folle" , il se rendit au chevet de sa bien-aimée, sous le nez de la sage-femme qui lui pris l'enfant des bras, parlant dans un Grec ancien.

« Que faites-vous à la fin ? » s'énerva Diogo.

Le silence. La femme baissa la tête et jeta un œil à la dépouille de Patricia dont le cœur battait encore il y a quelques instants. A sa vue, Diogo se décomposa et saisit la situation. Patricia ne reviendra plus.

Il fondit en larmes.

"Mon amour ... Pourquoi m'abandonnes-tu déjà ?"

La petite-fille de deux ans accouru vers son paternel : "Papa, pourquoi tu pleures ? "

Meurtri, perdu, il ne sut trouver la bonne pédagogie, voulant préserver l'aînée innocente.

"Demetria, maman a perdu beaucoup de sang et a eu mal. Elle ne respire plus. Maman est partie ma chérie." parvient t'il a articuler doucement.

"Partie ? Mais elle est là r'garde !" fit gaiement l'enfant en prenant la main encore chaude de sa mère.

"Maman va aller au ciel avec les dieux." s'exprima alors la sage-femme en prenant Demetria dans ses bras, "Ta maman est m..."

Elle fut interrompue par Diogo : "Ce n'est pas votre rôle ! Taisez-vous." lui ordonna t'il, "Vous n'avez donc aucun cœur ?"

Mais elle le repoussa vivement et poussa la petite Demetria derrière elle, lardant le nourrisson dans ses bras.

"Rendez-moi ma fille !"

« Cette enfant ne doit rester dans les mains de n'importe qui. » se contenta de répondre la vieille dame. Et elle fit signe à une autre de s'occuper de la fillette.

« Non laissez-là ! » en se redressant pour récupérer la gamine en pleurs.

« Cette enfant appartient aux Dieux. »

« Comment ? Qu'est-ce que vous racontez ! »

La brunette commença à pleurer en implorant son paternel : « Papaaa ! Papa !»

« Demetria ! » Il fondit sur la femme qui protégeait l'enfant de l'assaut du jeune-homme, « Mais je suis leur père ! »

« Vous n'êtes pas en mesure d'en décider ! Ce bébé et sa sœur sont un cadeau de l'Olympe et n'ont pas leur place ici ! »

« Rendez-moi mes filles ! Je viens de perdre ma femme et maintenant vous voulez me les enlever ? Pour qui me pensez-vous ?! Pauvre folle ! »

« Ce bébé doit accomplir son destin ! » répondit la nonne sans prendre en compte la réplique précédente.

Alors que le jeune père de famille se précipita sur la sage-femme, il fut projeté par une force invisible provenant de l'arrière salle. Reprenant ses esprits, il regarda autour de lui. Apparu alors un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une longue toge. Ce dernier lui fit face, la mine grave et sévère. Il portait de longs cheveux gris jusqu'à la taille et une armure dorée étincelante en forme de serpents sur le dos. Une aura dorée l'entourait.

"Qu'est-ce q..." fit Diogo ébahi. Qui est cet homme étrange ?

« Je suis désolé, tel est le destin de cette enfant. C'était écrit dans les étoiles. »

« Mais .. mais ..enfin .. qu'est-ce que tout cela veut dire ? Est-ce une farce cachée ? » s'écria le portugais à bout de nerfs, "Que quelqu'un m'explique ce qui se passe à la fin !"

L'homme fixa Diogo : « Le 8 janvier de cette année à minuit lors d'une pleine lune de sang toutes planètes alignées, viendrait au monde le 18ème chevalier du Serpentaire, protectrice d'Athéna et représentante de Zeus. Votre fille sera une grande combattante de la justice. Je suis venu la chercher afin de la préparer contre les forces du mal. » déclara-t-il sans plus de cérémonie.

« Que dites-vous ? Ma petite-fille, une guerrière ? Mais vous avez perdu la tête ? Pensez-vous que je vais vous laisser faire ? »

« Vous ne pouvez le ressentir et le voir étant un simple mortel, nous sentons clairement son énergie émaner d'elle. Un cosmo puissant et bienveillant. Vous n'avez guère le choix. Votre épouse est issue d'une longue lignée de chevaliers d'Athéna et d'Amazones. »

« Vous mentez ! » s'écria Diogo, "Tout ceci est abjecte !"

« Patricia le savait. Cependant elle devait garder le silence afin de préserver le secret du Sanctuaire. »

« Tout ceci ne sont que légendes ! » gronda le berger, "Rendez-moi mes enfants !"

« Je ne suis pas là pour justifier quoique ce soit. Ce bébé vient avec moi ainsi que sa sœur, elle aussi destinée à un grand avenir. Vous n'avez guère les compétences pour les protéger. »

A ces mots il téléporta le nourrisson des mains du père impuissant, sentant qu'on le manipulait par la pensée. Diogo s'écroula à terre.

« Je vous en prie, ne lui faîtes pas de mal ...»

« Nous ne sommes pas vos ennemis, Diogo. » répondit calmement le chevalier d'or.

"Ma femme, mes filles .. et maintenant ?"Enfin dites-moi qui vous êtes ! J'ai le droit de savoir ! »

Le guerrier considéra le jeune-homme un moment, tentant d'analyser son interlocuteur agité. Ce dernier était impressionné par la prestance de l'homme. Il se dégageait de lui de la noblesse et quelque chose de mystique qu'il ne saurait décrire. Sans trop savoir pourquoi, Diogo lui faisait confiance.

Finalement, le mystérieux combattant lui déclara solennellement : « Je m'appelle Wilfried, Saint d'or du Serpentaire de l'An 1483. Le maître de votre enfant, ma successeur. »

Son vis-à-vis le regarda comme si une deuxième tête lui avait poussé.

"C e n'est pas possible .. Non.. Pas ça .."

Diogo se tenait la tête dans les mains, vidé sous les yeux impénétrables de Wilfried. Il parvient ensuite à lui demander : « Promettez-moi de veiller sur elle. »

Wilfried hocha la tête : « Vous pouvez choisir son prénom. C'est la seule chose que je peux vous offrir. »

« Nous désirions la nommer Aurora, elle est le soleil de notre vie et je l'espère, le sera pour tous les autres. »

« Elle le sera. » répondit le vieux Serpentaire en couvrant le bébé de sa main protectrice d'une aura dorée.

« Aurora … Nous nous reverrons, je le jure sur l'âme de ta mère. »

Diogo embrassa l'enfant tendrement puis se mit à hauteur de l'aînée, qui voulait reprendre la main de son père : « Demetria ma petite puce. Prends soin de ta sœur en attendant. Je t'aimerai pour l'éternité.» lui dit t'il en lui donnant un baiser sur la joue.

Il lui donna sa peluche favorite et la couverture tissée par Patricia pour sa sœur. La fillette pleurait à chaudes larmes et réclamait Diogo. Puis, le bébé et sa sœur disparurent dans une lumière étincelante, laissant un père orphelin et un veuf. Qu'allait-il devenir ?

Le jeune-homme allait passer les pires années de son existence, loin du destin de ses filles. Est-ce vraiment ce que veulent les Dieux là-haut ? Diogo les trouve cruels. Et à présent, il croit vraiment en toutes ces choses surnaturelles qui dépassent l'entendement. Il va prier chaque jour, pour sa femme, pour le repos de son âme, pour ses enfants…Pourtant, le chevalier Wilfried n'a pas réussi à convaincre les grands-parents d'Aurora de la garder avec lui. Ces derniers apprirent la nouvelle de la bouche de leur gendre.

Fatima et Joao sont fermiers .. aux yeux de tous. En réalité ils sont de redoutables guerriers à la retraite. Fatima est issue d'une liaison entre une combattante de haut- rang au sein de l'Armée Amazone et un ancien chevalier d'or d'Athéna qui aurait vécu 148 ans. Il serait tombé amoureux de cette chef réputée dangereuse qui lui a redonné sa jeunesse alors qu'il allait trépasser. Ce dernier fut tant accablé par le chagrin depuis que sa bien-aimée Letho, chevalier du Poisson camouflé en homme ayant sacrifié sa vie pour le sauver, qu'il a passé le reste de sa vie reclus. Fatima a été élevé avec les bases de l'ordre de la chevalerie. Joao est fils de chevaliers d'Argent. Ils connaissent donc parfaitement l'art de la guerre. Mais leurs parents ont voulu qu'ils aient une vie loin des batailles. Ils se sont unis pour tenir au tête à l'énigmatique chevalier d'or qui s'est dit qu'il avait le temps et qu'il attendrait le 7ème anniversaire de l'enfant. Après tout, il aura tout le loisir de malmener son successeur dans quelques années !

Les premières années, Aurora grandit dans la gaieté et l'inconscience de son destin. C'était une enfant au fort tempérament aux côtés de Demetria. Mais alors, l'aînée disparue du jour au lendemain lorsqu'elle eut cinq ans. Le reste de la famille s'installa pour la Grèce. Un jour sa grand-mère mourut de maladie puis ce fut au tour de son grand-père. En très peu de temps la gamine se retrouve livrée à elle-même dans les rues d'Athènes. Orpheline mais téméraire, elle se faisait attrapée par les services sociaux pour s'enfuir au bout de plusieurs jours. En 1989, la guerre contre Hadès est définitivement enterrée. Et c'est là que le destin d'Aurora entre en scène.

Elle venait de rencontrer ses nouveaux camarades dans un orphelinat de la ville. Un grand monsieur typé asiatique et à l'allure distinguée lui apparut. Il avait de longs cheveux blonds, deux points violines sur le front et assura à l'enfant qu'il l'adopterait, lui promettant un foyer où elle sera protégée.

L'enfant secoua la tête : "Mais j'fais peur aux gens ..."

"De quoi me parles-tu mon enfant ?" lui demande calmement le monsieur élégant.

"Ça ..." Aurora développait déjà des pouvoirs curatifs et télékinésiques, "Quand j'm'en sers, cela mettait en colère mes grands-parents, mais ils sont plus là alors je guéri les gens."

C'était Shion, le grand Pope qui avait senti le cosmo immense de l'enfant qui venait de s'adresser à elle.

"Je vais t'aider à contrôler ce merveilleux don." lui dit le Jamirien en lui montrant des pouvoirs similaires afin de rassurer la fillette.

"Ohhh ! Toi aussi tu sais faire ça !" s'extasia l'enfant.

Au fil du temps, il remarqua que la petite-fille n'en faisait qu'à sa tête et se battait avec tous les garçons du Domaine. Il a alors songé qu'il ne s'était pas trompé sur son compte et que cette enfant pleine de vie allait lui donner du fil à retordre, sous la mine amusée de Doko, superviseur d'Aurora lorsque Shion est occupé.

Wilfried réapparu à Aurora deux ans après la formation de chevalier qu'elle a débuté auprès des anciens guerriers du Bélier et de la Balance. Il l'a ramené avec lui au 16ème siècle, éduquant la jeune-fille sur les bases du combat de son étoile et les règles de la chevalerie basique à cheval pour compléter l'enseignement aux côtés de Shion et de Mashi son grand maître d'arts martiaux. Aurora apprenait vite et utilisait ses pouvoirs pour fuir les enseignements, préférant l'action contre de véritables adversaires à la théorie. Sa sœur aînée perdue de vue des années plus tôt, la rejoignit grâce à Wilfried lorsqu'elle eut neuf ans. Plusieurs fois rappelée à l'ordre, son mentor dut plusieurs fois "punir" elle et Demetria, liées comme cul et chemise. Elle se pris de passion pour la danse, sa seule échappatoire en dehors du Sanctuaire et rencontra des amis civils à la rue et orphelins aussi, qu'elle aida comme sa famille. L'armure du Serpentaire résonnait de plus en plus avec son cosmo mais Aurora devait attendre son quinzième anniversaire pour mériter ces habits sacrés et rester concentrée, alors que Demetria disparue à nouveau durant son adolescence et allait vers son propre destin tragique.

Aujourd'hui, que reste-t-il de ce parcours énigmatique ?

Sanctuaire, cinq semaines après la Bataille

Il avait senti son cosmo disparaître, comme tous les guerriers présents ce jour-là, mais il avait refusé l'évidence. Il ne pouvait accepter qu'elle parte de cette manière, si brutalement, alors que tant de choses n'avaient pas été vécues. Il sait que le destin des chevaliers est de mourir jeune, souvent avant d'avoir trente ans. Ils sont conditionnés pour cela. Il en sait quelque chose lui, depuis qu'il est revenu du néant. Cette nouvelle vie est une bénédiction. Son devoir avait été rempli à sa précédente vie et qu'à présent, il se devait de soutenir son amie affrontant son funeste avenir. Mais Aurora n'en parlait pas et poursuivait son chemin sans ne rien demander ni se plaindre. Une machine de guerre avec un cœur énorme, maintenu par ce sourire ravageur qui lui manque terriblement.

Il n'était pas entré dans le Temple du Serpentaire depuis la mort de sa gardienne. L'homme savait qu'il doit s'y rendre pour aller de l'avant. Anxieux, il gravit tout de même les marches de la treizième maison vide. Les deux énormes serpents qui ornent l'entrée sont toujours impressionnants et celui se trouvant sur le toit ne semble plus surveiller les alentours comme il le faisait. Le guerrier eut un pincement au cœur. C'est la preuve que la gardienne s'en ai allée. Il se demandait quand est-ce que ce temple allait disparaître, comme c'est le cas à chaque décès de leur maître. Cela avait interpellé les autres. Les chevaliers d'or conclu que le dernier chevalier du Serpentaire devait avoir son propre sanctuaire pour honorer sa mémoire et ses enseignements au cours des prochaines siècles.

En entrant dans l'immense salle de colonnes doriques, le brun sentit un cosmo familier. D'où provient cette énergie chaleureuse ? Des anciens Serpentaires ? La demeure est devenue un véritable lieu de pèlerinage : des fleurs, des chocolats tant appréciés par sa gardienne, des animaux en peluches qui caractérisaient l'âme d'enfant qu'elle gardait, quelques photos d'elle, le tout surplombé de bougies éclairant le lieu de culte.

« Elle aurait détestée. » songea le jeune-homme, « Elle aurait tout envoyer à l'autre bout de son temple. »

Il s'arrêta devant les quartiers privés et hésita à pousser la lourde porte. Tant de souvenirs vont resurgir ici. Il expira lourdement. Ses amis l'ont poussé à y aller. Il ne veut pas les décevoir. Pas aujourd'hui. Il ne doit plus remettre à plus tard ce qu'il est censé faire depuis des semaines. Le chevalier pénétra dans la pièce principale et fut marqué par la présence de l'armure du Serpentaire. Elle semblait pleurer .. et en piteux état : il manque une partie du casque, les épaulettes et sous épaulettes, le plastron n'est quasiment plus, les jambières ainsi que la jupe arrière, la queue de serpent disparue et les jambières fendues de toute part. La ceinture demeure presque intacte, tout comme les brassières. Il effleura de sa main l'armure symbolique en imaginant ce corps somptueux qui l'avait porté. Une splendeur sans égal parmi toutes les guerrières. Ces formes parties en fumée pour une sombre histoire de réincarnation.

L'homme parcouru du regard la vaste salle à vivre et nota que la chambre du Serpentaire était ouverte. Il s'y introduit doucement. Le lit était parfaitement fait, les affaires personnelles de la jeune-femme n'avait pas bougées. Comme si elle avait quitté son temple la veille. Il remarque les tenues d'entraînement délicatement posées sur un porte-habits. La tunique de nuit gisait au bord du lit. L'homme s'assit à l'ouest, là où dormait Aurora. Il se souvient qu'elle se posait toujours du côté de la fenêtre quelque soit l'endroit afin d'avoir une vue d'ensemble et intervenir rapidement si d'intrusion. Il saisit l'oreiller et s'imprégna de l'odeur de la dormeuse. Son parfum fruité recouvrait encore le tissu. Il tressaillit. Bon sang, qu'elle lui manque. Toutes paroles de condoléances étaient perdues face à la douleur qu'il éprouvait. Il est détruit par cette perte.

Le chevalier du Scorpion le sait mieux que personne. Il espère qu'Aurora a atteint l'Elysion. Que ces trois maudits Juges ne l'ont pas davantage tourmentée. Athéna a demandé à Hadès en personne de s'occuper de l'âme de la treizième. Milo ne parvenait pas à définir précisément les sentiments qui l'assaillaient. Parce que tout s'était emballé trop vite lors des conflits traversés; que la mort de celle qu'il aimait l'avait anéanti. Les regrets étaient multiples. Et mille fois plus douloureux lorsqu'il les examinait à la loupe. Regret d'ignorer la profondeur des sentiments un temps partagé. Regret de n'avoir jamais osé poser un ultimatum pour obtenir une réponse claire. De toute manière, il était trop tard pour regretter. La meilleure volonté du monde ne lui permettrait pas de revenir en arrière.

Le huitième gardien passe ses nuits à se morfondre, à sangloter, ressasser les moments avec Aurora. Il ne pouvait le faire devant ses frères. Un chevalier se doit de garder son sang-froid. Ils avaient versé des larmes lorsque le Serpentaire a rejoint le monde des Morts. Ils l'ont suivi du regard jusqu'au dernier cosmo avant qu'il ne s'éteigne, son sourire aux coins des lèvres. Une battante jusqu'à la fin. Trois jours plus tard, une cérémonie avait été instaurée. Cependant Milo s'y est opposé. Le chevalier du Serpentaire a demandé, lorsqu'elle sentit le moment proche qu'aucun enterrement ou autre « conneries de ce genre » - ne devaient avoir lieu selon ses dernières volontés.

Shion a jugé l'avis du Scorpion objectif, malgré les empressements des autres et a simplement réunis tout le monde : chevaliers, Marinas, Spectres avec qui elle entretenait de bons rapports. Tout le monde se remémorait la mémoire d'Aurora dans la bonne humeur et le respect. C'est ce qu'elle aurait aimé, une veillée nocturne de cette manière en toute gaieté et Milo était fier de célébrer le Serpentaire comme elle l'aurait voulu.

Une voix familière le sort de sa réflexion.

« Milo, le Grand Pope nous a convoqué. »

C'est le chevalier du Lion. La plupart des Saints se sont remis doucement de la perte d'Aurora. Le plus dur, si on ne compte Milo a été pour la jeune Sagittaire Mia. Ses frères veillent sur elle, fragile et inexpérimentée. C'est la petite sœur du groupe et ils ont promis à Aurora de rester solidaires.

« Je te suis. » répond simplement le Grec en se levant.

Aiolia a constaté que le Scorpion n'est pas le même homme. Il mange peu, il dort mal et se rend tous les samedi aux abords du lac là où elle aimait s'y baigner et pour y déposer des fleurs. Camus n'a même pas tenté de convaincre son ami. Il connaît les sentiments que Milo éprouvait à l'égard d'Aurora. Il fait preuve de compassion. Il a besoin de temps et d'espace. Le Scorpion n'a jamais su ouvrir son cœur au Serpentaire et a ainsi respecté la charte du bon chevalier au service d'Athéna. Camus s'en veut. Il ne sait pas lui-même s'il aurait pu supporter un tel poids sur ses épaules. L'amour qu'éprouvait le Scorpion pour le Serpentaire était d'une telle intensité. Et il n'était pas le seul à aimer cette femme. Chaque amant avait sa façon de célébrer la mémoire de la jeune femme. Aurora a brisé des cœurs à sa disparition. Sa réputation de séductrice donnait des sueurs froides à Shion. Aurora était comme ça et on ne la changeait pas.

Argol de Persée revenait à cet endroit énigmatique où lui et le Serpentaire s'étaient symboliquement embrassé la première fois. Eux jeunes et fougueux. Il avait du chagrin et en parlait parfois avec ses amis. Baian de l'Hippocampe envoyait chaque vendredi (jour de sa mort) - des coraux pour orner le Temple du Serpentaire. L'homme n'a jamais révélé son affection pour la treizième mais ses compagnons savent qu'il éprouvait bien plus qu'il ne le laissait paraître .. et qu'il a été particulièrement touché dans son orgueil lorsqu'elle a avoué aimer Eaque plutôt que lui.

La maison de la défunte gardienne ne cessait d'être envahie de présents provenant des quatre coins de l'univers. Shion s'en tirait les cheveux. Les gardes venaient lui demander tous les jours où entreposer ces cadeaux. Et en quittant le temple, Milo se retourna. Il eut la sensation qu'on l'appelait. Comme cela est fréquent ces derniers jours. Il se ravisa, il doit sans doute perdre la tête.

Au Palais du Pope, le huitième gardien soutient du regard Eaque du Garuda. Les deux hommes se défient tel des prédateurs. Le Scorpion s'interroge néanmoins sur la présence des Juges ainsi que des Marinas Kanon et Baian. Il sent bientôt le cosmo bienveillant d'une personne qu'il connaît trop bien : Athéna se présente face à ces chevaliers d'or et d'argent. Tous s'inclinent à sa vue. La Déesse les englobe tout naturellement de sa douceur et de sa bonté. Elle s'assied sur son trône, Shion à sa droite, Saga à sa gauche. C'est désormais le chevalier des Gémeaux qui dirige l'armée d'Athéna.

Dans la grande salle éclairée par le soleil de juin, le silence devenait oppressant. Posant tour à tour sur tous ses protecteurs d'un regard pénétrant, Athéna s'exprima : « Mes chevaliers, vous devez vous questionner sur la raison de votre présence ici. » faisant signe de se relever, « Shion et moi avons beaucoup dialogué ces derniers jours. Depuis la perte d'une des nôtres, le Sanctuaire est en deuil et je ressens vos peines. » dit-elle en fermant les yeux.

Les chevaliers présents se raidirent : leur déité comprend leur cœur, quelle grandeur d'âme se dégage d'elle. Ses longs cheveux châtains retombaient sur les hanches. Athéna est divine et comprenait leurs sentiments mieux que personne.

Elle poursuivit : « J'ai une mission pour vous. Vous devrez vous montrer particulièrement vigilant.» en donnant un coup d'œil à Shion qui prit la parole à son tour.

« Chevaliers, Athéna et moi-même avons ressenti un cosmo de faible intensité provenant d'une destination inconnue. Il semblait vouloir résonner avec nous. »

Les chevaliers se regardent.

« Votre Excellence, savez-vous si ce cosmo est de bonne augure ? » intervient Shura du Capricorne.

« Il nous ai familier … » Il marqua une pause et ferma les yeux, « Mais nous ne voulons pas vous donner de faux espoirs. »

« Que voulez-dire Maître ? » interroge Mu.

« Nous ne sommes pas les seuls à l'avoir intercepté. Les Dieux Poséidon et Hadès l'ont également ressenti. »

Silence dans la salle. Que signifie tout cela ? Que leur cache t-on ? Depuis plusieurs semaines, le Grand Pope est soucieux.

L'ancien Bélier mit fin au suspense : « L'armure du Serpentaire est entré en communion avec celui d'Athéna. »

Les combattants restent bouche-bée. Comment est-ce possible ? Les habits sacré d'Aurora sont conservés dans son Temple et ne réagit qu'à son maître.

« L'armure du Serpentaire est pourtant bien en sa maison. » fit remarquer Milo.

« Plus maintenant. » ajouta Athéna en levant une main vers un long rideau rouge, démontrant l'urne dorée aux côtés des autres, « Vos armures ont résonné avec elle ce matin. » prévient Shion sous les regards dubitatifs des guerriers.

Il y a encore quelques minutes, Milo l'avait touché.

« Nous ne l'avons pas vu se téléporter. » constata Camus.

« L'armure va à sa guise depuis plusieurs jours. » termina Shion.

« C'était ainsi cela que j'ai pu percevoir. » affirma Shaka.

Shion hocha la tête.

« Chevaliers, nous pensons que le Serpentaire n'a pas dit son dernier mot. »

Doko dans toute sa splendeur a lâché les mots proscrits. Aurora a donné sa vie sous leurs yeux. Il est impossible qu'elle ait pu en réchapper étant donné la puissance de l'explosion.

« Cela paraît incroyable, je le conçois, cependant … » poursuit la Balance, « On sait que le Serpentaire en est capable. Après tout, elle était la dernière de ses pairs, la plus puissante de notre ère et pouvait aisément s'extraire des couloirs des dimensions. »

« Maître Doko, où voulez-vous en venir ? Aurora aurait t-elle échappé à son destin ? » questionne Asterion.

« C'est l'unique raison qui pousserait son armure à nous appeler. Je ne vous apprends rien en vous disant qu'une armure sacrée ne réagit qu'à son porteur. Et il n'y a pas d'autre chevalier du Serpentaire en ce monde. De plus, sa maison n'a pas disparue comme à chaque fois que son gardien disparait. C'est la preuve flagrante que quelque chose de singulier s'est produit. »

"Cela peut provenir d'un Serpentaire du passé qui souhaite nous avertir en notre époque ?" s'exclame Angelo.

"Négatif. Les armures restent fidèles au maître respectif de leur ère."

Angelo fronça les sourcils : « Alors ... c'est elle qui l'invoque ? Mais de quelle façon ? »

« Nous nous questionnons. Son maître est apparu à Athéna. Il nous demande d'aider Aurora. »

Consternation générale. Le silence.

Shion continua : « Je sais que tout cela est confus. Cependant nous avons le sentiment qu'Aurora est quelque part bloquée. »

« C'est impossible. Laissez-là en paix.» répondit Mia, les larmes coulant le long de ses joues.

Doko vint à elle et posa une main amicale sur l'épaule : « Chevalier, nous allons tout faire pour ton maître. Si il lui reste des forces pour nous demander de l'aide c'est qu'elle est digne de sa constellation. »

Mia hocha la tête. Shura lui adressa un geste bienveillant. Il a été son confident ces dernières semaines. Ils se sont rapprochés. Un peu trop pour le Pope. La jeune-fille n'a même pas quinze ans et semble sensible au chevalier du Capricorne.

« Comment allons-procéder ? Nous ne savons pas où elle se trouve et surtout dans quel état elle peut être ? » avança prudemment Saga.

« Grâce à vos cosmos. » lui dit Doko.

Aldébaran : « Comment cela Seigneur Shion ? »

« Son vénérable maître nous a expliqué que la lance, seul vestige intact de cette bataille entre en harmonie avec les guerriers dont l'âme fut la plus proche du Serpentaire. Leurs cosmo combleront le manque de puissance de la lance pour retrouver Aurora. Il doivent être au nombre de cinq. » explique le Pope.

Comment le saura-t-on ? » demande Camus.

« L'armure nous guidera. » fit Doko.

« Grand Pope … » intervient Argol, passablement irrité par la présence des juges au Palais, « En quoi cela concerne les serviteurs d'Hadès et de Poséidon ici présent ? »

Là il marque un point.

« Je laisse les intéressés vous répondre. » répond le vieux Bélier, « Juge Rhadamanthe … » lui faisant signe de s'avancer.

Ce dernier hocha la tête et s'avança devant les chevaliers réunis, sentant toute sorte de défiance à son encontre. Il n'est pas la bienvenu ici, tout comme ses frères. Malgré la paix, les Spectres et les chevaliers se méprisent toujours autant.

« Sa Majesté Hadès nous a envoyé en mission diplomatique pour vous aider à retrouver le Serpentaire et pour vous mettre au courant des derniers événements. » commença la Wyvern.

« De quoi parles-tu Rhadamanthe ? » demanda Aiolia.

« De l'âme de votre sœur d'arme. Elle n'est jamais parvenue jusqu'à nous. » répondit ce dernier.

« Comment ? » riposta Milo, « Qu'est-ce que cela veut dire ? »

« Que le Saint d'or du Serpentaire lutte contre la mort. »

Une voix puissante et dominante résonne : celle du Garuda. Le Scorpion grinça des dents. Alors c'est tout l'effet que cela lui fait à ce Spectre ? Après avoir harcelé le Serpentaire tellement longtemps ?

Minos continua : « Son âme aurait dû nous parvenir après sa disparition, voire quelques jours. Certains défunts refuse l'idée de mourir et se rebelle. Dans le cas du Serpentaire, nous n'avons rien trouvé dans les registres et le Seigneur Hadès n'a pas ressenti son esprit entrer en notre monde. »

« Pourquoi se donner la peine de nous prévenir maintenant ? » grogna Aldébaran qui commence aussi à perdre patience.

« Ordre de sa Majesté. Seule Athéna était au courant. » conclu Rhadamanthe.

« Princesse, vous vouliez nous préserver d'un faux espoir ? » demande Milo à sa déité.

« Milo … » fit-elle, « Tu as tout compris. »

« Nous étions chargé de trouver l'âme.. d'Aurora en vain. » rajouta Eaque.

Cette fois, il n'a pas énoncé le Serpentaire par son titre mais bel et bien son prénom sur un ton hésitant. Ce seul mot sonnait fort. Les chevaliers présents sentirent un accablement enfoui dans le cœur du Juge. Il n'était même pas présent pour la veillée nocturne.

« Que suggérez-vous Monseigneur ? » demande Aphrodite à Shion pour changer de sujet.

« Nous allons immédiatement répondre à la faveur du Serpentaire. » affirme t-il en faisant signe à deux soldats de porter l'armure de la treizième au centre du Palais.

« Chevaliers, je vous demande la plus grande concentration. Tous les jours à la même heure, ce cosmo interagit avec Athéna. Nous avons peu de temps. Plus les jours passent, plus cette énergie diminue. Ça sera à vous de jouer pour maintenir ce cosmo. De ce fait, lorsque nous aurons maîtrisé cette activité télépathique, la lance aura suffisamment d'énergie pour se prononcer et ainsi nous guider vers son maître. Athéna épaulera de son cosmo les élus pour se rendre vers Aurora. Nous n'aurons qu'un seul essai. Ai-je été clair ? »

« Oui» firent en cœur les combattants.

« Et cela va bientôt commencer. C'est pour cette raison que je vous ai tous réunis maintenant.» prévient le gouverneur du Sanctuaire.

Pendant de longues minutes interminables, les protecteurs ferment les yeux, attendant le miracle espéré, guettant la moindre manifestation cosmique. Le silence fut pesant, étouffant, lourd. Shion fut étonné. Quelque chose ne va pas. Un coup d'œil à Athéna confirment ses craintes.

Aors que tous se désespérait, le souverain intervient : « Je le sens.. »

« Bien, » intervint Athéna, « Je vous demande de tous accorder vos cosmos, vos esprits, vos corps. »

Le temps semblait s'être suspendu pour quelques instants. Seule une mer d'énergie dorée enjolivait le paysage. L'assemblée se tient prête. Près de la moitié de l'armée d'Athéna sont présents et cela suffit à peine à compenser le quart des pouvoirs du Serpentaire. Cela donne une idée de l'étendue de la force brute qu'était Aurora. Les Juges et les Marinas s'adonnent également à cette tâche et offre leur énergie pour compléter cette énergie. Une aura entoure l'armure de la treizième. Les guerriers restent aux aguets et alors qu'elle allait disparaître, sa flamme fut ravivée par les cosmo présents. La lance du Serpentaire que tenait Shion dans les mains réagit instantanément et se plaça au centre de l'armure. Quelques secondes plus tard, elle entre en communion avec trois chevaliers d'or.

« Vous avez été choisi. »

Doko venait de s'adresser aux intéressés : Milo, Aiolia et Saga sont les chevaliers dont le cœur est le plus proche d'Aurora. Ils ne sont pas les seuls. Les spectateurs ont ouvert les yeux maintenant qu'ils contrôle la lance et ils sont stupéfaits. Ils ignorent s'ils doivent se réjouir ou s'enfuir : Eaque et Baian sont les autres privilégiés.

"Quelle abnégation" marmonne Asterion en envoyant un regard noir au Juge de l'Enfer.

« Approchez-vous du Sceptre du Serpentaire. » s'exclame Shion.

Le Juge et le Général obtempèrent. La magie gagna davantage l'armure. Eaque se concentra pour invoquer plus de pouvoirs et la transmettre à celui de l'armure. Baian fit de même et tendit sa main.

« Mutu, où es-tu passé mon chevalier ? » songea le Garuda. Lui aussi veut la revoir mais il sait que ce n'est pas possible. Il a d'autres attributions qui l'attendent.

« Athéna et moi-même allons ouvrir une porte temporelle avec l'aide la lance pour que vous puissiez rejoindre Aurora. Milo, Aiolia et Saga, où qu'elle soit, morte ou vive, ramenez-là. » ordonna Shion.

« A vos ordres. » répondit les chevaliers d'or en cœur.

Athéna sceptre en main, fit appel à son cosmo pour aider ses chevaliers à trouver une faille. Une distorsion se crée dans l'espace. Le souffle de la porte dimensionnelle avait une telle puissance que les différents protagonistes devaient utiliser leur énergie pour rester debout.

« On compte sur vous. Pour revenir, vous n'aurez qu'à faire signe en invoquant Athéna. Gardez-bien la lance, elle qui vous guidera. Saga, tu connais les dimensions, tâches de ramener tout le monde vivants.»

"Je le ferai Seigneur." affirma le Gémeau.

La sceptre semblait surtout entrer en harmonie avec le Scorpion. Shion confia la lance au chevalier : « C'est toi qui la sentira en premier, Milo.»

Il hocha la tête et fit signe à ses compagnons de le rejoindre.

« Vous ne devez en aucun cas vous lâcher la main durant le voyage. Cela risque d'être mouvementé. »

« Oui. » répondirent les chevaliers qui prirent le chemin du temps avec appréhension. Sauf peut-être le Gémeaux habitué à ce genre de tour de passe-passe. Ils disparurent aussitôt sous les yeux de leurs collègues. Et s'ils ne revenaient pas eux aussi ?

###

La douleur était atroce. Presque insupportable mais elle tenait bon. A chaque fois qu'elle invoquait son cosmo, c'était la même chose. Ce calvaire lui traversant tout le corps pour en fin de compte n'obtenir .. aucune réponse. Elle le savait mieux que personne. Depuis qu'elle lutte contre la mort, elle est si épuisée, mutilée, qu'elle ignore cette désespérance qui pourrait la condamner. Seul l'espoir compte. En pensant à ses amis, au Sanctuaire, cette famille qui la maintient encore en vie, le Serpentaire gagne un jour à chaque fois. Une vraie victoire lorsqu'on connaît l'issu du combat qu'elle a vécu. Essoufflée, elle s'écroule lamentablement, se retenant de ne pas tomber. Prise à nouveau de douleurs, elle s'assied au bord de la rivière pour méditer. Elle sent ses forces la quitter. Alors, elle ferme les yeux. La menace est éradiquée grâce à elle. L'avenir sera radieux.

Au même moment, trois étrangers sont réveillés par un berger. Milo, Saga et Aiolia ont atterris dans cette montage au milieu de nul part parmi des moutons et des chèvres.

« Dé Pé ! Dé Pé* ! » en secouant les jeunes hommes à peine remis de leurs émotions.

Milo ouvrit les yeux. Il avait l'impression d'avoir dormi des siècles. Il rassembla ses pensées et se souvient de sa mission : trouver Aurora. Saga et Aiolia se réveillèrent en même temps. Ils se redressent en observant le paysage autour d'eux : sont-ils dans une monde parallèle ?

L'homme en face ne parlent pas leur langue. Difficile de se faire comprendre. Dans son jargon natal, l'inconnu leur clamait: « Que vous êtes-ils arrivé ?» dit-il en les considérant longuement, « Vous n'êtes pas d'ici ! »

Ses efforts restèrent vain. Un autre arriva. Celui-ci échangea quelques mots avec ce dernier. Les chevaliers les regardait s'exprimer en mimant des gestes. Ils parlaient bruyamment avec les mains comme le font les méditerranéens, leur rappelant Aurora, Angelo ou Mia. Ils sont donc au sud de l'Europe mais où ? Les deux étrangers firent signe de les suivre. Tous traversèrent un sentier et aboutissent devant plusieurs maisons de la région, assez pauvre.

« Le paysage est splendide mais la misère règne en maître ici. » constata Saga.

"En effet." répondit le Lion.

Le vieux Berger leur fit signe de patienter alors qu'il entre dans une bâtisse plus modeste que les autres. Un homme aveugle et âgé en sortit, une sagesse se dégageait de lui.

« Ça doit être le chef du village. » dit Milo.

« Il va peut-être nous renseigner. » continua Aiolia.

Le vieillard marchait péniblement et fut aidé par ses pairs pour avancer. Il observa les étrangers face à lui, parfaitement impassibles. Il maugréa quelques phrases puis s'exprima avec un fort accent dans la langue des chevaliers.

« Vous êtes Grecs ? »

Les trois camarades acquiescèrent.

« Je l'ai deviné à vos allures, serviteurs d'Athéna.» Les trois amis haussent un sourcil et furent étonnés. Ce vieil homme sait plus que de choses qu'il en l'air. « Vous l'êtes n'est-ce pas ? »

« C'est le cas. » répondit Saga.

« Que nous vaut l'honneur de trois chevaliers d'or ici ? »

Les guerriers se concertent du regard.

« Comment le savez-vous ? Seul les Saints peuvent le deviner. » rétorqua le Scorpion.

« J'ai reconnu votre cosmo. J'ai travaillé pour le Sanctuaire il y a fort longtemps pour le Pope Sage. J'étais un valeureux guerrier mais pas assez pour devenir chevalier. Alors je suis devenu son aide de camp. »

Aiolia : « Pourquoi avez-vous quitté le Sanctuaire ? »

« Je n'avais plus rien à y faire lorsque ce dernier est mort. On m'a autorisé à finir mes jours ici. Et vous messires chevaliers, que nous vaut l'honneur de votre visite ? »

« Mission secrète. » répondit Milo.

« Où sommes-nous ? » demande Aiolia.

« Vous êtes à La Serra de Estrella, la contrée montagneuse de Coimbra. »

« Le Portugal … »

Les chevaliers eurent la même pensée.

« A quelle époque sommes-nous ? » demande prudemment Milo.

« Vous avez erré dans les couloirs du temps. C'est bien ce qu'il me semblait. Alors vous recherchez quelqu'un … »

Aiolia : « Nous ne pouvons rien vous dire. »

L'homme : « Et vous, de quel futur venez-vous ? »

« Répondez-nous ! » fit le Scorpion.

« Milo … » temporisa Aiolia.

« Jeune-homme. Je ne suis qu'un inconnu aspirant au calme et à la sérénité. Votre cœur est tourmenté j'en suis désolé. »

« Co.. Comment ? »

« Savez-vous quelque chose ? » demande Saga en jetant un œil bienveillant à Milo.

« Il y a de cela un moment, une puissante météore est tombée derrière ce Mont que vous voyez là-bas. » en désignant une crête enneigée, « Elle a déracinée une forêt et des troupeaux entiers. »

Saga : « Et ensuite, que s'est-il passé ? »

« La population était affolée. Car il y avait eu comme un tremblement de terre. Cela a duré quelques instants mais ce fut intense. Et c'est là que je l'ai ressenti. »

« Quoi donc ? » demande Milo.

« Deux gigantesques énergies. »

Il n'avait point à en dire plus. Les chevaliers comprenaient ce que cela signifiait.

« Quel jour sommes-nous et à quel siècle ? » réitéra Aiolia.

« Nous sommes le vendredi 18 septembre, en l'an 1809. »

« Le 19ème siècle. » souffla Milo.

« Mais, la guerre Sainte est terminée depuis longtemps. Comment pouvez-vous être encore en vie ? Le Pope dont vous parliez vivait entre le 16ème et le 18ème siècle. » dit Aiolia.

« Je suis né en 1696. On m'a récompensé pour avoir protégé le Sanctuaire. L'actuel Grand Pope a fait en sorte de m'offrir quelques années de plus. »

Milo : « Si je ne m'abuse, c'est le Seigneur Shion qui gouverne le Sanctuaire en cette ère. »

« Oui. » dit simplement l'homme.

« Nous le connaissons. » ajouta Aiolia.

« Racontez-nous la suite de cet événement dont vous parliez. Avez-vous trouvé quelque chose ? » poursuit Saga.

« Avec quelques hommes forts, nous nous sommes rendus sur le lieu du désastre. Il n'y avait plus rien de vivant dans un périmètre de plusieurs hectares. Le souffle de cette explosion fut considérable. »

Les chevaliers sont maintenant parfaitement sûrs que cet homme évoque les derniers instants de leur amie et de Demetria qu'elle avait entraîné avec elle.

« Elle a donc réussi à ouvrir une dimension avant de disparaître.. » exposa Milo à ses compagnons par cosmo interposé. Ses homologues hochent la tête en guise de réponse.

« Continuez je vous prie. » dit Saga au vieil homme.

« Au milieu de tout cela, j'ai ressenti un cosmo. De la détermination s'en émanait. Une telle ferveur, une ténacité, cette envie de vivre si forte que j'en fus impressionné. »

« Aurora … » murmura presque pour lui-même Milo.

« C'est donc le prénom de cette jeune-femme ? Je savais qu'elle nous n'avait pas tout dit. »

Milo et ses amis crurent s'étrangler d'effroi.

« Que dis-tu ? » demanda le Scorpion, interloqué, s'approchant du vieux chef, « Qui est cette femme dont tu parles ? »

Saga : « C'est bien une femme que nous cherchons. » en se tournant vers l'homme.

« Lorsque mes hommes et moi sommes arrivés, deux guerrières gisaient à terre. Elles portaient des restes d'armure. L'une avait un espèce de surplis, l'autre une en or. J'ai toute de suite compris. Nous les avons secouru. »

« Ensuite ? » continua Aiolia.

« La femme sombre nous a prestement demandé de l'achever tant elle souffrait. Sa congénère respirait difficilement. Nous avons cru qu'elle mourrait. Mais ce fut le seconde qui rendu l'âme en donnant ce qu'il restait de son énergie à l'autre et en nous suppliant de sauver ''sa sœur'. »

« Alors Demetria a survécu… » rétorqua Saga par télépathie, « Quelle force. Elle était une vraie guerrière. »

Milo : « Quant est-il du chevalier d'or ? »

« Elle est restée dans le coma. A son réveil nous l'avons nourri afin qu'elle reprenne des forces. Un chevalier d'Argent envoyé par le Sanctuaire est intervenu, ayant senti cette explosion de cosmo. Il l'a guéri avec son pouvoir. Elle parlait peu. Ses blessures étaient graves. Je sentais qu'elle souffrait mais elle ne se plaignait jamais.»

« Qu'est-il arrivé ? »

« Un beau matin, elle disparu. Un simple mot « merci. » Nous ne l'avons jamais revue. »

« Tu n'as ressenti aucun cosmo les jours suivants ? » demande Saga.

« Hélas je ne suis plus assez qualifié pour ça. » dit l'homme désolé.

« Tu nous as déjà beaucoup aidé.. » consentit Aiolia.

« Elle n'a pas dû aller loin. Elle n'a pas pu survivre seule. »

« Comment peux-tu parler d'elle de cette manière ? Elle était le chevalier du Serpentaire, le plus vaillant de nos pairs ! » pesta Milo.

"Milo." calma Aiolia.

« Je me doutais que c'était sa constellation. De très nombreux rampants rodaient autour des maisons durant sa convalescence. »

Saga : « Se quel côté aurait-pu-t-elle aller ? »

« Si elle s'est établie quelque part pour partir en paix, elle est certainement aller vers l'ouest. Elle me doit d'ailleurs un couple de chèvres. »

Les chevaliers se regardent. Aurora aurait dérobé des cabris ? Il n'y a qu'elle pour être si imprévisible. Et il faut pas oublier que son signe de terre est Capricorne. Elle n'a pas fait cela sans réfléchir.

« Allons-y. » enchérit Aiolia.

« Messieurs. Vous ne trouverez peut être que le malheur au bout de votre chemin. »

« Peut-être pas. » rétorqua Milo.

« Je doute qu'après ces mois elle s'en soit sortie. »

« Mais elle nous a quitté il y a seulement cinq semaines ! »

« Le temps et l'espace diffèrent lorsqu'on voyage dans le passé. » répondit l'homme au Scorpion.

« Il a raison. » dit Saga, « Combien de temps d'après vous ? »

« Je dirais environ 90 jours. »

« Souvenez-vous. Aurora était le chevalier du temps. Lorsqu'elle partait quelques heures cela équivalait à des jours. Cet homme dit donc vrai. »

« Par Athéna ! » grogna Milo presque désespéré.

Les trois compères prirent congés après avoir remercié leur hôte. Ils se sentaient dans une confusion absolue. Que vont-ils trouvés là-bas ? Seul l'avenir le dira.

###

Ils marchaient inlassablement depuis des heures, cherchant en vain des traces même infimes de la présence passée de leur sœur d'arme. Ils avaient retrouvé la fameuse forêt dévastée. Seule une pluie véhémente pourrait venir à bout de ce paysage de désolation. La chute des deux femmes a dû être spectaculaire, terrifiante. Le groupe de jeunes-hommes commençaient à se demander si ce vieux chef n'avait pas raison. Mais ils se devaient de continuer.

« Il n'y a rien ici qui puisse témoigner d'une quelconque vie récente. »

« On doit continuer. Aurora est forcément quelque part. » répondit Saga à Aiolia.

Milo marchait droit devant lui. Il craignait les retrouvailles avec son amie. Sera-t-elle réellement morte et, ne retrouveraient t'on que ses restes ? Milo en a le cœur serré rien que d'y penser. La vue du corps sans vie, si magnifique autrefois, Milo ne pourrait le supporter. Il tient à garder une image saine et positive d'Aurora. Il sait qu'il y a très peu de chances qu'elle ait pu survivre autant de temps. Le Serpentaire avait beau être forte, elle avait tout donné en emportant Demetria avec elle. Pour la première fois elle avait trouvé un adversaire à sa taille. Elle a pu déployer sa puissance à 100% sans se soucier de ce qui pourrait lui arriver.

« Regardez ! » dit soudain Aiolia en pointant son index vers l'est, « On atteint une autre contrée plus boisée, celle dont parlait cet homme, peut-être aurions-nous plus chance cette fois-ci. »

« Ecoutez, j'entends le bruit d'une rivière. » continua Saga.

« Si j'étais un chevalier invalide arpentant depuis des heures, je me serai dirigé à cet endroit. » termina Milo.

Le trio se concertent d'un regard. Après une bonne demi-heure de marche, ils arrivent dans une magnifique vallée montagneuse où s'exposent devant eux de vastes champs fleuris. Des bois mêlant sérénité et harmonie rejoignent la fraîcheur du paysage sous leurs yeux. L'endroit, respirant comme un Printemps nouveau, était parfaitement calme. Seul le frémissement du vent, les chants des oiseaux de la région, les bêlements d'un troupeau de brebis au soleil et le bruissement du long ruisseau séparant la large plaine faisaient écho d'une présence. Au loin, une maisonnette était plantée au milieu de nulle part. L'atmosphère respirait le bien-être, les insectes se doraient au soleil et butinaient les plantes bougeant au gré du vent.

« C'est un endroit qu'elle aurait appréciée. » affirma Aiolia à ses amis.

« Sans aucun doute. » acquiesça Saga.

Ils décident de s'installer pour la nuit dans une maisonnette non loin d'ici. Elle semblait habitée malgré la précarité des lieux. Assis sur un rocher, Milo admirait la carte postale sous ses yeux.

Saga : « L'endroit est vétuste mais habité. Ça doit être un berger vivant dans les environs. Sans quoi ce troupeau ne se trouverait pas là. »

« Peut-être que le maître des lieux pourra nous renseigner. »

Le groupe d'hommes se restaura au coin du feu en silence. Il n'avait nul besoin de tergiverser. L'endroit serein parlait pour lui-même. Et alors qu'ils finissaient leurs mets, la lance du Serpentaire se mit à réagir vivement dans la nuit tombante.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » fit Aiolia en se redressant.

Saga : « Elle essaie de nous dire quelque chose. »

« Mais qu'est-ce que cela signifie ? » demande Milo.

Aiolia : « Mes amis, elle veut nous guider. »

Saga ferma les yeux et conclu : « La lance ne réagit qu'à son propriétaire. »

« Cela voudrait dire … » continua Milo qui commençait à comprendre.

Il eut à peine finit sa phrase que la sceptre se dressa et tel un jet de lumière, s'envola vers l'est.

« Nous devons la suivre ! »

« Allons-y ! » enchérit Aiolia.

Saga : « Milo, Aiolia ! Je tiens à vous mettre en garde. Ce n'est pas parce que la lance s'est éveillée que son maître est vivant. Elle a simplement détecté sa présence. »

« Nous le savons mais essayons de rester optimiste. » rétorqua Milo.

Le troisième gardien ne répond pas. Il sait que son camarade est déterminé à récupérer son amie et qu'il ne trouvera le repos tant qu'il ne l'aura pas revue. Ils suivirent un moment le cosmo de la lance. Leurs efforts finissent par payer. Ils aperçurent alors une vive lumière au loin.

« La voilà ! » dit Aiolia, « Où nous a-t-elle menée ? »

Il n'eut pas le temps d'attendre une réponse que le Scorpion se figea net, dans l'herbe.

« Milo ? »

Saga avait lui aussi saisi la situation et s'immobilisa.

« Aiolia, ne sens-tu pas ? C'est très faible mais présent. »

« Elle .. Elle est là ! » répliqua le Lion d'or.

Il ne l'a pas dit deux fois. Les trois hommes précipitèrent leurs pas, la lance en vue. Elle était debout, plantée au milieu d'un troupeau de chèvres. A ses côtés, emmitouflée dans une toge épaisse, une personne appuyée à une canne semblait somnoler, assise sur un rocher plat. Les chevaliers remarquent soudain des dizaine de reptiles s'engouffrer vers l'inconnu, effrayant par la même occasion les herbivores. Les serpents s'arrêtèrent net autour de l'inconnu. Les trois hommes se regardèrent.

Aucun doute possible.

« Aurora ! » s'écria Milo.

L'inconnu sursauta. La silhouette se retourna péniblement et croisa au loin, le regard des chevaliers. Elle tomba à la renverse.

« Qu-quoi ? »

« Par Athéna ! Elle est vivante ! » fit Aiolia.

Saga : « Allons la secourir immédiatement ! »

Mais le Scorpion les avait devancé à la vitesse de la lumière. Il pris le Serpentaire dans ses bras, alors qu'elle se redressait péniblement.

« Mi-Milo .. » prononça-t-elle.

« Je savais que tu avais survécu. » donnant instantanément de son cosmo.

« Je savais que tu me retrouverais …»

Elle s'évanouit, une larme perlant sur sa joue. Ils sont arrivés à temps. L'espoir qui caractérise les chevaliers d'Athéna ne sont donc pas qu'une croyance.

Aurora en est certaine à présent.

###

Dans la maisonnette, l'émotion était vive. Ses compagnons jetent un œil fraternel à la jeune-femme : elle était d'une maigreur épouvantable. Son corps était couvert de brûlures et de cicatrices mal soignées, sa peau était pâle et elle avait perdue de sa splendide chevelure. En somme, son état est alarmant. Ils ne reconnaissaient plus la guerrière intrépide. Face à eux, c'est un spectacle de douleurs. Ils sentaient la souffrance de leur sœur d'arme qui respirait difficilement. Elle gardait pourtant son sourire dans le sommeil et plusieurs fois, murmura le prénom du Scorpion.

« On dirait qu'elle t'attendait. » chuchota Aiolia.

Milo n'avait pas quitté la portugaise d'une seconde. Saga lui avait fait confectionner des habits plus chauds. Ils étaient au début de l'automne, Aurora tremblait de froid. Certainement dû à la malnutrition.

« On va la vêtir plus dignement, la laver des impuretés et la nourrir. Puis nous rentrerons au Sanctuaire. Elle ne tiendra pas longtemps.»

Aiolia : « Moi aussi je le sens. »

« Comment a-t-elle pu survivre dans cet état ? » se questionna Milo.

« Là connaissant, elle a économisé son énergie pour nous envoyer un peu de son cosmo chaque jour. Et aujourd'hui, elle semble être arrivée au bout de ses capacités. » explique Saga.

« Comme si elle savait que ce jour allait arrivé. »

« Elle est à bout de force. Elle a dû contenir ses émotions pour ne pas mourir. Sa foi en nous l'a aidé à survivre. » commenta Milo.

« C'est un grand chevalier. » commenta Aiolia.

« Ancien grand chevalier … » fit une voix faible.

« Aurora… » lui dit Milo.

Elle était à allongée sur un matelas de paille.

« Milo .. Saga, Aiolia. Comment pourrais-je vous montrer toute ma gratitude? »

Aiolia : « C'est nous qui devrions se prosterner, chevalier .. »

« Ex chevalier je vous dit. »

Saga : « Tu es et resteras cet éminent chevalier. »

« Pas cette fois-ci, je le crains. »

« Chevalier … » dit doucement Milo, posant un regard tendre à son amie, « Reposes-toi. »

« Ne me laissez pas seule. »

« Tu fais l'enfant chère amie ? » s'amusa Aiolia en remontant la couverture sur elle.

« Nous ne t'abandonnerons pas. » répond Saga en lui donnant à boire, maintenant sa tête pour qu'elle puisse avaler.

« Merci. » répondit-elle. Puis elle prit la main du Scorpion : « Milo ... je .. »

« Economises tes forces. » coupa-t-il, sentant la jeune-femme sous le coup de l'émotion, « Nous partons à l'aube. On aura besoin de tout le cosmo nécessaire. Et tout le temps de discuter après. » .

Aurora se recroquevilla sur elle-même et posa sa tête sur les genoux de son ami. Milo veillait sur elle d'un œil tendre. Aiolia et Saga épousèrent un rictus. L'amitié entre les deux protagonistes est toujours aussi ambiguë. Mais qu'importe, tout vient à point pour qui sait attendre. Et le Scorpion, bien que choqué - même s'il ne le dit pas, a retrouvé son amie et ne va pas la laisser tranquille. Ils le connaissent que trop bien.

Le lendemain Milo était le dernier réveillé, vraisemblablement le plus épuisé du trio. Quand il ouvrit les yeux, il constata qu'Aurora n'était plus là. Son sang ne fait qu'un tour dans sa tête et il sortit précipitamment de la maisonnette.

« Du calme Milo, Saga s'occupe d'elle. » prévint Aiolia qui préparait leur départ.

« Où sont-ils ? »

« A la rivière. »

Le huitième gardien marcha en direction du ruisseau. Il y retrouva Saga en train de finir de laver la jeune-femme.

« Comment va-t-elle ? » demande-t-il au doyen des Ors.

« Avoir manger lui a fait du bien. »

Le Grec demande à Milo de lui faire passer la tunique qu'il avait emporté avec lui. Aurora avait senti le chevalier prendre soin d'elle et la baigner doucement dans les eaux ruisselantes. Ce qui a eu pour conséquences de la faire frémir.

« Je suis désolé, l'eau est fraîche, c'est pour ton bien. » avait prévenu Saga.

Le chevalier n'était absolument pas embarrassé à l'idée de voir le corps nu et blessé de sa camarade. Il en a vu d'autres.

« Je suis laide … » lui dit-elle.

« Tu as survécu à la plus terrible des batailles.» avait répondu le Gémeau d'un sourire compatissant.

« J'aurai du t'épouser.»

L'homme sourit. Les boutades du Serpentaire lui ont manqué. Milo afficha également un rictus. .

Après avoir rhabiller le Serpentaire, ils décident de presser le pas, la voyant de plus en plus fébrile.

Aiolia débarqua, sceptre en main : « On doit se hâter. »

« Aurora, te sens-tu capable d'invoquer une dernière fois Athéna ? »

« Je pense que oui.» répondit-elle.

Saga la prit dans ses bras pour la mettre dans ceux de Milo. Ils se mirent en cercle. Le Scorpion aida son amie à soutenir la lance qui scintilla lorsqu'ils concentrèrent leur énergie autour du cosmo de la jeune-femme.

« A-Athéna .. Entendez mes paroles.. ô .. ma Déesse, je reviens à vous, moi le chevalier du Serpentaire. »

Elle se concentra davantage et ses compagnons l'imitèrent. Leurs cosmo fusionnèrent en un seul. Aurora perdit ses forces, lessivée. Le groupe maintenait le cosmo de leur sœur d'arme et firent appel à la porte du temps.

Saga s'exclama de sa voix de baryton : « Armure du Serpentaire, montres le chemin menant à Athéna, nous, nobles frères d'arme de ton maître. »

Quelques instants plus tard, une porte temporelle s'ouvrit. Saga usa de sa technique des dimensions pour rejoindre le Sanctuaire. Il ne l'avait pas fait à leur arrivée, ignorant ce qui les attendait. Mais pour le retour, il connaissait la démarche à suivre.

« Nous devons rester unis sous peine de nous perdre dans les couloirs du temps. »

« Alors allons-y Saga, Milo. » dit Aiolia déterminé.

« Aurora, nous rentrons à la maison. » lui chuchota Milo.

Cette dernière s'accrocha davantage à lui et ils s'engouffrèrent. Le Serpentaire est de retour.

*levez-vous en portugais