Flash-back
Sanctuaire, Juillet 2003 [deux ans plus tôt]
Une grande réunion inter-sanctuaire allait avoir lieu. Après cinq ans de labeurs et de patience, toutes les armées des Déités sont enfin rétablies. C'est une première dans l'histoire du Sanctuaire. Car cela fait maintenant treize ans que la Guerre Sainte est enterrée.
Au Domaine d'Athéna, les jours passent tranquillement rythmés par une douceur de vivre incongrue, et par les préparatifs pour l'arrivé des différentes délégations. Et ce jour précisément était une magnifique journée. Le soleil brillait dans le ciel, les rares nuages étant trop petits pour le cacher efficacement. De ce fait, la bonne humeur était de mise au Sanctuaire. Les soldats étaient plus détendus, les apprentis s'amusaient plus qu'ils ne s'entraînaient et même les maîtres se montraient plus tolérants qu'à l'ordinaire. Tout le monde avait tant montré de bonne volonté. Ainsi, Shion sensible à l'état d'esprit général avait décrété une journée de repos pour tout le monde. Ces genres de moments paisibles avaient été suffisamment rares dans leur vie, voire inexistants, pour qu'ils en profitent aujourd'hui.
Les chevaliers d'or demeuraient dans leur maison afin d'accueillir dignement de prestigieux invités qui logeraient dans leurs appartements privés dans une quelques heures, ainsi qu'au Palais. Bien évidemment, le Serpentaire s'occupe d'héberger Eaque du Garuda en ses lieux ! Shion voyait cela d'un mauvais œil, mais après tout, leur relation bien que discrète est approuvée par Athéna et Hadès. Ce dernier en sait quelque chose avec son épouse Perséphone qui lui a été rendu, autre condition pour la paix. Il voulait retrouver sa bien-aimée, fruit de l' amour entre Zeus et Déméter, Déesse de la Terre et des Saisons. Et le Dieu sombre était plus tolérant depuis.
De leurs côtés, les Saints dorés apprennent à concevoir leur devoir de chevalier et leur vie d'homme. Aurora a fait en sorte qu'ils se soient intégrés, qu'ils ne mettent pas de distance entre eux. La guerrière avait écouté les souvenirs de leur première vie en passant des soirées dans chacun des temples pour mieux les cerner. Ces derniers ont apprécié l'intérêt sincère que leur porte leur nouvelle camarade. Elle était absolument effarée qu'ils ne se côtoyaient que peu et ne se connaissait pas alors qu'ils sont voisins de palier. Elle les avait presque engueulé un soir en son Temple lorsqu'ils furent tous réunis. Les Saints n'osaient pas répondre, tant elle fut indignée :
« Vous êtes des sauvages, incompréhensibles opiniâtres ! Comment pouvez-vous grandir ensemble, partir chez vos maîtres puis vous ignorez toutes ces années et faire comme si de rien n'était ? C'est paradoxal pour des hommes exceptionnels qui servent une cause juste ! Je saisi mieux pourquoi cette bataille fratricide a eu lieu. »
Aurora mis en place toutes sortes d'accointances au sein du Domaine sacré afin de rapprocher les chevaliers. Avec les Argents et les Bronzes, cela a été assez naturel. En ce qui concerne les Ors, elle a dû batailler pour se faire entendre. Comme par exemple organiser une soirée entre eux dans une maison du zodiaque une fois par semaine à tour de rôle. Respecter les dîners de la semaine avec le Pope, sortir du Sanctuaire lors de leur journée de permission, ce qui a été la chose la plus pénible à entretenir ! Les guerriers ne voyaient pas pourquoi s'adonner à de telles activités.
Pour le moment, le temps est à la détente et aux échanges. Aurora s'est faufilée discrètement parmi les douze maisons pour savoir ce que pouvait bien trafiquer ses frères d'armes durant leur temps libre. Un nouveau passe-temps qui exaspère au plus haut point ses compagnons sachant parfaitement qu'ils sont surveillés par le Serpentaire. Son nom était scandée ces temps-ci et cela amusait au plus haut point cette dernière, hilare.
« Aurora, sors immédiatement d'ici .. » avertit Shura, au pied de son Temple, discutant avec Camus, leur compagne d'arme les guettant cachée parmi les buissons.
« Aurora, rends moi cette serviette ! » menace de sa voix dangereuse le chevalier des Gémeaux qui n'a pas apprécié être dérangé dans les thermes réservés aux hommes.
La Treizième avait en effet trouvé égayant de titiller le troisième gardien pour admirer son impressionnante musculature : « Saga, pourquoi te camoufler ? Tu as le corps le plus magnifique ! » sous les yeux des autres chevaliers d'ors outrés.
« Aurora, inutile d'essayer de me manipuler ! » avait ponctué Shaka lorsque cette dernière voulu l'envoyer dans une dimension afin de tester ces capacités, se vantant d'être un demi-Dieu.
« Aurora, je t'interdis de traverser ma maison dans cette tenue ! » vociférait Camus quand Dame chevalier avait décidé de provoquer le Verseau. Cette dernière a investi le onzième temple déguisée en Reine des Enfers sous les yeux hébétés des autres qui décidément ne se feront jamais à la personnalité décalée du Serpentaire.
« Pourquoi es-tu si … normale ? » avait demandé ses collègues autour d'un feu de camp.
« Mes amis, cette familiarité et cette bonne humeur vient du fait que j'ai eu la chance d'avoir une enfance ordinaire. Je n'ai jamais oublié d'où viennent mes racines, ni qui je suis. On a beau être de puissants êtres, nous en restons pas moins des mortels et je pense que la vie vaut la peine d'être vécue. Vous savez, quand il y a la bataille des douze maisons, les Bronzes ont été les premiers a prouvé que l'amitié, l'amour, sont les moteurs de la détermination pour une foi qui nous semble juste, afin de vaincre n'importe qui. La solidarité dont ils ont fait preuve a fait le tour des Royaumes et par respect pour eux, je me dois de les transmettre aux prochaines générations. Je les connais vous savez. Ils ne regrettent rien. Nous avons les mêmes valeurs et je pense qu'à travers moi-même, vous retrouvez un peu d'eux. Le bonheur se cueille maintenant ! »
Les Saints se considèrent.
C'est vrai que l'impertinence du Serpentaire rappelle Seiya. La confiance en elle rappelle Shiryu, la générosité celle de Shun, la générosité celle de Hyoga et la fougue celle de Ikki. Ces traits de personnalité des chevaliers légendaires qui sont combinés au Serpentaire. Les Ors réalisent qu'ils en avaient beaucoup demandé à ces jeunes hommes, sans aucune considération pour eux et leurs sentiments. Parce qu'ils n'avaient vu en eux que le Chevalier sans se préoccuper de l"humain. Ils s'étaient volontairement aveuglés, par facilité. Et maintenant, en étant mis devant leur égoïsme, ils regrettaient. Aurora avait touché un point sensible. Même si elle aimait en jouer, elle refusait de les juger ou les faire ressentir un certain mal-être. Et cette semaine en compagnie de leurs anciens adversaires sera une nouvelle épreuve à passer.
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En tant qu'hébergeur de la grande rencontre, les Chevaliers avaient fort à faire pour qu'aucun incident n'éclate dans le Domaine sacré. Shion n'en voyait pas la fin. S'il n'y avait pas eu Doko et Aurora pour l'assister, il se serait sûrement déjà arraché les cheveux par poignée entière. Pourtant, quelques jours avant l'événement, Aurora avait changé d'humeur. Ses compagnons d'armes remarquent un autre visage du Serpentaire : distante, cherchant des réponses à ses interrogations. Ils en discutèrent entre eux, se questionnant de la bonne humeur évaporée de leur amie. On ne la entendait plus rire ou malmener ses apprentis pour les endurcir. Aurora était tout simplement une autre personne. Le chevalier. Ils décidèrent de lui parler au déjeuner. Mais la jeune-femme s'est désistée.
« Que se passe t-il Monseigneur ? Aurora est absente, elle qui apprécie tant ces moments de partage ? » demande Aiolia au Souverain lors d'un repas.
« Elle est en mission. » répondit le Pope. « Aurora a senti un cosmo malveillant se réveiller dans une contrée en Afrique du sud. Selon elle, c'est un préambule de la menace. Seul le chevalier du Serpentaire peut entrevoir ce genre de manifestations. »
Saga : « Je comprends pourquoi elle semblait préoccupée ces derniers temps. »
« C'est vrai que cela nous a quelque peu surpris ! » ajouta Angelo.
« Avez-eu eu des nouvelles, Grand Pope ? » demande Camus.
« Le chevalier du Serpentaire devrait revenir pour la fête inter-sanctuaire. Elle veut régler ce contentieux avant de nous rejoindre aux festivités. »
Alors qu'ils s'apprêtaient à prendre congés pour rejoindre leurs maisons, un puissant cosmo surgit soudain au Colisée, surprenant tout le monde par la même occasion.
« Cette énergie est néfaste ! » lança Milo en se levant brusquement de sa chaise.
« Ne foncez pas tête baissée, chevaliers, je sais à qui nous avons à faire, Aurora m'a envoyé des informations ce matin, craignant une attaque. »
« Et bien on dirait qu'elle a vue juste ! » grogna le Cancer lui aussi debout.
« On ne parvient pas à appeler nos armures ! » s'inquiéta Aldébaran.
Aphrodite : « Moi non plus, elle ne me répond pas. »
Ils ne firent pas prier et se téléportèrent sur le champs dans l'Arène avec Saga et Mu les maîtres en la matière. Shion appréhende. De plus, c'est la première fois que les chevaliers d'or vont se battre depuis leur résurrection. A leur arrivée, les Argents étaient en train de faire la fête à d'étranges guerriers vêtus d'armure rouge et noire. Eux avaient leur habits sacrés depuis le matin. Ils se battaient parfaitement et n'eurent aucune peine à vaincre les indésirables.
Alors qu'ils pensaient que tout était terminé, une énergie incroyable engloba l'arène et les figea sur place.
« Comment est-ce possible ? » clama le Lion, tentant de se défaire de l'emprise de cette énergie négative.
« On dirait que notre cosmo est bloqué ! » constate Aldébaran.
« Hé hé ! On dirait que les célèbres guerriers dorés d'Athéna ne sont pas aussi forts qu'on le prétend ! » fit une voix railleuse profonde, « Je suis venu vérifier par moi-même ! »
« Qui va là ? » s'écria Angelo, excédé.
Shura : « Montres toi ! »
« Chevaliers, c'est leur chef ! » rétorqua Asterion en pointant du doigt une ombre provenant du ciel.
Une lueur d'un noir profond se profila au milieu de l'arène, laissant apparaître un étrange personnage moitié homme moitié bête, une musculature excessive, sa caractérisant par sa barbe et ses cheveux clairs et bouclés. Il tenait dans ses mains un étrange objet.
« C'est cette lance qui divise notre énergie ! » clama Shura.
« Qui es-tu étranger ?! » questionna Saga avec autorité.
« Dites-moi plutôt où se trouve votre représentant d'Athéna, que je lui prenne gentiment sa tête ! »
« Comment ? » grogna Aldébaran.
« Comment oses-tu ! » fit Aiolia en serrant les poings.
« Tu estimes que nous allons te laisser faire ? » déclara Camus qui tenta une attaque de glace sur le guerrier.
« C'est inutile chevalier du Verseau! »
« Que dis-tu ? » réitères le Gémeau.
« Si vous me menez à votre Pope je vous épargnerai et peut-être que qu'on vous prendra à notre service ! »
Argol, le bouclier de la Méduse dans les mains était agacé : « Nous te laisserons pas souiller ce lieu sacré ! »
« Argol, non ! Il a un reflet sur sa lance ! » le prévint Aldébaran.
Persée se rétracta en grinçant des dents. Quel est donc cet ignoble individu ? Aphrodite, sa rose Piranha dans la bouche s'exprima: « Tu dis vouloir nous recruter ? Que c'est amusant ! »
Milo : « Tu vas regretter ta fourberie ! »
« Que veux-tu ? » dit alors une voix qui ne leur ai pas inconnue. Le Grand Pope venait de se téléporter. Il était debout en haut de l'arène, son visage dissimulé sous le masque, digne et parfaitement serein.
Shura l'avertit : « Seigneur Shion, ne vous montrez pas ! »
« Shion ? L'ancien Bélier ? Tu es toujours là, je te félicite." réagit alors l'adversaire,"Je suis venue te prendre tes chevaliers pour renforcer la garde de notre Déité. Ils sont simplement immobilisés ! Je les convertirai à notre cause ! »
« Tu te surestimes vite. » lui répond le Gouverneur sans sourciller.
« Pas tant de sermons ! Tes chers gardiens pourraient peut-être m'érafler ! Ha ha ha ! »
Les Ors serrèrent les dents. Jamais ils n'avaient rencontré un adversaire aussi aigu en matière de télékinésie. Shaka a bien tenté quelque chose. Même la Vierge est étonné par ce pouvoir.
« Qui que tu sois, retournes dans les ténèbres qui t'ont engendré. Peut-être trouveras-tu le chemin de la rédemption lorsque nous t'aurons vaincu. » prévient le blond.
« Et on peut savoir de quelle manière tu comptes me tuer, chevalier ? Les Vierges ont toujours été condescendants. Tu es le second sur la liste après ton cher Pope ! »
« Enfoiré ! » pesta Angelo.
Shaka ne répondit pas, trop occupé à trouver une faille en ce guerrier singulier. L'homme-loup prit soudain une posture inhabituelle, levant ses deux mains au-dessus de sa tête, et laissant apparaître une boule d'énergie rouge comme le sang qu'il maintient avec une facilité déconcertante. Ils virent avec horreur ce cosmo se déployer et se diriger vers le Souverain du Sanctuaire. Sous les yeux effarés des Golds impuissants, le danger fonce sur Shion. Mais une aura lumineuse apparue subitement, stoppant nette l'attaque.
« Qui a osé intervenir ? » pesta l'étranger.
Alors que les nuées de poussières et de pierres se dissipèrent, une silhouette vêtue d'une cape d'un blanc pur et pourpre apparue au milieu de ce capharnaüm. Les chevaliers n'avaient pas senti arriver leur homologue tant son apparition fut fantastique. C'est la première fois qu'il voit cette armure majestueuse en forme de serpent qui recouvrait la jeune-femme, élégante dans ses habits sacrés, l'œil assassin.
Son adversaire allait passer un sale quart d'heure.
« Qui est-tu, femme ? »
La combattante accroupie devant son Pope se redressa dignement, le sourire au coin des lèvres, un mouvement de cape méprisante face à l'intrus.
« Je n'ai pas à me rabaisser à te répondre, insecte ! »
« Qu'as-tu dit ? »
« Repentis-toi et agenouilles-toi face à moi, peut-être que je te donnerai une mort plus douce. »
« Quoi ? » répond l'ennemi, "Tu te moques de moi en plus ?"
« Tu vas disparaître pour avoir osé blasphémer sur mes frères d'arme et le Seigneur Shion ! »
« Dans tes rêves, chienne ! »
Ses amis voulaient intervenir, agacé d'un tel manque de respect. Cette dernière leur fit signe de ne pas bouger : « Chevaliers, cette larve a utilisé son unique don pour vous piéger.» Elle mit en miette la lance maléfique après avoir concentré de son cosmo dans une main et visé l'objet avec une boule d"énergie à la vitesse de la lumière.
« Comment as-tu fait cela ? » demande le guerrier surpris.
« J'ai observé tes techniques en Afrique. Elles sont impressionnantes mais pas suffisante pour terrasser des chevaliers d'Athéna. Tu immobilises tes adversaires par ce sceptre. Cependant, cet arme est animée par le cosmo de ton maître. Ici au Sanctuaire il n'est pas redoutable. J'ai vu de quelle manière tu t'y prenais. D'autant plus que tu as attaqué mes compagnons sans leur laisser une chance de se mettre en garde, ce qui n'est guère loyal. »
« Tu veux dire qu'ils m'auraient vaincu dans le cas contraire ? »
« C'est évident. Sinon comment expliquer que tu aies pu mettre en difficulté des hommes de leur envergure ? »
« Je comprends mieux. Nous avons baissé notre garde ! » grogna Milo.
« Tu vas le regretter ! » continua Shura.
« Laissez-moi m'occuper de lui.» se retournant face à ses amis, elle ajouta :« Vous pouvez vous mouvoir à présent. »
En effet, les neuf hommes retrouvent leur mobilité rapidement.
« Une télépathe ? Intéressant ! » clama l'homme, « Je vais m'amuser avec toi ! » en mettant en garde.
« Imbécile. » clama t'elle en barrant la première attaque d'une main.
« Comment ? » fit l'homme indigné, « Je vais te couper ta langue de vipère ! »
Elle envoya l'indésirable contre une colonne qui s'effondra sur lui. L'homme enragea et fonça sur le Serpentaire. Ça tombe bien, elle a toujours préféré le corps à corps. Sans lui donner l'occasion de la toucher, elle lui porta plusieurs coups de poings, l'épuisant pour l'avoir à sa merci. Il se sentit soudain se faire soulever de terre et balancer une nouvelle fois de l'autre côté de l'arène. Il fit alors plusieurs vols planés, uniquement par un revers de la main de la jeune-femme. Cela ne fit pas abandonner l'homme, bien au contraire. Mais la guerrière est très rapide. Elle lui aligna d'autres coups que seuls ses compagnons virent clairement, mélangé à un style d'art martial peu commun. Puis elle jeta le guerrier par terre et bondit sur lui telle une Lionne, les cuisses resserrées autour de la tête de son adversaire qui ne peut de se dégager de son étreinte. Elle était en train de l'étouffer comme le ferait un véritable Serpent. Car sa grande force réside dans ses jambes.
« Tu . .. tu me broies les os ! »
« Je peux même faire mieux que ça. » en renforçant son emprise. Constatant la défaite de l'homme, elle le jeta vulgairement contre les marches.
« Je n'ai même pas eu besoin d'employer mes techniques. Tu es pathétique ! »
« Tu es redoutable, tu me plais ! » s'essuyant la bouche du sang qui coulait.
« Je t'ai dit de te taire ! » prévint Aurora en en lui assénant un formidable coup de genou dans le ventre puis une droite au visage.
Les chevaliers d'or étaient impressionnés par sa force. Ils n'imaginaient pas qu'elle possédait une telle fougue en elle. Elle ne porte pas le titre de chevalier d'or pour rien.
« Ça c'est un chevalier du Serpentaire. Un poil agressif et violent quand il est légèrement agacé. » affirme Capella du Cocher.
Aldébaran fronce les sourcils : « Et quand elle est vraiment énervée ça donne quoi ? »
« Je ne pense pas que vous seriez prêt à danser avant deux ou trois mois. » continua Dante de Cerbère à quelques pas d'eux, admirant lui le chevalier en pleine forme.
Argol intervient : « Piètre adversaire .. Tu mérites d'être exécuté sur le champs… »
« Vous croyez qu'elle va le lâcher ? » se demanda Angelo bras croisés.
« Je commence à m'ennuyer. Seigneur Shion, puis-je le tuer plus loin afin de ne point profaner cet endroit de son sang ?" Elle se saisit ensuite de l'ennemi : "Excuses-toi ! » le pied sur la tête du personnage, épuisé.
« Chevalier … » intervient Shion, « Il a peut-être des informations à nous fournir. Je te laisse l'opportunité de le faire parler là où tu sais. »
« Comme vous voudrez ! » en s'inclinant, « Toi, tu viens avec moi ! » en le traînant par le col, « D'abord tu vas payer pour tes crimes ainsi que d'avoir osé t'en prendre à des chevaliers sacrés. » le jetant aux pieds de ses compagnons. « Prosternes-toi ! » Elle le poussa violemment devant ses frères d'arme.
Saga s'approcha en considérant avec mépris l'intrus, « Il n'est plus digne d'être notre adversaire. Tu l'as suffisamment puni. »
« Il n'ait que pitié. » continua Milo, son ongle rouge prêt à le punir.
« Qu .. Quoi ? » articula l'homme, « Je te maudit, garce ! »
« Brute ! » répondit Milo, « Cesses de proférer de telles paroles. »
Aurora lui donna un coup de poing dans le ventre et l'entre-jambe : "Silence, imbécile !"
L'homme :« Argh .. Mais qui es-tu à la fin ? Qui est cette femme chevalier ? »
« Très bien, puisque tu insistes, je vais te le dire. Je m'appelle Aurora, Saint d'or de la constellation du Serpentaire. Et, c'est ton jour de chance aujourd'hui .. Car je ne t'ai pas tué. »
« Le Serpentaire ? ''La tueuse de mâle ?'' Alors c'est toi ! »
« Je suis honorée que tu me connaisses. Dis à ton Maître que je le retrouverai.»
« C'est ce que nous verrons ! » cracha l'homme qui se prit un coup d'aiguille écarlate de la part de Milo.
« J'ai dis ''silence'' ! » en l'emportant par le bras.
« Camus, à toi. » s'adressa alors le Capricorne au Verseau impassible.
Le onzième gardien s'exécuta en silence avec son élégance habituelle et gela bras et jambes de l'individu, hurlant de rage.
« Ainsi tu ne pourras pas t'enfuir si l'envie t'en prend. » ajouta Milo.
« Qui que tu sois, tu n'es pas le bienvenu ici. Toi et tes pairs seront mis à mort. » lui dit Saga.
« J'en suis pas si sûr ! »
« Estimes-toi heureux, guerrier maléfique. Aurora n'a pas invoqué toute sa puissance. » affirma Shion.
« Comment ? »
Cette dernière avait pris le chemin du douze maisons et stoppa sa marche. Elle affirma de son insolence habituelle : « Je t'ai l'ai dit, c'était ton jour de chance. Je n'étais qu'à un dixième de ma puissance. Alors imagines ce qui t'attend, toi et tes collègues. »
Le guerrier grommela mais n'eut le temps d'en faire plus car le Cancer l'attrapa par l'autre bras et dit au Capricorne : « Allons l'enfermer au Cap Sounion ! »
« Le Seigneur Shion évoquait plutôt l'autre rive. »
Angelo :« Hum.. Dommage, j'aurai adoré te voir souffrir et mettre ton visage sur mes murs.»
Les deux hommes le traînèrent le fanfaron derrière eux comme un vulgaire paillasson. Celui-ci ne perdit pas de son impertinence et continuait à grogner tout en maudissant les chevaliers et la ladite Serpentaire blasée, qui remonta avec Shion au Palais afin de lui remettre son rapport de mission.
Trois jours plus tard au Sanctuaire, trois groupes de curieux visiteurs à l'étrange cosmo se rejoignirent aux pieds de l'escalier zodiacal, devancé par des jeunes-femme chevalier : les Saintia, garde rapprochée d'Athéna qui leur avait demandé de guider les différentes délégations. En effet, Spectres, Généraux et Guerriers Divins venaient d'arriver au Domaine sacré et beaucoup découvrait ce lieu mythique. Les combattants s'observèrent avec curiosité. C'était, après tout, la première fois qu'ils se rencontraient, exception faite de Sorrento et Siegfried, et de Kanon et des Spectres.
L'ascension se déroula dans le calme. Les visiteurs purent admirer le paysage et l'architecture, démonstration de la force et du pouvoir de la Déesse Athéna. Ils admettaient sans grand mal que c'était impressionnant. Il ne leur fallut que vingt minutes pour atteindre leur destination, ce qui surprit les Spectres. Leurs guides expliquèrent que lorsque le Sanctuaire était attaqué, l'une des protections consistait à « allonger » les escaliers séparant chaque Temple, afin de fatiguer les envahisseurs et de laisser le temps aux Chevaliers de s'organiser. Arrivée en haut, ils furent accueillis par Athéna et son armée. L'olympienne était somptueuse : vêtue d'une longue robe blanche aux épaules dénudées, la simplicité du vêtement était rehaussée par les nombreuses parures et bijoux d'or et de pierres précieuses. Dans sa chevelure était coiffé un ornement, juste au-dessus de son oreille gauche qui ressemblait à une moitié de diadème. Elle tenait son imposant sceptre dans sa main droite, le Pope à ses côtés. Les Chevaliers d'Or se tenaient en une ligne, de part et d'autre d'elle, les Argents et les Bronzes étaient répartis en une sorte de haie d'honneur.
Aurora était un peu décalée vers la gauche de Shion, signe de sa position unique au Sanctuaire. Elle était vêtue de sa tenue officielle de Commandante en chef, une longue toge fendue brodé de fils dorés, un plastron doré recouvrant sa poitrine, des brassards et des cnémides en or sur les parties de son corps : bras et jambes, un serpent enroulait sa cuisse droite. Des bracelets ornaient ses tout sur un manteau de couleur pourpre comme les vaillants chefs antiques et une broche dans les cheveux relevés en demi-queue. Elle était d'une élégance à couper le souffle. Un certain Eaque du Garuda aborda un fier rictus. Elle lui appartient, cette femme Générale.
Lorsque les délégations arrivèrent près des Ors, les guides rejoignent leurs compagnons, leur tâche accomplie. Puis, Athéna s'approcha et salua ses invités d'un sourire. Ces derniers firent de même. Puis, la Déesse prit alors un air sérieux et s'adressa à tous ceux présents.
« Cette rencontre historique est une première pour nous tous. Mais j'espère qu'elle ne sera pas la dernière, car elle marque une nouvelle ère. Depuis les temps mythologiques, moi et mes oncles nous sommes affrontés dans des batailles pour la suprématie de la Terre. Rien ne semblait pouvoir briser ce cycle. Jusqu'à ce que naissent cinq jeunes garçons très spéciaux. »
Il était facile de savoir qui étaient les personnes citées par la divinité. Même si les Bronze Divins Seiya, Shiryu, Shun, Hyoga et Ikki vivaient aujourd'hui leur vie loin du Sanctuaire, ils restaient des chevaliers à qui on leur doit beaucoup.
« Ils ont mis leur vie en jeu pour me soutenir et protéger la Terre. Ils ont repoussé à maintes reprises les limites de leur corps et de leur cosmo jusqu'à transcender leur condition humaine. Et au lieu d'éprouver de la haine envers leurs adversaires, ils ont montré leur grandeur d'âme en faisant leur possible pour qu'une seconde chance leur soit accordée. Ils sont ceux à l'origine de cette paix et de cette nouvelle époque qui s'annonce. Pour cela, ils ont notre gratitude. »
La Déesse balaya l'assemblée du regard et conclut son discours : « Nous sommes réunis pour commémorer cette paix qui dure depuis de nombreuses années maintenant que nos armées sont réunies, et poser les bases de cette nouvelle ère, en apprenant à nous connaître. Je veux croire que nous arriverons à surmonter ces obstacles, que nous pouvons vivre en harmonie ! »
Elle inclina légèrement son sceptre vers ses homologues : « Soyons enfin réunis, pour la paix ! »
Hadès dégaina son épée et, ignorant la discrète tension des Chevaliers, la tendit de sorte à ce qu'elle soit en contact avec Niké : « Pour la paix ! »
Poséidon approcha son trident et toucha les deux armes avec celui-ci : « Pour la paix ! »
Enfin, Hilda compléta le cercle en ajoutant son propre sceptre : « Pour la paix ! »
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Les différents Dieux observent avec intérêt leurs guerriers échanger entre eux un verre à la main, tentant de se mêler aux autres. Cela n'a pas été une mince affaire. Shion fit signe à Aurora de « détendre » l'atmosphère. Son rang et son autorité est toujours respecté .. sauf peut-être celui d'être impertinente.
Elle se plaça au milieu et sortit dans toute sa splendeur :« Chers tous, je vois que les tensions demeurent, allons ! Ne soyez pas si solennel, la guerre est finie ! Décoincez-vous que diable ! »
Shion leva les yeux au ciel. Les armées se regardent. Le Serpentaire poursuivit : « Consolidons les liens. Je vais faire visiter le Sanctuaire à nos invités. Qui m'aime me suive ! »
La plupart des délégations eurent un moment d'hésitation. Ils échangent un regard vers leurs monarques qui leur fit signe de suivre la treizime plus motivée que jamais et déjà rendue devant les lourdes portes. Aurora est connu des quatre Domaines depuis son intervention en leur Royaume. Alors ils lui font confiance à présent. Camus du Verseau emmène la marche en désignant d'un mouvement Siegfried le Guerrier Divin, Kanon le Dragon des Mers et Rhadamanthe de la Wyvern. Tous obtempèrent sans broncher.
La fin de matinée annonça la fin de la visite guidée. Les combattants se trouvaient au Colisée, là où les chevaliers avaient décidé de clore le tour d'horizon. Celle-ci avait été plutôt tendue, malgré toute la bonne volonté dont ils faisaient - presque - tous preuve. Cela venait du fait que les visiteurs n'avaient pas arrêté de se plaindre.
« Il fait bien de trop chaud ! » disaient les Guerriers Divins.
« Il fait sec ! » renchérissaient les Marinas.
« Il y a trop de lumière ! » rajoutaient les Spectres.
Aurora précédait le groupe avec les Argents et soupira d'agacement. Accompagnée de ses confrères dorés, ils avaient eu droit à toutes les variantes possibles et inimaginables des délégations. Leur frustration commençaient à se faire sentir, ce qui n'arrangeait pas la situation, déjà peu propice à la création de liens. Ce fut une remarque d'Albérich le Guerrier Divin qui déclencha les hostilités :
« Heureusement qu'on a laissé nos armures, autrement je serais complètement cuit. C'est un vrai four ici ! » dit-il en s'essuyant le front.
« Personne ne t'a obligé à venir, alors ferme-la », lança Aurora.
Évidemment, les Asgardiens se braquèrent. Les Ors sentirent l'énervement de leur camarade dont son caractère est connu, et il ne vaut mieux pas s'y frotter.
Mais avant que l'un d'entre eux puisse répliquer, Dante intervint : « On n'en menait pas large non plus quand nous sont allés dans leur domaine.».
« C'était différent ! Et on ne pleurnichait pas à tout bout de champ ! » renchérit Aurora en fronçant les sourcils.
« Tu exagères, quand même ! » protesta Babel.
« Ils ont parfaitement le droit de ne pas apprécier notre climat », ajouta Merio de la Coupe.
« Cela se voit que tu n'es pas restée longtemps loin d'ici ! Comme si je m'étais plainte lorsque je devais supporter les tempêtes de neige à Asgard, le climat humide sous la Méditerranée et ne pas déprimer en Enfers avec ces revenants à la noix ! » sous le regard ahuris des invités et ceux, blasés, de ses collègues.
Les jeunes gens commencèrent à se disputer. Cela eut au moins le mérite de désamorcer la situation. Et tout s'enchaîna entre les Argents et Aurora, parfaitement sûre d'elle comme toujours.
« Est-ce que ça arrive souvent ? » voulut savoir le Spectre Sylphide du Basilic, amusé.
« Plus que ce que l'on voudrait », répondit Doko en soupirant lourdement.
« Tu ne les arrêtes pas ? » demanda Kanon, sachant qu'il avait horreur de ce genre d'attitude.
« Ils seraient capables de se liguer contre moi et je n'ai pas envie d'avoir une migraine maintenant. »
« On sait que tu étais loin d'être exemplaire quand tu es partie ! » continua Babel envers la treizième.
« Qu'est-ce que ça signifie ? » répondit cette dernière.
« Tu sais très bien de quoi on parle ! » rajouta Argol, la mine sournoise.
Merio sourit à son tour : « Ne fais pas l'effarouchée ! »
« Il va falloir m'expliquer messieurs ! »
Asterion temporisa :« Cessez cela, c'est ridicule et vous, arrêtez donc de provoquer Aurora. »
« Quel genre de soupirants parlent ainsi à leur supérieure? » lança ironiquement Queen, Spectre de l'Etoile Céleste de l'Alraune.
« Qui traites-tu de soupirant, esclave de Juges ? » grogna Dante ce qui agaça le Spectre.
« Queen plaisantait. » fit Sylphide.
« A d'autres ! » rétorqua Babel.
Aurora :« Ne changez pas de sujet ! »
« Tu penses sans doute que l'on va tout te révéler parce que tu es Saint d'or ? » riposta Argol.
« Argol ! » avertit Shura, « Un peu de respect ! »
« Tu as un problème avec mon rang, chevalier ? » continua Aurora en s'approchant dangereusement de Persée qui sourit. Il adore la titiller.
Les autres ne savaient pas s'ils devaient réagir ou partir loin d'ici. Le Spectre du Garuda marqua un rictus au coin des lèvres, il sait parfaitement de quoi il en retourne. Depuis un an, il fréquente Aurora. La réputation sulfureuse du Serpentaire ne le surprend pas.
« Nullement. Je dis juste que tes agissements personnels pourraient te causer du tort si tu réfléchissais plus avec ta tête. » lançant un regard qui en disait long au Garuda, ayant parfaitement saisi le message.
« Quoi ? Tu veux qu'on parle de ça maintenant ? »
« Tu voulais savoir .. » répondit Persée.
« J'agis toujours avec mon cœur que cela te plaise ou non ! »
« Pas que ton cœur ! » pouffa Algueti derrière, qui se tut en un instant en voyant le regard noir d'Aurora, prête à l'étrangler. Cela n'en faisait pas moins sourire les autres spectateurs, même les chevaliers d'or. Cette dernière sentait ses oreilles siffler. Argol était fier de sa réflexion. Cela apprendra à son amie à ouvrir trop rapidement la bouche.
« Je ne vois nullement le rapport avec le climat ! M'enfin passons ! » termina Aurora en maudissant les Argents souriants comme des paons, leur promettant mille morts certaines.
Au cours de la journée, Persée compris qu'Aurora avait séduit bien plus, la voyant minauder avec des Spectres ou des Marinas et sourire au Guerrier Divin Siegfried, à l'écoute du Serpentaire. Argol voulait tous les pétrifier en même temps.
« Ne t'emportes pas chevalier, Aurora n'est plus sur ton territoire. » lui avait murmuré le Juge Eaque alors qu'ils se détendaient autour d'un apéritif organisé au salon du Palais.
Le chevalier d'Argent se renfrogna. Il le savait, pourtant, que c'était ridicule, mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Dès qu'il avait vu la familiarité avec laquelle Aurora avait salué le Garuda et les autres, il s'était mis à bouillir. C'était plus fort que lui. Il se demandait pourquoi son ex conjointe s'est pris de passion pour ce Spectre. Il le hais ardemment.
« Alors pourquoi tu ne dis pas cela à l'Hippocampe ? » voyant Aurora occupée à plaisanter avec Baian, proche avec cette dernière.
Eaque avait oublié ce guerrier à qui Aurora avait offert ses faveurs lorsqu'elle officiait au Sanctuaire sous-marin. Il savait que jamais la jeune femme ne le trahirait. Non, ce qui le mettait hors de lui, ce sont ses hommes pendus autour de sa propriété etelle n'en disait rien. Durant la soirée, elle l'avait à peine côtoyé. Ce dernier ne la quittait pas des yeux sous les regards indifférents de Minos et Rhadamanthe, sentant leur benjamin qui allait faire des siennes.
Le brun se leva pour se diriger vers Aurora. Ses frères ne tentèrent même pas de le rappeler, quand le Garuda a une idée en tête …
Baian interroge au même moment son interlocutrice:« Est-ce que tu peux me dire pourquoi ce Spectre me fixe depuis tout à l'heure ? » parlant d'Eaque, l'œil noir.
Aurora sourit et répondit : « Il te surveille. »
« Que dois-je comprendre ? »
« Tu veux que je te fasses un dessin ? »
« …. ?! »
Le Garuda s'approcha du groupe, et s'adressa à Aurora comme si les autres n'existaient pas : « Dame chevalier, j'ai à te parler. »
« On a pas fini de discuter. » lui dit Baian.
« Ce n'est pas à toi que je m'adresse, Marina. » répondit t-il sèchement.
Baian ne perdit pas son sourire. Lui aussi déteste les spectres.
« Juge Eaque, nous discuterons plus tard. »
« Je ne préfère pas, Saint d'Athéna. » lui prenant la main de force.
« Hé ! » s'insurgea-t-elle.
« Lâches-là, Spectre .. » fit Baian en se levant.
« Laisse tomber. » conseilla le Serpentaire.
« Tu vas laisser ce Juge te commander ? »
« J'ai l'habitude avec cet idiot, crois-moi. »
Eaque :« Qui traites-tu d'idiot ? »
« Ne montes pas sur des grands chevaux. Tu n'es point dans ton Tribunal ! » lui murmura Aurora.
« Il suffit. Viens ici. »
« Garuda lâches-moi ! » dit-elle tout bas.
« Tout va bien ? » demande alors Siegfried, ayant remarqué comme le reste des personnes présentes l'agitation qui régnait depuis quelques instants.
« Je vais régler ce problème ! » affirma la brune.
« Aurora je t'en prie, obéis au Seigneur Eaque. » lui dit Sylphide.
« C'est hors de question ! Et puis quoi encore... »
« Aurora ! » rappela à l'ordre le Juge.
« Silence Eaque ! »
« Nous en serions pas là si tu n'agissais pas comme une poule au milieu de ta cour ! » pesta Eaque à l'oreille.
« J'ai toujours aimé la compagnie masculine, Eaque ! »
« C'est bien cela le problème. »
« Tu me fais une scène de ménage ? Tu es pathétique ! »
« Nous en discuterons dehors ! »
« Laisses-moi où je te balance dans le néant. » lâchant son étreinte. Mais il n'a pas dit son dernier mot et poursuivit le Serpentaire qui partit s'aérer.
« Euh .. je n'ai pas tout compris. » constata Io, Général Marina de Scylla.
« Ne cherchez pas. » conseilla Rhadamanthe, blasé.
Dans le Monde souterrain quand leur liaison fut découverte, le Garuda faisait des siennes avec sa maîtresse, tentant de se faire obéir. Cela amusait grandement les autres Spectres.
« Ils sont ensemble ? » demande Mime affolé.
« Hélas … » répondit avec nonchalance Minos en sirotant son verre.
Regards ahuris de toute l'assemblée..
« Nous ignorions que vos Royaumes se sont rapprochés à ce point ! » gloussa un autre.
« Réunir un Spectre et un Chevalier d'or n'est-il pas suicidaire ? » commenta le Général Isaac du Kraken.
« Comment cela, ils sont ensemble ? » demande Albérich.
Mais une tornade du nom d'Aurora revint de la terrasse remontée, et se dirige vers son Temple : « A plus tard ! »
« Mais … » enchérit Milo, "Aurora, voyons !"
Il jeta ensuite un œil mauvais à Eaque qui cherchait par tous les moyens à posséder sa dulcinée.
« Je pense qu'elle veut être tranquille. » prévint Camus.
Hébété debout à l'entrée du Palais, Milo avait les mains sur les hanches , « Elle s'est téléportée à son Temple ! » dit-il au Verseau qui l'a rejoint.
« Je le sais. Viens Milo. »
Le Scorpion observa avec méprise le Garuda. Ce dernier ne se fit pas prier pour le rappeler à l'ordre : « Nous sommes heureusement en temps de paix, chevalier du Scorpion. »
« Aurora a le cœur pur. Si tu lui le brises… » prévint calmement Milo.
« Que ferais-tu ? »
« Je ne te fais pas confiance. »
« Moi non plus. » répondit Eaque, dédaigneux.
« Tu crois avoir l'emprise sur notre soeur d'arme, détrompes-toi. »
« Parce que je t'ai devancé ? »
Le Scorpion ne répondit pas, poings serrés. Eaque a senti nettement l'intérêt du huitième gardien pour Aurora.
« Ça suffit ! » prévient Aiolia, en les séparant.
Rhadamanthe vint chercher son frère, craignant un pugilat : « Eaque .. »
Ce dernier s'éloigna, ne quittant pas des yeux le Grec. Par cosmo interposé il déclara: « Milo du Scorpion, je te montrerai ce qu'est de marcher sur mes plates-bandes ! »
« Fadaises !» grommela Milo. « Tu n'es que le mal incarné ! »
Eaque ricana de bon cœur. Oui, vraiment. Comment ce chevalier d'or peut-il rester dans le déni ? Lui le Grand Eaque existe depuis des siècles, a jugé tant de gens, devinent leur pensées et leur crimes et cette nouvelle réincarnation est de loin la meilleure qu'il ait eue. Et en prime, il possède le cœur d'un puissant chevalier d'Athéna.
Tout le monde aux Enfers craint le Juge du Garuda. Même ses deux frères dans une certaine mesure, bien qu'ils préféreraient s'arracher la langue plutôt que de se l'avouer. Cependant, eux avaient appris à accepter cette « crainte » et l'avaient assimilée comme étant une partie intégrante de sa personne. Les autres Spectres, en revanche, même si certains l'appréciaient n'étaient pas capables d'en faire autant. Sa seconde, Violate du Béhémoth était dans le même cas malgré l'affection qu'elle lui portait. Et lorsque sa relation avec Aurora fut étalée au Grand Jour, ils avaient tous un certain respect amplifié. Personne n'avaient encore volé le cœur brûlant du Serpentaire. Leur histoire a fait le tour de l'Univers et Eaque en est assez fier. Mais il a toujours horreur qu'elle lui tienne tête devant tout le monde.
Le lendemain, la Déesse Athéna a annoncé qu'elle a organisé une soirée pour fêter l'arrivée des délégations. Afin d'avoir une ambiance conviviale et d'éviter les rappels guerriers, tous devaient se présenter en tenue moderne respectable. Si certains avaient râlé à cette annonce, d'autres avaient été au contraire fou de joie. Mia l'apprentie Sagittaire avait embarqué les autres filles, sachant qu'elles n'avaient pas ce qu'il fallait dans leur placard. Aurora fut bien obligée malgré elle de répondre à l'enthousiasme de son élève, fervente admiratrice de son vénérable maître.
Mia est alors âgée d'à peine quatorze ans et favorite pour détenir l'armure sacrée d'Aiolos. La jeune-fille est d'une nature douce, généreuse et battante. Juste et patiente, elle détient également un tout autre caractère lorsqu'elle veut détenir quelque chose : Melle est coriace. Et ce jour-là, elle a décidé que son propre mentor serait sa victime. Ravie de pouvoir faire autre chose que des entraînements, la jeune-fille était invitée à rejoindre l'Elite à la fête. Après tout, n'est-ce pas la paix ?
Aurora a beau être une jeune-femme à la beauté suprenante, elle n'en reste pas moins un garçon manqué. Jamais dans sa vie de chevalier elle ne s'est montrée vêtue en femme au Sanctuaire. Seul ses amis « civils » ont ce privilège ainsi que quelques Argents. La demoiselle a sa fierté de Saint et l'idée de se « déguiser » face aux anciens ennemis et ses compagnons dorés ne l'enchante guère.
Mia ne l'entendait pas de cette oreille.
« Jeune insolente ! Enlèves-moi ça toute de suite ! »
Aurora pestait face à son apprentie déterminée qui ne l'écoutait pas (elle connait son Maître) et tenait tant bien que mal de lui faire enfiler une majestueuse robe en satin.
« Maître ! Vous êtes superbe ! Pourquoi vous obstinez à cacher votre beauté ? »
« Mia ! Je ne veux pas ressembler à une poupée dans cette assemblée composée à 95% de mâles ! »
Elle craignait vraiment les réactions de ses congénères …
« On s'en moque ! Athéna a ordonné que l'on soit vêtu élégamment alors c'est aussi valable pour vous. »
« … Grrrrrr ….. » Aurora n'était pas décidée mais tant pis, Mia a toute la journée pour lui faire changer d'avis ! La future Sagittaire s'en donnait à cœur joie. Il fallait dire qu'avec son visage d'ange aux doux yeux verts et sa longue chevelure, il y avait de quoi faire.
« Maître vous êtes magnifique, je vous assure ! »
« C'est vrai que cela te va bien Aurora ! » commenta Marine.
« On ne t'a jamais vu ainsi ! » rajouta Dina, une Saintia.
« C'est bien cela le problème. Je ne veux pas me faire remarquer. »
Mia :« Vous adorez cela d'habitude ! »
« Pas pour défiler !»
« Pour une fois faîtes une exception ! »
Les dames firent une entrée des plus remarquées. Surtout que, par un curieux hasard, elles furent rejointes par celles des autres sanctuaires. Mia était restait simple dans sa coiffure, attachant seulement deux mèches au niveau de ses tresses. Elle portait une robe ouverte dans le dos, lui donnant plus que son âge. Elle était très gracieuse .. Toutes étaient magnifiques. Et effectivement, les têtes se tournèrent à leur entrée dans la salle remise au goût du jour pour l'occasion. On pouvait même apercevoir plusieurs hommes baver. En même temps, dans leur milieu, ils n'avaient pas souvent l'occasion de voir d'aussi belles jeunes femmes et certainement pas avec d'aussi belles parures.
Aurora était le clou du spectacle. Mia lui a trouvé une longue robe élégante près du corps, un décolleté subtil dévoile une poitrine généreuse, sa chaîne en or frappé du signe du Serpentaire autour du cou, le tout sur une chignon haut et des boucles d'oreilles dorées. Le Saint du Serpentaire était à deux doigts d'aller s'enterrer sous la plante verte la plus proche.
« Par Athéna, Mia, tu me le paieras ! » clama-t-elle à son élève.
Mais la jeune-fille n'en tenu compte, fière d'avoir réussie à sortir son valeureux maître de ses tenues d'entraînements.
Eaque a bien faillit virer au même rouge que la robe d'Aurora voyant sa compagne vêtue de la sorte. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Elle fait vraiment tout pour l'énerver. Argol ne la quittait pas des yeux. Sylphide avait la bouche ouverte et reçu un coup de coude de la part de Queen : « Arrête de rêver Basilic ! » qui lui lança un regard mauvais.
Tout comme la dispute entre la treizième et les Argents la veille cet événement eut le mérite de briser la glace. Les différents combattants commencèrent à se mélanger. Les conversations furent tendues au début, chacun marchant sur des œufs pour ne pas risquer le moindre faux pas. Puis, lentement, elles devinrent plus agréables. Les parleurs relâchèrent peu à peu la pression.
Milo fut submergé par le choc voyant sa sœur d'arme vêtue de la sorte. Après plusieurs secondes, il se reprit : « Aurora, tu es splendide. »
L'intéressée se tourna face au jeune-homme, habillé d'un ensemble bleu, une chemise claire contrastant avec ses yeux azurs. Il était beau comme un Dieu.
« Tu es à tomber Scorpion d'Or ! » lui balança-t-elle de sa spontanéité naturelle. Ce dernier lui afficha un petit sourire. C'est vrai après tout, ils sont de redoutables guerriers pas mannequins !
« Quelle beauté ma chère ! » s'enthousiasma Aphrodite, la regardant sous toutes les coutures.
Aldébaran : « Ça te change et cela te va très bien. »
« On a du mal à te voir comme un chevalier ! » rajouta Angelo.
Aurora rougit. Ce qui n'échappa pas à ses amis.
« Par tous les Dieux cessez vos compliments ! » puis elle grogna,« Mia va prendre cher, je vous le garanti. »
« Tu t'es laissé manipulé par ton élève ? Là tu m'étonnes ! » lança Angelo.
« La ferme ! C'était pour lui faire plaisir. » marmonna-t-elle.
Ses camarades sourient face à la mauvaise foi évidente du Serpentaire. Cette dernière sentit les regards posés sur elle. Entre ceux des Spectres qui la dévisagent de haut en bas, et les commentaires acerbes de certains.
« Le Seigneur Eaque est chanceux ! » avait soufflé Gordon du Minotaure, second de Rhadamanthe.
« Quelle éblouissante ! » lança furtivement Fyodor de la Mandragore.
« Je ne te regarderai plus de la même façon, Dame chevalier ! » provoqua Minos de son sourire narquois, rendant verte de rage cette dernière.
Les Marinas de Poséidon posèrent également un œil différent sur le Serpentaire. Aurora sentait de loin le Général Baian la fixer. Ce dernier a levé son verre au loin en la saluant et transmis par cosmo interposé : « Tu es belle comme le jour. » sous le regard d'un Garuda mauvais.
Les Guerriers Divins n'en menaient pas large non plus. Aurora était venue à Asgard emmitouflée dans des habits d'hiver. La voir ainsi changeait de tout au tout, même s'ils avaient remarqué la grande beauté du chevalier d'or. Le leader, Siegfried s'était parfaitement entendu avec le Serpentaire.
Eaque dans son ensemble sombre faisait ressortir son teint caramel eurasien avait la mine durcie. Il n'en est pas moins séduisant. Il prenait grandement sur lui. S'il pouvait, il tuerait tous ces hommes qui posent un regard sur sa propriété.
« Et toi Shaka, tu ne dis rien ? Peut-être suis-je trop inconvenante pour que tu ne daignes de porter le regard sur moi ? »
La Vierge émit un couinement, sentant la provocation de sa camarade, et garda les yeux fermés.
« Tu ne le sais que trop, chevalier du Serpentaire. »
« Approfondie le sujet alors ! »
« Je ne suis point convoiteux de ce genre de réception ni de la bienséance que tu dévoiles en ce Lieu Sacré. Ceci dit, je partage les sentiments de mes compagnons. »
« Vas donc droit au but, espèce d'illuminé de service ! »
Ricanement camouflé des spectateurs. Les chevaliers d'or se pincent les lèvres. Le chevalier de la Vierge est décidément très religieux.
« Tu dégages une certaine magnificence, je dois le reconnaître. »
« Tu n'as même pas ouvert les yeux ! Tu ne peux pas faire des phrases toutes simples comme tout le monde, Saint Shaka ? Tu me bassines ! »
Ce qu'il fit et répondit sobrement : « Soit. Tu es éclatante, Aurora. »
« Tu t'en sors bien ma Vierge folle ! » renchérit le Serpentaire, scandalisant par la même occasion le blond qui préfère ne pas rentrer en confrontation avec le caractère de la brune : « Tu es beau Shaka. C'est mieux que de porter une pauvre robe assis dans ton temple toute la journée ! »
« C'est une vêtement traditionnel. Je te défend de te moquer. »
« Les types qui portent ce genre de choses sont suspects à mon avis ! » plaisanta le Serpentaire.
« Tu es bien ignorante chère enfant. Tu devrais essayer la chasteté et te purifier.»
« Ne me parles pas comme si j'avais quatre ans ! Et puis arrêtes de jouer aux moines outrés ! Je suis sûr que tu t'intéresses aux choses de la vie comme tout homme . »
« En tant qu'éveillé je n'ai aucune pensée impure. Contrairement à certains reptiles venimeux. »
Aurora pesta :« Je vais te mette le dard où je pense ! »
« Malotrue.. En plus de tes cinq autres, je vais te supprimer ton sens de l'humour déplorable .. »
Commence alors une altercation entre le Serpentaire et la Vierge, comme il en découle souvent. Leurs collègues commencent à y être habitué. Sentant que cela peut dériver d'un moment à un autre, d'un coup de Serpentaire face à un Trésor du Ciel de la Vierge, ils se concertent du regard.
Le plus téméraire d'en eux Aiolia, les interrompt en souriant légèrement : « Cessez de vous disputer, nous sommes là pour passer une bonne soirée. »
« Dis cela à ce Saint homme ! Enfin pas tant que ça quand on y pense ! »
« Aurora ! » reprit Camus comme un grand-frère, « Laisses-donc Shaka tranquille. »
« Pfffftttt … » râla cette dernière.
« La voilà repartie à marmonner. » rétorqua gentiment Aldébaran.
« Tu vas me faire la morale, toi aussi, cher Mu ? » voyant ce dernier sourire.
Mu, de sa douceur naturelle lui répondit :« Je te trouve également ravissante, Aurora. »
« Merci cher ami.»
Alors qu'ils trinquaient à leur santé …. Pensant être débarrassé de toute remarques, on entendit : « On m'a vanté l'intelligence et la beauté qui est la vôtre, La réalité dépasse mes folles espérances. »
Les autres levent les yeux au ciel et certains furent surpris par le toupet de cet individu. Ce fut la phrase de trop.
« Que viens-tu de dire ? Mâle ? » répliqua sèchement Aurora qui se tourna vers la voix de l'intrus.
L'homme en question était grand et élégant comme la plupart des personnages présents en cette soirée. Brun, cheveux mi-longs, fortement typé méditerranéen, une peau dorée et un sourire assuré, il avait de yeux gris-verts hypnotiques. C'est un homme beau comme un Dieu qui respirait la passion.
Ne tenant compte du commentaire désagréable de la jeune-femme, ce dernier répondit : « Puis-je ? » Aurora avait à peine ouvert la bouche, subjuguée par la beauté de l'homme alors qu'il baisa la main de la guerrière avec galanterie.
« On se connaît ? »
« Certainement. Nous nous sommes rencontrés .. dans les temps anciens. »
« ? »
« Je m'appelle Lorenzo Magerra. Je suis l'invité d'honneur de Melle Saori avec mes troupes. »
« Vos troupes ? Comment osez-vous nommer la Princesse de cette manière ? »
« Je suis aussi issu de la vie civile tout comme vous-même, Aurora. »
« Vous connaissez mon nom ? »
« Comment pourrais-je vous méconnaître ? Chevalier d'or du Serpentaire. » en s'inclinant.
« Mais … » répondit Aurora.
« Qui êtes-vous ? Nous ne percevons nul cosmo ? » demande Milo agacé par tant de courbettes.
Pour qui se prend cet homme ?
« Nous camouflons notre énergie. Nous sommes les guerriers protecteurs et transmetteurs du Dieu Cupidon »
Angelo :« Quoi ? C'est une blague ? »
« Cupidon est un des anges qui sert Eros. » continua Lorenzo.
« Je vois » constata Mu, « Athéna vous fait l'honneur d'être parmi nous ce soir. »
« Oui. Votre Déesse bien que représentante de la Sagesse et de la Guerre, est aussi celle qui défend l'amour. Même si l'acheminent est différent. »
« Et vous êtes le chef je suppose ? » constata Aurora en le dévisageant.
« C'est exact. Je me réincarne tous les 300 ans. Nous sommes des êtres humains comme vous tous. A la différence notable que nous vivons parmi les mortels afin de rependre l'amour dans le cœur des gens. Nous travaillons avec les fondations Kido afin de nous intégrer au plus près des mortels.»
« J'en ai la nausée … » commenta Minos, faisant ricaner ses hommes.
« Cher puissant Gardien des Enfers, votre hostilité à notre égard est on ne peut plus normal en soit, vous combattant de la mort et du désespoir, nous en tenons pas rigueur car nous sommes ici en paix. »
Rhadamanthe, aussi dubitatif lui dit : « Hum ! Et de quelle manière vous vous battez ? »
« Avez des arcs et des flèches ? » commenta Aurora presque pour elle-même.
« Nous nous battons lorsque notre Royaume est menacé afin de protéger notre Dieu. »
« Vous faites comment pour répandre la bonne parole ? » questionna Aphrodite.
« Nous intervenons dans la vie des gens lorsque nous les sentons en proie à des sentiments amoureux. Hommes, enfants ou femmes. Nous sentons les énergies aimantes émanant de chaque être, qu'ils soient bons ou moins bons. » jetant un regard malin aux trio de Juges qui ont haussé un sourcil.
Minos :« Et que percevez-vous ? Comment vous appelle-t-on ? »
« Les Hérodiens. Et nous avons constaté certaines ondes dans cette salle. Si je ne compte pas la passion que j'ai perçue et qui émanent plus ou moins fortement selon le degré d'amour des êtres. » échangeant un sourire de connivence avec le Serpentaire.
Rhadamanthe rétorqua: « Vous vous fourvoyez. Nous ne sommes pas ici pour conter fleurette.»
« Expliquez-moi comment votre homologue a développé des sentiments envers le chevalier d'Athéna, Messire Rhadamanthe ? » hochant la tête en direction de Eaque, manquant de s'étrangler dans son verre. « Vous avez beau être puissants, vous ne pouvez rien face à l'amour … »
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » intervient le Népalais d'un ton menaçant. On ne parle ainsi du Grand Garuda.
« Oh mon Dieu ! » fit Aurora en pouffant.
« Tu te trouves ça divertissant, sordide guerrier ? » après avoir lancé un regard d'avertissement à Aurora se retenant de rire aux éclats d'une telle audace.
« Ne vous méprenez-pas, Messire Eaque. Ce n'est pas ma fonction de jauger les faiblesses des êtres humains, vous seul en avez le pouvoir avec vos frères. Je ne fais que constater votre extraordinaire affectivité pour le Saint d'Athéna. N'en n'ayez pas honte. »
« Co-comment ? » Eaque serra les poings, se sentant humilié.
Rhadamanthe et Minos étaient bouche-bé. Cet homme venait de signer son arrêt de mort.
« Allons plus loin. » prenant leur frère à part, prêt à découper en rondelle le Saint d'Eros, un sourire éclatant comme une pub pour dentifrice.
« Votre amant a besoin de méditer sur ce sentiment immature dans son esprit. Mais il vous aime, je peux le certifier. »
Aurora :« Vous êtes perspicace. Même si je le savais déjà. »
L'Hérodien : « Et il n'est pas le seul … » en jetant un oeil au Scorpion, incrédule. Milo n'avait pas envie d'interagir avec ce soldat de l'amour. Il avait d'autres chats à fouetter, et il respecte bien de trop Aurora.
« Le déni … Il est bien rare que le cœur mente; mais on n'aime pas à l'écouter. »
Sur ces paroles philosophiques, Lorenzo laissa le Scorpion mis à nu, espérant se faire oublier. Ce soir, il veut profiter. Alors cet homme peut bien aller au Diable, tout ce qui importe c'est qu'il passe une bonne soirée.
Pendant ce temps-là, quelque part au Palais, dans la suite réservée aux Juges …
« Eaque ! Il a dit cela sans arrière-pensée, c'est son rôle après tout ! » lança Minos à son frère, passablement énervé.
« Es-tu en train de te moquer, Minos ? » demande le Garuda droit dans les yeux.
« Toutes querelles pour ces futilités sont inutiles. Eaque, passes à autre chose, et toi Minos cesses de le provoquer. »
Rhadamanthe déteste se mettre entre ses frères. Le premier adore titiller le dernier, et ne se fait pas prier pour l'envoyer promener. Depuis leur enfance, c'est comme ça. Eaque vs Minos, Minos vs Eaque et lui au milieu. Lorsqu'ils étaient petits élevés dans le Mekkai par les Dieux Jumeaux, chacun se battait contre l'autre. Quand leur âme de Spectre se sont réveillées, ils se sont assagis mais les frangins restent opposés.
« Eaque, tu vas parler à ta chère maîtresse pour qu'elle cesse son petit jeu de femme dévergondée afin qu'on puisse tous passer une soirée calme. »
« Une soirée calme ? Tu en as de bonnes toi ! As-tu vu comme cette catin est vêtue ? » grommela Minos en regardant son frère,« Comment peux-tu accepter cela ? Elle te mène par le bout du nez, Eaque. »
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? »
Minos souriait, il adore quand Eaque perd son sang-froid. C'est rare puisqu'il est le plus calme du trio. L'équilibre entre les deux. Mais quand il s'agit d'Aurora le sujet sensible, on dirait un autre homme.
« Elle te fait perdre la raison ! » rajoutait ce dernier.
Rhadamanthe passa la main sur son front. Ce n'est pas gagné. On frappa à la porte.
« Messire Juges ? Puis-je ? »
Le chevalier d'Argent Asterion en personne.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda durement Eaque, rassis sur un fauteuil, préférant ignorer Minos.
La Wyvern lui fit signe d'entrer : « Chevalier ? »
« Juste mettre les choses au point afin d'éviter des scandales diplomatiques inutiles. »
« Qu'as-tu à dire ? » continua Minos.
Asterion déclara sur un ton neutre : « Lorsque Aurora est revenue des Enfers, je l'ai sentie heureuse. Je voulais simplement prévenir le Juge Eaque que je comprends qu'il soit irrité par le comportement libéré de ma sœur d'arme mais .. elle est ainsi et … »
« Et ? » demande Minos.
Eaque leva la tête, attendant une réponse précise.
« Aurora tient à vous. C'est que cela la rend nerveuse. Ne vous méprenez pas. C'est quelqu'un de très loyale.»
Minos et Rhadamanthe se regardent. Eaque regarda en direction de la fenêtre.
« C'est tout ce que tu avais à nous dire ? » répondit le Népalais sur un ton condescendant.
« En espérant que cela pourra apaiser les tensions. » fit t'il en s'éclipsant, "Bonne soirée à tous."
« Nous t'en remercions chevalier. » répondit Rhadamanthe en fermant la porte, puis il s'adressa au Garuda : « Tu aurais pu faire preuve de bonne volonté. Ce chevalier est venu de son plein gré. J'ai senti qu'il était sincère. »
Minos : « Oui moi de même. »
« Et alors ? J'ai aussi sondé son âme. En quoi cela le regarde-t-il ? »
« Tu es insupportable.» souffla la Wyvern.
Ils ont découvert sa faiblesse. Sa seule fissure : Aurora du Serpentaire. Le Garuda restait seul à méditer sur les paroles du chevalier. Leur histoire avait débuté il y a un an. Ils se voyaient dès qu'ils sortaient de leur Domaine depuis ce jour où Eaque était remonté en surface afin de clarifier les choses. Ces derniers temps quand ils se retrouvaient ils se cherchaient des poux. Enfin surtout Eaque. Il l'aime. Mais il est incapable de lui dire. Comment le pourrait-il, un Juge des Enfers n'a pas à se justifier.
Il finit par sortir de ses torpeurs et eut un pressentiment inhabituel : et si elle le quittait ? Quel genre d'homme est-il réellement ? Pourquoi a t-il cette sensation incroyable lorsqu'il est en compagnie d'Aurora ? En attendant, il devait retrouver ses congénères au risque de se prendre une soufflante de son chevalier têtu.
Quant au Scorpion, il s'étonnait d'être agacé par la situation. Pourquoi a-t-il faillit perdre ses moyens face à ce Juge ? Cet ange dit-il vrai ? Qu'éprouve-t-il pour le Serpentaire ? Et elle, qu'en est-il ? Ils se connaissaient depuis quelques mois mais il avait le sentiment de l'avoir toujours connue.
Il sent un destin tout autre se préparer entre lui et la treizième. Lequel ? Seul le futur le dira.
A suivre ...
