Temple du Serpentaire, deux semaines plus tard
Au petit matin, deux splendides jeunes-femmes discutent paisiblement aux abords de la plage du Sanctuaire, et observaient le crépuscule se dessiner progressivement sous leurs yeux. Aurora et Betta étaient presque inséparables, se trouvaient du réconfort et du bien-être dans cette relation qui bouscule les convenances, les codes, une profonde solitude emprisonne leurs cœurs, et cette complicité semble leur générer une part de douceur.
La première craignait que cette guerre de pouvoirs qu'elle avait remporté contre sa propre sœur ne la rende mégalomaniaque, et malgré le lourd parcours de convalescence et d'entraînement qu'elle s'est infligée. Si on ne fait abstraction de ses peines sentimentales qui l'ont accablées avant cette bataille diabolique et qui l'ont ramené à la triste réalité depuis son retour.
Quant à la seconde,elle n'avait pas retrouvé la vie en surface depuis des années et angoisse dès qu'elle met un pied dehors. Elle ne trouve réconfort qu'auprès d'Aurora. Sauf que la jeune-femme s'est un peu trop accrochée et que le Serpentaire lui a fait comprendre que leur relation n'irait pas plus loin que le bout de leur matelas, qu'elle doit absolument se faire de nouveaux amis et vivre tout simplement.
La mer bercée par le cri des mouettes leur renvoyait une image de sérénité. Prolongeant la bande sableuse réduite par la marée, la crête découpée des rochers rougeâtres se déployait jusqu'à la limite du cap nord. Durant quelques minutes, les deux femmes restèrent sans parler, à regarder la mer, bercées par le bruit entêtant des vagues, les réflexions de Betta révisèrent le problème : par quoi doit-elle commencer pour aller mieux ?
Les chevaliers avaient remarqué cette camaraderie mais aucun ne se doutait du reste. Aurora a déjà « sauvé » d'autres femmes de la détresse après tout.
Le secret n'a pas duré bien longtemps. Un doux matin de tranquillité, un indésirable surpris les deux femmes. Elles étaient nues. Intégralement nues. Toutes les deux, ensemble, aussi belles l'une que l'autre. La tempête Aurora ne se fit pas attendre …
« Argol de Persée ? On peut savoir ce que tu fais dans mon Temple et dans machambre ? » lui avait crié Aurora.
Ce dernier n'était même pas atteint par les paroles de sa camarade, probablement habitué à ses excès de colère. Il n'était bloqué que sur une chose : Betta dénudée et collée à Aurora.
« Je … vais attendre dehors .. » finit-il par répondre, désorienté.
Le Serpentaire mit son ami dehors sans tambour ni trompette. Mais elle courut après l'importun, estimant qu'elle n'avait pas assez dit sa façon de penser. Très remontée, elle sortit comme une furie, ce simple drap couvrant son corps et fonça droit devant elle. Les compagnons d'Argol l'attendait. Ils avaient senti un cosmo agressif entourer la zone.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demande Asterion, bras croisés.
Argol ne savait plus où se mettre, lui d'habitude si sûr de lui. « Si vous saviez .. » finit-il par articuler.
« Quoi donc ? » insista Dante.
« Jalal.. ? » rajouta Babel en regardant ses homologues, « Tu as vu un fantôme ou quoi ? »
« J'aurais préféré. » répondit Persée.
Il n'a pas le temps de rajouter quoique ce soit que la tornade Aurora entra en scène dénudée sous les yeux éberlués des Saints d'Argent.
Ça va cracher du feu de dieu…
« Argol ! » tapa du pied Aurora, « J'en ai pas fini avec toi ! »
"Euh Aurora ?" osa questionner un des Saints d'Argent, constatant cette très légère tenue extérieure.
"Que se passe-t-il ici ? »
Cette voix que tout le monde connaît venait de plus haut.
Shura avait parlé, suivit de Shaka, Milo, Camus et Aiolia qui revenaient du Palais vêtu de leur armure. L'alerte Berserker est moindre. Mais certains résistent encore. Alors on garde ses habits dorés. Aurora a pour ordres de ne plus s'aventurer sur les champs de bataille pour l'instant, ce qui la contrarie depuis quelques temps.
« Aurora ! » fit soudain Aiolia en repérant le chevalier dénudé.
Les autres étaient tout autant ahuris. Milo particulièrement, qui n'avait jamais vu son amie avec si peu de vêtements sur elle. Shura leva les yeux au ciel. Aurora indécente .. Ça faisait longtemps.
« Que fais-tu nue devant ton Temple, voyons ? » maugréa le Capricorne.
« Demandez-lui donc ! » en désignant Argol.
Le groupe doré ouvrirent de grands yeux. Le Saint d'Argent se tourna vers la Treizième, confus :« Je pensais que tu étais prête .. à cette heure-ci … » en pesant ses paroles mais non sans y donner une certaine allusion qu'elle décelait parfaitement.
« Imbécile ! Si tu voulais voir des femmes toutes nues, tu n'avais qu'à aller au lac ! »
Les autres Argents pouffent dans leur barbe alors que leur camarade leur jette un regard noir en coin. Les Saints d'Or haussent un sourcil.
« Quelqu'un peut nous expliquer pourquoi le chevalier du Serpentaire est en colère ? » continua Shura.
« Ça te dérange, Capricorne ? » rétorqua cette dernière.
C'était pas bon lorsqu'elle commence par les nommer par leur signe astrologique. Shura et les autres comprirent qu'il ne valait mieux pas rajouter de l'huile sur le feu.
« On n'a senti ton cosmo jusqu'au Palais. » dit prudemment Camus.
« Tu as quelque chose à me dire peut-être ? » grogna la treizième.
Babel s'approcha d'elle.
« Aurora, peux-tu aller t'habiller convenablement .. ? »
« J'allais le faire quand un petit malin s'est introduit dans mon Temple, figures toi ! »
Argol se défendit : « Tu nous as dit que nous n'avions nul autorisation pour y entrer ! » se renfrogna ce dernier.
« Pas dans ma chambre, espèce de crétin ! »
Les chevaliers se figèrent. En effet, il y avait de quoi mettre en colère un Serpentaire.
« Comment aurai-je pu deviner que tu étais en compagnie de cette jeune-femme ? »
Effarement de ses compagnons. Même Shaka ouvrit les yeux, tant il faillit suffoquer.
Dante lui demande prudemment : « Tu étais avec une jeune-femme? »
« On aura tout vu ! » répliqua Shura.
« De qui vous parlez ? » continua Babel.
« Ça ne vous regarde pas ! » Aurora fulminait. « De toute façon, tout le monde rentre dans mon temple comme dans un Moulin. Alors puisque c'est ainsi, je mettrai Kaadevant ! »
« Tu ne vas pas faire ça ? » s'inquiéta Aiolia.
Les chevaliers espérait qu'elle changerait d'avis, qu'elle a dit cela sous l'effet de la colère. Mais hélas pour eux, ils ressentirent un cosmo envahir l'espace et englober la treizième.
« Ne fais pas ça. » implora presque Asterion, comprenant ses intentions.
L'énergie s'intensifia puis disparu. Aurora leur tourna le dos et pénétra dans son Temple, poings serrés. A peine eurent-ils le temps de dire ou faire quoique ce soit qu'un immense Serpent apparu devant le Temple. Leur réflexe de guerriers les font sauter de trois mètres en arrière.
« Aurora ! » s'écria Aiolia, mécontent.
« Retires Kaa immédiatement d'ici ! » ordonna Shura.
« Allez au Diable ! » dit une voix au loin.
« Bon, on fait quoi maintenant ? » demande Babel en surveillant le rampant.
Argol s'exclama : « Nous irons lui parler plus tard.» en se dirigeant vers les escaliers.
« Ça vaudrait mieux . » enchérit Milo, guettant Kaa, sa langue sifflait entre ses mâchoires comme si les chevaliers étaient des proies.
« Je déteste cette bestiole ! » commenta Dante.
Shaka : «Je peux entrer en résonance avec cet animal afin de le maîtriser. »
« Inutile, il n'obéit qu'à sa maîtresse. » assura Asterion.
« Que va dire le Pope ? »
« Il est habitué avec Aurora. » soupira Camus.
En cours de journée, les commérages allèrent bon train dans l'arène. Les chevaliers toute castes confondues s'étaient mélangés pour s'entraîner jusque tard dans l'après-midi.
« C'est quoi cette histoire dans le Temple d'Aurora ? » demande curieusement Angelo.
Tout le monde savait mais personne n'ouvrait la bouche.
« Aurora était en compagnie d'une servante … » finit par avouer Argol.
Angelo ouvrit de grands yeux autant que les autres chevaliers présents.
Aldébaran : « Quelle était son excuse ? »
« Elle ne nous a pas laissé le temps d'en placer une qu'on s'est fait jeter par son animal. » expliqua Dante.
« Elle a passé la nuit avec la nouvelle … » lâcha Babel.
« Je ne savais pas qu'elle aimait les filles … » pensa tout fort Angelo en croisant les bras.
« Elle aurait pu faire cela ailleurs que dans son Temple ! » grogna Shura.
« On parle d'Aurora là. » fit avec ironie Dante.
Un groupe de jeunes aspirants s'avança prudemment auprès des chevaliers d'Argent. Ils hésitèrent à parler, embarrassés.
Asterion s'adressa à eux, voyant leur visages pâles : « Que se passe-t-il apprentis ? »
« Seigneur Asterion, nous demandons votre aide. »
« Et pour quelle raison ? » demande durement Argol.
« Nous avons rendez-vous avec son Altesse Shion pour le repas de ce mois-ci. Mais … »
« On ne peut pas passer. » ajouta son collègue.
Angelo fronça les sourcils : « Comment ça ? Nul chevalier ne vous y interdit l'accès que je sache ? »
« Vous avez les laissés passer pour emprunter le chemin des douze maisons. » continua le huitième gardien.
« Nous le savons cependant après la dixième maison, un énorme Serpent nous bloque l'accès et nous crache dessus. »
Le groupe d'hommes se considèrent.
Aurora …
« Avez-vous essayé de communiquer avec lui ? » demande Shaka.
« Seigneur Shaka, il a failli nous mordre dès qu'on s'est approché. »
« Mirko a tenté de le distraire mais c'était pire après. » affirma un autre.
« Nous avons demandé à ce Serpent de passer mais il n'a pas voulu. »
Babel : « Il vous a parlé ? »
« Qu'est-ce que c'est histoire ? » râla Angelo.
« Oui il a dit .. » il hésita, regardant ses compagnons puis se lança. "Il a dit : ''Déguerpissez sale vauriens avant que je ne vous transforme en pâté pour chats. »
Les chevaliers secouèrent la tête. Aurora est insupportable en ce moment.
« Nous allons parler à sa gardienne. » assura Aiolia.
« Où était ce Serpent lorsque vous êtes partis ? » continua la Sagittaire.
« Sur le chemin de votre Temple, Dame Mia. »
« Comment ? » s'affola-t-elle, « Je ne veux pas de ça dans ma maison ! »
« Ne t'inquiètes pas, je vais lui dire deux mots. » gronda Milo.
« Je vais m'en occuper. » clama Camus, « On sait bien ce qu'il se passe lorsqu'un Scorpion et un Serpentaire ne sont pas d'accord. »
Milo lui renvoya un regard noir.
« Non pas ça ! » dit alors un apprenti. Les autres eurent le visage blême et avalèrent leur salive.
Asterion se tourna en même temps que ses compagnons : « Qu'est-ce que … »
Aurora venait d'arriver dans toute sa splendeur, Kaa rampant lentement à ses côtés.
«Que fais Kaa ici ? » lui cingla Aiolia.
« Je lui montre le pays. » répondit-elle sans sourciller.
« Mais, il a failli nous manger ! » fit un gamin apeuré.
« Il ne dévore pas ses proies, il les empoisonne et leur brise les os. »
« Aurora … » prévint Milo.
« Quoi ? Seigneur Milo ? »
Ce dernier soupira à son tour.
« Maître Aurora, nous ne sommes pas rassurés. » affirma le pauvre apprenti Mirko.
« Fais disparaître ce Serpent. » ordonna Camus.
« Quel est ce ton que tu emplois, Verseau ? » riposta t-elle.
« S'il te plaît. » insista Argol de son regard des plus envoûtants.
Ce regard bleu-vert mordant qu'elle aime tant. Aurora souffla, contrariée. Et d'un geste de le main, Kaa redevient un serpent minuscule prenant la forme du bracelet du Serpentaire qu'elle a sur le bras gauche.
« Merci. » ajouta Persée.
« Y'a pas de quoi .. » répondit Aurora en continuant sa marche.
La regardant s'éloigner, les différents Saints sentent un désarroi. Quelque chose la turlupine.
« Attend. » dit alors Dante.
« On a deux mots à te dire. » ajouta Capella.
"J'ai à faire." prévint la Treizième.
"Pars pas comme ça !" continua le Cancer.
« QUOI ENCORE ? »
« Comment va ta blessure ? » ajouta Asterion.
« De la rigolade. C'est bon je peux repartir ? »
« Qu'est-ce que tu désagréable ! » cracha le Cancer,« T'as tes règles ou quoi ? »
« Espèce de sale crabe. »
« Aurora .. » l'interpella Aiolia en s'avançant, « Quelque chose s'est passé dans le Monde souterrain ? »
Elle se figea sur ses pas. Puis elle répondit d'un ton vif :
« Non ! A plus tard !» et elle disparaît loin d'ici, se téléportant à Rodorio.
Ses compagnons se concertent du regard.
Dans le village de Rodorio, Aurora errait, une fleur à la main. Les passants se cambrent à son passage. Malgré son caractère, sa fougue et son rang, la brune reste humble et abordable.
« Seigneure Aurora … »
Elle se tourna vers une jeune voix masculine et se trouve nez à nez avec un garçon d'environ treize ans qui ploya le genou.
Il lui tend un bouquet de tulipes : « C'est pour vous remercier, Saint du Serpentaire. Arès ne s'est pas emparé du monde. Merci au nom de tout le village. Nous savons quelle épreuve vous avez traversé. »
La jeune-femme accepta les fleurs d'un signe de tête et les porta à son nez. Elle avait envie de pleurer. La reconnaissance de ce garçon la touche beaucoup. Elle n'a pas parlé de guerre depuis son retour. Ça lui fait encore mal.
« Comment t'appelles-tu ? »
« Aguapé. »
« Vis-tu avec ta famille ? »
« Avec mon père et ma petite-sœur. Ma mère est morte l'année dernière. »
« Je suis désolé pour ta mère. »
« Je sais qu'elle est en paix là où elle est. »
« Que fais-tu de tes journées ? Vas-tu à l'école ? »
« Oui, j'étudie pour devenir éleveur de Serpents. Depuis que je suis petit, je vous admire. J'aime les reptiles. »
« Tu m'en vois ravie. Quelle est ton espèce favorite ? »
« Le Liophidium pattoni. »
« C'est une espèce récente et très rare. Tu as de la ressource. » Le gamin hocha la tête. « A bientôt. » Mettant fin à la conversation elle reprit son chemin.
« Seigneur Aurora... »
Une lumière dorée apparue entre ses doigts et un serpent émergea. Aurora avait fait téléporter une espèce par son pouvoir lié aux rampants. Celui que voulait découvrir Aguapé. Le serpent fila vers le jeune-homme avec délicatesse.
« Merci ! »
« Prends soin de lui. Il ne te mordra pas.»
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La chaleur suffocante de la journée semblait vouloir persister tandis que la nuit avait, petit à petit, plongée le Sanctuaire dans l'obscurité. Pas un souffle de vent ne venait agiter les branches diaphanes des oliviers qui parsemaient les alentours du Domaine sacré. Ils restaient là, immobiles, leurs silhouettes décharnées embellissant, tant bien que mal, le paysage environnant. Les étoiles scintillaient délicatement dans la voûte céleste, perçant de leur douce lumière le voile obscur déposé il y a peu.
Le mois de juillet était déjà bien avancé mais jamais personne n'avait connu telle chaleur même sur le sol de Grèce. La hausse de température devenait de plus en plus difficile à supporter et l'aridité ne faisait que s'accroître. Tout n'était devenu qu'ombre et silence… seule la frêle musique de quelques insectes venait troubler le repos de ces lieux.
Aurora était assise au bord d'une falaise proche du Cap Sounion, pensive. Elle ne savait pas pourquoi elle a mal réagit quand on lui a parlé de son séjour aux Enfers. Est-ce à cause de ces moments avec Eaque qui ne cesse de vla solliciter par cosmo interposé ? Le Garuda a toujours voulu la posséder, elle a aimé, c'est cela la pire. Quitte à en perdre sa propre identité. Mais aujourd'hui cette dernière se met en veille. Puisque celui qu'elle a aimé l'a brisé.
Un homme d'un certain âge à l'allure distingué s'approcha doucement de la jeune-femme. Il incarnait la sagesse et le respect au simple coup d'œil. Cette nuit était vraiment magnifique, il s'en rendait compte alors même que la chaleur plongeait Aurora dans un état de demi-somnolence. Les étoiles brillaient ardemment, elles semblaient vouloir transmettre un message des Dieux mais, en vain. Lui non plus ne parvenait pas à trouver le sommeil tant la température se faisait accablante.
« Tu es là je te cherchais. »
La voix masculine se range à ses côtés. Un cosmo doux et puissant émane de lui. Aurora avait la tête reposant sur ses bras, les genoux ramenés contre elle, et fixait l'horizon.
« Ça me rappelle les fois où tu me courrais après enfant, quand je filais en douce du Sanctuaire. »
« Tu files toujours en douce il me semble. »
Elle sourit.
« Dis-moi ce qu'il te travaille. » demande calmement l'homme.
« J'ai besoin de me retrouver avec moi-même. Et j'en assez des hommes. »
« Alors pourquoi les tenter ? »
«Est-ce une question qui provient du Pope ou du Père ? »
« Du père, Aurora. »
Shion en personne était sorti du Palais. Il avait retiré son casque, sa longue toge royale. Il était vêtu normalement, tel un Jamirien sans artifices, la tenue traditionnelle de son pays.
Aurora eut un autre petit sourire.
« Que t'arrive-t-il ? »
« Ça fait un moment que je ne t'ai pas vu vêtu de la sorte ! On dirait un Pope des rues ! »
« Aurora … » fit ce dernier.
« C'est comme cela que je te préfère. »
Elle avait posé sa tête contre l'épaule du Pope.
Ces rares moments d'affection Shion les apprécie. Surtout depuis le retour de la treizième. Il sort parfois du Palais, le soir, sans escorte, ce qui n'est pas du goût d'Aurora, ayant toujours peur qui lui arrive quelque chose.
« Tu aurais dû prendre des soldats avec toi. » grommela t'elle.
« Ils n'auraient pas été d'une grande utilité. » dit l'ancien Bélier. « Et tu sais que j'apprécie ces moments de libertés » Shion prit une pause et demande docilement :« Vas-tu me dire ce qu'il te travaille ? »
« Je pense à mon enfance avant le Sanctuaire. A mon père.»
« Tu as un besoin de connaître tes origines ? »
« Je crains le conséquences. »
« Tu sais que tu peux me le demander, Aurora. »
« Maître Wilfried connaissait ma vie avant mon huitième anniversaire. »
« Fais appel à son âme. Tu en as le pouvoir avec ton armure. Je serais là si besoin. »
« Tu as toujours été là. Je t'aime tant Shion. »
« Moi aussi Aurora. Tu as complètement bousculé cette nouvelle vie que l'on m'a accordé. »
Il lui avait donné un baiser sur le front, comme le ferait un paternel à sa fille.
« S'il t'arrivait quoique ce soit … »
« Aurora, Je n'ai que 53 ans.»
« 262 ans plus exactement .. »
« Pourquoi craint-tu cela ? »
« Parce que les Dieux t'ont accordé cette vie partielle il y a des années.. Que tu as déjà eu une longue existence et que je ne veux pas qu'il te reprenne. »
« Si telle est la volonté des Dieux, on n'y pourra rien. »
« Et s'il te vieillissait d'un coup ? » s'angoissa soudain Aurora.
"Alors tu prendras ma place. »
« C'est hors de question ! J'ai pas une tête à rester assise sur un trône toute la journée. T'as qu'à demander à Saga ou Doko !»
« S'il m'arrive quelque chose, promets-moi de diriger cet endroit et le protéger comme il faut, même si tu n'es pas sur ce trône. »
« Ça oui je peux le faire, Pope intérimaire à la rigueur .. »
Shion aimerait pouvoir la rassurer mais il sait que rien ni personne ne forcera le Serpentaire à s'ouvrir. La perte de Demetria fut douloureuse, elle qui recherchait tant sa sœur depuis des années. Elle est arrivée deux ans après Aurora. Les deux jeunes-filles fusionnelles s'aimaient. Il n'a rien vu venir. Quand elle a disparu, cette peine a transformé Aurora qui concentra toutes ses émotions pour gagner l'armure et devenir le chevalier accompli que l'on connaît.
« Que s'est passé en Enfer ? »
« Pourquoi est-ce que tout le monde me pose cette question ? »
« …... »
« Rien de nouveau. J'ai failli me battre avec Minos et Rhadamanthe. »
« Et avec le Juge Eaque ? »
« … »
« Tu t'es donné à cet homme ? »
« Si je te dis oui, tu vas m'enfermer dans ma chambre ? »
« Aurora .. » Il tourna son visage vers elle, « Je sais que tu éprouves des sentiments profonds pour lui. Je veux simplement que tu fasses attention. »
« Eaque me rend faible. »
Shion lui dit avec prévenance :« J'aimerais que tu poursuis le repos que je t'offre en dehors du Sanctuaire. »
« Tu me renvois chez moi ? »
« Tu as besoin de te ressourcer. Faire des choses qui te rendent heureuses hors d'ici. »
« Je suis heureuse ici ! »
Shion pris un ton paternaliste :« Tu as besoin de te couper de ta vie de chevalier. »
« Parce que j'ai fait promener mon Serpent ce matin ? »
« Entre autre. »
« Que proposes-tu ? » demande la treizième.
« Je t'ai fait réservé une chambre en Sicile avec les entreprises Kido. Je sais que tu aimes particulièrement cette île. »
« C'est un ordre ? »
« Oui. »
« Et je peux revenir au Sanctuaire ? »
« Pas tant que je te l'aurai ordonné. » Aurora souffla. « Nous ne t'interdisons pas t'interagir avec le Domaine Sacré. Profites-en pour t'occuper de toi.»
« Et qu'est-ce que je n'ai pas le droit de faire ? »
« Te battre, utiliser ton cosmo … provoquer les Spectres.. »
« J'ai compris. Je suis Aurora Vosta, responsable de la sécurité des entreprises Kido. »
« C'est tout à fait cela. »
« Je pars quand ? »
« Demain matin. »
« Que vas-tu dire à mes compagnons ? Et au Domaine ? »
« Je dirais que tu es parti te ressourcer dans la vie civile. »
« Je peux voyager ? »
« Tout à fait. »
« Et me téléporter ? »
« Tu me demandes la permission quand tu souhaites le faire. »
Shion admirait l'horizon, le coucher de soleil se reflétant sur la mer et dit humblement : « Argol de Persée s'inquiète pour toi. » .
« Je sais. »
« Qu'en est-il de toi ? »
« Je ne sais pas si c'est de l'affection ou de l'attachement que j'ai pour lui. Argol est un premier amour.»
« C'est donc un complice, un ancien compagnon que tu apprécies. »
« C'est un homme loyal. J'aime échanger avec lui, son regard bleuté. »
« Ce que tu évoques ressemble beaucoup à de l'amour. » conclu Shion.
« Qu'est-ce que tu essais de me dire ?»
« Je te dis simplement que le chevalier de Persée fait partie de ces hommes marquants de ta vie de femme, tel que le Juge Eaque, Wilfried, moi-même et le chevalier du Scorpion.. »
Aurora sursauta.
« Milo ? Je ne suis que son amie ..." répondit t'elle. « Les hommes sont des idiots. »
La brune pivota sa tête vers les étoiles. Shion n'insista et la couva d'un sourire bienveillant. Ils admirèrent ensemble la sphère stellaire, contemplant ce merveilleux spectacle qui s'offrait à eux. Les étoiles scintillaient d'une rare lumière, le ciel entier semblait vivant… un spectacle enivrant. Ils n'avaient pas besoin de parler, absorbés par cette vision enchanteresse comme ils le faisaient jadis lorsque Shion lui apprenaient à lire dans l'univers sur le Mont Étoilé. Aucun chevalier n'est autorisé à s'y rendre en temps normal. Aurora comme à son habitude n'en faisait qu'à sa tête et se téléportait auprès de son père d'adoption afin d'ingurgiter le plus d'informations possible sur les lois qui régissent la galaxie, et le secret d'Athéna et l'histoire de l'humanité.
Cette innocence qu'elle aimerait retrouver et qui ne lui a plus été autorisé afin qu'elle devienne un chevalier accompli.
Quartier des chevaliers d'Argent, plusieurs semaines plus tard
« Quelqu'un peut me dire pourquoi notre compagnon reste seul dans son coin ? »
Babel du Centaure venait de poser la question discrètement à ses frères d'armes au beau milieu d'une partie de poker. Ils étaient chez Misty à discuter de tout et de rien. Un seul manquait à l'appel : Persée absorbé devant la fenêtre, son verre de ouzo dans la main.
« Il est comme ça depuis quelques jours. » répondit Asterion.
« Tu devrais aller voir ce qu'il en est, tu es l'ami le plus proche d'Argol. » conseilla Capella à l'attention d'Asterion.
« Je n'en tirerai rien. » affirma ce dernier en posant une carte devant lui , « As de cœur ! J'ai gagné cette fois .. »
Tous les autres jetent leurs jeux sur la table. Sirius mélange à nouveau les cartes tout en murmurant à son camarades : « Tu n'as pas une petite idée de ce qui le fait ruminer ? Il n'y a qu'avec les apprentis ou durant les entraînements qu'on retrouve l'homme que l'on connaît. »
« Le chevalier tu veux dire .. » ajouta Babel.
« Il semble ailleurs. C'est étrange venant de lui. » continua Moses.
Misty : « Il est inquiet. »
Tous se regardent et pensèrent la même chose : le chevalier du Serpentaire.
Babel : « Moi aussi je me demande comment elle se porte. »
« Le Seigneur Shion nous a dit qu'elle va bien. » assura le Lézard.
Moses :« Nous ne l'avons pas vu depuis un bail. »
Asterion :« Ça ne sera pas la première fois. »
« Aurora a quitté le Sanctuaire pour des raisons personnelles. » continua le Danois.
Court silence.
Capella demande alors: « Que disent les chevaliers d'or ? »
Sirius : « Ils n'ont pas plus de nouvelles que nous. »
« La Sagittaire disait qu'elle se rendrait à une fête qui aura lieu à Athènes. » répondit Dante.
Asterion fronça les sourcils :« Quel genre de fête ? »
« Apparemment, c'est pour l'anniversaire d'un Spectre. » continua le Lézard.
« J'ignorais que les Spectres s'adonnaient à ce genre de réception .. » répliqua Moses.
« Ils seront en petit comité. » affirme Misty.
« Avec pleins de courtisanes … » prévint Babel.
Le groupe se regarde, incrédule.
« Autant jeter Aurora dans la gueule du loup. » secoua la tête Asterion.
« Elle n'est pas assez stupide pour se laisser embarquer là-dedans. » avança Dante prudemment.
« Sauf si le Garuda est de la partie. »
Argol venait d'ouvrir la bouche en s'approchant de la tablée de ses amis, « Tu me met aussi un jeu, Sirius. » en s'asseyant.
Dante lui demande : « Tu penses que ce Juge va se jouer d'elle ? »
« Aurora est incapable de se contrôler face à cet homme. »
« Il n'a pas tort. » constata Misty.
Capella : « Argol, tu es préoccupé ? »
« J'espère qu'elle va bien. »
Les différents hommes débutent une nouvelle partie qui dure jusque tard dans la nuit. Lorsque Persée retourna à ses quartiers, Dante le prit à part sur le chemin.
« Et si tu me disais la raison de ta réflexion de ces derniers temps ? »
« Cela est-il si perceptible ? »
« On l'a remarqué. »
Argol s'immobilisa et répondit : « Je pense à Aurora. »
« Elle va bien. J'en suis certain. » le rassura Dante.
« Les raisons de ma méditation sont autres. »
« Tu peux réussir à tromper les autres, mais pas moi et encore moins Asterion qui ressent parfaitement tes craintes. »
« Alors si tu le sais mieux que moi, je t'écoutes. »
Dante mis la main sur son épaule :« Cela concerne ton attachement envers elle. »
« Je ne sais pas si elle éprouve toujours des sentiments, après toutes ces années. »
« Tu comptes énormément pour Aurora. »
« L'amitié n'est pas ce que je recherche. »
« Parles-lui.»
Argol soupira et admit à son camarade : « J'ai l'impression qu'Aurora s'est échappée de ma geôle, pour m'enfermer volontaire dans la sienne et en jeter les clés. D'autres sont venus semer le doute. »
« Tu parles de ce Garuda ? Laisses le là où il est. » railla Dante, "C'est un homme toxique".
« Ce n'est pas de lui dont je me méfie le plus. »
« Qui donc ? »
« .. »
Il avait jeté un regard vers les douze maisons scintillantes derrière eux.
« Milo du Scorpion … Il se ment à lui-même. »
« Et tu crains qu'il ne te devance ? Le Scorpion est fier. Comme tous les Ors. »
« Seul l'avenir nous le dira. »
« Vous avez le temps, Aurora est en vie et plus éclatante que jamais ! »
« Je ne le sais que trop … »
Le lendemain matin, Asterion toqua à la porte du chevalier. Bien que c'était jour de repos pour tous les officiers de rangs élevés, Argol laissa échapper un soupir de frustration. Le jeune-homme se leva de son lit à moitié endormi, passa un pagne autour de son corps et alla ouvrir.
« Asterion ? »
« Et bien tu joues aux marmottes, mon ami .. »
« Il n'est que 7h. » bailla Persée.
« Je conçois que cela change des horaires si matinaux. »
« Rentres, je fais du thé. »
Tout en préparant sa boisson du matin, Asterion lui parlait des nouveaux apprentis qu'ils devront accueillir mardi. Apparemment, l'un d'eux est bien impétueux et aspire à l'armure du légendaire Pégase.
« Ce jeune-homme vient de l'école des apprentis chevaliers fondée par la fondation d'Athéna. Il paraîtrait qu'il est aussi entêté que Seiya. »
« Passer à la pratique sera tout autre chose. »
« C'est évident. Il fanfaronne. »
« Ils n'ont jamais eu affaire à de vrais chevaliers. Prétendre à une armure sans n'avoir jamais connu de combats est irréfléchi. » fit Argol toujours protocolaire.
« Nous lui calmerons ses ardeurs. »
Ils s'échangent un sourire complice.
« A ce propos, ce soir nous sortons. Tu te joins à nous ? »
« La sortie de la semaine dernière fut suffisante à mon goût. »
Asterion ricane. Les Argents avaient passé un soir dans un bar à badiner avec des jeunes-filles qui leur sont tombées dessus. Il est vrai que lorsque les chevaliers sortent en civil, il sont immédiatement repérés, ne passant par inaperçu avec leurs carrures athlétiques et leurs longs cheveux. Ce ne sont pas des soirées au goût du Pope. M'enfin il faut bien que jeunesse passe et c'est en dehors du Domaine Sacré. Athéna a émis le souhait que ses protecteurs profite de moments ordinaires, où que ce soit. La plupart n'ont pas pu profiter de leur vie de jeune-homme lors de leur première existence.
D'une moyenne de 22 ans, les Saints d'Argents laissent parfois leur devoir le temps d'un repos ou de permissions. Argol avait été séduit par une jeune-fille venant du Moyen-Orient comme lui. Ils avaient échangé dans leur langue d'origine et avaient sympathisé. Les Argents avaient donné rendez-vous à ce groupe de filles ce week-end même.
« Elle t'avait plu ! »
« C'est une civile. » prévint le Saoudien.
« On ne te demande pas de l'épouser, juste de faire comme n'importe quel homme. »
« Je ne suis pas de ce genre et tu le sais. »
« Jalal, comment vais-je te convaincre de sortir ? »
« Aucune idée cher ami. »
« Et si je te dis que nous allons voir Aurora .. ? »
« Je te répond que tu me prends par les sentiments. »
« Elle est revenu à Athènes avant-hier. »
« Comment l'as-tu appris ? »
« Par le chevalier du Cancer. Apparemment, elle a passé les dernières semaines à se concentrer sur sa passion. »
« Elle danse avec sa troupe ? »
« Ils étaient à Rome avant-hier. Ce soir ils se produisent à Athènes. Les fonds seront reversés aux fondations que défend Aurora et les gains personnels pour le Sanctuaire. »
« Je lui ai toujours dit qu'elle en faisait de trop dans sa générosité. »
« Elle est comme ça. » puis il rétorqua railleur en vidant sa tasse,« Argol, tu adore la voir danser.»
« Il est vrai que ça fait longtemps. »
« La dernière était il y a deux ans. » ajouta l'Italien.
« A quelle heure partez-vous ? »
« On doit y être pour 22h.»
« Va pour le spectacle, ensuite je verrai. »
« Et fais-toi élégant. Laisses tomber le devoir et habilles toi de façon contemporaine ! Même les Ors feront des efforts. »
« Aurora les a dévergondé. »
« Elle a fait un travail remarquable sur l'importance de vivre normalement et heureux. » assure t'il en se dirigeant vers la sortie.
« Je vais m'entraîner. On se voit après. » termina l'Argenté en saluant son ami.
La journée se déroule normalement pour le Saint d'Argent, réfléchissant entre deux pauses à la façon d'amener la chose pour ouvrir son cœur au Serpentaire.
Quatre ans qu'ils sont séparés et relativement en bon terme. Au début de sa relation avec le Garuda, il s'est rendu compte que les liens qui unissaient ce Spectre et Aurora étaient forts. Il n'a rien pu faire. Elle n'avait d'yeux que pour lui. Argol s'interrogeait. Que trouvait-elle à ce spectre, si opposé à sa personnalité ?
Quand la belle s'est sacrifiée sous ses yeux, Argol a senti son cœur se briser en mille morceaux. Ce n'était plus le chevalier, l'amie, la femme qui lui manquerait. Mais bel et bien ce grand amour qu'il ne reverrait plus. Argol fut dévasté par cette perte autant que le Scorpion. Il lui a fallu des semaines d'entraînements intenses pour exorciser ce chagrin.
Puis elle est revenue. Argol, tout comme les autres, veillait sur son rétablissement. Il s'est occupé de son entraînement comme elle l'a fait pour eux cinq ans plus tôt. Il ne lui a rien laissé passer. Aurora l'a maudit des centaines de fois. Argol savait qu'il ne faisait pas cela uniquement pour elle. Il l'aidait parce que son bonheur énormément pour lui. L'avoir vu au bout du rouleau l'a affecté. Après ce long et périlleux chemin de la guérison, la voir revenir flamboyante dans sa nouvelle armure, l'a rendu fier d'elle. La femme qu'il lui a tapé dans l'œil était bien sous ses yeux. Il était toujours amoureux, c'est certain.
L'homme réalise qu'il est l'heure de se préparer pour la soirée en dehors du Domaine Sacré. Il pris une douche bienfaitrice, laissant l'eau couler sur ses muscles saillants. Lorsqu'il se s'observa au miroir, il constata qu'en effet, il était plus athlétique. Il sécha sa longue chevelure et ouvrit son placard. Il soupira. A part les tenues traditionnelles du Sanctuaire, il ne possède pas grand-chose de moderne. Tout le reste est au lavage alors que va-t-il pouvoir se mettre ? En fouillant au fond de son armoire, il trouva un jean et une chemise blanche. Parfait, de la sobriété. C'est passe-partout et cela lui convient. Ses compagnons sont plus coquets. S'il avait voulu jouer au Casanova, il serait allé voir Misty ou Dante.
Ces derniers frappèrent à sa porte.
« Tu es prêt ? » lance alors Dante. L'homme était élégant et propre comme un sou neuf.
« Je vois que tu as sorti le grand jeu. » sourit Argol.
Les deux hommes rejoignent le reste du groupe à l'entrée du Sanctuaire où attendait quelques Ors et les émissaires du mois, également en tenue contemporaine : Baian de l'Hippocampe, Sylphide du Basilic et Albérich de Megrez. Les chevaliers leur avait proposé de se joindre à eux pour aller applaudir Aurora. Ces derniers, n'ayant rien de prévu en particulier acceptèrent l'invitation.
A Athènes, ils arrivèrent en retard. Heureusement pour eux, Aurora et sa bande n'était pas passé. La belle avait réservé un cadre privé pour ses camarades, juste en face de la scène. Milo senti des cosmo parmi les spectateurs. Eaque était déjà là. Il était étonné car ce n'est pas du goût de l'homme de se mêler à la foule, encore moins avec ses frères, une rangée derrière, probablement en train de le surveiller. Il sait que le Juge cache une admiration pour le Serpentaire lorsqu'elle danse. On raconte qu'elle dansait même rien que pour lui lorsqu'ils se fréquentaient.
Argol était en train de discuter avec Dante quand Aurora débarqua sur scène. Depuis longtemps elle utilise la musique comme subterfuge. La danse est une façon pour elle d'exprimer ses joies et ses peines, et dans ce début de spectacle, elle faisait face à cette autre jeune-femme pour improviser des pas étonnants. Aurora contait sa bataille contre Demetria et la suite confirmèrent leurs pensées. L'amour est le sujet furent moins à l'aise au moment où la brune se mit à danser sur des musiques exotiques. Elle était passionnée dans ce qu'elle entreprenait comme dans un combat. Milo gardait la mâchoire serrée. Même Shaka quelque peu à l'étroit sur son siège garda les yeux ouverts, par respect pour sa camarade.
Avertie par des partenaire de danse, Aurora les rejoint plus tard devant un établissement animé. Euphorique, elle leur sauta dessus.
« Mes amis ! » avait-elle clamé.
« Tu es rayonnante. » lui assura Saga.
Aurora lui sourit affectueusement. En effet, elle était radieuse :vêtue d'une robe bleue fendue sur le côté, très peu maquillée car elle n'en a nul besoin tant sa beauté est indiscutable et arborait une coiffure en demie queue de cheval, des boucles glissaient avec élégance dans ses reins.
En observant ses compagnons élégants, elle s'exclama : « Dit-donc vous avez mis le paquet ! » Elle jeta ensuite un œil sur Persée, étonnée : « Jalal ! Tu as fait des efforts ! Tu es incroyable dans cette chemise ! »
Le chevalier de Persée s'approcha et lui murmura : « Je ne me lasse pas non plus de ta grâce. » Il avait posé sa main sur la hanche d'Aurora. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Les deux amis se regardent plein de tendresse.
Eaque du Garuda était également très élégant et grinçait des dents en voyant Persée proche de sa dulcinée. La belle saluta chacun de ses amis puis, elle se dirigea vers le Basilic qui lui baisa la main sous l'œil scrutateur du Népalais.
« Bonsoir Aurora. » fit le Spectre dans sa langue natale. Il est séduisant dans son ensemble foncé grenat. La brune lui répond par un clin d'œil.
Aurora constata ensuite la présence des Juges. Elle haussa un sourcil et s'avança près de Eaque : « Pourquoi tes abrutis de frères sont ici ? »
« Ils craignent certainement que je ne meure de convoitise .. » souffle t'il sournois.
« Tu es pardonné .. Tu es très beau. »
Eaque eut un rictus.
Aurora s'approcha ensuite des autres Juges, et dit avec dédain : « Qu'est-ce que vous foutez là tous les deux ? C'est pas une annexe des Enfers ici ! »
Certains rirent dans leur chemise. Aurora provoquant Minos et Rhadamanthe, comme d'habitude et dont les réponses ne se font pas attendre.
« C'est un endroit public, nous allons et venons comme bon nous semble. » répondit Rhadamanthe avec droiture.
« On a senti des cosmo. » se justifia Minos.
« Vous êtes venus torturer de pauvres mortels sans défense ? Je vous ai vus quitter la salle de spectacle avant les autres. »
« En effet. Ce genre de divertissement a fini par nous laisser de marbre. »
« C'est ça ! Regarder le derrières de mes danseuses ne vous a effleuré l'esprit peut-être .. ?! »
Eaque leva les yeux au ciel.
Minos ne démordait pas et rétorqua : « Comme toi chevalier. Tu sais en jouer. »
« Comment ça, Griffon ? »
« Que ce soit au Sanctuaire ou en dehors, tu restes une femelle sournoise et tapageuse. »
Ses amis se raidirent. Eaque avait envie de coudre la bouche de son frère.
La réaction d'Aurora ne se fit pas attendre. « Jamais tu n'auras l'honneur de mettre tes mains là, pervers ! » remontant sa généreuse poitrine sous le nez de Minos.
« Sorcière … » répliqua le Norvégien, outré.
« PD ! » continua Aurora.
« Libidineuse ! »
« Minable ! »
Ses amies civiles Luisa et Nathalià pouffent dans leur coin. Les autres étaient stupéfaits. Mais constatant la mine blasée de Eaque, ils comprirent que ce n'était pas la première fois qu'ils se cherchent tous les deux.
« Bon ça suffit vous deux ! » s'exclama Rhadamanthe en les séparant.
« T'as qu'à apprendre les bonnes manières à ton imbécile de frère ! »
« Je vais t'apprendre à insulter un Juge des Enfers, péronnelle. »
« Et c'est toi qui dit ça ? »
« Hum ! C'est bien toi qui a retardé Eaque au Tribunal à cause de tes tentations malsaines avec cette servante ! »
Les chevaliers et les émissaires regardèrent Aurora, qui haussa les épaules.
« Minos, tu devrais peut-être balayer devant ta porte .. » répondit la brune sournoise,« Surtout lorsqu'on aime culbuter son gentil procureur pour le récompenser ! »
Rhadamanthe et Eaque sourient en coin. Aurora est très observatrice. Minos devint blême. Il ne savait pas que le Serpentaire savait pour lui et Rune. Minos apprécie les hommes et les femmes uniquement pour les soumettre. Il s'est toujours demandé ce que cela aurait donné si il avait réussi à posséder le Serpentaire.
« Aventurière. » répondit-il en s'éloignant.
"C'est ça !" lança Aurora d'un air triomphant.
Mia du Sagittaire, vêtue d'une jupe et d'un haut blanc fit baver le chevalier du Capricorne. On dirait une jeune lycéenne timide et non un redoutable chevalier d'Athéna.
« Mia, tu es bien de trop mignonne ce soir ! »
Cette dernière rougit, « Aurora, je n'égalerai jamais votre beauté ! »
« Ça va pas ?! Tu es bien moins vulgaire que je ne l'étais ! »
Agée de 17 ans en fin d'année, elle était étroitement veillée par ses grands frères en or et surtout de Shura. Le gardien de la dixième maison restait impassible mais tous se doutait qu'il avait de l'affection pour la jeune-fille. Son regard le trahissait. Ce qui est également le cas de Nathalià pour Camus. Ils partagent une passion commune pour la culture et leur région d'origine depuis qu'Aurora avait présenté les jeunes-femmes civiles aux chevaliers, i an. Le froid et apathique guerrier n'était pas insensible à cette dernière. Aurora assistait à tout cela au loin. Elle avait parié avec les chevaliers d'Argent que Shura et Mia craqueraient les premiers.
Certains comme Moses et Capella apprécie la Sagittaire. Mais c'est chasse gardée. Le Capricorne ne laissera personne lui prendre la portugaise. Asterion, lui s'est pris de passion pour Amaria la protégée d'Aurora. Des affinités semblent se former parmi les chevaliers pour le grand plaisir du Serpentaire. "Ils se détendent enfin !"
Il en est de même pour l'un des Juges. Le puissant Rhadamanthe est attiré par Luisa, « l'amie folle du Serpentaire » comme l'appelle Minos. Eaque l'a constaté et laisse son aîné faire son bout de chemin. L'Anglais est peut-être un terrible Spectre. Mais il reste un homme. Et ce soir, il s'est mis en tête de posséder ce bout de femme perché sur des talons hauts qui ne cesse de lui envoyer des signaux.
« Mais, qu'est-ce que tu fais ? » grogna Aurora alors qu'elles dégustent un verre les chevaliers d'or dans la partie privative du bar de l'établissement.
« Quoi ? » répondit innocemment Luisa, ne quittant pas la Wyvern des yeux.
Leurs compagnons assistent à un début de dialogue entre les deux amies, aussi têtues qu'un troupeau de mules.
Quant à Rhadamanthe, la chemise un peu ouverte sur son torse, les mains enfoncées dans son pantalon noir, il était d'une classe naturelle à en couper le souffle. Se sentant observer, le Spectre tourna la tête, ses yeux clairs croisent ceux de Luisa qui papillonnait des cils.
« Arrêtes ça toute de suite ! » prévint Aurora.
« Mais laisses-moi admirer ce spécimen, veux-tu. »
Shaka, qui avait l'effort de garder les yeux ouverts depuis tout à l'heure fut la premier à saisir la situation : « Luisa, serais-tu en proie à des sentiments pour ce Juge ? »
Tout le monde tourna la tête vers la brune, le regard malin.
« C'est sûr que je ne compte pas faire une partie de petits-chevaux avec cet homme ! »
La plupart faillirent cracher dans leur verre.
Aurora secoua la tête : « Tu ignores à quel jeu tu es en train de jouer ! »
« Arrête un peu de me materner. »
« On parle de Rhadamanthe, d'un très puissant guerrier. Pas d'un simple bonhomme qui court les rues. »
« Je prends le risque. Il me fascine. »
« Bon, Rhada est très élégant, joli garçon et viril. Tu adores les grands blonds. Mais c'est un Spectre, tu n'as aucune chance d'aller te balader dans le monde souterrain . »
« Et c'est toi qui dit ça ? » lui balança Luisa.
« Ce n'est pas comparable ! »
« Et en quoi c'est différent ? Tu as des immenses pouvoirs que je n'ai pas, pour le reste, tu as follement aimé un Spectre, qui ne te quitte pas des yeux depuis tout l'heure. »
« Je sais .. » répondit Aurora.
« Tu vas coucher avec lui ce soir ? » sans se préoccuper des autres, intérieurement outrés.
« Luisa ! »
Aurora ne savait que répondre à cela au milieu de ses amis. Alors elles parlent de ces choses entre elles ?
« Laisses tomber tu veux ! » ajouta t-elle.
« Ou alors peut-être ce Général Canadien ? » en désignant Baian assis plus loin en train de discuter avec le Basilic et quelques téméraires jeunes-femmes.
« Ça suffit. »
« Mais dis-moi, qui c'est le meilleur dans cette histoire ? Combien d'hommes as-tu connu ? Tu dois certainement avoir beaucoup plus d'expériences que moi ! »
La treizième lui adressa un regard flegmatique : « Parce que tu crois que je comptes en plus ? »
Son amie se rapprocha et fit sournoisement : « Mais .. franchement, qui est en haut du podium des supers guerriers virils ? »
« Luisa tu me fatigues. » répondit le Serpentaire en sirotant son verre.
« On est juste à côté au cas où vous l'aurez oublié .. » lâcha le Cancer, aussi dépité que ses compagnons.
Luisa ne tint pas compte de la remarque et poursuit sa quête de la vérité absolue :« Allez ! Je suis ta meilleure amie après tout ! »
Aurora lui envoi un regard noir.
« Je sais ! » et lui dit quelque chose à l'oreille qui fit sursauter Aurora.
« T'es folle, pas lui !? »
Son amie ricanait. Les autres se demandaient bien ce qui amusait autant la jeune-femme.
« Moi tu sais, le meilleur que j'ai connu c'était Marko. » avoua-t-elle.
« C'est un imbécile. » affirma Aurora sans sourciller.
« Tous les hommes sont des cons pour toi. » répliqua Luisa.
« Disons, à 98%. »
« Ça ne laisse pas une grande marge … » s'exclama Aiolia un léger sourire au coin des lèvres, les bras croisés.
« Bon et toi alors ? Le best du best ? »
Aurora soupira, « Tu le sais. »
Luisa afficha un visage déconfit : « Pas ce mec. » en parlant du Garuda, « Ma parole, tu l'as dans la peau ! »
« Tu m'as demandé. »
« Qu'a-t-il de si spécial à la fin ? Une énorme qu … ?»
Aurora lui mis la main devant la bouche avant que l'irréparable se produit, sous les yeux scandalisés de ses compagnons.
« La ferme, Luisa. Bois. »
« Qu'est-ce que tu es directive .. »
« Vas-tu te marier un jour ? »
Aurora cru s'étouffer dans son verre : « Quoi ? »
« C'est vrai, tu as fait ce que tu devais faire en tant que chev.. enfin ton devoir. » se reprit-elle, « Maintenant tu peux aspirer à une vie cool avec un mari cool et des enfants. »
« Mais tu m'as regardé ? Suis-je une femme à être docile épouse ? Tu veux que je m'établisse dans une ferme et que j'élève des moutons ? »
Luisa était hilare : « Ça semble pas mal ! Ton père était berger après tout.»
« Plutôt me retrouver dans le lit de Minos … »
Haussement de sourcil général.
« Aurora … » la repris gentiment Mu, « Tu méprises cet homme. »
« Il m'insupporte mais il est séduisant. »
« En tout cas il te provoque à chaque fois. » constata Shura.
« Allez je veux m'amuser ! » Elle se tourne ensuite vers ses amis :« Vous venez avec nous? »
« Moi je vous suis ! » dit gaiement Angelo qui récupère la main d'Aurora.
« Saga ? Camus ? »
« On vous regarde. » répondit prudemment le Gémeau.
Camus déclina poliment.
« Mia ? » demande Luisa à la Sagittaire.
« C'est d'accord mais je ne suis pas douée. »
« Laisses toi guider par la musique. » conseilla Aurora.
« Shura ? Tu nous accompagnes? »
Elle en fait exprès pour rapprocher les deux chevaliers.
« Je préfère les mélodies plus exotiques. »
« A la prochaine, Mia, tu l'embarques ? »
La Sagittaire rougit. Elle sait très bien ce que manigance son maître.
« Milo ? Aiolia ? Une danse avec le Serpentaire ? »
« Tu sais bien qu'on n'aime pas danser. » rétorqua Aiolia.
« Je penche plutôt pour l'observation. » déclara solennellement Shaka.
« A d'autres ! Tu regardes les filles danser ! » balança Aurora.
La Vierge ne préfère pas répondre, connaissant l'impertinence de sa sœur d'arme et continue sa discussion avec Mu et Aldébaran.
Puis elle s'adressa au Scorpion qui n'avait pas beaucoup parlé depuis le début de la soirée : « Milo, s'il te plait ! »
Aurora lui envoya son regard de biche. Comment lui dire non ?
« Très bien, une seule Aurora. »
Dans les prochaines minutes qui suivent, Milo guère adepte de danse ravala sa fierté. Il voulait faire plaisir à Aurora. Et ce dernier tentait de suivre le rythme de son amie. Il ne savait pas comment se comporter et réagir face aux déhanchements naturels de la brune au milieu de tous ces civils, de ses compagnons. Est-ce bien sérieux ? Il se gifla mentalement. Pourtant sa conscience parlait pour lui. Et lorsqu'il perçoit les intentions de ces hommes, il se retient de ne pas leur enfoncer son Aiguille Écarlate en plein cœur.
Aurora lui fait face, affichant un sourire à faire tomber Zeus : « Tu es beau ce soir ! »
Milo sourit en coin. Aurora, si spontanée ! Elle passa naturellement ses mains autour du cou du Scorpion, parfait dans son pantalon et cette chemise bleue comme ses yeux piquants.
« A quoi penses-tu ? » murmure Aurora à son oreille.
Elle venait de se serrer contre lui. Immédiatement, leurs corps se sont unis. L'homme ne put s'empêcher de passer ses mains doucement sur la taille de son amie, avec respect. Milo restait songeur de voir combien celles-ci savaient d'instinct le chemin de ces hanches, combien leurs bassins s'ajustaient sans y penser. Il serait un homme ordinaire, il aurait succombé depuis longtemps. Seul les années d'entraînement lui permet d'aller outre ses désirs.
« Tu sembles heureuse. » se reprit t'il.
Aurora ne le quittait pas des yeux.
« Que t'arrive t-il beau Scorpion ? »
« Aurora .. » dit Milo sur un ton indélicat.
« Je ne te sens pas à l'aise. Parles-moi. Oublie le chevalier un instant.»
« Qu'est-ce qu'il te fait croire que j'ai des choses à dire ? » se renfrogna-t-il.
« Ton regard et tes mains qui m'encerclent. »
Le chevalier sentit son sang ne faire qu'un tour. S'il y a bien une chose qu'il ne voulait pas démontrer, c'était ça, ce désir de bousculer les barrières entre eux.
« Milo ? »
Le Grec ne l'entendait plus. Il se sentait au bord d'une falaise. Aurora sentit son mal-être et l'attira loin d'ici.
Milo venait de remettre son masque de chevalier. Aurora l'avait amené près de la plage juxtaposée à l'établissement. Des couples se promenaient sur le bord de l'eau, des groupes de jeunes buvaient devant un feu de camp, des gamins jouaient sur le sable bruyamment. Ils étaient tranquilles, loin des leurs, en terrain neutre, mais dans une ambiance lourde de sens.
Aurora s'assied sur un muret, le Scorpion s'y était adossé à côté et contemplait ensemble la mer éclairée par la nuit étoilée.
«Dis-moi ce qui ne va pas. »
Il tenta de chercher ses mots.
« Passes-tu une bonne soirée ? » demanda-t-elle.
« Oui.»
« Je sens pourtant que tu es agité. »
L'homme pris une profonde inspiration. Il doit se jeter à l'eau. Mais comment faire ?
Après quelques instants insupportables pour Aurora, il lui dit : « Te souviens-tu de cette conversation que nous avons eu sur l'île Kanon ? »
Aurora se raidit. Bien-sûr qu'elle s'en souvient, elle était si faible et émotive.
« Oui, Milo. »
« J'aimerais savoir, n'était-ce pas le fruit de tes craintes qui t'ont poussé à t'interroger ? »
« Milo, j'ai toujours éprouvé plus que de l'amitié. La question c'est, est-ce réciproque ? »
« La question fondamentale est plutôt quels genres de sentiments avons-nous l'un pour l'autre. »
Elle mis son doigt sur le menton de Milo et le tourna en sa direction : « Bon alors, je t'écoute. Tu as eu tout le temps d'y réfléchir il me semble. »
« Tu retournes la question. »
« Nullement. »
Le silence.
« Mais qu'est-ce qu'il te fait peur ? Tu as bravé les pires pourritures, des Dieux, la mort, tu as même supporté mon sale caractère lors de mon rétablissement .. »
ll réfléchit un instant sur le sens de sa phrase.
« Si tu restes dans le silence, je le prendrai comme un affront et cela serait pire que la haine. » continua le Serpentaire.
« Ne me menaces pas. » lâcha le Scorpion.
« Alors parles. »
Milo croisa le regard de son amie. Le parfum qu'elle portait affolait son odorat. Par Athéna ! Peut-être qu'elle a raison en fin de compte, qu'il est trop empêtré dans des croyances désuètes. Qu'il ne sait rien faire d'autre que d'être chevalier.
Aimer est une chose, le montrer en est une autre.
« Milo ? »
Il se lança prudemment et admit : « Si je n'étais pas chevalier, que tu n'étais pas ma sœur d'arme, nous partagerions une relation différente de celle-ci. »
« Et qu'aurions-nous partagé ? »
Milo, impénétrable, se tut.
« Hum, Milo ? »
Sans réfléchir il répondit : « Je t'aurai conquis depuis longtemps. »
Il avait dit cela sans l'onde d'une hésitation, tel un Scorpion ayant trouvé sa proie. Son regard captivant en disait long. Aurora était hébétée. Ils venaient de franchir une étape. Milo se sentait libéré d'un poids. Étrangement mis à nu.
« Milo .. » en s'approchant sensuellement de l'homme. Elle posa sa main sur son visage, il frissonna. « Alors captures-moi. »
«Ce n'est pas convenable. » parvint-il à articuler.
« Combien de temps cela va-t-il durer? »
Quelque chose le retenait encore, il ne réfléchissait qu'avec sa tête, sa fierté de guerrier et ses principes.
« J'ai du respect pour toi. Je ne veux pas souiller ton âme, ton corps, ton cœur. »
« Tu n'es pas en mesure de décider pour moi. »
L'atmosphère était chargée d'une lourde tension. Aurora ferma les yeux et embrassa Milo sur la joue doucement, si lentement qu'il sentit de l'électricité foudroyer son corps. Et en plus, elle ne se décollait plus de lui. Il ferma les yeux. Il a envie de mourir en cet instant.
« Aurora .. » murmura t-il de sa voix virile, « Cesses cela. »
Mais elle ne l'écoutait guère. La portugaise se posta devant lui, enjambant le mur sur lequel elle était installée et se mit dans une position plus confortable. Elle pris les mains du Grec et les posa sur son visage. Elle continuait de jouer avec les mains de Scorpion qu'elle guidait vers ses épaules, puis remonta à son cou et descendit vers sa poitrine, dans une lenteur cruelle. Face à ce spectacle, Milo crut défaillir devant l'appel en feu du Serpentaire.
Elle s'immobilisa en pleine milieu, et admit : « Milo .. » embrasant les sens du Scorpion, « Si tu ne me captures pas toute de suite, tu ne le feras jamais. »
Alors ils en sont arrivés là …
« Qui ne dit mot consent. » Elle avait totalement lu dans ses pensées.
D'un geste, il s'empra des mains du Serpentaire et les baisa doucement. Milo s'en voulait déjà. Sa bouche se rapprochait lentement de la nuque d'Aurora. Elle sentait son souffle sur sa peau, puis, une main vient s'emparer de sa han che. Milo était totalement impuissant face aux débordements de passion qui s'est emparé de lui et savourait le parfum de la brune. Il l'embrassa avec affection sur la tempe.
Et alors qu'il s'apprêtait à plonger sa bouche dans celle d'Aurora, on les appela. Luisa venait de tout briser. Aurora venait de manquer la suite de la plus belle soirée de son existence et cela ne se reproduira pas de sitôt, connaissant le Scorpion.
Milo s'écarta subitement d'Aurora, comme un violent rappel du monde extérieur, le vrai, celui des humains qu'il protégeait.
« Pardonnes-moi .. Je ne peux pas. »
Il s'éclipsa loin d'ici. Chamboulé.
Aurora était furieuse. Elle n'avait qu'une envie : tuer Luisa sur le champs.
« Qu'est-ce que tu faisais? » Son amie ne répondit même pas et se rua vers le bar, « Ça va ? » s'inquiéta Luisa.
Mais la portugaise n'entendait plus rien. Frustrée.
En rentrant, elle sentit le regard d'Argol sur elle. Apparemment, il la cherchait. Elle s'empara d'une bouteille de Sky posée sur la table de ses amis en train de papoter et se servi un long verre qu'elle porta à sa gorge sans s'arrêter, sous les yeux ronds de ses camarades.
« Aurora, où est Milo ? » demande Aiolia.
« Parti. » répondit-elle sèchement.
« Tout va bien ? » insista le Lion d'or.
« Hum... Ouais. » en se resservant un verre.
« Oh, doucement. Tu sais très bien que tu ne tiens pas l'alcool. » prévint Angelo.
« Je suis une grande personne. »
Shura fronça les sourcils : « Il y a peine dix minutes, tu étais heureuse et maintenant c'est le contraire. »
« C'est pas important. »
« Nous sommes là si tu as besoin. » continua Saga.
« Merci mais ça va. »
Et elle s'éloigna vers la piste de danse, tentant de camoufler sa gêne. C'est à ce moment-là que le Général Baian s'approcha, ayant remarqué sa consternation lorsqu'elle est revenue de l'extérieur : « Tu sembles contrariée, chevalier. »
« ... »
« Un problème ? »
Il avait posé une mains sur sa taille en ne quittant pas des yeux la sulfureuse danseuse qui répliqua : «Tu vas me sauter dessus, Marina ? »
« Si c' était le cas tu ne pourrais plus bouger, Aurora. »
Elle eut un petit rire.
« Mes amis ne t'aiment pas. »
« Peu importe. » Il lui fit une proposition afin de lui changer les idées: « Demain, allons se restaurer quelque part. »
«… Je suis invitée. J'ai obtenu un prix très abordable sur une salle luxueuse. C'est l'anniversaire de Rhadamanthe. Ses lieutenants veulent fêter cela.»
« Je vois, tu te rends à cette fête au beau milieu de ces Spectres afin de provoquer le Garuda. »
« Il ne sera pas là. »
« Tu feras en sorte qu'il le sache. »
« Evidemment, surtout quand ses subordonnés verront ma robe. »
Baian secoua la tête. Aurora se colla contre le torse puissant du Général et posa sa tête contre l'épaule de l'homme, surpris par cette tendresse.
« Tu es sûr que tout va bien ? »
« J'aimerais bien qu'on arrête de me poser cette question. »
Argol de Persée n'écoutait plus son interlocutrice depuis qu'il a remarqué le cosmo agité du Serpentaire et qu'elle recherchait l'affection du Marina. Il bouillonnait. Le Saoudien décide de prendre les choses en main et rejoint ses camarades attablés plus loin, en train de faire un bras de fer.
« Encore perdu, Babel ! Tu as des bras de femmelette. » se moque Moses.
« Tu as triché. » grommela son adversaire.
« C'est ce que tu dis à chaque fois. » continua t'il en remplissant son verre.
En voyant Argol revenir, il s'exclame : « Qu'est-ce que ça donné avec cette civile ? »
« J'ai préféré y mettre un terme. »
Ses amis ouvrent de grands yeux.
« Tu es difficile, Argol. » lâche nonchalamment Capella.
« Simplement pragmatique. » répondit t'il en finissant son verre, jetant un œil vers Aurora et Baian.
Le groupe saisit. Les chevaliers se concertent d'un regard et Asterion décide d'intervenir.
« Argol, tu peux nous dire pourquoi tu es soucieux ? »
« Je réfléchi. » répondit l'homme, impénétrable.
Dante railla :« A la façon dont tu vas pétrifier ce Général ? »
Argol ne supporte absolument pas la proximité du Marina avec Aurora. Il est toujours difficile de rester de marbre face à ces courbes pressés contre lui.
« Elle n'est plus la même depuis qu'elle est sortie parler avec le Scorpion » affirma Argol.
« Ne te formalises pas. »
Argol croisa les bras et fixa Aurora, espérant un regard de sa part. Cette dernière termina sa conversation avec Baian et partit se chercher un verre au bar. Argol saisi l'occasion pour la prendre à part, sans tenir compte de ses amis.
«Laisse parler ton cœur ! » dit Babel par cosmo interposé.
Comme si c'était facile …
« Aurora … » l'interpella Persée. Elle se retourna et plongea son regard dans les yeux éclatants du chevalier d'Argent, bien décidé à lui parler ce soir.
« Argol ? Tu passes une bonne soirée ? »
« Pas quand tu te fais appâter par cet homme. » répondit-il froidement.
Aurora haussa un sourcil.
« Nous discutions. Qu'est-ce que tu essais de me dire ? »
« Fais attention à toi. »
« Et si tu me disais la véritable raison de ton manque de gaieté ? »
Argol lui pris le poignet : « Tu as raison, j'ai quelque chose à te dire. »
« Mais encore ? »
Il l'emmena à l'abri des regards.
« Un mal être gagne du terrain jour après jour. Et toi qui traite cela avec une singulière désinvolture. » lui avoue finalement ce dernier.
Aurora reste bouche-bé.
« Argol .. Je..»
« On commence par être touché au cœur, une fraction de seconde, et puis petit à petit le mal se développe jusqu'à emplir toute sa vie. »
« C'est un message subliminal ? »
« Il semble être à sens unique.»
« Je t'ai toujours porté dans mon cœur, Jalal. »
« Je ne veux pas être queton ami. »
« Qu'attends-tu de moi ?»
« Être celui qui t'apporte sécurité, bien-être et passion. La stabilité auquel tu aspires. »
Les mots résonnent en elle. Elle avait besoin de ce genre discours mais il provient d'un homme qu'elle ne soupçonnait guère.
« Mes sentiments pour toi sont intactes, comme au premier jour. » poursuit l'homme.
« Tu m'as toujours démontré sagesse et amitié à mon égard. »
L'homme lui envoya un regard dur. Il fit volte-face mais le Serpentaire rattrapa le Saoudien : « Persée attends ..Tu ne m'as même pas laissé le temps de réagir. »
Le chevalier la considéra.
Pourquoi me fixes-tu comme si tu allais envoyer des apprentis à l'abattoir ? » lâche-t-elle,
« Puis-je au moins m'exprimer sur ce que tu viens de me dire ? »
« Viens. » dit-il en lui prenant la main.
Ils sortirent prendre l'air et marchèrent silencieusement au bord de l'eau.
« Si je m'y attendais à tout cela. » finit par dire Aurora.
« J'ai simplement respecté tes décisions. »
« Pourquoi maintenant ? »
« Les récents événements, ton sacrifice m'ont ébranlé au plus haut point. »
Elle n'a rien vu venir.
Elle qui se demandait à quoi rimait ces étranges émotions qu'elle ressentait ces derniers temps. Elle vient d'avoir en partie des réponses. Réagir instinctivement à Argol lorsque ce dernier lui démontre de l'affection et de la complaisance prouve qu'elle ressent toujours quelque chose. Mais quel genre d'amour ?
Perdue, Aurora songe alors qu'elle a du pain sur la planche. Elle ne sait pas si elle prête à s'investir. Trop de choses se sont déroulées. Est-elle capable d'aimer à nouveau, de se donner corps et âme sans craindre de représailles ? Quel sera le signe qui annoncera la fin de sa vie intime tumultueuse ? Quel avenir s'offre à elle ?
Elle soupira. L'amour c'est trop compliqué.
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