CHAPITRE 9

Cœurs Partagés

Treizième Temple, quinze jours plus tard

Fais ce que je dis, pas ce que je fais.

Shaka de la Vierge, l'homme le plus proche de Dieu – ayant fait des progrès considérables en matière de relations humaines depuis sa résurrection, allait, en ce jour, commettre un meurtre. La seule chose qui l'embêtait, c'était comment il allait expliquer cela à son Pope. Peut-être pourrait-il dire que son cosmo avait brutalement explosé, emportant « malencontreusement » une de ses camarades au passage parce qu'il avait « accidentellement » ouvert les yeux. En effet, le Saint du Serpentaire dépassait les bornes, son propre entendement. Et il lui semblait logique qu'il devait agir pour le bien de sa sœur chevalier.

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que, marquée par son expérience proche de la mort, Aurora avait entreprit de profiter de sa vie d'une manière que ses frères d'arme jugeaient tout à fait immodérée, festoyante – si ce n'est pire – quelle que soit l'heure de la nuit.

Shion avait ordonné à la brune de revenir « se poser » au Domaine Sacrée et poursuivre sa quête de paix intérieure au Sanctuaire - souhaitant probablement avoir la main mise sur elle, cependant, c'était peine perdue. Aurora affichait une posture et un état d'âme des plus ordinaire face à ses compagnons, pour se retrouver dans un profond isolement une fois seule avec ses bêtes noires. Ses amis ne l'ont pas pris sur le fait. La treizième déteste montrer ses démons intérieurs et puis elle file à l'anglaise dès qu'ils ont le dos tourné, pensez-vous.

L'héroïne de la guerre contre Arès « pétait un plomb » comme le prétend un certain Masque de Mort et faisait ses débordements au sein même de la Terre sacrée. Cela ressemblait à des soirées improvisées en sa demeure avec les Argents de sa classe : Merio et compagnie, ses amies d'enfance Luisa et Natalià, seules civiles au courant de sa vie de combattante avec qui elle avait eu des moments forts dans sa jeunesse, où se mêle musique forte, ricanements, parties de poker, et partage de stupéfiants « doux » afin de renforcer l'atmosphère. Enfin .. c'est surtout Aurora qui décompressait. Ses camarades connaissent leur limite à la grande différence du Serpentaire revendiquant pourtant le contrôle de ses émotions, et il ne fallait surtout pas en faire toute une montagne.

Ce n'était pas au goût du Pope, ni de ses camarades dorés. Ils n'ont jamais osé franchir sa maison de peur d'être scandalisés (et surtout de se faire envoyer dans un coin de la galaxie.) Etre la gardienne de la treizième maison, ça a du bon : elle est en retrait des autres, on n'est pas obligé de la franchir comme celles de ses voisins, et la portugaise a mis en place une barrière cosmique « anti-collègues rabat-joie ».

Ce soir-là, n'écoutant point les récents conseils avisés de la Vierge offusquée qui lui prodigue une introspection sur elle-même, elle était prête quand Luisa vint la chercher.

Aurora a passé des nuits agitées. Elle repensait aux paroles de Persée, d'un Scorpion toujours prudent et d'un Garuda qui n'a pas cessé de lui envoyer des lettres. Elle n'a pas parlé à Milo depuis la scène de la plage, ni à Argol. Surtout, les images de son combat contre sa sœur lui reviennent en mémoire chaque nuit et sa vie de femme l'inquiète. Mais il est vrai qu'au Domaine Sacré, elle s'y sent bien grâce au cosmo bienveillant d'Athéna.

Dans sa chambre, elle terminait de se coiffer pour la soirée spectrale. Ses cheveux étaient splendides. Elle les a perdu par poignée suite à son combat et désormais, ils lui arrive au milieu du dos. La belle avait fait faire des mèches blondes afin d'adoucir son visage. Elle songe alors au Juge de son cœur. Sera-t-il présent ? Elle y a longuement réfléchi : la toxicité de Garuda est vile, troublante, ardente. C'est comme un venin, une drogue qu'elle n'arrive pas à se débarrasser. Leur histoire n'est pas terminée et qu'importe, elle doit tout faire pour y mettre un terme. Ce n'est pas ainsi qu'elle conçoit l'amour. Elle y ressent un sens profond et partagé. Même si lorsqu'ils se sont rencontrés, l'amour s'est emparé d'eux petit à petit.

A l'époque, elle venait de terminer sa mission pour le Dieu des Océans, Poséidon et avait vécu des moments forts avec le Général du Pacifique Nord, Baian. Les jeunes gens s'étaient quittés en bon terme lorsqu'elle regagna la Grèce et l'Hippocampe espérait revoir le Saint d'or pour partager d'autres instants. A cette période, Aurora voulait tourner la page Argol. Ils se tournaient autour malgré la séparation et des mois de relation. Persée était éperdument épris du Serpentaire. Il acceptait difficilement d'être abandonné. La savoir avec d'autres le rendait coléreux. Et puis, Aurora rencontra finalement le Marina puis le Juge.

Aujourd'hui, regagner le cœur du Serpentaire est le souhait le plus cher du Saoudien. Il la sent réceptive, fragile. Lui seul peut la sauver de ces turpitudes, de cette bassesse. Il n'aurait jamais dû la laisser. Mais quant est-il d'elle ? Aurora a besoin de comprendre ce qu'elle ressent. Ses sentiments pour Argol sont différents. Et Milo ? Elle aimerait le savoir. Est-ce un autre amour, le soleil de son existence .. ? D'où lui vient ce besoin de dominer les hommes mais de ne pas s'engager ?

En attendant, son amie ne cessait de frapper à la porte de sa chambre. « Bon, je t'attend ! »

« J'arrive. » répond Aurora en s'admirant une dernière fois au miroir.

Elle est vêtue d'une façon tout à fait inappropriée pour une fête Spectrale : une combinaison noire courte lui donnant des jambes interminables et centrée à la taille avec une attache en or. Elle portait un bijou autour du cou qui tombait sur une poitrine généreusement à vue, déstabilisante. Le tout sur des talons hauts et une veste.

Ces hommes de l'ombre qui aiment disposer des gens comme ils le souhaitent n'ont aucun état-d'âme face à leur adversaire, encore plus envers les mortels. Seulement du dédain et du mépris. Mais elle s'en moque, elle veut se divertir. Aurora a besoin de se changer les idées. Elle s'est mis en tête de séduire un autre Spectre. Eaque fut le seul et elle sait que d'autres aimeraient prendre ses faveurs. Elle a déjà sa petite idée sur la question : le Basilic. Ce charmant jeune-homme aux cheveux blonds cendre, originaire de Belgique est un des excellents subalternes de Rhadamanthe. C'est l'un des guerriers des ténèbres les moins dédaigneux sur sa personne. Il n'a jamais osé aborder Aurora sous peine de se faire atrophier par Eaque.

De son côté, le Scorpion l'a passé à s'entraîner durement dans les collines entourant le Sanctuaire. Shion l'a envoyé effectuer quelques missions, à sa demande. Il n'a cessé de songer à Aurora depuis cette soirée ambiguë, cette limite qu'il s'était imposée. Sur le toit de sa maison, revenu tout juste d'une exploration sur des terres alliées, il a sondé la maison du Serpentaire. Il sentait son cosmo. Quelque chose le retenait. Il a encore besoin de prendre du recul.

Argol quant à lui n'a pas dormi au lendemain de la soirée. Il s'est adonné à un pénible entraînement puis il est allé nager aux abords de la plage du Sanctuaire. Il a rejoint Asterion et Dante chez Sirius pour une soirée improvisée entre hommes comme ils aiment en faire une fois leur devoir accompli.

En dehors des Saints d'Or qui ont chacun leur propre Temple sur le chemin des douze maisons, les Argents ont une bâtisse personnelle dans la zone sud du Sanctuaire à un kilomètre du zodiaque doré, vaillamment gardée par des gardes, juste avant l'arène d'entraînement. Merio de la Coupe est le chef des Argents avec Misty, et les lieutenants Argol, Asterion, Moses et Babel, chacun dirigeant une zone. La demeure du Saint de Persée est sobre, de taille modeste avec tout le confort nécessaire pour y vivre. Depuis quelques années les Argents bénéficient de l'eau courante grâce à la rivière en contre-bas du Sanctuaire. Les hauts gradés ont les plus belles maisons. Et comme tous les saints d'Athéna, chacun aspire à une vie simple loin de la société moderne.

« Dit-donc, tu es canon ce soir ! Tu es certaine de vouloir de te pointer devant ces hommes de main du Grand Hadès ?»

Luisa venait d'apparaître au seuil des sanitaires du Saint du Serpentaire, et la scrutait de haut en bas.

« Ils ne sont que des hommes. Pourquoi avoir peur de susciter le désir ? »

« Parce qu'ils n'ont pas de sentiments ou très peu .. »

« Alors pourquoi séduire Rhada ? »

« Il me plaît. »

« Tu verras bien, je t'ai mis en garde. » puis elle regarda son amie, la détaillant à son tour : « Tu es voyante aussi. Fais attention, tu ne vas rien voir venir. »

« Cooooool ! » se contente de répondre Luisa, enthousiaste.

Aurora leva les yeux au ciel. Elle n'est pas sûre que ce soit une bonne idée de ramener son amie à ce genre de soirée où se mêleront alcool, catins de luxe et extravagances en tout genre.

« Luisa, je t'ai mise au courant de ma vie de guerrière parce que je tiens à toi et que je te fais confiance. " dit alors le Serpentaire sur un ton volontairement maternel, "Cependant tu ne dois omettre que ces hommes que tu méconnaissais auparavant, tant les pouvoirs des protecteurs des Dieux dépassent l'entendement des mortels- ces hommes sont dangereux pour une femme comme toi. Marko ton ex, à côté est un enfant de cœur. Je ne veux pas que tu souffres. »

« Aurora je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour moi depuis que tu m'as sorti de la rue." répondit t'elle reconnaissante,"Et la promesse de garder ton secret jusque dans la tombe. Je n'ai pas peur de ces types. es bad-boy m'attirent comme des aimants. C'est ainsi ! »

« Oh je le sais ! » souffla t-elle,« Mais je préfère te mettre en garde. S'ils te font du mal, ils auront affaire à moi. »

« Je suis ceinture noire de karaté et championne de Capoeira ma chère ! »

« Ce n'est pas suffisant face à des hommes qui se déplacent plus vite que tu ne parles et n'ont aucun scrupule à tuer des adversaires 1000 fois plus forts.»

« Hum, je tâcherai de ne plus l'oublier. »

« Alors allons-y. »

Devant la porte d'entrée de la salle privée d'un établissement huppé d'Athènes, la brune était étonnée de l'ambiance décontractée qui émanait de l'endroit. De la musique ancestrale, des bruits de verre qui cognent, des ricanements. Aurora sonda la pièce de sa position. Les Spectres étaient nombreux. Eaque était là aussi apparemment. Elle ressentait son énergie. Elle se raidit un peu. En même temps, sa présence est normale, c'est l'anniversaire de son demi-frère.

« Luisa, souffles un bon coup et rentrons ! »

« Ok, je suis prête. »

Un majordome les accueillit et les fit entrer.

« Bonsoir, nous sommes les invitées de ces messieurs. » annonça Aurora.

« Vous êtes attendues. » répondit poliment l'homme.

Il les guida dans un couloir assez long et leur fit signe de s'avancer jusqu'au parvis d'une grande porte d'un style Louis XVI. Le décor était d'un baroque noir et rouge dominant, feutré de doré, de mobiliers d'apparat d'inspiration antique Romaine richement orné et luxueuse, correspondant tout à fait au style des Spectres. L'homme les conduisit jusqu'à un groupe qu'elle connait bien : les seconds de Rhadamanthe.

« Je vois que ton amie est de la partie. » s'exclama Gordon du Minotaure à leur arrivée.

« Je suis le cadeau surprise de ton chef. » lâcha Luisa, sous les yeux ahuris des Spectres.

« Commences pas Luisa, on vient d'arriver. »

Aurora posa un présent sur une table où d'autres attendaient : « Pour Messire Rhada. »

« Merci pour lui. » lui dit Sylphide.

« Tu es de toute grâce, Dame chevalier. Il en est de même pour ton amie.» s'exprima Phlégyas.

« Merci. » répondit Aurora qui se tourne ensuite vers le Basilic, « Syl', tu es très élégant .. Cela change complètement ma perception sur les Spectres. »

Le Belge eut un petit rictus devant ses camarades.

"Ne rougis pas chéri, t'es assez mignon en fait." rajouta Luisa, comprenant les intentions de son amie.

Ce dernier serra la mâchoire, alors qu'Aurora lui lança un clin d'œil. Les compagnons du Basilic se pincent les lèvres.

« Mesdames, je vous débarrasse ? » propose alors un steward.

« .. dit donc on dirait que tous les Enfers se sont réunis. » ironisait la treizième.

« Rien n'est plus important que le bien-être de nos Maîtres. » répondit Edvard du Sylphe de l'Etoile Céleste de l'Envol.

Lorsqu'elle ôta sa veste, de même que sa complice, les différents spectres restèrent bouche ouverte. Et tous les yeux se tournèrent vers les jeunes-femmes, confiantes comme des Reines. Elles alliaient charme, beauté et intelligence. La réaction qu'attendait Aurora de l'assemblée infernale était mieux qu'elle ne le pensait. Elle sentait des ondes de fascination autour de sa personne et s'en frottait les mains. Sa majestueuse poitrine était si fièrement dressée que Sylphide bu son verre d'un trait.

« Arrêtes de baver sur mes chaussures, tu veux ! » râla Queen de l'Alraune qui doit bien admettre que cette femme chevalier a plus d'un tour dans son sac.

Aurora cherchait du regard le Garuda. Il est là, elle le sent.

Ce dernier la scrute avec attention depuis son arrivée dans un coin de la salle en compagnie de ses frères. Il a bien évidemment remarqué le manège de la Portugaise et les vêtements tout à fait inadéquats qui ornent son corps. Sa tenue était tellement courte qu'elle en défiait presque les lois morales.

Qu'est-ce qui ne tournait rond chez elle ?

« Regardez le Serpentaire, elle a réussi à déconcerter tous nos hommes.» commenta Minos,« Tu as remarqué Rhad, son amie n'est pas non plus très couverte. »

Rhadamanthe et Eaque se concertent du regard. Minos va de nouveau être exaspérant avec le Serpentaire. Le trio est séduisant, captivant. Même sans leurs atours, leur prestance et leur supériorité sont écrasantes. Ils ne portent pas leur titre de Juges pour rien.

« Quel homme peut assurer savoir résister à une telle femme ? » affirma Cube à ses camarades.

Ce dernier détailla les courbes du Serpentaire avec attention, agaçant un certain Basilic.

« Ne parles en ces termes de Dame chevalier.» riposta Sylphide.

« Et alors ?! C'est elle qui minaude. » continua t'il dans son jeu malsain, « Elle m'a toujours plu et je ne m'en cache pas, n'est-ce pas Syl' ? »

Ce dernier pris son collègue par la col de la chemise : Qu'insinues-tu ? »

Son vis-à-vis afficha un sourire narquois, « On sait que tu as le béguin pour cette femme chevalier !" murmura ce dernier,"C'est toi l'idiot ! »

Le lieutenant de Rhadamanthe le balança deux mètres plus loin en guise de réponse.

« Sylphide a raison, tu n'es pas digne d'être un protecteur des Enfers si tu n'as pas un minimum de bienséance envers nos alliés, telle est la volonté de sa Majesté. » continua Queen.

« Moi je ne vais pas gêner, regardez nos maîtres ! » enchérit Edvard, envoyant un rictus perfide au Belge, la mâchoire serrée.

"Tout à fait !" ajouta Cube sournoisement.

« Crétin ! » Gordon le souleva de terre : « Tais-toi et ne t'approche pas de Dame chevalier. Elle appartient au Seigneur Eaque, tu le sais très bien.»

Cube maugréa dans son coin. Les Etoiles Terrestres prirent la défense de leur camarade et un duel verbal et corsé débuta contre les Etoiles Célestes. Le groupe de Juges considérait leurs sbires en train de se chahuter avec les autres. Rien de plus normal entre Spectres. La rivalité est souvent de mise au sein de l'armée d'Hadès.

« Quel bande d'imbéciles .. » constata Minos avec dérision en buvant son verre.

Aurora repéra la triade et se dirigea vers les frères infernaux, un rictus au coin des lèvres.

« Saint du Serpentaire, que nous vaut l'honneur ? » s'exprima Minos,« Le carré des prostituées est juste là. »

« Minos … » le reprit Rhadamanthe.

Cette dernière ne s'en offusqua pas. La portugaise s'assied telle une amazone sur le Griffon, surprenant par la même occasion Eaque et Rhadamanthe. Elle posa ses mains sur les épaules du blond et lui souffla à l'oreille : « Je suis difficile à divertir, Seigneur Minos. »

Le Norvégien la fixa de ses yeux clairs, et lui pris le visage d'une seule main, le regard autoritaire comme s'il siégeait à son tribunal. Il déclara : « Je t'enverrai dans la première vallée des Enfers, là où tous les pécheurs de luxure sont consignés. »

« J'espère que tu m'y accompagneras alors. » sourit Aurora.

« Tu ignores quel genre de torture je t'infligerai. »

« Tu ignores quel genre de femme je suis.. »

Rhadamanthe et Eaque se jettent un regard flegmatique. Ces deux-là ne cesseront jamais. Et en plus, le Serpentaire provoque allègrement leur frère.

« Insolente, tu ne perds rien pour attendre. »

La portugaise ricana : « Bah voyons ! » Puis elle se rapprocha de l'Anglais, « Rhada, toi et moi on a jamais été de grands amis, mais je respecte le chef et la sens du devoir qui est la tienne. L'homme qui est derrière, je le laisse à Luisa, ton autre cadeau. Bon anniversaire.» fit-t-elle avec malice.

Rhadamanthe afficha un visage impénétrable et répondit : « Merci chevalier.»

« Je suis Melle Vosta ce soir. »

« Aurora la catin te va très bien aussi. » poursuivit Minos dans ses provocations.

« Va te faire mettre . » rétorqua t'elle en s'éloignant des trois hommes.

Et elle roula des hanches devant eux avec une bravade dont elle a le secret, poursuivant son chemin la tête haute.

« Elle ne perd rien pour attendre. » pesta le Griffon en l'observant.

Aurora jeta un regard provocant au Garuda et se servit du champagne. Eaque savait très bien à quoi elle jouait. Car au milieu de la soirée, elle avait tellement bu qu'elle s'étonnait de tenir sur ses jambes. Minos n'a cessé de la chercher dès qu'elle faisait un pas dehors. Cependant le Garuda veillait et a envoyé son frère courtiser ailleurs. Puis elle a tenté plusieurs fois Sylphide, déstabilisé, surveillé par le Garuda. On ne prend pas ce qui appartient au Grand Eaque !

Après plusieurs heures de festivités, la salle était dans une ambiance chaude de débauche. Le Népalais commençait à s'agacer sérieusement. La treizième ne cessait de séduire d'autres spectres qu'elle jugeait "charmants" et Rhadamanthe envoya des regards désapprobateurs à son lieutenant, embarrassé. La Wyvern lui-même est occupé à discuter avec Luisa. Enfin, tout est relatif. C'est la brune qui parlait.

A un moment, l'Anglais était tellement las de ce moulin à parole qu'il lui mit un morceau de gâteau dans la bouche afin qu'elle se taise.

« Tu es d'une agréable compagnie, mais tu parlemente de trop. » avait affirmé le blond.

Luisa répondit lascive : « Je ne connais qu'une seule façon de me taire .. » Sa main montait doucement sur la cuisse de l'homme.

Rhadamanthe voyait clairement son petit jeu. Quelle audace ! Oser courtiser un Juge de l'Enfer ! Il va calmer ses ardeurs dès qu'il aura l'occasion. Foi de Spectre. Mais il n'eut pas le temps de dire ou faire quoique ce soit qu'une dispute éclata au loin. Il sentit des énergies défiantes. Celui de son frère et du Serpentaire. Il soupira.

Il se dirigea vers le centre des chocs cosmiques, Minos le suivait de près, lui aussi alerté. Les ex-amants élevaient la voix, le Basilic au milieu, faisant signe à son Seigneur qu'il n'y pouvait vraiment rien.

« Que se passe y-il ? » demande durement Rhadamanthe.

Luisa le rejoignit par derrière, soucieuse.

« Rien qui ne vous concerne. » répondit le Garuda, ne quittant pas Aurora des yeux.

« Demandez au SeigneurEaque pourquoi perd t-il son sang-froid !? »

« Laissez-nous régler ça. » ajouta le Népalais.

Elle maugréa : « Toi qui était si complaisant. Maintenant je peux sentir toute ta répugnance.. Je ne comprend pas ! »

« Tu te le demandes ? »

« Oui ! »

« Tu oses ce manque de respect devant nos hommes, forniques avec le subordonné de Rhadamanthe, et tu es vêtue comme une traînée. Tu es ivre et tu ne saisis pas ? »

Furieuse, la portugaise répondit : « J'ai eu raison d'avoir méditer sur toi. Tu es accablant. Et je ne veux plus que tu m'approches Eaque ! » Elle se dirigea vers la salle et continua avec un tonitruant : « Retourne en Enfer ! Je regrette de t'avoir rencontré ! »

Bouillonnant, le Garuda saisit le bras du Serpentaire et la ramena brutalement à lui : « Que viens-tu de dire ? »

« Je te maudit ! Plus jamais tu ne me toucheras ! Dégages de ma vie ! »

Le brun est tellement en colère que même ses frères se raidirent, et qu'Aurora ne parvenait pas à se démener. Il serra durement les poings.

« Eaque. » prévint Rhadamanthe avec neutralité, « Lâches le Serpentaire. »

« Laisses mon amie en paix, misogyne ! »

« Silence, peste ! » répondit Eaque à Luisa. La prudence lui dictait le silence.

Il se téléporta avec elle plus loin. Aurora très agacée, l'avertit : « Eaque je te conseille de me lâcher ! Sinon je .. »

Une lueur de vengeance brillait dans les yeux du Garuda. L'instant d'après, le cou du Serpentaire était emprisonné entre les doigts d'Eaque, dont les yeux brillaient d'une lueur insane. Sa bouche était déformée d'un rictus de rage et ses veines saillaient son cou. Il ne supportait plus cela. Aurora lui échappait encore. Aurora lui tenait tête.

« Ea-que, a…arr-ête, tu ... »

Le Serpentaire n'a rien vu venir, tant ses réflexes sont amoindries par les effets de l'alcool. Le Népalais resserra davantage ses mains autour du cou de son ancienne maîtresse qui suffoqua. Il la regarda, presque fanatique, son regard sans pitié. Son cosmo engloba le corps du Serpentaire, son autre main serrait son poignet, Aurora était prise au dépourvue.

Le silence qui suivit en fut d'autant plus pesant.

« E..a-q … » articula-elle difficilement.

Il avait franchi la limite de l'acceptable et réalisa soudain qu'il allait trop loin. Lentement, son étreinte sur Aurora se relâcha.

« Tu es fou ! » grogna t'elle en se frottant le cou, « Où est passé le Eaque qui voulait se repentir ? »

« Il a disparu à l'instant où tu l'as humilié. »

« Je ne t'ai jamais dit qu'on remettrait ça ! »

« Je l'avais remarqué, puisque tu forniquais avec ces insectes. »

« Je n'appartiens qu'à moi-même. »

« Inepties ! » dit-il en se rapprochant d'elle.

Rhadamanthe et Minos débarquent à ce moment, décidés à calmer les esprits. Quand il vit Aurora accolée au mur, se touchant le cou, il saisirent que leur frère l'avait malmené et pas des moindres. Preuve que la force physique du Juge est puissante, même pour le Serpentaire.

Le Népalais s'approcha pour la reprendre mais Minos le retint : « Ça suffit, Eaque. »

Ce dernier rétorqua :"En arrière Minos."

« Je viens de voir ton masque tomber." s'exprima alors Aurora,"Tu es et resteras ce Juge dédaigneux ne pensant qu'à asservir ses pairs. JE TE HAIS ! Du plus profond de mon âme, Eaque !»

A peine eut-elle le temps de se remettre de sa précédente mésaventure qu'elle n'anticipa pas le Garuda lui flanquer une gifle monumentale la faisant valser à l'autre bout de la terrasse, sous les yeux surpris de ses frères. Aurora était choquée. Il venait de la frapper impunément, sans l'ombre d'un regret dans le regard.

Elle se redressa, sans un mot, et s'enfuit aussi loin que possible. Ce silence n'augurait rien de bon. Ils sentirent le cosmo du Serpentaire partir pour le Sanctuaire.

« C'est malin, elle va aller se plaindre à ses frères. » souffla Minos.

« Qu'ils viennent. » rétorqua Eaque en retournant à l'intérieur.

Quant à Aurora, elle n'est pas partie se plaindre. Elle s'est réfugiée dans une vallée d'agrumes du Domaine, tentant de comprendre ce qu'il vient de se passer, et bouleversée de finir cette soirée ainsi, bouleversée de comprendre que cela était révélateur de d'autres démons intérieurs qu'elle ne soupçonnaient pas, où ne voulait pas voir, omnibulée par ses soucis de survivante.

« Pourquoi ? Pourquoi Eaque ? » pleura-t-elle à chaudes larmes, « Pourquoi cet amour est maudit ? Comment puis-je passer à autre chose !?»

Elle gémissait tellement d'accablement que son cosmo réveilla la partie sud du Sanctuaire là elle a atterri : celle des Argents.

« Aurora … »

Au même moment, Argol fut le premier à sortir du lit.

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Elle n'avait pas bougé de cet arbre fruitier. Assise à terre contre le tronc, elle observait tristement le ciel, la treizième médite en larmes. Toute la pression accumulée de ces derniers mois s'extériorisaient. A cette heure-ci, ses camarades dorment d'un profond sommeil, hormis les patrouilles. Cependant, son cosmo est détecté par les plus valeureux d'entre eux.

Des coups frappés à la porte d'une maison tire brusquement Babel de son sommeil. L'homme grommelle, et sort de son lit en sous vêtements. En ouvrant, Asterion se trouve face à lui, la mine inquiète.

« Sommes-nous attaqués ? » questionna l'homme en baillant.

Son vis-à-vis secoua la tête. « N'as-tu pas ressenti cette énergie ? »

Babel se concentra et après quelques instants, la perçut également.

« Aurora … »

Il comprit, et d'une traite, enfile un pantalon et un maillot.

« Merio est parti chercher Argol.»

« Hâtons-nous . »

Les deux Saints d'Argent se dirigèrent d'un pas décidé à l'endroit où le cosmo du Serpentaire fut ressenti. De leurs côtés en chemin, le Greco-italien Merio de la Coupe, accompagné d'Argol était soucieux,« C'est étrange, je me demande ce qui ai arrivé. »

« Hum... » fit Argol, la mine froncée, "Je n'ai pas bon pressentiment."

Les deux chevaliers approchent d'une colline bordée par des citronniers, des orangers et d'autres arbres à agrumes. Ils sont rejoints par Babel et Asterion.

« Avez-vous repéré quelque chose ? » demande le Danois.

« Pas plus que vous. » répondit Merio.

Ils empruntèrent le sentier menant à la dernière trace de cosmo. Après quelques instants, ils perçoivent du bruit.

« Ecoutez ! » s'exclama Babel.

Merio fronça les sourcils :« Quelqu'un est en train de sangloter. »

S'approchant du lieu, ils reconnurent au loin la silhouette. Les amis se hâtent vers leur camarade, dévastée. Ils ne l'avaient jamais vue ainsi. Même après des combats, la perte de proches, Aurora réussissait à rester digne et s'enfermait dans son temple pour ne pas démontrer ses peines. Elle est la cheffe des troupes, elle ne doit ébranler ses semblables. Merio l'avait vu se larmoyer une fois, il y a des années. Aurora est son amie d'enfance au Sanctuaire Ils ont tout fait ensemble et il veut qu'elle soit heureuse.

« Mon amie, que t'arrive-t-il ? » lui demande doucement la Coupe.

La brune était de biais et regardait hagarde face à elle, enveloppée dans son manteau.

« Parles-nous. » continua Babel.

La Portugaise restait murée dans le silence. Elle n'en revenait toujours pas de ce qu'il venait de se passer.

Argol s'accroupit face à elle. Elle regarda le sol.

« Ne restes pas dans ta peine. Tu nous as mobilisé. »

« Je n'ai appelé personne. » conteste t-elle.

« Ton cosmo parlait pour toi. Sinon pourquoi n'es-tu pas près de ta maison avec tes frères d'arme ? » clame Merio.

« Vous êtes aussi mes frères. » reprit-t-elle.

Elle fondit en sanglots, ne sachant trouver ses mots. Le cœur de Persée se serra lorsqu'il vit la jeune-femme dans cet état. Argol n'en supportait pas davantage.

La jeune-femme se jeta dans les bras de Merio qui caressa tendrement la chevelure.

« Calmes-toi, Aurora. »

Les Saints d'Argent se concertent d'un regard. La Coupe attrapa la jeune-femme et la blottit dans ses bras.

« On ne va pas te laisser là. »

"Emmènes-là dans ma demeure." murmure le Saint des Chiens de Chasse.

Dans la bâtisse d'Asterion, Merio la déposa sur le fauteuil de la pièce à vivre. Babel fit allumer la grande torche. A ce geste, Aurora se dissimula sous sa capuche, mal à l'aise. Les argentés le constatèrent. Sans un mot, Argol se dirigea vers la portugaise. Il s'assied à ses côtés pour lire son visage mais Aurora faisait résistance.

« Qu'essais-tu de dissimuler ? » demande Merio.

Argol se tourna vers le Serpentaire et ôta sa capuche. Ce qu'il vit le pétrifia d'effroi.

« Qui t'as fait cela ? »

« Ce n'est rien. » se contente de répondre Aurora.

Mais le chevalier de Persée est loin d'être idiot.

Asterion se rapprocha : « Par Athéna … »

« J'ai eu une altercation. »

« Comment ? » fit étonné Babel, « Comment une femme de ton ordre a pu se laisser surprendre de cette façon ? »

« Je m'y attendais pas. »

« Aurora, qui aurait pu te porter un tel coup sans que tu ne le pressentes ? » poursuivit Merio.

« Parce que ce n'est pas un homme ordinaire qui a fait cela, qu'on était pas au milieu d'un champs de bataille, que j'avais trop bu et que je n'avais nul raison de me méfier ! »

Silence.

« Qui t'as fait cela ? » réitéra Persée.

Il constata les marques autour de son cou et à son poignet. Son sang ne faisant qu'un tour dans sa tête.

« Argol .. » s'exclama alors Aurora, comprenant qu'il avait saisi la situation.

Les autres chevaliers prenaient sur eux contrairement à Persée qui se dirigea vers la sortie.

« Argol, où vas-tu ? » lui demande Merio.

« Je ne peux pas laisser cela impuni. » répondit-il en claquant la porte.

« Je t'en prie … ! » supplia Aurora en se relevant.

Mais elle avait tellement bu qu'elle ne tenait plus debout. Babel la rattrapa avant qu'elle ne s'effondre à terre. Ils remarque sa tenue de soirée et saisirent immédiatement d'où elle venait.

« Allez le rattraper ! » ordonna le Serpentaire à ses amis.

« Je m'en charge .. » assura Babel, « Toi, tu vas te poser et te laver de ces impuretés. »

« Mais .. »

Asterion :« Tout ceci est indigne d'une femme comme toi. »

« Qu'est-ce que tu sous-entends ? » gronda cette dernière.

« Vois comme tu es vêtue, et l'alcool que tu as ingurgité. » poursuivit Merio, "Aurora, je te connais. Tu dois te reprendre."

« Qu'essayez-vous de me dire ?»

Dante assura : « Que tu vaux mieux que ça. »

« Je veux qu'Argol revienne sur le champs. »

« Qui t'as fait cela ? » rétorqua Babel.

La brune baissa la tête : « Vous le savez bien. »

Les Argents s'entre-regardèrent. « Le Juge ?»

Elle hocha la tête : « Je ne veux pas qu'Argol se batte avec lui. Il a peu de chance contre Eaque.»

Ses amis voulait appeler une servante afin qu'elle s'occupe du Serpentaire, forcée de se purifier aux thermes. Mais elle refusait catégoriquement de s'y rendre. Aurora espère simplement qu'Argol fera preuve de maîtrise et qu'il ne tombera pas dans le piège du Garuda.

Du côté du trio de Juges, Rhadamanthe en a assez de jouer au grand frère moralisateur. Pour lui, Eaque s'est laissé embarquer dans ses émotions.

« Je ne te comprend pas. Toi si réfléchi. " déclara la Wyvern sur un ton neutre,"Tu veux une nouvelle guerre Sainte ? Les chevaliers vont nous tomber dessus et nous devrons le justifier auprès de sa Majesté. »

« Je le sais parfaitement. »

« Si on ne calme pas les esprits, Athéna risque de mal le prendre. »

« Tu devras te justifier auprès du Serpentaire, Eaque. » continua le Griffon.

« Qu'est-ce qu'il te fait croire que j'irais demander pardon à cette femme ? »

Rhadamanthe :« Cesses d'en parler en ces termes. On t'avait prévenu de ce genre de relation. »

« Fais-en de même avec cette femme que tu courtises … » répond froidement son frère.

« Nous partageons qu'une attirance charnelle. »

« Qui pourrait te conduire aux sentiments .. » conclu Eaque.

Minos jeta un œil désolé à son cadet. Leur frère a le Treizième dans la peau.

« Avoir succomber à la tentation avec ce chevalier a été la chose la plus déraisonnable que tu ais faite, Eaque. »

« Rentrons au Royaume et oublions cet incident. » continua le cadet.

« Je sais que vous n'avez jamais approuvé ma relation avec elle, cependant, rien ni aucun Dieu ne pouvait prévoir ce genre d'événement. » expliqua le Garuda.

« Vraiment ? » rétorqua Minos, en regagnant son fauteuil : « Tu veux faire croire que ces sentiments pour le Serpentaire sont irrémédiables ? Tu n'avais qu'à lui résister. »

« J'ai toujours eu cette sensation étrange que nous ne formions qu'un. Pas même sa Majesté ne pouvait exorciser cette affectivité. »

Rhadamanthe et Minos haussent un sourcil.

« Tu crois en ces théories sordides sur ce que l'on appelle l'âme sœur ?" Le Norvégien ricana :"Voyons Eaque... Sur quoi te bases-tu ? »

« Sur ce que me dictait mon âme. »

« Ton cœur tu veux dire ! " grogna l'Anglais,"Des femmes, tu en trouveras .. Mais par pitié, fermes ton esprit à ces idées répugnantes. C'est bien un fait de chevalier, ça ! »

Le Népalais ne préfère pas répondre. Ses frères ne comprendront jamais ce qu'il ressent.

« Quel est ce cosmo défiant qui approche ? » s'exclame alors Minos.

On frappa à la porte. Gordon s'inclina : « Mes Seigneurs, un Saint d'Athéna veut s'entretenir avec vous. Il dit que si on l'empêche de passer il ne répond de rien. »

Rhadamanthe souffla. Ces histoires à l'eau de rose le fatigue. Minos, lui, riait de bon cœur.

« Et bien ! » se réjouit t-il, « Qu'il vienne, on va se divertir un peu. »

« Gordon, décris-moi cet homme ? » poursuivit la Wyvern sans relever le sarcasme de son aîné.

« Comme la majorité des saints d'Athéna, grand avec de longs cheveux, cet air cavalier qui les définit." déclara le Minotaure,"Il me semble que ce n'est pas un des gardiens des douze maisons. »

« Ce n'est pas un Saint d'Or ? » l'interroge Minos, intrigué.

« Je pencherai pour la catégorie au-dessous. Vous savez, celui qui pétrifie ses adversaires. »

« Persée .. » firent en cœur les aînés, « Fais-le entrer. » ordonna Rhadamanthe.

Gordon hocha la tête et alla chercher l'indésirable.

C'est sans saluer les Spectres, débarquant en trombe dans la pièce que le chevalier aux poings serrés, déversa toute sa haine.

« Saint d'Argent de Persée, que veux-tu ? » demande Minos.

« Je viens laver l'honneur de ma camarade. »

Le Garuda snobait royalement le chevalier.

« Et bien, fais-moi face ! »

« Et que comptes-tu faire ? Me changer en pierre ? » se moqua le Népalais.

« Ce que tu as fait à Aurora est impardonnable. Je n'ai nul besoin de mon armure pour te faire mordre la poussière. »

« Un duel contre moi ? » se retourna-t-il, dédaigneux.

« Sans énergie cosmique, toi et moi. Je dois cela à notre sœur d'arme. »

« Un chevalier amoureux .. pathétique. »

« N'est-elle que futilité à tes yeux ? Pourquoi l'as-tu maltraité de la sorte, réponds-moi ! »

« C'est un Saint d'or. »

« Tu l'as pris à défaut, c'est déloyal !" riposta Argol, "Vous les Spectres, rejeter toutes formes de sentiments, mais je pensais que les Généraux des Enfers censés représenter droiture et noblesse feraient preuve d'exemple et d'étique devant leurs hommes. »

Le trio se tut. Rhadamanthe considéra Eaque. Le Saoudien a raison. Les Juges sont l'Élite de l'armée des Ténèbres. Ils doivent être irréprochables. Un comportement irréfléchi est paradoxal.

« As-tu fini, chevalier ?» répondit ironiquement Eaque.

« Je ne laisserai pas cet acte impuni.»

« Dehors Saint d'Argent, tu n'es pas digne de m'affronter. »

« Comment oses-tu … » répondit Argol en s'avançant, les dents serrés.

« Chevalier, nous allons régler ce malentendu. » temporisa Rhadamanthe.

« Évitons de nous combattre, nos Dieux n'en seraient qu'indisposés." continua calmement Minos,"Persée, rejoins le Sanctuaire. Nous allons régler ce contentieux.» termina le Griffon avec sagesse.

Argol leur envoya un regard méprisant puis fit volte-face. Il sortit, poussant au passage Sylphide et Gordon.

« Ce chevalier est téméraire, oser venir face à nous trois ».

« Eaque, rentrons à la Giudecca. » ordonna Rhadamanthe, "Tu as assez fait."

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Au petit matin dans une bâtisse du Sanctuaire, Asterion se levait pour aller s'occuper des aspirants chevaliers. Il avait laissé sa chambre à Aurora afin qu'elle puisse se reposer en toute quiétude. L'homme prit son petit-déjeuner, puis alla jeter un œil dans la pièce à côté. Le Serpentaire dormait profondément, recroquevillée comme une petite-fille échaudée. Il posa sa main sur le front de son amie : elle avait un peu de fièvre. Il lui prépara de quoi se soigner sur la table de nuit. Le Danois pouvait sentir son cosmo plus calme. Cette jeune-femme compte pour lui.

Le Saint d'Argent de la Meute est l'un des rares proches amis dans le cercle d'Aurora si on ne compte pas Merio et le Premier Général Kanon. D'un an seulement son cadet, l'homme est la première personne qui a fait confiance au jugement du Serpentaire lorsque ces derniers ont été ressuscités.

Même s'il peut lire dans l'esprit de ses compagnons, par respect pour eux ils ne le fait pas. Ce matin-là, il s'est permit une entrave en décryptant le cœur de son amie. Il a pu constaté qu'elle est profondément éprise du Garuda. Et qu'elle lutte désespérément pour le chasser de sa mémoire. L'engagement qu'elle voulait offrir au Juge, cet acte si cher à son cœur l'a meurtrie, tant elle lui avait tout donné. Derrière cette passion dévorante se cachait autre chose : l'espoir. La brune voulait trouver la plénitude, l'épanouissement de son être et le partager avec quelqu'un. Il vit que deux personnes troublaient son esprit: Milo du Scorpion et Argol de Persée. Cependant, elle n'avait pas pris sa décision, sachant que le premier était indécis et le second, elle estimait ne pas le mériter.

Argol et Aurora se connaissent pourtant bien. Ils ont vécu une histoire complice et sincère. Ils n'ont montré que de l'amitié aux yeux du monde. Seul quelques-uns étaient au courant de leur liaison. Aurora était au Sanctuaire depuis longtemps, une indépendante n'ayant nullement besoin d'un homme. C'est Saint d'or, libre, la Commandante des troupes. Ils étaient partenaires, ils avaient en commun, si on ne compte pas les jalousies de Persée. Argol avait certaines valeurs que ne comprenaient pas Aurora.

Il a eu une histoire avec une civile vivant dans un village. Ils s'étaient rencontrés alors qu'il se ravitaillait. Il avait été envoûté par les grands yeux clairs de la jeune dame. Cela s'est fait naturellement, près d'un an après sa séparation avec le Serpentaire. Aurora était ravie pour lui et ils sont devenus de bons amis sans empiéter dans la vie de l'un ou l'autre. Finalement, la civile et Argol ont fini par se séparer après la guerre contre Arès. Argol fut bouleversé par la perte d'Aurora. Il trouva les réponses à ses questions quand il senti le cœur de cette dernière piétiné à son retour. Hier, ce fut la goutte d'eau qui l'a rendu fou de rage.

Asterion aimerait porter son ami vers la chemin qu'il souhaite, lui dire qu'il a lu dans le cœur du Serpentaire. Mais le destin doit se faire seul. Si Argol et Aurora doivent s'aimer à nouveau, cela se fera. Lui-même est en proie à des doutes. Il a réalisé qu'il était attiré par d'une des aspirantes : Amaria* en personne. Ce qu'il ignore, c'est que cette dernière est aussi séduite par l'Argent.

En chemin vers l'arène, le Danois croise Mia en compagnie d'Amaria, justement. Les jeunes-filles sont comme cul et chemise depuis que la brune a été prise en charge par le Serpentaire. La Sagittaire aide son amie à se former et reçu l'ordre d'Aurora de s'occuper du camp des femmes chevalier. Elles étaient en train de pique-niquer aux abords du quartier des Argents et refaisait le monde. Amaria a un cosmo surprenant découvert tardivement, semblable à un Argent. Et une seule constellation peut engendrer ce genre de phénomène : celle de la chouette, la garde rapprochée d'Athéna.

Amaria s'est beaucoup améliorée grâce à un enseignement accéléré du Serpentaire. Mia la comprenait mieux que personne. Durant six années, elle a enchaîné les entraînements rudes d'Aurora. Sans broncher. Amaria sait qu'elle a beaucoup à apprendre et doit gagner en maturité. Cependant, sa solde d'apprentie chevalier a aider pour beaucoup les soucis financiers de la famille. Ses proches sont à l'abri des besoins puisqu'ils sont installés près de la zone gardée par Argol et ses hommes.

« Bonjour Melles .. » interrompt Asterion, face aux amies en train de manger.

« Bonjour Asterion, que nous vaut l'honneur de ta visite ? » répondit Mia.

« J'ai un entretien avec l'un des apprentis. Je vois que tout va bien. »

« En effet. Amaria me racontait sa vie d'apprentie. »

« Et qu'en est-il ? » demande alors l'homme.

« J'ai de la chance à être la seule à concourir pour l'armure de la Chouette. »

« Tu dois faire tes preuves. »

« Maître Asterion, j'en suis consciente. Le chemin va être rude. »

« Asterion suffira, je te l'ai déjà dit, Amaria. »

« J'ai du mal à vous voir autrement. »

« Tu peux respecter un supérieur même en le nommant par son prénom. Regarde Aurora. Ne t'a-t-elle pas dit de cesser ces formalités ? »

« Oui c'est vrai mais alors pourquoi Mia l'appelle toujours « maître » ?

« Oh ça arrive moins maintenant que je suis chevalier. » répondit la neuvième gardienne.

Alors qu'ils échangeaient sur leur début de semaine, Argol apparu la mine sérieuse et s'approcha du groupe.

« Seigneur Argol ? » fit l'élève du Serpentaire.

« Amaria, Mia .. » en hochant la tête, « Asterion, je peux te parler ? » demande-t-il à son ami qui savait déjà de quoi il en retournait.

Ce dernier acquiesça.

Il s'adressa ensuite aux jeune-femmes :« Amaria, nous nous verrons demain comme convenu. J'espère que les leçons de ce matin porteront ses fruits. »

« Soyez sans crainte ! Mia m'a enseigné des tas de choses ! Cela me change de ceux de Maître Aurora.»

Mia ajouta: « C'est pour ton bien. »

« Notre destinée de chevalier n'est pas facile à adopter. Et se soumettre aux entraînements lorsque tu as connu une autre vie peut être complexe. Les enseignements du chevalier du Serpentaire te serviront. » déclara Persée.

« Beaucoup d'apprentis se tueraient pour être entraîné par Aurora. » poursuit Asterion.

« Je vous promet d'en être digne ! » répondit-elle, « Mon destin est d'obtenir cette armure et je l'aurais, même si cela inclut des sacrifices. »

« Très bien parlé Amaria. » continua Mia.

Asterion : « Alors gardes cette philosophie,. »

« A demain Maître Asterion, Seigneur Argol ! »

Les deux hommes partirent se restaurer au réfectoire des Argents quelques mètres plus haut. Ils sont les seuls au Sanctuaire à posséder ce type d'endroit. Sachant que les Ors dînent ensemble avec le Pope trois fois dans la semaine, et les Bronzes prennent leur repas à domicile. Ces derniers ont manifesté le désir d'avoir un lieu rien qu'à eux. Aurora transmit l'information à Shion, toujours plus affairé par les doléances des habitants du Sanctuaire jour après jour ! Heureusement que Doko est là. Il ne peut pas compter sur le Serpentaire qui a horreur de la paperasse et préfère organiser les troupes du Sanctuaire. On ne peut lui enlever sa perspicacité et son sens de la structure. Sans elle ou Saga, Shion serait dépassé par les événements.

Assis l'un en face de l'autre, Argol et Asterion prennent leur déjeuner en évoquant leurs souvenirs d'enfance. Les jeunes-hommes étaient un peu à l'écart des autres. Leur diadèmes posés à côtés, ils dégustaient le plat du jour : un succulent couscous typiquement Tunisien, l'un des plats favoris de Persée qui en dévorait lorsqu'il était enfant.

« Ma mère en préparait tous les samedis. Je me souviens de l'odeur qui envahissait notre modeste maison. Je courrais dans tous les sens en attendant mon repas. Cela amusait ma mère très calme et religieuse qui me rétorquait qu'elle ne savait que faire de moi. Je n'ai jamais trouvé meilleur préparation que la sienne. » confie Argol.

« Quelle chance d'avoir ce souvenir. Je donnerai cher pour retrouver une fraction du visage de mes parents. » continua Asterion.

« Je ne sais pas si c'est une bonne chose au fond. J'ai perdu ma mère peu de temps après et mon maître m'a trouvé pour l'armure de Persée. Je me souviens avoir beaucoup pleuré. » Il marqua ne pause et interroge son ami : «Quel âge avais-tu quand tu as découvert ta destinée ?»

« Je devais avoir sept ans. Je vivais dans cet orphelinat au Danemark. La suite, tu connais." répondit Asterion, "Et qu'en est-il de ton père ? »

« Je sais peu de choses. Il était Grec. Il a officié pour l'armée. Ma mère parlait peu de lui. Ils s'étaient rencontrés lors d'une mission et je suis né entre temps. Il est mort au combat quand j'avais deux ans. »

« Mon père était Grec aussi comme la plupart des chevaliers. Il travaillait pour la préservation de la Terre en Amérique du Sud. Il est mort de maladie quand j'étais nourrisson." répondit le jeune-homme, et d'ajouter :" J'ai remarqué que nos géniteurs ont ce point en commun, la défense des êtres ou de la nature. »

« C'est lié à notre destin. Athéna ne nous a pas choisi par hasard. » assura Argol.

Tout en finissant son plat, il finit par changer de sujet : « Comment se passe l'enseignement d'Amaria ? »

« Elle est téméraire et volontaire. Je sais qu'elle contient ses émotions et qu'elle soulage sa peine après une journée difficile,. »

« Tu devrais en discuter avec elle. » conseilla son ami.

« Argol, je crois que ce n'est pas raisonnable qu'elle poursuive son entraînement avec moi." avoua Asterion,"Je m'attache à elle non pas comme un maître à son élève mais un homme sensible à une femme. Je penses transmettre sa formation de chevalier à Sirius. »

« Tu crains sa réaction ? »

« Je ne veux en aucun cas qu'elle se déconcentre. J'aimerais avouer mes sentiments mais c'est encore tôt. »

« Vas-tu attendre qu'un autre saisisse cette chance ? »

« Et c'est toi qui dit cela, Jalal ? » railla son vis-à-vis en levant son verre.

« Ne commences pas. » prévint le Saoudien.

« Je sais que tu es agacé par les événements d'hier. Ne te formalise pas, Aurora est en sécurité. »

« Avait-elle encore de la fièvre ? »

« Oui. Le chevalier du Verseau passe la voir tout à l'heure. »

« Alors les Ors sont informés ? »

« Le Pope aurait eu Aurora en conversation télépathique. Seul Mia, Angelo et Camus sont au courant. »

Moment de flottement.

« J'aimerais être là lorsqu'elle se réveille. » continua Persée. « Le Sanctuaire ne doit être aucunement informé de tout cela.»

Ils furent soudain contacté par Misty qui ordonne de le rejoindre immédiatement. Les deux chevaliers se dépêchent vers le Q.G des Argents ou les attend le chevalier du Lézard, aux côté de Merio, entouré de Sirius, Spartan, Capella, Moses, Sirius, Babel, Jorge de la Croix du Sud et d'autres chevaliers d'argents de la nouvelle génération.

« Que se passe-t-il ? » demande Asterion.

Misty s'exprima: « Dante m'a fait savoir que des gardes ont été terrassé par des ennemis inconnus il y a une heure. L'un d'eux dit avoir vu des femmes à cheval."

"Quand il est arrivé sur sa position, elles se sont enfuies en blasphémant en Grec ancien sur Athéna. » continua Merio.

« Qui sont-elles ? » demande Babel interloqué, « Je n'ai jamais entendu parlé de combattantes qui terrassent dix de nos valeureux soldats ! »

« Qu'en dit le Seigneur Shion ? » ajouta Sirius.

Merio poursuivit :« Il a une petite idée sur la question. Un genre de combattante s'était approché du Sanctuaire avant notre résurrection."

"Ces femmes étaient venues en éclaireurs. Mais toutes sont mortes au abord du Cap Sounion. » conclu la Coupe. "Marine, Katya et d'autres se sont occupées de leur cas sous le commandement d'Aurora. »

Les Argents n'avaient jamais été mis au courant de cette intrusion.

"On a pas jugé utile de vous informer de toutes les attaques mineures avant vos retours." expliquait Merio, "Tout est archivé par son Excellence."

Saro de l'Horloge poursuivit, intrigué :« Pourquoi revenir que maintenant et pas lorsque nous étions vulnérables contre Arès ? »

« D'après le Grand Pope, elles devaient reformer leur armée. Ils pensent qu'elles appartiennent à une très ancienne tribu. » répondit la Coupe.

« Les seules qui pourraient causer du tort sont ces femmes du peuple Amazones. » rétorqua Spartan.

« Mais elles ont été révoquées il y a longtemps, pour avoir essayé de renverser les Dieux. » continua Argol.

Misty :« Oui mais maintenant qu'elles n'ont plus de maîtres, le Dieu Arès, le fondateur, elles veulent le venger. »

« Cette guerre ne finira donc jamais ? » grogna Capella.

« Il y subsistera des convaincus. Mais nous y viendrons à bout." assura le Lézard.

"Les Saints d'Or ont été informés. L'alerte est monté au niveau 3. » annonça Merio,"Nous sommes tous mobilisés."

« Cela faisait bien longtemps. » souffla Babel.

« Nous devons rester chacun à nos postes à tour de rôle. Les Ors surveillent le zodiaque d'or. Ces amazones voudront nous attirer dans leur Royaume là où elles sont le plus à même à nous mettre en difficulté et aucune énergie n'est déployable. » continua Merio.

Dante grogna : « Plutôt déloyal. »

« Tout le monde n'a pas appris les valeurs du combat. » maugréa Sirius.

« La seule qui puisse nous en apprendre plus c'est Aurora et ses acolytes. Elle connait l'historique du peuple et n'oublions pas qu'elle avait un parent issu de ce Royaume. » assura Misty.

« Ça sera difficile je le crains. » dit Babel à son capitaine.

« Nous irons l'interroger plus tard. Ce n'est pas une urgence vitale mais nous devrons nous y conformer dans les prochaines heures. »

« Comment va-t-elle ? » demande alors Spartan à Merio.

« On est passé la voir en fin de matinée. Elle se repose toujours. »

« Le Verseau et le Cancer viendront la chercher. Retournez à vos postes et ouvrez l'œil. » ordonna Misty, "Merio et moi-même nous rendons au Temple des Gémeaux pour une réunion avec des Saints d'or."

"Le Seigneur Shion et Maître Doko sont en pleine entrevue avec Athéna." continua Merio.

Ses compagnons acquiescèrent et chacun partit retrouver sa zone de surveillance.

La journée passa rapidement, tout le monde était sur ses gardes. En fin de journée, Argol ne prit pas le temps de passer chez lui se restaurer. Il se rendit directement chez Asterion, fraîchement rentré lui aussi. Son tour de quart était dans quelques heures mais il pensait encore au Serpentaire.

« Argol, entres. Tu veux te joindre à mon dîner ? »

« Volontiers. » en ôtant son casque.

Asterion lui fait signe de s'installer à table. La servante avait préparé une délicieuse moussaka qu'il dévorent sans demander leur reste. Alors qu'ils terminaient leur plat, évoquant leur journée sous tension, Aurora sortit de la chambre.

« Comment te portes-tu ? » demande Asterion en lui faisant signe de s'attabler.

« Bien. Je te remercie. » Elle venait de lui donner un baiser sur la joue. Elle se tourna ensuite vers Argol : « Salut toi … » lui prenant la main tendrement.

« Je suis ravi de te savoir ainsi. » répond ce dernier, non sans dissimuler sa nervosité lorsqu'il remarque les marques de strangulations visibles ainsi que le bleu sur sa mâchoire.

« As-tu mal ? » demande Asterion.

« Ça va. Il ne m'a pas loupé, l'enfoiré. » en parlant du Garuda.

« Je te promet qu'il paiera de cet acte. » répondit Persée.

« Argol... Je me chargerai moi-même de lui. »

« Je me suis contenté de le mettre en garde. Il ne m'a pas pris au sérieux. »

« C'est parce qu'il n'a pas l'habitude qu'un guerrier de ton ordre le provoque en duel. Tu sais comment sont les Spectres. Condescendants, stupides pour certains. »

« Nous le savons que trop. » consentit Asterion, « Souhaites-tu manger ? » propose le Danois, « Dante et Merio ont ramené ces biscuits de Rodorio pour toi. »

« Ils sont adorables. »

Aurora s'empara d'une chaise et s'installa en bout de table. Pendant le repas, ils échangèrent sur les mésaventures de la matinée. La brune écoutait attentivement le récit des attaques.

« Ces femmes pourraient vous taillader en pièces. » déclare t'elle.

« Comment est-ce possible ? » clama Asterion.

« En plus de leur extraordinaire force au combat rapproché, chacune porte une améthyste autour du cou qui leur permettent d'affronter de grands combattants. Elles sont redoutables. Celles qui possèdent les pierres rouges sont les plus à craindre. Leur cosmo ne sont pas à sous estimer. Je les ai étudié par le passé et j'ai eu à faire à elles.»

« Qui sont ces femmes, Aurora ? » demande Argol.

Elle allait répondre quand on frappa. Asterion quitta la table et ouvrit à ses compagnons Dante, Capella, Merio, Moses et Sirius.

« Bonsoir les amis. » fit Aurora.

Merio: « Comment vas-tu, mon amie ? »

« Les émotions sont passées. Nous étions en train de discuter des événements de la matinée. »

Le reste du groupe prirent place et écoutèrent leur amie attentivement. Asterion prépara quelques infusions pour ses compagnons tout en prêtant l'oreille.

« Tu disais que ces femmes possèdent des pierres précieuses ? » demande le Saint de la Meute.

« Oui. Tout comme nous avec nos armures, elles sont hiérarchisées selon le couleur de ces diamants et des habits de combat. Ce sont les Amazones qui vivent près de l'Oural. Elles ont été répudiées il y a longtemps et pour une raison qui m'échappe elles font leur réapparition. Elles veulent étendre leur dynastie. D'après moi, une seule chose les intéresse : le sceptre de Niké et le bouclier de la justice pour garantir leur domination. »

« Comment ? » s'étonna Dante, « Tu es sûr de ce que tu avances ? »

« Elles savent qu'elles n'auront jamais l'avantage sur nos terres. Et puis nous sommes alliés à Hadès et Poséidon. Les Amazones répugnent toute forme de domination masculine. Après une guerre, elles utilisent leurs charmes afin d'être engrossées par les meilleurs guerriers qu'elles tuent, torturent ou émascule sans pitié. Elle veulent assurer une descendance.»

« Pas très réjouissant tout ça. » ajouta Sirius.

« Bande de folles. » répliqua Moses, « Si elles s'attaquent à nous on calmera leurs ardeurs. »

« Vous ne pourrez pas les affronter longtemps. » prévient Aurora, « Les hommes sont ce qu'elles méprisent le plus. Vos pouvoirs et vos capacités de combat seront réduites grâce à leurs cosmos. Même les Saints d'or peuvent être affectés. Seules des guerrières au cœur valeureux peuvent les vaincre. »

Consternation générale.

« C'est donc une affaire de dames tout cela ? » clame Dante.

« Si nous portons une fiole contenant le sang divin d'Athéna, femme le plus pure en ce monde, on peut contrer leurs pouvoirs. Mais il n'y en a que six. Nous les avons entreposé au Palais il y a cinq ans. Les Amazones peuvent lire dans le cœur de n'importe quelle femme. Si elles ressentent une faiblesse lié à un homme, elles s'en abreuvent. Il est impossible pour une femme de n'avoir aucun souvenir d'un homme dans nos vies, ne serais ce qu'un père, un frère, un ami .. »

« Tu as intérêt à te camoufler ! » plaisanta Merio.

Tout le monde rit de sa boutade.

« Elles ne comprennent pas ma position. Que j'ai été ''détourné'' par une organisation masculine et que je mérite de demeurer au milieu d'elles. » répondit-elle, « Je les tuerai jusqu'à la dernière. Ce qui est dommage vu leur potentiel au combat nous aurions pu établir une alliance. Ce qui m'intéresse est leur Reine… Une traînée. »

Ricanement de ses congénères.

Babel : « Qui est-elle ? »

« Un genre de Cléopâtre guerrière avec des convictions, redoutable et obstinée. Le corps à corps avec elle est dangereux. Un genre qu'on aurait pas envie d'avoir dans son lit après l'accouplement si vous voyez ce que je veux dire ! Elles vous tuerait en moins de deux. »

« Non merci. » fit Dante.

Aurora : "Vous devez bien retenir que même si vous êtes plus forts, vous finirez dans leur coupe. Je prendrais les meilleures guerrières et nous nous occuperons d'elles. »

Sirius lui demande :« A qui penses-tu ? »

« Mia et moi superviseront les équipes. Marine dirigera les mercenaires avec les Bronzes. Je demanderai à Poséidon et Hadès leurs meilleures combattantes. Ainsi, nous pourrons les asservir. Elles s'en prendront forcément à une de nos annexes. »

« Que c'est frustrant de ne pas pouvoir combattre ces drôles de dames. Un Royaume peuplé que de ça, quel bonheur ! » s'exclama Spartan enjoué.

« Justement, elles sont aussi ravissantes que terrifiantes. » répondit Merio.

« Nous devrons être préparés. Nous nous entraînerons afin de monter notre niveau au combat. Haut gradés, Bronze, Ors et Argents. Tout le monde y passera.»

« A quels genres d'entraînements penses-tu ? » demande Babel.

« Arts martiaux ancestraux comme le Kalaripayatt* , enseignements de combats médiévaux avec épées et cavalerie. Car elles se déplacent en majorité à cheval. »

« Je n'ai pas combattu de cette façon depuis des lunes ! » constata Sirius.

Dante :« Moi non plus. Cela sera distrayant. »

« Le moindre faux-pas peut faire basculer le cours de la bataille. » prévint Aurora, « Je les ai affronté lorsque j'étais jeune chevalier. Leur Reine, réincarnation de la fille d'Arès, voue une haine au plus haut point envers Athéna. » ponctua Aurora.

Babel :« Nous savons maintenant à qui nous avons à faire. »

Aurora fronça soudain les sourcils.

« Qui y'a-t-il ? » demande Merio.

On frappa à la porte. Asterion ouvrit sur deux Saints d'or dont l'un ... semblait particulièrement « piqué ».

« Camus, Milo ? » s'exclama la Coupe.

« Bonsoir, nous venons nous enquérir de l'état de notre sœur d'arme. » clame calmement Camus.

« Je vous en prie. » répond l'Argent, « Nous étions en train de discuter des intrusions de ce matin. »

« Ces Amazones ? Nous avons fait prisonnière l'une elles. » continua Milo en emboîtant le pas à son ami.

Dans la salle à vivre, le Scorpion détecta le mal-être d'Aurora, tentant de rester digne. Elle se souvient de cette proximité entre eux et frémit. Mais c'est méconnaître le huitième gardien. Bien qu'il soit enchanté de la revoir, il sent le Serpentaire en proie à de grands troubles. L'avantage d'être Saint d'or. Chacun des protecteurs dorés peuvent ressentir ce qui anime l'âme des uns ou des autres selon leur cosmo. Ils sont irrémédiablement liés entre eux. Aurora n'y échappe guère.

La mine impassible, il se dirige vers son amie. Cette dernière regarda ailleurs, « Que t'est-il arrivé, Aurora ? » demande durement le Scorpion.

« Milo .. » enchérit le Verseau sur un ton moralisateur.

« Je vais bien. » fit t'elle.

« Tu ne m'as pas répondu. »

« Rien qui ne devrait vous alarmer. »

Les Saints d'or échangent un regard. Aurora essaie de changer de sujet. Le Grec se rapprocha et tourne le visage d'Aurora à lui. Ce qu'il vit l'irrita au plus haut point. Le moutarde lui monta au nez. Il gagna l'entrée à la vitesse grand « v ».

« Milo ! » l'interpella Aurora en lui courant après.

Camus intervient : « Restes ici. »

« Mais .. »

« Je m'en occupe. » assura le Verseau, « Ce Spectre n'aurait pas dû s'en prendre à toi. »

Dante :« Comment avez-vous deviné ? »

« Un seul est capable d'affaiblir le chevalier du Serpentaire. »

« Je suppose que si je ne t'écoutes pas tu vas me transformer en glaçon ? » maugréa Aurora.

Camus répondit sans sourciller : « Tu as de la fièvre. Je repasserai te voir. Vous autres, veillez à ce qu'elle regagne sa demeure. »

« Comptes sur nous. » répondit Merio.

De son côté, le Scorpion prenait grandement sur lui pour ne pas dévaster ce qui se trouve sur son passage. Il regrette presque les Guerres Saintes afin de corriger l'ignoble individu qui s'en ai prit à Aurora.

Alors qu'il s'apprête à sortir du Domaine, le Verseau l'interpella.

« Milo, vas-tu braver l'interdiction de quitter le Sanctuaire ? »

« Je serai sans pitié envers ce Spectre. » répliqua le Scorpion.

« Tu ne dois pas faire justice seul. »

« Tu veux que je fasses comme si de rien n'était ? » pesta t'il.

« Ne commet rien qui pourrait porter préjudice. Sois simplement présent. »

« Porter de tels coups sur une femme, c'est intolérable. »

« Ton affection pour Aurora ne te rend pas objectif. Elle s'est laissée portée seule dans cette embarras. »

« Qu'est-ce que tu dis ? » gronda le Grec en se rapprochant, « Comment peux-tu la blâmer ? On sait que ce Juge est une insignifiance pour son cœur. Inutile d'en rajouter ! »

La Français resta de marbre, « Aurora est revenue des portes de la mort, n'était-ce pas ce que tu souhaitais, Milo …? »

Le Scorpion fut béat. Était-il si déchiffrable?

« Gardes ta colère pour les Amazones. » conclu Camus avant de prendre le chemin de son temple.

Le 8ème gardien passa les mains sur ses tempes. En effet, le français a beau être l'être le plus inexpressif de la Terre, il marque un point : Aurora a besoin de son soutien. Après réflexion, il se rend à sa demeure, guettant le retour du Serpentaire. Le Garuda est puissant. Son énergie émanait encore du corps d'Aurora, comme s'il lui avait jeté un mauvais sort. Milo serra les dents. Quel ignoble personnage.

Peu avant l'aube, il aperçu la portugaise monter les marches avec Merio et Asterion.

Il la rejoignit.

« Puis-je t'escorter ? » lui demande ce dernier.

« Si tu veux. » se contente de répondre Aurora, "A demain mes amis, merci." en s'adressant eux Argents qui hochent la tête.

En silence, ils gravirent les marches menant au Temple du Serpentaire. La brune n'avait qu'un souhait : s'envoyer elle-même dans une dimension. Elle n'a pas envie de parler pour ne rien dire. Ce n'est pas son genre et le Scorpion non plus.

Devant l'entrée de son temple, le Scorpion rompt le mutisme : « Pourquoi t'infliges-tu ce mal ? »

« Milo .. Je ne veux pas que tu te battes contre Eaque pour une histoire d'honneur.»

Le Grec serra les dents puis acquiesça : « Très bien. Mais s'il te touche …. »

« S'il te plaît. »

Il réfléchit quelques instants puis hocha la tête. Il n'a qu'une parole, comme tous les Saints d'Athéna.

« Nous devrons discuter un jour ou l'autre. » prévint t'elle.

« Faisons-le dès à présent. » répondit le brun.

Aurora examina le Scorpion. Aucune colère, ni frustration ne se dégageait de lui.

« Je t'écoutes. »

Milo souffla doucement, ses longs cheveux dansaient sous la brise naissante. Son magnifique regard transperçait l'horizon, un léger rictus au coin des lèvres. C'est un personnage envoûtant. Aurora l'observait en silence.

« Qu'est-ce qu'il te rend si angélique ? » demande le Serpentaire.

« La façon dont tu as toujours cru en ton étoile, tu as suivi ton cœur. Peu de chevaliers peuvent se vanter d'être passionnés et placides à la fois. Ta désinvolture nous a souvent interpellé et pourtant, c'est toi la plus estimée. Nous avons été éduqués autrement, nous autres. »

« Et pourtant l'art de la guerre et les règles de la chevalerie sont identiques pour tous. Je fais confiance à mon instinct même si ce n'est pas toujours l'idéal. » puis de poursuivre, « Où veux-tu en venir ? »

« Tu as placé la barre très haut en éradiquant ce grand mal, et revenant plus forte. Tu restes cependant la même. tu as toujours été beaucoup plus libre que nous en ce qui concerne les sentiments.»

« J'aime la vie et toi et moi savons parfaitement qu'elle peut cesser en un clin d'œil pour des chevaliers. » rétorqua Aurora.

« Oui. » Il se retourne face à elle, « Lorsque tu fus portée disparue, mon âme n'était que désolation. Et j'ai promis que je mettrais ma fierté de côté si je ne te revoyais même un instant. »

Elle se raidit.

« Continues.'"

Son sens de l'amitié étant profond, il pensait qu'il était de son devoir de transmettre cette information.

Il poursuivit : « Tu m'as interrogé sur mes sentiments à ton égard. Saches qu'ils sont .. indéfinissables et aussi prédominants que ceux que tu me portes. Je n'ai jamais rien connu de similaire et j'aimerais savoir jusqu'où cela va nous mener." avoua t'il, "Cependant, je ne suis pas prêt à transgresser cette amitié. Je ne veux pas écorner notre entente particulière. »

« Et ces sentiments sont fait de quoi, Milo ? Que suis-je ? Ta meilleure amie ? Ta sœur chevalier ? Une âme-jumelle, un doux fantasme ?! »

Le Scorpion répondit sans hésiter : « Tout cela à la fois, Aurora. »

« Tu m'aimes ? »

Il se raidit à son tour.

« Je donnerais ma vie pour toi. »

« Ce n'est pas la réponse que j'attendais. »

« Je t'en prie ... »

« Oublies ce code de chevalier et livres-toi. »

« Ce n'est pas envisageable…. »

« C'est absurde ! Tu es le seul à rejeter cet épicurisme qui me caractérise. Peut-être ne suis-je pas assez bien pour toi. »

« Je t'acceptes telle que tu es. » affirma le Scorpion.

"Tu viens à l'instant de me dire que si tu me revoyais après ma disparition, tu assumerais."

"Certes mais tout ceci nous dépasse, Aurora."

"N'importe quoi .."

"..."

Instant de flottement. Milo sentit la déception d'Aurora, et son cœur rata un battement.

"J'aimerais seulement que cette harmonie subsiste." se justifia le brun.

« Alors, peux-tu avouer au moins une chose ? »

« Laquelle ? »

Elle n'y alla pas par quatre chemins et lui demanda :« Es-tu attiré .. physiquement par moi ?»

Le Scorpion serra les dents.

Il répondit : « Ta beauté, je la vois et je l'admire. »

« Réponds-moi . C'est à l'homme auquel je m'adresse, pas au chevalier.»

Il eut un blanc. Pris au piège, le Scorpion se devait d'être enfin honnête avec lui-même sur ce point : oui, ces formes suscitent un fantasme enfoui depuis des années, cette peau parfaite, son sourire, sa gestuelle. Comment lui avouer sans se faire passer pour un éphèbe abruti ?

« Milo .. As-tu eu déjà ressenti du désir pour moi ? » insista Aurora.

« .. Oui… »

Il se sentait lamentable.

« Et là, tu me désires ? »

Elle lui avait pris sa main, ne quittant pas le Scorpion des yeux. Milo la toise, que répondre ?

« Aurora … »

« Réponds.»

Il voulait soupirer.

« … Oui. » finit t'il par admettre.

Satisfaite, elle se rapprocha du Grec et posa ses lèvres sur les siennes.

Pris au dépourvu, le monde cessa de tourner autour du Scorpion. Milo était perdu dans un ouragan inconnu entremêlé de passion qu'il ne soupçonnait guère. Il sentit son cœur cogner dans sa poitrine lorsque des lèvres chaudes envahissent soudainement les siennes. Le baiser tendre d'Aurora a un goût sucré, épice douce et mielleuse. Il est envahi par un immense velléité. Il voulait la repousser, fuir loin d'ici. Alors pourquoi il n'y parvenait pas ?

Le Serpentaire cessa cette courte étreinte et le regarda dans les yeux, les mains enfouie dans le visage du brun : « Milo, pardonnes-moi. Mais je devais savoir. Et si un jour j'entre dans ton lit, c'est parce que tu m'y auras emmené. »

Et elle partit sans demander son reste, au beau milieu de la nuit étoilée, laissant un Scorpion doré sans voix.

Les incertitudes de cette quête de soi et la volonté de diriger seule sa vie ont toujours fait partie intégrante du Serpentaire. Malgré ses désirs pour Persée et le huitième gardien, Aurora doit méditer la-dessus. L'entente de la chevalerie dorée peut être mise en jeu. Il est rare que des Saints d'or aient une vie sentimentale. L'Élite des 88 guerriers d'Athéna sont les plus inaccessibles. L'amour n'a pas sa place au sein de leur ordre.

Milo, lui, ne peut vivre cette seconde vie sous la frustration. Il ferma les yeux et inspira profondément. Jetant un dernier regard au temple du Serpentaire, il fit volte-face et s'engagea vers sa maison, l'esprit désordonné.

###

Les semaines suivantes se poursuivent normalement au Sanctuaire. L'alerte est passé au niveau 1. Les chevaliers peuvent aller et venir sur l'île mais les sorties vers l'extérieur sont proscrites. La menace Amazone peut revenir à tout moment. Les Saints s'entraînent sans relâche sous la baguette du Serpentaire.

Shion a assisté à quelques-unes des préparations de son chevalier en chef. Il savait la treizième dotée de connaissances et de cultures diverses d'un excellent niveau en art martial. Son maître Mashi avait parfaitement accompli son travail. Il ne savait pas en revanche qu'elle avait acquis autant de savoir ces dernières années concernant les techniques de combat que Shion lui-même méconnaissait. Il se dit qu'il est bien loin de le temps où il arpentait les champs de bataille. Transmettre ces compétences à ses camarades n'est que bénéfique pour l'armée d'Athéna.

Alors qu'il observait les chevaliers transpirer sans relâche, le Serpentaire sentit sa présence et le rejoignit. Ils échangèrent de longues minutes puis elle retourna à ses moutons. Elle était en train de diriger le groupe des Argents depuis quelques jours. Et ceux-ci n'en menait pas large face à la rigueur de leur amie. Elle s'était occupée des Ors inspirés par cette formation. Doko supervisait l'entraînement. Lui connaissait tout cela depuis des siècles mais un petit rafraîchissement l'a rendu grandement endurant.

« Shion, le savoir d'Aurora va faire pencher la balance de notre côté. J'ignorais qu'elle avait emmagasiné tant de formations. »

« Mon cher ami, » répondit le Pope, « La guerre contre Arès a éveillé la vraie puissance d'Aurora qui pouvait enfin utiliser toute son énergie et dont nous en connaissons aujourd'hui les conséquences. Nous ne pouvons que remercier sa détermination et son intelligence qu'elle a su mettre à profit grâce à de grands seigneurs de guerre. Aurora a su leur prouver qu'il est parfois nécessaire de se sortir de notre zone de confort et enfreindre quelques règles de la chevalerie - utiliser des armes - afin de respecter les institutions d'Athéna »

« Oui je l'ai constaté, » concéda la Balance, « Notre Déesse préfère le combat à mains nues. Cependant en territoire ennemi, nous serons désavantagés. Surtout depuis que leur Reine a trouvé le moyen d'accumuler et contrôler le cosmo. Sais-tu où elle a pu acquérir un tel don ? »

« Probablement grâce à ces liens avec Arès qui subsiste en elle. On raconte que la fille aînée du Dieu de la destruction scelle ce pouvoir à chaque réincarnation et se protège des plus puissants. Zeus a envoyé des anges guerriers mais ils sont à chaque fois revenus bredouilles. Lorsque Antiope et son armée apparaisse aux yeux du monde, c'est sur un terrain neutre là où elles peuvent s'acharner sur leur adversaires. Leur Reine ne peut être vaincue que par la plus pure des guerrières. »

« Aurora serait cette combattante ? »

« Je l'ignore. Le chevalier du Serpentaire a accompli beaucoup de guerres. Son devoir n'est pas limité aux déséquilibre du Monde. Elle intervient aussi quand le mal est difficile à éradiquer. Elle peut soit agir seule directement, soit en soutenant notre armée. Tous les Saints du Serpentaire ont rempli ce rôle jusqu'à présent. » souligna Shion, « Ses pouvoirs seront perpétués au travers de ses héritiers pour maintenir les enseignements et le cosmo qu'elle a acquis. Elle doit concevoir des descendants avec de puissants guerriers pour perpétuer le pouvoir du Serpentaire dans le temps, puisqu'elle est la dernière de ses pairs en cette ère.»

Doko ricana :« J'ai beaucoup de mal à visualiser le Serpentaire mère de famille ! »

« Ses choix montreront si elle digne de léguer ses pouvoirs. »

« Aurais-tu omis de me dire quelque chose, Shion ? » demande Doko du coin de l'œil.

« Sa destinée lui appartient. »

« Sa vie personnelle est agitée malgré le repos que tu lui as ordonné. »

« Je l'ai lu dans les étoiles Doko, Aurora est promis à un avenir prometteur et non sans embûches. »

« Si je te suis, elle engendrera des enfants avec de puissants combattants. Est-ce que par hasard tu connais l'identité de ces hommes ? »

« Laissons faire la vie mon ami. »

La Balance souffla. Vraiment, le Serpentaire mènera la vie dure au vieux Bélier jusqu'au bout. Depuis leur rencontre jusqu'à son entraînement, ses insubordinations, sa passion pour la chair. Oui, Aurora est indisciplinée. Redoutable, généreuse, indispensable mais sa désinvolture l'exaspère.

Au même-moment, la brune se préparait pour une soirée improvisée chez Dante. Aurora écoutait les dernières frasques de Luisa qui a passé sa permission hors du Sanctuaire .. dans les bras d'un certain Rhadamanthe.

Elle souriait de ces révélations pour le moins incongrues.

« Je te jure .. il m'a fait jouir pleins de fois. Jamais de ma vie j'ai connu tel amant ! Et ce corps ! Par tous les Dieux ! »

Le Serpentaire lève les yeux au ciel : « Luisa, les meilleurs sont ainsi. Bien bâtis, forts, des corps taillés pour la guerre. Il est vrai que la Chevalerie d'Athéna est aussi un vivier de spécimens virils. Nous on est habituées au Sanctuaire. L'Armée d'Hadès n'échappe pas à la règle. Tu as tiré le gros lot en séduisant l'un des Juges. Mais il n'est pas mon genre. »

« Tu as toujours jeté ton dévolu sur les grands bruns. » fit Luisa.

« Il faut ce truc qui suscite mon intérêt. »

« Tu parles de ce Général Marina ? Il est charmant. Il te faisait grimper au rideau. »

« Un amant surprenant. »

« Tu l'as revu depuis cette soirée ? »

« Non. J'ai envie d'autre chose, Luisa. »

« Toi, tu veux trouver le Grand Amour, comme toutes les femmes .. »

« Je l'ai déjà trouvé. »

« C'est de sa faute à lui. »

« J'ai mes responsabilités. »

« Tu as un homme en vue … »

« ….. »

Silence lourd de sens.

« Tu peux me le dire, j'ai remarqué ton manège avec ce chevalier d'argent. »

« J'ignore de quoi tu parles. » répondit faussement la brune en agrafant une broche dans ses cheveux.

« Je parle de ce séduisant et solide guerrier d'Orient aux longs cheveux châtains et à l'agréable peau hâlée. »

« Des tas d'hommes me tournent autour. » riposta le Serpentaire.

« N'as-tu pas envie de te laisser tenter ? Tu m'as dit de bonnes choses à son sujet. »

« J'ai peur d'être de nouveau aspiré dans cette spirale infernale. »

« Je vous ai observé hier. Tu n'as pas cessé de le provoquer. »

Aurora se tourna vers son amie et haussa un sourcil :« Étais-je si transparente ? »

« Excuses-moi, beaucoup ont remarqué ! »

Son acolyte plissa des yeux : « Qu'ai-je donc fait ? »

« Les regards que tu lui envoyais étaient comme des pancartes clignotantes disant : « PRENDS-MOI !» s'agitait Luisa en gloussant.

Son amie fut indignée : « Ça va pas, non ! »

« Je te connais par cœur. »

« Hum …» Elle enfilait ses vêtements. « Celui-là ? » en désignant un pantalon bleu foncé à son amie.

Cette dernière répondit : « L'autre plutôt ! » et de rajouter avec impétuosité : « Je t'ai vu te pavaner près du lac l'autre jour. Tu savais qu'il était dans le coin, ton chevalier de Persée ? »

« Hum .. » sourit en coin Aurora.

« Quelle question, bien-sûr que tu le savais .. »

La treizième porte son choix sur un maillot serré en col V, descendant jusqu'à la stricte limite de sa poitrine.

« Il va se déboîter la mâchoire si tu portes ça. » gazouilla Luisa.

« Je veux qu'il remarque. »

« T'inquiète pas pour ça. »

« Tu es prête ? La soirée a dû commencer. Je leur ai dit de ne pas nous attendre. »

« Y'aura-t-il d'autres filles ? »

« Mia. »

« La femme sagittaire ? Je l'aime bien. Elle est mignonne, douce et tranquille. »

« Oui. »

« Elle ne sera pas avec son Capricorne.. ? » sourit-elle.

« Ça les regarde. »

En chemin, elles saluèrent justement Shura qui gardait le chemin menant à son Temple. Il échangeait avec Mia. Son compagnon était bras-croisé et aborda un sourire en voyant les jeunes- femmes rire aux éclats.

Aurora se moquait de lui gentiment.

« Chevalier ! L'alerte est levée ! »

« Je préfère veiller. Puisque certaines s'en vont festoyer. »

Mia conseilla doucement : « Shura tu devrais nous accompagner ! Sois moins sérieux ! »

« Je t'en remercie, je suis bien ici. »

« Toujours aussi protocolaire à ce que je vois ! » lâcha Aurora.

« Cela me rassure de savoir que quelques-uns d'entre nous qui restent protéger le chemin sacré. Amusez-vous, je suis certain que cela ne peut que vous faire du bien. »

« Oh, nous avons ta bénédiction ? »

Shura envoya un regard complice à Mia, lui faisant un clin d'œil discret qui n'a pas échappé à son maître.

« Pourquoi tu ne tiendrais pas compagnie au dixième gardien, Mia ? Il se sentira moins seul. »

Le Capricorne secoua la tête. Mais au fond, il sait que Mia serait d'une agréable assistance.

« Enfin, que dites-vous ! » rétorqua la jeune-fille en rougissant. Elle a très bien compris où venait en venir Aurora.

L'Espagnol les salua et regarda s'éloigner le groupe. La cadette se retourna en chemin, lâchant un sourire au bel Hidalgo qui aimerait bien qu'elle ne se relâche pas trop ce soir. Mia avait enfilé un pantalon serré et une chemise proche du corps, montrant les courbes agréables du chevalier.

Aurora s'en réjouissait.

« Tu as donné un torticoli au Capricorne ! »

Luisa pouffa.

« Co-comment, m'enfin … Maître ! »

« Cesses donc de m'appeler comme ça et puis je t'ai dit mille fois de me tutoyer. »

« Aurora je ne peux pas. » puis en dévisageant son aînée: « Vous êtes belle ! Vous voulez donc faire perdre la tête au chevalier de Persée ? »

Nouveau ricanement de Luisa. Aurora s'offusqua.

« Vous savez, vous devriez laisser votre cœur s'ouvrir à Argol. J'aime beaucoup cet homme. »

« Alors tu l'as remarqué. »

« Vous méritez d'être heureuse. »

« Cela me touche venant de toi, Mia. »

Les trois femmes partirent saluer les chevaliers présents dans le Temple d'Aldébaran. Tous était convié – si on ne compte pas Shura et Shaka chez le Taureau pour un dîner succulent. Aurora s'en mordait les lèvres. Aldébaran est le cuisinier le plus raffiné. Il se fait souvent lui-même à manger. La brune aime aller chez lui discuter et manger en toute simplicité.

Mais pas ce soir, elle l'a promis aux Argents.

« Aurora ! Tu as changé d'avis? » s'exclame le Brésilien à l'arrivé de la treizième.

« Nous venons vous saluer. »

« Bonsoir mesdames ! » fit le Poisson, « Vous êtes radieuses. »

« Merci Aphro. » répondit Aurora, « Que vous a préparé notre Taureau préféré ? »

« Une blanquette de veau. Camus m'a glissé des conseils avisés. »

« Ça je n'en doute pas. » dit Aurora en plongeant un doigt dans le plat.

« Pas touche ! » répliqua Angelo en lui claquant la main.

« Gardez-nous en pour demain. »

« Tu fantasmes. » dit Aiolia, « Vous n'avez qu'à être présentes. »

« Nous allons être en retard ! » rappela à l'ordre Luisa en montrant sa montre.

« Pourquoi est-ce que tu t'obstines à porter cet objet au Sanctuaire ? C'est inutile, tu as la grande horloge dehors ! »

« Elle me fait peur ! »

Aurora ria : « Et c'est toi qui dit cela alors que tu te fais soulever par la Wyvern ! »

« Aurora ! » s'indigna Aiolia.

« Mais je t'ai dit qu'on ne fait pas que ça et que j'ai eu trois orgasmes ! »

Les chevaliers secouèrent la tête.

« Par Athéna tu vas donner des crises cardiaques à mes frères chevaliers ! » en regardant ses compagnons, outrés par de telles paroles dans la bouche d'une jeune-femme.

« Et c'est toi qui dit ça, alors que tu ne portes pas de soutif ! » enchérit Luisa sur le même ton narquois.

Les Saints d'hommes ouvrirent de grands yeux mais aucun n'osait vérifier l'information.

« La ferme ! » Elle considéra ses amis, « Un seul regard et je vous envoie Kaa dans ce salon ! »

Les Ors n'avaient aucune envie d'avoir ce maudit Serpent comme animal de compagnie.

« Et tu crois que je vais laisser ce rampant salir ma maison ? » gronda Aldébaran les mains sur les hanches.

« Ha ha ! Un taureau contre un Serpent, j'aimerais voir cela ! »

« Impertinente ! » lâcha le colosse.

Elle remarqua la droiture du Scorpion. Au seuil de la porte, elle lui envoya par télépathie : « Milo … Tu me manques. »

Son cœur fit un bond dans sa poitrine.

Un peu plus tard, les filles passaient une excellente soirée en compagnie des saints d'Argent. D'autres sont chez Sirius ou sur la plage autour d'un feu de camp. Aurora s'est arrangée pour être non loin de Persée qui discutait avec Capella. Les chevaliers étaient vêtus dans leur chiton et un pantalon foncé. Seules les trois femmes portaient des habits contemporains. Aurora aime les voir sans armure. Surtout Argol qui jetait de temps à autre des regards en direction de la brune.

Capella remarquait son manège et murmura avec malice : « Dis-moi, je te pensais habitué à la vue du Serpentaire, qui, je te le conçois, est agréable ce soir. »

« Qu-quoi ? » répondit le Saoudien surpris.

« Quand vas-tu lui parler, voyons .. ? »

Son regard s'était perdu l'espace d'un instant sur la poitrine de la jeune-femme. Voyant son ami admirer en coin les courbes vertigineuses du Serpentaire, Dante s'assied à sa gauche et railla: « Si tu ne t'occupes pas de régler ce problème, j'utilise ton bouclier pour te pétrifier ! »

« Dante, ça suffit .. » rétorqua le Saoudien.

« De toute manière ce n'est pas nécessaire, tu te changes tout seul en pierre rien qu'en la regardant ! » termina-t-il.

« Imbécile .. » fit son ami.

Il est vrai qu'il est de loin le chevalier le plus intègre des Argents. Face à une femme comme Aurora, dotée un tel pouvoir de séduction, difficile de résister.

« A quoi penses-tu, beau chevalier ? »

Argol se tourna de quart pour faire face au regard malin d'Aurora, en train de dévorer sous ses yeux un morceau de pastèque d'une façon tout à fait inappropriée.

« Aurora … » prévint l'homme.

La belle ricana et donna un baiser sur la joue de Persée qui n'a vu venir. Un baiser à la vitesse de la lumière, probablement.

« J'aimerais savoir à quoi tu joues. »

« A la femelle amusée. »

« Combien de verres as-tu bu ? Ce n'est pas pourtant pas la fête de Dionysos. »

« Juste deux verres de Whisky. »

« C'est bien ce qu'il me semblait. » Il s'empara d'un amphore en céramique et lui servit un verre d'eau citronné : » « Bois ceci. »

« Je me sens parfaitement à l'aise. »

« C'est bien cela qui me fait peur. »

« Et de quoi un Saint d'Athéna a-t-il peur face à une jeune-femme pompette ? »

« Ta décadence. » avoua-t-il. « Tu n'es pas digne de paraître ainsi. »

« C'est ce qu'aime la plupart des hommes. »

« Je ne suis pas n'importe quel homme. »

Aurora se rapprocha : « J'aime tes mains chevalier, elles ne sont pas que faites pour le combat … »

« Que dois-je en déduire ? »

« Viens… » lui faisant signe de se rendre dehors.

« Ce n'est pas une bonne idée. »

Argol s'était saisit de la main de son amie pour l'immobiliser.

« Tu as pourtant eu maintes occasion. »

« Je n'étais pas sûr que c'était réciproque. »

« Comment peux-tu dire une chose aussi absurde ? » puis elle lui admit à l'oreille : « J'ai réfléchi à tes propos. Et puis, je me fais du bien .. en pensant à toi. »

Le Saint se retint de lever les yeux au ciel, bien que cet aveu fit monter son désir. Aurora est d'une impudence. Il veut cette union autrement et … sobre.

« Cesses ça toute de suite .. »

« Et que ferais-tu si je décide du contraire ? »

« Tu seras grandement consignée. » murmura-t-il.

« Montres-moi alors. » en approchant sa bouche du guerrier, impassible.

« Je ne te le répéterai pas, chevalier … » en lui tenant le menton, « Un peu de tenue. »

Aurora tressauta. Le regard menaçant de Persée en disait long. Elle patienta de longs instants.

Puis, vaincue, elle se décolla du Saoudien, « Aucun homme ne m'a dit non.» Elle se reprit une gorgée d'alcool et s'assied à côté d'Astérion, occupé à bavarder avec Mia.

« Il faut une première à tout. » répondit Argol d'un petit sourire.

Ne dit-t-on pas que l'alcool désinhibe même les plus sérieux ? La Meute remarque la mine boudeuse du Saint du Serpentaire, fixant le mur comme si elle venait de se faire priver de son jouet favori.

« Et bien, ne serais-tu pas en train de marmonner ? »

« Mmmmmmm .. » se contente de répondre sa voisine qui jeta un regard noir au chevalier de Persée.

« Je t'ai observé avec Argol. Tu te moques de lui en le tentant de cette manière. »

« Asterion ! »

« Tu préfères sans doute qu'il se joue de toi ? »

« ….. »

« Les femmes entreprenantes ce n'est pas sa tasse de thé. »

« C'est un macho. »

« C'est son côté oriental. Nous les hommes aimons dominer de nature. C'est un code d'honneur.» sourit Asterion.

« Il me le paiera ! »

Son ami ricana. La féministe convaincue va faire tourner en bourrique le Saint de la Méduse. Il en est certain maintenant.

###

Le tonnerre grondait avec rage dans le domaine sacré d'Athéna. Seulement, le fracas assourdissant ne venait pas du ciel mais bel et bien du sol. Il était engendré par la Treizième qui frappait la roche d'une falaise. Il était évident qu'elle était de très mauvaise humeur mais personne n'avait le courage de lui demander de se calmer, à moins d'être fou ou Saint d'Or. La rancœur du Serpentaire était solide.

Dans le Palais, ses compagnons débutaient le dîner autour de Shion qui regardait le ciel en soupirant. Cela faisait bien longtemps que sa fille adoptive ne faisait plus de caprices et déversait sa colère contre la roche. Lorsqu'elle était plus jeune, maintes fois il est allé lui-même la chercher pour la calmer.

Un éclair plus fort que les autres les firent sursauter. Après quelques instants, calme complet.

« On dirait que l'orage passe … » lança avec sarcasme Angelo.

Shaka intervient : « Que lui arrive-t-il ? »

« Le Saint du Serpentaire fait des fantaisies. » sourit Mu.

« Quelle têtue ! Je vais lui montrer les bonnes manières ! » gronda Angelo.

« Euh surtout pas … » ajouta Doko, « Dieu seul sait où elle t'enverra. »

Le Cancer haussa un sourcil. Comme si elle allait lui jouer un mauvais tour.

« Maître Doko a raison.» ajouta sagement Saga.

« Pourquoi est-elle contrariée ? » intervient Aiolia.

« Dieu seul le sait .. » souffla Shura.

« Je crois que c'est en rapport avec le soirée d'hier. » gloussa Mia, qui elle, avait passé une excellente soirée .. au Temple du Capricorne. Mais ça, personne ne le sait.

Tous ses camarades la regardent. Ils avaient peur d'en connaître la suite.

« Chevaliers, nous ne devons pas intervenir. Aurora est capable de régler ses contrariétés seule. » commenta Shion, « Et de plus, nous aurons la réponse dans un instant. »

En effet, quelques coups fut portés à la porte.

« Entrez ! » clame le Pope.

Un garde apparu penaud, laissant le passage à une Aurora à la mine grise. Il ne valait mieux pas lui chercher les poux.

« Monseigneur .. » fit-elle en s'inclinant face à son Souverain.

Elle pris place entre Saga et Aphrodite qui se demandaient bien qui a osé la contredire.

« Vous auriez pu me dire que vous êtes passés à table … »

Ça sonnait comme une réflexion tonitruante. Le Pope fit signe de ne pas relever. Aurora avala sa première bouchée, maudissant la Terre entière.

« Je sens comme des ondes négatives profaner en ce lieu .. » sonna Shaka ne craignant jamais les confrontations avec le Serpentaire, fulminant en silence.

Après vingt bonnes minutes, c'en fut trop pour Angelo : « Aurora ! Tu peux nous dire pourquoi nous devons supporter ta mauvaise humeur ? Tu ne penses pas qu'on en a assez vu aujourd'huiavec cette tempête à la Serpentaire, espèce d'idiote ? »

Tout le monde retient son souffle. Shion ouvrit la bouche .. pour la refermer l'instant d'après. Il aimerait lui aussi entendre les explications de la treizième gardienne.

Cette dernière envoya son regard le plus meurtrier au Saint du Cancer qui ne plia pas. Leurs camarades croient qu'ils vont se battre sur la table et se tenaient prêts à intervenir. Mais le visage d'Aurora devint alors plus léger et elle envoya un petit pois à la figure d'Angelo, ahuri.

« Pour une fois tu as raison. Je ne supporte pas de garder ma colère pour moi. Désolé.»

« Tu viens de t'excuser ? » clama Angelo.

« Ouais, ouais, t'as bien entendu. » répondit le Portugaise en terminant son plat.

« Péché avoué, à moitié pardonné. » ajouta Aldébaran, « Reprend un peu de viande. Avec l'énergie que tu as déployé.»

« Bonne idée. » en lui volant son assiette.

« Mais … » fit le Taureau.

« Est-ce que tout va bien, chevalier ? » demande alors le Pope.

« Oui votre Sainteté. Angelo a raison de me rappeler à l'ordre.»

Le dîner se termine dans de meilleures conditions et tous purent profiter d'un excellent repas sans encombre. Aurora avait si faim qu'elle a terminé les restes de ses compagnons et a clamé en versant des morceaux de viandes dans un sac que : « C'est pour Kaa ! »

« Je croyais que ton Serpent ne mangeait jamais ? » s'étonna Angelo.

« Quand je le fais apparaître quelques instants. Mais s'il reste, il n'aime que le poulet et la dinde. » répondit-elle.

« Euh … » fit Angelo, « Tu en parles comme d'une personne vivante. »

« J'aime ce Serpent. »

« Chevaliers, je me retire à mon bureau. » leur annonça le Pope.

« Bonne soirée, Seigneur. » répondit Aurora. Tous saluèrent avec respect le gouverneur du Domaine.

Une fois Shion fut parti, Angelo en profite et repart titiller son amie.

« Dis-moi que s'est-il passé chez les Argents ? »

« J'avais trop bu. »

« Aurora … » rétorqua alors Shura sur un ton moralisateur, « Tu sais bien que tu ne tiens pas l'alcool. »

« Ce n'est pas la raison de cette contrariété .. » ajouta froidement Camus.

« Qu'est-ce que ça peut bien te faire, Igloo sur pattes ? » claqua la brune.

Ce dernier ajouta : « La prochaine fois, je me chargerai moi-même de refroidir tes émotions si tu peines à les maîtriser. »

« Ah oui ? » répondit Aurora, « Et moi je vais t'apprendre à être submergé par le feu de passion, ça te débloquera le balai que tu as dans les fesses ! »

Milo ne peut réprimer un rictus. Le Saint des Glaces ne répondit pas, se leva puis regagna finalement son temple. Pour lui le Serpentaire ne mérite pas qu'on lui porte le moindre égard face à cette aberration.

La treizième voulu lui envoyer un uppercut mais Milo la retient par le bras : « Un peu de sagesse. »

« Ce français m'agace, à se croire au-dessus de tout. Il faut lui trouver une compagne ! »

« Es-tu sérieuse ? » s'exclama Mu.

« Après ces batailles, il serait bon que chacun puisse méditer sur sa vie personnelle. Tient, Shaka par exemple, je te vois bien avec cette servante rousse. Elle te dévore quand tu médites ! »

Le sixième gardien, en bon bouddhiste convaincu est généralement toujours imperturbable, eut un léger rictus. Il lui répond dignement : « Je n'ai que faire de cette évocation douteuse. En revanche toi, tu ne consent toujours pas à atteindre l'entendement dans tes relations personnelles, je t'ai toujours conseillé que la pudicité te rapprocherait du bien-être … »

« Shakounet, le jour où tu me verras cesser ces activités impures dont tu parles, là tu devras t'inquiéter parce que c'est toi j'irais pervertir en premier. »

« Aurora .. » continua Saga, sentant la chose venir.

« Je ne laisserai aucune Amazone tenter l'homme le plus proche des Dieux. Bien que j'ai de l'amitié pour toi et que je respecte tes croyances, je réprouverai tes tendances luxurieuses.. démon femelle. »

« De quoi tu viens me traiter, Vierge perchée ? »

Leurs amis soupirèrent. Elle va se fâcher avec tout le monde ce soir.

« Tu as parfaitement entendu, souhaites-tu que je t'expliques ? » poursuivit Shaka.

« Le jour où tu t'y attendras le moins, je défilerai nue dans ton Temple, yeux fermés ou pas ! »

Elle scandalisa ses frères d'armes.

La Vierge la défia de son arrogance naturelle : « Si c'est le cas, je t'enverrai dans l'un des six mondes. »

« Et ça me va très bien ! Attardé ! »

« Fille de Marà, Succube… »

Aurora bouillonnait.

« Il suffit tous les deux .. » prévint le Cancer.

Mais la brune se redressa et asséna:« Vous m'énervez vous les hommes ! Tous tellement ignares. On vous enlèverai cette chose entre les pattes que vous feriez moins les malins ! J'en ai assez, salut ! »

Et elle se téléporta jusqu'à sa maison.

Concertation générale.

« Mais enfin .. » se contenta de répondre Aiolia.

« J'avais vu juste. Elle est en colère contre les hommes de cette Terre. »

« Vous en connaissez la raison ? » demande le Scorpion.

Tous haussèrent les épaules. Mia regardait ailleurs. Ses camarades le remarquent.

Shura s'adressa à elle : « Tu sais quelque chose... »

« C'est une affirmation ou une question ? » répondit-elle, innocente.

« Mia … » lui dit Aldébaran.

« Aurora s'est quelque peu .. chipoté avec le Saint de Persée. »

« Argol ? » s'étonna Angelo.

« Quoiqu'il en soit, c'est à elle régler ce contentieux avec le Saint d'Argent. » conclu Mu.

De son côté, la Reine du Sanctuaire se morfond. Elle était assise sur les marches devant sa maison et regardait la voûte étoilée, repensant à une conversation qu'elle avait eu avec Argol. Non vraiment, il n'aurait pas dû lui résister. Elle a pris un espèce de coup dans son amour propre de femme. Elle repense aux paroles d'Asterion. Quelque part, il a raison. Aurora avait trop bu et aurait pu se contenir.

« Aurora ? »

Une voix la réveilla et la sortit de son sommeil. Elle s'était assoupie dehors dans ce hamac, alors qu'il faisait à peine 15°. Elle comprenait maintenant pourquoi elle avait frissonné. Elle portait juste sa tenue d'entraînement. Aurora déteste les températures au-dessous de 20 degrés. Certainement parce qu'elle est un chevalier de feu.

« Et bien, cela t'arrive souvent ce genre de situation ? » plaisanta l'homme.

Aurora reprit ses esprits.

« Shura ? Qu'est-ce que tu veux ? »

« Je suis venu voir comment tu allais.»

« Ça va. »

« As-tu besoin de parler ? »

« Pourquoi penses-tu que j'en éprouve le besoin ? »

« Je t'ai apporté cela de la part de Mia. » dit-t'il en tendant un vêtement en laine, « Elle l'a fait pour toi. »

« Je la remercierai demain. »

« Bien. »

« Shura .. » dit le Serpentaire, « Prends-soin de ma petite Sagittaire, elle t'aime à la folie. »

Le Capricorne se raidit. Faillant de ne pas saisir. Aurora rajouta : « Je suis étonnée que le plus formaliste des chevaliers se laisse guider par les sentiments pour une jeune-fille d'à peine 17 ans. »

« Tu es bien curieuse. » répond-il droit comme un piquet.

« Oh ..» ajouta-elle en se dirigeant vers sa chambre.

« Aurora .. » interpella l'Espagnol, « Fais-en de même pour ton cœur.» reprenant les termes de sa camarade qui rougit.

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Dans ses sanitaires, Aurora se détendait sous l'eau qui ruisselait sur son corps. Plus les jours passent, plus elle a envie de Persée. Elle aimerait que ses mains puissantes s'emparent de ses courbes. Milo ayant décidé de ne pas la conquérir. C'est lui ou Persée de toute façon. Le premier qui l'a capture, le premier qui gagne.

Elle partit tôt s'entraîner à l'arène avant que l'arrivée des apprentis. D'habitude, les Saints d'Or sont ici pour s'affronter. Le matin entraînement, après-midi enseignement et tours de garde. Alors qu'elle frappait contre une colonne qui allait s'effondrer sur elle, une main détourna l'accident.

« Et bien chevalier, tu as perdu tes réflexes ? »

« Salut Argol .. » répondit-elle, froissée.

Aurora est vraiment rancunière quand elle s'y met.

« Un duel ? » proposa-t-il en envoyant un nunchaku qu'elle attrapa au passage.

Le Saoudien portait sa tenue d'entraînement, ses longues mèches retombent sur le visage, sa peau sublimée par le soleil de Grèce.

« Si tu veux. »

Persée avait une lance en bronze et ne démontrait aucune émotion, prêt à affronter son amie.

« En garde ! » lui dit cette dernière.

Les deux chevaliers se rodèrent autour quelques instants. C'est elle qui porta la première salve. Très agressive. Argol esquiva et se contentait d'éviter les coups dans un premier temps. Au fur et à mesure, elle augmentait la puissance de ses assauts mais elle ne parvint pas à atteindre son adversaire qui ne la sentit pas concentrée. Il profita d'une baisse de garde pour lui infliger un coup de pied dans l'estomac. Elle recula de quelques mètres.

« Je ne l'ai pas vu venir celui-là. » en se crispant la mâchoire.

« Ressaisie toi. » lui rappelle Argol qui l'attaque à présent de ses poings.

Aurora les évita sans problème néanmoins Argol parvint à transpercer plusieurs fois la garde de son amie et au moment où elle passa derrière lui pour le frapper de biais, il la désarma et elle se retrouve à terre. Argol enfonce au sol sa lance à quelques centimètres du visage de sa partenaire du combat.

« Perdu, Serpentaire. »

« Pour cette fois-ci, Persée. »

Il lui tendit sa main pour l'aider à se relever. Elle secoua la poussière de sable de ses habits.

Argol en profita pour lui demander : « Puis-je connaître la raison de ton agacement ? »

« Tu viens de me battre. »

« Ce n'est pas pour cela. »

« Si tu as l'air de mieux le savoir que moi, pourquoi le demander ? »

Aurora est vraiment de mauvaise volonté. Il se demande si ses pensées négatives lui sont adressées. Il se rapprocha d'elle et enlève le sable de ses cheveux doucement.

« Vas-tu m'éviter encore longtemps ? »

« Je suis là .. » dit-elle en regardant ailleurs.

« Tu persistes dans ton entêtement. »

« Si tu le dis. »

Argol soupira. Au lieu d'enivrer les choses, il lui tourne le dos et se dirige en direction de la salle des armes, située dans les combles de l'Arène afin de préparer les prochaines sessions d'entraînement.

« Tu pars ? » lui demande Aurora.

« Ma présence ne semble pas te réjouir. » répond l'homme en poursuivant sa marche.

« Mais voyons ! Argol ! »

Aurora le rattrapa dans les escaliers menant au sous-sol. « Attend ! »

L'homme se tourna pour lui faire face, son regard bleuté et poignant la dévisageait.

« Vas-tu me pétrifier, chevalier ? »

« Je n'aime pas ce comportement, Aurora. Tu n'es plus une petite-fille. »

« C'est tout ce que tu avais à me dire ? Alors que je fais un pas vers toi. »

« Il me semble que j'ai fait le premier il y a quelque instant. »

Cette dernière acquiesça. « Bon c'est vrai. Ne pars pas. »

Elle ferma les yeux un instant, souffla un bon coup pour se calmer.

« J'ai été stupide avant-hier. Je te demande de me pardonner. »

« Je ne t'en ai pas voulu. »

« C'est important pour moi de te le dire. »

« J'accepte tes excuses. »

« Je pensais néanmoins tout ce que je disais. » L'homme tiqua. Il repensa à ces paroles langoureuses. « J'aurais dû peut-être faire preuve d'un peu plus d'élégance, je te l'accorde. Comment puis-je te faire oublier cet incident ? »

Il réfléchit un instant.

« Mangeons ensemble. »

« Je te ferai la cuisine. Je te dois bien cela. »

« Tu ne me dois rien du tout. »

« J'insiste. Et puis j'adore cuisiner pour un bel homme. »

Argol eut un rictus : « Comme tu voudras. Mais pas de nourriture Asiatique .. »

« Tu as horreur de ça, je m'en souviens. » coupa le Serpentaire. « Autre chose en particulier ? »

« Ton sourire suffira, chevalier. »

« J'ai envie de me faire jolie pour toi. »

Argol eut un pincement au cœur. Il repris sa marche et ajouta avant de disparaître : « Tu as toujours été la plus jolie à mes yeux, Aurora.»

Elle en fut soulagée. Et impatiente d'être à ce soir pour lui faire un bon petit plat. « Pour garder un mâle, mieux vaut qu'il ait le ventre plein et les baloches vides ! » clama-t-elle en remontant les marches.

« En voilà de drôles de concepts ! »

Aurora mis la main à la bouche. Venait-elle de penser tout haut ? Devant elle se tenait ses camarades, Angelo les mains sur les hanches la regardant étrangement aux côtés d'Aldébaran, Doko et Aiolia.

« Tu parles toute seule maintenant ? » lui sort le Cancer, suspicieux.

« Je méditais .. »

« Ah oui ? » fit Doko, « Sur la conquête des hommes modernes ? »

« Te fiches pas de moi, Balance. »

« Tu as l'air de meilleure humeur. » rétorqua Aiolia.

« Je l'étais avant que vous n'arriviez. » grogna le Serpentaire, mécontente d'être démasquée.

« Et on peut savoir avec qui tu étais avant d'émettre ces paroles philosophiques ? » questionne Aldébaran.

« J'allais faire l'inventaire du stock d'armes mais on s'en charge déjà. »

Ses compagnons la dévisagèrent. Pour qui les prend t-ils ?

« Tu détestes ce genre de paperasses, Aurora. » affirma Doko, bras croisés.

« Bon et si on se battait, ça me défoulerait ! » dit-elle pour changer de sujet.

Elle aperçoit soudain le reste des chevaliers d'Or entrer dans le Colisée. Aurora envoya une lance en direction de Camus, qui l'a saisi.

« Allez Verseau, en garde ! »

En milieu de journée, elle retrouva ses congénères au Palais pour déjeuner, sans trop échanger, écoutant les conversations de temps à autre entre ses frères d'armes. Elle pensait à ce qu'elle allait préparer au chevalier Saoudien. Perdue dans ses songes, elle n'entendit pas Shaka l'interpeller.

« Saint du Serpentaire, t'es-tu égaré à des année lumières ? »

Aurora le fixa le regard dans le vide.

« Hein, quoi ? »

« Je te demandais ce que tu en pensais. » réitéra la Vierge.

« Quoi donc ? »

Elle n'a absolument rien écouté.

« Nous avions un doute sur un fait passé. Aldébaran soutient que son pays a été colonisé par le navigateur Vasco De Gama. Qu'en penses-tu ? »

« C'était Pedro Cabral. Gama a découvert les Indes et Alvares ton pays, quelques années plus tard. »

« As-tu des ouvrages à ce sujet ? » demande le Brésilien dans leur langue natale.

« Tu pourras fouiner dans ma bibliothèque. »

« Sauf si tu es occupée avec un mâle à conquérir. » railla-t-il.

« Je ne serais pas chez moi de toute manière, petit curieux à trois sous ! » gromella Aurora.

« Ha ha ha ! Et qui a cet honneur ? Aurora du Serpentaire en tablier, faisant de bons petits plats pour capturer un imbécile.»

« La ferme Taureau, où je te brise les cornes ! »

Mais l'homme ne s'arrêta pas et continuait dans ses sarcasmes dans la langue portugaise sous les regards de leurs compagnons qui ne comprenaient absolument rien de leur échange.

« Euh, vous pouvez traduire ? » demande Angelo, désabusé.

« Cesses donc de tes moqueries, le buffle ! » riposta Aurora.

« Qu'as-tu dit encore, serpent anarchiste ? »

Aurora se saisi d'un hachoir posé dans le plat principal, un délicieux rôti de bœuf et lança l'objet menaçant vers Aldébaran à la vitesse grand V, entre ses doigts. Leurs amis secouent la tête. Le Taureau, lui, l'a mauvaise.

« La prochaine fois, ce ne sont pas tes mains que je viserai .. »

« Aurora, un peu de tenue ! » lui clame Shura.

Aphrodite ajouta :« Tu es désespérante depuis quelques temps. »

Aurora marmonnait dans son assiette, sans remarquer que le chevalier du Scorpion était intérieurement irrité par les projets de soirée du Serpentaire. Aiolia constata les œillades du huitième gardien et lui demande entre deux échanges de plats si tout va bien.

"Oui mon ami." lui répond le Grec.

Aiolia n'est pas fou. Il a été le premier à comprendre que le Scorpion avait des choses à dire à la treizième, si on ne compte Camus. Et qu'il en est incapable.

Aurora de son côté doit aller se ravitailler à Rodorio. Elle salua ses frères chevaliers et sortit sans un mot. D'habitude, c'est son majordome Eiko qui s'en occupe. Elle n'a pas envie d'élever les soupçons. Tout se sait au Sanctuaire ou presque. Ce qui se passera avec Argol ou pas, ne regarde qu'eux. Ce dernier est d'ailleurs occupé à entraîner les recrues.

« Aurora, tu sors en douce ? » dit alors une voix.

« Mince, je suis repérée ! » songe t-elle, « Comment vas-tu, Moses ? »

« Tu vas faire ton marché ? » constatant son panier sur le dos.

« Oui, j'ai beaucoup de cuisine à faire je préfère y aller plus tôt. »

Ce dernier la considéra un instant, « Tu ne fais jamais ça sans bonne raison ! »

« Je le fais généralement pour des invités, oui ! » répliqua-t-elle.

« Qui aura l'honneur de goûter au chef ? »

Aurora fronça les sourcils.

« Bon c'est pas que je m'ennuie mais j'ai à faire !»

« Tu salueras Argol de ma part ! » ironisa l'homme pour titiller Aurora qui ne releva pas.

Ce qu'il pouvait être agaçant. La belle a prévu de faire un plat typique du pays de son ami. Il y a quelques jours, elle l'entendait évoquer les délices de sa terre natale.

En cours de soirée, Aurora est fin prête pour se rendre au quartier des Argents. Avant de partir, elle se rend sous la douche, s'asperge du plus doux et fruité de son parfum et reste longtemps devant son armoire. Elle réfléchit. Avec la nette impression d'avoir quinze ans. Dans sa penderie, elle trouve un legging blanc, simple et efficace. Le tout sur un maillot à manches courtes, serré sur la poitrine. Évidemment. Satisfaite, elle s'habille, se coiffe et se met une toge sur le dos pour ne pas attraper froid. Car même si dans les temples et les baraquements, il fait doux, en soirée on frôle les 15° ce qui est bas pour un mois d'octobre en Grèce. Elle pourra peut-être se réchauffer dans les bras du Saoudien qui tient chaud la nuit. Ça aussi, elle s'en souvient.

Argol, lui, n'est pas dans les mêmes perspectives. Il est concentré à son poste comme c'est de coutume. Le travail c'est le travail. Ce qu'il adviendra plus tard ne le concerne pas. Son caractère fier et calme est tout naturellement mis en avant en tant qu'officier supérieur. Supervisant les entraînements des jeunes apprentis, l'homme n'est pas connu pour sa douceur et reste indiscutable sur l'enseignement. Son regard dur et clair, sa mine circonspecte et le ton de sa voix impénétrable lui vaut la réputation d'être le chevalier le plus sévère avec Sirius. Aurora lui rappelait d'être moins formel quand des recrues commettent des erreurs. Depuis qu'il a transformé en pierre des fuyards il y a des années, cette notoriété cruelle ne la plus quitté. Aucun aspirant n'a envie d'être pétrifié ! Alors tout le monde ravale sa frustration et l'écoute au doigt et à l'œil.

Cette popularité fait sourire Argol. Il a appris de ses erreurs. Derrière son armure, c'est un homme apprécié, confiant en sa force avec des valeurs de chevalerie et de respect louables. On peut compter sur sa loyauté et son sens du devoir. En dehors d'être un bon guerrier, il est un une personne instruite, droite et agréable.

Le soir venu, Aurora descend le sentier secret des douze maisons pour ne pas tomber sur ses frères d'arme. Elle se téléporta jusqu'à la sixième maison. Elle sait parfaitement que le Scorpion l'arrêterait en chemin. Son objectif c'est le Saint de Persée. Le Scorpion n'avait qu'à être plus réactif, après tout.

Alors qu'elle passe devant la maison d'Asterion, elle aperçoit l'homme rentrer chez lui.

« Argol m'a chargé de te prévenir. Tu peux l'attendre. » dit-il avec un sourire complice.

« Asterion, tu joues les entremetteurs ? »

« Et toi tu as préparé de bonnes choses. » humant sous la serviette.

« J'espère qu'il aimera mon petit plat. »

Il remarque cette dernière qui se regarde dans le reflet de la fenêtre.

Asterion sourit : « Il ne te résistera pas longtemps. »

« Asterion voyons .. » répondit-elle faussement outrée.

Il ajouta en partant :« Laisse-le venir. »

Aurora soupira et se dirige vers la bâtisse du Saint de Persée. Quand elle y pénétra, elle fut immédiatement saisi par cette odeur d'épices douces qu'affectionne son ami. Cela apportait une ambiance sécurisante et chaleureuse à la pièce bien décorée. Argol reste attaché à ses racines Orientales, bien qu'il soit grec par son paternel qui lui a apporté ses magnifiques yeux clairs et sa chevelure châtain. Il dégage un air typé des séduisants Bédouins des dunes du Moyen-Orient mélangé aux traits typés s du sud de la Grèce. Et en plus, il est très grand et charpenté. Aurora a toujours préféré les bruns, cependant elle adore le métissage. La première chose qu'il l'a frappé chez Argol est son regard.

La nuit était déjà bien présente, elle alluma les grosses torches. Elle dépose ses affaires dans la cuisine située au fond, à droite du salon et se prépara. Aurora voulait qu'Argol se sente bien dès qu'il mettrait un pied chez lui. Elle donna un coup d'œil à l'horloge centrale : 19h. Parfait, elle peut mettre à chauffer tranquillement.

Elle parcourra des yeux l'importante bibliothèque de son ami. La plupart était en arabe ou en Grec ancien. Certains était des classiques français. Le Saoudien adore la France, elle l'avait amené à Paris et il avait adoré. Elle porta son choix sur un ouvrage de littérature moderne qu'elle connaissait de réputation grâce au chevalier du Verseau, « Le Diable au corps », un ouvrage sulfureux de l'époque. Elle sourit. Argol cache son jeu. Tout en surveillant ses plats, elle se mit à côté et débuta sa lecture, attendant sagement le désireux.

Sur le chemin, le chevalier de Persée se dépêchait. Il était en retard et la réunion avait tardé. De loin il constata sa maison éclairée et déduit qu'Aurora avait écouté les recommandations d'Asterion. Il accéléra la cadence et ouvrit la porte de sa maison. Quelle fut la douce surprise de ressentir cette bonne odeur orientale dans son salon qui lui chatouilla les narines. Il avait grand faim et en plus il n'a qu'à poser les pieds sous la table, une ravissante jeune-femme a cuisiné pour lui.

La voilà justement, concentrée sur un livre au combien tapageur qu'il a apprécié de découvrir. Il reconnaissait la couverture de loin.

« Persée ! » lance alors Aurora, « Tu te fais désirer. »

« Bonsoir Aurora. » répond le jeune-homme en refermant la porte, « Je te remercie d'avoir patienter. » Il ôta son casque : « Il me tarde de savourer ce Kebsa. » en souriant.

« Mince, tu as tout deviné ! »

« Je reconnaîtrais cette odeur entre mille. Ce plat est loin d'être simple. »

« J'aime faire compliqué mon cher ! Sinon c'est pas intéressant. »

« Accordes-moi quelques minutes. »

Il retira son armure qui se posa sur son totem dans un milieu de la pièce. Il se rend ensuite aux sanitaires. Aurora sourit en entendant les voies d'eau s'ouvrir. Elle avait bien envie d'aller frotter le dos à l'animal. Une vingtaine de minutes plus tard, l'homme apparu propre comme un sou neuf dans une tunique bleu claire sans manche, dévoilant les bras puissants, le tout sur un pantalon léger foncé.

Ils se mirent ensuite à table. Aurora fière, servit copieusement son ami. Elle attendait son verdict, debout à ses côtés.

« Ne veux-tu pas t'asseoir ?»

« Goûtes avant, stp. »

Il dégusta en silence. Puis après de longs instants de doutes pour la portugaise, il émit un petit sourire : « Aurora, c'est délicieux. » en passant des doigts sur sa hanche.

« Ouf je peux mourir tranquille ! » lâcha-t-elle en s'emparant sur une chaise.

Argol ricana : « C'était une première en plus, tu peux être fière ! »

Ils passèrent un repas tout à fait agréable. Aurora parlait plus qu'elle ne mangeait et Argol l'écoutait, s'abreuvant de chacune de ses paroles. Elle a toujours été plus bavarde que lui. Il adore lorsqu'elle parle en portugais, sa langue natale. Il est de notoriété publique au Sanctuaire que lorsque le chevalier d'or du Serpentaire se manifeste en portugais, c'est qu'elle est en colère. Et personne n'a envie de finir en poulet frit. Ça lui renforce ce côté méditerranéen autoritaire.

Argol la dévore discrètement des yeux et jette de temps à autre des coups d'œil à la généreuse poitrine qui s'agite doucement devant lui. Quand elle se lève pour aller chercher le dessert, il ne peut éviter de s'attarder sur ce fessier parfait.

Il délirait.

Peu après ils s'installèrent sur les banquettes. Il semble qu'à un moment, Argol perdit le fil. Il entendait bien la voix du Serpentaire mais son discours n'atteignait pas son cerveau. Aurora était à ses côtés, un bras accoudé sur le sofa, une jambe repliée sous l'autre et faisait de temps à autre de grands gestes pour exprimer ses pensées.

Non Argol ne savait absolument pas de quoi elle pouvait bien parler.

« Jalal ? »

L'homme se ressaisit. « Que disais-tu ? »

« … Tu faisais semblant de t'intéresser à ce que je dis ? »

« Je suis désolé. Tu disais ? »

Elle fit mauvaise mine : « Je déteste me répéter. »

« Racontes-moi à nouveau, je te promet d'être concentré. »

La brune rechigna mais se mit en œuvre. Elle était en train de donner ses impressions sur les derniers aspirants. Puis la conversation dévia sur Amaria et Asterion.

« Franchement Argol, je paierai cher pour voir ces deux-là dans le même lit ! »

Argol eut une grimace.

« C'est vrai, pas plus tard que tout à l'heure je les ai surpris en train de se reluquer. Amaria admirait notre Danois, et lui faisait une fixette sur la poitrine de mon élève. Les hommes sont tous les mêmes. Chevaliers ou pas. » finit-elle en croquant dans une fruit.

« As-tu fini, Saint du Serpentaire ? » s'exclama le Saoudien.

« Arf... Il n'empêche ... Je ne pensais pas Asterion comme ça. »

« Au combat, ce genre de pensée légère est inutile. »

« Arrête de penser guerre deux minutes Argol, tu me fatigues. »

« Je t'apprends rien sur les émotions que l'on garde pour soi en tant que chevalier. Asterion ne souhaite pas s'attarder sur le sujet.»

« Oui je le sais. Je me lève chevalier, je mange chevalier, je me lave chevalier, je me bat chevalier, je parle chevalier et je me couche chevalier. Pour le reste je suis Aurora.»

« Tu as toujours eu plus d'aptitudes que nous à être entière. »

« Les combats me manquent. » déclare t-elle en examinant son verre.

Elle saisit une bouteille de vin pour se servir mais une main experte l'en empêche.

« Tu sais que ce n'est pas une bonne idée. »

« Un verre ne ferait pas de mal. »

« Je n'aime pas quand tu bois. » Puis il lui versa du thé glacé, « Pourquoi ne demandes-tu pas au Grand Pope de t'envoyer en mission ? » en lui tendant son verre.

« Je pars en reconnaissance bientôt. »

« Ton repos a été nécessaire. »

« Oui. Je sais que j'ai exagéré ces derniers temps. Au milieu de tous .. Toi. » dit-elle.

Ils se considérèrent quelques instants.

« Approches .. » dit l'homme en lui tendant la main.

Aurora se blottit naturellement tout près de lui. Elle posa sa tête sur l'épaule de son ami. La brune jouait avec une mèche de cheveux de Persée. Ils admiraient les flammes de la cheminée qui animent la pièce à vivre. Argol posa sa main sur celle d'Aurora. Il la serra tendrement, en caressant le revers de ses doigts.

« Je n'ai pas envie que cette maudite Reine jette son dévolu sur mes compagnons et encore moins sur toi. » Elle se tourna à lui et rencontra son regard bleuté : « C'est comme si j'étais envoûtée par un mâle et qu'il m'engrossait sous l'effet du charme. »

« Je ne le supporterai pas. Tant te tournent assez autour. »

« Serait-ce une pointe d'agacement que je perçois, chevalier ? »

« Oui. »

Elle lui sourit : « Tu sens bon ! »

« Toi aussi. »

Elle éclata de rire : « Tu as embaumé toute ta salle de bain ! »

Il plongea son regard dans celui du Serpentaire, « Tout ce parfum exacerbe mes sens. »

« Traduction ? »

Il ne répondit rien. Il la désire. Ardemment. Alors l'homme se redressa et pris le visage de la jeune-femme dans sa main, l'approchant à ses lèvres. La brune ferma les yeux, prête à recevoir le baiser qu'il allait lui donner. Une langue experte et chaude se mêla à la sienne, l'obligea à se soumettre à un duel dont Aurora pressentait qu'elle ne sortirait pas vainqueur. Elle se laisse bercer par les baiser du Saoudien qui ne semblait pas pressé de la relâcher. Il agrippa les hanches de la portugaise et intensifia ses baisers. Leurs corps glissèrent l'un contre l'autre. Argol descendit dans le creux du cou, mordillant de temps à autre sa chair, et continua son chemin vers la poitrine. Il releva la tête vers sa belle et repris ses lèvres, Aurora en profita pour lui enlever son maillot et caresser sa musculature. Leurs cœurs battaient à toute allure.

« … ça fait longtemps. Tu es toujours aussi enivrant.» avoue-t-elle.

Il l'embrassa dans le cou, ses deux mains enlacent sa taille alors qu'il joue avec le lobe d'oreille d'Aurora. Il n'a pas oublié une des zones les plus érogènes du corps du Serpentaire, toujours réactive. Elle passa ses mains dans la chevelure du beau chevalier sauvage dont les baisers se font de plus en plus fougueux. Il l'allongea sur le sofa, remonta le maillot de la brune et traça un sillon jusqu'à son nombril, frôla de sa langue la peau dorée, puis remonta vers ses seins qu'il saisit et massa doucement en se concentrant sur les pointes dressées. Il souleva le haut inconvenant pour lui ôter et admira quelques instants la superbe poitrine dénudée. Quand la bouche de Persée se referma sur l'un de ses mamelons, les pensées d'Aurora se court-circuitèrent. Il embrassa, téta, lécha, mordilla ces deux seins gorgés de désirs. La brune était prisonnière de son prédateur. Argol descendit de nouveau vers son ventre et roula le fin pantalon sur les jambes sans quitter d'un millimètre le peau fruitée de sa compagne. Elle sentit le souffle chaud de son amant contre son intimité. Un tissu les séparait. Le guerrier jeta un coup d'œil à la treizième, haletante. Ensuite, il écarta le sous-vêtement et titilla le bout de chair rose.

« Bon sang .. » lâcha-t-elle, « Tu sais ce qui me fait de l'effet. »

« Comment pourrai-je oublier ce corps fantastique ? »

Argol sentait son membre gorgé de désirs à mesure qu'il s'occupait de l'intimité de sa maîtresse humide. En fait, il était excité avant même de commencer. Depuis le début de la soirée, à l'instant même où il a fait un pas dans sa demeure, à la vue du Serpentaire affairée dans la cuisine, il la voulait. Il écarta les jambes de la jeune-femme et entreprit de minutieuses caresses avec sa langue sur l'intimité dévoilée. Aurora ondulait, griffait les épaules de l'homme et enfonça ses ongles dans sa peau, lui ordonnant de ne pas s'arrêter. Argol introduit un doigt, puis deux dans l'antre de son amante et la mouvait. Autant dire un calvaire pour le Serpentaire. Le Saoudien l'embrassa passionnément tout en poursuivant son calvaire. Il se saisi de la main libre de sa compagne et la dirigea vers son entre-jambe. La portugaise ne se fit pas prier. Elle caressa au travers de son pantalon la colonne de chair dont elle sentit l'excitation de plus en plus fortement, son souffle lui parvenant aux oreilles avec délice. Aurora voulait s'offrir à Argol toute entière. D'un coup rapide, elle sort le membre droit et fort de son refuge et commença des vas et viens dans une lenteur appliquée, frôlant de son pouce l'extrémité du sexe, montant, descendant, montant encore... Sa bouche ne quitta pas celle d'Argol qui se sentait devenir sénile. Leurs respirations se firent plus rauques, plus saccadées. Paupières closes, Persée puisait dans des trésors de concentration pour demeurer maître de lui-même. La brune accentua sa cadence, et l'homme, qui n'avait toujours pas abandonné la quête du plaisir qu'il veut apporter à son amie, fit de même en enfonçant presque toute sa main dans l'étroit tunnel humide. Elle cria de surprise. Aurora sentait la chaleur de la virilité de son amant dans sa main et voulait y goûter elle-même. Mais ce soir, c'est Argol qui décide.

« Pas maintenant, ta gourmandise peut attendre. » prévint t'il en léchant ses lèvres.

« Fais-moi l'amour Argol, de tout ton être. »

L'homme lui sourit. Il retira son pantalon et se colla à sa bien-aimée. Les deux chevaliers frottaient l'un à l'autre leurs deux corps souples qui tremblait sous ses attentions. La chaleur de leur corps les consumait. Tout en s'abandonnant entièrement, Argol entra dans le corps d'Aurora qui gémit. Il débuta de délicieux vas et viens. Après quelques instants il accéléra les coups de reins, voulant déguster chaque parcelle du corps de sa belle, et se saisi de ses mains pour les bloquer au-dessus de sa tête. Dominer, il voulait la dominer, cette guerrière puissante était à sa merci. La portugaise gémit de plus en plus fort, demandant à Argol d'aller plus loin et plus fort. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait l'amour comme ça. Son partenaire résistait tant bien que mal aux vagues de jouissance qui menacent de les engloutir tous les deux. Aurora se cramponnait à lui, son souffle erratique venait mourir contre la joue de son compagnon.

Soudain, il la sentit se contracter fortement. Ni une ni deux, il la dressa sur ses genoux et la fit asseoir sur lui. Il voulait voir son plaisir dans ses yeux, admirer sa fougue, là, maintenant dans cette position d'Andromaque qui doublera son plaisir. Aurora se déhancha de plus en plus vite, sa délicieuse poitrine valsait à chaque coups et puis, enfin, la délivrance. Argol sentit l'antre de sa partenaire se charger d'électricité en son membre. Elle cria de plaisir, une fois, deux fois, la tête en arrière. Il renforça ses coups de reins et jouit fortement à son tour, triomphant alors qu'il se déversait en elle.

Il se sent libéré d'un poids, heureux. Puis s'empara de la bouche d'Aurora en un voluptueux baiser. Ils demeurèrent ainsi, enlacés, soulagés. Puis Aurora desserra son étreinte et s'allonge à ses côtés, la tête posée sur le torse d'Argol. Elle humait l'odeur de sa peau, la transpiration ruisselante sur son corps, et donna à son tour un tendre baiser à son amant. Ils demeurèrent un moment ainsi, se câlinant amoureusement pendant qu'Argol caressait la courbe des reins de sa compagne et lui donnait des petits baiser sur les cheveux, tandis qu'elle avait enfoui sa tête dans l'épaule de son amant, sa main vagabondant sur le sexe humide du guerrier.

« Je te sens sourire, chevalier. »

« On ne peut rien te cacher. »

Aurora sait que ses sentiments pour Persée sont authentiques et sincères. Celui-ci la respecte et ne lui causera jamais de tort. Ils étaient complémentaires et formait un joli couple caché. Cependant, elle ne sait pas si elle est capable d'oublier Eaque, de continuer à côtoyer le chevalier du Scorpion et cette indécision.

De quelle façon écouter son cœur quand celui-ci est mêlé à des sentiments d'insécurité ? Quelle est la suite logique de sa vie sentimentale ?

La treizième n'en a cure pour le moment. Elle se laisse guider par Persée et seul le temps le dictera quoi faire. Le monde pouvait bien s'écrouler, ici en cet instant, Aurora se sentait bien dans les bras du chevalier d'Argent et c'est tout ce qui compte.

Après tout, Athéna ne désire t-elle pas la voir heureuse à présent ?

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(A suivre)

*C'est le plus ancien des arts martiaux, né dans l'Etat du Kérala, en Inde.