CHAPITRE 10
DONZELLES MALFAMEES
Temple d'Athéna, Avril 2007
« Athéna le temps est venu de te retrouver… »
« Je le sais .. Mais.. Pourquoi as-tu soif de puissance, pourquoi une guerre sans intérêt, quel est ton but, Antiope ? »
« Athéna ne laisse pas la naïveté guider tes pas. C'était inévitable ! J'ai fait prisonnier les guerriers d'Odin, je compte renverser Poséidon et le Sanctuaire grâce aux pouvoirs que recèle les étoiles de tes alliés et des chevaliers. »
« Tu sais que mes gardiens ne te laisseront pas faire, nous n'abandonnons jamais ! »
« Tu es une Déesse, une femme, Athéna ! En cette heure sombre, rejoins-moi et nous en serons que plus fortes. Nous hisserons une puissante armée de conquérantes. La guerre est prodiguée par les mâles ! Ils sont irréfléchis et ne pensent qu'à leur intérêt.»
« Arès est enfermé à jamais, veux-tu subir le même sort, Antiope ? »
« Père a été imprudent. Il a eu l'intelligence de s'emparer du corps de cette puissante combattante car il a compris que le sexe fort c'est nous, femmes. Lorsque j'aurai enfin absorbé les pouvoirs des guerriers, je serai invisible ! Athéna ! Tu vas m'implorer ! »
« Tu ne le pourras, je le jure sur les Dieux de l'Olympe .. »
« L'Olympe paiera de m'avoir bannie ! Gaia, notre divine Mère, est de mon côté ! »
« Je ne peux le croire. »
« Rendez-vous sur le champs de bataille, Athéna, et tu verras qui de nos Royaumes vaincra ! »
Saori Kido s'éveilla en sursaut, le visage baigné de sueur, les draps rejetés tant elle avait dû remuer.
Lorsqu'elle reconnut les colonnes de sa chambre sacrée, son visage repris des couleurs. Ce songe avait été si dérangeant. Elle aurait pu l'apparenter aux nombreux cauchemars qu'elle faisait en ces temps. Elle passa la matinée enfermée ai Temple d'Athéna à réfléchir sur la position qu'elle tiendrait face à son ancien ennemie. Elle ne savait que penser. Elle n'avait pas le droit à l'erreur.
Le cœur lourd, elle se leva pour aller voir ses protecteurs. Tout d'abord son représentant. Ils doivent parler. Les fioles contenant le sang divin suffira-t-il à contenir la vengeance d'Antiope ?
C'est la meilleure guerrière de tout temps confondu. Fille d'Arès, Dieu de la fureur Guerrière, c'est une demie-déesse aux forces sauvages détenant d'autres compétences terrifiantes à son actif. Et cette chose dont elle parle, qu'est-ce ? Ce n'est pas anodin qu'elle soit redoutée par les Dieux et protégée par la déesse mère. Hercule l'était avant elle, Thésée, Achille .. sa propre sœur Orithy à qui elle a pris le trône après sa mort. Les attaques récentes contre son Domaine exprimait une revanche dantesque, un constat terrible. Athéna a perdu beaucoup de soldats et la moitié des Bronzes sont blessés. Il en est de même pour l'Empire de Poséidon et celui d'Odin dont plusieurs des Guerriers Divins sont portés disparus. Et ensuite, que va-t-il advenir "en bas", aux Enfers ?
Antiope n'est pas idiote. En s'attaquant à Hadès, elle signera la fin de son règne. Le Seigneur Noir fait surveiller l'entrée de son Domaine. La Reine des Amazones n'aura pas l'audace de venir tant qu'elle n'aura pas accompli ses projets de conquêtes et trouver une solution pour ébranler les Spectres, seuls sujets non affectés par les attaques des Amazones grâce à leur Surplis. Antiope attaque le cœur des hommes. Les Spectres ont renoncé aux leurs depuis belle lurette, les sentiments n'ont pas de place lorsqu'on côtoie la mort.
Athéna prit une grande respiration. Elle fit prévenir tous les Chevaliers, soldats à celui d'officier. Cela concerne tout le monde. Devant la large place principale du Sanctuaire, agenouillés face à elle, ses protecteurs attendent les ordres. Athéna sceptre en main souffla intérieurement et fit signe au Pope de s'exprimer.
« Chevaliers ! Mercenaires ! Soldats d'Athéna, vous allez démontrer votre bravoure et votre ténacité au nom de la paix et de la justice sur cette planète en suppléant les Saints d'or, dont certains sont déjà en mission. L'alerte est au plus haut. Interdiction formelle de quitter le Domaine. Restez sur vos gardes. Ces femmes sont redoutables. Plusieurs chevaliers sont revenus gravement blessés. Protégez les populations avoisinantes, ne laissez rien ni personne obstruer votre jugement. »
Athéna leva son sceptre en direction de ses gardiens : « Je crois en vous, chevaliers ! Quel que soit votre rang, votre détermination doit rester sans faille. Laissez votre votre foi en l'amour et la justice vous montrer le chemin de la victoire ! Je vous accompagnerai dans chacun de vos cœurs ! Le Sanctuaire est le berceau du monde et doit le rester. »
« Pour Athéna, la paix sur Terre ! » continua vivement Shion.
« Pour la paix ! Pour Athéna ! » clame ensemble l'assemblée chevaleresque avec joie.
Campagne de Rodorio, fin de journée
« Dame chevalier, merci pour votre aide !»
« Je t'en prie, c'est mon rôle d'aider les plus faibles. »
« Votre prédécesseur était généreux et juste. Un modèle de chevalerie. I»
« J'aurai aimé le rencontrer. J'ai entendu tant de choses positives à son sujet. »
« Vous le méritez. Qu'Athéna vous garde. » ajouta le vieil-homme en se courbant.
La jeune-femme hocha la tête et lui fit signe de se relever. Pas tant de cérémonie, elle n'a fait que son devoir après tout !
« Votre maître est le Saint du Serpentaire, il me semble ? » La jeune-femme répondit d'un hochement de tête, « Alors cela explique cette bonté. Je n'oublierai jamais ce jour. »
« Je suis ravie d'avoir pu croiser ton chemin, Magéia.»
« Je vous remercie Dame Chevalier. Soyez bénie. »
Mia du Sagittaire venait d'aider ce vieil homme et sa petite-fille persécutés par des voyous dans un village reculé du Sanctuaire. Elle a demandé à Aurora de s'occuper de ce village pauvre loin du Domaine sacré. Toutes les semaines, elle vient au rapport, apporte vivres et de nombreux dons provenant des fondations Kido.
C'est une jeune-femme discrète. Lorsqu'elle est arrivée au Sanctuaire rien ne lui laisser croire qu'elle deviendrait l'une des femmes les plus fortes. Que les gens se prosternaient. Non, rien de tout cela ne lui semblait possible. Elle est la meilleure élève du chevalier du Serpentaire, et pourtant la jeune-femme a du mal à se faire confiance. Mia se demande ce qu'elle a fait pour en arriver là. C'est vrai après tout, elle n'est même pas de Grèce et elle est fille de fermiers. Passer après le chevalier Aiolos, frère légendaire du Lion, mais également le chevalier Seiya qui a porté cette armure, est un lourd fardeau à porter. La demoiselle a hérité de cette armure sacrée alors qu'elle n'avait même pas 15 ans, fait rarissime pour une apprentie chevalier d'or. Athéna a décidé de lui accorder l'ultime épreuve plus tôt afin d'avoir l'honneur de porter cette armure et rejoindre ses frères d'arme pour entamer la guerre contre Arès.
Il y a eu peu de femmes Saint d'or. On les compte sur les doigts de la main depuis les temps mythologiques. Peu de chevaliers savent que les femmes protégeaient Athéna en armure d'or. Elles devaient se cacher, se faire passer pour un homme et camoufler leur féminité. Pas avec le masque, non. Se dissimuler pour de vrai. Athéna n'était pas prête à accepter ouvertement les femmes au sein de son armée d'élite. Elle l'a regretté par la suite voyant le potentiel incroyable qu'une guerrière du Sanctuaire peut apporter. Leur force, c'est de s'imposer devant les hommes, se relever sans broncher, supporter les pires entraînements rigoureux. "Depuis la nuit des temps, les femmes sont la force de l'univers". Ces paroles qui lui reviennent en tête sont de la bouche d'Aurora. Un modèle de bataille. Mia a un respect inconditionnel envers son mentor.
Mia Figueiredo vient aussi du Portugal. Née un 8 décembre dans une village de la contrée de Lisbonne, elle est l'aînée d'une fratrie de sept enfants. Ils vivaient dans un trois pièces avec les animaux de la ferme. Elle a commencé à travailler alors qu'elle atteint six ans, et aidait ses parents à subvenir aux besoin familiaux. Tous étaient de confession catholique. Mia allait à l'Eglise tous les dimanche et faisait pénitence. Sa mère voulait l'envoyer dans un couvent jusqu'à ce qu'elle se marie. Et Mia s'exécutait, un point c'est tout. Ses frères l'exaspéraient et passaient avant elle. Elle grandit dans un milieu très misogyne. Son père avait que peu de considération et la surnommait « gamine », « dans sa lune. » Mia lisait chaque jour des livres tant qu'elle pouvait s'évader de ce quotidien. Un oncle lui tournait autour, elle à peine âgée de 9 ans. Mia n'en parlait à personne. Honteuse « de provoquer les démons de la luxure », disait sa grand-mère. Elle était fascinée par la Grèce, la mythologie antique et se prenait à rêver sur cette religion polythéiste. Parfois, quand elle était en colère, elle allait exorciser cette frustration dans la forêt, sentant une montée d'adrénaline montée en elle, une confiance puissante.
Et puis un jour, tout a basculé. Le frère de sa mère, cet oncle perverti a tenté d'abuser d'elle alors qu'elle allait à la rivière se ravitailler en eau. Le bougre réussit à l'acculer contre un arbre. Saccagée, interdite, aucun son ne sortit de sa bouche. Elle était dégoûtée d'elle-même, attirant les faveurs d'un homme brutal, pensant déjà à ce que sa chère mère allait lui reprocher. Et puis la colère prit le dessus. Non, elle ne devait pas se laisser faire ! Elle ne sait pas exactement ce qu'il s'est passé. Son poing est devenu source de lumière et s'est dirigé dans la poitrine de l'incestueux. L'homme tomba inerte contre elle, lourd, les yeux ouverts de terreur. Mia s'enfuit sans se retourner. Que venait-elle de faire ? Qu'allait dire sa famille ? Plus personne ne voudrait la croire.
Elle resta cachée deux jours dans la forêt, se nourrissant des bienfaits que la nature lui offrait, échappant aux bêtes sauvages qui la pistaient. Elle était loin de tout. Et étrangement, Mia se sentait libre. Un soir, des loups l'avaient prise pour cible. Et là encore sans savoir pourquoi, alors que ces derniers s'apprêtaient à se jeter sur la pauvre enfant, ils reculèrent face au cosmo de la gamine qui ne réalisa pas la puissance émanant de son être. Des chasseurs la ramenèrent chez ses parents. Elle décida de tout leur raconter. Elle fut traitée de fabulatrice. Mia pleurait, s'énervait pour la première fois devant ses parents incrédules. Ils l'enfermèrent dans sa chambre sans manger ni boire : « Tes péchés doivent être expiés, tel est la volonté de notre Seigneur. »
Elle avait prié, prié pour qu'on lui vienne en aide, qu'elle passerait sa vie à donner aux démunis, à faire le bien. Mais bon sang qu'on la sorte d'ici ! Un soir, la porte s'ouvrit d'elle-même, comme si un nouveau destin lui montrait la voie. Dans la cour arrière, une voix de jeune-femme la sortit de sa torpeur. Elle était adossée contre une charrette, emmitouflée dans un long chlamyde comme le portait les Grecs anciens. Elle devait avoir 16 ou 17 ans. Elle dégageait une grande prestance. Elle interpella la fillette.
« J'ai entendu ton appel, Mia. Où plutôt les Dieux t'ont entendu. »
« Co-comment ? »
« Tu te demandes comment cela est possible ? »
« Comment m'avez-vous trouvé ? »
« Par ton énergie cosmique, ma chérie." répondit l'inconnue,"L'énergie qu'il y a en chaque humain voué à servir les Dieux. » Mia resta muette de surprise, « Cette sensation qui tu as du ressentir sans pouvoir mettre un mot dessus. »
« Je .. oui, il m'est arrivé de me sentir comme .. »
« Emportée par une force indescriptible ? »
« C'est exact. »
« Je t'apprendrai à le maîtriser et l'utiliser afin de servir une juste cause, Mia. »
« Comment le ressentez-vous ? »
« Parce que je suis comme toi. J'ai aussi cet univers en moi sauf que je le contrôle depuis des années. »
« Vous semblez venir d'une terre lointaine ? »
« Je viens de Grèce. »
Mia ouvrit les yeux comme des soucoupes. Ce pays qui l'a fait rêver depuis l'enfance !
« Vous parlez parfaitement notre langue. » ajouta t'elle.
« Je suis née dans ce pays. »
« Pourquoi êtes-vous vêtue comme au temps temps ancestraux ? »
« Parce que là d'où je viens, la société moderne n'a pas sa place. »
Mia se tue un instant. La sensation que son chemin était tout tracé :« Pourrais-je m'y rendre moi aussi ? »
« Bien-sûr mon enfant. » répondit Aurora en se redressant. Car c'était bien elle, le jeune chevalier du Serpentaire. Elle se dirigea vers Mia et affirma : « C'est pour ça que je suis là, pour te ramener au Sanctuaire, lieu inaccessible pour les mortels ordinaires. » dit-elle en lui caressant doucement la tête.
« Quel est cet endroit ? »
« Le berceau du monde, garant de la paix sur Terre, le Domaine d'Athéna. »
« Athéna ? La Déesse de la Sagesse, de la stratégie militaire et .. »
« Protectrice des humains, oui. » continua Aurora.
« Alors les Dieux Grecs existent ... »
« Et ils n'attendent que toi. Athéna t'a offert un don que tu dois utiliser pour servir ses engagements : te battre pour l'amour, la justice et la paix. »
« Alors c'est mon destin… ? Devenir une combattante Athénienne ? »
Aurora hocha la tête.
Mia réalise que la jeune fille portait une étincelante armure en or en forme de serpents. Une aura douce l'entourait, il s'émanait d'elle une bienveillance et de la chaleur peu commune.
« Vous portez une armure dorée ! » s'exclama la gamine, émerveillée.
« On nous appelle les chevaliers d'Athéna. Des guerriers apparaissant lorsque la paix est menacée, mais aussi pour protéger les plus faibles. Nous nous entraînons toute notre enfance pour acquérir une armure sacrée. Il y a tout type de chevaliers. Tu as été choisie pour intégrer mon ordre. »
« Alors .. « réfléchit la gamine,« Je .. je suis destinée à être .. »
« Un Saint d'or. L'être le plus rare et prestigieux de l'armée d'Athéna." affirma Aurora, "Je t'apprendrai tout ce qu'il faut savoir sur notre vie, je te protégerai, t'enseignerait l'art du combat. En retour, tu dois renoncer à ta vie actuelle, ne plus te retourner sur ce passé. »
« Mais je ne parles pas Grec .. »
« Tout viendra naturellement. Le langage d'Athéna est limpide pour un chevalier. »
« Alors je n'ai plus de raisons de rester ici. Ma vie est auprès de vous et Athéna. »
« Alors viens, un grand avenir t'attend. »
Mia hocha la tête alors qu'Aurora lui tendit sa main. Elle se sentait tout à fait en confiance après du Saint d'or lui offrant un sourire rassurant. Elle fut englobée par le cosmo de la guerrière. Elle était immédiatement apaisée pour la première fois de sa vie.
« Je me nomme Aurora, Saint d'or du Serpentaire. Désormais, je suis ton maître. »
« Je suis contente de vous rencontrer… Et vous êtes si belle.»
« Accroches-toi à moi, tu verras des nuages pendant le voyage. » répondit la brune,« Tu seras une femme magnifique ne t'inquiètes pas. »
Aurora lui offrit un dernier sourire et s'envola avec sa nouvelle protégée, partant pour son destin vers le Sanctuaire.
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Le soleil incendiait le Sanctuaire d'une douce lueur orangée tandis que les ombres se dessinaient petit à petit. Le ciel se fragmentait littéralement dans une palette de couleur digne des plus beaux paysages utopiques. La lune offrait gracieusement toute sa lumière au Sanctuaire et les douze Maisons du Zodiaque baignaient dans la pâleur des rayons de l'astre antique. La douce lumière du soleil avait depuis quelques heures pris la place des pâles rayons lunaires. La chaleur était déjà accablante pour un mois d'avril et même la douceur de la soirée ne la rendait guère plus supportable.
Non loin de là, on pouvait entendre les pas pleins de hargne et de volonté d'un jeune homme de 27 ans qui grimpait les marches des douze maisons. Arrivé devant la neuvième temple, il jeta un regard à droite, un autre à gauche, et se glissa comme une ombre jusqu'aux appartements privés.
Devant la porte, il en tourna lentement la poignée et, il poussa doucement, prenant garde à ne produire aucun son. A l'intérieur, un calme olympien régnait, seulement troublé par les bruits de pages tournées et la respiration paisible de la ravissante personne assise sur le sofa. L'homme s'approcha d'elle... et la ceintura de ses bras, collant son torse contre son dos sans retenue. Elle se figea. Il se plaça devant elle. Elle posa alors ses grands yeux verts sur lui, et le Saint se sentit défaillir, tant ce simple regard était précieux pour lui. Elle lui sourit et pris sa main, ces larges mains d'homme aux veines saillantes, parsemées de cicatrices. C'est un fier guerrier et un des chevaliers les plus loyaux du Sanctuaire. C'est un des hommes les plus fiers et son visage est suffisamment fermé pour qu'il ne trahisse ses émotions. Sauf à sa dulcinée. Il s'est laissé éblouir par la jeune-fille de dix ans son cadet. Par sa douceur, sa bonté de cœur, cette puissance dissimulant une sensibilité une fois son arc et ses flèches reposés.
Quand l'épée redoutable rencontre la légendaire flèche d'or … Mia … Son bien-être, son âme-sœur, l'amour du chevalier d'or du Sagittaire qui glisse dans son propre corps. Rien ne compte plus que la douceur de la jeune-femme, la bouche de celle qu'il aime, rien d'autre que son amour absolu pour elle, cette chaleur, la chaleur de son cœur. Ses grands yeux foudroient en plein cœur son compagnon de vie. Shura du Capricorne est désespérément amoureux de la neuvième gardienne. Non .. il l'aime. Il l'a vu grandir et évoluer, devenir une combattante dévouée à Athéna. Ce rôle que le Capricorne pensait avoir le plus digne au sein du Domaine sacré. C'est désormais Mia qui le détient. Les chevaliers du Sagittaire ont toujours été les gardiens les plus proches d'Athéna.
Au début, l'Espagnol avait trouvé ce petit jeu de cache-cache entre lui, son amour et ses pairs, amusant mais cette attitude commençait à lui peser, et il aurait aimé pouvoir montrer son couple au grand jour. Mais voilà, Mia ne l'entend pas de cette oreille et refuse fermement que les autres soient au courant. Elle n'était pas prête.
Il l'a pris délicatement dans ses bras pour la conduire à la chambre. Il l'assit doucement sur le lit. Tout d'abord il lui caressa la joue gauche, puis, continuant son geste, le cou. Il descendit jusqu'à l'épaule et lui enleva la première bretelle de la toge. Mia frémit. Elle sentait que son compagnon d'arme la considérait comme un objet précieux, et pour l'en remercier, elle lui donnerait autant de plaisir que possible. La main droite de Shura s'approcha timidement du sein. Elle saisit le visage de l'Espagnol et l'embrassa avec fougue. Il se laissa faire, alors que la langue de la jeune-femme se mêle à la sienne. Lorsque le baiser cessa, elle prit la liberté de se dévêtir. D'un mouvement de l'épaule, elle défit la deuxième bretelle de sa toge qui tomba. Le Capricorne pu admirer le corps sculptural de Mia. Elle avait les muscles saillants, les abdominaux bien visibles, des cicatrices sur l'abdomen, une peau hâlée et douce. Un corps de guerrière entretenu, un corps splendide qu'il chérit. Mia avait décidé d'offrir sa virginité au chevalier de son cœur et seulement à lui il y a quelques semaines. Elle n'assumait pas encore « cette erreur de parcours ». Aurora lui avait conseillé de ne pas se donner à n'importe qui lorsqu'elle voudrait un jour être déflorée. C'est ce qu'elle a fait.
« Tu es là! Nue, Et ton ventre et tes seins, tes cuisses en sueur se jouent de la lumière dans les giclures de l'ombre. Je te veux a cru, tout à moi, te planter en ma terre. J'ai au ventre un miracle de chair désirante. Je suis prêt à s'aboucher à tes flancs qui déjà s'inondent. Oh! Laisse- moi le temps de respirer cette odeur entre tes cuisses, te piller, t'incendier, te dévaster sous ma bouche qui te fouille. Je t'aime! Je t'aime tant. Ma douce Mia … »
Il sentait le désir de sa partenaire monter en lui, ainsi que le sang affluer dans son bas-ventre. Il décida lui aussi de se dévêtir. En voyant le membre viril du chevalier de son cœur, Mia sentit sa libido exploser. Elle avait envie de cet homme. Elle l'aime depuis si longtemps. Il semble qu'elle l'avait aimé dès qu'elle l'avait aperçu dans l'arène, au deuxième jour de leur retour.
Shura n'avait guère d'intérêt pour elle. Elle n'était qu'une enfant. Aujourd'hui c'est une ravissante femme de 17 ans. Elle se sent étrangement légère, presque absente, abandonnée à son grand amour alors que paradoxalement, son corps entier hurlait avec toute son impatience le désir qui prenait entièrement d'elle. Leurs langues se glissent l'une contre l'autre, jouant un jeu complexe et silencieux tandis que les mains joueuses se resserraient autour des fesses rebondies de la jeune-fille, les déplaçant un peu plus vite contre lui, contre son corps échauffé qui exigeait encore plus de plaisir. En cet instant, leur amour résonnait entre les murs dans un silence assourdissant. Seul le bruit de leurs corps claquant l'un contre l'autre s'entendait dans la pièce. Une musique qu'ils étaient seuls à pouvoir entendre.
Les chevaliers du Sagittaire et du Capricorne s'aimaient sans retenue, car une nouvelle bataille était sur le point de débuter.
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Elle gravissait sous un soleil de plomb les escaliers menant à la dixième maison. Elle transpirait à grosses gouttes et maudissait les propriétés de l'endroit qui faisaient qu'elle était incapable d'utiliser son cosmo pour accélérer sa montée bien que les chevaliers d'or puissent désormais se téléporter de la première à la sixième maison. Lors des temps mythologiques, l'Athéna d'origine avait déployé son énergie sur la vallée afin d'obliger tout agresseur à traverser les douze temples pour atteindre le Palais et les quartiers de la Déesse. Il était alors impossible de gravir les marches plus rapidement qu'un mortel ordinaire.
Enfin, elle pénétra devant le temple du Capricorne. Après une pause, elle pénétra dans l'édifice.
« Shura ! »
« Par ici .. ! »
Mia se dirigea vers la partie aménagée où vit son amant. Elle trouva ce dernier dans sa chambre, occupé à remplir un sac de voyage.
« Fais attention, tu connais la réputation de nos ennemies. »
Shura lui adressa un regard bienveillant : « Mia .. » répondit-il, « Ne sois pas inquiète. »
« C'est que .. » Elle marqua une légère hésitation puis dit,« Nous venons à peine d'annoncer notre union à Athéna .. »
« Et que crains-tu ? » demanda-t-il en effleurant sa joue, « Désormais je n'ai plus d'apriori. Nous sommes des chevaliers, Mia. Si je dois mourir durant cette mission, c'est que c'était ma destinée et saches que je veillerai toujours sur toi. »
« Je t'interdis de mourir ! » rétorqua la jeune-femme en fronçant les sourcils.
Le brun sourit tendrement et se rapprocha, ramenant la brune contre lui. Il caressa son visage et lui baisa le front: « ... Gardes des émotions dans ton cœur, tu en auras besoin pour le combat. »
« Oui. » Elle baissa tristement la tête, « Le Grand Pope m'a fait comprendre que je serai probablement celle qui devra bannir cette Reine. »
« Pourquoi doutes-tu ? » s'exclame Shura, « Tu as des qualités plus grandes que tu ne sembles le croire. »
« Pour le moment, hâtes-toi, tu connais l'impatience de notre amie.»
Le Saint du Capricorne fit appel à son armure qui se sépara en plusieurs parties et recouvrit son corps athlétique. Il attrapa son sac, et la main de sa compagne en passant. Mais celle-ci le repoussa.
« Pas encore. »
L'homme souffla doucement.
« Je dois rester concentrée .. » ajouta la jeune-femme, reprenant les termes de son droit chevalier, « N'est-ce pas ? »
Ce dernier lui baisa la main et hocha la tête. Alors qu'ils descendirent les marches, Mia clama : « Elle a deviné, tu sais. »
« J'en suis conscient. » consentit le Capricorne, « Mais ton maître doit déjà affronter ses propres émotions .. » jetant un œil au Temple du Scorpion qu'ils s'apprêtent à franchir, « L'amour du 8ème gardien le dévore de l'intérieur. »
« Il lui a dit. »
Shura ouvrit de grands yeux étonnés.
« N'as-tu pas remarqué l'étrange ambiance entre eux ? » L'Espagnol secoua la tête incrédule, « Je les ai surpris aux abords du Temple Niké. » (ndlr : chapitre 3)
« Et qu'as donc vu ma curieuse bien-aimée ? »
« Milo embrassait Aurora ! »
Silence. Il ne l'aurait pas cru. Milo, le chevalier du Scorpion, personnage droit et loyal, ce guerrier honorable s'est laissé envahir par ses émotions ? Le Capricorne a du mal à y croire. Les Saint d'or ont saisi depuis longtemps que le huitième souhaite préserver leur amitié en sacrifiant son amour pour elle au profit de son code de combattant de la justice.
« C'était si .. sincère. Je pouvais sentir la profondeur de leurs sentiments. J'ai failli verser une larme… »
« Mais .. » continua Shura, devinant la suite.
« Aurora a mis fin à leurs étreinte, laissant Milo en colère. Pourquoi a-t-elle fait cela, Shura ? Tu le sais, tu les a vu passé après ! »
Shura acquiesça, se souvenant du chagrin caché de Milo et d'Aurora.
« Alors c'était ça … » souffla le dixième gardien, « Je ne suis pas étonné de cette réaction, le Saint du Scorpion bien qu'ayant un tempérament posé peut devenir impulsif si une chose méprisable se produit. J'imagine qu'il n'a pas supporté une situation inattendue.»
« Les derniers mois furent éprouvants pour Aurora. Son cœur est partagé. »
« Tu évoques le Saint de Persée ?»
« Que dis-tu ? »
« Toi comme moi savons qu'Aurora et Argol partagent une étroite relation au sein du Sanctuaire depuis quelques mois. Aurora est plus réfléchie, responsable. Cependant … » s'interrompit l'Espagnol.
« Tu discernes quelque chose d'autre ? »
« Nous ne devons intervenir, Mia.»
A cette réponse, la brune lui porta un regard désolé. Mais elle était d'accord.
« J'apprécie beaucoup le chevalier Persée. Néanmoins .. »
« C'est un bon chevalier. Je le méconnaissais avant nos résurrections. Contrairement à Milo, il n'a jamais craint de démontrer ses sentiments. »
Tout en parcourant les dernières maisons, ils discutèrent du conflit. Mia est soucieuse et cette sensation la reprend. Elle espère que c'est le fruit de son imagination, car comme tous chevaliers, leur sens sont plus aiguisés que les humains ordinaires. Quelque chose se prépare.
Un peu plus bas, les amants sentent une ambiance particulière englober les lieux. Deux cosmos se défient. Ils se concertèrent d'un regard. Et s'activent sans tarder.
Plus en retrait devant la maison du Bélier, un petit groupe de chevaliers d'or assistaient à un échange animé entre deux protagonistes bien connus : Masque de mort et Aurora. Leurs énergie ont attiré quelques soldats et des Argents? spectateurs de cette scène incongrue. Argol veillait Aurora à distance respectable bras croisés, se concertant parfois avec Asterion et Merio de la Coupe.
En effet, la portugaise menaçait le Sicilien de le désintégrer. Pour qui, pourquoi, tous se le demande même s'ils sont habitués à leurs désaccords.
« Je ne le répéterai pas deux fois, Angelo. Ôtes-toi de mon chemin. » averti Aurora d'une voix dangereuse.
« Il faudra me passer sur le corps d'abord ! » s'exclama le Saint du Cancer.
« Angelo, ça suffit .. » intervient Saga.
« Tu vas la laisser s'en aller comme ça ? » répliqua l'homme, puis il se tourna vers ses compagnons : « Et dites-moi vous autres, pourquoi est-ce que vous me laissez faire la sale besogne ? Vous craignez tant que cela que le venin du Serpentaire s'abatte sur vous ? »
« C'est toi que je vais empoisonner si tu ne te tais pas ! » riposta Aurora.
« Vous n'avez pas besoin d'en arriver là ! » gronda Aiolia, « Baisses ton poing, Aurora ! »
« Tu es de son côté ? » rétorque t'elle au lion d'or d'un regard menaçant, « Que vas-tu faire si je refuse ? »
Le chevalier crispa la mâchoire.
« Aurora, s'il te plaît .. » fit doucement Mu, « Ne vous abaissez pas à cela. »
« Personne n'a à me dire ce que je dois faire ! Je connais mon rôle, je m'efforce de l'exécuter dignement. Si mes méthodes posent un problème, ils savent de quoi il en retourne ! Et c'est valable pour toi Angelo ! Je n'obéis qu'à Athéna ! Je me moque de tes états d'âme ! »
La tension à son comble, le Cancer riposta : «On en reparlera quand cette foutue Reine t'aura malmenée ! Tout le monde le pense ! »
« Vraiment ? » Elle s'exprima devant l'assemblée : « Et qui donc ? Qui veut que je reste au Sanctuaire ? » s'exclama la brune.
Le Bélier, par sa grande sagesse essaie de relativiser : « Ton cosmo a diminué Aurora .. Nous le se ressentons. Et aimerions comprendre.» temporisa Mu, « Angelo te met en garde contre nos ennemies. Notre énergie est drainée contre ces femmes. Tu pourrais te retrouver désavantagée. »
« Et même avec ce collier divin .. » poursuivit Saga.
« Je le sais. » répondit Aurora en scrutant Angelo,« Mais croyez-vous que je vais rester là ? » Elle attendit une réponse ne venant pas et continua :« Je suis le saint d'or du Serpentaire, alors si je dois y passer au corps à corps, qu'il en soit ainsi ! Que feriez-vous à ma place ? » demande-elle avec hargne,« Tant que je garde courage .. N'est-ce pas le principe que nous défendons ? Répondez ! »
Un homme approuvait les dires du quatrième gardien : Aurora a changé. Son cosmo, sa force. Quelque chose ne va pas. Et il croit en connaître la raison. Cependant, de tous les chevaliers, il est le seul à connaître "ce secret".
Il soupira intérieurement. Milo voulait retenir le chevalier de son cœur. Depuis cette altercation près du Temple de Niké où il lui avait ouvert son âme, ils s'étaient peu adressé la parole. Il s'exprima à son tour : « Très bien, dans ce cas, sois prudente chevalier. »
Les têtes se tournent vers le Scorpion dont le regard fendait le cœur d'Aurora. Le Grec venait de prendre part au débat dans sa dignité naturelle et apportait son consentement.
« Autant l'envoyer au cimetière, Milo ! » fit le Cancer à ce dernier,« Aurora, je t'attends ! » grogna Masque de Mort.
Aiolia prévint :« Angelo, cesses tes provocations ! »
Le Serpentaire se mit en garde et engagea le combat, « Puisque tu le prends comme ça .. »
Elle augmenta son cosmo, et d'un regard glacial elle se rua vers lui sous les yeux inquiets de leurs camarades. Elle envoya son poing vers la mâchoire de son collègue qui esquiva sans trop de difficulté.
« Tu as eu de la chance, attend un peu ! » continua Aurora.
« Cessez immédiatement ! » continua Shura désabusé. Puis il se tourna vers le Verseau : « Camus, je t'en prie, interviens .. »
Yeux fermés et bras croisés, le Français imperturbable ne bougea pas d'un pouce, attendant l'issu de l'échange musclé. Il ne souhaitait pas se mêler à leurs différends. De toute façon Aurora est bien trop entêtée. Les mouvements du Serpentaire étaient imprécis pour un chevalier de son ordre. Même les Argents le remarquent. Chaque fois qu'elle tentait de frapper son adversaire elle ne touchait que l'air ou effleurait Angelo qui ricanait. Cela la mit dans un état de colère et son cosmo s'amplifia davantage. Les Saints d'or commencèrent à saisir la situation la concernant, ainsi que la volonté louable de Masque de Mort, même si cela fut maladroitement imposée.
« Tu vois, c'est ce que je disais ! En temps normal, j'aurai eu des soucis à voir tes coups. Mais comme tu ne veux pas m'écouter, que ta puissance est affectée alors tu t'épuise seule ! »
Mu vit Mia s'avancer pour s'interposer mais d'un simple geste de la tête de gauche à droite, elle comprit que ce n'était pas nécessaire. Aurora avait la mâchoire crispée de frustration, une lueur meurtrière dans les yeux. Son cosmo s'éteignit et elle fit volte-face sans un regard pour le Cancer : « Allons-y, Shura. »
L'Espagnol la suivit. Angelo jubilait, « Et tu ne dis rien, toi ? » pesta l'Italien contre son ami.
« Vous préférerez une guerre de 1000 jours ? » en jaugeant le quatrième gardien, « Je te suis, Aurora. » Il se plaça à ses côtés et pris son bras, afin de se téléporter vers la contrée du Dodécanèse là où ils sont attendus par le Roi Ylias et son armée.
« Mon amie .. » admira Milo, regardant l'étoile du Serpentaire s'envoler gracieusement.
Il ne sait pas pourquoi, tout ceci ne lui dit rien qui vaille.
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En un lieu macabre, trois hommes dont l'un d'eux était inconscient, gisaient au sol, liés aux poignets par de lourdes chaînes quasi-indestructibles. Celui aux cheveux châtains, sourit tristement à son compagnon qui regardait droit devant lui comme pour chercher des réponses :
« Ne perds pas espoir, nous nous en sortirons.»
« Nous ne sommes pas n'importe quel soldats, Siegfried ! »
Reprenant ses esprits, Bud d'Alcor, jumeau de Syd de Mizar encourageait son camarade de ses quelques mots : « Je vais tenter de briser mes liens. »
Tous avaient essayé à de multiples reprises et avaient vite réalisé que leurs attaches n'étaient pas communes : faites de diamant et d'autres matières magiques, elles semblaient immuables. Ce dernier tenta tant bien que mal de briser les chaînes du tranchant de la main mais il ne faisait que plus encore ouvrir les plaies déjà profondes, qui marquaient ses poignets.
« Tu vois bien que cela est inutile… Ne te blesse pas plus que de raison. » averti Siegfried.
Albérich de Megrez soupira, « Nous avons tout essayé. Même nos cosmos sont inefficaces. »
Le Guerrier de Beta vaincu se laissa alors choir au sol, une lueur de rage dansant dans son regard améthyste. Puis il reporta son attention vers l'entrée de leur prison, un cliquetis métallique se fit alors entendre. L'Asgardien détourna son regard et dans la pénombre discerna, incrédule, un geôlier assisté de deux gardes. Ils reconnurent les hommes qu'ils traînaient avec eux.
Le soldat en chef jeta deux combattants presque inconscients, gisant maintenant à terre.
« Et que cela leur serve de leçons ! » fit garde avec mépris.
Il envoya un sourire machiavélique aux Guerriers Divins et poursuivit, « Vous voyez, notre Reine vient de prouver qui doit régner sur le monde ! Ces deux Saints d'Athéna viennent d'en faire les frais ! » Il attacha ces derniers au mur, comme il l'a fait pour les Asgardiens et s'accroupit en face des guerriers, ses mains sur les genoux en affichant un sourire vainqueur empli d'orgueil : « Imbéciles … »
Les Asgardiens constatèrent avec effroi que les Saints semblent avoir souffert lors du combat. La lourde porte en fer se referma. Bud interpella les deux jeunes-hommes inertes.
« Réveillez-vous, chevaliers ! Par Odin … »
« Ils sont épuisés .. » coupa Albérich, anticipant les affirmations de son collègue.
« Ce sont des Saint d'Argent ! Ils jouissent d'une réputation de vaillants guerriers. Ils sont garants de la paix dans le monde et représentent les chevaliers d'or en mission. C'est absurde. »
« Et alors, nous aussi on s'est fait avoir .. » répondit Albérich.
« Je les tuerai jusqu'à la dernière ! » répliqua Bud.
L'un des chevaliers repris ses esprits, et, remarquant qu'il était fait captif, grogna de mécontentement. Il secoua doucement son compagnon à sa gauche. Ses chaînes résonnaient dans tout le cachot, « Babel .. Ouvres les yeux. »
Aucune réponse. Il souffla et tourna sa tête vers deux Guerriers Divins qui affichèrent une mine désolé.
« Qui vous a battu ? » demande Siegfried, le seul à rester calme et concentré.
« La Reine Antiope. » répondit Babel en reprenant connaissance.
« Nous aussi. » ajouta aigrement Albérich.
« Tu es le saint du Lézard, celui qui dirige les troupes des Argents avec la Coupe ? » s'exclame Bud en remarquant l'armure abîmée du Saint d'Argent.
« Oui. » répondit Misty, « Et je vois que nous sommes dans la même situation. »
« Tu nous en diras tant .. » râla Babel en se redressant, « Babel, Saint d'argent du Centaure .. » continua-t-il, « Elles nous sont tombés dessus comme un troupeau de hyènes. Et cette Reine nous a littéralement enlevé notre dignité. »
« Que va-t-il se passer ? » continua Albérich.
« Babel et moi avons senti les cosmo de deux Saints d'or ce matin. »
Bud : « Qui sont-ils à votre avis ? »
Mais à peine Babel voulu répondre que le geôlier entra à nouveau brusquement et dans un rire cruel, jeta un nouveau prisonnier à terre qu'il fit attacher consciencieusement. Les différents soldats ouvrirent de grands yeux effarés en constant l'armure du porteur .
« Et un de plus ! »
Et il repartit comme il est venu, laissant le groupe de combattants stupéfaits à la vue du Saint d'or vaincu, un filet de sang s'échappant de sa bouche.
« Shura ! » s'écria alors Misty, « Shura, tu m'entends ? »
« Oui... Misty. » articula péniblement l'Espagnol.
« Mais que t'es t-il arrivé, Saint du Capricorne ? » questionna Bud.
« Je suis désolé. J'ai failli à mon devoir. »
« Rahh, cette Reine ! Elle nous le paiera ! » serra les poings Babel.
« Comment te sens-tu ? » demande Siegfried.
« J'ai connu mieux, Guerrier d'Alfa. Mais je m'en sortirai. » ajouta Shura.
« Sauf si elle nous fait exécuter avant ! » glapit Albérich.
Siegfried ne prêta pas attention au réflexion acerbe du roux, habitué à son caractère teigneux, bien que sa traîtrise fut pardonnée par Hilda à leur résurrection, la plupart des Guerriers Divins se méfient encore de lui. Le chef des Asgardiens poursuivit à l'attention du Capricorne : « Shura, tes compagnons nous ont dit que vous étiez deux.»
« Aurora est probablement en train d'affronter Antiope. » se redressa péniblement le brun.
« Le Saint du Serpentaire ? » fit Bud, « Bon tant mieux. Visiblement, seul des guerrières peuvent venir à bout de cette Reine. Nous l'avons compris tard. »
« Elle ne le pourra. » continua Shura.
Expression ahurie générale.
« Aurora a beau être le chevalier le plus puissant de notre ordre et une guerrière très puissante, elle n'est pas en mesure de vaincre Antiope. »
Babel : « Que dis-tu ? Enfin, elle a vaincu Arès ! »
"Certes. Mais avec l'aide de ses prédécesseurs et en ayant employé toute son énergie. Ici, c'est un cas de figure différent. Le Saint du Serpentaire n'a pas le cœur et l'âme suffisamment pure face à Antiope. Elle perd plus en cosmo énergie que nous même. Souvenez-vous des guerriers d'Arès .. Ils appliquaient les mêmes méthodes. » ajouta Misty.
Albérich :« Que sous-entends tu ? »
Siegfried : « Plus un guerrier est puissant, plus ses forces lui sont annihilées. »
Shura continua:« Les Amazones représentent un peuple composé de femmes guerrières qui ne connaissent ni pudeur, ni pitié. Elles s'unissent aux hommes puis les tue et abandonnent ou suppriment les nourrissons de sexe mâle afin de perpétuer la lignée féminine. Face à des combattants comme nous, elles useront de leurs dons et banniront nos cosmo. Nous subirons leur courroux à notre tour. »
Les différents guerriers se raidirent.
Siegfried :« En l'occurrence lorsque son adversaire est une femme, elle s'octroie les faiblesses qui emprisonnent son cœur et son esprit et vole sa dignité. »
« C'est exact. » approuva Shura.
Babel :« Mais comment fait-t 'elle cela ? »
« Le pouvoir de la ceinture d'Hippolyte .. » répondit Misty, « Nous l'avons remarqué lors de notre combat.»
Bud secoua la tête et Babel tapa de colère contre le sol, « Nous devons prévenir notre sœur d'arme avant que cela ne dégénère .. »
« Il est trop tard. » dit Shura, Ces mots, prononcés de la manière la plus brutale qui soit, reflétaient une vérité lourde à accepter : « Aurora lesavait en venant. Notre mission était d'affaiblir les troupes d'Antiope et lui voler la ceinture avant qu'elle ne s'éveille à son plein pouvoir. Mais cette Reine a anticipé nos plans. »
Babel :« Et merde ! »
« Il y a bien un moyen de la terrasser ? » demande calmement Bud.
Shura explique :« Il est écrit dans les archives du Sanctuaire que le seul moyen de déposséder la Reine des Amazones de ses pouvoirs, c'est de faire fondre son cœur par un puissant cosmo. »
Albérich :« Mais comment ? »
« Une guerrière brave au cœur pur doit lui faire face. » continua Misty, "De plus .." Il hésita à poursuivre, "Le cosmo d'Aurora est différent, enfin, Shura, tu l'as constaté également. Elle peut la mettre en difficulté mais il faudra plus que ça."
"Comment ça ?" demande Siegfried.
"Nous cherchons encore des réponses." ajouta Babel.
Consternation. Tout le monde réalise l'ampleur de la tâche qui attend la future héroïne.
"Hommes ou femmes, nous y arriverons tous ensemble."Athéna nous guidera."
« Avez-vous contacté Poséidon et Hadès ? » demande alors Siegfried au chevalier d'or.
« Ils nous envoient leurs meilleurs éléments. »
« Alors notre sort dépend de valeureuses combattantes. Que les Dieux soient avec elles. » clame alors Albérich pour faire retomber le pression.
Le groupe hocha la tête et chacun concentra son faible cosmo pour tenter de rentrer en télépathie avec leurs compagnons restés au Domaine.
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Les guerriers continuaient de s'entraîner inlassablement, dans l'inconscience de la bataille qui faisait rage loin de là, en l'attente de ces nouvelles tandis que la chaleur prenait profondément racine en ce coin de Grèce. Un événement vint à nouveau perturber l'éphémère calme de ce haut lieu saint.
Ce jour-là, Edos jeune soldat du Sanctuaire vaquait à sa ronde comme à son habitude, lorsqu'il crut voir une ombre suspecte à l'orée des terres sacrées. Enthousiaste à l'idée de pouvoir montrer ce qu'il avait appris depuis plus de dix mois qu'il officiait pour la déesse, il empoigna fermement sa lance et se précipita au pas de course en direction de la silhouette.
Il arriva bientôt à quelques mètres de celle-ci.
« Qui va là ? » demanda-t-il instamment, menaçant l'intrus de son arme.
Ce dernier ne répondit pas, continuant sa route comme si la présence du garde lui importait peu. Edos, quelque peu décontenancé dévisagea l'inconnu : le visage bas, dissimulé dans une longue cape écrue, il semblait être un mendiant, un fou peut-être.
Fort de cette idée le jeune garçon reprit, plein d'assurance cette fois : « Êtes-vous sourd ? Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? »
Ses interrogations coulèrent sur l'étranger comme eau sur roche. Pas un son ne sortit de la bouche de ce dernier. Cette fois ce ne fut plus de l'assurance mais bien de l'impatience qui poussa le jeune guerrier à s'approcher prestement du sombre individu, tout en arguant :« Puisque vous ne consentez à répondre, vous devez savoir que la loi du Sanctuaire m'autorise à vous arrêter par la force. »
A cet instant l'inconnu releva la tête et Edos put clairement discerner dans la pénombre de sa capuche l'éclat de son regard menaçant : une femme. Géante. Elle faisait au moins deux mètres. Tout en muscles.
Deux yeux émeraudes le transpercèrent d'un feu de glace tel qu'il en eut la chair de poule. Il vit qu'elle portait plusieurs armes à sa ceinture et un daito sur le dos. Elle avait une grosse cicatrice sur la joue. A sa main droite, elle tenait un glaive tâché de sang dont le fluide s'écoulait doucement sur le sol par grosses gouttes. La main du soldat se mit à trembler et la prise ferme qu'il exerçait sur sa lance se relâcha progressivement, jusqu'à tant qu'il la laisse dans un bruit mat de bois contre terre.
Edos, surpris par la peur qui le submerge recula de quelques mètres et chuta au sol, avant de prendre ses jambes à son cou en direction du premier poste de garde.
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Le camp d'entraînement féminin était présent au Sanctuaire depuis deux siècles. Un Sanctuaire moins conservateur et traditionnellement masculin. Les mentalités ont largement évolué ces dernières années, les chevaliers avaient dû réviser leur jugement lorsque ce camp avait commencé à produire ses premières femmes chevaliers. Et surtout, la plupart des guerrières devenaient porteuses d'une armure d'argent plus facilement que leur homologues. Et puis? deux d'entre elles sont Saints d'or.
Aurora avait usé de toute son influence de seule Saint d'or de sa génération pour inciter Shion à créer plus de camps féminins afin que les femmes soient moins marginales. Elle avait fait valoir qu'en négligeant à ce point les jeunes-filles, le Sanctuaire passait à côté de nombreux talents. Aurora consacrait son énergie à la formation de ses protégées afin de prouver que de tels camps pourraient fournir un nombre régulier de Saints à l'avenir. Désormais avec Mia à ses côtés, elle peut déléguer avec confiance. Et avoir appris qu'une autre femme intégrerait sa caste l'avait grandement enchanté. Aujourd'hui comme les jours précédents, ce n'était pourtant pas exceptionnelle qu'une femme s'entraîne dans l'arène leur était réservée, et qui était l'objet de l'attention de tous les apprenties, sous la surveillance du chevalier Mia, quelques mètres plus haut.
Charops mordit durement la poussière dans un bruit sourd. Il se releva péniblement, la masse de son corps était fort dure à soulever après un tel traitement. Malgré sa carrure impressionnante, il avait un visage très doux, encadré par des cheveux châtains mi- longs, et inspirait instantanément la confiance. Ses yeux noisettes avaient constamment une petite ride espiègle. Néanmoins à l'instant, c'était plutôt l'embarras que l'on pouvait lire sur son visage alors que la sueur dégoulinait sur sa peau mate. Se faire battre d'accord, mais pourquoi fallait-il que cela soit devant une dizaine d'apprenties qui se moquaient plus ou moins discrètement de lui ? En plus, il avait remarqué la présence d'Amaria, l'apprentie de la Chouette pour qui le Saint d'Argent de la Meute avait le béguin. Lui aussi admire ce bout de femme qui s'est révélé au cosmo tardivement, qui est plus forte chaque jour qui passe. Charops aspire à l'armure d'Argent de l'Horloge, une nouvelle constellation apparue il y a une quinzaine d'années. Tous ses potentiels adversaires se sont retirés. Le jeune-homme a seize ans. Les chevaliers des prochaines générations sont désormais formés moins jeunes, tel est le souhait d'Athéna. Il s'assit finalement sur son derrière douloureux avec une grimace et lança peu aimable à celle qui venait de lui faire si facilement mordre la poussière. Face à lui, se dresse Fujiya.
Cette dernière le regardait sans rien dire, ses émotions dissimulées dans une impassibilité dont elle a elle seule le secret. Elle était n'était pas du genre à faire de cadeaux à l'entraînement surtout à Charops avec qui elle s'entend difficilement. Elle avait de longs cheveux bruns jusqu'aux hanches, rasés sur les côtés et une carrure fine-musclée qui renforçait cette impression de dureté. Cette jeune-fille fut ramenée au Domaine sacré par Doko il y a quatre ans. Et elle est forte. L'ancien combattant de la dernière Guerre Sainte élevait sa successeur au Cinq Pics où il passait la plupart de son temps comme il l'a fait pour Shiryu. Fujiya est Japonaise par sa mère et Grecque par son père. Orpheline depuis son second anniversaire, la petite fut recueillie par la fondation Kido. Saori reconnu immédiatement le cosmo doré de l'enfant alors qu'elle était en déplacement pour honorer ses fonctions d'héritière. Le chemin avait été beaucoup plus long et tortueux avec Charops que pour Fujiya qui avait été directement reconnue comme un chevalier d'or en devenir.
Le potentiel du jeune-homme n'avait pas du tout été détecté et c'est en tant qu'apprenti pour une armure de Bronze que Charops avait fait son entrée au Sanctuaire, intégrant un groupe d'entraînement de vingt élèves. Il manifesta à la surprise générale son cosmo au bout de sa seconde année d'apprentissage ce qui le replaça en tant que futur Saint d'Argent. Il fut placé il y a deux ans sous la responsabilité du chevalier d'Argent du Grand Chien, Sirius, réputé intransigeant, usant d'une pédagogie peu envieuse mais efficace. Charops est vaillant. Parfois il a envie de pester contre son maître après une journée difficile. Il lui ait arrivé de pleurer dans un coin afin de ne pas démontrer ses faiblesses. Fujiya le savait. Elle ne le blâmait point. Amaria aussi d'ailleurs. Une fois, elle est allée réconforter son nouvel ami. Charops se sent immédiatement rassuré en la présence de la protégée du Serpentaire. Et il se rappelle qu'à côtés des entraînements inhumains que fait subir le chevalier Aurora à Amaria, il n'est guère à plaindre.
Mais soudain, un soldat essoufflé accouru vers eux..
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Accablé par la chaleur inhabituelle d'avril, Shion repoussa les comptes qui s'accumulaient sur son bureau et vint se poster à sa fenêtre. Le soleil brûlant avait contraint même les plus résistant à chercher un peu de fraîcheur, et il régnait à présent un silence lourd. Une brise légère vint caresser son visage fin, jouant dans ses longs cheveux clairs, et il ferma les yeux pour en profiter au maximum.
Un coup discret contre la porte le tira de sa douce torpeur, et il sourit en voyant entrer Doko.
« Mon ami, que me vaut l'honneur .. »
« Tu as de la visite. » prévint la Balance. Derrière lui, Mia emboîtait le pas, et s'inclina face à son Souverain.
« Bonjour Mia. »
« Votre Excellence. »
Elle exhibait un pantalon fin s'arrêtant aux genoux, un chiton classique près du corps, une pièce de métal d'argent sur chaque épaule et une dossière surplombe sa poitrine. On distinguait une corde et des arcs accrochés à la cuirasse arrière. Une large ceinture englobe sa taille de guêpe, et des cnémides protégeaient ses jambes élancées, le tout sur des sandales en cuirs. Mia avait les cheveux attachés en une longue tresse retombant sur le côté, un bandeau rouge était attaché sur le front comme l'arborait le défunt Aiolos.
Elle s'agenouilla face à son souverain.
« Peux-tu m'expliquer la raison de ta visite ? »
Son visage exprimait une grande gravité tandis qu'elle fixait le Pope,« J'aimerais vous demander la permission de rejoindre mon maître au royaume d'Ylias, votre Sainteté. »
Shion examina son chevalier, tête baissée. Il lui répondit doucement d'une voix autoritaire : Le Saint du Serpentaire est déjà partie en éclaireur. Elle a vaincu une centaine d'Amazones.»
« Alors pourquoi envoyer Shura, Seigneur ? »
Shion ne sourcilla pas : « Nous savons tous les deux que ton maître a perdu en puissance. »
« Je vous en prie, j'ai un terrible pressentiment. Laissez-moi y aller, j'ai besoin de savoir si je suis toujours digne de mon rang ! »
« Tu ne porterais point cette armure si c'était le contraire, Mia. »
Silence.
La portugaise ne bougea pas, attendant un ordre. Doko pris à part son ami Bélier et lui chuchota quelque chose.
L'instant d'après, le Pope s'avança vers la Sagittaire : « Puisque que rien ne semble te faire vaciller sur tes intentions, je t'autorise à aller dans le Dodécanèse. » ajouta l'Atlante, « Montres-toi prudente. Ces femmes n'ont aucun scrupule.» Mia hocha la tête, « Ces Amazones ont plus d'expérience dans les combats. C'est leur raison de vivre. Ton armure ne sera qu'une protection ordinaire, Mia. C'est pour cela que j'y ai envoyé Aurora, elle connaît nos adversaires et les a déjà affronté par le passé. Si tu penses qu'elle court un danger, je ne peux que faire confiance à ton instinct. »
« Merci Seigneur Shion. » en se redressant.
« Emportes cela avec toi. » s'exprima Doko en lui tendant une collier en or, contenant du sang divin d'Athéna : « Si ces femmes veulent s'emparer de ton cosmo, tu seras mieux protégée. Plus un guerrier est puissant, plus son cosmo est difficile à camoufler face aux Amazones. Surtout pour un homme. La Reine Antiope est particulièrement sadique. Ne laisse jamais cette dernière prendre le dessus. Elle tentera de lire dans ton cœur.»
« Oui Maître Doko. Comptes sur moi. »
« On dirait que cela a recommencé... » ajouta ce dernier en regardant vers l'entrée du Sanctuaire, sentant l'indésirable approcher, « Je te laisse t'en charger, chevalier. »
« J'y vais de ce pas. »
Lorsqu'elle mit un pied dehors, une sensation indéfinissable s'empara d'elle. Elle voulait se convaincre une bonne fois pour toute qu'elle était qualifiée pour être Saint d'or. Elle devait cesser ses insurrections contre son soi intérieur. Elle chez qui le doute avait, par de nombreuses reprises gagné sur sa raison. Mia devait aller de l'avant. Elle estimait que depuis la guerre contre Arès il y a 18 mois, elle ne s'était pas assez battue, qu'elle aurait pu sauver son maître, la préservant de ces épreuves. L'heure est venue de cesser toutes ces interrogations. Pour la première fois, elle avait trouvé la voie à suivre. Une voie unilatérale.
Elle fit appel à son armure. Le centaure ailé de métal se matérialisa au-dessus d'elle dans un feu doré. Un bien-être la fit tressaillir de courage et de puissance lorsque la protection sacrée recouvrit son corps comme à chaque fois qu'elle est apprêtée de ces habits légendaires. La forme de l'armure du Sagittaire n'a pas beaucoup changé depuis Seiya. Si ce n'est qu'elle est plus moderne et féminine.
La brune descendit vivement les marches du Palais. Elle retrouve Aphrodite, Camus, Milo, Aiolia, Angelo et Saga en train de discuter sur le parvis de la sixième maison. Ils entendent des bruits métalliques se rapprocher. A la vue de leur camarade décidée, l'un d'eux intervient.
« Mia ! » s"exclama Angelo, « Où vas-tu donc ? »
« Je rejoins mon mentor.» répond t-elle assurément.
« Tu penses aussi qu'elle court une grande imprudence .. » conclu Aiolia.
« Oui. Seul des femmes peuvent inverser le cours de cette bataille. » répondit la femme archer.
« Que comptes-tu faire,canasson femelle ? » répliqua Angelo.
« Angelo .. Attends,» intervient Milo, « Mia, comment comptes-tu t'y prendre ? » demande le Scorpion.
« Je vais convoquer des guerrières et nous partons vers le Royaume du Roi Ylias. Une autre division ira suppléer Aurora dans l'Oural. Ces Amazones vont se jouer de notre Commandante et nos compagnons. Je suis sûre que cette Reine leur a tendu un leurre. Nous aurions dû attaquer plus tôt. »
« Que proposes-tu ? »
La voix autoritaire de Camus se fit entendre.
« Regroupez les meilleures guerrières, réfléchissez à des plans tactiques avec les généraux mercenaires pendant que Marine et mes troupes affaibliront les escouades d'Antiope. J'enverrai Shura faire un rapport de la situation. Je vais le chercher. J'ai senti son cosmo en difficulté.»
Les Saints d'or étaient interloqués par l'éloquence qui se dégage de leur partenaire. Ils ne la soupçonnaient guère autoritaire.
« Jamais il n'acceptera de vous abandonner, Mia. » contredit Camus.
« Il n'aura pas le choix sinon il aura à faire à ma colère. » clame t-elle avec hargne. « Excusez-moi, je vais punir l'intrus qui a osé pénétrer en notre Domaine. »
Puis elle déploya ses larges ailes dorées, s'accroupit et l'instant d'après s'élança sans demander son reste vers les cieux. Les Saints la regardèrent se mener vers l'entrée du Sanctuaire.
« Notre petite Sagittaire prend enfin son envol ! » lâche le Cancer.
« Elle a raison, ces femmes peuvent prendre l'avantage à tout moment. Nous devons nous tenir prêt. » concéda Aphrodite.
« J'espère que cette entêtée de Serpentaire va bien .. » grogna Angelo.
« Nous ne pouvons rien faire pour l'heure. » riposta la douzième gardien, une rose rouge dans la bouche.
Doko apparu soudainement devant eux. Il fit sursauter ses congénères.
« Dit donc la Balance, tu joues à te téléporter maintenant ? » badina le Cancer.
« Je viens vous transmettre les ordres. » justifia le vieux Maître, « Saga, tu prends le commandement. Moi je vais au Sanctuaire sous-marin réquisitionner des soldats Marinas. Angelo, pars pour le Royaume des Ombres prévenir les Spectres afin qu'ils nous prêtent une des leurs. »
« J'y vais de ce pas. » concéda ce dernier.
« Mia t'a devancé.. » remarqua Aiolia avec amusement.
Doko fut surpris à son tour.
« Bon .. Bien. » ajouta le Chinois, « Milo, Camus et Aphrodite, occupez-vous des femmes soldats et des Argents. »
« Oui Doko. » répondirent dignement les trois compères.
« Aiolia, tu pars pour Asgard et tu travailleras avec le Guerrier Sigmund de Grani qui remplace Siegfried. Fais ton rapport à la Princesse Hilda. Les Amazones ont leurs terres tout près du peuple d'Odin. »
« Bien-sûr Doko. » répondit le Lion.
« Shaka, Aldébaran et Mu gardent le chemin des douze maisons. » continua le brun, « Saga, veilles à ce que chaque Saint d'Argent contrôle bien son secteur. D'autres intrusions auront lieu. »
« Ça serait fait. » assura le Gémeau, « Comment va Athéna ? »
« Athéna concentre toute son énergie pour rester en étroite communion avec nos chevaliers partis dans le Dodécanèse. »
Shaka intervient à son tour: « J'espère que cela n'est pas trop éprouvant pour la Déesse. »
« Shion la veille dans son temple. »
« Tu penses qu'elles sont capables de s'en prendre directement à Athéna ? » interrogea Milo.
« Les plus émérites ont la faculté d'outrepasser le cosmo de leurs ennemis grâce au sang d'Arès coulant dans leurs veines. Aphrodite, je te fais confiance pour renforcer le Temple de tes célèbres roses.» sourit la Balance.
Ce dernier eut un rictus machiavélique : « C'est toujours une joie de protéger notre Princesse. » répondit le Suédois.
Doko hocha la tête.
« Faites attention, elles peuvent nous atteindre. Voici le rapport des dernières intrusions Amazones au sein du Sanctuaire, il y a cinq ans.» poursuivit le Chinois en tendant le manuscrit au troisième gardien, "Je vous laisse vous informer, tout est répertorié."
Un « oui » général se fit entendre. Puis, chacun partit pour son poste.
Quelques minutes plus tard un éclat doré se dessina à l'entrée du Sanctuaire. Une silhouette pourvue d'une armure ailée que reconnut l'inconnue sans difficulté. L'instant d'après la lueur d'or se matérialisa sous les traits d'une belle jeune fille. Elle se surprit à penser que l'armure semblait faite pour elle, s'adaptant à merveille à chaque contour de son corps. Mais elle réprima violemment cette pensée, se remémorant que la personne qu'elle avait devant elle n'est pas un vulgaire soldat. Une voix claire se fit alors entendre, qui, d'un ton neutre, lui intima l'ordre de quitter les lieux.
« Je n'ai pas fait tout ce chemin pour repartir, Chevalier », répondit l'inconnue.
Des dizaines de corps de soldats gisaient à terre à ses pieds.
« Je vois que tu sais à qui tu as à faire. »
« Je suis venue vous avertir .. » continua l'ennemie.
« Qu'as-tu à dire, étrangère ? Es-tu une Amazone ? »
« C'est le cas. »
Mia croisa ses bras avec assurance.
« Renoncez chevaliers d'Athéna. Notre Reine vaincra enfin et vous n'aurez qu'à vous prosternez ! »
« Tu es bien sûre de toi. » répondit Mia,« Allez vas maintenant que tu as dit ce que tu avais à dire. »
« Je vois que tu portes ce collier sacré … » ajouta la femme d'un ton narquois,« Il te sera inutile ! »
« Qu'entends-tu par-là ? » s'étonna Mia.
« Tu le sauras bien assez tôt, chevalier du Sagittaire .. Ha, ha ha ! Nous nous reverrons très vite ! »
Dans un éclat de poussière et de magie, elle disparut sans laisser le temps de répondre à Mia, dubitative.
Peu importe, son maître et Shura ont besoin d'elle. Elle s'occupera de cette femme plus tard. Elle concentra son énergie et transmis les informations par cosmo interposé à ses frères d'armes, qui, au même moment s'apprêtaient à établir leur mission.
Frontière du Dodécanèse, quelques temps plus tôt
Aurora fonçait les sourcils face à ce désastre humain.
Tout n'était que souffrance. Le moindre courant d'air sur la peau de ces hommes plus lourd que jamais. Certains continuaient de ramper et de se redresser. Aurora et son homologue doré considéraient le spectacle macabre leur faisant face. Les chevaliers d'or venaient de surgir du néant au beau milieu des combats entre Amazones et soldats du Roi Ylias.
« Où sont Misty et Dante ? » s'interroge Shura constatant l'absence de ses compagnons, censés protéger le Monarque.
« Je n'aime pas ça .. » dit presque pour elle-même Aurora, commençant à douter du bien-fondé de cette mission dans laquelle elle s'était lancée.
Elle aperçut sur sa droite un homme semblant en grande difficulté, un des combattants d'Appios. Une guerrière d'une carrure masculine et massive l'avait attrapé par l'arrière et le serrait comme pour l'étouffer. Ce dernier tant bien que mal essayait de repousser l'imposante masse qui appliquait une pression sur sa trachée. Shura se déplaça à la vitesse de la lumière, prit par le col l'amazone et souleva le seul survivant des attaques de l'assaillante, qu'il égorgea ensuite de sa main tranchante sans un regard pour elle.
Le malheureux rescapé reprenait difficilement sa respiration, « Merci chevalier. »
« Tient tient tient .. quelle bonne surprise. » q'exclama alors une voix féminine pleine d'arrogance.
« Saint du Serpentaire … Je présume. » continua-t-elle en enfonçant son épée argentée au sol, « Pourquoi la femme Générale se déplacerait-elle personnellement ? »
Au beau milieu de ce capharnaüm, une amazone lui faisait face. Vu le sang présent sur ses vêtements et sur son visage, le sourire orgueilleux qui se dégage de son être, elle doit être un chef. Elle avait les cheveux d'un roux flamboyant. Ses yeux gris lui donnaient un charme félin et inquiétant, renforcé par la forme verticale de ses pupilles. Couverte d'un plastron en argent sur la poitrine, les jambes étaient à nues, seulement des bribes de cuir attachés aux chevilles et aux avan
t-bras faisaient office de protections, une peau de bête brune sur les hanches et elle ne portait qu'une large culotte en cuir, dévoilant un corps somptueux et une peau bronzée. Cette femme jauge Aurora sans baisser les yeux.
« Qui est-tu ? » s'exprime alors Shura sans tenir compte du sarcasme de son ennemie.
« Mon nom est Reyna ! Tu n'as pas le cosmo d'Athéna pour te protéger. »
« Peu importe qui se trouve en face d'un chevalier. »
« Et toi, tu es ? »
« Shura, Saint d'or du Capricorne.. »
« Tu es fort viril. Veux-tu te mesurer à moi, guerrier Athénien ? »
Aurora et Shura se concertèrent du regard puis la treizième demande à Reyna : « Qu'avez-vous fait à ces hommes ? »
« On les a tué, quelle question. »
« Vous finirez désarmées et seules contre tous. Quand nous en aurons terminé avec vous, votre Royaume sera contrôlé par Asgard, alors qu'essayez-vous de faire ? »
Reyna ricana : « Détrompes-toi chevalier, avec tous ces cosmos nous aurons assez de puissance pour s'emparer des autres Domaines. Dont celui d'Hadès ! Preuve en est que les fameux Guerriers Divins ont été faibles ha ha ha ! »
« Pathétique .. » répond Shura. « Si vous voulez vous rendre en Enfer, il faudra d'abord passer les Spectres. »
« Ça tombe bien je méconnais ce peuple. Les Spectres m'ont toujours fascinés .. » ironisa t-elle.
« Où sont mes hommes ? » questionna durement le Serpentaire sans sourciller.
« Oh, tu parles de ces valeureux Saints d'Argent et leurs soldats ? On les garde prisonniers avec les Asgardiens, ils pourraient nous servir .. à beaucoup de choses agréables, ha ha ha ! »
« Sorcière ! » maugréa Aurora.
Elles se mirent en position de combat.
Aurora se rua vers Reyna qui s'est saisit de son épée et fonça sur le Serpentaire sans la moindre hésitation. S'en suive d'échanges de coups métalliques fusant en tous sens dans la vallée. L'Amazone ne semblait pas gênée la moindre du monde d'affronter le Saint du Serpentaire réputée mortelle et intouchable au combat.
L'épée que tenait dans ses mains la portugaise est une de ces fameux trophées de guerre alors qu'elle était jeune chevalier. L'une des meilleures époques de sa vie, où elle a battu grand nombre de preux adversaires sans énergie cosmique et pour seule défense, cette arme symbolique et son bouclier. Une épée forgée par un maître magicien, exigée par un grand Roi d'Angleterre pour qui elle a lutté. C'est le symbole de l'excellence, de sa bravoure, de sa puissance. On peut y noter un serpent doré gravé dessus et l'initiale du chevalier sur le manche. Elle ne l'avait pas utilisée depuis des années et se réjouissait de retrouver les bonheurs authentiques des champs de bataille. Pour Aurora, le symbolisme de l'épée se rattache à un combat personnel, psychique et spirituel. L'épée symbolise le tranchant de sa conscience qui devrait la mener à davantage de raison et de sagesse, quelles que soient ses croyances et sa foi… Et elle en a fort besoin ces derniers temps.
Car Aurora menait largement, fatiguant son ennemie rapidement bien que son adversaire était excellente bretteuse. La Treizième n'était guère inquiétée. D'un coup vif, elle désarma Reyna et l'on entendit le bruit lourd du métal retomber sur le sol terreux. La brune lui adressa un regard fier.
« Il faudra faire mieux que ça .. » se moqua t'elle en rangeant son épée dans l'étui. Elle croisa les bras et repris : « Nous chevaliers, sommes des guerriers loyaux même face aux faibles. Je n'ai pas invoqué mon énergie. Allons, je te laisse une chance de me toucher avec tes poings.»
La guerrière se renfrogna, « Je vais te montrer si je suis faible ! »
Prise par une montée d'adrénaline, Reyna se rua sur la portugaise.
Une suite de coups, de feintes et de parades s'enchaîna entre les deux femmes. Mais aux prises d'Aurora, elle éprouvait le plus grand mal à coordonner son attaque et sa défense. Tandis que l'Amazone retint sa jambe droite, Aurora lui flanqua une imparable et magistrale droite à hauteur du visage. Reyna fut dès lors propulsée vers un mur d'une maison en ruine puis s'y encastra profondément avant de se laisser glisser vers le sol poussiéreux. Lorsqu'elle se releva, son beau visage était couvert de sang et l'assurance qu'on pouvait y lire avait fait place à de l'incompréhension.
« Peut mieux faire .. » railla Aurora.
Le regard que lui lança son ennemie était empli de morgue. La force de cette rage qu'elle invoquait pour se battre contre le chevalier décuplait sa force et elle fonça à nouveau sur le Saint d'or. Son adversaire mettait plus de puissance dans ses coups mais ceux d'Aurora étaient plus précis. Elle profita de son avantage soudain pour frapper de toutes ses forces son opposante. L'assaut de Reyna projeta le Serpentaire en arrière, sans toutefois le blesser. Le chevalier atterrit sur ses pieds. Elle abandonna sa position défensive pour effectuer un saut qui la mit hors de portée de la droite qu'allait lui asséner Reyna, lui permettant de reprendre l'avantage sur l'ennemie à demi courbée qui n'était plus en mesure de répliquer. Le chevalier fonça sur l'Amazone et, alors que cette dernière s'apprêtait à le saisir, Aurora glissa entre ses jambes et, se retournant, lui planta profondément une dague en or dans la chair, arrachant un cri de douleur à la guerrière. Puis la Treizième asséna un magistral coup de pied latéral l'envoyant s'éclater contre un rocher à quelques mètres.
Retombant au sol, une goutte de sueur perla le long du front de son adversaire.
« Ga- garce .. » articula-t-elle tandis qu'un flot de sang jaillit de sa bouche, « On m'avait prévenu ... Ce fut un honneur de d'affronter, Saint d'or du Serpentaire. »
Aurora repris son souffle et envoya un regard à Shura : « Shura préviens le Roi, je pars devant. »
Le Capricorne hocha la tête.
Domaine d'Hadès, Giudecca
L'assistance spectrale était étonnée presque simultanément. Hadès se tenait face à eux, parfaitement droit et placide et avait écouté consciencieusement les requêtes de son interlocuteur. Il portait une armure d'or, cet air insolent se dégageait de lui. Il était porteur d'une missive adressé à l'Empereur des Enfers. Et avait réussi à rameuter tous les spectres avec son apparition surprise dans le Mekkai.
D'habitude, c'est plutôt un autre chevalier qui est envoyé. Et pas de cette façon ! Parce que Masque de Mort n'est point le guerrier le plus pédagogue, il est plutôt vu comme un psychopathe en puissance, ce qui lui convenait très bien. Mais à ce moment-là, si le gardien de la quatrième maison du Sanctuaire était présent c'est que quelque chose de grave se passe sur Terre.
« Dieu Hadès, je suis navré d'intégrer votre Domaine de façon si prompte, Athéna souhaitait vous informer des récents événements rapidement. »
Hadès répondit de sa voix sombre : « Saint du Cancer… Tu dois bien concevoir qu'être apparu devant mes Juges de cette manière fut totalement insolite. »
« Veuillez me pardonner, je suis le seul habilité à gagner les Enfers grâce aux techniques de ma constellation. Et de ce fait je me suis permis d'entraver quelques règles de savoir-vivre. »
« Nous t'en tenons rigueur, chevalier. Donc si je te suis, le Domaine de ma nièce est en alerte, une guerre imminente a lieu contre les Amazones . ? »
« Oui c'est cela. » répondit Angelo, « Malgré nos précautions, elles auraient trouvé un subterfuge pour nous affaiblir .. En ce moment mes homologues les affrontent et semblent avoir le dessus, cependant, elles sont en infériorité numérique. »
« Et tu me demandes de vous prêter des spectres ? » continue Hadès.
« Oui. Un de mes compagnons est chez le Dieu Poséidon pour la même requête. Cette guerre nous concerne tous. »
Les Juges se concertent un instant du regard, avant de reporter leur attention sur le Cancer.
« Qui est en charge de la bataille ? » demande alors Rhadamanthe.
« Le chevalier du Serpentaire. » répondit Angelo d'un ton piqué.
« Malgré sa puissance et ses aptitudes, vous doutez ? » questionna Minos.
« Pour des raisons que je ne peux évoquer ici, elle rencontre des soucis de cosmo affecté. Cette Reine a trouvé le moyen de priver les ennemis de leur énergie.»
« Et je suppose que vous l'avez laissé combattre malgré cet état singulier ? » demande alors Hadès.
« Vous connaissez le Saint du Serpentaire, Seigneur Hadès, on a même faillit s'entre tuer tant elle était déterminée ! »
Hadès fronça les sourcils. Les trois Juges eurent un rictus en coin, imaginant la scène entre les Saints d'or.
« Bien. Je vais m'entretenir avec Athéna. En attendant, tu peux choisir quelques-unes de nos combattantes. » Angelo acquiesça et se courba légèrement en guise de remerciement. Hadès poursuivit, « Minos, Eaque, Rhadamanthe .. » Les trois hommes posent un genou à terre, « Faites préparer les spectres afin d'aider les chevaliers d'Athéna. Nous serons amené à entrer dans ce conflit tôt ou tard. »
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« Allez oust ! J'ai du travail soldat ! Ôtes toi de mon chemin ! »
Le pauvre garde qui gardait l'entrée de la salle du trône seul, parce que son collègue avait décidé de faire une pause pendant la grande réunion, n'en menait pas large. Il devrait avoir l'habitude pourtant avec les présences des Juges ou leurs lieutenants, mais la réputation de ce guerrier ne le rassurait pas. L'homme était passablement effrayé, il faut avouer à sa décharge que le Cancer n'était pas le plus avenant des chevaliers d'or. Il baissa la tête en remarquant l'un de ses Maîtres qui lui emboîta le pas et tremblant, laissa passer les deux hommes.
« Comment se porte le Saint du Serpentaire ? » ose demander le Garuda à Angelo dans les coursives de la Giudecca, où un silence pesant régnait.
Le Sicilien ne prend pas de gants et répondit : « Et depuis quand cela t'intéresse, Juge du Garuda ? » Le Népalais grimaça légèrement. Le quatrième gardien continua : « Tu as bien fait comprendre à ma sœur d'arme à quel point elle t'exaspérait avec ton poing, de ce fait, demandes lui directement ! »
Quelques secondes de flottement suivirent. Le brun serrait la mâchoire. Mais son vis-à-vis a raison. Il a frappé délibérément Aurora l'année dernière, et le regrette. Il regrette tant son geste et ne sait comment se racheter. Mais c'est un Juge de l'Enfer, il n'a pas à s'abaisser au pardon.
« Nos relations ont certes été tourmentées, cependant je n'aimerais pas que son âme me parvienne en ce monde.» répondit Eaque, impassible.
Angelo considéra le Juge de longues secondes, « Tu devrais apporter ta contribution alors .. Elle file un mauvais coton..» Il reprit son chemin droit devant lui en ajoutant : « Ces Amazones vont nous mettre la misère, les Spectres ne sont pas affectés grâce à vos cœurs de pierre. Si tu veux redorer ton blason, c'est le moment .. »
Le Népalais le vit disparaître au fond du couloir et médita sur ces dernières paroles.
Quelques heures plus tard alors qu'ils clôturait des dossiers dans son bureau, il sentit comme un coup de poignard en son cœur. Ne comprenant pas le mal qui s'est emparé de lui, Eaque concentra son cosmo. Il releva la tête et fut pris subitement d'effroi ..
« C'est moi, femme, je vois mon chemin; Je suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je t'aime .. »*
C'était le cosmo du chevalier de son cœur qui est ébranlé, en cet instant…
Citée des Amazones, Mer noire
Deux femmes, toutes deux au charme incontestable et à la beauté édifiante, quoique totalement différente se faisant face : l'une au regard provocateur et la chevelure brune et bouclée, pourvue d'une armure ne faisant que plus encore rehausser l'éclat émanant de sa personne; l'autre au regard vert azur à la fois furieux et malicieux, une chevelure aussi blonde qu'un champ de blé d'été. Les ennemies s'étaient trouvées, se toisant de haut en bas à l'affût de la moindre faille adverse, du moindre mouvement, de la moindre erreur…
Elle se dévisageaient tels des gladiateurs dans une arène.
« Tu es donc Antiope .. » commença la première, « J'ai beaucoup de respect pour votre peuple. Il est dommage qu'il soit souillé par les ambitions de leur Intendante. »
« Je n'ai que faire de tes sarcasme, chevalier.. Mon peuple ira loin, je l'emmènerai là où nul n'a pu le faire ! Et tu paieras pour avoir banni mon père Arès»
« Tss... Prends garde à toi ..» prévint la première, « Mon animal est le serpent et tu sais qu'il est malaisé de se trouver entre un rampant et sa proie ! » ajoute-t-elle à voix haute.
« Pas quand j'aurais aspiré ton cosmo ! »
« Je relève le défi ! » gronda la portugaise.
Aurora gardait les bras croisés dans l'attente de l'attaque. Elle portait le collier divin contenant le sang d'Athéna mais plus elle s'était approché d'Antiope, plus elle sentait ses pouvoirs s'affaiblir. Elle jeta un œil consciencieux à la Reine impériale : cette femme est d'une incroyable beauté, n'importe quel homme succomberait. On devine son rang rien qu'au coup d'œil et sa prestance inconditionnelle. Elle avait une masse plus longue qu'elle et un bouclier en or sur l'autre bras démontrait sa puissante vertue. Dans le dos, elle avait une lance courte ainsi qu'un arc. Antiope a aussi un visage des plus gracieux, un charisme écrasant de supériorité, de longs cils courbés et une peau dorée par le soleil. Son regard de panthère fixe le Serpentaire de ses yeux clairs captivants. Ses cheveux blonds s'arrêtent à la taille et des ornements finissent sa coiffure relevée en chignon haut. Elle portait une couronne en guise de diadème. Ses cuisses fermes et musclées, longues à souhait sont chacune couvertes d'une genouillère ainsi que des cnémides en cuir sur les chevilles. Son armure couvrait partiellement son corps aux endroits les plus désirables : sa poitrine généreuse et ses hanches finement dessinées, enfin une ceinture en or massif qui suscita la curiosité du Saint quelques instants.
Aurora constata que ce genre de protection est introuvable chez d'autres, bien qu'elle ait déjà affronté ses pairs par le passée. Il semblerait que ces combattantes aient fait évoluer leurs armure, constituée d'écailles de cuir entremêlées. Ainsi, elles forment une protection parfaite contre les flèches et les coups d'épées. En effet ces écailles étaient mêlées de telle sorte à ce que l'armure absorbe les chocs. Celle que porte Antiope est du même genre, en écaille d'or, rappelant les armures des Généraux de Poséidon. Son corps néanmoins semblait avoir souffert, preuves en étaient les nombreuses cicatrices présentes un peu partout sur sa peau. La Reine exhibait sans impunité ses formes, son ventre musclé et ses flancs, une large bande de métal finement gravé du symbole de son Royaume dissimulait le sous vêtement en cuir qu'elle portait en guise de cache-sexe, le tout sur une peau d'ours entière recouvrant ses épaules et son dos, les crocs et la tête de l'animal encore visible sur le crâne d'Antiope.
« Joli trophée .. » fit Aurora.
« N'est-ce pas .. J'ai tué de mes propres mains cette ourse, Commandante ! Je n'ai pas besoin de pouvoirs psychiques pour affirmer ma supériorité ! »
« Seul les naïfs sortent ce genre d'insanités. Mais soit, je t'affronterai si tel est ton désir. Tu finiras par comprendre à qui tu as affaire. »
« Je dois bien reconnaître que tu as beaucoup de prestance. Ton armure est grandiose et tes charmes ont fait le tour des Royaumes autant que tes exploits. C'est tout à ton honneur. Mais, tu as vaincu la réincarnation de mon père et tu dois payer. »
« Je n'ai fait que mon devoir de chevalier d'Athéna. La haine n'a pas sa place en ce monde. »
Les deux opposantes se fixèrent brièvement et étaient sur le point de se ruer l'un sur l'autre.
Antiope demande ensuite à la Treizième : « Et où est ton armée, Serpentaire ? Tu comptes prendre le contrôle avec quelques mâles en armure ? Laisse-moi rire ! »
« Tais-toi et approches .. » se mit en garde le chevalier d'or.
« J'attends ce moment depuis longtemps ! », clama la blonde,« Tu as battu mes lieutenants. Ça va te coûter cher. » Sa voix s'élève alors, ferme et autoritaire : « Mes chères combattantes, le destin du monde est en jeu ! Nous vaincrons pour notre gloire, le pouvoir des Amazones et l'éviction des mâles ! »
Derrière elle s'élève alors les voix de femmes soldats qui apparurent toutes plus sublimes et terribles les unes que les autres, le regard tueur. Antiope repartit d'un rire franc et reporta son attention vers Aurora, qui n'avait pas bougé d'un pouce.
« Où est Shura ? » demande Aurora passablement agacée par la Reine.
« Tu parles de ce charmant guerrier du Capricorne ? J'ai enfermé l'audacieux avec les Guerriers Divins et tes Argents. Pauvres mâles fébriles ! »
« Je t'interdis d'insulter mes compagnons et les Guerriers Divins en ma présence ! »
« Viens chevalier, que je te fasse goûter à ma lame ! »
Les deux femmes ne se quittaient pas des yeux et se tournèrent autour. Dès lors la lutte s'amorça. Antiope s'élança la première, le poing dirigé vers l'avant, plus précisément en direction de la mâchoire du Serpentaire. Aurora esquiva facilement et envoya un crochet du droit dans le torse d'Antiope sans que cette dernière n'ait pu le distinguer tant le coup fut rapide, ce qui lui coupa le souffle. Elle fut projetée en arrière pour dégringoler des marches de son propre Palais, son bras droit amortit la chute jusqu'à se déboîter. Aurora quitta sa posture d'attaque et avança jusqu'en haut des marches pour contempler son adversaire défaite.
« Tu vas me le payer ! »
« Relèves-toi. » se contente de répondre la brune avançant vers la Reine sans sourciller.
Le chevalier saisit Antiope par l'épaule gauche et la plaqua contre le sol. La portugaise se contenta de fixer de ses yeux foncés sa rivale tout en maintenant sa tête.
« Relèves-toi, usurpatrice ! »
« Comment oses-tu … » répliqua Antiope, « Je vais te faireravaler ton arrogance ! »
Elle tenta de se défaire de l'emprise du Serpentaire. Elle comprit que sa force humaine ne suffirait pas contre Aurora. Alors elle ferma les yeux et une immense énergie émergea de la pierre rouge qui ornait son cou et ses forces lui revinrent. Aurora fut prise au dépourvue. Antiope en profite pour se dégager et se ruer résolument sur son opposante comme un animal sauvage sur sa proie. Aurora put se protéger. Un coup de poing percuta le ventre d'Antiope en guise de réponse. Le choc propulsa la blonde en arrière. Elle s'encastra dans la roche creusant un trou proportionnel à son corps. Les débris la recouvrirent rapidement sous un amas de cailloux et de roche. Une explosion soudaine suivit dans la seconde. L'Amazone se dégagea des débris qui le recouvraient. Et ces mêmes roches furent projetées contre le chevalier. La guerrière du Serpentaire mit ses mains devant elle en croix pour contrer l'attaque surprise.
Antiope dissipa les derniers jets de pierre, elle ne distinguait plus le Chevalier d'Athéna. Armée de sa lance, elle tourna brusquement la tête des deux côtés, le corps immobile. Elle endormit sa vue pour accroître ses autres sens et tenter de percevoir les ondes cosmiques de son adversaire. Mais un violent coup de pied dans les côtes lui fit rouvrir les yeux.
« Tu croyais me surprendre ? » dit Aurora,« Leçon numéro, on ne tourne jamais le dos à son adversaire ! »
La première chose que voyait Antiope était bien le pied de la portugaise, la deuxième n'était qu'une vision rapprochée de son propre bouclier dérobé par le Saint qui vint lui percuter la mâchoire. La Reine roula sur plusieurs mètres, laissant son sang la suivre dans sa chute. Un fluide rouge s'échappait de sa bouche au bout duquel se noyait une canine arrachée. Elle se releva, se détendit et reprit sa massue qu'elle tendit à la verticale. De l'autre main, elle s'essuya le menton, cracha les quelques gouttes de sang qui restaient dans sa bouche.
« J'ai déjà affronté des Chevaliers d'Athéna, je sais que vous êtes de grands combattants émérites. Bien que vous nous soyez supérieurs, vous ne gagnerez pas cette guerre. La première vague de vos assaillants vont se briser. Les guerriers qui vont serviront d'alliés subiront le même sort. »
Aurora referma son poing. Elle sentit Antiope animée par une volonté et une détermination infaillible malgré son déficit de forces. Et dans un sens, elle admirait cette hardiesse qui définissent même les chevaliers.
« Et ça a déjà commencé .. » continua l'Amazone en se mettant en garde.
Le Serpentaire se retourna, suivant le regard narquois d'Antiope à la droite du Temple. Les Amazones concentrées dans une formidable marée humaine étaient en train de livrer bataille contre les guerriers d'Appios et les mercenaires qu'Aurora avaient ramenés avec elle. Elle grinça des dents. Elle s'attendait à une armée importante mais elle constate que le sous-effectif n'est pas négligeable. Les chevaliers d'Argents qui auraient dû lutter à ses côtés auraient normalement suffi pour terrasser ces femmes. En l'absence de ces derniers, les courageux soldats de haut niveau qui constitue sa division sont en train de prendre cher. Elle vit au loin Thanos et Agénor, ses loyaux lieutenants en grande difficultés. Aurora réalise alors que les paroles du Pope qui lui revinrent en mémoire n'étaient pas des mots en l'air.
« Je vois que les pouvoirs que confère cette ceinture te sont profitables, Amazone .. » ajouta Aurora,« Je sens le cœur de guerrier de mes hommes décroître sensiblement. La légende des femmes méprisants les mâles est bien vraie. Vous parvenez à contrôler leur énergie.»
« C'est cela chevalier. » répondit fièrement Antiope,« Et nous gardons vivants les meilleurs pour les amazones les plus nobles. Ensuite, nous les séduisons afin d'être fécondées. Et le plus habile d'entre eux m'est bien évidemment destinée. Je n'ai pas encore fait mon choix. Je pensais peut-être à un Guerrier Divin ou un chevalier d'or Athéna ! »
« Je te l'interdis ! » siffla entre ses dents Aurora, de de plus en plus dérangée par ce qu'elle entend. Elle fonça sur cette dernière.
La pointe de l'épaulette droite du Serpentaire perfora littéralement l'abdomen de l'Amazone. Le sang gicla sur le visage du Chevalier en même temps qu'Antiope vomissait le liquide rouge. La blonde concentra sa cosmo énergie qui brûlait d'un équilibre parfait entre la vengeance et la colère. Le Chevalier se dégagea sans grande difficulté. L'attaque de la Reine était d'une lenteur inquiétante. Cette dernière stoppa Antiope enragée d'une main habile posée sur son épaule.
« Tu ne croyais pas que tu serais capable de m'atteindre avec tes lourdes offensives … ? » railla Aurora.
Elle concentra son cosmo et d'un geste vif de la main, envoya Antiope sur une des colonnes de son Palais par son don de psychokinésie. L'ennemie s'était reçue sur le mur avec un seul pied et faisant preuve d'une agilité incroyable elle avait rebondi sur le sol en utilisant la force de ses avant-bras pour se projeter en avant. Elle se savait désavantagée par la situation. L'Amazone comme soulevée de fureur se précipita brutalement vers Aurora qui n'eut le temps de réagir par cette vitesse soudaine. Percutée au visage par un rude coup de genou, elle ne put s'empêcher de cracher du sang en un rictus haineux.
« Qu'est-ce que tu c'était que ça ? »
Antiope posa sa main droite sur la cape qui couvrait les épaules d'Aurora et la détacha juste avant que le Saint ne fût sur elle. Prise au dépourvue, le chevalier ne put éviter la riposte à hauteur de sa taille et la toucha au niveau du ventre, l'envoyant se fracasser au sol. Aurora était sonnée. Cette femme venait de la toucher ? Elle se releva, car le choc ne l'avait pas sérieusement atteinte. Mais la Reine infligea au chevalier d'or l'aphasie presque totale : aucun moyen de faire appel à son cosmo ni se déplacer à la vitesse de la lumière. Tout en elle semblait opprimé. Cette ceinture qu'elle portait, Aurora devait lui faire enlever par la force. Mais elle se doutait bien que cela ne serait pas si simple.
Le combat se rengagea très vite. Antiope se déplaçait avec une agilité et une grâce innée qui lui permit d'éviter la vague de coups lancée par Aurora. La Reine bondit et, projetant sa jambe droite vers le chevalier, elle commençait une dangereuse descente en flèche. Aurora paraissait abattue par l'insuccès de ses coups, comme vidée de son énergie, elle ne réagit qu'à la toute dernière seconde quand son adversaire était pratiquement sur elle. Le pied de cette dernière se heurta au poing du Serpentaire et dans un bruit d'os brisés celui-ci s'illumina. Le choc des deux énergies la fit reculer d'une dizaine de mètres. Antiope fut encastrée dans le mur, un mince filet de sang s'échappant à la commissure de ses lèvres. Aurora se trouvait agenouillée au sol, percluse de douleur. Sa armure pourtant si solide avait été transpercée par deux fois, de l'épaule droite jusqu'au niveau du cœur.
Le chevalier d'or tenta d'appeler son énergie mais celui-ci était annihilé par les pouvoirs d'Antiope. Elle grogna, mit un genou à terre mais l'air lui manquait. Non impossible, pas elle ! Autour, le décor changea profondément. Ele voyait comme de la brume. Cette plénitude contrastait avec les palpitations de son cœur. Cela lui rappela son combat contre sa soeur. Elle grinça des dents. Voyons, cette Reine est moins pire qu'Arès ! Elle se ressaisit. Si elle perd, que deviendront ses compagnons ? Elle était prêt à se battre jusqu'à se vider de son sang. Galvanisée, Aurora se mit debout, et pris son épée. Antiope l'attendait de pied ferme. D'innombrables bruits de cliquetis métalliques se firent entendre. Les sons se propageaient rapidement, la poussière se mouvant quasiment instantanément à différents endroits. Le combat était rapide, précis, et orchestré par deux très bonnes guerrières. Un assaut du Serpentaire réussit à contourner les défenses de la Reine et à la blesser au flanc gauche. Aurora désarma l'Amazone, et reprit son souffle, les mains sur les genoux.
Puis elle se redressa de toute sa taille jusqu'à dominer la combattante accroupie.
« Abandonnes, au nom de l'Olympe et d'Athéna .. Ce combat n'a pas lieu d'être.»
La blonde regarda Aurora dans les yeux et lança d'une voix forte et assurée : « Plutôt mourir, chevalier ! »
« Qu'il en soit ainsi. » Elle jeta son épée sur le côté :« Au nom de la Déesse de la justice, je vais devoir utiliser une de mes arcanes sur toi ! C'est un grand honneur ! »
Antiope sentit le cosmo terrifiant du chevalier se réveiller. Elle frissonna. Par quel miracle parvient-elle à appeler cette énergie qu'elle a dérobée grâce à la ceinture d'Hippolyte ? Elle remarqua le collier contenant le sang d'Athéna accroché au cou d'Aurora.
« Il était bien camouflé, n'est-ce pas ? » gaussa Aurora en voyant l'intérêt de la blonde sur son précieux cadeau.
« Il te sera inutile ! »
« Je joue à ton propre jeu pourtant .. On dirait que le piège se retourne contre toi .. » Elle leva son bras devant elle et continua en fermant les yeux : « Oh Athéna ! Laissez-moi punir cette déloyale en votre nom ! »
Un prodigieux aura dorée l'entourait, redoublant d'intensité et faisant frémir davantage Antiope. La ceinture tremblait, comme si le Saint reprenait ce qui lui revenait. La cosmo énergie de la treizième émettait des ondes de plus en plus denses et agitées.
« Non ! » hurla soudain Antiope, comprenant l'intention du chevalier.
« Par les souffles de feu ! » cria alors Aurora.
De ses poings surgissent des flammes dorées incandescentes en forme de serpents qui se dirigent férocement vers Antiope, paniquée par cette attaque incroyable. Elle pris son bouclier dorée pour se protéger.
« Ton arme ne peut contrer une technique de chevalier d'or. » prévint Aurora.
Antiope fut assaillie par un tourbillon de flammes lumineux qui l'étouffa. Les flammes commencèrent à chatouiller sa peau puis la brûler soudainement. Elle hurla de douleurs.
« Je dois vaincre ce Saint d'Athéna, libères-moi de ce mal qui m'imprègne ! Gaia, donnes-moi la force ! »
Une énergie formidable s'empara de la Reine. Aurora distingua un cosmo glacial surgir de la ceinture de son opposante et immobiliser ses flammes. Il est vrai qu'elle n'a pas toute sa force habituelle mais tout de même, c'est une de ses meilleures techniques. Alors quelle est cette énergie qui a pris le dessus ?
lle baissa ses bras, et soupira.
« Surprise, Serpentaire ? » ironisa Antiope, elle haleta quelques instants, l'attaque l'avait épuisée, « Je dois cette défense à un de mes valeureux nouveaux sujets ! »
« Le Guerrier Divin d'Alcor .. » murmura Aurora essoufflée,« Tu as utilisé une technique des terres froides d'Asgard pour consumer mes flammes … ! » hurla t-elle.
« C'était très efficace et impressionnant. Ces Guerriers Divins sont plus forts que je ne le pensais ! » fanfaronna Antiope.
Prise d'un regain d'énergie, elle se jeta sur Aurora qui, dans un premier temps para les assauts d'Antiope. Peu à peu, cette dernière la roua de coups qui gagnaient en puissance. La treizième se sentait défaillir. Elle eut mal au ventre, terriblement. Son cœur rata un battement, se souvenant de son état "inhabituel". Elle avait voulu maintenir Antiope à distance mais elle n'était désormais plus sûre d'y parvenir. Cette femme est plus forte qu'elle ne le pensait. Ses forces l'abandonnaient.
D'ici peu de temps elle n'aurait plus la volonté de quoi que ce soit.
« Je te jures que tu le paieras .. » grogna Aurora lors d'un ultime assaut.
La Reine s'élança à son tour sur le serviteur d'Athéna, épée en l'air et elle l'atteint si fort à la jambe qu'elle perdit son équilibre, la mettant à terre. Le Saint du Serpentaire cria de douleurs et écarquilla les yeux. Elle était à la merci de son assaillante, ses cheveux et son bras droit émergeant par intermittence des coups d'épée sanglants effleurant sa chair à découvert qui la fit grincer des dents. Sa condition de mortelle reprit le dessus. La douleur contractée au combat persistait. Même si l'amure d'or était d'une solidité extrême, elle abritait un corps fragilisé par les innombrables batailles.
Serait-elle en train de perdre ?
Sanctuaire, au lendemain
Un homme, revêtu d'une protection dorée noyait son regard dans le vide de l'azur grec. Ses cheveux dansaient délicatement au gré de la brise marine qui dominait depuis des millénaires le Cap Sounion. Il se tenait debout, à la fois fier et impassible, d'une manière inhabituelle pour un homme ordinaire. Mais il ne l'était pas. Milo du Scorpion méditait paisiblement, comme cela arrive régulièrement ces derniers temps.
Le Scorpion.
Cet animal sacré à qui tant de fois il a emprunté la personnalité. Tout comme lui, il était vif, rapide, précis dans chacun de ses coups. Tout comme lui, il pouvait être impulsif. Tout comme lui, le feu de la passion le submergeait lorsque son cœur est touché. Ce même cœur qui s'interrogeait sur sa relation avec sa sœur d'arme. Cette guerrière admirable dont la grâce et la désinvolture l'a touché. Le Scorpion, comme elle est venimeux. Milo du Scorpion aime Aurora du Serpentaire. Milo du Scorpion n'a jamais aimé auparavant. Pas cet amour-là. Il aime son ami Camus d'un amour fraternel et réciproque, il aime Athéna d'un amour noble de protecteur dévoué à sa Déesse. Il aime être chevalier et protéger les plus démunis. Il a aimé les chevaliers de Bronze aller au bout de leur cause.
Et puis, il aime Aurora : sa condition de chevalier, son amitié, sa personnalité décalée. Il l'aime comme un fou. Il n'a jamais oublié ces paroles fortes : « Le jour où je rentrerai dans ton lit, c'est parce que tu m'y auras invité, Milo.. » Il ferma les yeux. Ses mots digne de l'effronterie du Serpentaire résonnent en lui et procurent d'étranges vagues dans le ventre. Il se sent honteux, indigne d'être un chevalier de son rang. Depuis leur échange passionnel la semaine dernière, il fuit Aurora comme la peste.
« Milo, je suis enceinte .. »
Ses mots tranchait son cœur comme une épée. Pourquoi avait-il attendu ? Et puis, qui est donc ce mystérieux paternel ? Est-ce la raison de l'état suspect de sa sœur d'arme ? Milo secoua la tête.
« Ce qui définit un homme ce sont ses actes. » lui rappelait Camus.
Il est de plus en plus inquiet pour elle. Il ressent faiblement le cosmo d'Aurora malgré la distance. Depuis la guerre contre Arès, elle détient le sang de ses compagnons en son armure et ils sont plus en communion que jamais. Tous les chevaliers d'or sont liés entre eux par leur cosmo énergie, même à des années lumières. Chacun peut ressentir les émotions dans leur cœurs. Alors pourquoi celui de son amie semble en difficulté ?
Il serra les poings et dans un élégant mouvement de cape, il vit volte face à l'horizon marin qu'il admirait. Shion venait de les convoquer par conversation mentale.
Giudecca, Royaume des Ombres, au même moment
Dans la salle du trône, tout le monde est là. Tous les Spectres, quelque soit leur rangs. Eaque est là, lui aussi. Il se tient droit, fier et fort, à la droite de Minos, Rhadamanthe de l'autre côté du Griffon. Les Juges font front. Ensemble. Superbes de prestance, de charisme et de détermination. Indifférents au reste du monde. L'heure est grave. Importante. Il ne doit pas laisser son esprit… divaguer pour Aurora. Il vit le Spectre du Bénou sur la gauche, caché dans les imposantes statues de dragons ornant la salle. Il veillait sur son Seigneur, comme toujours. Il n'aimait pas les rassemblements avec les autres spectres. Il avait les yeux fermés et attendait calmement que son souverain s'exprime.
« Chers spectres, je reviens d'un entretien avec Athéna. Il semblerait que la guerre contre les Amazones aient pris un tournant non négligeable. » Il marqua une pause et continua calmement de sa voix de baryton : « J'ai le regret de vous annoncer que l'ennemi a pris l'avantage et fait prisonniers nos alliés. »
Stupéfaction générale. Hadès leva la main pour calmer les esprits.
« Majesté, pouvons-nous connaître le nom de ces guerriers ? » demanda le Spectre de la Mandragore, Fyodor.
« Il s'agit des Guerriers Divins .. Siegfried de Duhbe, Bud d'Alcor et Albérich de Megrez. »
Murmures parmi l'armée d'Hadès.
« Seigneur, avons-nous sous-estimé ces guerrières ? » fit un autre Spectre.
« Elles sont animées par une volonté de fer. Le Reine Antiope possède la ceinture d'Hippolyte dont elle a longtemps été privée par le passé. Cette dernière amoindrie n'importe quel combattant. Elle a procuré des diamants occultes à ses troupes qui leur permettent de maîtriser leur ennemi. »
« Mais Majesté.. » intervient alors Queen de l'Alraune, « N'avons-nous pas envoyé des spectres afin de suppléer nos alliés censés être moins sensibles aux pouvoirs de la Reine ? »
« C'est exact. Cependant, elles ne sont parvenues à inverser le cours la guerre. »
« Les Saints d'Athéna ne commandent t-ils pas l'expédition, Majesté ? » questionna alors Rhadamanthe.
Hadès ferma les yeux. Il répondit avec gravité : « Les chevaliers sur place sont également constitués prisonniers. »
« Comment ? Que dites-vous Monseigneur ? » s'exclama le Griffon aussi surpris que ses congénères.
« Les Saints d'Argent et le Saint d'or du Capricorne sont retenus en captivité. »
Les spectres ouvrirent de grands yeux. La situation est vraiment inédite et alarmante.
« Qu'en est-il du Saint du Serpentaire ? » demande la Wyvern, « N'est-ce pas elle qui dirige les opérations, Seigneur ? »
Hadès soupira et répondit :« Le Saint du Serpentaire fait également partit des prisonniers .. » ajouta le monarque.
Le Serpentaire ? Vaincue ? Eaque sent l'anxiété s'emparer de ses tripes. Alors il avait bien sentit hier .. De longues secondes s'écoulèrent ainsi en silence, comme si tous retenaient leur respiration.
Hadès continua :« Le Serpentaire a affaiblit les troupes d'Antiope, cependant, cette dernière est détenue dans un endroit inconnu. Antiope est devenue puissante. Des éclaireurs du Sanctuaire sont partis aider leur homologues. Le dénouement de cette guerre est désormais entre les mains du Saint du Sagittaire. »
La Sagittaire ? Cette gamine de 17 ans ?
Hadès ressent leur inquiétude : « Cette jeune-fille a été désignée par Athéna afin de dérober la ceinture d'Hippolyte. Le Saint du Serpentaire s'est contenté d'atteindre la Reine Antiope en ouvrant la voie à ses compagnons et toucher la Reine, qui a été durement blessée par cette dernière. »
Silence.
« Seigneur, quelle est la suite des événements ? » demande Eaque en dissimulant son inquiétude.
« Athéna et Hilda de Polaris ont sollicité plus d'aide de ma part. J'ai décidé d'envoyer plusieurs d'entre vous seconder les chevaliers au combat. Mon frère Poséidon envoie quelques-uns de ses Généraux.» Il se leva et fit signe à un serviteur de s'avancer vers les Juges. Ce dernier portait un coffre en bois de hêtre dans les mains, gravé du signe du Roi des Enfers.
« Vous mes Spectres, êtes les plus à même de résister aux Amazones qui s'attaquent directement aux cœurs des guerriers. Elles emploient la même méthode que Arès son père. Vos âmes ne peuvent être atteintes facilement car vous êtes protégées de leurs influences. Par précaution, je vous fournis ceci. » annonce t-il en faisant ouvrir la boîte.
Une dizaine de bracelets en or blanc gravés de lignes courbées noires ornaient l'intérieur, « Ils sont bénis par mon cosmo. La Reine Antiope ne pourra corrompre ceux que j'ai choisi pour cette mission. Minos, Eaque et Rhadamanthe, je vous demande de préparer les spectres qui vous suivront en surface. »
Les trois hommes hochèrent la tête avec respect.
Hadès poursuivit : « Valentine de la Harpie, Byaku du Nécromancien, Sylphide du Basilic, Fyodor de la Mandragore, Myu du Papillon, vous assistez les Juges. Je vous demande aucune pitié vis à vis de ces femmes. Cependant, Antiope doit rester en vie. Seule le chevalier du Sagittaire doit accomplir cette tâche sans quoi l'issu de la guerre sera fatal. Vous devez ramener son âme une fois la ceinture contenue. »
Les différents spectres agenouillés approuvèrent.
« Autre chose .. » continua le Seigneur Noir, « Je vous charge de libérer les guerriers pris au piège. Les saints d'Athéna vous guideront en ces endroit. »
« Quant est-il du chevalier du Serpentaire, Majesté ? » demande Rhadamanthe, « Voulez-vous que nous lui portons assistance ? »
« Oui. » répondit le Monarque, « Elle devra être libérée en dernier recourt. Le Saint du Serpentaire est une sorte de butin pour cette Reine. Nous devons la laisser croire qu'elle gagnera cette guerre jusqu'à la fin. Athéna m'a appris que le dernier message télépathique du Serpentaire était formel : elle ne veut être assistée. C'est ce que je recherche Antiope afin d'atteindre nos troupes. La ceinture reste votre priorité.» Il se rassit et congédia ses serviteurs,« Je suivrai le combat d'ici. Montrez que notre réputation n'est pas usurpée.»
« Oui Majesté ! » répondirent en cœur ses protecteurs.
Le groupe de Spectres s'inclina devant leur Empereur et sortirent de la salle du trône en chahutant. Un seul restait en retrait resta et attendait l'approbation de son maître.
« Juge du Garuda ? »
« Monseigneur, j'ai une dernière question .. Savez-vous quand le cosmo du treizième chevalier d'or s'est fait ressentir la dernière fois ? » demande le Garuda.
Cette fois-ci, Hadès ressentit parfaitement l'appréhension de son Juge.
Il lui répondit :« C'était hier. Athéna a senti son chevalier grièvement éprouvée. »
Eaque se raidit. Il remercia son souverain, s'inclina et rejoignit ses compagnons. Hadès suivit du regard le troisième Juge. Quand les lourdes portes se referment, il interpella le Bénou tapi dans l'ombre.
« Kagaho .. »
« Majesté .. » s'approcha l'Égyptien en posant un genou à terre.
« Je veux que tu ailles en surface. Interviens si nécessaire uniquement. » précisa Hadès, « J'aimerais que tu veilles les arrières de nos troupes et particulièrement le Juge Eaque. »
« A vos ordres. » répondit le brun, « Le pensez-vous vulnérable face à cette Reine ? »
Hadès répondit d'un hochement de tête : « Malgré son rang et sa condition, son lien avec ce chevalier est puissant. Si Antiope le ressent, elle pourrait s'en servir.»
« Si je peux me permettre, Majesté, cette femme chevalier a sensibilisé son âme réputée inatteignable parmi les Spectres de haut rang. »
« Oui Kagaho. Eaque se bat pour chasser cette femme de sa mémoire. Je n'aimerais pas que cette Reine s'empare d'un de mes Juges. Toi et tes compagnons restez des hommes malgré votre condition. Le Garuda a tendance à l'omettre ces derniers temps. »
« Comptez sur moi Seigneur. » répondit le Bénou en baissant la tête. Puis il pris le chemin de la sortie.
Hadès souffla lorsqu'il disparut. Il relâcha sa posture droite de son trône et s'abandonna sur son siège royal.
Une main douce et bienveillante caressa son visage divin.
« Mon aimé, tu sembles inquiet ? »
La Reine Perséphone venait furtivement d'entrer en scène avec la délicatesse habituelle. Elle fait rarement d'apparition aux assemblées spectrales. Elle a fait instaurer une fois par mois un dîner avec les haut gradés dans la grande salle de réception, afin qu'Hadès reste au plus proche de ses hommes. Ainsi, le Seigneur Noir a remarqué que ses serviteurs fournissent un meilleur travail.
« Ma chère épouse, on ne peut rien te cacher … »
« Cela ne te ressemble guère de t'en faire pour tes Spectres. »
« C'est le cas, ma Déesse du Printemps .. » répondit Hadès,« On est cependant jamais à l'abri surtout avec les humains. » soupira le Roi des Enfers.
« Évoques-tu ce Juge ? » interroge Perséphone sans attendre de réponse,« J'ai ressenti les troubles qui animent son cœur. Il s'en sortira. » sourit-elle en s'asseyant sur les genoux de son sombre époux.
Ce dernier mit ses mains sur les hanches de sa femme, « Ou veux-tu en venir ? »
« Sa force réside justement dans son amour pour ce chevalier. »
« C'est quelque peu inconcevable pour un Spectre de son ordre, ayant une telle déontologie sur les sentiments .. »
« Tu l'as souligné tout à l'heure, il reste un homme, Hadès. Ils ont beau te servir les yeux fermés, ils ne peuvent échapper à ces émotions contradictoires que peuvent renfermer leur esprit. »
« Merci qui .. ? » ironisa le Monarque.
Perséphone sourit on posant doucement ses lèvres sur son époux.
Palais d'Antiope, la veille
La fatigue leur pesait de plus en plus. Depuis plusieurs heures, elle combattaient. Qui des deux allait trépasser en premier ?
A cet instant, le chevalier du Serpentaire connaissait la réponse et voulait s'infliger elle-même les pires sévices. Elle avait beau lutter, demander de l'aide à Athéna, rien ne s'y fait. Son cosmo est presque éteint. Son corps est faible, à bout. A genoux, la tête tirée en arrière par les cheveux, Aurora était à la merci de la Reine et hurlait de douleur, le genou de son opposante faisant pression contre sa colonne vertébrale. Un véritable martyre. Antiope la tenait ainsi en joug de façon sadique et restait d'une angélique prestance, ses cheveux et son visage délicat contrastant violemment avec la manière dont elle traitait la chevalier d'Athéna.
« Comment est-ce possible ? » songea Aurora en tentant de se défaire de l'emprise de son adversaire.
L'expression qui se lisait sur son visage traduisait sa défaite. Elle vit alors une chose incompréhensible se produire : Antiope enfonça son glaive dans le plastron du chevalier comme si le métal de son armure fondait et n'était qu'un fragile tissu, continuant son chemin vers les entrailles.
« Arrête ! » prévint Aurora qui saisit les attentions d'Antiope, et commençait sérieusement à craindre pour sa vie, empoignant fermement le glaive afin d'empêcher d'être transpercée complètement, « Ces pouvoirs font partis de moi, perpétués par mes ancêtres, tu ne peux te les attribuer ! Ils te submergeront ! »
Antiope éclata dans un rire cruel. On aurait pu le confondre avec la faucheuse se jouant de ses victimes innocentes.
Le chevalier sentit le reste de son cosmo l'abandonner, une force invisible provenant de la ceinture d'Antiope la prive de tout, et tel un enfant innocent dépourvu de défense, elle retomba à terre plus mortelle que jamais, privée de son bien le plus précieux, amputée d'un membre.
« Par Athéna .. » articula-t-elle. Son corps ne lui obéissait plus.
« Avec tes immenses pouvoirs tu aurais pu régner sur le monde, pourquoi ? » demande alors la blonde.
Se remettant accroupie, la main sur l'une de ses plaies ouvertes, Aurora répondit tristement : « Antiope, je te retourne la question .. »
« Tu le sauras bien assez tôt, chevalier d'or .. »
La Reine frappa à coups de poings et de pieds le corps mutilé du chevalier qui se protégeait tant bien que mal des assauts de son assaillante.
Elle était épuisée : « J'ai fait la pire erreur d'un combattant : j'ai sous-estimée mon ennemi .. » songea Aurora. A bout de force, elle ne put absolument rien faire pour éviter le dernier coup porté dans les cotes et la fit alors sombrer dans l'inconscience.
« Milo … »
Ses dernières pensées furent pour le chevalier d'or. Pourquoi lui et pas les autres ? Avant que ses oreilles ne deviennent sourdes elle put cependant entendre des bribes d'une conversation.
« Vous m'avez demandé ma Reine ? » dit une voix de femme.
« Je veux que tu emmènes cette femme chevalier où tu sais. Que des gardes la surveille constamment, ne la quittez pas des yeux. Je viens de lui annihiler ses pouvoirs. Elle ne pourra rien vous faire, cependant méfiance. Elle a de la ressource. Le Saint du Serpentaire est mon trophée. Traites là avec respect. »
« A vos ordres.»
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Le Sanctuaire en ce petit matin dort encore paisiblement. Les oiseaux apprécient le silence qui inspire leurs chants, les animaux qui errent sur les hauteurs sauvages sont toujours assoupis, et même celui dont on dit qu'il ne dort jamais, à savoir le Grand Pope a laissé un Morphée le prendre dans ses bras depuis déjà des heures, confiant la sécurité du Domaine aux gardes qui se relayaient régulièrement. Mais en revanche, à l'est du domaine, à proximité du camp d'entraînement des femmes chevaliers, un logis est animé par le souffle court et haletant d'une jeune femme, les sens diablement affamés par la peau de son amant, dont les yeux brûlent de la voir en éruption. C'était comme sombrer dans une ivresse sans fond, pouvoir enfin céder toutes les barrières, toutes les protections.
La jeune-femme était heureuse, profondément sereine, l'homme qu'elle avait longtemps désiré l'aimait aussi, et à cet instant c'est tout ce qui comptait pour elle. Son amant se colla contre dos, essoufflé aussi, lui assénant un baiser tendre dans la nuque. Elle sourit de bonheur. Ce geste n'avait pourtant rien d'exceptionnel mais représentait beaucoup pour la brune, tant habituée à la souffrance et la trahison depuis sa naissance. Pouvoir compter aux yeux de quelqu'un, un homme de surcroît, ces individus qui l'ont si souvent déçue, est presque inestimable, et celui-ci n'a pas la moindre envie de la lâcher, lui faisant oublier l'espace d'une nuit, de quelques heures, son destin hors du commun qu'elle voudrait pouvoir parfois changer.
La rivalité forcée dans la course aux armures est indéniable dans le cercle fermé des apprenties Saints. Pas question de se laisser aller au sentimentalisme. Aurora l'avait suffisamment conditionnée. Elle devait laisser ses émotions quelque part dans un coin de son esprit. Elles sont des femmes, oui, mais des Saints d'Athéna. Des guerrières. Il leur faut être fortes, autant que des hommes, plus que des hommes. Tant pis si ça devait vouloir dire étouffer, avoir son corps torturé, supporter des réflexions désobligeantes.
Amaria dans ce justaucorps de cuir, attire le regards des hommes sur ses formes. Elles a vite appris à être plus intelligente que tout ça. Elle connaît tout ça. Les filles comme elle ne sont que superficialité, c'est ce qui est dit, on ne cherche pas plus loin, « Sois belle et tais-toi. » , et même le Sanctuaire n'y échappe pas. Ça fait partie de son entraînement, pourrait t-on dire. Des entraînements des femmes chevaliers. Rester fière en toute circonstances face à cette phallocratie universelle. Le Serpentaire ne portait pas sa réputation de battante pour le plaisir. Elle aussi, en a bavé. Plus que n'importe quelle autre femme. Alors Amaria s'est endurcie au fil des mois, encouragée par les expériences de ses femmes.
Son apprentissage est différent des autres, plus corsé. L'armure de la Chouette n'attend qu'elle. Elle doit ravaler ses souffrances. Rester forte face aux regards sévères du Serpentaire lorsqu'elle gît à terre, meurtrie par cet enseignement terrible de la Treizième imperturbable, lui ordonnant de se remettre debout, membres cassés ou pas. Ne pas se plaindre face à ces fiers chevaliers qui deviendront un jour ses pairs : les Argents, faisant office de maîtres lorsque les entraînements de sa professeure de guerre en armure d'or sont remplacés par ceux de ces combattants. Ils ne lui font pas plus de cadeaux non plus. C'est ainsi. Encaisse ou crève.
Elle le veut, cette armure, par Athéna, elle réussira !
« Qu'est-ce qu'il te rend si heureuse .. ? » lui demande doucement son partenaire.
« Toi .. » répondit la Grecque en lui caressant la main, « Tout chez toi me comble. »
Il la retourna et tint fermement la tête de sa compagne avec ses mains de manière à ne pas briser cet instant magique.
« C'est toi Amaria qui a changé ma vie, y a donné un sens supplémentaire en plus de cet honneur immense qu'Athéna m'a offert en me faisant à nouveau chevalier. »
Elle lui offrit un nouveau sourire et l'embrassa.
Le Saint de la Meute Asterion avait livré une autre lutte, plus intime : il essayait de calmer son cœur battant quand l'apprentie de la Chouette est dans son périmètre. Et il ne pouvait s'empêcher d'espérer... Pas d'espérer. Juste d'être content de l'avoir à ses côtés, même quelques minutes. Rien de plus. De fil en anguille, comme il le craignait, il en tomba amoureux.
Asterion aime Amaria. Il a succombé aussi. Tout comme Shura et Mia, il s'est abandonné à la passion. Il vit pleinement cette liaison sans arrière-pensée. La plupart des Argents sont au courant et ne le juge pas, même aux entrainement de la jeune dame. On ne mélange pas travail et vie personnelle. Chaque chose à sa place. Oui elle est l'amoureuse de leur frère d'arme, et non il n'en tiennent rigueur une fois que la future Chouette mord la poussière sous leurs coups. Car bientôt, ils officialiseront leur relation à Athéna.
Le Danois sourit à son tour et embrasse sa bien-aimée. Ce dernier est prêt à tout pour garder sa muse.
« Encore, je t'en prie. »
Ça sonnait comme une torture. La futur Saint de la Chouette implorait son amant de la Meute de l'aimer à nouveau. Ce qu'il fit.
Sa bouche est sur la sienne, son corps pressé contre le sien. Amaria avait à peine le temps de respirer, mais cela importait peu car elle avait cessé de respirer. La langue passa entre ses lèvres écartées. Sa main attrapa sa poitrine et son érection se posa contre son ventre. Amaria gémit dans sa bouche alors que son corps tremblait de besoin insatisfait. La langue de son amant coula à plusieurs reprises pour rencontrer la sienne, ses mains bougèrent, caressant ses seins et sa taille. Elle se cambra contre lui. Ses cuisses étaient mouillées. ll sentit son autre main se faufiler entre eux. Il la baissa à son entrejambe et elle enroula ses doigts autour du membre rigide. Sa bouche se mit comme à pleuvoir de désirs et une forte pulsation commença entre ses jambes. C'était beau et elle voulait plus.
Elle regarda son regard clair et ses jambes tremblèrent. Il l'embrassait encore et encore, lui donnant le souffle qu'elle n'arrivait pas à prendre. Puis ses doigts se frayèrent un chemin dans sa toison et s'enfoncèrent en elle. Elle gémit quand il pressa sa paroi de ses doigts envahissants. Ses jambes tremblaient de manière incontrôlable et ses bras se resserrèrent autour de lui. Amaria sentit les larmes lui monter aux yeux. Cela n'avait jamais été ainsi. Jamais comme ça. Elle ne s'était jamais sentie hors de contrôle. Puis, il s'enfonça en elle et, dans un moment incroyable alors qu'un profond gémissement lui échappait, ses muscles se contractèrent avec anticipation. Elle avait envie de hurler, de tirer d'elle tout ce qui n'était pas un allié de plaisir. Pour se débarrasser de la femme qu'elle avait été et être cette femme vraie seulement, maintenant, toujours.
Asterion la faisait devenir femme, et seulement lui. La catin qui la caractérisait, la fille facile, ce viol l'année dernière. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, le tremplin pour changer sa vie, le déclic pour se débarrasser de ces impuretés. Ces clichés injustes et violents qui la poursuivent depuis l'enfance, simplement parce qu'elle a un corps désirable, simplement parce que sa grâce fait retourner les têtes. Asterion avait vu ce besoin, cette détresse. Il voulait la sauver, l'aimer sans retour. Elle sentit que tout en elle allait se briser. ll a continué à pousser, de plus en plus vite, son membre allant en elle, la soulevant. Et il a poussé si fort en elle, qu'il est venu avec férocité et qu'Amaria s'est sentie éclatée. Son cœur s'est arrêté et elle a repris son souffle. Ses yeux s'éteignirent et, avec un léger cri aigu, une humidité chaude la quitta en une traînée torrentielle de semence et de larmes.
L'apprentie du Serpentaire s'endormit d'épuisement, tellement heureuse dans les bras de son protecteur, son chevalier.
Et rien que pour cela, elle devait continuer à se battre.
Domaine d'Athéna, des heures plus tard
La nuit avait étendu ses ombres depuis longtemps sur la route des douze maisons. Seul le doux chant des cigales et des grillons venait troubler le calme et la sérénité vespérale. Dans le Domaine Sacré, tous dormaient profondément. Si on ne compte pas la première maison, celle du Bélier ainsi que celle du Cancer, également d'astreinte. Tous sauf le gardien de la huitième maison qui, sur le parvis de son temple observait les étoiles, revivant en pensée le Saint du Serpentaire dont il a senti le cosmo en difficulté plus tôt en soirée.
Il s'imaginait déjà devoir retourner au sens littéral du terme, toutes les pierres du Domaine d'Antiope pour la trouver. Milo ne sut combien de temps il était resté là, debout au milieu de son temple. L'appel d'Aurora l'a secoué. La nuit porte conseil disent les anciens et le jeune homme espérait que le vieil adage contenait une part de vérité. Mais Aurora continuait de hanter ses pensées. Pourtant au petit matin, très tôt, Aldébaran venait de traverser la 8ème maison. Pas un son, pas un bruit, pas une réponse. Pourtant, il ne pouvait pas se tromper, le Scorpion était là. Il ressentait son cosmo.
Il soupira, entra. Une constatation s'imposait : son compagnon n'était pas dans un état normal. Il ne lui avait même pas répondu lorsqu'il lui avait demandé l'autorisation de traverser son temple. Le Grec était assis par terre en armure d'or, appuyé contre une colonne, les yeux levés vers le ciel, le regard dans le vide. Aldébaran hésita un instant sur l'attitude à adopter. Ne devait-il pas l'aider ? Lui parler ? Il décida de passer sans déranger son ami, inquiet.
Un peu plus tard, le chevalier du Lion entra dans sa maison à son tour et vint le sortir de sa torpeur.
« Milo, on nous a tous convoqué. »
Le Scorpion sortit de sa léthargie et le suivit jusqu'au Palais, son casque sous le bras. Il ne dit rien.
Lorsqu'ils débouchèrent sur la terrasse arrière de sa maison, le soleil réchauffait sa peau, lui faisait du bien. Quelques minutes s'écoulèrent et, enfin, il était devant le palais du Pope. Les deux hommes passent les gardes, traversent les pièces jusqu'à la salle du trône où devait se trouver Saga à cette heure-ci. De l'intérieur, lui parvenaient des voix aisément reconnaissables : celle apaisante de Mû, celle volontaire de Saga, mais aussi des chevaliers du Poisson et son inséparable ami le Cancer, l'air piqué comme bien souvent. En entrant, Camus tourna la tête vers son ami Scorpion soucieux, comprenant son mal-être. Doko était aux côtés de Shion, assis calmement sur son trône et enfin la Vierge et le Taureau bras croisés conversaient tranquillement. Milo soupira en constatant qu'ils manquent trois chevaliers d'or. Comment va Shura ? Est-ce que Mia se montre prudente, et Aurora, où est-elle ?
Ils écoutèrent attentivement leur Pope. L'annonce de l'alliance dans cette bataille avec les Spectres et les Mariners. Les plans offensifs pour libérer leurs compagnons puis les Guerriers Divins. Ils ne devaient intervenir que pour cette raison. Ils ne devaient s'approcher en aucun cas de la Reine. Ce sont les Spectres qui s'en chargent.
Devant ses frères d'armes, Milo tentait de faire bonne figure mais le jeune homme savait que tous n'étaient pas dupes et surtout pas le chevalier du Verseau qui, chaque fois qu'il le croisait, lui adressait un regard lourd de sous-entendus. Alors qu'il regagnait son temple afin de se préparer pour le départ, il entendit des pas se profiler derrière lui. Il reconnaît le cosmo froid de son voisin du 11ème temple.
« Milo, restes concentré. » lui dit doucement le Français, cette l'indifférence qui se dégageait de sa personne, cet air légèrement hautain qui figeait ses traits dès qu'il porte son regard sur quelqu'un.
Milo est un fier chevalier. Le Grec n'en était pas moins vaillant, noble et fidèle à la Déesse. Il aime être chevalier, il aime cette nouvelle existence et elle est égayée par sa collègue du treizième temple, cet amour fou et interdit. Il avait le cœur lourd. Le Scorpion se mit à regarder droit devant lui, sans répondre au Verseau.
Ses longs cheveux volaient dans le vent chaud qui s'était levé. Inutile d'en rajouter, Camus sait tout. Depuis le début. Il ne peut rien lui cacher. Le Verseau voyait bien aux grands yeux méditerranées de son ami qu'il doutait. Camus posa une main compatissante sur l'épaule de son ami, un geste d'amitié fraternelle qu'il ne se permettait de faire que dans l'intimité et qui mit un peu de baume sur le cœur blessé du huitième gardien.
Puis le Grec leva son visage tanné par le soleil vers le ciel, ses boucles foncées cascadant sur ses larges épaulettes dorées, comme cherchant une réponse à ses interrogations dans le firmament. Le huitième gardien tourna brusquement les talons, faisant voler derrière lui sa cape blanche en un mouvement majestueux qui ajoutait encore à son charisme, et rejoignit ses camarades au premier temple en compagnie de Camus, là où un tournant décisif devrait avoir lieu prochainement.
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La chaleur commençait à se faire sentir et un grand nombre de soldats qui s'entraînaient depuis l'aurore prirent une pause méritée. Le Pope a donné ses ordres. De ce fait, tout le monde est concentré et à son poste. Les Argents sont d'astreinte au Sanctuaire. Le chevalier de la Vierge remplaçait le Poisson dans sa maison, afin de garder le dernier passage menant au Palais si une irruption avait lieu. Angelo s'est établi dans celui de Shaka et Aldébaran s'est posté à la première maison.
Non loin de là à l'arène, les chevaliers d'or s'étaient retrouvés. Ils transmirent les ordres aux Argents : Argol et Asterion veillaient avec leurs hommes qu'aucun intrus ne s'avance vers l'entrée des douze maisons. Les bronzes protégeaient quant à eux les villages avoisinants. Sirius et Capella avaient en charge de surveiller les flancs nord du Sanctuaire, Dante et Dio la partie sud, Jorge de la Croix du Sud surveillait le côté est avec Spartan, et enfin, Ptolemy était posté à l'ouest avec Moses, le tout coordonné par Merio de la Coupe qui aurait bien aimé aller aider son amie d'enfance Aurora.
Persée était très inquiet. Malgré son imposante apparence sévère, Argol avait une grosse appréhension. Asterion le télépathe ressentit cette anxiété mais ne dit rien. Il sait que c'est inutile. Le Saoudien doit rester concentré lui aussi. Il y a deux jours, peu avant le départ d'Aurora et cette dispute avec Angelo, ses longues mains avaient parcouru la peau de la Treizième. La brune avait demandé à voir Argol près d'une vallée peu empruntée par les chevaliers, à l'abri des regards indiscrets. Ils ont échangé des regards tendres, amoureux, il lui avait caressé le visage sans un mot et ils avaient fait l'amour avec une passion dévorante, comme ça, dans la nature. Il sentit son amante tourmentée, son regard traduisait une crainte inhabituelle. Puis elle est partie, après lui avoir donné un baiser et un sourire faussement serein.
Les chevaliers d'or en mission se matérialisèrent en étoiles filantes et filèrent vers le Domaine d'Antiope rejoindre leurs alliés. Angelo et ses compagnons restèrent un long moment, contemplatifs, il laissa les brises lui soulever quelques mèches de cheveux et sourit narquoisement comme à son habitude.
« A vous de jouer .. » murmura doucement Doko bras croisés, un petit groupe d'apprentis à ses côtés.
Fujiya son élève admirait en silence. Qu'elle aurait aimé se joindre à ses futurs frère d'arme ! Mais la Balance était formelle : même si elle qualifiée pour lui succéder elle doit attendre avant de porter l'armure d'or. Lui non plus ne veut plus de trop jeunes guerriers dans les rangs, marqué par son expérience de combat auprès des Bronzes Divins durant la dernière Guerre. La Japonaise avait contestée : pourquoi Mia a-t-elle prêté serment avant son quinzième anniversaire ? Le Chinois souffla. Bon c'est vrai elle n'a pas tort dans un sens. Mia était une apprentie exceptionnelle. En à peine deux ans, elle avait déjà le niveau d'un chevalier d'or. Non pas que Fujiya ne l'était pas, bien au contraire, mais son manque de maturité et d'expérience l'oblige à patienter. Ce à quoi elle avait répondu que si on ne lui laissait pas faire ses preuves elle pourrait difficilement évoluer !
Doko grinça des dents. La jeune-fille n'a rien à voir avec le calme Shiryu. L'impétuosité de la gamine le surprend. Même Aurora s'y était mêlée, estimant qu'il était trop protecteur envers sa disciple.
« Doko, laisse là voler de ses propres ailes. Elle aurait été un garçon tu l'aurais déjà envoyée je ne sais où en éclaireur. Il n'y pas d'hommes et de femmes sur le champs de bataille, seul le courage et la volonté importent. C'est ce que tu m'as appris il y a des années. Fujiya est téméraire, forte. Tout allié est utile en temps de guerre, du chevalier de premier rang au soldat de dernière ligne.»
La Balance jeta un regard paternel à son élève. Lui qui était resté aux Cinq Pics de longs mois, il remarque qu'elle a encore grandit. Elle fait quasiment sa taille, 1m70. Elle sera une belle jeune-femme. Il est fier d'elle. Peut-être qu'Aurora a raison, il la couve un peu de trop, comme un père envers sa fille.
« Vas te préparer, Fujiya. » lui ordonne alors l'ancien guerrier.
« Maître ? »
« Vas enfiler une protection, nous aurons besoin de personnes comme toi afin d'aider nos soldats. »
« Merci Maître. » s'inclina respectueusement Fujiya, profondément enthousiaste mais maîtrisant cette émotion.
Doko regarda partir son élève et s'approcha de Katya, chevalier de la Couronne Boréale qui se préparait à rejoindre les rangs de l'armée de Mia : « Chevalier, je te confie mon apprentie. Elle peut parfois manquer de retenue. »
« Bien-sûr Maître Doko. » Elle lui sourit et ajouta :« Elle est combative, ayez confiance en elle. »
Doko hocha la tête. Il souhaita bonne chance aux femmes chevaliers emmenée par Calisto, chevalier d'Argent de la Grue, attendue par Mia dans le Domaine des Amazones.
Fujiya avait toujours disposé d'un cosmo impressionnant. L'entraînement sans utilisation des sixième et septième sens qu'il lui faisait subir depuis plusieurs jours lui renforça une fois de plus dans sa conviction qu'il avait fait le bon choix en prenant cette élève-ci. Fujiya sera un chevalier d'or complet et puissant. Il est impatient de la voir revêtir son armure. Cette bataille plus vraie que nature contre les Guerrières antiques sera un bon test afin d'évaluer ses aptitudes au combat au corps à corps et ainsi le conforter dans son choix.
Les chevaliers de la Balance ont toujours été contre l'usage des armes malgré tout. Ils préfèrent même affronter leurs ennemis à mains nues sans énergie cosmique, leurs sens sont plus entraînés que les autres guerriers ce qui en fait un adversaire redoutable. Doko arbore un rictus en coin satisfait et retourne à ses moutons, ou plutôt, retrouver son ami le vieux mouton, attendant l'issue de la bataille sur son trône quelques maisons plus haut, et qui est certainement en train de se faire de vieux os.
A suivre ...
