Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-et-unième chapitre de SAMLP ! C'est une chance inouïe que vous l'ayez en temps et en heure avec la fin de semaine mouvementée que j'ai eue XD Pour ceux qui suivent Cédric et Harry, un amour infini (CHUAI), je tenais à m'excuser car c'est en partie parce que je n'ai pas pu corriger le nouveau chapitre qu'AliceCullen0027 n'a pas pu le publier hier. Mais comme elle l'a expliqué, je n'ai pas eu accès à ma chambre universitaire et à mon unité de vie vendredi de 8h30 à 17h et je n'ai appris que la veille à 15h que j'allais devoir passer la journée dehors. Merci les punaises de lit qui ont infesté la chambre de deux de mes voisines… Et comme si ça ne suffisait pas, jeudi soir, je suis tombée malade, j'ai cru que c'était une angine, mais hier matin, ça n'allait plus du tout, je suis allée voir un médecin, je me suis faite tester, je viens d'avoir le résultat alors que je rédigeais cette NA, et je suis positive. Je ne sais pas où j'ai pu attraper ce truc, étant donné que je suis vaccinée, que je ne sors que pour aller en cours et faire des courses et que je suis en permanence masquée. Donc un conseil : vaccinés ou non, si vous avez des symptômes, faites-vous tester XD Donc voilà, fin de semaine très pénible mais on garde le moral XD J'espère que de votre côté, ça va bien =)
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mimibou : Oui, quand Alex est venu demander à Justin de lui donner des cours de soutien, c'était déjà prévu que Josh et Dick étaient derrière tout ça :) Alors il y avait 4 POV dans le chapitre du guet-apens, ce qui est le nombre habituel de POV dans un chapitre :) Mais comme il y a eu deux POV Théo et que tous les POV étaient concentrés sur une seule et même journée, ça a pu te donner l'impression qu'il n'y avait pas beaucoup de POV :) J'avoue qu'on voit rarement la langue décrite comme un «muscle buccal» XD Mais c'est ce qu'elle est, pourtant XD Bon, c'est vrai que dit comme ça, ça ressemble à un cours d'anatomie et ce n'est pas très romantique XD Alors dans le chapitre d'après, tu as eu un peu de Harry mais dans celui-là, tu en auras beaucoup plus *-* Oh là là, comme je te comprends, pour Sirius XD Dans PAF il n'est en couple avec personne et il n'a pas vraiment de métier, dans DRAP il est en couple avec Amélia et il est affilié au Ministère, et dans SAMLP il est en couple avec Remus et il travaille à Poudlard XD Et pour quelqu'un qui suit également CHUAI, ça doit être encore plus perturbant car il a encore un autre travail XD Bon courage pour t'y retrouver XD
Guest : Ravie que le couple Drarry te plaise *-* Ah le «Always» de Severus, il donne des frissons à chaque fois… C'est clairement la plus belle de ses répliques *-*
Zackos : Non, Alex n'y est pour rien ! XD C'est un gamin de onze ans qui s'est fait harceler par deux garçons de dix-sept ans et qui a été obligé de faire des choses contre son gré pour protéger sa grande sœur, il n'a rien d'un psychopathe qui en veut à tous les élèves de Poudlard XD Enfin, à certains d'entre eux qui, à première vue, n'ont pas l'air d'avoir un rapport les uns avec les autres… XD Ah oui, cette phrase de Dumby est tellement vraie ! Elle n'est pas valable que dans la saga, mais aussi en vrai… Alors j'ai plusieurs répliques préférées XD Une qui me fait rire à chaque fois, c'est en VF, dans le sixième film, entre Harry et Slughorn : «Harry !» «Monsieur !» La façon dont c'est dit, quoi XD Sinon comme Mel, j'adore Ron avec les araignées et les papillons dans le deuxième film XD Il y a aussi ce que dit Sirius à Harry, à la fin du troisième film «Les personnes que l'on aime ne nous quittent jamais vraiment», c'est à la fois la phrase, le ton sur lequel c'est dit, le geste… J'aime aussi les grandes phrases de Dumby, comme celle avec le Miroir du Risèd, celle sur les Détraqueurs… Et comme Mel encore, j'adore Ron à propos de Hermione : «Il faudrait qu'elle revoit l'ordre de ses priorités», il a tellement raison XD Pour ce qui est du titre de ce chapitre, la dette du kinder est à moitié annulée XD Car dans ce que tu as dit, il y a du vrai, il y a du faux, et il manque quelque chose XD Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler XD Prends soin de toi aussi !
Mel : C'est normal que tu te méfies XD Mais je te rassure, les personnages qui débarqueront dans l'histoire ne seront pas tous dotés de mauvaises intentions XD Contente que le Sirius mature te plaise *-* Draco a clairement bien réagi lors de sa discussion avec Sirius, parce qu'au fond ça ne lui ressemble pas de partir en vrille comme ça, il est quelqu'un de plutôt calme et mature, mais il reste un adolescent tourmenté qui peut réagir au quart de tour :/ La réconciliation avec Severus attendra un tout petit peu, mais elle aura bientôt lieu, promis *-* Ce n'est pas gagné pour Narcissa, en effet :/ Les Aurors voulaient à tout prix arrêter Lucius, mais c'est sûr qu'ils auraient pu éviter de lancer cinq Stupéfix en même temps sur la même personne :/ On aura de ses nouvelles, promis =) C'est exactement ça pour Hermione, elle est dans une lutte perpétuelle, elle doit prouver qu'elle a sa place dans le monde magique… Et ce n'est pas facile tous les jours avec la mentalité de certains ! Et c'est vrai qu'on se bat tous pour quelque chose, rien que pour avoir un boulot, déjà, il faut prouver qu'on mérite le poste, il faut faire ses preuves… Et il faut aussi s'intégrer, que ce soit dans la sphère scolaire, professionnelle ou privée… En ce qui concerne Pansy, elle va être une grande sœur géniale *-* Pour les commentaires uniques à chaque chapitre, ça doit être pour éviter les trolls XD Il y en a qui pourraient s'amuser à reviewer dix fois sur un même chapitre juste pour faire les idiots XD Aaaaah d'accord, je comprends mieux ! Dans ce cas ils ont eu raison de mettre les partiels si tard, mieux vaut que vous ayez un max de connaissances ! Tu es en deuxième année de master, si tu as un stage ? :) En tout cas, un grand bravo à toi d'avoir réussi à trouver un stage, j'ai deux voisines qui galèrent comme pas possible, c'est compliqué de trouver quelque chose :/ Les répliques de Ron sont les meilleures XD J'adore toutes celles que tu as mentionnées XD Et Dumby est un as des citations poignantes ! Il y en a au moins une par livre / film XD À part peut-être le 5, mais comme il passe son temps à éviter Harry dans celui-là … XD Le «always» de Severus, c'est l'une des répliques les plus profondes *-* T'inquiète, j'avais dit que vous pouviez en mettre plusieurs XD Ne t'excuse pas, j'adore toutes les reviews, qu'elles soient courtes ou longues XD J'espère que le nouveau chapitre te plaira *-*
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Merci à vous tous pour ces retours, c'est toujours un plaisir de vous lire ! Et merci à tous ceux qui continuent de suivre cette histoire ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre qui est le dernier chapitre de la quatrième partie, et je vous souhaite une agréable lecture =)
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61 – Officialisations
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(samedi 06/04) POV Théo
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- Vivement que le Quidditch reprenne.
- Tu disais ça aussi lors des vacances de Noël, fit remarquer Pansy.
- Parce que je finis toujours par m'ennuyer, expliqua Blaise. J'ai fait tous mes devoirs.
- À deux jours de la rentrée, je serais tentée de te dire «tant mieux»…
- Dis, c'est avoir passé la matinée avec ton chéri qui te rend comme ça ?
- Non, j'avais juste envie d'embêter quelqu'un et c'est tombé sur toi.
Blaise lâcha un «pfff» avant de se replonger dans son livre. Théo avait écouté ses amis se chamailler sans réagir, comme il le faisait à chaque fois. Avec le temps, c'était devenu comme un bruit de fond. Il lisait lui aussi un livre, mais sur la botanique et non sur la médicomagie comme celui de Blaise. L'autre différence, c'était que son ouvrage était écrit en allemand. C'était une langue qu'il apprenait en autodidacte mais qu'il ne maîtrisait pas encore tout à fait. Cependant, en lisant assez lentement, il comprenait chaque phrase. Il allait mettre deux mois à venir à bout de ce livre et c'était entre autres pour ça qu'il l'avait choisi. Ça changeait des encyclopédies de six cent pages qu'il était capable de dévorer le week-end en une journée… De plus, dans les ouvrages écrits dans d'autres langues, il y avait des choses qu'il ne pouvait pas trouver dans ceux écrits en anglais. Car ces choses étaient trop spécifiques au pays en question.
Il était actuellement dans la salle commune de Serpentard avec Blaise et Pansy. Draco devait bientôt arriver et ils voulaient l'attendre tous ensemble. Même s'il leur avait assuré dans une lettre que tout allait bien, ils n'étaient pas tranquilles pour autant. Draco était quand-même parti d'un coup sans les prévenir… Il les avait beaucoup inquiétés. Mais Théo avait autant hâte qu'il redoutait de revoir son ami. Il savait que Draco était au courant du sauvetage de Justin et de son duel avec Parker. Il ne lui en avait pas parlé dans la lettre qu'il lui avait envoyée puisqu'il avait dû l'écrire avant d'en avoir été informé, mais Théo se doutait que Draco avait dû devenir blanc comme un linge en apprenant ça… Il s'absentait de Poudlard pendant quatre jours et au bout de deux jours seulement, Théo se mettait en danger… Il avait dû regretter d'être parti. Et ça allait se sentir quand Théo et lui se reverraient. Il s'attendait à être broyé par les bras de Draco et à subir tout un tas de questions. Alors que ce serait plutôt à Blaise, Pansy et lui d'interroger Draco sur sa soudaine disparition et sur ce qu'il avait fait durant les quatre jours qu'il avait passés chez Harry… Et ils comptaient bien le faire.
Alors qu'il lisait un passage sur une plante qui avait la particularité d'être baveuse, Théo pensa tout naturellement à la lettre que lui avait apporté un hibou le matin-même et qui venait des gérants du Chaudron Baveur. Heureusement, il avait pris son petit-déjeuner sans ses amis, ayant dû aller chez le professeur Snape suite à un cauchemar qu'il l'avait réveillé à six heures du matin. Blaise avait été tiré du sommeil, lui aussi, et c'était lui qui avait insisté pour qu'il aille voir leur directeur de maison. Il l'avait accompagné et n'était pas retourné se coucher, comme il l'avait dit à Théo plus tard dans la matinée. Ce dernier était sorti vers sept heures et demie des appartements du professeur Snape et était aussitôt allé prendre son petit-déjeuner. Blaise était déjà parti et Pansy n'était pas encore là. Il était donc seul quand il avait reçu la lettre. Il aurait très bien pu en profiter pour la lire, c'était même ce qu'il aurait dû faire mais il n'avait pas osé. Il avait eu peur de découvrir que sa candidature avait été refusée. Il avait donc décidé de la lire plus tard, dans son dortoir. En sortant de la Grande Salle, il s'était rendu aux cuisines pour prendre de la viande et il était allé voir les Sombrals. Il était resté près de trois quarts avec eux, puis il était allé rendre visite aux licornes. Après avoir passé une heure avec elles, il était rentré à sa salle commune où il avait retrouvé Blaise. Pansy, elle, était avec Ron quelque part dans le château. «Sûrement dans la salle sur demande» avait dit Blaise.
Ce fut vers treize heures trente que Draco pénétra dans la salle commune. Il se dirigea aussitôt vers Blaise, Théo et Pansy.
- Ah, tu es revenu, tout compte fait ! s'exclama Blaise. On pensait que tu avais tué quelqu'un et que tu étais parti te cacher à l'autre bout du monde.
Draco leva les yeux au ciel.
- C'est une façon de me dire que mon départ inopiné ne vous a pas plu ?
- On s'est surtout inquiétés, révéla Théo. Mais ton parrain nous a rassurés, sans nous dire ce qui t'a poussé à t'en aller.
- Je vous en parlerai ce soir, dans le dortoir. Je suis désolé, en tout cas. Vous comprendrez mieux ce soir mais je ne pouvais pas vous prévenir. Pour le moment, sachez juste que tout va bien, que j'ai un truc à régler et que tout ira mieux quand ce sera fait.
- D'accord. C'est mystérieux, tout ça, mais on attendra ce soir pour en savoir plus. Sinon, à part ça, tu as passé de bonnes vacances chez Harry ? s'enquit Pansy.
- Il va bien ? demanda Théo.
- Vous avez été sages ? interrogea Blaise.
Draco sourit face à cette avalanche de questions.
- Oui, j'ai passé de super vacances chez Harry, il va très bien et on est restés très sages. Mais même si ça n'avait pas été le cas, je ne me serais pas éternisé sur le sujet car il y a des oreilles prudes, ici. Bon, et vous ? Ça a été ?
- Oui, la routine, quoi, éluda Blaise. Oh, vu que tu es là, tu seras heureux d'apprendre que tu seras peut-être un capitaine plus encadré que tes prédécesseurs.
Draco fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle veut réformer le système du capitanat. Il veut éviter qu'il y ait d'autres Angelina Johnson à l'avenir.
Blaise fit un résumé assez complet du projet de Conley. Draco parut autant séduit que Théo l'avait été.
- Ce sont des propositions très intéressantes. C'est réalisable et ça devrait déjà exister. Perso, je suis prêt à le suivre dans son projet. Mais je pense que Severus est déjà sur le coup. Il doit juste trouver du temps pour se pencher sérieusement sur la question. Mais rien n'empêche Conley de soumettre ses idées. Je suis sûr qu'il aura plein de monde derrière lui. Par contre, je lui souhaite bon courage pour réussir à contacter les anciens capitaines. J'ai voulu joindre Marcus, l'année dernière, pour lui poser je ne sais plus quelle question à propos de l'équipe et il ne m'a jamais répondu. Il devait être très occupé, ce qui ne serait pas étonnant vu qu'il a intégré les Frelons de Wimbourne dès sa sortie de Poudlard. Faire une carrière dans le Quidditch, ce n'est pas de tout repos.
- Ça, c'est sûr. À part le dimanche, ils s'entraînent tous les jours, ils peuvent avoir un à trois matchs par semaine, ils ont des conférences, des galas… Bon, ils ont des vacances, heureusement, et elles sont assez longues.
- Oui, pour mieux reprendre ensuite, renchérit Draco. Ils doivent avoir trois mois d'entraînements et de matchs, puis trois semaines de repos, trois mois d'entraînements et de matchs, trois semaines de repos, et ainsi de suite. Ce qui reste assez intense. Bon, c'est pas tout ça mais je dois aller déposer mes affaires. Tu peux venir avec moi, Théo ? J'irai plus vite si tu m'aides.
Théo acquiesça, habitué à aider Draco à ranger ses affaires. Il aimait bien plier les vêtements et son meilleur ami était fan de la façon dont il le faisait. De plus, Théo était soulagé : Draco ne s'était pas jeté sur lui comme il s'y attendait et ne l'avait pas traité de tous les noms pour s'être mis en danger. Ils montèrent donc ensemble au dortoir mais à peine Théo entendit-il la porte se refermer que Draco lui attrapa le poignet, le retourna et le prit dans une étreinte qui lui coupa le souffle. Draco le serra si fort contre lui qu'il eut l'impression que ses os allaient éclater en mille morceaux. Il avait été bien naïf de croire que Draco n'allait pas lui faire comprendre à quel point il avait eu peur pour lui quand il avait appris ce qui s'était passé quelques jours plus tôt dans la salle de sortilèges avec Milligan et Parker… Après de longues minutes, il sentit l'étreinte se relâcher.
- Ne refais plus jamais ça, murmura Draco. Ta magie… les émotions… un duel… de la folie… avec un septième année… il aurait pu… de la folie… de la folie…
Théo sentit les larmes lui venir aux yeux en entendant la détresse dans la voix de Draco. Il réalisa alors combien cela avait dû être dur pour lui. Il s'absentait quatre jours et à son retour, il avait failli apprendre qu'il avait perdu un de ses meilleurs amis… Car, oui, le duel aurait pu très mal se passer avec la magie instable de Théo. Il comprenait la réaction de Draco. Mais il n'avait pas eu le choix. Et c'était ce qu'il allait devoir expliquer à Draco. Celui-ci finit par se détacher de Théo. Il le scruta pendant plusieurs minutes, comme pour s'assurer qu'il allait bien et que ce n'était pas le fantôme de son meilleur ami qui se trouvait face à lui.
- Tu vas bien, dit-il au bout d'un moment.
Ce n'était pas une question, mais une constatation. Et cela avait l'air de grandement le soulager.
- S'il te plaît, dis-moi que tu ne referas plus jamais ça, supplia-t-il.
Théo secoua la tête.
- Non, je ne peux pas te promettre ça. Si Blaise, Pansy, Harry, Hermione, Luna ou toi, ou même un membre du groupe se retrouve dans le cas de Justin un jour, je ne réfléchirai pas et je foncerai. Tu ne peux pas me demander de laisser un de mes amis en danger. Surtout quand il n'y a pas de temps à perdre et qu'il faut y aller sans attendre. C'est ce qui s'est passé avec Justin. Il était entre les mains de Parker et Milligan et ce dernier était en train de lui lacérer le dos avec un couteau quand Ernie et moi sommes arrivés. Le temps qu'on aille chercher un professeur, il aurait eu le temps de faire bien plus de dégâts. Il aurait pu aller loin. Très loin. Il n'aurait laissé aucune chance à Justin. Il suffit de voir ce qu'il a fait à Ernie. Il voulait gagner son duel, d'accord, mais il y avait d'autres moyens pour ça que de l'envoyer se fracasser avec une violence inouïe contre le mur… Surtout qu'Ernie n'avait rien fait. Il était innocent. Il n'avait rien à voir dans cette histoire. Il cherchait juste à protéger son meilleur ami en essayant de neutraliser l'ennemi… Mais Milligan s'en moquait complètement. Il s'est débarrassé d'Ernie comme il se serait débarrassé de Justin. Il ne faisait aucune différence. Tout ça pour dire qu'il y avait urgence et qu'on était obligés de vite agir.
Draco acquiesça lentement.
- Je comprends mieux. Mais ça n'empêche pas le fait que j'ai failli te perdre et que je ne l'aurais pas supporté. Et puis je m'en veux. En fuyant Poudlard, je n'ai pas respecté la promesse que je m'étais faite de toujours te protéger. Je t'ai laissé seul, livré à toi-même. Il y avait Blaise et Pansy, je sais, mais ce n'est pas pareil. Personne n'ose s'en prendre à toi quand je suis près de toi. Parce que tout le monde sait qu'ils n'ont pas intérêt à le faire. Tu as toujours été une cible de choix à cause du fait que tu es trop différent des autres. Je n'aurais pas dû oublier ça.
- Mais ce n'était pas moi qui était visé, là, nuança Théo. Je suis venu en aide à Justin, j'ai voulu le défendre, comme Ernie, et c'est là qu'on a été attaqués. Mais nous n'étions pas les cibles de Parker et Milligan à la base. Leur cible, c'était Justin. Et même si tu avais été là, ça n'aurait rien changé. Je crois… je crois que j'aurais été capable de te jeter un sort pour que tu ne puisses pas m'empêcher de voler au secours de Justin. Je ne t'aurais fait aucun mal, bien sûr, mais je t'aurais neutralisé. Rien ni personne n'aurait pu faire barrage entre Justin et moi.
Draco sembla troublé par ces mots.
- Tu l'aimes encore plus que ce que je croyais… Tu l'aimes comme peu de personnes pourront un jour aimer quelqu'un… Toi-même, tu ne pourras jamais aimer quelqu'un d'autre comme tu aimes Justin. Et je pense que c'est réciproque. C'est pour la vie, entre vous.
L'émotion gagna Théo à l'entente de ces mots. Draco avait tout compris.
- Mais même si vous vous aimez éperdument, à l'avenir, privilégiez des moyens un peu plus softs pour vous le montrer… Les petites attentions, les bisous, les mots doux, les caresses, c'est très bien aussi. Et c'est beaucoup moins dangereux.
- Pfff, t'es bête, répliqua Théo, amusé. Rassure-toi, j'aspire à quelque chose de plus tranquille que de me battre tous les jours en duel…
- Tant mieux. Mais c'est fou, quand-même. Je ne peux pas te laisser seul ici quatre jours sans qu'il ne t'arrive un truc complètement dingue !
- Je n'en ai pas fait exprès, se défendit Théo. Mais ça devrait être plus tranquille, maintenant. Parker et Milligan vont être renvoyés et ne pourront plus embêter personne.
Théo vit Draco le regarder attentivement.
- Il est loin, le Théo qui s'en voulait d'avoir dénoncé les deux élèves qui avaient tenté de le noyer et qui risquaient le renvoi à cause de ça…
- Ils s'en sont pris à Justin, gronda Théo. Ils savaient qu'à la moindre incartade, ils seraient expulsés de Poudlard. Je ne vais pas me sentir coupable parce qu'ils sont trop bêtes…
Draco éclata de rire.
- Ok, il n'y a plus de filtres ! Mais ça ne te ressemble pas du tout d'être aussi cash. Qu'on me rende le vrai Théo !
- Il est devant toi, rit Théo. Mais tu as un Théo qui n'a pas apprécié qu'on fasse du mal à son petit-ami. Mais ne t'en fais pas, je suis toujours le même. Je suis peut-être juste un peu plus libéré. Mais rien de bien flagrant. Je pense que c'est le temps que la tension redescende. Bon, on était venus ici pour ranger tes affaires, il me semble.
- Ah oui, je confirme, tu es toujours le même, rigola Draco. Allez, c'est parti…
Draco se mit à défaire son sac avec l'aide de Théo. Il n'y avait pas grand-chose, si bien que tout fut vite rangé et à sa place. Alors que Draco mettait la dernière paire de chaussettes dans son armoire, Théo se souvint d'un détail qui le fit grimacer.
- Je ne pourrai pas être là, ce soir, dit-il, confus. Justin et moi avons prévu de nous retrouver après le dîner et de passer la soirée ensemble. Mais je peux annuler, si tu tiens à nous parler à tous en même temps…
- Non, je peux t'en parler à part. Je ne veux pas te priver d'une soirée avec ton chéri… Severus ne t'a rien dit, si j'ai bien compris ?
- Non, mais je sais que ça a un rapport avec lui. Il y a eu des tensions entre vous, c'est ça ?
Draco eut l'air surpris. Mais il se reprit très vite.
- Oui. On s'est même disputés, en fait. Enfin, je lui ai surtout crié dessus… Il n'a pas vraiment eu l'occasion d'en placer une…
- Commence par le début, si tu veux bien.
Draco acquiesça et Théo l'écouta faire le récit de ce qui s'était passé avec son parrain. Il lui raconta également son arrivée au Square, il vanta la gentillesse du professeur Black et du professeur Lupin et il lui fit part de la discussion qu'il avait eue avec le parrain de Harry.
- Tout va donc rentrer dans l'ordre, il faut juste que j'aille voir Severus, termina Draco. J'ai compris que c'était moi qui était en tort et que c'était donc à moi de faire en sorte que les choses s'arrangent. Et c'est ce que je vais faire. Mais pas tout de suite. Je sais que Severus ne m'en voudra pas à partir du moment où je regrette ce que je lui ai dit et que j'accepte sa relation avec sa petite-amie. Tout ça, ça prouve que j'ai encore besoin de parler de mes parents. J'en ai bien conscience, maintenant.
- C'est le principal. Et je suis content que tu aies envie de faire ce qu'il faut pour que ça aille mieux entre ton parrain et toi. Je n'aime pas quand vous êtes en froid. Ça me rappelle vos relations en fin d'année dernière et ça, je voudrais au contraire oublier. Tu étais tellement mal, à l'époque… C'était horrible de te voir comme ça sans pouvoir rien faire pour t'aider.
- Je sais, mais ne t'inquiète pas, ce ne sera pas pareil cette fois. Je suis conscient du problème et de ce que je dois faire pour y remédier. Je ne vais pas me jeter à corps perdu dans une relation malsaine comme je l'avais fait quand je niais aller mal à cause de la traque dont mes parents faisaient l'objet par les Aurors… Je suis avec Harry, maintenant, et il n'y a absolument rien de malsain entre nous. C'est même tout l'inverse. On se respecte, on s'écoute, on profite de chaque instant passé ensemble, on prend notre temps… On s'aime, tout simplement.
Théo sourit face à ces mots prononcés avec une profonde sincérité.
- Ça se voit. Continuez ainsi. Soyez heureux. Vous le méritez, autant l'un que l'autre.
- Merci, dit Draco, l'air touché. On y compte bien. Bon, je vais rejoindre Blaise et Pansy en bas. Si tu veux voir Harry, il m'a demandé de te dire qu'il serait avec les Sombrals à quinze heures. Il doit donc y être en ce moment-même. Mais tu n'es pas obligé d'y aller. Il voulait juste que tu saches où tu pourrais le trouver.
Théo acquiesça en souriant.
- J'y vais tout de suite. Merci.
Théo quitta le dortoir, impatient de revoir son Gryffondor préféré.
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Harry était effectivement en train de nourrir les Sombrals lorsque Théo arriva.
- Ils ont déjà eu à manger ce matin, déclara-t-il.
Harry sursauta et se retourna brusquement.
- Tu m'as fait peur, protesta-t-il.
- Tu devais pourtant te douter que je viendrais, se moqua gentiment Théo. Tu as missionné Draco de me dire que tu serais là. Je te rassure, il m'a bien précisé que je n'étais pas obligé de venir. Mais tu croyais vraiment que j'allais rester dans ma salle commune ou dans mon dortoir alors que je savais où tu étais et que tu avais visiblement envie de me voir ?
- Je voulais juste que tu ne te sentes pas obligé parce que moi, je le voulais, se justifia Harry.
- Je sais, et c'est adorable de ta part. Mais ça me fait super plaisir qu'on puisse se retrouver seuls.
- Même ici ?
- Tu sais que j'aime ces animaux, rappela Théo en souriant. Désolé de t'avoir fait peur, en tout cas.
- Ce n'est rien, va. Tu remarqueras que moi, je ne dégaine pas ma baguette quand on me surprend, railla Harry.
- Ce n'est arrivé qu'une fois ! se défendit Théo.
- Je sais, je te disais ça pour te taquiner. Tu avais des raisons d'être sur tes gardes.
- Je m'attendais sans cesse à me faire attaquer par Crabbe ou Goyle. Ça me rendait presque parano. J'ai l'impression que c'était il y a une éternité tellement il s'est passé de choses depuis…
- Je te comprends. Je suis pareil. C'était il y a sept mois et ça semble pourtant remonter à plus loin que ça… À l'époque, on commençait tout juste à devenir amis. C'était seulement la deuxième fois qu'on se parlait. Mais la première à Poudlard. La toute première, c'était sur le Chemin de Traverse.
- Oui, je m'en souviens très bien, ironisa Théo. Et mon épaule aussi. Je venais de me faire bousculer et de tomber par terre à cause d'un mouvement de panique provoqué par un Fléreur. Tout le monde s'en moquait royalement, sauf toi. Tu es venu vers moi et tu m'as aidé à me relever.
- Oui, et avant ça, tu es resté de longues secondes par terre à fixer la main que je te tendais. J'ai cru un moment que tu ne comprenais pas ce que tu devais faire, à savoir attraper ma main.
- Excuse-moi mais ce n'était pas tous les jours qu'un Gryffondor m'offrait son aide, même si nous n'étions pas à Poudlard… Mais ça m'avait beaucoup touché. J'ai su à ce moment-là que je voulais devenir ton ami. Je ne t'y aurais pas forcé, évidemment. C'était toi qui voyais. Mais j'avais décidé d'essayer de me rapprocher de toi si l'occasion se présentait. Du coup, accepter ton aide, accepter ta main tendue, c'était comme marquer le début de quelque chose.
- J'ai cette même vision des choses, avec le recul, avoua Harry. Je sais que c'est à cet instant-là que ça a commencé, entre nous. Si on ne s'était pas adressé la parole ce jour-là, je serais parti dès que je t'aurais vu avec les Sombrals. Tu n'aurais pas eu le temps de sentir ma présence. Il y a eu quelque chose, sur le Chemin de Traverse.
- On peut dire merci au Fléreur, plaisanta Théo.
- À croire que ce sont les animaux qui nous réunissent, renchérit Harry sur le même ton. Le Fléreur, les Sombrals… Il doit y avoir un signe !
Les mots de Harry troublèrent Théo. Il venait d'avoir une idée. Il s'étonna de ne pas y avoir pensé plus tôt. En même temps, ils se voyaient rarement près de la Forêt Interdite… Cela ne devait faire que deux ou trois fois qu'ils se retrouvaient à cet endroit. Il hésita cependant à faire part de son idée à Harry. Il n'avait jamais proposé cela à qui que ce soit. Mais Harry n'était pas n'importe qui. Et il avait envie de partager ce moment avec lui. Il prit donc son courage à deux mains et se tourna vers son ami :
- Harry, je peux te demander quelque chose ?
Harry le regarda avec un air intrigué.
- Oui, bien sûr.
Théo ouvrit la bouche… et la referma. Il fut tenté de dire «Non, rien» mais il se retint. Il n'était pas un Gryffondor, certes, mais il avait sa dignité ! Il ne réfléchit donc pas et se lança :
- Est-ce que ça te plairait d'aller voir les licornes avec moi ?
La surprise se lut sur le visage de Harry. Il fixa Théo pendant de longues secondes avant de réagir :
- J'aimerais bien, mais… je les ferais fuir, dit-il, gêné.
- Pourquoi donc ? interrogea Théo, perplexe.
- Les licornes ne se laissent approcher que par les personnes pures. Aussi bien intimement parlant qu'au niveau de l'âme. C'est ce que tu m'as dit.
- La pureté intime ne s'applique pas pour les garçons. Je t'avais expliqué que c'était surtout celle des filles qu'elles chérissaient. Et comme les garçons représentent un danger pour cette pureté, les licornes se rebiffent à leur contact. Mais la pureté féminine ne craint rien avec les garçons gay. C'est pour ça qu'elles se laissent approcher par eux. Mais uniquement s'ils ont un esprit pur. Ou une âme pure.
- Que ce soit l'un ou l'autre, c'est cuit pour moi, marmonna Harry. Je n'ai plus l'âme pure.
- Pourquoi ? demanda de nouveau Théo.
- Parce que j'ai tué un homme. Je ne peux pas avoir l'âme pure après ça.
Théo sentit son coeur se serrer en entendant le chagrin dans la voix de Harry. Il se rapprocha de lui et passa son bras autour de ses épaules.
- Harry, tu étais en état de légitime défense. C'était lui ou toi. Tu ne pouvais pas faire autrement. Et c'est lui qui a lancé l'Avada. Pas toi. Tu n'as fait qu'utiliser ton bon vieil Expelliarmus. Personne ne te reprochera de t'être défendu au lieu d'être resté planté debout en attendant que le sort te touche. Personne, pas même les licornes. En plus, tu n'as jamais voulu tuer Tu-Sais-Qui. Tu étais obligé de le faire, mais si tu avais pu t'en passer, tu l'aurais fait. C'est ça qui rend ton âme pure. Ce ne sont pas forcément tes actes, mais tes intentions. Et c'est ça que les licornes voient en toi. Crois-moi, ton âme est aussi pure que la mienne. Laisse-moi te le prouver. S'il te plaît.
Théo savait que Harry ne pourrait pas résister. L'un comme l'autre, lorsque l'un faisait ce genre de requête, l'autre était incapable de refuser. Ils avaient ce besoin de faire plaisir à l'autre et de ne pas le décevoir. Alors Harry céda.
- D'accord. Allons-y.
Tout content, Théo prit Harry par le bras et l'entraîna vers la droite, là où se trouvaient les licornes. Et lorsqu'ils arrivèrent, elles étaient effectivement là, occupées soit à brouter l'herbe verte, soit à se toiletter mutuellement. Théo regarda Harry et vit le choc dans son regard. Il observait les licornes, visiblement bouleversé par ce qu'il voyait. Il avait exactement la même réaction que Théo avait eue la première fois qu'il était venu voir ces majestueuses créatures. Il était resté sur place pendant vingt bonnes minutes, incapable de faire autre chose que les contempler, profondément ému par la beauté et la pureté qu'elles dégageaient. Il savait alors précisément ce que ressentait Harry. Voir ces belles juments cornues dans leurs activités de tous les jours, en harmonie, soudées et affectueuses les unes envers les autres, c'était un moment impossible à oublier. Seul quelqu'un de pur pouvait être aussi touché que l'étaient Théo ou Harry. Les licornes s'aperçurent de leur présence et levèrent la tête, ce qui fit sortir Harry de sa léthargie. Théo perçut son angoisse mais il ne fit aucun mouvement, à son grand soulagement. Harry avait sans doute peur que les licornes s'enfuient ou deviennent agressives en le voyant mais elles ne firent rien de tout cela. Elles se contentèrent de les regarder, avec autant d'intérêt que de curiosité. Elles ne montraient aucun signe de méfiance ou de crainte. Elles étaient en confiance. Et cela rassura Harry qui, une fois remis du choc, les couva du regard avec tendresse.
- Tu vois, elles sont calmes, murmura Théo. Elles n'ont pas peur de toi. Elles sont autant intéressées par toi que tu peux l'être par elles.
Harry acquiesça, tout en admirant toujours les licornes.
- Tu veux t'approcher un peu ? suggéra Théo.
Harry sembla hésiter.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Il vaudrait peut-être mieux attendre… On vient tout juste de se rencontrer. Enfin, on s'était déjà vus lors des cours sur les licornes mais ce n'est pas pareil.
- Je ne te propose pas de les caresser, juste de s'avancer. Elles ne vont pas avoir peur, ne t'inquiète pas.
Harry se mordit la lèvre, visiblement partagé, avant d'accepter :
- D'accord. Mais il va vraiment falloir que j'apprenne à te dire non.
Théo se mit à rire, pas trop fort pour ne pas effrayer les licornes, et, suivi de Harry, fit plusieurs pas vers elles. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres de celles qui étaient les plus proches d'eux. Attentives, les oreilles dressées, elles les fixèrent avec cet air curieux qui faisait fondre Théo à chaque fois.
- Elles sont vraiment magnifiques, s'émerveilla Harry. J'aimerais beaucoup les caresser, mais…
- Pas tout de suite ?
Harry confirma d'un signe de tête.
- Je comprends, dit Théo en souriant. Mieux vaut y aller par étape. On profite mieux, comme ça. Et puis, ça nous donnera des occasions d'y retourner ensemble. À part si tu veux être seul avec elles le jour où tu souhaiteras les caresser.
- Non, je préfère que tu sois là. Si ça ne te dérange pas, bien sûr…
- Tu sais bien que non, répliqua doucement Théo.
- Tu es gentil, répondit Harry, touché. Je viendrai seul quand je me sentirai prêt. En tout cas, merci de m'avoir poussé à venir les voir. Je pensais ne pas avoir le droit mais… je me trompais. C'est un moment que je n'oublierai jamais. Mais dis-moi, il n'y a pas de bébés licornes ?
- Non, ça fait un an et demi qu'elles ne font plus de petits. J'ignore si c'est parce qu'elles n'arrivent plus à en avoir ou si c'est parce que les mâles ne viennent plus ici lors de la période reproductrice, mais j'espère qu'il y aura bientôt de nouvelles gestations. Il ne faudrait pas qu'elles deviennent une espèce en voie d'extinction… Déjà qu'elles sont en semi-liberté ici et non en totale liberté pour les protéger de toutes sortes de prédateurs…
- Je pense qu'elles se sont faites à leur condition, mais c'est sûr qu'elles seraient bien plus heureuses si elles étaient en totale liberté…
Harry parut hésiter un peu, puis il demanda :
- Qui est leur plus grand prédateur ?
Théo regarda droit devant lui.
- L'homme.
Un léger silence suivit sa réponse. Ce fut Harry qui le brisa :
- Ce n'est pas une amende ou un séjour à Azkaban qu'il leur faudrait, mais une amputation à vif. Ça leur ferait comprendre ce qu'ils ont fait subir aux licornes dont ils ont arraché la corne… Enfin, je dis ça mais je suis contre la violence. C'est la colère qui parle. Je serais incapable de faire ça ou de laisser quelqu'un faire ça.
- Et c'est bien pour ça que tu as l'âme pure. Tu n'en douteras plus, maintenant.
- Ça, c'est sûr.
Théo et Harry restèrent encore deux heures avec les licornes pendant lesquelles ils discutèrent de ce qu'ils avaient fait durant cette semaine passée loin l'un de l'autre. Harry raconta le programme bien rempli qu'il avait eu et Théo relata ce qui s'était passé avec Milligan et Parker. Il parla également des effets positifs que cela avait eu sur son couple avec Justin. Ils furent déçus lorsque vint l'heure de rentrer au château. Mais chacun devait se rendre à son dortoir avant d'aller dîner. Ils rejoignirent donc le château et se séparèrent après s'être promis de se revoir le lendemain avec toute la bande.
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- Théo, tu nous écoutes ?
La voix de Draco fit brusquement sortir Théo de sa rêverie.
- Pardon ? Vous disiez ?
- On te demandait si tu avais une intuition concernant les sortilèges sur lesquels tu vas tomber lors de l'examen pratique. Mais tu n'as pas l'air très emballé par la discussion. À quoi pensais-tu donc ?
- À Justin. Il n'est toujours pas là.
- Il a pu manger un peu plus tôt, suggéra Draco.
- Nous sommes arrivés à dix-huit heures dix et le service commence à dix-huit heures. Ça aurait été un peu trop court. Surtout pour Justin qui a l'habitude de rester au moins une demie-heure dans la Grande Salle…
- Il a peut-être préféré dîner dans sa salle commune. Elle est située près des cuisines, ça doit souvent arriver qu'un élève de Poufsouffle aille chercher de la nourriture là-bas pour manger dans sa salle commune ou dans son dortoir, estima Blaise.
- On doit se retrouver devant la Grande Salle. Il ne serait pas allé dîner ailleurs…
- Eh bien je n'en sais rien. Mais ne t'en fais pas, va. Il sera à l'heure pour votre rendez-vous. Ça se trouve, il n'a juste pas faim.
- Je n'y crois pas trop. Et j'ai des raisons d'être inquiet. Il ne va pas bien depuis son agression. Et en plus il pense beaucoup à Ernie. Il peut avoir un coup de déprime et c'est pour ça qu'il ne vient pas manger.
Théo vit ses amis échanger un regard. Ils voulaient sûrement le rassurer mais devaient admettre que son raisonnement se tenait.
- Écoute, attends l'heure du rendez-vous et s'il n'a toujours pas pointé le bout de son nez, là, on ira le chercher partout dans le château, trancha Pansy. À quatre, on le trouvera plus vite.
Théo acquiesça. Il chassa momentanément Justin de son esprit, devant reconnaître qu'il ne pouvait rien faire pour l'instant.
- Alors, est-ce que tu as des pronostics sur les sorts qu'on va te demander de lancer demain lors de l'examen pratique ? interrogea de nouveau Blaise.
- Non, pas vraiment. Mais s'il faut vraiment citer un sort au hasard, je dirais… celui d'apparition.
- On l'a étudié l'année dernière, fit remarquer Pansy.
- Ce sont les BUSE, on peut avoir à lancer n'importe quel sort appris depuis la première année. On devra lancer quatre ou cinq sorts, vu que notre passage durera dix minutes, signala Théo.
- Pas besoin de passer deux minutes sur chaque sort, protesta Blaise.
- Il n'y aura pas que de la pratique, il y aura aussi quelques questions. On devra par exemple décrire les effets de tel ou tel sort. C'est aussi un entretien, cet examen.
- Je n'avais pas compris que ce serait aussi intense…
- Que ce soit en sortilèges, en métamorphose ou en Défense Contre les Forces du Mal, ils voudront évaluer notre niveau global. Ça passe donc par les connaissances acquises au cours des cinq années, aussi bien en pratique qu'en théorie. Même si on a déjà eu un examen théorique, ça ne les empêche pas de nous poser des questions. Et puis c'est différent. La semaine avant les vacances, c'était de la théorie écrite. Là, ce sera de la pratique et de la théorie orale.
- Je vois, dit Blaise, pensif. En tout cas, j'espère tomber sur des…
- SUSAN ! HANNAH !
Les quatre amis sursautèrent violemment, comme la quasi-totalité de leurs camarades présents dans la Grande Salle. Théo se retourna et vit Justin se précipiter vers ses deux meilleures amies.
- Ernie s'est réveillé ! Il a été opéré avec succès et il est hors de danger !
Un bref moment de flottement suivit les mots de Justin, personne ne semblant vouloir y croire, tant c'était inespéré. Puis le message pénétra pleinement les esprits, les élèves réalisèrent que c'était la réalité et une clameur historique s'éleva alors de la table des Poufsouffle tandis que Justin s'était jeté dans les bras de Susan et Hannah. Théo plongea sa tête dans ses mains et sentit toute la tension redescendre d'un coup. Les nerfs lâchèrent et il se mit à pleurer sans pouvoir se retenir. Un bras qu'il crut reconnaître comme étant celui de Draco vint entourer ses épaules et l'attirer contre un torse qui était bel et bien celui de Draco. Théo se laissa aller jusqu'à ce que son ami lui murmure :
- Quelqu'un veut te voir.
Théo se détacha de Draco et pivota pour se retrouver face à Justin. Le calme revint soudain dans la Grande Salle qui tomba dans un silence total.
- Il va bien, déclara Justin, la voix rendue tremblante par l'émotion. Il a eu le dessus. Il ne les a pas laissés gagner. On ne les a pas laissés gagner. On s'en est sortis. Tous.
Les larmes se remirent à couler sur les joues de Théo. Sans réfléchir, ils se jetèrent l'un sur l'autre et s'embrassèrent sous le regard de tous leurs camarades. Ils n'y firent pas attention, trop occupés à se transmettre dans ce baiser tout ce qu'ils ressentaient en ce moment-même. Il dura plusieurs minutes au bout desquelles ils séparèrent leurs lèvres mais pas leur étreinte. Théo nicha sa tête dans le cou de Justin qui fit de même. Ils restèrent ainsi enlacés un long moment et ce fut à regret qu'ils finirent par rompre leur étreinte. Ils avaient conscience d'avoir officialisé leur relation par ce qu'ils venaient de faire mais ils s'en fichaient. Ils n'avaient plus à se cacher, ils vivaient leur amour au grand jour et c'était ça le plus important.
- On se voit toujours tout à l'heure ? chuchota Justin.
Théo acquiesça en souriant. Justin déposa un léger baiser sur ses lèvres et rejoignit sa table. Théo se rassit à la sienne, avec une sensation étrange de planer.
- Vous ne faites pas semblant, commenta Blaise d'un ton gentiment moqueur. Si quelqu'un n'a pas compris que vous êtes ensemble, je ne sais pas ce qu'il lui faut…
- C'est clair, mais c'était trop mignon, s'extasia Pansy. Bon, par contre, ce n'était pas du tout ce qui était prévu. Vous deviez officialiser en même temps que Draco et Harry.
- Désolé, s'excusa Théo. J'ai moi-même été pris de court…
- T'en fais pas, va, le rassura Draco. À la base, c'était surtout pour vous soutenir, car vous étiez plus stressés que nous. Finalement, vous n'en avez pas eu besoin et c'est très bien comme ça. Il ne nous reste plus qu'à faire la même chose. Et on va essayer de le faire vite pour détourner l'attention des élèves. En espérant que notre couple les fera réagir…
- Oh, je pense que oui. Vous êtes quand-même d'anciens ennemis… Ce ne sera juste pas une grande surprise. Car tout le monde doit plus ou moins s'en douter. Ils ont tous remarqué que vous étiez très proches et que vous vous regardiez d'une certaine façon qui laisse peu de place au doute. Ce qui va les étonner, c'est que vous officialisiez. Ils doivent croire que vous voulez laisser planer le mystère.
- Eh bien non, pas du tout. Si le sort ne s'était pas autant acharné sur Théo, ça ferait longtemps que Harry et moi aurions officialisé. Nous comptions le faire dès le lendemain de notre mise en couple, pour dire… Mais on a changé d'avis. Du coup, je vais essayer de lui en parler assez vite afin qu'on ait le temps de s'afficher ensemble avant la rentrée.
- Prenez votre temps, Justin et moi aurons quand-même des remarques, de toute façon.
- Oui mais si vous pouviez en avoir le moins possible… Mais ils ne devraient pas trop se frotter à vous, normalement. Ils savent maintenant de quoi tu es capable quand tu n'es pas content.
Théo rougit sous les rires de ses amis.
- T'es bête… Bon, je vais y aller. Je vous dis à demain car je resterai sûrement avec Justin jusqu'au couvre-feu.
Théo se leva et quitta la Grande Salle. Il attendit Justin qui le rejoignit une dizaine de minutes plus tard. Ils s'embrassèrent et se rendirent aussitôt à la salle sur demande. Une fois arrivés, ils s'assirent sur les coussins verts et jaunes et attirèrent à eux des plaids. À peine Théo se fit-il la remarque que c'était trop épais que le plaid disparut pour laisser place à une fine et douce couverture. Théo la mit sur ses jambes et se blottit contre Justin qui passa un bras autour de lui. Théo soupira de bien-être.
- J'avais hâte qu'on se retrouve seuls, confia Justin.
- Moi aussi. Surtout après ce qui s'est passé dans la Grande Salle…
- Tu m'en veux ?
- Tu ne peux pas savoir à quel point.
Théo ne le vit pas mais il imagina aisément Justin lever les yeux au ciel.
- Non mais plus sérieusement, bien sûr que je ne t'en veux pas. Je suis au contraire soulagé que ce soit enfin officiel. On devait le faire en même temps que Harry et Draco, à la base, mais c'était tout aussi bien comme ça. Je dirais même que c'est mieux ainsi. Et puis, je trouve ça cool que ça se soit fait dans ces conditions. C'était totalement spontané, il n'y avait pas ce côté «on se tient par la main ou on s'embrasse pour montrer à tout le monde qu'on sort ensemble». C'était ce qu'on devait faire, normalement, mais je préfère de loin la façon dont ça s'est fait. C'était difficile de faire plus naturel que ça.
- Ça, c'est sûr ! Je n'avais absolument rien préparé. J'étais juste heureux et je voulais partager ma joie avec celui que j'aime.
Théo fut attendri par les mots de Justin.
- J'ai eu l'impression qu'un gros poids s'est enlevé de ma poitrine quand tu as annoncé à Susan et Hannah qu'Ernie s'était réveillé. La tension est tellement retombée d'un coup que j'ai craqué.
- C'est ce que j'ai vu quand tu t'es tourné vers moi. Je savais que c'était des larmes de soulagement et de joie, donc je ne me suis pas inquiété. Je comprenais parfaitement ce que tu ressentais. J'ai eu un léger malaise quand Mme Pomfrey m'a appris la nouvelle. Mes jambes ne m'ont plus soutenu. Mais ça n'a pas duré longtemps, je m'en suis vite remis.
- Oh, tant mieux, soupira Théo. Tu m'as fait peur, un instant… C'est donc pour ça que tu es venu plus tard que d'habitude ? Tu étais avec Mme Pomfrey ?
- Oui, mais je t'avoue que j'avais l'intention de sauter le dîner. Je pensais justement à Ernie, j'étais déprimé, je n'avais goût à rien… Mais je comptais quand-même te rejoindre comme prévu devant la Grande Salle pour qu'on passe la soirée ensemble. J'étais donc en train de me morfondre dans ma salle commune quand un élève de deuxième année est venu me voir pour me dire que j'étais attendu à l'infirmerie, tout comme Hannah et Susan. Comme elles étaient parties manger, je m'y suis rendu seul. J'étais déjà très inquiet mais je l'ai encore plus été lorsque j'ai vu que ma directrice de maison était là… J'ai évidemment aussitôt pensé au pire mais l'infirmière et le professeur Chourave avaient le sourire aux lèvres. Ça m'a rassuré. J'ignorais tout de l'état d'Ernie, alors je ne savais pas à quoi m'attendre. Mme Pomfrey m'a donc tout expliqué. C'est elle qui s'est occupée d'Ernie durant les quelques heures qu'il a passées à l'infirmerie. Elle lui a fait passer plusieurs examens et l'un d'eux a révélé un hématome qui risquait de comprimer le cerveau d'Ernie, ce qui a poussé Mme Pomfrey à contacter aussitôt Sainte-Mangouste qui l'a vite accueilli. Il a été opéré en urgence afin d'évacuer l'hématome et ça s'est très bien passé. Il était hors de danger mais la question était de savoir quand il allait se réveiller. Ça pouvait être rapide comme très long. Mais tout jouait en la faveur d'un réveil rapide pour Ernie. L'hématome avait été décelé et traité super vite et il n'avait donc pas eu le temps de faire de gros dégâts. Et effectivement, Ernie s'est vite réveillé. Bon, il a quand-même mis quatre jours mais ça reste rapide pour un cas comme le sien. Il est conscient de ce qu'il y a autour de lui et c'est très bon signe. Mais ce n'est que le tout début de son rétablissement car il va passer un certain temps à Sainte-Mangouste. Il est en soins intensifs en ce moment mais il devrait en sortir assez vite. Il entrera alors dans une phase de récupération. Il n'est donc pas près de revenir mais ce qui compte, c'est qu'il soit tiré d'affaire et qu'il se remette tout doucement.
Théo acquiesça, tout à fait d'accord avec Justin.
- Je suis content qu'il aille bien. C'est vraiment un soulagement pour tout le monde. Il n'y a jamais eu autant de bruit à la table des Poufsouffle que ce soir, c'était incroyable. Mais c'est normal. Tous les Poufsouffle étaient inquiets pour leur camarade qui est aussi et surtout leur préfet… Ils doivent se sentir un peu perdus, sans lui.
- Oui, vu que Hannah n'était pas là pendant les vacances et qu'elle n'est rentrée qu'aujourd'hui, on s'est retrouvé pendant quatre jours sans préfet. Et je confirme qu'on se sent perdus et vulnérables. Encore, moi, ça va, je suis un cinquième année, je peux me défendre tout seul, mais ce n'est pas le cas des première année. Ils n'étaient pas du tout rassurés. Ils ne voulaient pas dormir car ils avaient peur que quelqu'un les attaque pendant leur sommeil, alors ils désertaient leurs lits et se réfugiaient dans la salle commune. Susan et moi remplacions un peu Ernie et Hannah et on a dû raccompagner un nombre incalculable de fois les première année dans leur dortoir. Eux sont vraiment perdus sans les préfets. Il a fallu les rassurer jusqu'à ce qu'ils s'endorment et on faisait ça avec tout le monde. J'en ai même massé quelques-uns pour les détendre quand je voyais qu'ils étaient trop tendus. Et ça a marché ! J'étais hyper surpris.
- Mais tu es hyper doué pour les massages, tu devrais en faire ton métier, déclara Théo. Tu ferais un super bon kinémage. Après, ça dépend si tu veux masser dans cabinet ou si tu veux masser dans un institut. Le but n'est pas le même.
- Quitte à faire du bien, j'aimerais autant que ça soigne les personnes…
- Donc tu serais plutôt intéressé par la kinémagie.
- Super, j'ai enfin une idée de métier qui me plairait ! Et je crois que je vais rester sur celle-là. Ça m'attire beaucoup. Tu sais quelles matières il faut garder pour les ASPIC si on veut être kinémage ?
- Pas vraiment mais comme ça, je dirais sortilèges, botanique, potions, et peut-être métamorphose et Défense Contre les Forces du Mal. Les patients que tu soignerais pourraient avoir un problème lié à un sort de métamorphose mal lancé ou à une créature du Mal qui les aurait attaqués… Il faudra que tu en parles avec ta directrice de maison lors du conseil d'orientation.
- Je le ferai. Bon, qu'as-tu fait de ta journée ?
Théo raconta alors à son petit-ami la journée bien remplie qu'il avait eue. Justin lui relata ensuite la sienne, puis ils passèrent la soirée à s'embrasser, se câliner et discuter. Ils étaient détendus comme ils ne l'avaient jamais été. Ils savaient qu'ils allaient inévitablement se faire embêter suite au baiser qu'ils avaient échangé dans la Grande Salle mais ils étaient prêts à y faire face et ce n'était pas cela qui allait entacher leur bonheur. Ils s'aimaient, ils étaient heureux et ils étaient prêts à tout affronter tant qu'ils le faisaient ensemble.
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(dimanche 07/04) POV Remus
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- Elle est à quelle heure la réunion, déjà ?
- À quatorze heures.
- Ah, merci. À force de la décaler, je suis complètement paumé…
Remus comprenait tout à fait Sirius. Pourtant, c'était à cause d'eux si la réunion sur le choix des potentiels futurs préfets avait été reportée une fois de plus. Elle devait avoir lieu la veille mais Sirius et Remus avaient craint de ne pas être de retour à Poudlard à temps. Dumbledore avait également trouvé plus raisonnable de repousser la réunion au lendemain.
- J'espère que cette fois-ci sera la bonne, intervint Severus.
- On est à une heure et demie de la réunion et, pour l'instant, personne ne s'est désisté, fit remarquer Remus.
- C'est vrai, reconnut Severus. Pourvu que ça continue ainsi… Il y a bien plus de choses à voir que ce que doit penser Dumbledore. Et il faut les aborder au plus vite. Et je ne suis pas le seul à vouloir parler de quelque chose durant cette réunion. Il me semble que Pomona a aussi une requête à faire.
- Sur les bureaux et appartements des professeurs ?
- C'est ça. Elle est venue vous voir, vous aussi ?
- Oui. Elle nous a demandé si ça nous convenait d'avoir notre bureau loin de nos appartements. Je n'ai pas trop su quoi répondre car je n'ai pas connu l'époque où les bureaux des professeurs étaient accolés à leurs appartements…
- C'est une nouveauté de cette année, de les avoir séparés, indiqua Severus.
- Je confirme, dit Remus. Il y a deux ans, ils étaient reliés. Et c'était bien plus pratique. Aussi bien pour les élèves que pour les professeurs. Mais je comprends que Dumbledore ait souhaité qu'on ait nos bureaux éloignés de nos appartements. C'est une façon de séparer la sphère professionnelle de la sphère privée.
- Peut-être, mais je préférais comme c'était avant, décréta Severus. Si Pomona propose qu'ils soient de nouveau côte à côte, je la soutiendrai.
- Moi aussi, affirma Remus.
- Euh… On va avoir un problème, signala Sirius. Ça va être compliqué d'accoler nos deux bureaux à nos appartements…
- Ne t'inquiète pas, c'est largement faisable, assura Severus.
- Mais il faut que ce soit prêt pour la rentrée !
- L'été sera suffisant pour tout mettre en place. Ça l'a bien été pour l'année dernière, donc ça le sera pour cette année aussi… Mais il faut d'abord que Dumbledore soit d'accord.
Remus et Sirius acquiescèrent et se remirent à manger tout en surveillant la table de leurs maisons respectives. Le silence s'installa entre les trois collègues jusqu'à ce que Harry et Draco entrent dans la Grande Salle… main dans la main. Remus et Severus les virent en même temps tandis que Sirius, lui, bataillait avec sa viande. En échangeant un regard avec Severus, Remus comprit qu'il se posait la même question que lui : était-ce prévu que Harry et Draco officialisent leur relation la veille de la rentrée ? Remus n'en savait rien mais il préféra préparer Sirius en douceur à ce qu'il allait voir :
- Sirius ? appela-t-il.
- Oui ? répondit Sirius en arrivant enfin à avoir un bout de viande qu'il engloutit.
- Je crois que Harry et Draco ont décidé d'arrêter de se cacher…
Sirius se figea avant de relever brusquement la tête. Il dut voir le couple car ses yeux s'exorbitèrent, il ouvrit la bouche… mais aucun son n'en sortit. Il se prit la gorge et essaya visiblement d'expulser quelque chose. Remus devina qu'il était en train de s'étouffer et se leva aussitôt pour l'aider.
- Non, attends, je vais le faire ! s'exclama Severus.
- Non, je sais comment m'y prendre, répliqua Remus en donnant une claque dans le dos de Sirius.
- Mais je suis médicomage, je maîtrise mieux les gestes que toi !
- Tu ne touches pas Sirius, gronda Remus en donnant une deuxième claque.
- Mais…
- C'est à moi de le faire, Severus ! Je suis son compagnon ! Alors avec tout le respect que je te dois, tu me laisses sauver l'homme que j'aime et tu vas voir ailleurs si j'y suis !
Sur ces mots, Remus donna une autre claque et voyant que ça ne faisait pas effet, il se plaça derrière Sirius et essaya la méthode de Heimlich. Il n'eut besoin de faire que deux pressions pour que Sirius rejette le bout de viande qui l'incommodait. Remus fut soulagé de l'entendre se remettre à respirer, bien que laborieusement.
- Ça va ? s'inquiéta Remus. Tu peux parler ?
- Oui, plus de peur que de mal, croassa Sirius. Quelle connerie, cette viande…
- C'est de ma faute, je n'aurais pas dû te dire, pour Harry et Draco…
- Tu ne pouvais pas savoir que ce maudit bout de viande passerait de travers… J'espère que Harry ne m'a pas vu !
- Navré mais étant donné la discrétion dont nous avons fait preuve, je pense que tout le monde t'a vu, grimaça Severus.
Sirius redressa de nouveau la tête et fronça les sourcils.
- Pourquoi ils nous regardent tous bizarrement ? D'accord, j'ai failli m'étouffer, ça n'arrive pas tous les jours, mais je vais mieux, ils peuvent passer à autre chose…
- Je ne crois pas que ce soit ta mésaventure qui retienne leur attention, dit Remus, gêné. Tu ne nous as peut-être pas entendus, Severus et moi, mais on s'est un peu pris la tête pendant que je te donnais des claques car on voulait tous les deux s'occuper de toi, Severus a mis en avant ses compétences de médicomage, je lui ai dit de ne pas te toucher, il a voulu insister, je me suis énervé et…
Remus se tut, de plus en plus gêné. Il réalisait avec horreur ce qu'il avait hurlé et il savait qu'il ne pourrait jamais rattraper ça.
- Et ? le poussa Sirius.
Remus céda.
- Et j'ai hurlé à Severus que j'étais ton compagnon et qu'il pouvait aller voir ailleurs pendant que je sauvais l'homme que j'aimais.
Sirius écarquilla les yeux d'effroi.
- Non… tu n'as pas fait ça…
- Si. Je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris…
Remus se tourna vers Severus.
- Pardon, Severus. Je ne voulais pas te hurler dessus comme je l'ai fait…
- Ce n'est pas de ta faute, soupira Severus. C'est l'un des effets du lien. Je t'avais dit que tu allais te montrer très possessif… Eh bien voilà, tu en as eu la preuve.
- Et c'est par possessivité que j'ai balancé devant toute la Grande Salle que j'étais en couple avec un de mes collègues ? ironisa Remus.
- Un peu, puisque tu m'as dit ça pour me faire comprendre que je ne devais pas approcher Sirius. Mais je serai là pour vous défendre. Car il est évident que Dumbledore va vite en entendre parler… C'est une chance qu'il ne mange presque jamais dans la Grande Salle.
- Et face aux élèves ? On fait quoi ?
- Je pense que vous pouvez leur dire la vérité, que vous êtes en couple mais que cela ne regarde que vous et que ça ne doit pas faire l'objet de discussions intempestives durant les cours.
- D'accord. Merci pour ces conseils. Mais ça me stresse qu'ils nous fixent comme ça…
- Je vais sortir, décréta Remus. Ils reporteront peut-être leur attention sur leur assiette si l'un d'entre nous n'est plus là… Et vu que c'est de ma faute…
- Remus, qu'est-ce que je t'ai dit ? gronda à son tour Severus.
- Que c'était mon loup, oui, je sais. Mais ça ne m'empêche pas de me sentir responsable. J'ai été un vrai boulet sur ce coup-là…
- Je crois que c'était un mal pour un bien, dit Sirius. C'est mieux que Dumbledore soit au courant. Il y a plein de situations où il serait nécessaire qu'il sache qu'on est ensemble et qu'on est unis par un lien spécial. Surtout dans des cas où j'aurais besoin de toi. Ou que toi, tu aies besoin de moi. Même si ça doit être plus rare. Et puis, on n'a rien à craindre. Il ne peut pas nous renvoyer. Et il ne peut pas nous demander de mettre fin à notre relation. Il ne peut pas nous dire «Soit vous restez ensemble et vous démissionnez, soit vous conservez votre poste mais vous vous séparez». Certes, on transgresse le règlement en ayant cette relation mais on n'a pas le choix. On ne peut pas aller contre le lien. Je le sais pour avoir failli y passer lorsque je refusais d'accepter le lien… Et puis Severus nous l'a dit : il sera là pour nous défendre. Personne ne s'y connaît mieux que lui. Il a été aux premières loges en t'apprenant l'existence de ce lien, en t'expliquant tout ce que tu devais savoir et en te disant ce que tu allais devoir faire quand le moment serait venu de procéder au transfert. Alors oui, ce n'était pas prévu qu'on ait cette discussion maintenant avec Dumbledore mais ce n'est pas plus mal comme ça. De toute façon, j'ai l'impression que depuis qu'on est revenus, rien n'est normal dans ce château. Hier, Théo et Justin officialisent de manière totalement inattendue, aujourd'hui c'est Harry et Draco et sans qu'ils le veuillent, ils ont provoqué notre propre officialisation… C'est du grand n'importe quoi. Bon, on ferait mieux de finir de manger et d'y aller. On a encore une heure avant la réunion mais il faut toujours être un peu en avance.
Remus acquiesça, tout comme Severus, et ils réattaquèrent leur assiette. Sirius s'était bien remis de ce qui lui était arrivé, au plus grand soulagement de Remus. Il observa la table des Gryffondor et vit Harry fixer Sirius avec insistance, mais pas de la même façon que ses camarades. Il n'y avait pas de curiosité sur son visage mais de l'inquiétude. Remus parvint néanmoins à capter son regard et il en profita pour lui sourire et lui faire signe que tout allait bien. Harry se détendit aussitôt et lui rendit son sourire. Remus n'était cependant pas dupe : Harry devait sûrement se sentir coupable d'avoir provoqué l'étouffement de Sirius et la révélation de leur couple. Remus n'avait pas le temps de lui parler alors qu'il aurait aimé le raisonner et le rassurer, mais il comptait sur toute la bande d'amis de Harry pour s'en occuper. Il savait qu'il pouvait leur faire confiance. De son côté, il devait assister à une réunion et elle promettait d'être très mouvementée…
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Une heure plus tard, l'équipe enseignante était au complet dans la salle des professeurs, avec le directeur et les deux préfets-en-chef, à savoir Cassius Warrington de Serpentard et Tess Jenner de Serdaigle. Au début de l'année, c'était Dinah Cook qui était préfète-en-chef mais elle avait vite été débordée et elle avait donc renoncé à son poste. Comme la réunion portait sur les préfets, les deux septième année avaient été conviés à y participer pour donner leur avis s'ils le souhaitaient. Remus trouvait que c'était une bonne chose qu'ils soient présents puisque Severus comptait parler de leur rôle. Ils seraient les plus à même de dire ce qu'ils en pensaient. Même si c'étaient les futurs préfets-en-chef qui étaient concernés et non eux. Une fois tout le monde assis, Dumbledore prit la parole :
- Bonjour à tous. Je suis ravi que cette réunion puisse enfin se tenir. Je craignais que les vacances ne se terminent sans qu'elle n'ait pu avoir lieu… Sirius, Remus, Pomona, Severus, vos listes sont-elles prêtes ?
Remus et ses collègues hochèrent la tête.
- Bien. Severus, on vous écoute. Quels élèves avez-vous retenus pour le poste de préfet ?
- J'ai retenu Warren Brett, Harold Fawkes et Simon Harper chez les garçons, et Polly Chowdhury, Lauren Keegan et Martha Staley chez les filles.
Severus énuméra les qualités des six élèves et expliqua en quoi ils feraient de bons préfets. Tout le monde approuva sa liste. Ce fut ensuite au tour de Pomona de présenter la sienne.
- Pour ma part, j'ai choisi Jason Allister, Shane Barton et Noah Cadbury chez les garçons, et Fiona Bowden, Elsa Fleming et Kristen Orton chez les filles.
Comme Severus, Pomona justifia sa liste mais contrairement à lui, son choix ne fit pas l'unanimité.
- J'aurais opté pour les mêmes élèves sauf en ce qui concerne Miss Orton, s'opposa Severus. Elle a tendance à dire un peu trop haut ce qu'elle pense, si bien que sans l'intervention d'un professeur, un conflit éclaterait alors que c'est justement ce que doivent éviter les préfets.
- Elle est simplement franche et elle a une voix qui porte, ce n'est pas de sa faute, répliqua Pomona.
- Je suis d'accord avec Severus, intervint Remus. C'est bien qu'elle ait des prises de position, mais elle s'en sert pour provoquer des débats qui, elle le sait très bien, ont de grandes chances de tourner au vinaigre. Elle manque de discrétion et c'est très préjudiciable pour une préfète.
- Ah ça c'est sûr, tu es bien placé pour parler de discrétion, ironisa Pomona. On l'a tous vu ce midi.
Un silence glacial suivit les paroles de Pomona. Remus aurait pu être terriblement gêné s'il n'était pas autant choqué. Il ne s'attendait pas à ce que la personne qui le vendrait serait Pomona… Il avait toujours été en d'excellents termes avec elle ! Elle lui avait prouvé plus d'une fois son amitié ! Elle l'avait toujours soutenu et défendu ! Pourquoi venait-elle de retourner sa veste, tout à coup ? C'était incompréhensible. Le choc laissa place à de la déception et à un sentiment de trahison.
- Pomona, tu aurais pu te taire, siffla Filius.
- Non, elle a raison, Remus est bien culotté de critiquer quelqu'un sur sa discrétion, dit Septima. Et Severus aussi, d'ailleurs.
- C'est clair, après le cirque qu'ils nous ont fait ce midi, renchérit Aurora. Un de leurs collègues était en train de s'étouffer et eux, tout ce qu'ils trouvaient de mieux à faire, c'était se bouffer le nez…
- Remus tapait dans le dos de Sirius en même temps ! signala Charity.
- Mais on ne se dispute pas alors que quelqu'un est en détresse ! s'indigna Septima. Surtout pour se battre pour décider qui va jouer aux héros ! C'est d'une immaturité !
- On ne juge pas quand on ne sait rien de la situation, Septima, répliqua froidement Severus.
- Messieurs, mesdames, calmez-vous, s'il vous plaît, intima Dumbledore. J'aimerais bien savoir ce qui se passe. Qu'y a-t-il eu ce midi pour que cela occasionne une telle discorde entre vous ?
Personne ne répondit. Pomona, Aurora et Septima croisèrent les bras et jaugèrent du regard Severus, Filius et Charity qui firent de même. Deux clans s'étaient clairement formés et cette impression était renforcée par le fait que toutes les personnes d'un même clan étaient assises en face des personnes de l'autre clan. Remus était à présent très mal à l'aise et il sentait qu'à côté de lui, Sirius l'était tout autant. Les préfets-en-chef, eux, semblaient gênés d'assister à un conflit entre professeurs.
- La réunion ne reprendra pas tant que je ne saurai pas ce qui a provoqué ce désaccord. Pomona, que reprochiez-vous à Remus ce midi ?
- Je ne voudrais pas importuner mes collègues avec ma franchise. Vu qu'apparemment, ici, il est de rigueur de se taire…
- Sauf que ce ne sont pas eux qui décident ici. Si je vous pose une question, ils n'ont pas à interférer dans votre réponse. Je ne veux que la vérité, alors je vous écoute.
Estimant que ce n'était pas à Pomona de la dire, Remus voulut la devancer. Mais il avait besoin de l'accord de Sirius pour cela. Il tourna la tête vers son compagnon qui comprit sa demande muette et qui lui donna son assentiment par un léger signe de tête. Cela suffit à Remus pour se lancer :
- C'est bon, je vais prendre mes responsabilités. Ce midi, Sirius a failli s'étouffer, j'ai voulu l'aider, Severus aussi, ça a engendré une dispute et j'ai finalement eu gain de cause en lui balançant à haute voix que Sirius était mon compagnon et qu'il devait me laisser sauver l'homme que j'aimais. Vous l'aurez donc compris : Sirius et moi sommes en couple. Et j'imagine que c'est précisément cela que nous reprochent Pomona, Septima et Aurora.
- Il y a de quoi ! s'exclama Pomona. Dois-je te rappeler qu'ici, les relations entre professeurs sont interdites ?
- Je le sais, merci, rétorqua sèchement Remus.
- Eh bien ce n'est pas l'impression que tu donnes ! Et tu as une bien drôle de façon de remercier le directeur pour tous les risques qu'il a pris pour toi. De par ta condition, personne d'autre que lui ne t'aurait permis de travailler ici ! Tu avais sa confiance, et toi, tu l'as trahie en sortant avec un de tes collègues alors que c'est interdit ! Comment veux-tu faire évoluer les regards sur les loups-garous si toi-même, tu ne respectes rien ?!
- Tu n'as pas le droit d'attaquer Remus là-dessus, Pomona ! hurla Sirius. Je ne sais pas ce que tu as aujourd'hui à t'acharner sur Remus comme ça mais tu vas te calmer et vite fait !
- Sirius, veuillez baisser d'un ton, ordonna Dumbledore. Bon, je crois qu'il est inutile d'essayer de faire la réunion dans de telles conditions. Je vous recontacterai pour vous donner une autre date, en espérant que ce sera la bonne. Sirius, Remus, vous restez. Les autres, vous pouvez partir.
Tout le monde se leva et s'en alla, à part Sirius, Remus et Severus.
- Je n'ai retenu que vos deux collègues, Severus, fit remarquer Dumbledore.
- Je sais, mais j'ai joué un rôle important dans leur mise en couple, si bien que j'en sais plus qu'eux-mêmes.
Le choc se lut sur le visage de Dumbledore.
- Severus, je ne vous pensais pas comme ça. Pousser Sirius et Remus à enfreindre le règlement pour les faire renvoyer…
- Non ! s'écria Sirius. Il ne s'agit pas de ça ! Severus ne nous a pas poussés à nous mettre ensemble dans l'intention de nous nuire, bien au contraire ! Il l'a fait pour nous sauver ! Sans lui…
Sirius frissonna, et Remus ne put s'empêcher de faire de même. Il ne voulait pas imaginer ce qui se serait passé si Severus n'avait pas été là. Jamais Remus n'aurait eu l'idée de procéder à un transfert. Ils échangèrent tous trois un regard lourd de sous-entendus. Dumbledore, lui, les regardait avec l'air de celui qui ne comprenait rien du tout.
- Est-ce que l'un d'entre vous va enfin se décider à tout m'expliquer ? s'impatienta-t-il.
Remus se porta volontaire et commença le récit. Sirius, Severus et lui se relayèrent à tour de rôle et racontèrent à Dumbledore tout ce qui s'était passé. Ils ne gardèrent que quelques détails pour eux, souhaitant être le plus transparents possible. Ils parlèrent ainsi pendant une heure et demie sans que Dumbledore ne les interrompe. D'abord perplexe, il se montra vite intéressé, puis fasciné par cette histoire que lui relataient les trois collègues.
- Nous sommes désolés de ne pas vous avoir mis au courant plus tôt, acheva Remus. Sirius et moi avions peur de votre réaction. Nous savions pourtant que nous finirions par devoir vous le dire un jour ou l'autre mais comme souvent dans ce genre de situation, nous préférons retarder l'échéance au maximum jusqu'à se retrouver au pied du mur.
- C'est malheureusement assez courant, effectivement. Je serais bien incapable de vous en vouloir pour quelque chose d'aussi humain. Bien sûr, j'aurais aimé que vous veniez m'en parler avant mais je peux concevoir que c'était difficile de vous lancer. Vous craigniez sûrement que je vous renvoie de vos postes. Ou que je vous demande de choisir.
- Oui, avoua Sirius.
- Je n'aurais pourtant pas pu le faire. D'après les dires de Severus, dès lors que vous êtes conscient de l'existence de ce lien, vous n'avez pas d'autre choix que de l'accepter. L'état dans lequel Sirius s'est retrouvé en le rejetant prouve à quel point il est vital que vous l'acceptiez. Je ne peux donc pas vous demander de choisir entre votre couple et votre travail puisqu'il est impossible pour vous de renoncer à votre relation. Cela reviendrait à vous renvoyer directement étant donné que vous seriez obligés de choisir votre couple. Et puis, ce serait injuste de vous licencier alors que c'est la nature qui a décidé que vous deviez passer le restant de vos jours ensemble. Vous n'avez rien demandé. Je ne peux pas vous sanctionner pour quelque chose dont vous n'êtes pas responsable. Tout ce que je vous demande, c'est de rester discret et de faire en sorte que vos problèmes de couple n'interfèrent pas dans votre travail. Ces deux sphères doivent demeurer indépendantes l'une de l'autre.
- Nous y veillerons, c'est promis, jura Remus. Et nous sommes encore désolés d'avoir occasionné toute cette pagaille. La réunion n'a même pas pu se tenir…
- Elle aurait pu avoir lieu si certaines de vos collègues étaient restées professionnelles. Il va falloir mettre les choses au clair avec tout le monde. Je ne veux pas que vos collègues croient que je vous fais bénéficier d'un traitement de faveur et que des tensions persistent et s'accentuent entre vous. Ils doivent comprendre que votre cas est spécial. Cela inclut de leur dire toute la vérité sur votre lien. Mais il faut que vous soyez d'accord pour cela.
- Je le suis, déclara Sirius.
- Moi aussi, renchérit Remus.
- Bien. Nous organiserons une petite réunion à cet effet. Severus, puis-je compter sur vous pour tout expliquer à vos collègues ? Vous semblez connaître le sujet sur le bout des doigts.
- Tout ce qui a trait aux loups-garous et à d'autres créatures considérées comme des Forces du Mal n'a plus aucun secret pour moi. Je dirai donc à nos collègues tout ce qu'ils doivent savoir.
- Merci, Severus. Sirius, Remus, en attendant cette petite réunion, évitez tout contact avec Pomona, Aurora et Septima. Ne leur parlez que si c'est nécessaire. N'essayez pas d'arranger les choses avec elles, cela ne servira à rien tant qu'elles ne sauront pas la vérité sur votre relation.
Sirius et Remus acquiescèrent.
- Si vous n'avez rien d'autre à ajouter, vous pouvez y aller.
Les trois collègues saluèrent Dumbledore et sortirent de la salle des professeurs.
- La rentrée promet d'être tendue, soupira Remus.
- Ça ira mieux quand nos collègues sauront tout sur votre lien. Pour le moment, ils ne savent rien, c'est donc normal que certains d'entre eux n'acceptent pas le fait que vous soyez ensemble… Tout ce qu'ils voient, à l'heure actuelle, c'est que vous enfreigniez le règlement qui interdit les relations entre professeurs. Mais ils changeront d'avis quand ils apprendront l'existence de ce lien entre vous.
- Pas sûr que ça suffise à convaincre Pomona, ironisa Sirius. Elle a l'air tellement remontée contre Remus…
- Oui, et je ne comprends pas pourquoi, dit tristement Remus. On s'est toujours si bien entendus… Son attitude m'a fait de la peine. J'ai l'impression d'avoir été trahi.
- Je ne pense pas que c'était contre toi. Elle aurait réagi de la même façon si ça avait été n'importe qui d'autre. Tu pourras t'expliquer avec elle quand la petite réunion aura eu lieu. Bon, ce n'est pas tout mais j'ai des potions à préparer. Essayez de ne pas trop penser à tout ça, ça ne vous amènera à rien à part à vous déprimer davantage.
- Plus facile à dire qu'à faire, grimaça Sirius. Mais on va faire de notre mieux.
- Severus, avant que tu partes… Je tenais encore à m'excuser pour tout à l'heure. Je sais que c'est mon loup qui a agi à ma place mais je m'en veux quand-même de t'avoir crié dessus comme ça.
- Oui eh bien moi je ne t'en veux pas du tout, alors oublie et fais comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas que de la faute du lien, en plus. J'aurais dû ne pas insister quand tu m'as dit que tu savais comment t'y prendre… Mais j'ai voulu à tout prix jouer au médicomage.
- C'est un peu normal, vu que tu en es un, s'amusa Remus. Bon, si tu ne m'en veux pas, alors je suis rassuré. Allez, on va te laisser retourner à tes chaudrons. Passe une bonne fin de journée.
Severus souhaita de même à Sirius et Remus et s'en alla.
- On rentre ? proposa Remus à son compagnon.
- Oui, j'ai encore plein de travail à faire.
Sirius et Remus entrelacèrent donc leurs doigts et prirent le chemin de leurs appartements. Même si ça ne s'était pas passé de la façon dont il l'aurait souhaitée, Remus était soulagé que leur couple ne soit plus un secret. Tout en restant correct et discret, ils pourraient se tenir par la main et échanger de petits baisers à la table des professeurs ou dans les couloirs entre deux cours. Ils n'avaient plus à se cacher et ça, c'était vraiment top. Ils étaient davantage libres et Remus était sûr que leur relation ne s'en porterait que mieux.
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Une heure et demie plus tôt, POV Harry
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Assis près du lac, Harry fixait l'étendue d'eau sans vraiment la voir. Il était plongé dans ses pensées. Il ne cessait de repenser à ce qui s'était passé dans la Grande Salle. Il s'en voulait. Sirius avait failli s'étouffer en le voyant s'afficher avec Draco. Il le savait puisqu'il regardait son parrain à ce moment-là. Il s'en était rapidement remis mais Remus et le professeur Snape avaient eu la bonne idée de se disputer et tout le monde était maintenant au courant de la relation entre Sirius et Remus puisque ce dernier, pris dans sa colère, y avait fait allusion sans réfléchir… Mais ce n'était pas de sa faute, à la base. Le seul coupable, c'était Harry. Il aurait dû prévenir son parrain avant d'officialiser son couple avec Draco… Il aurait dû se douter que ça allait surprendre Sirius ! Bon, d'accord, il ne pouvait pas prévoir qu'il viendrait d'avaler quelque chose quand il le verrait, mais il se sentait tout de même responsable. Il avait été rassuré par Remus qui lui avait fait signe que tout allait bien mais tout cela lui avait coupé l'appétit et il était vite sorti de la Grande Salle. Il avait un peu marché dans le château puis il était venu se réfugier ici. Il ressassait donc la scène pour ce qui devait être la cent cinquante-sixième fois lorsqu'une voix s'éleva derrière lui.
- C'est donc ici que tu te caches ?
Harry ne réagit pas mais sentit Draco s'asseoir à côté de lui.
- Tu boudes ?
Harry secoua la tête.
- Tu es aphone ? Tu joues à ni oui ni non ?
Harry sourit malgré lui.
- T'es bête…
- Ah, ouf, tu sais encore parler ! J'ai eu peur… Bon, plus sérieusement, qu'est-ce que tu fais ici tout seul ?
- Je suis venu rendre visite au Calmar géant.
- Et la vraie raison ?
Harry soupira.
- J'avais besoin d'être seul.
- À cause de ce qui s'est passé tout à l'heure ?
Harry acquiesça.
- Je m'en veux. J'aurais dû lui dire qu'on allait officialiser…
- On n'a pas vraiment eu le temps. Tout s'est décidé hyper vite. Et puis tu ne pouvais pas savoir que ton parrain s'étoufferait en te voyant main dans la main avec ton petit-ami… Tu ne l'as pas voulu. Et Remus l'a sauvé très rapidement. C'est ça que tu dois te dire.
Harry se laissa convaincre par ces mots.
- Tu as raison. Mais ça ne change rien au fait que tout le monde sait désormais que Sirius et Remus sont en couple… Non seulement ils peuvent avoir des problèmes car les relations entre professeurs sont interdites, mais en plus ils viennent de faire par la même occasion leur coming-out… Personne ne savait qu'ils étaient bi ou gay… Et ils n'étaient peut-être pas prêts à ce que ça se sache. Ils vont faire face à tout un tas de remarques… Du moins, jusqu'à ce qu'ils se fassent virer…
- Rah mais arrête ! Tu vois tout en noir, là. Tu crois vraiment que Dumbledore va les renvoyer sans les laisser s'expliquer ? Enfin, tu le connais, il donne une chance à tout le monde ! Et puis, n'oublie pas que Sirius et Remus sont unis par un lien spécial et qu'ils n'ont rien demandé. Dumbledore ne peut pas les renvoyer alors qu'ils n'y sont pour rien si le loup de Remus a choisi Sirius comme son compagnon attitré… C'est toi-même qui m'a expliqué tout ça. Dumbledore n'est pas idiot. Il a beau être vieux, il va comprendre tout ça. Et je ne voudrais pas dire mais il n'a qu'à s'en prendre à son choixpeau, aussi… Tu m'as bien dit que c'était lui qui avait décidé de mettre Sirius et Remus dans les mêmes appartements ? Eh bien c'était qu'il y avait sûrement une raison. Il devait déjà savoir, lui. Il ne fait jamais rien par hasard.
Harry médita longuement sur les paroles de Draco.
- C'est vrai, finit-il par dire. J'espère que Sirius et Remus vont réussir à le convaincre…
- Severus sera probablement avec eux. Ça va bien les aider. Après, si ça te tracasse vraiment trop, tu peux aller les voir dans la soirée pour savoir s'ils ont vu Dumbledore et si ça s'est bien passé. Mais en attendant, tu vas te changer les idées. Je ne sais pas si tu te souviens mais on doit passer l'après-midi avec la bande.
Harry grimaça.
- Tu avais oublié ?
- Non… Enfin oui, un peu. Bon, j'avais totalement zappé, j'avoue. Mais ça ne me dit pas trop.
- Ça te ferait pourtant du bien de voir tout le monde. Tu sais qu'on s'amuse bien, à chaque fois.
- Tu peux y aller tout seul, si tu veux. Je ne t'en empêche pas.
- Je préférerais y aller avec toi. Et puis ce sera triste si tu n'es pas là… Il manquerait quelqu'un. La bande ne serait pas au complet. Allez, s'il te plaît…
Harry soupira.
- D'accord, on y va.
Draco sauta aussitôt sur ses pieds avec un air victorieux. Harry leva les yeux au ciel tandis que son petit-ami lui tendait la main. Harry la saisit et s'en aida pour se hisser et se relever. Draco en profita pour l'attirer à lui et s'emparer de ses lèvres. Harry se laissa faire et répondit volontiers au baiser de son chéri. Ils s'embrassèrent ainsi pendant de très longues minutes. À un moment, Harry sentit les mains de Draco se glisser sous son pull et il gémit lorsqu'elles se mirent à lui caresser le dos. Mais il se souvint qu'ils étaient dans le parc, qu'ils n'étaient pas seuls, qu'il y avait du monde qui pouvait les voir et il rompit donc le baiser tout en s'écartant de Draco.
- On n'est pas au bon endroit pour ce genre de choses, signala-t-il.
- Je ne comptais pas aller plus loin, protesta Draco.
- Je me doute bien, mais je ne suis pas à l'aise à l'idée de se tripoter comme ça en public…
- Je comprends, apaisa Draco. On verra ça tout à l'heure, si on réussit à avoir la salle sur demande une fois tout le monde parti…
- Espérons que personne n'aura la même idée, songea Harry. Bon, allons-y.
Draco acquiesça et ils rentrèrent au château, main dans la main. Ils prirent les escaliers et montèrent jusqu'au septième étage. Ils se rendirent à la salle sur demande devant laquelle Ron les attendait. Il les fit entrer et referma la porte derrière eux. Ils étaient au complet, constata Harry en avançant avec Draco.
- Ah, tu as réussi à le faire venir ! s'exclama Pansy à l'attention de Draco.
- Pourquoi ? Harry a des problèmes à ce ni… Aïeeuuuuuh !
Blaise venait de se prendre une claque derrière la tête de la part de Pansy.
- Ça t'apprendra à dire des choses pareilles ! Surtout devant ta petite-amie qui a un an de moins que toi ! Et puis tu vas gêner Harry !
- Oh, ne t'en fais pas, il m'en faut plus que ça, assura Harry. Si tu savais tout ce qu'on entend, Ron et moi, dans notre dortoir… Je suis sûr qu'on réussirait à mettre Blaise mal à l'aise.
- Ah oui, vraiment ? ricana celui-ci. C'est beau d'espérer. Vous pouvez toujours essayer, hein. Mais je vous préviens : vous allez vous casser les dents.
- D'accord, alors j'ai entendu Dean une fois raconter l'histoire d'un mec qui…
- Non mais j'ai pas dit maintenant ! s'écria Blaise. Tu vas traumatiser Théo, et Ginny est trop jeune pour écouter ce genre de choses !
- Ben voyons, ironisa Ginny. Comme si mes oreilles étaient restées innocentes avec six frères aînés dont deux qui sont très portés sur le sujet…
- Et moi je peux très bien m'entourer d'une bulle de silence le temps que Harry raconte son histoire, enchaîna Théo.
Blaise regarda Ginny et Théo avec un air affligé.
- Trahi par ma petite-amie et mon meilleur ami… Vous n'êtes que des vendus.
Tout le monde éclata de rire alors que Théo et Terry faisaient une place à Harry et Draco. Harry ne regrettait pas d'être venu. Draco avait raison : à chaque fois qu'ils se retrouvaient, ils rigolaient et s'amusaient bien ensemble.
- Dire que c'est la fin des vacances, soupira Ron. C'est passé trop vite.
- Je trouve aussi, renchérit Justin. Je ne suis même pas prêt pour l'examen de sortilèges…
- Tu devrais t'en sortir si tu as bien travaillé pendant toute l'année, estima Hermione. Et j'imagine que c'est le cas.
- En effet. Et puis bon, le professeur Black est gentil, ce n'est pas lui qui va nous sous-noter comme peuvent le faire certains professeurs… J'ai toujours trouvé que le professeur McGonagall était trop stricte, par exemple. Depuis qu'on a le professeur Lupin en métamorphose, j'ai l'impression d'être noté à ma juste valeur. Et ce qui est bien, avec le professeur Black, c'est qu'il est hyper cool, même un peu trop, mais il ne surnote pas. C'est un risque avec les professeurs trop gentils.
Justin dut soudain réaliser quelque chose car il eut l'air embarrassé.
- Euh… On devrait peut-être changer de sujet.
En voyant Justin éviter soigneusement son regard, Harry comprit que c'était par rapport à lui qu'il était gêné. Justin avait peur qu'il soit mal à l'aise d'entendre parler de Sirius et de Remus à cause de l'incident du midi. Mais Harry ne voulait pas qu'il y ait de tabou au sein de la bande. Il se doutait bien que ses amis voulaient savoir comment il prenait la chose, s'il était déjà au courant, s'il était stressé quant aux répercussions que cela allait avoir… Ils devaient se poser plein de questions sans oser les lui poser, par respect pour lui. Harry appréciait beaucoup cette attention mais il avait envie de tout mettre à plat à ce sujet. Il savait qu'il pouvait leur faire confiance et leur dire la vérité.
- Bon, écoutez, je crois qu'on ferait mieux de parler de ce qui s'est passé dans la Grande Salle tout à l'heure, déclara-t-il. Vous avez sûrement tout un tas de questions, alors vous pouvez me les poser. J'y répondrai dans la mesure du possible.
Il y eut un bref silence, puis Hermione se lança :
- Comment te sens-tu ?
Harry sourit. Il reconnaissait bien là sa meilleure amie. Toujours à s'enquérir de son moral et de son état de forme en premier lieu.
- Je m'en veux, car c'est en me découvrant main dans la main avec Draco que Sirius s'est étouffé et que ça a provoqué l'officialisation de son couple avec Remus, mais Draco et moi en avons parlé et il m'a aidé à me départir un peu de ma culpabilité. Je suis surtout inquiet car j'ai peur qu'ils se fassent renvoyer, étant donné que les relations entre professeurs sont interdites…
- Mais leur relation est particulière, nuança Ron. Ça devrait les protéger… Ce n'est pas comme s'ils avaient eu le choix de se mettre ensemble…
- On les a forcés ?! s'exclama Pansy.
- En quelque sorte, éluda Harry. Je vais vous expliquer. Comme vous le savez, le professeur Lupin est un loup-garou. Il est également gay. Et il se trouve que certains loups-garous gay peuvent avoir un compagnon attitré. Ce sont ceux qui croient profondément en l'amour. À cause de leur condition, ils ont besoin de quelqu'un en qui ils peuvent avoir totalement confiance pour fonder une famille. Quand on est gay, c'est déjà compliqué. Mais quand en plus, on est un loup-garou, c'est encore plus compliqué. Il leur faut donc la bonne personne. Et c'est pour ça qu'ils ont un compagnon attitré. Il n'y a qu'avec ce compagnon que le loup-garou peut être pleinement heureux, et vice-versa. Car ce lien se fait autant sentir chez l'un que chez l'autre, mais sans qu'ils soient forcément au courant de l'existence de ce lien. Dans le cas du professeur Lupin, son compagnon, c'est le professeur Black. Ils n'ont su que très récemment qu'ils étaient liés, car jusqu'à peu, les conditions n'étaient pas du tout requises pour qu'ils prennent conscience du lien. Lors de leurs années Poudlard, ils étaient trop jeunes, ensuite il y a eu la guerre contre Voldemort, puis il y a eu les douze ans d'emprisonnement de Sirius à Azkaban… Ce n'était pas facile de se découvrir liés dans de telles circonstances. C'est donc il y a quelques semaines qu'ils l'ont appris. Sirius a d'abord rejeté le lien mais comme je vous le disais, il le ressentait au plus profond de lui. Mais il ne voulait pas l'accepter, car c'était une sorte de privation de liberté pour lui, puisqu'il ne pouvait pas choisir la personne avec qui il se marierait et aurait des enfants. Ce refus du lien l'a mis en danger et c'est en réalité pour ça qu'il a été remplacé pendant un moment par le professeur Flitwick. Tout est heureusement rentré dans l'ordre grâce à un transfert que Remus a effectué sur Sirius. C'était le seul moyen de le sauver, il y avait des risques que Sirius rejette le transfert et que ça tourne très mal mais par chance, tout s'est bien passé. Cela lui a permis par la même occasion d'accepter le lien et depuis, tout va pour le mieux. Voilà, c'est un résumé très condensé car en vrai, l'histoire est beaucoup plus longue et beaucoup plus complexe que ça. Mais vous savez le principal. Et vous comprenez maintenant mieux ce que Ron voulait dire par «ce n'est pas comme s'ils avaient eu le choix de se mettre ensemble», car c'est le lien qui les y a obligés.
Les explications de Harry furent suivies d'un silence qui dura quelques minutes.
- C'est très touchant, comme histoire, finit par dire Pansy. C'est bien que les loups-garous puissent avoir quelqu'un sur qui ils peuvent compter pour toujours. Mais c'est un gros manque de pot que le compagnon du professeur Lupin se soit révélé être le professeur Black, et qu'ils ne l'aient découvert qu'une fois à Poudlard en tant qu'enseignants… S'ils l'avaient su avant, ils n'auraient peut-être pas accepté de venir travailler à Poudlard…
- Je pense qu'ils auraient mis Dumbledore au courant de leur lien et qu'ils auraient été quand-même embauchés à condition que leurs problèmes de couple restent dans leurs appartements et n'affectent pas leur travail.
- Eh bien c'est sûrement ce que va leur demander Dumbledore quand il va les convoquer, positiva Blaise. Il ne peut pas les renvoyer parce qu'un lien les a forcés à se mettre en couple… Ils n'y sont pour rien. Il n'y a pas faute de leur part. Dumbledore doit en tenir compte.
- C'est ce que je disais à Harry, appuya Draco. Mais difficile de faire entendre raison à cette tête de mule.
- C'est normal qu'il ait peur, intervint Justin. C'est de son parrain et du compagnon de son parrain dont il est question. On s'inquiète davantage quand c'est quelqu'un de proche qui est concerné.
- C'est vrai, renchérit Terry. Mais du coup, tu savais déjà pour leur couple, Harry ?
- Oui, ça fait trois semaines que je suis au courant. J'en avais parlé à Ron, Hermione, Draco, Théo et Ginny. Ils sont les plus proches de moi, il valait donc mieux qu'ils sachent.
- Et ça ne t'a pas trop choqué ? s'enquit Blaise.
- Si, un peu. J'étais persuadé que mon parrain était hétéro puisque c'était ce qu'il croyait lui-même, et puis, surtout, je les ai toujours considérés comme étant de vieux amis d'enfance. Ils étaient amis depuis vingt-quatre ans, ça faisait donc bizarre d'apprendre d'un coup qu'ils étaient en couple… Ça m'a un peu déstabilisé. Mais j'ai aussitôt accepté leur relation. Je n'avais aucun problème avec ça. C'est juste que je devais désormais les voir comme un couple et non plus comme des amis. Il fallait que je m'y fasse. Et même si ça ne changeait rien à nos relations, je ne voyais plus tout à fait Remus de la même manière. Il n'était plus seulement un vieil ami de mon parrain. Il était son compagnon. Il faisait partie intégrante de la vie de mon parrain. Et de la mienne aussi par la même occasion. Et je voulais que ça soit ainsi pour toujours. J'avais adoré passer l'été dernier avec eux, puisque Remus habitait avec nous et on s'était tellement rapprochés que je voulais que ça recommence l'été suivant et ceux d'après. Mais j'avais peur que Remus veuille plutôt retourner chez lui, par peur de déranger ou pour une toute autre raison. Alors savoir qu'il est lié à vie avec mon parrain, ça me rassure car ça signifie qu'il restera à jamais avec nous. Pour le coup, j'ai vraiment l'impression d'avoir une vraie famille. Et c'est tout ce dont j'avais besoin. Alors oui, ça m'a choqué au début d'apprendre qu'ils étaient ensemble mais ça m'a vite apparu comme la meilleure nouvelle qu'on aurait pu m'annoncer. Voilà, désolé, je parle, je parle, mais j'ai des séances de thérapie depuis quatre mois et je crois que ça déteint trop sur moi, plaisanta Harry.
- Non, au contraire, c'est super que tu te livres comme ça, apprécia Pansy.
- Je n'ai pas trop l'habitude de me confier, je n'aime pas attirer l'attention sur moi, avoua Harry.
- Eh bien on n'a qu'à tous révéler quelque chose sur notre famille ! s'exclama Blaise. Comme ça, tu ne seras pas le seul à t'être confié.
- J'adore l'idée, s'enthousiasma Harry.
- Il faut que ce soit quelque chose qu'au moins une personne du groupe ne sait pas, sinon ça n'a pas d'intérêt, précisa Pansy. Par exemple, certaines personnes le savent ici mais je vais devenir grande sœur cet été.
Harry fut surpris, tout comme Hermione, Terry, Justin et Ginny. Ce fut elle qui réagit en premier :
- Ouah, toutes nos félicitations ! dit-elle joyeusement. Si ça a l'air de te rendre aussi heureuse, c'est que ce bébé était ardemment désiré ?
- Eh bien… oui et non. En fait, mes parents ont eu beaucoup de mal à m'avoir. Avant moi, ma mère a eu cinq grossesses et a fait quatre fausses couches. Ils n'espéraient plus y arriver, alors après avoir autant galéré, ils n'ont pas essayé d'avoir un deuxième enfant. Ils considéraient déjà ça comme un miracle d'avoir réussi à m'avoir. Mais voilà qu'il y a cinq mois, au moment où ils s'y attendaient le moins, ma mère a appris qu'elle était enceinte. Ils ont attendu les vacances de Noël pour me le dire. Et ils m'ont annoncé il n'y a pas longtemps que c'était un garçon. Ça m'a à peine étonnée. Je suis vouée à rester entourée de garçons, rigola Pansy. Allez, à quelqu'un d'autre, maintenant !
- On n'a qu'à faire le tour des aiguilles d'une montre, suggéra Ron, qui était à droite de Pansy.
- Malin, comme ça tu passes en dernier, ironisa celle-ci.
- Je trouvais ça juste plus logique, se justifia Ron.
- Bon, je me lance, dit Justin, qui était assis de l'autre côté de Pansy. Je n'en ai peut-être pas l'air, comme ça, mais… je suis le fils d'un millionnaire.
Tout le monde écarquilla les yeux, y compris Théo, qui apprenait visiblement la nouvelle en même temps que les autres.
- Tu es sérieux ? souffla Pansy.
- C'est pour ça que tu aurais pu aller à Eton ? Je me souviens que tu nous avait dit ça lors d'un cours de botanique en deuxième année, se rappela Hermione.
- Oui, mon père avait largement de quoi me payer l'école, confirma Justin, gêné.
- Pourquoi ? C'est quoi, comme école ? demanda Draco, intrigué.
- C'est une école élitiste et très coûteuse. Il existe des bourses pour les élèves issus de familles plus modestes mais j'étais censé faire partie de ceux qui n'en auraient pas eu besoin. Ma mère a été très déçue quand elle a su que j'avais été admis à Poudlard. Elle voulait vraiment que j'aille à Eton mais j'ai préféré aller à Poudlard. Et je ne regrette pas du tout. Je pense que j'aurais eu plus de chances de m'ouvrir l'esprit ici qu'à Eton. Et puis je n'aurais pas fait toutes ces merveilleuses rencontres. Je ne serais peut-être pas en couple, à l'heure qu'il est.
Le regard de Justin s'attarda sur Théo qui rougit. Harry ne put s'empêcher de trouver ça mignon.
- Tu n'es pas le seul à ne pas regretter d'avoir choisi Poudlard, je pense, se moqua gentiment Pansy. Allez, à toi, Théo.
- Bon, je n'ai rien qui me vient alors je vais mettre les choses au clair : si j'ai contribué à provoquer l'explosion qui a eu lieu en cours de sortilèges, ce n'est pas de ma faute, c'est celle de mon père. Il m'a transmis un trouble du fluide magique et c'est à cause de ça que ma magie est aussi instable. Je suis traité pour ça mais comme mon trouble a été découvert tard, ça ne fait pas vraiment effet. Tout ça pour dire que je suis innocent. Je n'ai rien fait. C'est de la faute de Harry. C'est lui qui s'est assis devant moi. Voilà.
Tout le monde éclata de rire alors que Harry était bouche bée, choqué par l'audace de Théo. Celui-ci s'en aperçut et sourit :
- Je plaisantais, bien sûr. Harry n'y est pour rien.
- Tout à fait, ce n'est même pas moi qui ai choisi ma place lors du tout premier cours de sortilèges. Je n'ai fait que m'asseoir à côté de Draco.
- Ça m'aurait étonné que ça ne me retombe pas dessus, maugréa Draco. Mais j'avoue, c'est moi qui me suis installé devant Théo. Mais bon, tout ça, c'est de la faute du Choixpeau, à la base. C'est lui qui nous a mis en binôme, Harry et moi. C'est donc à cause de lui si Harry s'est assis à côté de moi en sortilèges.
- Le pauvre, il n'est même pas là pour se défendre, rit Pansy. Mais c'est bien connu que les absents ont toujours tort. À ton tour, Draco.
- J'ai beau chercher, je ne vois pas ce que je pourrais bien révéler sur ma famille… Ah, si, je sais ! Avant d'être promise à mon père, ma mère a failli être fiancée au père de Goyle. Et mon père devait épouser la sœur du père de Crabbe. Aucune vanne, je vous jure que c'est vrai.
Tout comme Ron, Hermione, Ginny, Terry et Justin, Harry regarda Draco avec horreur.
- Je suis choqué, lâcha Ron. Par quel miracle tu as réussi à être un Black et un Malfoy ?!
- Annulations de contrats, répondit simplement Draco. L'herbe était plus verte ailleurs.
- J'aurais limite préféré que ton père se marie avec la sœur de Crabbe, dit Harry. Tu ne serais pas un Black, comme ça. J'aurais moins l'impression de sortir avec mon cousin au je ne sais quel degré.
- Mais tu es un Potter, pas un Black, rappela Blaise. Il n'y a aucun lien de parenté entre vous.
- Mais Sirius est comme un père pour moi, répliqua Harry. S'il lui prenait l'envie de m'adopter, je deviendrais son fils. Et là, officiellement, j'aurais un lien de parenté avec Draco.
- Vu comme ça… Bon, Draco, ton père aurait pu se marier avec la tante de Crabbe, franchement, il abuse, plaisanta Blaise.
- Que veux-tu, il n'a fait que des mauvais choix dans sa vie, rigola Draco. Blague à part, mon chéri, je suis désolé, ajouta-t-il à l'adresse de Harry, mais je préfère être un Malfoy qu'un Crabbe. Pour ma santé mentale, c'était beaucoup mieux comme ça.
- Je ne t'en veux pas, sourit Harry. Je préfère aussi que tu sois un Malfoy, en vrai. Au moins, tu as de la classe.
Harry accompagna ces mots d'un baiser qu'il déposa sur les lèvres de Draco.
- Tu veux passer ton tour, Harry, vu que tu as déjà dévoilé quelque chose sur ta famille ? demanda Pansy.
Harry hésita. Il avait dit quelque chose sur Sirius et Remus, mais pas sur ses vrais parents. Et il avait une information toute trouvée à donner à ses amis. Mais est-ce qu'il pouvait le leur dire ? Il estima que oui.
- Non, j'ai une autre info qui concerne mes parents biologiques, cette fois.
- Vas-y, on t'écoute, l'encouragea Pansy.
Harry prit une grande inspiration.
- J'ai trois parents, déclara-t-il.
Quatre paires d'yeux le fixèrent avec un air incrédule. Ron, Hermione, Ginny, Draco et Théo, eux, semblèrent surpris. Ils étaient déjà au courant mais ils ne devaient pas s'attendre à ce que Harry en parle.
- Harry, ce n'est pas le concours de celui qui a l'anecdote la plus rocambolesque, souligna Blaise. Il faut juste dire quelque chose que la plupart d'entre nous ne savent pas sur notre famille.
- Mais c'est la vérité, rétorqua Harry. Je peux te donner le nom de mon généticomage, si tu veux.
Blaise dut comprendre qu'il était sérieux car il prit un air piteux.
- Pardon, je croyais que tu plaisantais… Je te crois, même si je trouve ça énorme.
- Ne t'inquiète pas, je sais que ça peut surprendre.
- Mais comment tu t'es débrouillé pour avoir trois parents ? s'étonna Terry.
- Alors, techniquement, moi, je n'ai rien fait, s'amusa Harry. Ce sont mes parents qui ont dû penser que ce serait cool que j'ai un deuxième père ou une deuxième mère.
Harry expliqua alors comment il avait su qu'il avait un troisième allèle et il raconta également son rendez-vous avec le généticomage.
- C'est incroyable, murmura Justin. Le monde magique ne cessera jamais de m'impressionner. Mais est-ce qu'il y a au moins quelque chose de normal chez toi ?
Harry se mit à rire.
- J'ai deux bras, deux jambes, une tête, deux yeux, un nez, deux oreilles, un coeur, un cerveau, cinq doigts à chaque main, cinq orteils à chaque pied… Donc oui, il y a des choses normales chez moi. Mais je me pose souvent aussi la question.
- En tout cas, c'est sympa de ta part de nous en avoir parlé. C'est quand-même assez personnel…
- Justement, c'est quelque chose de relativement important, alors j'ai jugé que vous deviez le savoir. Il y a des choses que vous pourriez dire sur la famille qui me troubleraient sans que vous ne sachiez pourquoi.
- C'est vrai. À ton tour, Terry.
- Alors moi, je n'ai pas de petit frère ou de petite sœur mais depuis un mois, je suis l'heureux tonton d'une petite fille.
Des exclamations de surprise et des «oh» attendris répondirent à cette annonce. Seules Hermione et Pansy semblaient au courant. Sûrement Terry avait-il mis Pansy dans la confidence lors d'une ronde effectuée ensemble, songea Harry. Il était ému de voir à quel point Terry avait l'air ravi d'avoir une nièce.
- Elle s'appelle comment ? questionna Ginny.
- Amy. C'est la petite fille de ma sœur, Judith.
- Tu dois avoir hâte de rentrer chez toi, supposa Draco.
- Oh oui, ça va être long avant de pouvoir découvrir sa petite bouille… Mais j'ai de quoi m'occuper l'esprit, donc je n'y pense pas trop.
- C'est sûr qu'on ne s'ennuie pas, ici, fit remarquer Pansy. À toi, Hermione.
Harry se redressa, curieux d'entendre l'information de sa meilleure amie.
- Eh bien, comme vous le savez, je suis une née-moldue et les moldus ne doivent pas savoir que la magie existe… Les parents des nés-moldus doivent donc garder le secret. Or, une de mes cousines, Olivia, ainsi que ses parents, savent que je suis une sorcière.
La surprise, voire le choc, se lurent sur les visages de Draco, Blaise et Pansy. Harry les comprenait parfaitement : pour un sorcier, c'était très risqué de mettre trois moldus au courant de l'existence du monde magique. Ils pouvaient en parler autour d'eux et le secret du monde sorcier serait alors mis en danger.
- C'était une gaffe ou… ? hasarda Draco.
- Non, c'était voulu. Mes parents et moi savions qu'ils ne diraient rien et qu'ils garderaient ça pour eux. Et c'est ce qu'ils ont fait.
- Ça fait quand-même bizarre de se dire qu'en-dehors des parents de nés-moldus, il y a trois moldus de plus qui savent qu'il y a des sorciers quelque part dans le monde… On se sent un peu menacés. Mais je te crois quand tu dis qu'ils sont de confiance.
Hermione sourit et ce fut à Ginny de se lancer.
- Mon anecdote, c'est dans le même style que celle de Pansy. Mes parents voulaient à tout prix une fille mais après la naissance de Ron, ils ont décidé d'abandonner. Notre père était le seul à travailler et il avait des revenus assez modestes. Ils se sont donc dit que ce ne serait pas raisonnable de faire un septième enfant. Sauf que notre mère est tombée enceinte par accident et oh, surprise, cette fois, c'était une fille ! Je n'étais pas du tout prévue mais ils étaient trop contents pour le regretter. À mon avis, c'est quand on n'y croit plus qu'il arrive des miracles.
- C'est ce que je pense aussi, approuva Pansy. Tu te rends compte, Ron ? À peu de choses près, tu serais le dernier de la fratrie et tu n'aurais pas une merveilleuse petite-amie en ce moment-même.
- Oui, une telle modestie me manquerait, ironisa Ron.
- Mais c'est pour ça que tu m'aimes.
- Évidemment, dit tendrement Ron.
Comme pour le prouver, il embrassa Pansy comme Harry l'avait fait avec Draco un peu plus tôt.
- À toi, Blaise, dit Pansy en se lovant contre Ron.
- Bon, avant toute chose, je tiens à vous jurer que c'est vrai. Ma mère, cette femme à la réputation si sulfureuse, qui est connue pour être une redoutable femme d'affaires mais aussi et surtout pour être accusée d'avoir tué ses sept maris qui lui ont tous légué une grosse somme d'argent, est dingue… de boursouflets. C'est sa passion. On en a cent vingt à la maison.
Harry entendit Draco pouffer à côté de lui. Il tourna la tête vers son petit-ami et comprit qu'il tentait de cacher son hilarité. Mais il ne put se retenir bien longtemps et partit bientôt dans un grand éclat de rire. Harry vit Blaise regarder son meilleur ami d'un air désespéré.
- À chaque fois c'est comme ça, soupira-t-il. Il aura beau entendre cinquante fois cette anecdote, ça le fera toujours autant marrer.
- Non mais attends, il y a de quoi ! intervint Ginny. On ne s'attend pas du tout à ça ! Si ça se savait, ta mère n'aurait plus aucune crédibilité…
- Ça, c'est sûr, affirma Pansy. Mais j'aimerais trop voir ça. Une maison remplie de boursouflets ! Le rêve !
- Mais oui, c'est trop mignon, les boursouflets ! s'extasia Ginny.
Harry ne put s'empêcher de sourire en voyant Draco, remis de son fou rire, lever les yeux au ciel.
- Allez, à ton tour, Ron, lança Pansy.
- Je n'ai trouvé qu'un truc à raconter et ce n'est pas vraiment sur mes parents mais sur l'un de mes frères. Il m'a fallu cinq ans pour comprendre que Bill était mon grand frère. Il a dix ans de plus que moi et j'avais deux ans quand il est entré à Poudlard. Autant dire que je ne me souviens pas trop de mes deux premières années passées avec lui. Alors quand il revenait à Noël et pendant les vacances d'été, je croyais que c'était un cousin qu'on hébergeait parce que ses parents étaient à l'autre bout du monde et ne pouvaient pas s'occuper de lui. C'est quand j'ai vu Charlie partir de la maison pour aller à Poudlard et revenir à chaque fois avec Bill que j'ai compris que Bill n'était pas mon cousin mais mon grand frère. J'étais vraiment idiot.
- Mais non, c'est normal que tu te sois mépris ! C'était presque un inconnu, pour toi… Ce n'est pas étonnant que tu l'aies pris pour un cousin ! Je trouve ça trop mignon, moi, comme anecdote. C'est l'exemple même de l'innocence et de l'imagination d'un petit enfant, s'attendrit Pansy. Mon petit frère va sûrement penser la même chose que toi puisqu'il ne me verra que pendant les vacances…
Cette remarque parut rassurer Ron. Comme souvent, Pansy avait su trouver les mots justes pour le raisonner. Harry l'admirait énormément pour cela. Il était aussi heureux que tout le monde se soit prêté au jeu des anecdotes. Mine de rien, ils en savaient maintenant beaucoup plus les uns sur les autres ! Ils se mirent ensuite à discuter de choses et d'autres et ils passèrent le reste de l'après-midi ensemble, profitant de ce moment entre amis avant la reprise des cours.
.
Vers dix-sept heures, la salle sur demande commença à se vider, chacun ayant des choses à faire en cette veille de rentrée. Théo et Justin furent les derniers à partir et Harry et Draco se retrouvèrent alors seuls. Harry vint se blottir contre son petit-ami.
- Merci de m'avoir poussé à venir. Tu avais raison, à chaque fois, on s'amuse bien, tous ensemble. Ça m'a fait vraiment du bien, cet après-midi avec toute la bande. Surtout à une dizaine d'heures de la rentrée… Il n'y avait pas mieux pour terminer les vacances.
- Je suis content que ça t'ait plu. Je savais que ça te détendrait. Et j'ai été surpris et ravi de te voir à l'aise au point de te confier.
- C'est l'effet du groupe. Je me sens en confiance. Je sais que peu importe ce que je dise, personne ne se moquera, ne me jugera ou ne me trahira.
- Tout à fait. Moi, si j'ai ri à l'anecdote de Blaise, ce n'est pas pour me moquer, mais parce que ça me fait toujours autant rire.
- Tu n'es pas le seul. Pansy, Théo, Ron, Ginny et Terry ont beaucoup ri aussi. Je n'ai pas osé poser la question mais moi, je ne sais pas ce que c'est, un boursouflet…
- C'est une petite boule de poils douce et duveteuse. Ça fait craquer bon nombre de filles, comme tu as pu le voir.
- Oui, Ginny et Pansy semblent adorer ces petites choses. Ça doit être tout mignon, en tout cas.
- Je t'en offrirai un pour ton anniversaire, si tu veux.
- Pfff, t'es bête… Tu sais quand c'est, au moins ?
- Évidemment, ta date de naissance a été maintes fois citée dans les articles de la Gazette du sorcier qui te concernaient. Je n'ai pas spécialement essayé de la retenir mais à force de la lire, il faudrait avoir une mémoire de poisson rouge pour ne pas s'en souvenir… Et ça m'est bien utile à présent. Je peux déjà chercher des idées. Par contre, pas sûr que toi, tu saches la mienne…
- Non, se renfrogna Harry. Tu peux me la dire ? S'il te plaît ? ajouta-t-il, les yeux remplis d'espoir.
Draco le regarda quelques secondes avant de sourire.
- Je suis né un mois et vingt-six jours avant toi.
Harry calcula rapidement.
- Le cinq juin, d'accord, c'est noté ! Je me doutais que tu étais plus vieux que moi. Il y avait peu de chances que tu sois né après moi…
- Il y avait trente-et-une chances sur trois cent soixante-cinq, s'amusa Draco. Mais je peux t'assurer que tu n'es pas le plus jeune de la promo.
- Sérieux ? s'étonna Harry. Qui serait plus jeune que moi ?
- Je te laisse le découvrir.
- Mais il y a trente-cinq personnes dont je ne connais pas la date de naissance, je n'ai que celles de Ron, Hermione, Neville et la tienne ! Je ne suis pas sorti de l'auberge !
- Je te donne jusqu'aux BUSE et si tu n'as pas la réponse d'ici là, je te le dirai, promit Draco.
- Ça me va, approuva Harry.
Il se retourna dans les bras de Draco afin de lui faire face et posa ses lèvres sur les siennes tout en se collant contre lui. Draco répondit à son baiser et insinua sa langue dans sa bouche pour chercher sa jumelle tandis que ses mains vinrent se loger dans le bas de son dos. Harry soupira dans le baiser et entoura la nuque de Draco de ses bras. Les mains de son blond adoré ne restèrent pas inactives bien longtemps et commencèrent à remonter le long de son dos. Puis elles redescendirent et refirent ces gestes plusieurs fois avant de s'infiltrer sous le pull de Harry qui frissonna de bien-être. Il était peut-être un peu trop réceptif mais devoir dire stop à Draco dans le parc l'avait frustré. Mais il l'était déjà depuis les quelques jours qu'il avait passés avec Draco au Square. Il avait plus d'une fois eu envie d'aller un peu plus loin mais le fait d'être au Square l'avait bloqué. Il était donc un peu trop frustré et il sut soudain que c'était là, tout de suite, maintenant qu'il allait avoir son premier moment intime avec Draco. Il était prêt, il le voulait et il savait que c'était pareil pour Draco. Fort de cette pensée, il glissa à son tour ses mains sous le pull de son petit-ami. Il apprécia comme toujours la peau douce sous ses doigts. Alors que les mains caressaient le dos offert, le baiser s'approfondit et les corps se rapprochèrent davantage, souhaitant combler le moindre millimètre qui existait entre eux. Mais ce n'était pas suffisant pour Harry. Il en voulait plus. Beaucoup plus. Mais il ne pouvait rien dire car sa bouche était trop occupée à embrasser celle de Draco, à moins que ce fût l'inverse. Ce baiser était le plus intense qu'ils avaient partagé jusque-là. Et avec les caresses et la proximité de leurs corps, cela finit par faire réagir Harry qui sentait depuis quelques minutes une bosse sous ses fesses. Draco dut lui aussi s'apercevoir qu'ils étaient tous deux excités car il rompit le baiser, faisant grogner Harry de frustration. Il voulut reprendre possession des lèvres de Draco mais celui-ci l'en empêcha.
- Attends, haleta-t-il. On ferait mieux de…
- Non, Draco, je ne veux plus attendre, j'en ai envie maintenant, se plaignit Harry.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. J'en ai envie aussi mais pas ici, à même le sol.
- Oh…
Quel idiot. Il aurait dû y penser !
- Après, si toi tu veux rester par terre, je peux m'adapter…
- Non, c'est juste que je n'avais pas réalisé où on était. Mais tu as raison, un canapé ou un matelas, c'est mieux.
- Tu préfères quoi, alors ?
Harry réfléchit quelques secondes.
- Un canapé, décida-t-il.
- D'accord, tiens-toi bien.
Harry saisit le message et accrocha ses jambes autour de la taille de Draco qui passa une main sous ses fesses et l'autre dans son dos. Il se leva et marcha jusqu'au canapé où il déposa Harry avant de le surplomber. Ils unirent de nouveau leurs lèvres et reprirent tous deux leurs caresses sous le pull de l'autre qui ne tarda pas à les importuner. Ils cessèrent le baiser et se regardèrent.
- Je peux ? murmura Draco.
- Oui, chuchota Harry.
Draco ne se le fit pas dire deux fois et souleva le pull de Harry qui leva les bras afin que son petit-ami puisse le lui enlever. Il n'était pas spécialement intimidé de se mettre torse nu face à Draco. Il était juste complexé à cause de sa maigreur mais il savait que Draco ne le jugerait pas. Visiblement, ses kilos manquants ne dérangèrent pas Draco qui ne se priva pas pour le reluquer.
- Tu es superbe, dit-il tendrement.
- Ne dis pas n'importe quoi, protesta Harry. Je suis fin comme un piquet.
- Peut-être mais le peu que tu as, c'est du muscle. Et c'est une bonne chose. Même s'il faudrait un tout petit peu de graisse quand-même. Et puis tu es assez petit, ce serait démesuré de vouloir faire soixante-dix kilos… Quoi qu'il en soit, je t'aime comme tu es.
Harry sourit, touché, et attira Draco à lui pour un tendre baiser. Puis il le repoussa légèrement pour lui enlever son propre pull. La chaleur monta en lui en voyant le torse pâle, fin et musclé de Draco. Merlin qu'il était beau. Harry toucha du bout des doigts le ventre de Draco et ne fut pas surpris de découvrir sa fermeté. Son petit-ami fit de même et ils se remirent bientôt à se caresser et à unir une nouvelle fois leurs lèvres. Si Harry se contenta de faire voyager ses mains sur le torse de Draco, ce dernier vint vite titiller les tétons de Harry avec ses doigts. Harry soupira dans la bouche de Draco et lui fit subir les mêmes outrages. Il s'amusait à faire durcir les pointes de chair quand Draco le fit soudain crier en plongeant son visage et plus particulièrement ses lèvres dans son cou. Harry rejeta la tête en arrière et Draco en profita pour embrasser la gorge totalement offerte de Harry. Celui-ci ne put retenir ses gémissements tant c'était bon. Encouragé par sa réaction, Draco prit un bout de peau entre ses dents et l'aspira doucement. Harry poussa un long gémissement et enfouit ses mains dans les cheveux de Draco afin d'avoir quelque chose à quoi se raccrocher. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas été aussi excité, il n'était plus habitué et il ne voulait pas perdre pied tout de suite. Draco termina son œuvre en léchant le suçon qu'il venait de lui faire puis il remonta son visage vers le sien pour l'embrasser tendrement. Harry aurait voulu profiter de ce doux baiser mais son érection le gênait et il ne put s'empêcher de se tortiller sous Draco qui s'en rendit compte. Il rompit le baiser et Harry vit un brin de moquerie dans son regard.
- Un problème ? s'amusa Draco.
- Penses-tu ! ironisa Harry.
- Il fallait le dire. Je ne me suis pas allongé sur toi exprès pour que nos bassins ne se touchent pas, je ne pouvais pas savoir que c'était aussi tendu…
Draco reprit un air sérieux et demanda :
- Que veux-tu faire ?
S'étant déjà posé la question, Harry n'eut pas à réfléchir bien longtemps :
- Je ne suis pas prêt à ce qu'on se touche directement. J'ai besoin qu'on y aille en douceur. Mais je ne veux pas non plus qu'on reste trop habillés. Je suis apte à aller plus loin que ça. Alors j'aimerais qu'on se soulage à travers nos sous-vêtements.
Draco sourit.
- D'accord, on va faire ça, alors. Tu veux que je retire mon pantalon en premier ?
Harry acquiesça, n'étant pas à l'aise à l'idée de le faire lui-même. Draco se débarrassa donc de son jean qu'il posa par terre. Harry rougit en voyant la bosse qui déformait son caleçon. Elle n'était pas imposante mais Harry imaginait malgré lui ce qu'il y avait dans ce caleçon et cela le rendait toute chose.
- Je peux m'occuper du tien ? Ou tu préfères le faire seul ?
- Je veux bien que tu le fasses, dit Harry sans hésiter.
Draco ne se fit pas prier, défit la ceinture de Harry, déboutonna son pantalon et le fit glisser le long de ses jambes. Une fois de plus, il ne se gêna pas pour le regarder.
- Tu es encore plus désirable que dans mon souvenir, souffla Draco.
Harry haussa les sourcils.
- Parce que tu m'as déjà vu en caleçon ?
- Oui, et toi aussi, d'ailleurs. Mais nous étions tous deux en couple à ce moment-là, alors je n'ai pas pu t'observer autant que je l'aurais souhaité.
Harry comprit ce à quoi faisait référence Draco et se sentit de nouveau rougir. Il parlait de ce matin où ils étaient tombés l'un sur l'autre en caleçon à six heures et demie du matin dans le dortoir de leurs petits-amis respectifs. Il n'était pas du tout surpris d'apprendre que Draco l'aurait davantage regardé s'il avait pu. Il savait que les sentiments de Draco à son égard étaient plus anciens que les siens.
- Eh bien je t'en prie, profite du spectacle, railla-t-il gentiment.
- J'aimerais bien mais il me semble que nous avons tous deux un petit souci à régler…
- C'est vrai. Viens, alors.
Draco profita de l'invitation et s'allongea doucement sur Harry. Ils gémirent de concert en sentant leurs sexes se rencontrer à travers le tissu de leurs caleçons. Ils ondulèrent l'un contre l'autre, créant une friction qui les fit gémir plus fort de plaisir.
- Draco, soupira Harry.
Pour toute réponse, Draco captura ses lèvres et l'entraîna dans un doux baiser rempli d'amour. Ils se frottèrent d'abord avec langueur, puis avec plus de vigueur afin d'assouvir le désir qui brûlait dans leurs reins. Leurs lèvres, qui s'étaient brièvement quittées, se retrouvèrent et entamèrent un baiser bien plus passionné que le précédent. Leurs hanches se mirent à bouger avec énergie, ne se laissant aucun répit et envoyant des ondes de plaisir dans les corps des deux amoureux qui ne pouvaient que gémir dans le baiser qu'ils partageaient. Harry avait complètement lâché prise et s'abandonnait au plaisir que lui apportaient les frictions entre leurs deux sexes. Il savait qu'il allait bientôt jouir tant il était au bord de l'implosion mais il voulait se retenir le plus longtemps possible. Draco devait être du même avis car Harry percevait la tension qui l'habitait. Mais ils ne purent bientôt plus résister et Draco posa ses mains sur les hanches de Harry afin d'accompagner leurs mouvements tandis que Harry, lui, agrippait les fesses de Draco. Celui-ci sépara leurs lèvres et Harry sentit son souffle près de son oreille.
- Je t'aime, lui dit tendrement Draco.
- Je t'aime aussi, murmura Harry.
Ils s'embrassèrent de nouveau, accentuèrent la cadence de leurs mouvements et il ne leur fallut que quelques frictions supplémentaires pour jouir dans un ultime gémissement de plaisir. Draco retomba doucement sur Harry et ce fut dans un silence seulement troublé par leurs respirations irrégulières qu'ils reprirent lentement leurs souffles et leurs esprits. Une fois suffisamment remis, Draco attrapa sa baguette et leur lança un sort de nettoyage. Harry apprécia le vent frais qui passa dans son sous-vêtement. Draco s'allongea à côté de lui et Harry n'attendit pas pour se blottir tout contre lui. Draco l'entoura aussitôt de ses bras, lui offrant un doux cocon apaisant. Ils restèrent un long moment ainsi, profitant de cette atmosphère si particulière qui suivait des ébats amoureux. Harry aurait aimé que cet instant ne s'arrête jamais mais Draco et lui durent se séparer lorsque vint l'heure de manger. Ils se rhabillèrent, se recoiffèrent un peu et quittèrent la salle sur demande. Ils se rendirent ensemble à la Grande Salle, main dans la main et ils s'embrassèrent tendrement avant de rejoindre leurs tables respectives. Alors qu'il se servait de la soupe, Harry leva les yeux vers la table des professeurs et fut déçu de ne pas y voir Sirius et Remus. Cela l'inquiéta également. Avaient-ils vu Dumbledore ? Cela s'était-il mal passé ? Avaient-ils été renvoyés ? Non, mieux valait ne pas penser à cela. Mais Harry comptait bien aller les voir après le dîner.
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Vingt minutes plus tard, il sortit de la Grande Salle et se dirigea vers les appartements de Sirius et de Remus. Il frappa à la porte qui s'ouvrit vite sur Remus.
- On se doutait que tu viendrais, avoua-t-il.
- Vous n'êtes pas venus manger, alors je m'inquiétais, confia Harry. Même si je sais que vous n'êtes pas obligés d'assister à tous les repas de la journée…
- En effet, mais là, nous préférions rester dans nos appartements.
- Pourquoi ? Vous avez vu Dumbledore ? Il est au courant ? Il n'a pas apprécié la nouvelle ?
- Non, rassure-toi, nous n'avons pas été renvoyés, si c'est ça qui t'inquiète, apaisa Remus.
Harry sentit le soulagement l'envahir. Remus l'invita à entrer et il le suivit jusqu'au salon. Il s'assit en face de Sirius qui relisait ce qui devaient être ses cours du lendemain. Il leva cependant la tête et sourit à Harry quand celui-ci s'installa.
- Tu es venu vérifier que nous étions bien là, de peur que nous nous soyons jetés dans le Lac Noir ? s'amusa-t-il.
- Tout à fait, renchérit Harry, rentrant dans son jeu. Non, je voulais juste savoir si vous alliez bien et si vous aviez vu le directeur.
- Alors oui, on va bien, et oui, nous avons vu le directeur. On avait une réunion entre professeurs, à la base, mais elle a été de nouveau reportée à cause de désaccords entre certaines de nos collègues et nous.
- Sur l'objet de la réunion ou… ?
- Non, sur ce qui s'est passé ce midi, dit franchement Sirius. Mais tout va rentrer dans l'ordre, il faut juste que Severus leur explique tout afin qu'elles comprennent que Remus et moi n'y pouvons rien si nous sommes en couple aujourd'hui.
Harry hocha la tête, rassuré.
- Et… pour Dumbledore ?
- Remus a dû lui dire la vérité car il voulait savoir pourquoi c'était aussi tendu entre nos collègues et nous. Une dispute a de nouveau éclaté à ce moment-là, Dumbledore a mis fin à la réunion et il nous a demandé, à Remus et moi, de rester. Severus n'a pas voulu s'en aller puisqu'il était plus à même d'expliquer certaines choses. Dumbledore n'était pas très enthousiaste mais il lui a permis de rester lui aussi. Nous lui avons alors tout raconté et il nous a écoutés attentivement. On a bien insisté sur le fait que c'était un lien spécial qui nous unissait, Remus et moi, qu'on était obligés de l'accepter et de s'y soustraire et qu'il était impossible pour nous de se séparer. Dumbledore a très bien compris tout ça et il nous a dit qu'il ne pouvait pas nous imposer de choisir entre notre couple et notre travail puisque cela reviendrait à nous renvoyer directement, étant donné qu'on choisirait forcément notre couple en raison du lien qui nous empêche de nous séparer. Il nous a juste demandé de faire en sorte que nos éventuels problèmes de couple n'interfèrent pas dans notre travail. Nous avons donc le droit de continuer à travailler ici tout en conservant notre relation, tant qu'elle n'empiète pas sur la sphère professionnelle.
- C'est super ! se réjouit Harry. Je suis trop content pour vous. Mais ça va aller, avec vos collègues ? Je veux dire… ils ne risquent pas de mal le prendre, que vous soyez autorisés à être ensemble alors que c'est interdit pour les autres professeurs ?
- C'est justement pour ça que Severus doit leur parler. Pour l'instant, on ne va pas te le cacher : c'est un peu la guerre entre plusieurs professeurs et nous. Mais comme je te l'ai dit, ça va s'arranger. Et on ne va pas te dire qui sont ces professeurs en question car on ne veut pas te mêler à tout ça et que tu te mettes à les détester car ils ou elles n'acceptent pas notre couple.
Harry acquiesça.
- D'accord, je comprends. J'espère que ça va vite aller.
Il hésita puis ajouta :
- Je suis désolé, tout ça, c'est un peu de ma faute. J'aurais dû vous prévenir que j'allais officialiser avec Draco…
- Non, ne t'en veux pas pour ça, ordonna Remus. On pense avoir compris que ça avait été décidé à la va-vite et que tu n'as donc pas eu le temps de venir nous en parler.
- C'est vrai, admit Harry.
- Et puis, Sirius aurait très bien pu s'étouffer pour n'importe quelle autre raison… En tout cas, nous sommes heureux que Draco et toi ayez officialisé votre relation. Vous allez être un peu plus libres, maintenant. Vous n'aurez plus besoin de vous cacher pour vous embrasser.
- Oui, ça va nous faire du bien. Ça nous en fait déjà, d'ailleurs.
Harry se gratta machinalement le cou, geste qui fut suivi par le regard de Sirius. Un sourire narquois apparut alors sur ses lèvres.
- Ah oui, on voit ça, en effet.
Harry fronça les sourcils avant de comprendre subitement. La honte l'envahit tout entier alors qu'il devait rougir comme une tomate.
- Ça n'a rien à voir, se justifia-t-il. Ce n'est pas parce qu'on a officialisé que Draco m'a fait… ça.
- On se doute bien, je te taquinais, c'est tout, le rassura Sirius. Je ne te ferai pas la même scène que lorsque tu es arrivé avec un suçon au cours de sortilèges… Tant que tu étais d'accord, c'est tout ce qui m'importe. On en avait parlé, lors des vacances d'été. Tout doit être fait dans le consentement. Je pense que c'était le cas, tout à l'heure…
Harry écarquilla les yeux.
- Mais… comment tu… je n'ai jamais dit que… on…
- Attends, je parlais du suçon, précisa Sirius. Vu la couleur, j'ai deviné que c'était récent.
- Oh…
Harry se sentit très bête. Il osait espérer que Sirius n'avait pas compris ce que, lui, avait cru mais au vu de son air surpris, puis gêné, il ne se fit pas beaucoup d'illusions.
- Bon, eh bien, ce que je disais sur le consentement, ça vaut pour ça aussi, reprit-il.
- J'étais consentant pour tout, s'empressa de confirmer Harry. Même si on n'a pas fait grand-chose. Je ne veux pas que tu crois que… enfin voilà, quoi.
- Je te fais confiance, Harry, je sais que tu n'iras pas plus loin que ce que tu es prêt à faire, dit Sirius d'un ton calme et doux. Tu n'as pas besoin de rendre de comptes. Tu fais ce que tu veux avec Draco tant que c'est dans le respect mutuel.
Harry acquiesça.
- Je vais vous laisser. J'ai des choses à faire pour demain et j'imagine que vous aussi.
- Pas des devoirs, j'espère ?
Harry roula des yeux.
- Tu te moques de moi ?
- Un peu, s'esclaffa Sirius.
- Pfff… Bon courage, Remus. Il a l'air très taquin, ce soir.
- Oh, ne t'en fais pas, il file tout droit avec moi, s'amusa Remus. Allez, passe une bonne soirée.
Harry lui souhaita de même ainsi qu'à Sirius et s'en alla. Alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il réalisa qu'il était fatigué. Cela n'avait rien d'étonnant : la journée avait été riche en émotions. Entre les officialisations, son inquiétude pour Sirius et Remus, son après-midi avec toute la bande et son premier moment intime avec Draco… Ça faisait beaucoup ! Mais tout allait pour le mieux et ce fut sur cette pensée qu'il rejoignit la tour Gryffondor, un sourire aux lèvres et l'esprit et le coeur légers.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Je vous dis à dimanche prochain pour le soixante-deuxième chapitre intitulé «Examens pratiques, parloir et réconciliation». Passez une bonne semaine, prenez soin de vous et bisous tout le monde !
