Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-cinquième chapitre de SAMLP !

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Gryffondor : Les Poufsouffle, qui sont censés être gentils et ouverts, ont par deux fois rejeté Harry, je pense qu'ils n'ont donc pas besoin de raison précise pour s'en prendre à Harry XD Mais c'est vrai qu'ils abusent :/ Et Ernie n'a rien à voir là-dedans :) Crabbe, Goyle et Jones sont incapables de comprendre que Harry peut avoir de très bonnes notes sans se faire avantager par Sirius ou par Remus… Crabbe et Goyle ne sont pas réputés pour leur intelligence XD Concernant l'idée de Harry, je ne peux pas spoiler mais tu as une excellente réflexion XD C'est exactement l'idée que je me fais de Ron ! Les études, ce n'est clairement pas son truc. Il n'a jamais montré un réel enthousiasme pour les cours et ce n'est pas pour rien s'il finit par rejoindre George à la boutique dans le canon de la saga… Il a fait ce qu'il avait à faire au Ministère mais ce qui l'intéresse, lui, c'est le divertissement ! Et j'aime l'idée qu'il prenne en quelque sorte la place de Fred, même s'il est irremplaçable pour George. Ron aura effectivement besoin de tout le soutien de ses amis et des lecteur quand il devra affronter Molly ! Ce sera son troisième enfant qui fera un métier qui, pour elle, n'est pas un vrai métier… Elle va déchanter, la pauvre ! J'adore les couples que tu as cités, et on est d'accord pour Sirius/Severus ! Il n'y a pas assez de fics sur eux, mais ça doit être difficile d'écrire sur ce couple sans vouloir que ça ressemble à ce qui a déjà été écrit sur eux… Car le passage de la haine à l'amour, c'est quelque chose qui revient très souvent XD

Zackos : Harry va finir par réagir, mais pas de la meilleure façon qui soit. Tout ne se règle pas à coups de bagarres ou de duels, et ce n'est pas ça qui va mettre ces deux Serpentard face à leurs responsabilités… Le but, c'est de prouver qu'ils harcèlent Harry. S'ils ne sont plus en état de parler, ça ne va pas faire avancer les choses et en plus Harry se rendra coupable d'avoir usé de violence… Ignorer, c'est ce que font de nombreuses personnes victimes de harcèlement, ça ne reflète que la réalité, et Harry reste un ado comme les autres en dépit de tout ce qu'il a traversé. Et la vérité, c'est qu'il est fatigué, il a eu une année compliquée et il y a ce harcèlement qui lui tombe dessus, il n'a pas la force de se battre. Encore une fois, Harry n'est pas un surhomme, il n'aspire qu'à la tranquillité et il est un peu (beaucoup XD) naïf en croyant que c'est en faisant rien que ses harceleurs vont le lâcher… Désolée pour le manque d'action mais il faut faire avancer les intrigues, inclure des choses importantes (tels que les examens blancs, les conseils d'orientation, les réunions entre professeurs) et les bagarres ne vont pas faire avancer grand-chose :/ Je n'écris pas des scènes d'actions juste pour écrire des scènes d'actions, ça ne sert strictement à rien et la fic est déjà assez longue comme ça pour y ajouter des scènes qui n'ont aucun intérêt XD Pour ce qui est des couples, il va y avoir des problèmes dans certains d'entre eux, mais pas dans ceux que tu penses XD Ah, la magie de Harry. Alors je vais être franche : les fics où Harry est plus puissant que la moyenne, j'en ai ma claque ! XD C'est toujours la même chose, et SAMLP n'est pas vouée à être une fic «comme les autres», même s'il y a des éléments qui reviennent dans de nombreuses fics, tels que Harry/Draco, Blaise/Ginny, Sirius/Remus… C'est déjà trop à mon goût mais je voulais à tout prix ces couples dans ma fic. En-dehors de cela, j'essaie de faire en sorte d'innover et d'écrire ce qu'on ne retrouve pas dans d'autres fics. J'ai donc voulu un Harry qui est un élève comme les autres, qui n'a pas de responsabilités, mais à qui il arrive quand-même des choses pas chouettes, tout en lui faisant vivre une belle histoire d'amour avec Draco. Harry qui est puissant magiquement parlant, c'est quelque chose que je ne voulais pas, et en cela, je voulais me rapprocher un peu de la saga. Je ne vois pas l'intérêt d'écrire sur quelque chose juste parce que c'est à la mode dans les autres fics. Harry a bien eu des problèmes de magie lors de l'explosion qu'il a provoquée avec Théo mais ça n'a rien à voir avec la puissance et ce sera traité dans le deuxième tome :) Voilà, je voulais faire un point sur tout ça pour répondre aux points que tu as cités dans ta review XD Désolée pour la longueur, du coup XD Merci pour l'idée d'accoler les deux noms de famille, j'y réfléchirai ! C'est une solution tout à fait envisageable, ce sera Severus qui la proposera à Draco, en effet, mais je pense que l'idée viendra de quelqu'un d'autre, il faut que je voie ça XD Alors parmi les idées que tu as eues pour le titre du chapitre, il y en a deux qui sont justes XD Tu as bien cerné le titre, surtout pour un des trois éléments XD

mimibou : Ça tombe bien que tu parles du rythme d'écriture et de publication car il y aura une note à ce sujet juste après ce chapitre XD Mais je tiens à préciser une chose : le chapitre qui est publié, je ne l'écris pas durant la semaine qui précède sa publication, il est écrit deux ou trois mois à l'avance:) J'ai onze ou douze chapitres d'avance actuellement, ce qui me permet de ne pas être pressée par le temps :) Du moins, c'était le cas encore quelques semaines plus tôt, mais suite à un enchaînement de galères, j'ai de nouveau perdu de l'avance et c'est ce que j'expliquerai dans la note :) Désolée si tu n'as pas le temps de lire les chapitres avant la publication du prochain XD Ils sont longs mais j'essaie vraiment de me restreindre quand je le peux XD Merci pour ta réponse concernant le nom de famille de Draco ! Je vais sûrement partir là-dessus, alors :) Draco prendra le nom de Severus, c'est certain, et il sera accolé au nom Malfoy :) Du coup, s'il se marie à Harry, c'est Harry qui va prendre le nom de Draco XD Passons à ta deuxième review… qui m'a fait un peu beuguer XD Parce que je pensais que c'était clair, mais … Luna et Daphné ne sont plus ensemble XD C'est aussi un couple que j'ai aimé imaginer, car leur histoire est triste, mais belle, et que leur amour est pur… Mais les parents de Daphné lui ont trouvé un autre fiancé, elle ne s'est plus sentie capable de gérer une histoire d'amour clandestine, et elle a voulu rendre sa liberté à Luna qu'elle estimait lui avoir volé en l'enfermant dans cette relation qu'elles ne pouvaient pas vivre au grand jour… Mais elles vont toutes deux rebondir :) En ce qui concerne le système scolaire français, il est bien différent de celui du Québec ! Ça me paraît super compliqué cette histoire de pourcentages, mais c'est parce que je n'y suis pas familière XD En France, c'est un peu compliqué aussi, à vrai dire XD Pour passer en année supérieure, il faut avoir la moyenne, à savoir dix sur vingt, mais ce n'est pas aussi facile XD Un élève peut très bien avoir dix sur vingt de moyenne générale, mais se voir proposer le redoublement car il n'est pas bon dans les matières les plus importantes :/ Au collège, si tu as seize en sport et quatorze en musique, mais quatre en français, six en maths et huit en histoire-géo, c'est un peu compliqué de passer en année supérieure XD Mais le redoublement n'est pas proposé systématiquement, je crois :/ Si tu as neuf sur vingt dans les matières principales, tu peux quand-même passer si tu es considéré comme un élève sérieux, mais faut que tu redoubles d'efforts XD Après, au lycée, je ne sais plus comment ça se passe car les filières ont disparu, il me semble XD En seconde, j'avais genre six de moyenne en maths, à peu près la même note dans les matières scientifiques, mais j'ai pu passer en première car j'avais de bonnes moyennes en français, en anglais et en espagnol et ça tombait bien car j'avais choisi la filière littéraire :) Après, il y a le bac en fin d'année de terminale et on l'obtient en ayant dix de moyenne :) Mais il y a trop de choses qui ont changé depuis que je suis à la fac, et je suis bien contente d'avoir fait ma scolarité avec l'ancien système XD Et en France, car si j'ai bien compris, au Québec, c'est un peu plus exigeant XD Pour ce qui est de la salle sur demande, tout varie en fonction des désirs de chaque personne, mais ce qui a dégoûté Blaise, c'est simplement le fait que Draco et Harry aient pu faire des choses dans la salle sur demande XD Mais le canapé n'est pas forcément toujours là, et il n'est pas le même pour tout le monde :) Donc je te rassure, Blaise ne va pas utiliser le même canapé que Draco et Harry XD J'espère que toutes les informations apportées dans cette réponse ont été claires XD

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Merci à vous tous pour vos reviews, et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !

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Warning : ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.

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65 – Intimité, entretien d'embauche et désaccords

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(samedi 20/04) POV Ron

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- Ah, qu'est-ce que ça fait du bien de prendre l'air…

- Entièrement d'accord, approuva Harry. En plus, j'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas retrouvés ensemble dans le parc. Je veux dire, rien que tous les trois, comme avant.

Ron acquiesça. Étant tous libres jusqu'au dîner, n'ayant pas de séances de travail ni de rondes pour Ron et Hermione, ni d'entraînement de Quidditch pour Harry et Ron qui en avaient eu un le matin-même, le trio avait décidé d'aller ensemble dans le parc. Et cela faisait effectivement longtemps que ça n'était pas arrivé. Ils étaient soit avec toute la bande, soit avec leur moitié, soit avec leur binôme de travail… Les seules fois où ils étaient tous les trois ensemble, c'était une ou deux heures le soir dans leur salle commune. Ce n'était pas pareil que de se réunir dans le parc. Bon, ils n'avaient pas tout l'après-midi devant eux, Ron devant rejoindre Pansy à seize heure trente mais ils disposaient de trois heures et demie dont ils allaient pleinement profiter.

- Et puis il fait bon, ce qui ne gâche rien, ajouta Ron. C'était un plaisir de s'entraîner, ce matin. Et ça doit être encore meilleur pour les Serpentard qui s'entraînent en ce moment-même.

- Ce serait bien que l'année prochaine, ce soient les Gryffondor qui puissent avoir le terrain l'après-midi, commenta Hermione. Et le dimanche, pour que le samedi puisse être accordé aux Serdaigle et aux Poufsouffle. L'inverse de cette année, quoi.

- Je pense que c'est ce qui est prévu, supposa Harry. Ceux qui ont leur entraînement le samedi cette année l'auront le dimanche l'année prochaine et ceux qui l'ont le matin l'auront l'après-midi, pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui aient le meilleur créneau et qui puissent faire la grasse matinée. Après, pour ce qui est du deuxième entraînement de la semaine, chaque équipe décidera de le placer là où ça les arrange le mieux. Mais il y a tellement de choses à prendre en compte pour que ça convienne à tout le monde…

- On sera là pour te soutenir quand tu devras faire le planning des entraînements, assura Ron.

- Mais rien ne dit que c'est moi qui vais devenir capitaine ! Ça pourrait très bien être Alicia !

- Elle est bien en tant que remplaçante, mais ça se voit qu'elle n'est pas faite pour le capitanat.

- Parce que je suis fait pour ça, moi, peut-être ?

- Harry, si tu n'as pas envie d'être capitaine, personne ne t'y forcera. Même si tu reçois le badge cet été sans en avoir été averti avant, tu pourras toujours dire au professeur Lupin à la rentrée que ça ne t'intéresse pas et que tu laisses ta place à quelqu'un d'autre. Je pense que ça a déjà dû arriver. Tu as parfaitement le droit de refuser les responsabilités qu'on t'offre. Surtout si tu ne te sens pas du tout prêt pour ça. Ne fais pas comme Angelina, prévint Hermione.

- Il n'y a pas de risques, dit Harry en souriant. Si vraiment je suis choisi, je veux bien essayer pour voir si ça me va, si ça me plaît et si je m'en sors bien, et j'aviserai. Si ça ne le fait pas, je n'hésiterai pas à le dire. Et je pourrai proposer mon aide pour trouver un autre capitaine.

- Oublie-moi tout de suite, alors, prévint Ron. Même si je doute que tu aurais pensé à moi.

- Ça fait peur comme vous êtes tous emballés par le poste de capitaine, se moqua Hermione. Toi qui le refuses direct, Harry qui n'est pas sûr de l'accepter, Alicia qui remplace Angelina parce qu'elle était la seule à pouvoir le faire mais qui n'a pas l'air de s'éclater dans ce rôle… Personne ne veut de ce poste, c'est fou.

- Je pense que Ginny serait intéressée, elle, songea Harry.

- Mais elle n'est pas dans l'équipe depuis assez longtemps, contesta Ron.

- Depuis qu'elle est à Poudlard, elle a toujours connu l'équipe avec au moins deux de ses frères qui en font partie. Elle y est donc familière depuis sa première année. Elle a suivi tous les matchs et elle en a souvent entendu parler dans la salle commune de Gryffondor. Elle ne partait pas de rien quand elle a rejoint l'équipe.

- Mais elle serait plus jeune que certains joueurs… À savoir Alicia, Dean, toi et moi.

- Ce n'est pas ça qui va lui faire peur. Elle a du caractère, elle saura se faire obéir. Mais c'est moi ou ça te gêne, l'idée d'avoir ta sœur comme capitaine ?

- Non, pas du tout, je sais qu'elle n'en profitera pas pour faire son petit chef… Je m'inquiète juste pour elle.

- Ne t'en fais pas, va. Elle a de la ressource. Qu'est-ce que tu en dis, toi, Hermione ?

Ron tourna la tête vers sa meilleure amie qui semblait ne pas avoir entendu Harry s'adresser à elle. Elle regardait droit devant elle et avait l'air très concentrée sur ce qu'elle fixait.

- Hermione, tu es avec nous ? demanda Harry.

Hermione sursauta et fit brusquement volte-face.

- Hein ? Quoi ?

- Harry t'a posé une question mais tu étais occupée à contempler je ne sais quoi… Ce n'était pas un garçon, j'espère ?!

- Bien sûr que non, répliqua Hermione. Enfin, pas dans le sens que tu crois. Vous ne le trouvez pas bizarre, le type adossé contre un arbre, près du lac ?

Ron porta son attention sur l'élève dont parlait Hermione. Il fut assez perplexe.

- Tout ce que je vois, c'est qu'il discute avec une fille.

- Mais il n'y a rien dans son attitude qui vous paraît suspect ?

- Ben… non. Un mec qui s'appuie contre un arbre, qui a les bras croisés et qui parle tranquillement avec quelqu'un, pour moi, il n'y a rien de plus normal.

- Justement, il a l'air trop à l'aise, trop serein.

- C'est peut-être sa façon de draguer. Ça se trouve, c'est ce qu'il fait avec cette fille. Il essaie de se la mettre dans la poche.

- Non, je suis sûre qu'il y a quelque chose de pas net. Ils n'ont pas du tout l'air de deux personnes qui sont en train de flirter.

- Attends, qu'est-ce que tu insinues, là ? se méfia Ron.

- Je me pose des questions, c'est tout. Le parc, c'est un endroit idéal pour les dealers pour attirer de nouveaux clients. Ils donnent l'impression de discuter de tout et de rien, un peu à l'écart des autres mais pas trop non plus, alors qu'en réalité, l'un parle de ses potions droguées à l'autre. Les préfets-en-chef nous ont bien dit qu'il y avait des trafics qui se faisaient dans le parc, mais que ça se faisait souvent le week-end et qu'il était difficile de tomber dessus puisqu'il y a tout le château à surveiller. Quand les professeurs et préfets-en-chef font leurs rondes durant la journée, lorsqu'ils vont dans le parc, la plupart du temps, les dealers ne sont plus là. Ou alors ils viennent plus tard. C'est très dur d'y aller en même temps qu'eux. Nous, préfets, ne sommes pas concernés vu que nous ne sommes pas de ronde les week-end durant la journée. Mais j'imagine très bien que les chances sont faibles de coincer un dealer dans le parc.

- Mais rien ne dit que ce type est un dealer…

- Il pourrait très bien en être un, la majorité des dealers ont l'air d'être des élèves comme les autres, car ils font mine de se comporter comme tel. Mais certains surjouent justement ce côté «normal». Et je crois bien que ce type en fait partie. Il n'est pas complètement naturel.

- Mais qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu t'acharnes comme ça sur lui ? Tu le connais ? Vous avez eu une altercation ? Il t'a manqué de respect ?

- Non, sa tête ne me dit rien du tout, mais…

- Alors laisse-le tranquille, intima Ron.

- Et si j'ai raison ? Si c'est bien un dealer ? On reste là sans rien faire ?

- Il n'y a pas d'indices assez probants pour intervenir, Hermione. On ne peut pas interpeler un élève qui ne fait que discuter avec une fille dans le parc… Franchement, Harry, tu le trouves suspect, toi, ce type ?

Harry parut gêné de devoir donner son avis.

- Euh… je ne sais pas, je n'y connais rien, je ne suis pas préfet…

- Justement, c'est un avis neutre qu'il nous faut. Alors, suspect ? Pas suspect ?

- Pour moi, il est en train de raconter quelque chose et la fille l'écoute avec un très grand intérêt. Je les vois bien parler de quelque chose d'hyper sérieux. Genre, une collectivité qui galère à avoir des subventions pour financer un projet très important… Je suis désolé, Hermione, mais ils ont l'air trop grave pour parler de potions droguées.

- Le type peut très bien considérer que son trafic est une affaire très sérieuse et la fille peut être très influençable et c'est pour ça qu'elle paraît envoûtée…

Ron échangea un regard avec Harry qui semblait aussi dépassé que lui.

- Hermione, lâche l'affaire, veux-tu ? demanda doucement Harry.

Hermione voulut visiblement insister mais elle dut comprendre que ça ne servirait à rien car elle se ravisa et soupira.

- D'accord, changeons de sujet. Vous allez faire quoi, déjà, demain, à Pré-au-Lard ?

- Je vais faire un saut au magasin d'accessoires de Quidditch ainsi qu'à l'animalerie, dit Harry. Et je vais me réapprovisionner un peu en parchemins, plumes et encriers.

- Et moi je vais aller à Zonko et je vais également faire un tour à la papeterie.

- Oh, on se croisera peut-être à Scribenpenne, alors, songea Hermione. Je dois y aller aussi.

- Ça, on ne l'aurait pas deviné, railla gentiment Ron.

Hermione leva les yeux au ciel.

- C'est quand-même bizarre qu'on n'ait appris qu'hier qu'on y allait tous, commenta Ron.

- À mon avis, personne n'a osé en parler car on ignorait tous avec qui on voulait s'y rendre. On ne savait pas si on y allait avec toute la bande, ou si on y allait juste avec nos amis, ou avec nos petits-amis…

- C'est vrai qu'il y avait le choix, approuva Harry. On n'avait pas envie de froisser notre moitié en lui disant qu'on irait à Pré-au-Lard avec nos amis ou inversement… Du coup, on y va tous chacun de notre côté. C'est radical mais, au moins, il n'y aura pas de jaloux.

- Oui, et puis je suis sûre qu'au final, on se retrouvera tous ensemble à un moment donné. Ce serait sympa qu'on termine la journée aux Trois Balais, comme l'a suggéré Harry…

- Si on se croise, vous et moi, on essaiera de trouver tout le monde et on les emmènera de gré ou de force aux Trois Balais, plaisanta Harry. D'ailleurs, on ne sait toujours pas si Ginny ira à la sortie…

- Blaise devait la voir hier soir, c'est ce qu'il nous a dit dans la salle sur demande, mais on ne l'a… Hermione, tu nous écoutes ?

Hermione avait de nouveau décroché de la discussion et s'était remise à espionner les deux élèves. Alors que Ron s'apprêtait à réitérer sa question, Hermione se leva d'un coup, sans prévenir, comme si elle était montée sur ressorts.

- Ils vont s'en aller, désolée, je ne ne peux pas les laisser filer, il faut que je les suive.

Harry et Ron ne purent retenir Hermione qui s'élança vers le château à la suite du duo d'élèves. Ron se tourna vers Harry.

- Mais qu'est-ce qui lui prend ?

- Je n'en sais rien, mais ça m'inquiète un peu, avoua Harry. Ça ne lui ressemble pas du tout de faire une fixette sur des élèves sans raison valable… On dirait qu'elle veut que ces élèves soient vraiment un dealer et un client pour avoir la satisfaction de les coincer… Son rôle de préfète lui monte un peu trop à la tête. C'est bien de vouloir mettre fin au trafic de potions, mais ce n'est pas en soupçonnant n'importe qui que ça va faire avancer les choses… En plus, elle nous plante alors qu'on était ravis de pouvoir passer l'après-midi ensemble… Elle a sacrifié un moment rare avec ses deux meilleurs amis pour aller courir après deux pauvres élèves qui ne lui ont rien fait… Et je sens que ce n'est pas la première fois qu'elle fait ça.

- Tu veux dire qu'elle aurait déjà fait le coup avec d'autres élèves ?

- Ça se pourrait. Il faudrait savoir comment se passent les rondes avec ses collègues préfets.

- On peut demander à Terry, déjà, c'est à lui qu'on aura le plus de chances de parler… J'essaierai de le trouver dans la soirée.

- D'accord, mais j'espère que c'est passager et que Hermione va vite retrouver la raison…

Ron regarda attentivement son meilleur ami.

- Ça faisait un moment que je ne t'avais pas vu aussi animé. Tu n'étais pas très expressif, depuis la rentrée. Tu étais assez renfermé et tu ne réagissais pas beaucoup. Mais peut-être que t'occuper des problèmes de Hermione t'aide à ne pas penser aux tiens…

Harry fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Ne me prends pas pour un imbécile, Harry. On a tous remarqué que tu n'avais pas trop le moral, en ce moment. Ça coïncide avec le moment où tu as officialisé ton couple avec Draco. Est-ce que tu reçois des insultes, des réflexions, des moqueries à cause de ça, quand tu te promènes seul dans les couloirs ?

- Pas plus que Draco, j'imagine. Mais vous n'avez pas à vous en faire pour moi, tout va très bien. Je suis juste un peu préoccupé par tout ce qui nous tombe dessus depuis la reprise des cours, mais ça va passer.

Ron aurait bien aimé insister mais il ne souhaitait pas braquer Harry. Il n'était pas le plus doué pour pousser les gens à parler, il valait mieux laisser cette tâche à ceux qui savaient y faire. Il abandonna donc le sujet et lança la discussion sur le Quidditch. Harry et lui parlèrent de tout et de rien pendant tout le temps qu'ils passèrent dans le parc et profitèrent de ce moment rare entre meilleurs amis. Ils rentrèrent au château vers seize heures quinze et montèrent ensemble au septième étage. Ron devait retrouver Pansy devant la salle sur demande tandis que Harry, lui, voulait se reposer dans le dortoir. Ils se séparèrent donc en haut des escaliers et prirent chacun une direction différente. Ron se rendit au couloir de la tapisserie de Barnabas le Follet et ne fut pas surpris de voir Pansy qui l'attendait. Il la rejoignit et l'embrassa tendrement. Ils pénétrèrent ensuite dans la salle sur demande et s'assirent sur une grande couverture rouge et verte. Elle leur faisait un peu penser à Noël mais elle symbolisait surtout l'union de leurs deux maisons. Pansy se blottit contre Ron qui l'entoura de ses bras.

- Ah, j'avais hâte qu'on se voit, soupira Pansy. Tu as passé une bonne journée ?

- Oui, ça a été. Mon après-midi dans le parc avec Harry et Hermione a été un peu gâché mais c'était un moment cool quand-même. Et toi, qu'as-tu fait de beau ?

- Je suis restée avec Draco, Blaise et Théo. On n'avait plus passé autant de temps ensemble depuis une éternité. C'était trop bien. Et il fallait en profiter car bientôt, on va devoir reprendre à fond les séances de travail en binôme… Là, pour l'instant, on a un devoir de sortilèges, de botanique et de métamorphose à rendre mais la semaine prochaine, la liste va s'allonger avec un devoir d'histoire de la magie, de Défense Contre les Forces du Mal et de potions… Mais bon, on a déjà bien avancé avec Padma sur le devoir de sortilèges.

- Pareil pour moi avec Susan. Il est assez facile, en même temps. Enfin, facile… Tout est relatif. Je le trouverais peut-être plus dur si les autres devoirs n'étaient pas aussi compliqués…

- C'est vrai que celui de métamorphose est assez difficile. J'ai essayé de travailler un peu dessus de mon côté mais j'ai vite laissé tomber. Et je suis pourtant plutôt bonne dans cette matière.

- Tu comptes la garder pour les ASPIC ? D'ailleurs, comment s'est passé ton conseil ?

- Très bien. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard en arrivant, à part le fait que je souhaitais travailler avec les enfants, et je suis sortie avec un projet bien précis. Mon directeur de maison m'a parlé du métier d'éducateur de jeunes enfants. C'est exactement ce qui me conviendrait. Et je peux facilement intégrer la formation. Je dois juste m'améliorer en Défense Contre les Forces du Mal car j'ai onze de moyenne et je dois avoir un Effort Exceptionnel aux ASPIC. Le professeur Snape m'a dit que je pouvais demander de l'aide auprès du professeur Gordon pour que je fasse des progrès plus vite, les BUSE approchant à grands pas. J'aurai ainsi plus de chances d'avoir la note requise pour pouvoir continuer cette matière.

- Et tu penses suivre son conseil ?

- Je vais d'abord voir si j'arrive à progresser toute seule mais si ça ne va pas assez vite, j'irai voir le professeur Gordon pour lui demander s'il peut me donner des cours particuliers.

- Il acceptera sûrement, il est super sympa. Il n'est pas du genre à laisser quelqu'un en difficulté, au contraire. Bon, par contre, j'espère qu'il n'y aura pas trop d'élèves qui demanderont la même chose, sinon il va se retrouver débordé, le pauvre…

- Je ne pense pas que la Défense Contre les Forces du Mal soit l'une des matières les plus présentes dans les formations, donc ça devrait aller. Bon, et toi, alors ? Tu as été satisfait par ton conseil ?

- Eh bien curieusement, oui. Je n'en attendais pas grand-chose, pourtant. Mais le professeur Lupin a réussi à me convaincre d'essayer d'intégrer une équipe professionnelle de Quidditch. C'était ce que je rêvais de faire mais j'avais abandonné l'idée depuis longtemps. Mais le professeur Lupin a trouvé les bons arguments. Et il m'a aussi conseillé le métier d'entraîneur. Je n'y avais pas pensé jusque-là mais ça m'irait bien. Je travaillerais dans un club amateur où le Quidditch serait pratiqué juste pour le plaisir, avec quelques championnats par-ci par-là. Mais je m'orienterai vers ce choix uniquement si je n'arrive pas à me faire recruter dans une équipe. Je vais toutes les essayer, je pense. Sauf celles qui n'ont pas très bonne réputation. Je veux d'abord faire mon maximum pour réaliser mon rêve de devenir joueur professionnel.

- Et je te souhaite de réussir à le réaliser, ce rêve, dit sincèrement Pansy. Si c'est ce qui te motive le plus au monde, alors tu y parviendras. Normalement, le fait que tu aies fait du Quidditch à Poudlard devrait t'aider. Tu auras déjà de l'expérience et c'est ce que recherchent les équipes locales, c'est-à-dire des joueurs qui ont déjà fait de vrais matchs de Quidditch. Tu vas postuler en premier pour les Canons de Chudley, j'imagine ?

- Je ne sais pas, je suis fan d'eux mais… je sais que ce n'est pas avec eux que je gagnerais quoi que ce soit. Être fan ne m'empêche pas de voir la réalité en face. Je ne les aime pas pour leur talent. Je les aime pour leur personnalité. Ils sont humbles, ils ne se prennent pas au sérieux, ils sont fair-play et c'est ça que j'apprécie.

- Je comprends, je suis comme toi. Tu sais dans quelle équipe tu voudrais postuler, alors ?

- Non, pas vraiment. Et je n'ai pas envie d'y penser pour le moment. J'ai le temps d'y réfléchir. Je pense que je travaillerai un peu avant de me chercher une équipe. Je n'aurai pas mon premier salaire tout de suite, il faudra donc que j'ai de quoi me nourrir et payer mon loyer… Car je ne compte pas rester au Terrier le temps que j'aie ma première paie. Je veux être libre et indépendant. Mais avant de songer à embrasser une carrière de joueur de Quidditch, j'aimerais embrasser la merveilleuse fille qui se trouve dans mes bras… Si elle est d'accord, bien sûr.

- Ooooh, c'est si joliment dit… Et bien sûr que je suis d'accord pour que tu m'embrasses.

Ron ne se fit pas prier et se pencha vers Pansy pour poser ses lèvres sur les siennes. Pansy répondit aussitôt à son baiser qui fut d'abord tendre et amoureux avant de devenir plus passionné. Ne voulant pas se casser le dos en étant ainsi courbé, Ron allongea doucement Pansy sans quitter ses lèvres. La pétillante Serpentard se laissa faire et passa ses bras autour du cou de Ron pour le rapprocher encore plus d'elle. Ils approfondirent le baiser et commencèrent à se caresser à travers leurs vêtements. Les mains de Ron allaient des hanches de Pansy jusqu'à ses cuisses, remontaient, descendaient et ainsi de suite tandis que celles de Pansy alternaient entre les cheveux et le dos de Ron. La chaleur grimpa et Ron dut se retenir pour ne pas réagir. Le plus simple aurait sûrement été de calmer leurs ardeurs mais ils ne voulaient pas mettre un terme à ce moment qu'ils appréciaient tant. Étant frustré par la robe de sorcier de Pansy, Ron décida de la lui enlever. Pansy l'aida en s'asseyant afin qu'il puisse la retirer plus facilement. Elle en profita pour faire de même avec celle de Ron. Enhardie, elle lui ôta aussi sa chemise.

- Tu comptes aller jusqu'où comme ça ? s'amusa Ron.

- Pour l'instant, tu es très bien ainsi. J'avais envie de te voir torse nu.

- Eh bien repais-toi du spectacle car j'aimerais bien qu'on reprenne nos activités précédentes…

Pansy sourit et se rallongea en entraînant Ron avec elle. Ils se remirent à s'embrasser et leurs mains voyagèrent de nouveau un peu partout. Ron put sentir les doigts de Pansy sur sa peau et il adora les mouvements délicats qu'ils firent sur son dos. Lui se concentra sur les hanches et les jambes de sa chérie avant de passer ses mains sous le haut afin d'avoir accès à son ventre. Il le caressa et voulut dévier ses doigts vers la taille de Pansy mais son chemisier entravait trop ses gestes. Il leva les yeux vers sa petite-amie qui lui donna son accord d'un petit signe de tête. Ron la débarrassa alors de son chemisier. Il l'avait déjà vue une fois dénudée de la sorte mais il ne put s'empêcher d'admirer ce qui s'offrait à sa vue. Il la trouvait tellement parfaite… Son regard s'attarda sur sa poitrine cachée par son soutien-gorge et il eut alors très envie de la toucher.

- Tu aimes ce que tu vois ? se moqua gentiment Pansy.

Ron redressa la tête vers elle.

- Je te l'ai déjà dit, tu es magnifique. Je voudrais tellement explorer tout ce qui m'est offert…

- Ne te gêne pas, dit Pansy en souriant.

- Tu es sûre ?

- Oui, j'en ai autant envie que toi.

Cette réponse suffit à Ron qui remonta ses mains jusqu'à la poitrine couverte de Pansy. Il posa ses mains dessus et la caressa à travers le tissu. Il pouvait imaginer la rondeur des seins sous sa paume et il se dit qu'ils devaient être vraiment très beaux. Il se mit à les malaxer lentement et s'empara des lèvres de Pansy afin d'avoir encore plus de contacts avec elle. Il l'embrassa tendrement et fit passer dans ce baiser tout ce qu'il ressentait pour elle. Elle le lui rendit volontiers et il put percevoir à son tour tout l'amour qu'elle avait envers lui. Il continua à pétrir doucement sa poitrine et il fut ravi de l'entendre gémir dans le baiser. Les mains de Pansy ne restèrent pas inactives et vinrent caresser son torse, montant et descendant tandis que Ron s'amusait toujours avec la poitrine de sa chérie. Mais il finit par la délaisser pour repartir à l'exploration de tout ce qu'il pouvait toucher et caresser. Il était maintenant en érection, n'ayant pas pu se contrôler tant le désir s'était invité en lui. Il parcourut de ses mains la taille, les hanches et les cuisses de Pansy et se sentit un peu frustré par la présence de sa jupe qui lui arrivait légèrement au-dessus des genoux. Elle avait de fins collants en-dessous, ce qui laissait une très belle vue sur le reste de ses jambes. Tout cela n'était pas visible avec sa robe de sorcier et Ron était bien content d'être l'un des seuls à pouvoir la voir ainsi. Mais ce serait encore mieux sans cette maudite jupe. Il doutait cependant que Pansy soit prête à l'enlever. Lui-même ne voulait pas aller trop vite, mais en même temps il aimerait qu'ils aillent un peu plus loin et qu'ils se découvrent intimement… Tout en se faisant ces réflexions, il avait poursuivi ses attentions sur les hanches et les cuisses de Pansy mais celle-ci dut deviner son trouble car elle rompit le baiser.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle doucement.

- Je… ta jupe me gêne un peu, avoua Ron.

- Oh… Mais c'est trop tôt pour que…

- Oui, je sais, je m'en suis douté, la rassura Ron d'un ton doux. Je comprends que tu ne veuilles pas, mais est-ce que je peux te toucher ? J'aimerais te donner du plaisir, mais sans regarder. Mais je ne t'oblige à rien, tu peux refuser…

- Non, je… j'en ai envie aussi, mais… ce sera la première fois que quelqu'un me touche ainsi et…

- Je ferai le plus attention possible, promit Ron. Ce sera une première fois pour moi aussi. Mais je me suis renseigné et je pense savoir faire ce qu'il faut. Je risque juste de tâtonner un peu au début mais je vais tout faire pour que tu prennes du plaisir.

Pansy acquiesça. Mais elle semblait tout de même gênée.

- Je voudrais bien t'en donner aussi mais… je ne suis pas prête à… à toucher…

- Ne t'inquiète pas, tu pourras faire à travers le pantalon, je pense que je serai tellement excité que tu auras juste à presser un peu pour que ça vienne.

- Ça te plaira quand-même ?

- Mais oui, ne t'en fais pas, sourit Ron. Juste le fait que ce soit toi qui me touche, même si ce n'est pas de façon directe, ça va m'apporter du plaisir.

- D'accord, je veux bien qu'on fasse comme ça, alors. Je vais juste enlever mes collants, sinon tu ne pourras rien faire…

Ron détourna le regard le temps que Pansy retire ses collants, voulant préserver un tant soit peu son intimité. Il reporta son attention sur elle lorsqu'elle lui dit que c'était bon. Il se rallongea au-dessus d'elle, prit possession de ses lèvres et posa ses doigts sur ses genoux. Il les fit grimper lentement le long de ses cuisses, fit le chemin inverse, puis il les monta de nouveau, puis les redescendit et répéta ce manège plusieurs fois. Il la sentait frissonner, surtout quand ses doigts atteignaient le haut de ses cuisses. Il se décida à en visiter l'intérieur, ce qui fit sursauter Pansy qui resserra les jambes.

- Pardon, je… j'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?

- Non, non, c'est juste que… ça m'a chatouillée et… c'est un réflexe, en fait. Mais ça m'a plu, j'ai trouvé ça très agréable. Par contre, si tu pouvais laisser mes cuisses tranquilles et aller plus vers le centre…

Ron éclata de rire.

- Message reçu ! Mais je ne vais rien pouvoir faire si tu gardes les jambes serrées comme ça…

- Deux minutes, râla Pansy.

Elle rouvrit les jambes et attira Ron à elle pour l'entraîner dans un fougueux baiser. Il le lui rendit et posa de nouveau une main sur une de ses cuisses avant de la diriger vers sa féminité. Elle resta tout à fait détendue, ce qui le rassura. Il glissa sa main dans le sous-vêtement, sentit Pansy se crisper un peu mais elle ne fit aucun geste pour le repousser. Il continua donc sa progression, tout en laissant le temps à Pansy de l'arrêter si elle le souhaitait et il put bientôt atteindre son intimité. Il la découvrit humide, ce qui prouvait qu'elle avait beaucoup apprécié ses caresses. Il fit aller et venir ses doigts d'avant en arrière en appuyant légèrement et comprit qu'il ne s'y prenait pas trop mal en entendant les soupirs que poussait Pansy dans le baiser. Il s'était vraiment renseigné en lisant le livre que lui avaient donné Fred et George et il se rappela qu'il y avait un petit bourgeon qui apportait beaucoup de plaisir aux filles. Il essaya de le trouver mais ce ne fut pas tâche aisée. Pansy dut deviner ce qu'il cherchait car elle le guida en lui prenant le poignet. Il mit vite le doigt dessus, dans tous les sens du terme et se mit à le titiller avec son pouce tout en poursuivant ses va-et-vient avec ses autres doigts. Les soupirs devinrent des gémissements, encourageant Ron à continuer ce qu'il faisait. Il rompit le baiser et s'attaqua au cou de Pansy tandis que sa main libre revenait caresser la poitrine qui l'attirait tant. Cette fois, il la passa sous le soutien-gorge et attendit un quelconque signe de refus de Pansy qui ne vint pas, trop occupée qu'elle était à gémir son plaisir. Il ne voulut pas en profiter pour faire quelque chose qu'elle ne souhaiterait peut-être pas si elle était en état de réfléchir mais elle devait être plus lucide qu'il ne le pensait car elle l'empêcha de retirer sa main au moment où il s'apprêta à le faire. Il comprit qu'elle était d'accord et recouvrit de sa main le sein qui, comme il l'avait pensé, était rond, mais aussi doux et ferme. Il le caressa doucement alors qu'il accélérait ses mouvements avec son autre main.

- Oh, Ron, gémit Pansy. C'est si bon…

Ravi de lui faire autant de bien, il reprit ses assauts dans le cou de Pansy qu'il embrassa et mordilla sans cesser ses attentions sur son sein et sur son intimité. Il fit aller ses doigts un peu plus loin mais sans la pénétrer et il fut surpris par le long gémissement que poussa Pansy. Il sut alors qu'elle était proche, il accentua les pressions sur son clitoris et intensifia le rythme des va-et-vient de ses autres doigts. Il embrassa les zones sensibles de son cou, changea de sein, agaça son téton du bout de ses doigts et toutes ces attentions eurent raison de Pansy qui ne tarda pas à se contracter et agripper de toutes ses forces la couverture entre ses doigts. Ron sentit son érection durcir davantage en voyant sa petite-amie s'abandonner ainsi et cela devint tellement douloureux qu'il ne put résister au besoin de se soulager rapidement. Il ne lui suffit que de quelques mouvements pour jouir à son tour alors que Pansy était encore en train de reprendre ses esprits, la respiration haletante. Ron en profita pour les nettoyer tous les deux d'un sort et d'un coup de baguette. Cela fit revenir Pansy à elle, sûrement grâce à la sensation de froid que produisait le sort. Il vit tant de choses dans son regard qu'il ne put déterminer ce qu'il y avait exactement.

- Merci pour le plaisir que tu m'as donnée, dit-elle sincèrement. J'appréhendais un peu mais au final c'était hyper bon.

- Je suis hyper content que tu aies aimé. C'était un plaisir pour moi aussi.

- Je me doute que ça a dû te faire réagir, et c'est d'ailleurs à mon tour de te soulager !

- Ah euh… ça ne va pas être nécessaire…

- Pourquoi ? fit Pansy, déçue.

- Quand tu t'es laissée complètement emporter par le plaisir, ça a eu beaucoup d'effet sur moi et je n'ai pas pu tenir plus longtemps… Je m'en suis occupé tout seul mais la prochaine fois, promis, je te laisse faire.

Pansy acquiesça, l'air toujours un peu déçue mais pas du tout vexée. Elle ramassa son chemisier et se rhabilla, et fut vite imitée par Ron qui remit sa chemise. Il reprit ensuite Pansy dans ses bras et ils restèrent ensemble dans la salle sur demande jusqu'à l'heure du dîner. Ils descendirent main dans la main jusqu'au rez-de-chaussée où ils se séparèrent, Pansy devant aller chercher quelque chose dans son dortoir. Ron se rendit donc seul à la Grande Salle et croisa en chemin Terry qui était en train de discuter avec Lisa Turpin, une fille de Serdaigle de leur classe. Il serait bien allé le voir, ayant dit à Harry qu'il irait se renseigner auprès de lui concernant Hermione, mais il ne voulait pas le déranger alors qu'il était en pleine conversation avec une fille de sa maison… Alors qu'il se résignait à passer devant eux, Lisa partit, laissant Terry seul. Ron sauta sur l'occasion et rejoignit son ami et collègue préfet.

- Terry, je peux te parler ?

- Euh… oui, bien sûr.

Il n'en fallut pas plus à Ron pour entraîner Terry dans un endroit à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Je ne vais pas tourner autour du pot. Est-ce que…

- Attends, si c'est à propos de Lisa, il n'y a strictement rien entre nous.

Ron haussa les sourcils.

- Pourquoi me dis-tu ça ?

- Ben, parce que c'est mon ex et que tu as dû nous voir ensemble, à l'instant…

Ron mit quelques secondes à comprendre ce que Terry avait cru.

- Ah mais non, tu n'y es pas du tout ! Je ne savais pas que tu étais sorti avec Lisa et je sais de toute façon que tu ne tromperas jamais Hermione… Tu as le droit de parler avec qui tu veux. Non, c'est justement de Hermione dont je voulais te parler.

- Ouh là, ça a l'air sérieux… Il y a un problème ?

- C'est ce qu'on voudrait savoir, Harry et moi. On était censés passer l'après-midi rien que tous les trois, on est allés dans le parc car il faisait beau et alors que Harry et moi débattions sur le prochain capitaine de notre équipe, Hermione s'est mise à faire une fixette sur deux élèves. Elle était plus que persuadée que c'était un dealer et une cliente alors qu'il n'y avait absolument rien qui le prouvait. Le gars se conduisait juste de façon trop normale pour Hermione, comme s'il exagérait pour avoir l'air innocent alors que pas du tout. On a quand-même réussi à la convaincre de lâcher l'affaire mais quand ils sont partis, elle s'est levée d'un coup et elle les a suivis. J'ai cru halluciner. Ce n'était plus une fixette mais une véritable obsession. Alors Harry et moi, on se demandait si elle t'avait déjà fait le coup lors d'une ronde…

- Oui… et non. Ce n'était pas pendant une ronde. On avait décidé de passer un moment dans la salle sur demande et comme on avait envie de se promener, on a fait un détour par plusieurs couloirs. On était au cinquième étage, je crois, quand elle a vu un garçon entrer dans les toilettes. Elle s'est mis en tête que c'était un dealer qui attendait son client, ou l'inverse, je ne sais plus, et elle voulait à tout prix le coincer. Tu étais de ronde à ce moment-là avec Pansy, mais Hermione a pensé que vous étiez trop loin et que le dealer et son client seraient déjà partis quand vous arriveriez au cinquième étage. Elle m'a poussé à venir avec elle et j'ai cédé. On est allés aux toilettes, Hermione a fait du forcing pour que le mec sorte, il a refusé, ça s'entendait qu'il n'allait pas bien et qu'il s'était probablement réfugié dans la cabine mais Hermione a insisté et on est parvenus à entrer. Elle l'a tellement poussé à bout qu'il a fini par s'énerver et crier qu'il se faisait persécuter. Ça a calmé Hermione qui a tenté d'en savoir plus mais elle l'avait beaucoup trop braqué et il nous a suppliés de le laisser partir. On n'a pas vraiment eu le choix. On s'est retrouvés seuls et Hermione a reconnu ses erreurs. Elle s'est excusée et m'a dit qu'elle avait trop espéré coincer un dealer et que ça lui avait fait perdre sa raison. Cet incident ne s'est pas reproduit mais on a eu une ronde depuis et j'ai bien vu que Hermione était aux aguets, qu'elle était prête à bondir sur la moindre personne qui lui paraissait suspecte et qu'elle scrutait presque chaque élève. Je me suis dit que ça allait lui passer mais visiblement, j'ai été un peu trop optimiste… Et ça m'inquiète. Il y a forcément quelque chose qui ne va pas chez elle. On ne fait pas une fixette comme ça sans raison…

- Je suis bien d'accord, mais je suis sûr que si on essaie de lui en parler, elle va nier et affirmer que tout va bien…

- Je pense qu'en restant calme et patient, on peut réussir à la raisonner.

- Je te laisse t'en occuper, alors. Je ne suis pas doué pour ce genre de choses.

- D'accord, je verrai ça dès que je le pourrai. Merci d'être venu m'avertir de tout ça. Tu te rendais à la Grande Salle ?

- Oui, Pansy m'a lâché en chemin, du coup j'y allais tout seul.

- Allons-y ensemble, alors.

Ron acquiesça et fit le reste du chemin en compagnie de Terry. Une fois arrivés, ils rejoignirent leur table respective et Ron fut soulagé de voir à la sienne Harry et Hermione. Il s'assit à côté de Harry et se servit à manger tout en s'adressant à Hermione :

- Alors, tu les as coincés, les tourtereaux du parc ?

Hermione se renfrogna.

- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es battue contre eux ? Ça s'est mal passé ? Zut, je n'aurais pas dû te laisser y aller seule…

- Non, il n'y a rien eu, je ne leur ai même pas parlé. Tu disais peut-être ça pour plaisanter à l'instant mais c'étaient bien des tourtereaux.

- Comment tu le sais ?

- Je les ai suivis, c'étaient un Serdaigle et une Poufsouffle et ils se sont justement rués vers la salle commune de Serdaigle. J'ai déjà eu un doute en comprenant où ils allaient mais à un moment, ils se sont arrêtés pour se dévorer les amygdales et ça m'a suffi pour faire demi-tour.

- Eh bien c'est plutôt une bonne nouvelle, ils ne faisaient rien d'illégal, positiva Ron.

- Oui, c'est sûr…

Hermione ne semblait pas convaincue par ce qu'elle disait. Harry dut s'en apercevoir car il changea vite de sujet en parlant de la sortie à Pré-au-Lard. Cela anima un peu plus Hermione et ils passèrent ainsi le dîner à discuter de tout et de rien. En regardant ses meilleurs amis, Ron eut la désagréable impression qu'ils se cachaient tous deux derrière de faux sourires. Qu'ils jouaient un rôle et que ce n'étaient pas vraiment eux qui étaient à cette table. Tout ceci le rendit mal à l'aise. Mais qu'est-ce qui arrivait aux deux êtres qui comptaient le plus pour lui ? Pourquoi donnaient-ils l'air d'avoir le poids du monde sur leurs épaules ? Que pouvait-il faire pour les aider ? Tout seul, rien, sûrement. Mais avec toute la bande, peut-être trouveraient-ils une solution… S'il le fallait, ils uniraient leurs forces. Harry et Hermione étaient ses meilleurs amis et il avait bien l'intention de les aider.

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(dimanche 21/04) POV Théo

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- Allez, Théo… Tu ne veux vraiment pas nous dire ce que tu vas faire à Pré-au-Lard ?

Théo retint un soupir. Draco et Blaise essayaient depuis une heure de lui tirer les vers du nez. Il était tenté de leur dire la vérité pour qu'ils le laissent tranquille mais il savait que cela aurait tout l'effet inverse puisqu'ils allaient le harceler pour le convaincre de renoncer à son projet. Il préférait leur en parler une fois qu'il aurait vu les gérants du Chaudron Baveur. Quel intérêt avait-il de se prendre la tête avec ses meilleurs amis si, tout compte fait, il n'était pas pris ? Cela ne servirait à rien. Il valait donc mieux attendre. Ce fut avec sa patience légendaire qu'il répondit à Blaise :

- Non, mais je vous en parlerai ce soir, promis.

- Tu as beaucoup de choses à faire, ce soir, fit remarquer Draco. Tu dois parler à Harry, tu dois voir Justin, tu dois nous dire ce que tu faisais à Pré-au-Lard…

- Sans compter que tu as eu une matinée très remplie, entre ta séance de travail avec Justin, ton saut à la bibliothèque, ta séance de duel avec le professeur Flitwick… Tu es au courant que le week-end, c'est fait pour se reposer ?

- Ce n'est pas de ma faute si j'ai autant de choses à faire en une seule journée, protesta Théo. Et je vais très bien, je ne suis pas du tout fatigué.

- Eh bien je me demande comment tu fais. Rassure-moi, tu ne te drogues pas ?

- Attends, si ça se trouve, c'est ton dealer que tu vas retrouver à Pré-au-Lard !

- Ben voyons, alimentons bien le cliché de l'intello réservé de la classe qui se rebelle et qui se met à fumer, à boire, à se droguer…

- On plaisantait, on sait bien que ce n'est pas du tout ton genre. Mais ça ne nous dit toujours pas ce que tu vas faire cet après-midi…

- Je ne vous dirai rien même sous la menace.

- Pfff, t'es vraiment pas drôle… Bon, je dois y aller, j'ai des livres à rendre et il sera trop tard quand on rentrera de Pré-au-Lard. Draco, je compte sur toi pour essayer de le faire parler. Ne le lâche pas. Allez, à tout à l'heure.

Blaise se leva et s'en alla. Théo se retrouva seul avec Draco qui vint s'asseoir sur son lit. Il semblait inquiet.

- Théo, on blaguait vraiment à l'instant, mais promets-moi que tu ne vas rien faire de dangereux... Tu nous angoisses à ne rien vouloir nous dire… La dernière fois que tu es resté aussi secret, c'était à propos de l'endroit où tu allais passer les grandes vacances. Blaise et moi t'avions harcelé à ce sujet mais tu n'avais rien voulu lâcher. Résultat, on s'était inquiétés comme des malades jusqu'à ce que tu arrives chez Blaise, affaibli et mal en point.

- Je ne pouvais rien vous dire à ce moment-là car j'étais sous l'emprise de mon père et je ne voulais pas que vous montiez une opération commando pour venir me délivrer. Mon père n'aurait pas hésité à vous tuer, il s'en serait moqué que vous soyez les meilleurs amis de son fils… Enfin, «fils», c'est ce qu'on croyait encore à l'époque… Étant donné que je ne suis même pas son vrai fils, il aurait eu encore moins de scrupules à se débarrasser de vous… Je ne l'aurais pas supporté, et j'avais de toute façon un plan pour m'échapper. Mais pour en revenir à ce que j'ai prévu de faire à Pré-au-Lard, je te promets qu'il n'y a aucun risque. C'est quelque chose d'important, mais pas de dangereux. Fais-moi confiance.

Draco acquiesça. Théo vit dans son regard qu'il était rassuré et qu'il croyait en ce qu'il disait. Draco savait quand il pouvait être apaisé lorsque Théo lui disait de lui faire confiance. Il ne l'avait jamais été quand Théo affirmait qu'il avait la situation en main pour les vacances d'été, et il avait eu raison car tout aurait pu très mal se passer, même s'il n'était au courant de rien. Là, Théo n'allait vraiment pas se mettre en danger à Pré-au-Lard, et Draco sentait qu'il disait la vérité. Il n'avait pas besoin de le sonder pour le savoir. C'était très instinctif, entre eux.

- Tu as intérêt à tout nous raconter ce soir, alors. On ne te laissera pas filer, cette fois-ci. Du coup, tu vas parler à Harry en revenant de Pré-au-Lard ?

- Oui, il voudra sûrement déposer ses achats dans son dortoir, alors je ferai mine de l'accompagner à sa salle commune et je l'arrêterai en chemin.

Théo avait fait part à Draco de la discussion qu'il avait eue avec Justin deux jours plus tôt. En fait, c'était Draco qui avait abordé le sujet «Harry». Il avait demandé à Théo s'il savait quelque chose à propos de lui. Il s'inquiétait pour son petit-ami, tout comme le reste du groupe. Théo lui avait dit qu'il n'avait pas la moindre information mais que Harry se faisait peut-être embêter par deux élèves de Serpentard. Il lui avait donc révélé ce qu'ils s'étaient dit avec Justin et il lui avait annoncé qu'il avait l'intention de parler avec Harry en rentrant de Pré-au-Lard. Il estimait pouvoir dire tout ça à Draco puisque, de toute façon, ils allaient peut-être devoir tous s'unir pour aider Harry. Mieux valait donc ne rien se cacher.

- J'espère qu'il se confiera à toi. Tu es le seul qui puisse le pousser à parler. Il peut tout te dire, à toi. Je devrais peut-être être jaloux mais ce n'est pas le cas. Vous avez une relation spéciale que tout le monde respecte. Mais ce que je crains, c'est qu'il te demande de ne rien me dire. Et je comprendrais que tu acceptes de garder pour toi ce qu'il t'aura dit. Mais j'aurais du mal à supporter d'être mis à l'écart.

- S'il se confie, j'essaierai de le convaincre de me permettre de t'en parler. Et s'il est préférable que le moins de personnes sachent pour une raison ou pour une autre, j'agirai en conséquence.

- D'accord, je te fais confiance, je sais que tu agiras de la façon la plus raisonnable qui soit. Bon, on ferait mieux d'y aller.

Théo acquiesça et se leva en même temps que Draco. Ils sortirent de leur dortoir, puis de leur salle commune et quittèrent ensuite le château pour rejoindre les autres devant les grilles de Poudlard. Ils se mirent en route quelques minutes plus tard et marchèrent pendant une dizaine de minutes avant d'arriver à Pré-au-Lard. Draco et Théo se séparèrent, Draco devant s'acheter quelques vêtements à Gaichiffon tandis que Théo avait rendez-vous avec les propriétaires du Chaudron Baveur aux Trois Balais. Ils lui avaient dit, dans leur deuxième lettre, qu'ils l'attendraient dans un coin isolé du pub. Ils étaient conscients que Théo souhaitait garder cette rencontre secrète. Lorsqu'il pénétra dans le pub, il chercha donc du regard les gérants de l'auberge et il dut avancer un peu pour les trouver. Il se dirigea vers eux et s'arrêta devant leur table.

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger, vous êtes bien M. et Mrs Dawnson ?

Il se détesta pour sa voix timide. S'ils avaient entendu un traître mot de ce qu'il avait dit, ça relevait du miracle. Mais le couple, lui, parut charmé par son manque d'assurance.

- Oui, c'est bien nous, répondit l'épouse. Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vu quelque part mais vous, visiblement, vous nous connaissez. Vous avez dû voir notre photo dans la Gazette du Sorcier, comme le jeune homme que nous attendons… Vous avez l'air bien jeune pour vous intéresser à ce genre d'actualités, mais ça fait toujours plaisir. Vous vouliez nous parler ?

Théo ne sut quoi dire tant il avait honte. Le couple ne semblait pas penser une seule seconde qu'il pouvait être la personne qu'ils attendaient. Il était pourtant grand pour un garçon de quinze ans, mais peut-être qu'à cause de sa maigreur, il paraissait plus jeune qu'il ne l'était… Cela lui fit soudain prendre conscience que personne n'irait embaucher quelqu'un d'aussi mince et d'apparence fragile pour un travail aussi pénible que celui pour lequel il avait postulé. Et il se demanda alors ce qu'il faisait là et pourquoi il avait envoyé cette lettre. Il décida néanmoins d'être franc :

- Je voulais surtout vous voir, mais… c'était idiot, je vous demande pardon de vous avoir dérangés et de vous avoir fait venir ici pour rien. J'ai naïvement pensé que j'avais une chance mais… c'était vraiment stupide. Vous avez besoin de quelqu'un de bien mieux que ça. Je m'en veux terriblement de vous avoir fait perdre du temps inutilement…

- Non mais attendez, ne vous mettez pas dans des états pareils… C'est moi qui suis désolée, j'aurais dû me dire que c'était peut-être vous, Théodore Nott… Car c'est bien vous, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est moi, confirma Théo, gêné.

- Eh bien asseyez-vous, ne restez pas debout ! Je reconnais que nous ne vous imaginions pas du tout comme ça mais il n'y a pas que le physique qui compte pour un entretien d'embauche ! C'est même un critère assez discriminatoire, à part pour des métiers où il faut impérativement un certain profil. Allez, prenez place, et commençons cet entretien. Nous ne vous attendions pas si tôt, mais puisque nous sommes tous là, profitons-en !

Légèrement détendu, Théo s'installa en face du couple. Un serveur vint vite lui demander ce qu'il voulait boire. Il commanda une bièreaubeurre et fut rapidement servi. Lorsque le serveur fut parti, M. Dawnson prit la parole :

- Alors, dites-nous qui vous êtes.

- Je suis Théodore Nott, j'ai quinze ans et je suis élève en cinquième année à Poudlard. Je n'ai pas grand-chose d'autre à dire, à part que je lis énormément, que je suis fan de botanique, de potions, de runes, d'arithmancie et d'astronomie et que je fais partie de l'équipe de Quidditch de ma maison.

Théo avait l'impression d'avoir dit des choses plus que banales mais il vit pourtant un grand intérêt dans le regard des gérants du Chaudron Baveur.

- Mais tout cela est bon à savoir, dit Mrs Dawnson. Vous faites du Quidditch, dites-vous ? Cela vous a sûrement permis de vous muscler ?

- Oui, les seuls kilos que j'ai pu prendre, c'est du muscle.

- Mais c'est très bien, ça. Vous avez peut-être l'air fin comme un piquet mais si vous avez du tonus, c'est le principal, déclara M. Dawnson. Vous aurez plus de facilités que quelqu'un qui pèserait dix kilos de plus que vous mais qui n'aurait aucun muscle. De plus, vous avez une très bonne condition physique grâce à la pratique du Quidditch, ce qui est important pour ne pas être essoufflé au bout de cinq étages montés. Car vous aurez un peu de ménage à faire dans les chambres mais pas tous les jours, vous alternerez avec d'autres tâches, comme la vaisselle et le service. Ou alors vous ferez un peu de toutes les tâches chaque jour, cela dépendra du monde qu'il y aura. Mais dites-nous pourquoi vous désirez travailler au Chaudron Baveur, cela nous intrigue venant de quelqu'un d'aussi jeune que vous. Normalement, c'est en sortant de Poudlard que les jeunes se mettent à travailler…

Théo hésita un peu mais préféra continuer à être franc :

- Je vais devoir payer ma formation et avoir de quoi subvenir à mes besoins une fois que j'aurai mes ASPIC en poche. Vu que je souhaite faire une double formation, elle est assez chère et c'est pour ça que je m'y prends dès maintenant. Si je travaille trois étés et que j'utilise le moins possible ce que j'ai dans mon coffre, j'aurai de quoi payer ma première année. Je compte monter un dossier pour pouvoir travailler au sein de ma formation et ça paiera justement le reste de celle-ci. Les potions que je préparerai en cours seront contrôlées et vendues si elles seront jugées aptes à la consommation. Je toucherai une partie de ces ventes, ce qui constituera mon salaire. Enfin, voilà, tout ça pour dire que j'ai postulé car j'ai besoin d'argent. J'ai déjà logé au Chaudron Baveur l'été dernier, je vais y loger de nouveau cet été et je me suis dit que ce serait intéressant d'y travailler aussi. Cela m'occuperait et me permettrait de mettre de côté.

Théo se tut sur ces mots qui furent suivis d'un silence assez gênant. Du moins, pour lui. Il n'osa pas regarder tout de suite ses interlocuteurs dans les yeux mais lorsqu'il leva finalement la tête et qu'il croisa leur regard, il y vit le choc et le désarroi. Il réalisa alors que si tout cela était à présent normal pour lui parce qu'il l'avait accepté, ce n'était pas forcément le cas pour tout le monde.

- Je suis désolé, je… je vous dis ça comme si c'était parfaitement banal mais c'est parce que ça l'est pour moi…

- Mais vous ne devriez pas trouver cela censé à votre âge, protesta doucement Mrs Dawnson. Vous n'avez que quinze ans et vous êtes déjà totalement indépendant…

- Je n'ai pas vraiment le choix, contesta Théo.

- Comment cela ? Nous sommes au courant pour le procès de votre... père, mais il n'était pas le seul membre de votre famille ?

- Si, c'était le seul qui me restait. Mais je ne veux pas vous ennuyer avec ça…

- Non, au contraire, nous souhaitons vous connaître le plus possible, et il y a de toute évidence des choses que nous devons savoir afin d'éviter de commettre des impairs si nous vous embauchons à l'issue de cet entretien. Après, bien sûr, si vous ne souhaitez vraiment pas en parler, nous ne vous y forcerons pas. Mais il vaut mieux que nous sachions certaines choses pour ne pas faire de bourdes.

Théo acquiesça. Puis il se lança ;

- Je n'ai plus de famille, j'ai perdu ma mère à huit ans, celui que je croyais être mon père va passer le reste de ses jours à Azkaban quand il sortira du coma, je n'ai plus de grands-parents et mes deux parents étaient enfants uniques. Je n'ai donc ni oncles, ni tantes. Et je n'ai aucune idée de l'identité de mon vrai père. Mais mon père m'a laissé entendre qu'il n'était plus de ce monde. Je ne mentais vraiment pas quand je disais que je n'avais pas le choix.

- Nous comprenons mieux, maintenant. Et nous sommes désolés pour tout cela. Mais le Ministère n'est-il pas censé vous accompagner et vous aider ?

- C'est justement le Ministère qui m'a fait loger au Chaudron Baveur l'été dernier, mais je n'avais pas encore été renié à cette époque. Pour le Ministère, j'étais donc un adolescent sous l'autorité de son père qu'il fallait protéger et placer quelque part. Mais là, ce n'est plus la même situation. Mon père m'a renié depuis Azkaban grâce à l'aide de son avocat. Et à partir du moment où on est renié, ce n'est plus l'affaire du Ministère. On est un peu comme des parias. Je pense que ça va changer avec le temps, quand le Ministère n'aura plus peur des riches familles de Sang-Pur. Mais pour ma part, je vais devoir me débrouiller seul. De toute façon, même si le Ministère s'occupait de mon cas, il ne pourrait pas me donner l'argent nécessaire pour ma formation. Je devrais dans tous les cas travailler. Ce n'est pas un choix, c'est une nécessité. Mais je ne veux pas que vous vous sentiez obligés pour autant de me prendre. Si ce n'est pas vous, ce sera quelqu'un d'autre. Du moins, je l'espère. Je ne vais pas abandonner au premier refus. Je postulerai partout où je le pourrai. Mais je ne vous cache pas que j'aimerais beaucoup travailler au Chaudron Baveur. Et pas seulement parce que j'y logerai. Mais aussi parce que le travail à y faire me plaît.

- C'est loin d'être un métier ou un job qui passionne, pourtant, fit remarquer M. Dawnson. Nous ne voulons pas vous faire peur et vous dissuader, bien au contraire, mais ce n'est pas de tout repos.

- J'ai l'habitude, affirma Théo. Il n'y a que le service qui sera nouveau pour moi. Sinon, le reste, je maîtrise.

- Vous savez faire le ménage ?

- Oui, je sais m'occuper d'une maison dans son intégralité. Je… C'est moi qui entretenais le Manoir dans lequel j'habitais avec mon père. Je faisais absolument tout depuis que j'étais enfant, donc j'ai plutôt le tour de main.

Le couple eut de nouveau l'air choqué. Théo s'empressa de les rassurer :

- J'ai eu une enfance assez difficile, je l'avoue, mais tout cela est derrière moi, je suis très heureux aujourd'hui et je veux simplement qu'on me considère comme un adolescent comme les autres qui souhaite décrocher un job d'été. J'ai survécu à plein d'atrocités pendant mon enfance alors je pense pouvoir largement supporter le travail qui m'attend au Chaudron Baveur si je suis embauché. Je ne voulais pas parler de tout cela à la base, je suis quelqu'un de secret, mais je comprends que c'était nécessaire que je dise certaines choses lors de cet entretien, mais je ne veux pas être pris en pitié.

M. et Mrs Dawnson sourirent.

- Ce n'est pas notre genre, mais que tu le veuilles ou non, mon petit Théo, nous t'admirons pour ton courage et notre choix est presque déjà fait. Tu vas faire partie de la famille du Chaudron Baveur le temps d'un été. Et qui sait, peut-être les étés suivants si l'aventure t'aura plu ? Mais nous allons tout de même te poser les autres questions qui s'imposent. Tu sais faire la vaisselle et le ménage mais te sens-tu prêt à laver et essuyer une centaine d'assiettes, de verres et de couverts par repas ? Et faire ceci deux à trois fois par jour ? Te sens-tu prêt aussi à faire toutes les chambres en une matinée ? Te sens-tu prêt à jongler entre les tables et la cuisine pendant trois heures, à prendre les commandes, à aller chercher les assiettes, à les servir, à les ramener… ? Bien sûr, pour la vaisselle, tu auras l'aide de la magie, tu peux obtenir une autorisation de la part du Ministère dans le cadre d'un job tant que c'est encadré et surveillé, mais le plus gros viendra de toi. Nous préférons que tu sois conscient de tout ce qui t'attend afin que tu ne sois pas mis au pied du mur lors de ton premier jour de travail.

- Je suis prêt pour tout ça, déclara Théo. Je suis des cours particuliers de duel très intenses une fois par semaine à Poudlard et pendant une heure, je me défends et j'attaque sans aucun répit. Je ne suis donc pas trop effrayé à l'idée de travailler dur pendant toute une journée. Ça risque juste d'être un peu compliqué pour le service au début car je n'ai jamais fait ça…

- Tu es loin d'être le seul, tu auras une petite formation pour ça, tu n'as pas à t'en faire. Au vu de tes capacités d'adaptation, ça devrait être simple pour toi. À tout hasard, sais-tu cuisiner ?

- C'est l'une des choses que je faisais quotidiennement au Manoir. Je ne sais pas faire tous les plats, évidemment, mais il y en a pas mal que je pourrai faire. Après, j'ignore si c'était vraiment bon, ce que je faisais, ça plaisait à mon père mais ça se trouve, j'étais nul…

- Tu te dévalorises beaucoup trop, Théo. Il va falloir remédier à ça. Tu dois avoir confiance en toi si tu veux te faire respecter des clients, car il y en a qui ne sont pas très faciles. Bon, il se peut que tu sois aux fourneaux de temps en temps. Ce n'est pas forcément plus calme mais c'est une tâche plus agréable quand on aime faire la cuisine. Est-ce ton cas ?

- Oui, j'adore ça.

- Bien, tu auras donc un panel un peu plus large d'activités. Il reste encore deux choses à voir mais tu es d'ores et déjà embauché pour l'été. Sauf si les deux choses dont je parlais, à savoir les horaires et le salaire, ne te conviennent pas mais je doute que ce soit le cas. Venons-en donc aux horaires. Tu auras cinq journées entières et une demie-journée de travail, ainsi qu'un jour de repos. Ça changera chaque semaine, tu n'auras pas de jour de repos fixe ou de demie-journée fixe. On fait un roulement avec les employés afin que le dimanche ne soit pas toujours accordé aux mêmes personnes.

Théo hocha la tête.

- C'est normal. Je n'ai pas de préférence pour le dimanche, je crois même que je préfère travailler ce jour-là mais je comprends que la plupart des personnes veuillent l'avoir comme jour de repos.

- C'est surtout le cas pour celles qui ont des enfants. Ce que nous pouvons parfaitement comprendre puisque nous avons nous-mêmes trois enfants. Le plus grand est en deuxième année à Poudlard, la cadette vient d'avoir onze ans et le benjamin a huit ans et va donc devoir attendre avant de rejoindre ses aînés. Mais revenons-en à tes futures journées. Pour ce qui est des journées entières, lorsque tu devras assurer le service du matin, tu commenceras à sept heures et quand tu devras faire celui du soir, tu termineras à vingt-deux heures. Tu feras rarement les deux dans une même journée mais ça peut arriver s'il y a trop de monde. Le plus souvent, tu travailleras de sept heures à dix-sept heures, de neuf heures à dix-huit heures ou de midi à vingt-deux heures. Ce dernier cas compte comme une journée entière même si tu ne travailles pas le matin car tu finis quand-même assez tard. Bien sûr, tu auras une pause pour déjeuner qui ira d'une heure à une heure et demie selon ta journée de travail. Ce sera le plus souvent une heure et demie, car les journées sont quand-même plutôt rudes. Lorsque tu feras une demie-journée, si tu es du matin, tu travailleras de sept heures à quatorze heures et si tu es de l'après-midi, tu travailleras de quatorze heures à vingt-deux heures. Pour ce qui est du salaire, il sera de quarante gallions par mois, mais tu auras l'occasion de toucher un peu plus en faisant une heure supplémentaire de temps en temps, ce qui peut arriver quand l'auberge est pleine. Est-ce que tout cela te convient ?

- Oui, c'est parfait.

- Bien, si ce n'est pas déjà fait, tu devras parler de tout cela à ton directeur de maison. C'est lui qui va faire les démarches nécessaires pour que tu obtiennes l'autorisation d'utiliser la magie durant les vacances. Nous resterons en contact afin que tu puisses nous tenir informés de l'avancée des choses. De toute manière, nous devrons attester que tu travailleras bien au Chaudron Baveur cet été. As-tu fait part de ton projet de job d'été à ton directeur de maison ?

- Non, mais j'avais l'intention de le faire une fois que j'aurais obtenu un travail. C'est chose faite, si j'ai bien compris, alors je vais pouvoir lui en parler.

- Fais-le vite, alors.

- Promis.

M. Dawnson sourit et tendit une main à Théo qui la saisit.

- C'était un plaisir de te rencontrer, Théo. Et nous serons ravis de t'avoir parmi nous cet été. Tiens-nous au courant et fais attention à toi.

Théo acquiesça et serra la main de M. Dawnson avant de faire de même avec Mrs Dawnson. Ils lui offrirent un sourire chaleureux puis ils s'en allèrent. Théo termina sa bièreaubeurre, le sourire aux lèvres, heureux et fier d'avoir réussi son entretien.

.

Lorsque Théo quitta les Trois Balais, il faillit pousser un cri en tombant nez à nez avec Justin qui semblait l'attendre.

- Tu m'as fait peur, soupira Théo.

- Désolé, ce n'était pas le but, s'excusa Justin. Je venais de sortir de chez Honeydukes, et comme ce n'est pas très loin des Trois Balais, je me suis dit que j'allais t'attendre. Alors, dis-moi tout. Ça s'est bien passé ?

- Oh oui, ils ont été géniaux. Ils ont tout fait pour me mettre à l'aise. Ils ont voulu savoir pas mal de choses à mon sujet, je leur ai dit pourquoi j'avais besoin de ce job, je leur ai expliqué ma situation, je leur ai légèrement parlé de mon enfance, ils m'ont dit en quoi consistait le job pour lequel j'avais postulé, ils ne m'ont rien caché, ils voulaient que je sois conscient de la difficulté de ce job mais je leur ai affirmé qu'après tout ce que j'avais subi, je pouvais largement supporter ce genre de job, ils m'ont présenté les horaires et le salaire et ils m'ont dit qu'ils seraient ravis de m'avoir parmi eux cet été.

- Donc tu l'as eu ? se réjouit Justin.

- Oui, annonça Théo avec un grand sourire.

Il eut à peine le temps de dire Quidditch que Justin le prit dans ses bras et l'embrassa avec fougue et passion. Théo se sentit rougir à l'idée de partager un baiser enflammé avec son petit-ami devant tout le monde mais il n'eut aucune envie de repousser Justin alors il répondit à son baiser. Justin le serra contre lui et approfondit autant qu'il put le baiser qui commença à donner chaud à Théo. Son corps pressé contre celui de Justin devait probablement y être pour quelque chose. Il aurait voulu rester des heures ainsi mais il demeurait gêné par le fait qu'ils étaient en train de s'embrasser dans l'allée centrale de Pré-au-Lard qui était bondée de monde. Il rompit donc le baiser et repoussa doucement Justin. Il fut encore plus mal à l'aise en voyant des personnes les regarder avec une expression de pur dégoût. Il vit même une mère de famille prendre ses deux enfants par la main et s'éloigner avec eux avec un certain empressement en allant sur le bitume d'en face. Théo fut profondément blessé par cette attitude. Justin dut s'en apercevoir car il l'attira à lui dans une étreinte réconfortante. Théo se laissa aller contre son torse et apprécia le baiser que Justin déposa sur ses cheveux.

- Ne fais pas attention à ce genre de personnes, elles ne méritent que l'indifférence.

- Mais comment les mentalités peuvent-elles changer si ceux qui sont censés apprendre la tolérance à leurs enfants leur apprennent à fuir les gay comme la scrofulite ?

- Il y aura toujours des haineux et on ne peut rien y faire. Il faut les ignorer. Allez, viens, on va faire des emplettes. Tu as des choses à acheter, j'imagine ?

- Oui, du parchemin, des plumes, de l'encre et quelques accessoires pour le Quidditch.

- Il y a un magasin de Quidditch à Pré-au-Lard ?

- Non, mais Gaichiffon contient un rayon Quidditch. Ce n'est pas une boutique spécialisée dans ce domaine mais comme de nombreux magasins, elle propose des trucs en plus.

- Je vois. Allons à Scribenpenne, alors, c'est juste avant Gaichiffon.

Théo acquiesça et se mit en route avec Justin. Sur le chemin, ils croisèrent Terry près de la Tête de Sanglier, puis Pansy près de Derviche et Bang. Ayant tous deux presque fini leurs achats et devant passer par Scribenpenne, ils accompagnèrent Théo et Justin. Ils décidèrent tous les quatre d'essayer de trouver les autres afin d'aller aux Trois Balais une fois tous les achats effectués. Ils se rendirent à Scribenpenne et y rencontrèrent Hermione et Ginny qui étaient ensemble et Blaise qui était dans un autre rayon et qui n'avait pas vu les deux filles. Ils restèrent en groupe mais se firent discrets, car ils étaient sept et cela pouvait vite devenir bruyant même s'ils ne parlaient pas très fort. Il ne manquait plus que Harry, Draco et Ron. Ils sortirent vingt minutes plus tard de Scribenpenne et tombèrent sur Ron qui passait devant. Comme ils devaient tous s'acheter quelque chose à Gaichiffon, ils y allèrent tous les huit et partirent tous satisfaits au bout de trois quarts d'heure. Ayant tout ce qu'il leur fallait, ils se dirigèrent vers les Trois Balais et y virent Harry et Draco qui discutaient près de l'entrée.

- Ça nous aurait étonnés de ne pas vous voir ensemble ! lança Blaise.

- Vous vous êtes croisés où ? demanda Pansy.

- Entre Gaichiffon et Scribenpenne, répondit Draco.

- Ah bah justement, on vient de Scribenpenne. Ça fait longtemps que vous êtes là ?

- Un peu plus d'une heure. Mais on ne s'est pas du tout ennuyés, on s'est racontés notre sortie, on s'est montrés nos achats, on a parié sur qui allait arriver en premier…

- Bon, sur ce point, on s'est fait avoir, rigola Harry. On ne pensait pas voir débarquer toute la tribu d'un coup… On y va, du coup ?

Théo acquiesça, tout comme les autres, et tous entrèrent dans le pub. Théo en était sorti une heure et demie plus tôt mais il n'était pas contre le fait d'y retourner, surtout qu'il était avec son petit-ami et tous ses amis. À peine furent-ils installés qu'un serveur vint les voir. C'était le même qui avait servi Théo lorsqu'il était avec les Dawnson et il voulut lui faire signe de ne rien dire mais il n'en eut pas le temps puisque le serveur s'exclama dès que son regard se posa sur lui :

- Oh, vous avez changé de table ! Ou bien êtes-vous parti et êtes-vous revenu ?

Théo se serait plaqué une main sur le front s'il n'était pas aussi gêné. Il se sentit rougir alors que ses amis le fixaient avec un air étonné, à l'exception de Justin et Harry qui étaient tous deux au courant.

- C'est donc là que tu avais rendez-vous ? s'enquit Draco. Aux Trois Balais ?

Le serveur dut comprendre qu'il avait fait une bourde car il adressa des excuses silencieuses à Théo qui lui fit comprendre que ce n'était pas grave. L'employé prit les commandes et s'en alla. La bande semblait toujours curieuse de savoir qui Théo avait rejoint dans le pub et même s'ils ne lui posaient aucune question, Théo songea que c'était le bon moment pour leur dire à tous la vérité. Il se tourna vers Draco et Blaise :

- Je sais que je vous avais dit que je vous dirais tout ce soir mais vu qu'on est tous là et que j'ai été vendu involontairement…

- T'inquiète, on ne veut pas l'exclusivité, le rassura Blaise. Et je trouve ça bien qu'on sache tous en même temps.

- Harry et Justin savent déjà, précisa Théo. Justin parce que c'est mon petit-ami et que notre relation est basée sur la confiance, et Harry…

- Parce que c'est Harry, compléta Hermione.

Tout le monde se mit à rire, ce qui détendit considérablement Théo. Il se jeta alors à l'eau :

- J'ai décidé de travailler cet été. J'en ai besoin pour payer ma formation. J'ai appris que les gérants du Chaudron Baveur recherchaient du personnel, alors j'ai postulé. Ils m'ont répondu et nous avons convenu de se retrouver aux Trois Balais lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard. On s'est vus il y a deux heures et demie, on a parlé pendant un peu moins d'une heure et ils m'ont embauché. Il y a juste des démarches à faire pour que je puisse utiliser la magie durant les vacances.

Théo se tut et observa la réaction de ses amis. Terry et Ron semblaient surpris, Hermione et Ginny avaient l'air mitigées, Pansy lui souriait avec fierté et Draco et Blaise paraissaient consternés. Ce fut Draco qui réagit en premier :

- Théo, je comprends pourquoi tu as fait ça, mais… ce n'est pas très raisonnable. Tu as eu une année compliquée et épuisante, tu es encore fragile, tu n'es pas du tout en état de travailler pendant tout un été, et encore moins dans une auberge !

- Si j'ai pris cette décision, c'est que je m'en sens capable, rétorqua Théo. Tu me connais, Draco, je ne suis pas quelqu'un d'irréfléchi, bien au contraire, je ne fais jamais rien sur un coup de tête, sauf quand il faut faire vite. Et encore, même là, je garde la tête froide et j'agis méthodiquement. Je vais en parler au professeur Snape, de toute façon, il va sûrement vouloir me faire changer d'avis mais il respectera mon choix quand j'aurai tout clarifié et il me donnera les potions adéquates pour que je puisse rester en forme. Tout est sous contrôle, Draco. J'ai pensé à tout. La seule chose qui aurait pu me freiner, c'est mon problème de magie mais ça n'en est plus vraiment un puisque les séances de duel font effet et que le professeur Black et le professeur Flitwick m'ont dit que je pourrai tenir l'été sans avoir de soucis avec ma magie. Fais-moi confiance, Draco. Je sais ce que je fais.

Draco fixa Théo pendant un moment avant de soupirer.

- D'accord, mais promets-moi de faire attention et de ne pas trop forcer.

- Promis. Je ferai juste mon travail et si ça ne va vraiment pas, je le dirai.

Draco acquiesça. Théo tourna la tête vers Blaise.

- Tu me fais confiance, toi aussi ?

- Évidemment, mais… je suis celui qui t'a vu au plus mal l'été dernier, alors je m'inquiète vite pour toi. Je ne veux pas te revoir débarquer dans ma chambre à bout de forces…

- Je t'assure que ça n'arrivera pas, jura Théo. Je serai bien traité, là-bas. Je paierai ma chambre mais pas de façon directe car ce sera retenu sur mon salaire, je serai au calme et j'aurai largement de quoi manger à ma faim. J'aurai droit à un jour et demi de repos et je travaillerai environ huit heures par jour, avec des horaires qui varieront. Ce sera assez intense mais une fois que j'aurai pris le rythme, ça ira tout seul. Je prendrai sûrement quelques jours juste avant la rentrée pour me reposer.

- Très bonne idée. Mais, du coup, on ne pourra pas se voir ?

- Si, lors de mes jours de repos. Je peux bien en sacrifier un pour passer du temps avec mes amis… Par contre, on ne pourra rien prévoir à l'avance, puisque mes horaires changeront d'une semaine à l'autre.

- On se tiendra au courant, dit Blaise. Bon, je suis content pour toi, tu vas pouvoir payer une partie de ta formation avec l'argent que tu vas gagner…

- Oui, si je me débrouille bien en continuant à économiser, après les ASPIC, j'aurai assez dans mon coffre pour payer un peu plus de la moitié de ma formation ainsi que le loyer de mon logement. Et j'aurai de quoi m'acheter à manger jusqu'à ce que j'aie ma première paie pour le job que j'aurai au sein de ma formation. Si on enlève le loyer et la nourriture, il me restera environ trois cent gallions. Et le coût annuel de la formation est de cinq cent gallions. Si je travaille au Chaudron Baveur durant les trois étés suivants, je gagnerai deux cent cinquante gallions. Donc ça devrait aller.

- Elle coûte vachement cher, ta formation, protesta Ron.

- Je fais une double formation, c'est pour ça. Celle de potionniste coûte quatre cent gallions et celle de botaniste coûte deux cent gallions mais comme il y a pas mal de cours en commun, associer les deux ne coûte que cinq cent gallions. Mais parlons d'autre chose, si vous voulez bien.

- Oui, parlons de Quidditch, tiens, proposa Draco.

Hermione, Terry et Justin levèrent les yeux au ciel mais participèrent activement à la discussion qui porta sur le match qui opposerait Poufsouffle à Serpentard une semaine plus tard. Ils en avaient déjà parlé mais depuis, il y avait eu des rumeurs sur la composition de l'équipe de Poufsouffle. Smith, le capitaine, aurait décidé de faire jouer la moitié des remplaçants afin de déstabiliser les Serpentard. Les dix amis passèrent alors une heure à évoquer tous les cas de figures possibles et imaginables. Ils ne réussirent pas vraiment à s'entendre sur une seule et même hypothèse mais ils s'accordèrent tous à dire que peu importe les joueurs qui composeraient l'équipe de Poufsouffle, ils se feraient laminer par les Serpentard !

.

Une heure et demie plus tard, tout le monde rentra à Poudlard. Ron, Blaise, Ginny et Pansy filèrent aussitôt à leur dortoir afin d'y déposer leurs achats. Terry et Hermione restèrent un peu, puis ils imitèrent les deux autres couples.

- Bon, je crois que je vais faire comme eux, déclara Harry.

- Je t'accompagne, si tu veux, proposa Théo.

- Tu es sûr ? Tu as tes emplettes aussi à ranger et il est bientôt l'heure de dîner…

- On a une heure devant nous, ce sera largement suffisant.

- D'accord, je veux bien, dans ce cas.

Harry et Théo embrassèrent leurs petits-amis respectifs avant de les quitter et de prendre la direction des escaliers. Ceux-ci décidèrent de leur jouer un tour en se déplaçant alors qu'ils étaient en train de monter au troisième étage. Si Harry râla, cela arrangea grandement Théo qui pourrait ainsi s'arrêter en plein couloir et emmener Harry dans un endroit calme et isolé afin de lui parler. Il n'aimait pas trop cette impression de tendre un piège à Harry mais il n'avait pas vraiment le choix. Ils se mirent donc à arpenter le deuxième étage qui était relativement désert. Ils passaient devant les toilettes de Mimi Geignarde lorsque Théo attrapa le poignet de Harry. Celui-ci se retourna et le regarda avec un air intrigué.

- Il y a un problème ? s'inquiéta-t-il.

- Non, je… je voudrais te parler, en fait. Mais pas ici.

Théo entraîna Harry vers un coin à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Tu me fais peur, s'angoissa Harry. Qu'est-ce qu'il y a ?

Théo ancra son regard dans celui de Harry.

- C'est la question que j'allais te poser. J'aimerais savoir ce que tu as en ce moment. Ne me dis pas «rien», car je sais que c'est faux. Je me doute bien que si tu as des problèmes, tu n'as pas envie d'en parler mais il le faut, pourtant. Je ne veux pas t'embêter, mais juste t'aider. Comme Draco, comme Ron, comme Hermione, comme tout le reste de la bande. Nous sommes plusieurs à penser que tu te fais harceler, que tu reçois davantage d'insultes, de remarques et de moqueries dans les couloirs que Draco, Justin ou moi. Si c'est le cas, tu dois le dire. Que ce soit à nous ou à ton directeur de maison. Ou à ton parrain. Ne refais pas la même erreur que tu as faite au début de l'année, avec Adrian et tes potions. Tu as du monde autour de toi pour t'aider. Tu n'es pas tout seul. Et tu sais que tu peux tout me dire. Alors parle-moi.

Un vrai dilemme sembla faire rage dans l'esprit de Harry. Il finit par baisser les yeux et se mordre la lèvre.

- Je me fais embêter dans les couloirs, oui, mais pas plus que Draco, Justin ou toi. C'est juste que je le supporte moins bien que vous.

- Harry, n'essaie pas de me mentir, s'il te plaît. Si tu es victime de harcèlement, tu n'as pas à avoir honte. Ce sont eux les fautifs. Tu n'as rien demandé et tu ne peux rien faire de toi-même pour qu'ils cessent de t'importuner. Seuls les professeurs peuvent faire quelque chose. C'est à eux de ramener l'ordre et l'autorité. Ils sauront dire ce qu'il faut pour dissuader les élèves de continuer à te harceler. Après, je suis prêt à te croire quand tu dis que tu ne subis pas plus d'attaques que moi quand tu te promènes seul dans le château. Peut-être en subis-tu autant en ce qui te concerne. Mais peut-être en subis-tu d'autres à propos de ton parrain et de ton directeur de maison… Et peut-être y a-t-il deux élèves en particulier qui sont allés plus loin que les autres. Je te dis ça car Justin a eu une discussion très désagréable avec deux Serpentard récemment qui lui ont dit des horreurs à mon sujet pour qu'il doute de moi et qu'il me quitte. Ils voulaient le mettre de leur côté et l'utiliser pour m'atteindre et me faire du mal par le biais de Justin. Sauf qu'il ne s'est pas laissé berner. Il m'a tout raconté car on s'est promis de ne rien se cacher si on se faisait attaquer plus sérieusement. Et on s'est dit que ces deux Serpentard n'étaient peut-être pas à leur premier coup d'essai et qu'ils avaient pu s'en prendre à toi.

Harry garda les yeux baissés. Théo reprit :

- Si tout allait parfaitement bien, tu me regarderais dans les yeux et tu me dirais à la fois gentiment et fermement que je me fais des idées et que tout va très bien. Là, tu as typiquement l'attitude d'une personne qui s'est faite percer à jour et qui ne veut pas l'admettre. Tu as sûrement peur de parler et de subir des représailles, ou que tes harceleurs s'en prennent à tes amis mais en étant vigilants, rien de tout cela n'arrivera. Tu nous connais, Harry. On sait se faire discrets. Tu n'as rien à craindre, on te protégera et on trouvera une solution. Je te le promets. Alors parle-moi, je t'en supplie. On tient tous à toi, tu es l'une des personnes les plus importantes à mes yeux et c'est très dur de te voir aller mal sans pouvoir t'aider.

La voix de Théo se brisa sur ces mots. Harry resta quelques minutes sans réagir puis, la tête toujours baissée, il se dirigea vers Théo qui écarta les bras sans réfléchir. Harry vint s'y loger et se serra fort contre lui. Théo retint les larmes qui lui montèrent aux yeux, bouleversé par la détresse qui émanait de son Gryffondor.

- Je suis là, Harry, je t'écoute, murmura-t-il.

Harry se détacha légèrement de Théo et leva les yeux vers les siens. Il ouvrit la bouche mais avant qu'il n'ait le temps de prononcer le moindre mot, un éclair rouge passa juste à côté d'eux et vint se fracasser contre le mur, les faisant sursauter et reculer de plusieurs pas.

- Qu… qu'est-ce que… qu'est-ce que c'était ? bredouilla Harry.

- Je n'en sais rien, répondit Théo, livide.

Il sortit sa baguette, la brandit devant lui, prêt à se défendre, et marcha à pas de loup. De très légers bruits lui indiquèrent que Harry faisait de même derrière lui. Ils avancèrent lentement et en silence jusqu'à ce qu'une autre lumière rouge venant de nulle part ne manque de les frapper. Ils se portèrent à temps vers l'arrière et demeurèrent un moment sans bouger. Théo se doutait que celui ou ceux qui les attaquaient s'étaient désillusionnés afin de ne pas se faire repérer. Il trouvait cela lâche et il ne se gêna pas pour le dire :

- Ce n'est pas très classe d'attaquer par surprise. Vous sentez-vous inférieurs à nous pour penser que votre seule chance de vous en tirer face à nous est de vous désillusionner ? Avons-nous à faire à des sixième année bons en métamorphose mais nuls en duel ?

À peine Théo eut-il terminé sa phrase qu'un sort fusa vers lui. Il le para facilement d'un informulé et ayant cette fois vu d'où venait le sort, il attaqua à son tour. Il avait exactement eu l'effet escompté en les titillant dans leur fierté : les faire sortir de leurs gonds et les pousser à se trahir. Harry vint lui prêter main forte et ils se retrouvèrent pris dans un duel face à deux élèves invisibles. Étant le seul à ne pas maîtriser les informulés, Harry passa plus de temps à se défendre et à tenter de protéger Théo qu'à attaquer. Mais c'était très bien ainsi : quand Harry le sauvait d'un sort, il pouvait se concentrer sur l'autre personne. Ils se complétèrent ainsi pendant plusieurs minutes mais leur alchimie prit fin lorsque deux sorts visèrent en même temps Harry. Théo eut l'impression de voir la scène au ralenti. Mais lorsqu'il vit les deux faisceaux de lumière se diriger vers Harry, il ne lui fallut qu'un dixième de seconde pour réagir et se jeter sur Harry pour l'aplatir au sol. Il se prit l'un des sorts et sentit une coupure lui entailler l'avant-bras mais il n'y fit pas attention, regarda derrière lui tout en continuant à protéger Harry de son corps et lança un faible maléfice explosif qui suffit à faire battre en retraite leurs deux adversaires. Le silence retomba dans le couloir, seulement entrecoupé par les respirations chaotiques de Harry et de Théo. Celui-ci était toujours couché sur Harry alors qu'ils se remettaient difficilement de ce qui venait de se passer. Théo sentait le corps tremblant de Harry sous le sien et lui caressa les cheveux pour le rassurer.

- Ils sont partis, c'est bon, dit-il doucement. Je les ai fait fuir. Ils ne reviendront pas. Nous sommes en sécurité, il n'y a plus rien à craindre.

Harry acquiesça mais ne bougea pas. Seule sa voix étouffée parvint à Théo :

- Reste encore un peu… s'il te plaît.

Théo comprit que son poids l'apaisait et demeura allongé sur le Gryffondor jusqu'à ce que celui-ci cesse de trembler. Il se redressa doucement, permettant à Harry de faire de même. Ils se relevèrent et défroissèrent leur robe de sorcier. Théo s'apprêta à proposer à Harry de l'accompagner à sa salle commune mais le Gryffondor l'en empêcha lorsque son regard se posa sur son bras :

- Mais tu es blessé !

- Ce n'est rien, Blaise saura arranger ça. Je vais te ramener à ta salle commune et…

- Non, tu vas tout de suite faire soigner ton bras ! Je peux rentrer tout seul, ne t'en fais pas pour moi. Il y a peu de chances pour que je les recroise. Et puis tu m'as déjà bien assez sauvé la mise comme ça. Tu dois t'occuper de toi, maintenant. Mais avant de te quitter, j'aimerais te remercier de m'avoir protégé comme tu l'as fait. Surtout que tu t'es pris un sort pour moi…

- C'est normal, voyons, dit Théo en souriant. Je ne pouvais pas laisser ces deux sorts te toucher… En plus, tout ça, c'est de ma faute. Si je ne t'avais pas emmené ici, ils ne nous seraient pas tombés dessus. J'aurais dû choisir un meilleur endroit…

- Tu ne pouvais pas deviner qu'on allait se faire attaquer, répliqua doucement Harry.

- Peut-être mais j'ai manqué de prudence. En tout cas, ça prouve que les deux Serpentard à qui tu as eu à faire sont dangereux et qu'ils peuvent aller très loin.

- Mais de qui tu parles ? Je n'ai jamais été embêté par deux Serpentard, prétendit Harry.

- Non, s'il te plaît, Harry, on ne va pas refaire toute la discussion… Avant que ces deux imbéciles ne viennent nous attaquer, tu t'apprêtais à te confier à moi et à me dire la vérité !

- Non, j'étais juste fatigué, je voulais un câlin et c'est pour ça que je suis venu dans tes bras. Tu as cru ce que tu as voulu croire, parce que tu es persuadé que je me fais harceler plus que Draco, Justin ou toi mais il n'en est rien. Sors-toi cette idée de la tête. Je ne veux pas que tu t'inquiètes pour moi alors qu'il n'y a aucune raison pour ça. Moi aussi, je tiens à toi, Théo, bien trop pour que des mots soient suffisants pour que je puisse l'exprimer. Alors je préfère que tu cesses de t'en faire pour moi et que tu te concentres sur toi. D'accord ?

Théo soupira.

- D'accord.

Harry sourit et prit Théo dans ses bras, lui rendant l'étreinte qu'il lui avait offerte une demie-heure plus tôt. Théo ferma les yeux et profita pleinement de ce câlin. Il enfouit son visage dans le cou du Gryffondor et respira son odeur qui l'apaisait. Il aurait pu rester des heures ainsi. Mais ils finirent par se détacher l'un de l'autre d'un même mouvement au bout de plusieurs minutes. Harry offrit un autre sourire plein de sincérité et de tendresse à Théo puis il s'en alla. Théo le regarda s'éloigner et demeura un moment sans bouger, un peu sonné par tout ce qui venait de se passer. Ce ne fut qu'en percevant du bruit dans les escaliers qu'il se décida à partir lui aussi. Il descendit au rez-de-chaussée et se rendit à sa salle commune. Une fois arrivé, il monta aussitôt à son dortoir. Par chance, Blaise était encore là, tout comme Draco. Ils sortirent de leurs rideaux dès qu'ils l'entendirent entrer. Il ne s'était pas vu dans une glace mais il ne devait pas être très beau à voir car ils parurent horrifiés en le voyant.

- Merlin mais qu'est-ce qui t'est arrivé ?! Tu es tout débraillé, tout décoiffé, on croirait que tu t'es battu avec un Quintaped ! Et tu… mais tu saignes !

- Ne vous affolez pas, je vais bien, je ne suis pas sur le point de tomber dans les pommes, j'ai juste une entaille sur l'avant-bras mais rien de bien méchant.

- Mais comment tu t'es fait ça ? interrogea Draco.

- Attends, je vais le soigner et il va nous raconter.

Blaise attrapa le bras valide de Théo qui se laissa emmener sans opposer de résistance. Blaise le fit s'asseoir sur son lit et lui demanda de retirer sa robe de sorcier ainsi que sa chemise. Comme Théo ne pouvait pas se servir de son bras droit, Draco dut l'aider tandis que Blaise préparait le matériel. Il grimaça lorsque son regard se posa sur la plaie.

- Rien de bien méchant, rien de bien méchant… Tu es désespérant avec ta vision des choses… Bon, ok, ça se soigne facilement mais c'est quand-même assez profond… Je te le dis tout de suite, tu vas devoir t'accrocher quand je vais désinfecter. Bon, qui t'a fait ça ?

Théo entama son récit pendant que Blaise commençait à le soigner. Il relata sa discussion ratée avec Harry, l'attaque surprise qu'ils avaient subie, le duel qui s'en était suivi et le changement d'avis de Harry. Il massacra la main de Draco pendant tout ce temps afin d'endiguer la douleur que les soins de Blaise lui provoquèrent.

- J'étais à ça de le faire parler. Je suis dégoûté. Évidemment, ce qui s'est passé, ça l'a conforté dans le… aïe ! Dans le fait qu'il devait se taire… Ces deux Serpentard savaient très bien où on était et de quoi on parlait. Ils ne voulaient surtout pas que Harry me révèle quoi que ce soit sur eux. Du coup, on… aïe ! On n'est pas plus avancés. On est juste certains que Harry se fait bien harceler mais sans qu'il… aïe ! Sans qu'il ait avoué pour autant… Disons que son attitude a parlé pour lui. Bref, on en est toujours au même point, Harry va faire comme si cette discussion n'avait jamais eu lieu, comme si… aïe ! Comme si on se faisait des idées et il va continuer à nous faire croire que tout va bien.

Les mots de Théo furent suivis d'un léger silence qui fut rompu par Draco :

- On n'a plus qu'une solution, alors. Agir dans son dos, avec le reste de la bande. On doit avoir des preuves que Harry se fait harceler. Il faut qu'on le voit de nous-mêmes, qu'on soit bien au courant de la situation, qu'on sache ce qu'il subit exactement. Il faut que l'un d'entre nous le suive quand il va se promener tout seul. Et qu'on répète cette filature plusieurs fois. Et lorsqu'on en saura assez, on ira voir le professeur Lupin. S'il balance à Harry tout ce qu'on aura réussi à savoir, il ne pourra plus nier. C'est comme ce que tu as fait, Théo. Tu lui as exposé tout ce qu'on avait deviné. Si vous n'aviez pas été attaqués, il t'aurait tout dit. Là, il va falloir se la jouer plus fine et l'espionner pour savoir ce qui se trame précisément. Il faudrait surtout qu'on sache qui sont les deux Serpentard qui s'en sont pris à Harry et Justin. On verra tout ça avec la bande quand on pourra se réunir.

- Samedi prochain, lors de sa séance de thérapie avec ton parrain, décréta Théo. Comme on aura un match le lendemain, on n'aura pas d'entraînement ce jour-là, Graham préférant qu'on soit au top de notre forme. Il ne veut plus compter sur ses potions après le sabotage qu'il y a eu.

- Très bonne idée, approuva Draco. Ça fait long à attendre mais c'est la seule possibilité qu'on a. Se réunir pendant la semaine serait trop compliqué. On a bien des trous entre certains cours et du temps avant le dîner mais entre les rondes, les séances de travail, les entraînements de Quidditch et Théo, Terry et Hermione qui ont cours de runes et d'arithmancie, ce serait trop galère de trouver ne serait-ce qu'une heure où nous sommes tous libres… Bon, Blaise, tu as bientôt fini avec le bras de Théo ? Je ne sens presque plus ma main, là.

- Oui, c'est bon, plus qu'un bandage à mettre et Théo pourra récupérer son bras. On fera des soins tous les jours et d'ici vendredi, tu pourras enlever le bandage. Il n'y aura aucun risque pour le match de dimanche, ton bras aura déjà bien cicatrisé. Même si un cognard te frappe, ça ne rouvrira rien du tout.

- Merci, Blaise. Heureusement que tu es là…

- J'ai un peu l'impression d'avoir soigné un patient illégalement car normalement, tu aurais dû aller à l'infirmerie… Mais tu as bien fait de ne pas y aller. Tu es considéré comme une cible depuis que tu as officialisé avec Justin, et tu le resteras pendant encore un certain temps, donc si tu débarques à l'infirmerie avec un bras en charpie, Mme Pomfrey ne te lâchera pas pour savoir qui t'a fait ça…

- C'est bien pour ça que je suis venu directement ici.

- Allez, on va manger, maintenant, décréta Draco.

- Je range le matériel et on y va.

Une fois tout le nécessaire médical à sa place, les trois amis sortirent du dortoir et se rendirent à la Grande Salle. Théo n'avait pas très faim, il était surtout fatigué, mais il savait qu'il devait manger. Pourtant, durant tout le repas, il fut bien plus occupé à regarder autour de lui qu'à picorer ce qui se trouvait dans son assiette. Une seule et même pensée tournait en boucle dans sa tête. Deux traîtres de sa maison s'en étaient pris à deux personnes qu'il aimait et avaient failli blesser gravement l'une d'entre elles. Si les deux sorts avaient touché Harry… Non, il ne voulait même pas y penser. Mais il ne pouvait pas laisser passer ça. Foi de Merlin, il allait faire la lumière sur leur identité. Il le jurait.

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(lundi 22/04) POV Tonks

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Tonks était en train de ranger son encrier et son parchemin dans son sac lorsque la porte de son bureau s'ouvrit. Elle leva la tête et vit l'air exaspéré de son supérieur.

- Qu'est-ce que tu fais encore là, Tonks ? Tu devrais être partie depuis vingt minutes !

- Oui, je sais, je finissais juste un rapport, rétorqua Tonks. Je trouve ça vraiment débile de m'avoir donné mon après-midi alors que je suis de garde cette nuit, ça n'a aucun intérêt…

- Si tu avais pris ton repos en temps et en heure comme on te l'a maintes fois demandé, tu aurais pu choisir toi-même le jour qui te convenait le mieux. Ça fait des semaines et des semaines qu'on te dit de prendre un jour de repos, tu repousses sans cesse alors à un moment, nous sommes bien obligés de te l'imposer sans te laisser le choix. Et puis bon, tu râles mais tu peux t'estimer heureuse, tu n'as qu'un après-midi de congé, et non une journée entière…

- Je n'aurais rien dit si je ne devais pas reprendre le travail à vingt heures… J'aurais préféré que ça tombe sur un jour où je n'étais pas de garde le soir. Comme ça, j'aurais pu mieux m'organiser. Mais tu as raison, j'ai quand-même de la chance. Le chef aurait très bien pu me filer une journée entière de congé et là, j'aurais sérieusement déprimé. C'est déjà galère d'occuper une matinée ou un après-midi, alors toute une journée…

- Qu'est-ce que tu vas faire, du coup ?

- Je vais me reposer un peu, puis j'irai prendre le thé chez mes parents. En fait, je me plains mais ce jour de repos tombe bien. Je devais parler à mes parents et je vais profiter de cette occasion pour le faire.

- Ouh là, ça a l'air d'être une épreuve pour toi…

- Je vais leur annoncer que je sors avec Severus et autant dire que ça ne va pas passer facilement.

- Oh… Je comprends mieux. Mais tu ne risques quand-même pas de te fâcher avec eux à cause de ça ?

- Non, je ne pense pas, mais ça va être tendu. Et je vais devoir m'armer de patience pour convaincre ma mère de laisser une chance à Severus.

- Eh bien bon courage. Ça va aller avec ton père ?

- Oui, il est beaucoup moins têtu que ma mère. Il est plus calme, plus réfléchi, plus posé. Ma mère a un très fort caractère et c'est ce qui rend parfois la discussion difficile. Mais j'ai des arguments et j'ai bien l'intention de les utiliser. Il y en aura un où ce sera quitte ou double. Soit ça la touche, ça la trouble et c'est plié, soit elle contre-attaque et dans ce cas, je sais déjà ce qu'elle va me sortir. Je la connais.

- Tu penses pouvoir compter sur ton père pour t'aider à convaincre ta mère ?

- Il va essayer de la raisonner, oui… Mais pas sûr que ça suffise. Bon, allez, j'y vais. Tu seras là ce soir ?

- Oui, je suis aussi de garde.

- Cool, à tout à l'heure, alors.

Tonks prit son petit sac et s'en alla. Elle sortit du Ministère, transplana et atterrit devant chez elle. Elle entra, déposa son sac dans le salon et fila aussitôt à la cuisine. Il était plus de treize heures, elle avait commencé le travail à sept heures et elle avait donc sérieusement faim. Tout en se préparant quelque chose de rapide à manger, elle pensa à la visite qu'elle allait rendre à ses parents. Elle avait un peu le trac. Elle n'avait jamais stressé de leur annoncer qu'elle sortait avec quelqu'un, mais là ce n'était pas pareil. D'une, parce que c'était Severus, un ex Mangemort, et que ça n'allait pas plaire à ses parents, et de deux, parce que cette histoire n'avait rien à voir avec celles qu'elle avait pu avoir avant. Elle ne s'était jamais projetée dans ses anciennes relations et les avait toujours vécues au jour le jour, sans penser mariage et enfants. Avec Severus, c'était complètement différent. Avec lui, elle songeait à s'installer. Avec lui, elle songeait à se marier. Avec lui, elle songeait à avoir des enfants. C'était avec lui qu'elle souhaitait tout ça. Parce que Severus était l'homme qu'il lui fallait. Et parce qu'elle l'aimait, tout simplement. Elle voulait donc à tout prix que ses parents acceptent Severus et qu'ils fassent abstraction de son passé. C'était hyper important pour elle.

Après avoir mangé, elle décida de se reposer un peu. Elle bouquina et dormit une petite heure avant de se rendre chez ses parents. Son père fut surpris de tomber sur elle en lui ouvrant la porte.

- Dora, quel plaisir de te voir ! On ne t'attendait pas du tout. Tu as eu un congé express ? Tu ne t'es pas blessée au point d'avoir un arrêt de travail, j'espère ?

- Non, ne t'inquiète pas, je vais très bien, dit Tonks en souriant. On m'a donné mon après-midi car j'avais des jours de repos à prendre et je ne les prenais jamais, alors ils m'ont un peu forcé la main. J'en ai profité pour venir vous voir. Pour une fois, je viens pour l'heure du thé, pas pour l'heure du dîner ! De toute façon, je suis de garde ce soir.

- Au moins, tu peux te reposer avant d'attaquer la nuit qui t'attend ! Allez, viens, ta mère est dans le salon.

Tonks entra et suivit son père jusqu'au salon où se trouvait effectivement sa mère. Elle abandonna la Gazette et vint prendre Tonks dans ses bras avant de lui proposer de s'asseoir et d'aller préparer le thé. Elle revint quelques minutes plus tard et versa l'eau bouillante dans les trois tasses.

- Alors, comment vas-tu ? Tu es toujours débordée par le travail ?

- Oui, mais j'arrive à maintenir le rythme donc ça va. Et vous, tout va bien de votre côté ?

- Oui, ton père travaille beaucoup et je passe le plus de temps possible à l'association.

Tonks acquiesça, imaginant très bien les journées de ses parents. Elle les admirait énormément pour leurs activités respectives. Son père intervenait dans les maisons sorcières pour les sécuriser en les mettant sous sorts d'insonorisation, sorts anti-transplanage, sorts anti-traçage, sorts de détection de fumée… Il plaçait les habitations sous une panoplie de sorts que seul un professionnel était autorisé à lancer. Le travail était long et fastidieux lorsqu'il s'agissait d'une maison fraîchement construite. Il fallait la sécuriser entièrement et jeter tous les sorts dans toutes les pièces. C'était l'un des métiers qui demandaient le plus de connaissances en sortilèges. Son père était pour elle un grand sorcier. Sa mère, elle, dédiait son temps à une association qui venait en aide aux enfants et adolescents qui ne pouvaient pas être scolarisés à Poudlard. L'association avait pour but de les aider à garder un lien social en organisant des activités, des ateliers, des sorties… Ces jeunes sorciers suivaient tous des cours à domicile, puisque la loi exigeait que tout sorcier de premier cycle reçoive une instruction, que ce soit à Poudlard ou à la maison. Ils profitaient donc des services de l'association le soir, entre dix-sept heures et vingt heures, ainsi que les week-end et pendant leurs vacances. Mais le travail ne consistait pas qu'à les accueillir, les accompagner et les divertir une fois qu'ils étaient là, il fallait également tout préparer en amont et cela demandait parfois toute une journée. Les parents de Tonks étaient donc des cinquantenaires très actifs et Tonks était plus que fière d'eux.

- C'est une chance que vous soyez libres les week-end où je viens dîner.

- Ton père travaille rarement le dimanche, et avec les collègues de l'association, on se relaie. Il y en a qui ont des enfants et qui veulent passer le dimanche avec eux.

- Tiens, en parlant d'enfants…

- Tu es enceinte ?! s'exclama aussitôt Andromeda.

- Non, répondit Tonks en levant les yeux au ciel. Mais j'aimerais vous parler de l'homme avec qui je souhaiterais fonder une famille.

- Nous t'écoutons, affirma Ted. La dernière fois que tu nous en as parlé, tu n'as pas voulu nous dire son nom. Aurons-nous cette chance aujourd'hui ?

- Oui, c'est justement ce que je voulais vous dire. Et je ne vais pas tourner autour du pot. L'homme avec qui je suis en couple depuis le début de l'année, c'est Severus Snape.

Tonks fit face au regard surpris, voire choqué de ses parents.

- Tu es sérieuse ? souffla Andromeda.

- Oui, je ne dirais pas quelque chose d'aussi énorme pour rire.

- Mais, Dora… Tu ne peux pas sortir avec cet homme…

- Eh bien apparemment si, puisque c'est ce que je fais.

- Ce n'est pas ça que je voulais dire ! Dora, on parle de Severus Snape ! Un ex Mangemort ! Alors que tu es Auror ! À quel moment tu t'es dit que cet homme était fait pour toi ?!

- À partir du moment où je vois les gens tels qu'ils sont aujourd'hui et pas tels qu'ils ont été quinze ans plus tôt, répliqua sèchement Tonks. Severus a changé, maman. Tout le monde à Poudlard pourra te le dire. Il n'est plus du tout l'homme qu'il a pu être dans sa jeunesse.

- Mais qu'est-ce que tu en sais ?! Tu n'étais qu'une enfant quand il est entré chez les Mangemorts ! Tu ignores ce qu'il a pu faire !

- Il s'est vite rendu compte de son erreur, il n'a jamais vraiment partagé l'idéologie de Tu-Sais-Qui, il était seul et paumé, il n'avait plus personne autour de lui, la seule personne qui comptait pour lui, la femme qu'il aimait lui tournait le dos, il avait accumulé une certaine haine en lui à cause de tout le harcèlement qu'il a subi à Poudlard, alors il n'a pas pu résister quand Tu-Sais-Qui a essayé de le recruter. Quand tu n'as plus goût à rien, que tu ne crois plus en rien et qu'on vient te torturer pour te faire abdiquer, tu cèdes rapidement car tu n'as plus rien à perdre, de toute manière. Je ne cautionne pas ce qu'il a pu faire, sinon je ne ferais pas mon métier, mais je pense qu'il faut tenir compte des circonstances avant de juger quelqu'un.

- Donc ça ne te fait rien de sortir avec quelqu'un qui a été au service d'un fou furieux qui souhaitait exterminer tous les nés-moldus de la Terre alors que ton père en est un lui-même ? Ça ne te fait rien de te dire que Tu-Sais-Qui aurait pu demander à ton compagnon de s'en prendre à ton père ? Ça ne te pose aucun problème de conscience ?

- Severus n'a jamais tué personne. Tu-Sais-Qui l'a recruté pour ses talents de potionniste et pour sa maîtrise de l'Occlumancie et de la Legilimancie. Il ne l'a jamais envoyé faire le sale boulot. Il doit être l'un des seuls Mangemorts à ne pas avoir de sang sur les mains. Et jamais il n'aurait voulu tuer qui que ce soit. Il a rejoint les rangs de Tu-Sais-Qui par désespoir, et non pas parce qu'il partageait ses idées sur les nés-moldus. Aujourd'hui, il ne répéterait pas la même erreur. Car il est bien entouré. Il n'est plus du tout dans la même situation. Il a changé. Il est beaucoup plus humain. Sauver un élève d'un profond mal-être en pratiquant son métier de médicomage et de psychomage qu'il avait laissé derrière lui il y a des années, ça l'a littéralement transformé. Il n'a plus lâché son métier depuis et il s'occupe de tous les élèves qui lui passent sous la main. Il a même presque entièrement renoncé à ses cours pour se consacrer à ses patients. Et il est en train de révolutionner Poudlard pour en faire une école qui réponde vraiment aux besoins des élèves. Il modifie plein de choses qui ne vont pas et qui nuisent à leur bien-être. Il a déposé plusieurs requêtes auprès de Dumbledore lors de la dernière réunion et il devrait toutes les accepter. Il s'investit à fond dans le bonheur des élèves et ça le rend plus heureux que jamais. Tu ne peux pas le rejeter avec tout ça, maman. Il mérite que tu lui laisses une chance.

Tonks se tut sur ces mots et garda le regard fixé sur sa mère. Au vu de son air pincé, elle n'avait pas réussi à la convaincre. Andromeda le confirma bien vite :

- Je ne suis pas certaine de pouvoir faire abstraction de son passé si je l'avais en face de moi. Je ne verrais que l'ex Mangemort en lui.

- Parce que tu ne l'as pas encore rencontré. Tu changeras vite d'avis au bout d'une ou deux heures passées avec lui.

- Je ne pense pas être prête à l'accepter comme le compagnon de ma fille, Dora. Je te crois quand tu dis qu'il a changé, mais pour moi, ça n'enlève rien à ce qu'il a pu être et à ce qu'il a pu faire. Mais je tolère malgré tout la relation que tu entretiens avec lui car il n'est plus le même homme qu'avant. Il n'est pas un danger pour toi à l'heure actuelle et c'est tout ce qui compte. Mais pour le moment, je ne peux pas faire plus, c'est au-dessus de mes forces. Je ne veux pas le voir, ni passer ne serait-ce qu'une heure en sa compagnie. Je ne suis même pas sûre de m'estimer un jour capable de le faire. Je suis désolée, Dora.

Tonks était déçue, même si elle s'était préparée à devoir ramer pour venir à bout de la réticence de sa mère. Mais elle avait une dernière carte à jouer. La fameuse carte quitte ou double. Elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle devait choisir la meilleure approche. Elle avait le coeur qui tambourinait dans sa poitrine tant cela pouvait tout changer.

- Je comprends, maman. Mais il y a peut-être une chose que tu ignores et que je ne t'ai pas encore dite. Si Severus se bat pour que les élèves se sentent bien à Poudlard, c'est parce que la personne à qui il tient le plus au monde s'y trouve. Depuis l'été dernier, il est responsable de son filleul et il est devenu son tuteur légal. Si je te dis ça, c'est parce qu'en acceptant de recevoir Severus cet été pour un dîner, tu pourras rencontrer ton neveu Draco dont tu ne connais que le nom et que tu n'as jamais vu en vrai.

Les yeux d'Andromeda s'agrandirent sous le choc. Tonks savait qu'elle allait la déstabiliser avec cet argument. Sa mère avait longtemps souffert d'avoir été reniée par sa famille. Ses sœurs lui avaient toujours manqué, même si elles ne partageaient pas du tout la même idéologie. C'était surtout le fait d'avoir perdu le contact avec sa sœur Narcissa qu'elle regrettait énormément. Elle était persuadée que si Bellatrix n'avait pas autant fait pression sur elle, Narcissa ne se serait pas laissée enrôler et se serait rebellée. Mais Bellatrix avait profité de son statut d'aînée et du fait que Narcissa était la plus jeune pour la manipuler et lui faire croire tout ce qu'elle voulait. Tonks était au courant de tout cela. Et elle avait connaissance de l'envie de sa mère de renouer les liens avec sa benjamine. Il était donc évident que l'idée de rencontrer le fils de sa sœur qu'elle voulait revoir la remuerait. Cela pouvait la faire céder, tout comme elle pouvait nier et contre-attaquer. C'était ce que redoutait Tonks. Et elle ne tarda pas à voir ses craintes confirmées :

- Pourquoi aurais-je envie de voir le fils de ma sœur ? Il a grandi dans une famille de Mangemorts, il a été élevé par un Mangemort, il doit penser comme un Mangemort ! Tu crois vraiment que cela m'intéressait de faire sa connaissance ?

- Il a pu être comme ça, oui, mais lui aussi a changé, rétorqua Tonks. Il a laissé tomber ses préjugés sur la pureté du sang dès qu'il a commencé à vivre avec Severus. Se retrouver dans un autre cadre l'a aidé à se départir de toutes les idées dans lesquelles il a grandi. Draco a mûri auprès de Severus. Et ça a continué à Poudlard, même s'il a fallu un peu de temps pour que le plus gros changement en lui ne s'opère.

- Il peut toujours retomber dans ses vieux préjugés une fois qu'il ne sera plus sous l'autorité de son parrain. À cet âge, les adolescents sont influençables et ils changent facilement d'avis. Ce n'est pas parce que Draco semble s'être ouvert l'esprit que ça va durer, loin de là. À sa sortie de Poudlard, il peut très bien se faire de mauvais amis et retrouver son ancienne idéologie.

- Non, je ne crois pas. Je ne suis pas censée le dire mais je sais que tu ne diras rien. De toute façon, ça fait un moment qu'il l'assume au grand jour. Je pensais même que tu étais au courant.

- Mais de quoi tu parles ?

- Draco sort avec Harry Potter.

- Oui, j'ai vu ça dans la Gazette, mais il ne faut pas croire ce que…

- Ce n'est pas une rumeur mais la vérité. Severus est bien placé pour le savoir et il s'est confié à moi à ce sujet, notamment quand il l'a appris. Cette histoire d'amour est pure, vraie et sincère et elle fait autant de bien à Harry qu'à Draco. Severus me dit dans ses lettres qu'il n'a jamais vu Draco aussi heureux que depuis qu'il sort avec Harry. Ça peut sembler incroyable mais c'est bien vrai. Mais ils ne se sont pas mis ensemble du jour au lendemain, ça a été beaucoup plus progressif que ça. C'est tout ce que je sais là-dessus. Severus ne me raconte pas tout non plus. Il s'est passé énormément de choses à Poudlard depuis la rentrée de septembre et je suis sûre qu'on rigolerait bien avec les récits de Draco et de Severus. Moi, j'y aurai droit, puisque Draco a accepté notre relation. Je pourrai alors dîner certains soirs avec eux pendant l'été. Ça me permettra de faire connaissance avec Draco. Si tu veux avoir toi aussi cette occasion, il n'appartient qu'à toi d'accepter mon couple avec Severus.

Tonks se tut de nouveau. Un silence pesant s'installa dans le salon, Andromeda semblant être prise dans une profonde réflexion. Elle finit par pousser un long soupir.

- D'accord, je veux bien les rencontrer. Ça ne se fera pas avant cet été, si j'ai bien compris, alors ça me laisse le temps de m'y préparer. Mais il n'empêche que je me fais toujours du souci pour toi. Je ne suis pas sûre que tu aies réfléchi à tout concernant cette relation. Par exemple, tu parles de Draco comme si tu l'avais déjà adopté. Mais penses-tu être prête à assumer ton rôle vis-à-vis de lui ? Car il est beaucoup plus complexe qu'il n'en a l'air. Pour Draco, tu es la compagne de son parrain qui fait office de figure paternelle pour lui. Mais lui n'est peut-être pas prêt à te voir comme une deuxième figure maternelle. Il doit être encore perdu, le pauvre. Tous ses repères ont été chamboulés. Crois-tu être prête à gérer un adolescent fragile et désorienté si Severus te le demande ? Crois-tu être prête à encaisser les remarques qu'il pourrait te faire sans forcément les penser ? Du genre que tu n'es pas sa mère et que tu n'as aucun droit sur lui ? Crois-tu être prête à trouver le juste milieu avec lui ? À ne pas être ni trop laxiste, ni trop sévère ? Crois-tu être prête à gérer votre maigre différence d'âge qui pourrait t'inciter à te conduire davantage comme une copine avec lui ? Crois-tu être prête à voir Severus s'éloigner de toi pendant un certain temps si Draco a des soucis et qu'il a besoin de lui ? À devoir reporter à plus tard des projets que vous aviez ? À devoir l'attendre et te contenter de lettres sans savoir quand il reviendra vers toi ? Crois-tu être prête à tout ça ? Avais-tu réfléchi à tout ça ?

Tonks ne répondit pas, les yeux baissés vers sa tasse de thé. Non, elle n'avait pas réfléchi à tous ces détails. Et c'était sûrement mieux ainsi. Cette pensée lui fit relever la tête.

- Non, je n'y ai pas pensé. Et c'est très bien comme ça. Car si je m'étais posée toutes ces questions, jamais je ne me serais engagée dans cette relation et je serais passée à côté de mon bonheur ! Je me serais trop pris la tête et ça m'aurait fait peur ! Parfois, il faut oser foncer sans trop réfléchir ! C'est ce que j'ai fait et je ne le regrette pas ! J'ignore si je suis prête pour tout ce que tu as dit mais je ne suis pas du genre à reculer devant le premier obstacle qui se dresse sur mon chemin ! J'ai toujours réussi à me tirer de n'importe quelle situation, alors il n'y a pas de raison pour que je n'y arrive pas avec Draco !

Tonks asséna ces mots et soutint le regard de sa mère qui la fixa longuement. Contre toute attente, elle sourit d'un air tendre.

- Tu es vraiment amoureuse. Je ne t'ai jamais vue autant engagée dans une relation. Je dois être trop méfiante pour douter d'un homme qui doit pourtant être bien sous tout rapport pour t'avoir séduite à ce point… Tu ne te serais pas autant éprise de lui s'il n'avait pas réellement changé. Tu as toujours su voir qui était de confiance et qui ne l'était pas, et tu as la tête trop froide pour te laisser avoir par tes sentiments. Et je te fais totalement confiance pour savoir ce que tu fais. Alors sois heureuse avec ton potionniste et épanouis-toi.

Tonks sentit le soulagement l'envahir toute entière à l'entente de ces mots. Elle avait gagné.

- Merci, maman, dit-elle, émue. Je suis effectivement amoureuse comme je ne l'ai jamais été et je sais que Severus est l'homme qu'il me faut.

Tonks se tourna vers son père.

- Et toi, papa ? Qu'est-ce que tu en penses ? Tu es resté là à assister à nos échanges mais tu n'as pas eu l'occasion de dire un seul mot…

- Oh, ce n'était pas nécessaire, parmi tout ce qu'elle a dit, ta mère a exprimé toutes les craintes que j'avais, s'amusa Ted. J'aurais été plus mesuré qu'elle dans mes propos mais j'aurais aussi cherché à savoir si ton compagnon avait vraiment changé, si tu étais sûre de ce que tu faisais, si tu étais apte à affronter tous les aspects difficiles de cette relation… Mais tu as déjà répondu à toutes ces questions et tu m'as rassuré.

- J'en ai encore une à te poser, reprit Andromeda. Je n'ai rien contre la différence d'âge, surtout que la vôtre n'est pas si conséquente que ça, mais j'ai un peu peur qu'il y ait des divergences entre vos priorités respectives. Ton chéri a treize ans de plus que toi. Il est bien installé, j'imagine qu'il a une situation stable, il est professeur à Poudlard depuis Merlin seul sait combien de temps et tout cela le met dans de bonnes dispositions pour certaines envies… Tandis que toi, tu viens tout juste de finir ta formation, tu travailles depuis peu, tu n'es pas encore vraiment stable financièrement parlant… Vous n'avez pas du tout la même situation. Et celle de Severus pourrait lui donner envie de fonder une famille. J'ai hâte d'être grand-mère, certes, mais je suis bien consciente que ce ne serait pas du tout le bon moment pour toi. Tu as sacrifié trop de choses pour réussir ta formation pour tout mettre en suspens seulement un an après l'avoir eue… Alors que répondrais-tu à Severus s'il te proposait de faire un enfant ?

Tonks fut prise au dépourvu par cette question.

- Je n'en sais rien, je n'ai pas réfléchi à ça non plus… Mais ça m'étonnerait beaucoup que Severus me fasse ce genre de proposition tout de suite. Cela l'obligerait à s'éloigner de Poudlard et il n'est pas du tout dans cette optique pour le moment. Il ne compte pas s'en aller tant que Draco n'aura pas fini ses études. On a donc encore du temps avant de songer à avoir un enfant. Nous sommes retenus par notre travail pour l'instant, c'est notre priorité, nous sommes sur la même longueur à ce sujet et c'est le principal autant pour lui que pour moi.

- Je suis complètement d'accord. En fait, votre relation est sérieuse, mais vous ne pouvez pas faire grand-chose à l'heure actuelle.

- C'est exactement ça. On se voit quand on peut se voir, on s'écrit régulièrement, on se raconte plein de choses dans nos lettres... Ça peut paraître barbant mais nous on ne s'en lasse pas, car c'est le seul moyen qu'on a de rester en contact et comme nous sommes tous deux très occupés, ces moments où on s'écrit, c'est notre pause détente de la journée. Et nous pouvons continuer longtemps comme ça tant qu'on se voit de temps en temps.

- Ça fait vraiment plaisir de te voir aussi épanouie dans cette relation. J'ai tout de même encore des réserves là-dessus, il va me falloir du temps pour accorder ma confiance à ton compagnon mais s'il est vraiment aussi net que tu le dis, ça devrait bien se passer.

Tonks acquiesça en souriant, heureuse que sa mère soit prête à faire des efforts avec Severus.

- Bon, assez parlé de moi ! Je veux tout savoir sur les maisons qui ont été récemment sécurisées et sur les enfants qui bénéficient jour après jour de l'association !

Ted et Andromeda ne se firent pas prier et se mirent à raconter un tas d'anecdotes survenues lors de leurs activités respectives. Tonks les écouta avec passion et ce fut dans la joie et la bonne humeur qu'elle passa le reste de l'après-midi avec ses parents. Elle était vraiment plus que soulagée qu'ils aient accepté son couple avec Severus, même si cela demeurait difficile pour sa mère. Mais Tonks savait qu'elle ne donnait pas sa confiance facilement, et encore moins à quelqu'un qui n'avait pas un passé très net derrière lui. Mais elle verrait bien que Severus avait changé et qu'il était devenu un homme bien. Tonks était persuadée qu'elle allait vite changer d'avis sur lui. Mais c'était peut-être l'amour qui la rendait aussi optimiste. Quoi qu'il en soit, ses parents étaient désormais au courant qu'elle sortait avec Severus et c'était une très bonne chose. Elle n'aurait plus à faire attention à tout ce qu'elle disait. Elle devait l'annoncer à Severus mais sa lettre attendrait le lendemain car elle avait une garde à assurer. Elle espérait pouvoir vite revoir Severus mais cela semblait compromis à cause de tout le travail qu'ils avaient à faire. Vivement que les vacances arrivent, se disait-elle. À ce sujet, c'étaient Bart et le Chef des Aurors qui allaient être contents car ils n'allaient pas avoir besoin de la forcer à prendre des jours de repos pour qu'elle le fasse d'elle-même ! Elle avait bien l'intention de prendre plusieurs semaines de repos afin de profiter de son chéri adoré et de faire connaissance avec celui qui était à la fois son cousin et le filleul de Severus…

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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Le prochain ne sera publié que dans deux semaines et ce sera désormais le nouveau rythme de publication pour des raisons qui seront expliquées dans la note qui suivra ce chapitre:) Je vous donne donc rendez-vous le dimanche 20 mars pour le soixante-sixième chapitre intitulé «Apaisement, réunion et match». À dans deux semaines, prenez soin de vous et bisous tout le monde !