Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-douzième chapitre de SAMLP =)

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ccassandre24 : Ravie que les scènes avec les Poufsouffle te plaisent ! =) Ça tombe bien que tu parles de Hannah car tu en sauras plus dans ce chapitre XD Parfaitement d'accord concernant le harcèlement, il y a de plus en plus de prévention dans les écoles mais je pense que le plus gros doit venir des parents, comme pour toute autre prévention, que ce soit le tabac, l'alcool, la drogue, le consentement… Ce ne sont pas des sujets faciles à aborder mais il faut pourtant le faire :/ Oui, ça avance entre Harry et Draco, doucement mais sûrement XD Dix bonnes minutes ?! Zut alors, je ne voulais pas te faire passer autant de temps sur la question posée en fin de chapitre XD Je crois qu'au début, Justin n'était pas très apprécié de la plupart des lecteurs XD C'est sûr que le Severus de cette fic n'a rien à voir avec le Severus de la saga XD Mille pardons pour Théo, je sais que j'ai été horrible avec lui mais c'était en quelque sorte essentiel pour l'histoire XD Et le meilleur reste à venir pour lui, du moins après l'été *-* Il y a assez peu de fanfictions sur Théo, enfin il y en a, mais ce sont souvent des pairings dont je ne suis pas très fan XD Merci pour ta review et pour ta réponse =)

Discret3149120 : Heureuse de te compter parmi mes lecteurs ! =) Concernant ta question, je note toujours en fin de chapitre la date de publication du prochain chapitre :)

Mel : On est d'accord, Hannah n'est pas du tout nette XD Ça va se résoudre, oui, ce sera l'un des sujets principaux des prochains chapitres :) Oui, en dépit de son comportement envers Sirius et Remus et de la façon dont elle s'est conduite envers Harry l'année précédente, je trouve aussi que Pomona est une bonne directrice de maison *-* Elle n'est pas méchante en temps normal, bien au contraire, mais tout ça va s'expliquer un peu plus tard :) Ravie que tu aies aimé les discussions entre Draco et Théo =) Oui, Draco a toujours cette peur de se faire abandonner, il sait au fond de lui que ça n'arrivera pas mais c'est plus fort que lui :/ Oh bah non, je ne voulais pas te faire pleurer XD Je suis contente que tu aimes toujours autant la relation entre Harry et Draco *-* Je peux te rassurer : il n'est pas question qu'ils se séparent, je ne peux pas leur faire ça *-* Bon, il y aura sûrement des disputes, mais ils s'aiment trop pour se séparer *-* En vrai, la scène avec la plante est tout sauf anodine XD Elle aura son importance plus tard XD Tout à fait d'accord concernant Adrian ! Il a fait quelque chose de grave, qu'on ne peut pas excuser, mais pour qu'il s'améliore et redevienne celui qu'il était, il faut d'abord lui venir en aide, et non le laisser livré à lui-même… Mais ce n'est pas aussi simple quand la personne refuse de se faire aider :/ Ravie que tu apprécies les réponses aux reviews *-* C'est souvent long mais vous l'aurez tous compris, j'ai énormément de mal à synthétiser XD Ouiiiiiiii, team de la maison considérée comme la cinquième roue du carrosse mais qui est tout aussi importante que les autres ! XD C'est ça qui est étrange, il y a des millions de fans de Harry Potter et pourtant, autour de soi, on a des gens qui connaissent, qui aiment, mais sans plus, quoi XD J'ai fait un test récemment, ce n'est pas celui que j'avais fait il y a un moment, mais c'est dans le même genre et ça donne le pourcentage de chaque maison qu'on a en nous ! Voici le lien pour ceux qui seraient intéressés : . J'espère que ça marchera, je crois qu'il y a souvent des problèmes sur ff avec les liens, sinon tapez «test psychométrique Harry Potter» et normalement c'est le premier lien qui vient :) Il doit y avoir peu de personnes qui sont Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle ou Serpentard à 100ù, on a toujours un peu d'une autre maison en nous XD Ah ouais, tu as fait fort XD Poufsouffle et Serpentard, c'est clairement le mix le plus improbable, comme tu dis XD Tu es Justin/Théo, en fait XD Oh une Capricorne, on est de la même famille de signe astro XD Je suis Taureau, mais sans faire de mal à personne avec les cornes XD Bon bah ce sera une question sans réponse pour toi XD Mais je te comprends, il y a trop de personnages pour faire un choix XD Les effets post-covid c'est une galère, heureuse que tu en sois enfin sortie ! Ce sont surtout la fatigue et la toux qui m'avaient poursuivie plusieurs semaines après le covid, ce ne sont pas des bêtises quand on dit que c'est long pour s'en remettre :/ Pourtant nous sommes jeunes, mais comme quoi, ça ne veut rien dire XD Il va falloir attendre un peu pour la révélation du lien entre Harry et Théo, car même si ce sera au début du tome 2, ce sera à la rentrée et l'été va durer un certain nombre de chapitres XD Merci à toi pour ta review *-* Pour l'impact sur la relation Drarry, tu auras la réponse d'ici quelques chapitres XD

mimibou : Harry a été fort, il a résisté *-* Mais oui, mine de rien, on se rapproche de la fin d'année avec les BUSE qui arrivent ! Ça fout un peu le cafard, en vrai XD Oui, il va encore y avoir une dizaine de chapitres pour ce tome, je pense, avant d'attaquer le second tome avec le début des vacances =) Tu n'auras pas eu le temps de reviewer le chapitre 71, tout compte fait XD Le temps passe trop vite, parfois, celui qui a décidé que la journée devait durer 24 heures, bah il n'a pas eu la meilleure idée du siècle XD

Pouss8 : Merci, ça va mieux concernant la note que j'avais publiée :) Merci pour ce que tu as écrit, ça me touche beaucoup ! Je ne peux rien dire pour ce qui est du «lien» entre Harry et Théo, il y a pas mal de théories à ce sujet, toutes plus ou moins justes, et même quand ça se rapproche de la réalité, c'est plus compliqué que ça XD Ooooh, je ne m'attendais pas à cette réponse pour la question ! Et c'est pour ça que c'était intéressant de la poser XD C'est surtout Ron et Tonks que je ne pensais pas voir dans les réponses, ce ne sont pas les personnages les plus exploités et du coup ça fait plaisir de savoir qu'ils sont tout de même appréciés =) Je partage le même avis que toi au sujet de Dumbledore ! Il a fait des erreurs, mais il n'est pas méchant, dans le fond, il a juste du mal à gérer tous les problèmes qu'il peut y avoir dans l'école… Et dans ce cas, ce ne serait pas une mauvaise idée de laisser sa place à quelqu'un d'autre, mais qui ? XD Merci une nouvelle fois, même de loin, le soutien, ça fait du bien :) J'espère que la fic continuera à te plaire =)

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Merci à tous pour vos retours, c'est toujours un plaisir de vous lire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)

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Warning : présence d'une scène sexuellement explicite dans ce chapitre.

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71 - Malentendu, pas en avant et potentielle collègue

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(vendredi 10/05) POV Ginny

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- Quelle garce, cette plante ! J'espère qu'on ne l'aura pas à l'examen…

- Tu t'en es plutôt bien sorti, même quand elle a failli t'arracher le doigt, tu es resté très calme…

- Justement, j'aimerais garder mes dix doigts intacts !

- Mais tu as fait gagner vingt points à Serpentard grâce à ton sang-froid et à la façon dont tu as fait lâcher prise à la plante ! Sans compter la quantité impressionnante de poudre que tu as su extraire… Mais je comprends que tu aies une dent contre elle. Je ne pense pas qu'elle sera l'objet de l'examen pratique, le professeur Chourave a dit que c'était une plante qui était du niveau de fin de quatrième année, voire de début de cinquième année, donc ça m'étonnerait qu'on l'ait à l'examen. Bon, je te laisse là, je vais aller travailler à la bibliothèque.

- Mais… c'est l'heure de déjeuner, lâcha Simon, perplexe.

- Je sais, mais je n'ai pas faim. On se voit toujours après le déjeuner ?

Simon acquiesça. Ginny sourit et s'en alla. Elle se dirigea vers les escaliers et monta au quatrième étage. Alors qu'elle s'approchait de la bibliothèque, elle vit un élève, devant elle, regarder autour de lui avant d'entrer dans les toilettes des garçons. Cela l'intrigua. Le comportement de cet élève était étrange. C'était comme s'il ne voulait pas être repéré. Pourtant, il l'avait sûrement vue… Peut-être ne représentait-elle pas de danger pour lui. Car elle n'était ni préfète, ni professeur… Et elle n'était pas connue pour être une balance. Elle préférait ne pas se mêler des affaires des autres. Mais elle ne pouvait pas fermer les yeux sur un potentiel trafic de drogue… Si elle ne désirait pas dénoncer qui que ce soit, en parler à un de ses amis préfets lui semblait être une solution envisageable… Elle ne prit pas la peine d'y réfléchir plus longtemps et se rendit aux toilettes à son tour. C'étaient celles des garçons mais elle s'en fichait. Après tout, Harry et Ron avaient bien pu aller dans celles des filles du deuxième étage lorsqu'ils avaient préparé du Polynectar avec Hermione trois ans plus tôt… C'était resté secret, mais cela signifiait qu'il n'y avait pas de sort interdisant aux garçons de pénétrer dans les toilettes de filles, alors que c'était le cas pour les dortoirs… Ce n'était pas génial pour la sécurité mais c'était bien utile pour les rondes. Une fois arrivée, elle observa les portes et en vit plusieurs qui étaient fermées. Zut, elle allait se faire remarquer ! Elle se précipita dans une cabine située à côté de l'une de celles qui étaient occupées. Espérant que l'élève s'y trouvait, elle jeta un Finite sur la paroi qui séparait les deux cabines afin d'annuler le sort d'insonorisation qu'il aurait pu lancer. À part des bruits normaux, rien ne lui parvint. Déçue, elle quitta sa cabine, vérifia qu'il n'y avait personne et se réfugia dans une autre. Elle répéta le même manège et, cette fois, entendit des voix dans la cabine jouxtant la sienne. Elles appartenaient à un garçon et à une fille.

- … peut pas trouver un autre horaire, sérieux ?! s'énervait le garçon.

- Désolée, le vendredi, c'est le seul moment où je suis libre. Sinon, c'est en fin de journée et c'est là où il y a les rondes. Est-ce que tu as des coupe-faim ? Si j'arrive en retard pour manger, mes amis vont encore se poser des questions…

- Alors que si tu n'y vas pas du tout, ça leur paraîtra moins suspect, car tu pourras prétexter que tu n'avais pas faim… Très astucieux. Sinon, oui, j'ai des coupe-faim. J'ai à peu près de tout, c'est pour ça que tu m'as choisi, moi, et non un autre dealer… Que veux-tu d'autre ?

- Le combo planant, mais moins dosé, si possible. Ce que tu me donnes, c'est beaucoup trop fort. Je veux juste quelque chose pour me relaxer, pas pour me sentir complètement à l'ouest…

- Mais c'est le principe du combo planant… Si tu veux juste te détendre, tu vas voir l'infirmière et tu lui demandes une potion relaxante. Pas besoin de te droguer pour ça.

- Tu as le sens du commerce, toi, ça fait peur…

- Hé, oh, ce n'est pas parce que tu as certains privilèges que tu dois te permettre de me critiquer !

- Mais c'est toi qui me prends de haut, là ! Si je viens t'acheter des potions au lieu de m'adresser à Mme Pomfrey, c'est parce que j'en ai besoin ! Après, si tu ne m'estimes pas digne d'être une de tes clientes, je peux très bien me tourner vers quelqu'un d'autre, les dealers, c'est pas ce qui manque, à Poudlard ! Et tu n'auras qu'à trouver un autre moyen pour avoir les informations que je te donne !

Il y eut un silence pendant quelques secondes. Puis le garçon reprit la parole :

- Non mais c'est bon, calme-toi, je voulais juste te faire comprendre que les potions des dealers ne correspondent pas à l'état que tu recherches… Enfin, tu peux les couper avec de l'eau, mais il faut être très vigilant. Une goutte de trop et la potion perdra tous ses effets.

- Je ferai attention. Merci pour le tuyau, je n'y avais pas pensé. Bon, je vais te prendre cinq potions coupe-faim et sept combos planants, s'il te plaît. Non, dix combos, comme ça, j'en aurai de réserve au cas où.

- D'accord, ça te fera seize gallions et sept mornilles.

Au vu du bruit qu'elle perçut, Ginny devina que la cliente, qu'elle avait bien reconnue, chercha son argent avant de le donner au dealer. La porte de la cabine s'ouvrit, se referma et s'ouvrit de nouveau deux minutes plus tard. Ginny comprit qu'ils étaient partis l'un après l'autre afin de ne pas attirer les soupçons. Elle resta un moment dans sa cabine, ébranlée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle avait eu la confirmation de ce qu'elle pensait. Hannah Abbot, la préfète de Poufsouffle, et l'une des meilleures amies de Justin, se droguait bel et bien. Elle ne savait pas quoi faire. Son plan de parler à ses amis préfets de sa découverte du jour était sérieusement remis en question. Comment réagiraient Draco, Pansy, Terry, Ron et Hermione si elle leur disait que l'une de leurs collègues gâchait tous les efforts qu'ils faisaient pour mettre fin au trafic de potions droguées ? Blaise, qui était moins proche d'elle par rapport à eux, ne l'avait même pas crue quand elle avait émis l'hypothèse que Hannah se droguait… Il y avait donc peu de chances que les préfets de la bande la croient… «Sauf Hermione» songea-t-elle soudain. Elle faisait toujours une fixette sur les dealers, elle allait sûrement sauter sur l'occasion si Ginny lui disait qu'elle avait une piste ! Pour Hermione, c'était limite si tous les élèves étaient susceptibles de se droguer, alors elle incluait certainement les préfets là-dedans, voire même les professeurs… Rassérénée par cette pensée, elle quitta les toilettes, rebroussa chemin et descendit au rez-de-chaussée pour attendre Hermione près de la Grande Salle. Son amie en sortit dix minutes plus tard, accompagnée de Ron et Harry. Ginny s'avança vers eux.

- Hermione, je peux te parler ?

- Euh… oui, bien sûr.

Ginny entraîna Hermione à l'abri des oreilles indiscrètes.

- J'ai découvert quelque chose, déclara-t-elle de but en blanc. Je me rendais à la bibliothèque quand j'ai vu un garçon entrer dans les toilettes après s'être assuré qu'il n'y avait ni préfet, ni professeur. Du moins, c'est ce que je pense, car il a dû me voir et ça n'a pas eu l'air de le déranger. Son attitude m'a intriguée et je l'ai suivi. J'ai trouvé la cabine où il était caché et je l'ai entendu parler avec une fille. Je l'ai vite reconnue et j'ai eu la preuve que c'était bien elle à travers ce qu'ils disaient. Cette fille, c'était Hannah Abbot.

Hermione écarquilla les yeux.

- Quoi ? Hannah Abbot ? Mais c'est impossible, voyons ! Hannah est une préfète, elle n'irait jamais encourager un trafic de drogue en y participant !

- Eh bien il faut croire que les préfets ne sont pas tous irréprochables, répliqua Ginny. Avec Ron, tu disais il n'y a pas très longtemps qu'il y avait une taupe dans l'entourage d'un des préfets, parce que vous n'arriviez plus à coincer des dealers qui semblaient être au courant de la trajectoire des préfets durant leurs rondes. En fait, la taupe, ce n'était pas dans l'entourage d'un préfet mais le préfet lui-même. Enfin, la préfète, en l'occurrence.

- Ginny, tu divagues complètement. Hannah n'est pas du genre à se droguer. Elle n'a pas besoin de ça pour se sentir bien dans sa tête.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu la connais personnellement ? Tu n'as jamais fait de rondes avec elle puisqu'elles sont mixtes, je ne vois pas comment tu aurais pu te rapprocher d'elle, surtout avec tes cours, tes devoirs, tes séances de travail, tes rondes, tes moments en amoureux avec Terry…

- Il suffit de la côtoyer au quotidien pour savoir qu'elle ne tombera jamais dans la drogue. Elle est naturellement joyeuse et énergique, et c'est une préfète.

- Elle a perdu son père pendant les vacances, elle doit être anéantie, et c'est typiquement quand on se retrouve dans ce genre de situation qu'on peut se mettre à la drogue alors qu'en temps normal, on n'y aurait jamais touché !

- Tout le monde n'est pas comme ça, Ginny, soupira Hermione.

- Mais pourquoi tu ne veux pas imaginer deux secondes que je puisse avoir raison ?!

- Parce que c'est beaucoup trop invraisemblable !

- Mais j'ai reconnu sa voix !

- Dans les toilettes ça résonne, les voix peuvent être légèrement déformées. Et celle de Hannah est on ne peut plus banale, elle peut facilement se confondre avec une autre.

- Il n'y a pas que ça, rétorqua Ginny. Il y a aussi ce que j'ai entendu. La fille disait que le vendredi, l'heure du midi était le seul moment de la journée où elle était libre. C'est bien le cas des cinquième année ?

- Oui, mais peut-être aussi des sixième ou des septième année, signala Hermione.

- Non, Fred et George étaient libres de midi à quatorze heures et Katie, qui est en sixième année, est libre de dix heures à midi. Mais ce n'est pas tout. Le type a fait allusion à des privilèges que la fille avait en lui balançant un truc du genre «ce n'est pas parce que tu as des privilèges que tu as le droit de me rabaisser». Des privilèges. Ça faisait référence à son statut de préfète !

- Pas forcément, objecta calmement Hermione. Elle peut très bien être capitaine d'une des équipes du club de bavboules. Ou bien être la fille d'un célèbre journaliste qui travaille à la Gazette. Ou bien assister un professeur car elle souhaite devenir enseignante…

- Oui, on peut tout imaginer, s'agaça Ginny, mais ce n'est ni la fille d'un journaliste, ni l'assistante d'un professeur qui peut donner des informations capitales à un dealer ! Et c'est ce que fait la fille ! Quand ils se sont disputés, elle lui a dit qu'elle pouvait très bien aller voir ailleurs et qu'il n'aurait qu'à trouver un autre moyen pour avoir les informations qu'elle lui donnait !

- Elle est peut-être tout simplement amie avec un préfet ou une préfète qui parle un peu trop.

Ginny regarda Hermione d'un air désespéré.

- Mais bon sang, ouvre les yeux ! Il y a trop d'indices ! Ça ne peut être que Hannah !

- Mais qu'est-ce qu'elle t'a fait, au juste, pour que tu l'accuses comme ça ?!

- Rien, mais ça expliquerait l'attitude qu'elle avait lorsque Blaise et moi l'avons croisée il n'y a pas si longtemps dans un couloir. Elle était complètement à l'ouest, et comme par hasard, c'était ce que reprochait la fille aux potions du dealer. Elle disait qu'elles étaient beaucoup trop fortes et qu'elles la rendaient complètement à l'ouest. Et Blaise qui pensait qu'elle était sous anti-dépresseurs…

- C'est sûrement le cas. Il y a des anti-dépresseurs qui te mettent dans un état vraiment second, et ça peut être impressionnant à voir.

- Mais là elle n'était pas sous anxiolytiques, elle était sous l'effet de la drogue ! Hermione, oublie un instant que c'est une fille de ta classe que tu penses bien connaître et essaie de voir les choses de façon neutre !

- Ginny, j'ai autre chose à faire. Je comprends que tu aies pu croire que c'était Hannah, mais tu tires des conclusions trop vite. Et je ne peux rien faire sans éléments solides.

- Ils sont solides, mes éléments, c'est toi qui ne veux pas les voir, protesta Ginny.

- Mais c'est trop gros, le coup de la préfète qui se cache dans les toilettes pour acheter de la drogue à un dealer ! Et puis si c'était vraiment Hannah, ce serait un sacré hasard que tu l'aies surprise deux fois dans une situation compromettante ! Comme si c'était fait exprès qu'elle soit sur ton chemin à ces moments-là !

Ces mots eurent l'effet d'un électrochoc sur Ginny. Hermione avait raison. Il y avait quelque chose d'étrange là-dedans.

- Excuse-moi, Ginny, je ne voulais pas m'emporter comme ça, tu t'es emballée sur Hannah mais tu as eu de super réflexes de préfète. C'est vraiment dommage que tu…

Ginny n'entendit pas le reste de la phrase de Hermione. Ce qu'elle venait de dire lui avait soudain mis la puce à l'oreille. Elle se demanda comment elle avait fait pour ne pas y penser plus tôt. Cela lui paraissait tellement évident, à présent… Pour elle, cela ne faisait plus de doutes : celui qui était derrière tout ça, c'était le professeur Lupin. Il avait voulu lui faire passer un test à son insu. Elle lui avait pourtant dit qu'elle ne voulait pas devenir préfète ! Cela ne lui avait visiblement pas plu et il avait essayé de la faire changer d'avis en la mettant en situation ! C'était déloyal ! Ça ne se faisait pas ! Mais ça n'allait pas se passer comme ça ! Il allait l'entendre ! Elle l'adorait, c'était un de ses professeurs préférés, elle avait énormément de respect pour lui, mais là, il était allé trop loin ! Il était peut-être un Maraudeur, mais elle était une Weasley et les Weasley, ça ne se laissait pas faire ! Elle reporta son attention sur Hermione qui l'observait, l'air inquiète.

- Ça va, Ginny ?

- Oui, oui, répondit Ginny en souriant. J'étais juste perdue dans mes pensées. Tu avais raison, je me suis fait des idées. Bon, je vais attendre Simon, il ne devrait pas tarder à sortir…

- Et moi je vais aller à mon cours de Défense Contre les Forces du Mal. Bon courage pour ta séance de travail.

Hermione s'en alla, sous le regard de Ginny qui avait l'esprit en ébullition. Elle pensait à ce qu'elle allait dire au professeur Lupin quand elle fut rejointe par Simon.

- Ça y est, on peut y aller ! s'exclama-t-il.

Ginny acquiesça et lui emboîta le pas. Ils se rendirent à la salle des binômes et s'installèrent à leur table habituelle.

- Est-ce que ça te dérange si on s'en va vers seize heures ? Je dois aller voir le professeur Lupin et c'est à cette heure-là qu'il finit les cours.

- Non, ça ne me dérange pas du tout. Il t'a convoquée ?

- Non, c'est moi qui veux lui parler.

- D'accord, on va s'y mettre tout de suite, alors.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ginny et Simon se mirent au travail et planchèrent pendant deux heures et demie sur leur devoir de potions avant de s'attaquer au devoir d'histoire de la magie qu'ils eurent le temps de commencer durant la demie-heure qu'il leur restait.

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Ce fut d'un pas énergique que Ginny se dirigea vers la salle de métamorphose. Elle n'avait toujours pas digéré la mascarade dont elle avait été victime. Elle arriva pile au moment où la porte s'ouvrit. Des élèves un peu plus jeunes qu'elle quittèrent la salle en bavardant. Une fois tous partis, elle frappa à la porte, manifestant ainsi sa présence. Le professeur Lupin leva la tête vers elle et lui sourit.

- Bonjour, Ginny. Que me vaut votre visite ?

Ginny entra et ferma la porte derrière elle.

- Bonjour, professeur. Je tenais à vous dire que le stratagème était très bien pensé mais que ce n'est pas en me forçant la main que je vais accepter.

Le professeur Lupin fronça les sourcils.

- De quoi parlez-vous ?

- De la situation dans laquelle vous m'avez mise pour que je joue les préfètes malgré moi ! Je vous ai dit que je n'étais pas intéressée !

- Oui, et je l'ai très bien retenu.

- Alors pourquoi m'avez-vous tendu ce piège ?!

- Mais quel piège ?

- Hannah Abbot ! Ça fait deux fois que je tombe sur elle et qu'il y a quelque chose de suspect ! La semaine dernière, Blaise et moi l'avons croisée dans un couloir et nous l'avons trouvée très bizarre. Elle était complètement ailleurs. Elle répondait à côté de la plaque et elle ne sentait même pas qu'il y avait une odeur nauséabonde. Je voulais qu'elle intervienne pour calmer les élèves qui mettaient le bazar mais elle n'avait pas du tout l'air concernée. Elle nous a juste conseillé de changer d'étage et elle nous a souhaité une bonne fin de promenade. Et là, ce midi, je me rendais à la bibliothèque quand j'ai vu un élève s'assurer qu'il n'était pas suivi avant d'entrer dans les toilettes des garçons. J'ai été intriguée alors j'y suis allée aussi. Je me suis cachée dans la cabine qui jouxtait celle dans laquelle il était, j'ai désactivé le sort d'insonorisation qui avait été lancé et je l'ai entendu en pleine conversation avec une fille. Sa voix m'a fait penser à celle de Hannah et j'ai eu la confirmation que c'était bien elle au cours de leur discussion. Elle disait qu'aujourd'hui, le seul moment où elle était libre, c'était pendant l'heure du déjeuner, et c'est le cas des cinquième année. Elle a dit ensuite au garçon que ses potions la rendaient totalement à l'ouest, c'est-à-dire dans le même état que Blaise et moi l'avons vue. À un moment, ils se sont disputés et le dealer a dit à la cliente que ses privilèges ne lui donnaient pas le droit de le critiquer, ce à quoi elle a répondu qu'elle pouvait se tourner vers un autre dealer et qu'il n'aurait qu'à se débrouiller tout seul pour avoir les informations qu'elle lui transmettait. Ils se sont calmés, la cliente a payé les potions et ils sont sortis l'un après l'autre. Je ne savais pas quoi faire, je ne voulais pas balancer Hannah parce que j'estimais que ce n'était pas mon rôle et j'ai donc décidé d'en parler à Hermione qui, elle, était préfète et qui saurait ce qu'il convenait de faire. Sauf qu'elle a refusé de croire que Hannah se droguait. Elle détournait tous mes arguments. Elle a fini par me dire que c'était quand-même bizarre que Hannah se retrouvait systématiquement sur mon chemin et c'est là que j'ai compris que c'était un piège. Bien sûr, je suis contente que cette discussion entre Hannah et le prétendu dealer était fausse et qu'elle ne se drogue pas, mais je n'aime pas du tout cette façon de faire pour me pousser à admettre que le poste de préfète me plairait.

Ginny se tut sur ces mots. Elle regarda le professeur Lupin et fut déstabilisée par son air choqué. Il n'avait rien de quelqu'un qui venait de se faire démasquer. Elle commença alors à douter. Avait-elle tout faux ? Son directeur de maison ne tarda pas à répondre à sa question :

- Je suis navré d'avoir pu faire quelque chose qui vous ait fait croire que je serais capable de monter une telle manigance, mais il n'y a jamais eu de piège. Je n'ai pas demandé à Hannah et à ce jeune homme de jouer le rôle d'un dealer et de sa cliente.

- Oh…

Ginny se sentait bête et honteuse.

- Je suis désolée, je n'aurais pas dû m'énerver ainsi, vous êtes mon professeur et mon directeur de maison et…

- Ne vous inquiétez pas, je ne vous en veux pas du tout. Je sais que ce n'était pas intentionnel et que ça ne se reproduira plus.

- Oui, c'est promis. Mais pour Hannah, du coup… Ça veut dire que…

- Que si c'était bien elle, vous venez de trouver une cliente régulière qui, en la traçant, pourrait nous conduire à son dealer. Je ne mets pas en cause votre parole, il y a effectivement beaucoup d'indices qui laissent penser qu'il s'agit bien de Hannah, mais je ne peux pas la convoquer si elle n'a pas été prise sur le fait par un préfet ou par une préfète.

- Je comprends, assura Ginny. Je ne voulais pas la dénoncer, à la base, j'étais persuadée qu'elle était innocente puisque je croyais que c'était un piège dont elle était complice… Au final, je l'ai bel et bien balancée alors que c'était tout ce que je voulais éviter… C'est horrible… Et je m'en veux aussi de ce que je vous ai dit…

- Oubliez ça, Ginny. Il y a eu un malentendu et vous êtes restée courtoise pour quelqu'un qui était en colère. Si Hermione n'avait pas refusé aussi catégoriquement de vous croire, vous n'auriez pas pensé que tout cela n'était qu'une mascarade. Ce n'est pas un reproche que je fais à Hermione, mais disons que dans cette histoire, chacun a ses torts. Et en réalité, c'est une bonne chose que vous ayez cru que je vous avais piégée. Cela vous a poussée à m'avouer que vous avez surpris Hannah avec un dealer, si c'est bien elle, et nous allons pouvoir agir. Il fallait que cela se sache. Déjà, parce qu'il est question d'un trafic de drogue, et surtout parce qu'une préfète est probablement impliquée et que c'est très grave. Cela doit être réglé au plus vite. Aussi bien pour elle que pour les autres. On ne doit pas la laisser continuer à informer son dealer de la sorte. Cela met à mal notre lutte contre ce trafic. Mais je ne peux rien faire pour l'instant de mon côté. Enfin, si, je pourrais faire quelque chose, mais il vaut mieux que ce soit vous qui le fassiez. C'est un service que je vous demande. Vous êtes libre de refuser, bien sûr, et je le concevrais parfaitement.

- Que souhaitez-vous que je fasse ? s'enquit Ginny.

- J'aimerais que vous convainquiez un ou une préfète de traquer Hannah. Il ou elle emmènera un ou une collègue pour l'aider, sans forcément lui dire qui ils iront traquer. Ce devra être un duo mixte. Normalement, ce serait à moi de m'en occuper mais si ça vient de moi, cela va engendrer davantage de pression pour les préfets concernés. Si cela vient de vous, en revanche, il n'y aura pas le stress de mener à bien une mission confiée par un professeur. Ce sera fait en secret et ça va pousser les deux préfets à faire preuve d'encore plus de discrétion puisqu'ils penseront que personne ne devra être au courant, pas même les professeurs.

- Je vois. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Ça ne sert à rien que je m'adresse à Hermione et je ne veux pas risquer de créer des tensions dans son couple, alors je dois oublier Terry aussi. Je ne connais pas bien le préfet de Poufsouffle, ni la préfète de Serdaigle. Je ne suis pas certaine que ce soit raisonnable d'en faire part à Ron, car s'il accepte de traquer Hannah et que Hermione vient à le savoir, là aussi, ça jetterait un froid entre eux. Après, il reste Draco et Pansy et c'est encore le même problème. Si l'un veut bien m'aider et que l'autre refuse de croire que leur collègue préfète puisse se droguer, ils vont se retrouver en désaccord. Je n'ai pas envie de briser des couples ou des amitiés, même provisoirement.

- C'est normal, à votre place, j'aurais le même cas de conscience. Mais vous devez faire confiance à l'un d'entre eux pour garder le secret. C'est important, Ginny. Je ne vous force à rien, mais je crains que vous ne vous en vouliez plus tard d'avoir préféré rester en-dehors de tout cela. On dit souvent qu'il vaut mieux avoir des remords que des regrets. Je vous dis ça pour que vous preniez votre décision en toute connaissance de cause. Vous avez des raisons d'accepter et de refuser. Dans les deux cas, je serai fier de vous. Car vouloir préserver des amitiés, c'est tout aussi louable que de vouloir coincer un dealer. La valeur d'une amitié, je sais ce que c'est. Ce n'est donc pas moi qui vous tiendrai rigueur d'avoir fait le choix de protéger des relations amicales. Mais s'il y a vraiment une dispute, je pense que les deux personnes concernées se réconcilieront très vite. Ça m'étonnerait beaucoup que deux personnes amoureuses ou deux meilleurs amis resteraient longtemps fâchés suite à une divergence d'opinion…

- Oui, c'est vrai… Ce n'est pas ça qui détruirait une amitié… Bon, c'est décidé, je vais faire ce que vous me demandez.

- Merci, Ginny. Mais, encore une fois, rien ne vous y oblige.

- Je sais, mais le dealer de Hannah doit être appréhendé. Et il faut aussi aider Hannah elle-même. Si elle s'est mise à la drogue, c'est qu'elle ne va pas bien du tout. Comme elle a perdu son père…

- Oui, elle ira voir le professeur Snape, ce sera non négociable. Enfin, en quelque sorte. Car ce sera soit ça, soit l'exclusion en attendant le conseil disciplinaire. Il y en aura un, de toute façon, mais si elle accepte de se faire suivre, elle pourra rester à Poudlard et continuer à suivre les cours jusqu'au conseil. C'est radical, mais il faut être ferme dans ce genre de cas. En sachant cela, est-ce que vous souhaitez toujours accomplir la mission que je vous confie ?

- Oui, affirma Ginny.

- Bien, je vous remercie, Ginny, c'est très honorable de votre part. Avez-vous des questions ou autre chose à me dire ?

- Non, c'est bon.

- Alors vous pouvez y aller.

Ginny se leva, salua son directeur de maison et s'en alla. En sortant de la salle, elle regretta soudain d'avoir accepté. Peut-être aurait-elle dû prendre le temps d'y réfléchir… C'était trop tard pour revenir en arrière, à présent. Mais elle ne savait pas vers lequel de ses amis préfets elle devait se tourner et peu importe la personne qu'elle choisirait, elle n'était même pas sûre de réussir à la convaincre de traquer Hannah ! Elle n'avait le droit qu'à une tentative, en plus, car si elle en parlait à un préfet et qu'il refusait, il allait se douter qu'elle allait essayer avec les autres préfets de la bande, et cela allait mettre une mauvaise ambiance au sein du groupe… Il fallait qu'elle trouve le bon du premier coup. Mais elle n'avait vraiment aucune idée de la personne à qui elle devait s'adresser. Draco ? Pansy ? Ron ? Terry ? Elle était presque sûre que Ron ne voudrait pas se mouiller, contrairement à Terry qui se laisserait facilement tenter. Mais elle ne voulait pas lui faire cacher des choses à Hermione… Le mieux serait d'opter pour Draco ou Pansy, mais elle ignorait totalement quelle serait leur réaction. En fait, il lui faudrait l'avis de quelqu'un qui… Mais oui, bien sûr ! Elle n'avait même pas besoin de réfléchir tellement c'était évident ! Celui qui pourrait la conseiller et qui, de surcroît, connaissait bien Draco et Pansy, c'était forcément Théo. Peut-être même lui dirait-il qu'elle devait choisir Ron ou Terry… Il était certes très discret, il n'intervenait pas beaucoup lorsqu'ils étaient tous ensemble, mais il observait énormément les gens et voyait bien plus de choses que n'importe qui d'autre. S'il y avait quelqu'un qui pouvait l'aider, c'était donc bien lui. Il ne lui restait plus qu'à discuter seul à seule avec lui. Elle avait déjà une idée de ce qu'elle allait lui dire pour l'arracher à leurs amis ou à son petit-ami. Elle consulta l'heure et fut soulagée de voir qu'il n'était pas encore dix-sept heures. Elle se dirigea vers les escaliers, descendit deux étages et se rendit à la salle de sortilèges. C'était le dernier cours de la semaine de ses amis. À force de passer du temps avec la bande, elle connaissait aussi bien leur emploi du temps que le sien. Une fois devant la salle, elle dut attendre une dizaine de minutes avant que la porte ne s'ouvre. Les cinquième année sortirent et les premières personnes de la bande qu'elle vit furent Hermione et Terry. Elle leur sourit et se concentra de nouveau sur la file d'élèves qui passaient devant elle. Lorsque Théo quitta la salle, elle le héla et lui fit un petit signe de la main. Théo parut surpris mais il s'avança vers elle.

- Salut, Ginny, tu voulais me parler ?

- Oui, est-ce que tu as vingt minutes devant toi ?

- Euh… oui, je vais juste dire à Justin de m'attendre dans la salle des binômes.

- Si vous avez une séance de travail, on peut se voir plus tard…

- Non, si tu es venue me chercher à la sortie de mon cours, c'est que tu as besoin de moi maintenant, analysa Théo en souriant. Ce n'est pas bien grave si notre séance dure un peu moins longtemps que prévu, nous sommes très en avance sur nos devoirs en binôme, nous voulions simplement terminer celui de potions. Je vais le prévenir, je reviens.

Théo s'en alla, rejoignit Justin et lui parla rapidement avant de retourner vers Ginny.

- C'est bon, allons-y. Où veux-tu aller ?

- Quelque part où personne ne pourra nous entendre.

- On va essayer de trouver ça.

Théo et Ginny se mirent en marche et partirent à la recherche d'un endroit calme qu'ils dénichèrent assez rapidement. Ginny fut un peu gênée de se retrouver seule avec Théo. Elle l'aimait beaucoup, mais elle ne le connaissait pas très bien. Lui aussi eut l'air mal à l'aise, voire intimidé, mais ce fut pourtant lui qui engagea la discussion :

- Alors, que voulais-tu me dire ?

Ginny reprit contenance et se lança :

- Il me faut un préfet pour une mission bien précise et je ne sais pas qui choisir. C'est pour quelque chose de très délicat, soit on me croira, soit on ne me croira pas, alors je ne dois pas me tromper.

Théo sembla dépassé mais cela ne se sentit pas dans le ton de sa voix lorsqu'il répondit :

- D'accord, il me faudrait un peu plus de détails. Quelle est cette mission, exactement ?

Ginny raconta à Théo tout ce qui s'était passé autour de Hannah ainsi que sa conversation avec son directeur de maison. Le choc se lut un bref instant sur le visage de Théo, mais il laissa si vite place à une moue embêtée que Ginny le soupçonna d'avoir eu des doutes.

- Je m'attendais à ce que tu sois un peu plus surpris. Tu étais au courant ?

- Non, pas du tout, mais c'est vrai que ça ne m'étonne pas tant que ça. En fait, ça me rappelle ce que j'avais dit à Blaise peu avant les vacances de Noël quand on parlait d'un ami en commun qui était préfet et qui s'était drogué. Blaise croyait qu'aucun dealer n'irait proposer de la drogue à un préfet et qu'à part notre ami, aucun préfet ne se droguait. Je lui avais alors fait comprendre que les préfets ne géraient pas tous aussi facilement la pression qu'ils avaient avec tout ce qu'ils avaient à faire et que certains d'entre eux se tournaient vers les potions pour décompresser. Je pensais déjà que c'était parce qu'il y avait des préfets qui se droguaient que les professeurs avaient autant de mal à coincer les dealers. Je ne parlais pas que de cette année, mais de façon générale, toutes années confondues, car je ne soupçonnais aucun préfet de se droguer à ce moment-là.

- Je vois. Je comprends mieux pourquoi tu n'as pas l'air de trouver aberrant que Hannah se drogue. Mais donc tu me crois ?

- Oui, sans aucune hésitation. Et ça me rend triste pour elle. Elle doit vraiment aller mal pour en être arrivée là…

- C'est pour ça que le professeur Lupin voudrait que deux préfets la coincent. À la fois pour avoir le nom de son dealer mais aussi pour l'aider à se sortir de ses potions. Seulement, s'il fait lui-même la requête à deux préfets, ils auront une pression supplémentaire de réussir car ce sera un professeur qui leur aura confié cette mission. Si c'est moi qui le leur demande, ils seront plus détendus. Enfin, je dois m'adresser à un seul préfet qui choisira son binôme. Et c'est là que j'ai besoin de ton aide. Je ne sais pas du tout vers qui me tourner. Hermione, on oublie, car elle n'a pas voulu me croire quand je lui ai fait part de mes doutes sur Hannah. Je lui avais pourtant fait le même récit que celui que j'ai fait au professeur Lupin. Il vaut mieux ne pas y mêler Terry non plus, sinon il va devoir le cacher à Hermione et si elle le découvre, je m'en voudrais d'avoir causé des tensions entre eux. Mais dans ce cas, c'est pareil pour tous les autres préfets de la bande. Si je m'adresse à Draco ou à Pansy, il y a des chances que l'un finisse par savoir que j'ai parlé à l'autre, et s'ils n'ont pas la même opinion, ils vont là aussi se disputer… Idem pour Ron et Pansy…

- Ok, j'ai saisi le problème. Bon, dans tous les cas, tu es obligée de prendre un risque. Sauf si tu en réfères à Padma Patil. Là, il n'y aura aucun souci dans le groupe. Mais c'est forcément un préfet de la bande qu'elle devra prendre comme binôme, car elle ne va pas demander au préfet de Poufsouffle de l'accompagner, étant donné qu'il a pris ses fonctions récemment… Mais le truc, c'est que tu ne connais pas trop Padma, j'imagine…

- Non, je ne lui ai jamais parlé. Je sais juste qu'elle est la préfète de Serdaigle cette année, c'est tout. Je ne me sentirais pas très à l'aise d'aller la voir pour lui confier une mission…

- Tu n'as pas le choix, alors. Tu dois piocher parmi un de nos amis préfets. Je serais toi, je n'aurais pas trop peur que celui ou celle que tu choisiras se fasse attraper par son copain ou par sa meilleure amie. Que ce soit Ron, Terry, Draco ou Pansy, ils sauront se faire discrets. Et même s'ils se prennent la tête avec quelqu'un de la bande, ils se réconcilieront rapidement.

- C'est ce que pense le professeur Lupin aussi.

- Donc il n'y a pas de souci à se faire là-dessus. Tu peux faire ton choix en toute tranquillité.

- Mais je n'ai pas d'idée…

- Prends la personne qui, selon toi, te croira à coup sûr et qui voudra bien croire que Hannah puisse se droguer.

- Comme ça, là, je ne vois que Pansy et Terry.

- Ça élimine déjà deux possibilités, sans compter Hermione. Tu as pas mal d'affinités avec Pansy, il me semble ?

- Oui, il y a un vrai feeling entre elle et moi.

- Alors ne te pose pas plus de questions. Adresse-toi à elle.

Ginny considéra la solution de Théo. Elle fut vite séduite.

- D'accord, c'est ce que je vais faire. Merci, Théo. Je savais que tu pourrais m'aider.

- Alors qu'on ne s'est jamais parlé en-dehors de la bande, s'amusa Théo.

- Tu es connu dans la bande pour être un fin observateur, tu es très calme et très silencieux mais tu analyses beaucoup.

- Eh bien je suis ravi d'avoir pu t'aider. J'ai vraiment été étonné de te voir me faire signe lorsque je suis sorti de la salle de sortilèges…

- C'est vrai qu'il y avait Ron, mon frère, Harry, mon meilleur ami, Hermione, ma meilleure amie, et Blaise, mon petit-ami, et c'est à toi que j'ai fait coucou. Parfaitement logique.

- Il faudrait que ceux qui se connaissent le moins dans la bande passent plus de temps ensemble. Je suis sûr que Ron et Blaise s'entendraient hyper bien s'ils passaient outre le fait que l'un est le petit-ami de la sœur de l'autre. Ça les bloque.

- On devrait voir ça pendant les vacances. Genre, on resterait une journée, voire une journée et une nuit, avec quelqu'un avec qui on a peu de contacts. Moi, par exemple, ce serait Justin, Terry, Draco ou toi. Harry, ce serait Justin, Terry, Blaise ou Pansy. Ron, ce serait Draco, Blaise, Terry ou Justin. Hermione, ce serait Justin, Pansy ou Blaise. Draco, ce serait Ron, Terry, Justin ou moi. Toi, ce serait Ron, Terry ou moi. Pansy, ce serait Harry, Hermione ou Justin. Blaise, ce serait Justin, Terry, Ron, Harry, Hermione ou moi. Terry, ce serait Draco, Blaise, Harry, Ron, Hermione, Justin, toi ou moi. Et Justin, ce serait tout le monde sauf toi.

- Bon courage pour faire les binômes, plaisanta Théo. Surtout pour Terry et Justin… Mais c'est une bonne idée. Se retrouver seul, pendant plus de vingt-quatre heures, avec une personne de la bande avec qui on n'a pas l'habitude de parler, ce serait un défi intéressant à relever. Mais il faudrait qu'on soit dans un endroit qu'on ne connaît pas, pour qu'on soit livrés à nous-mêmes et qu'on ne puisse compter que l'un sur l'autre.

Ginny regarda Théo avec surprise.

- Ça te plairait vraiment ?

- Disons que je trouverais ça plus attrayant. Ce serait beaucoup trop simple si on devait être avec un membre du groupe toute une journée dans un endroit qui nous est familier, comme Pré-au-Lard ou le Chemin de Traverse.

- Je suis d'accord. Et j'adore l'idée. Mais je ne pensais pas que tu proposerais un truc comme ça, toi qui es si sage, si sérieux, si raisonnable…

- Je n'ai pas dit qu'on se mettrait en danger, je préfère être seul dans ces cas-là, rit Théo. On aurait juste à se débrouiller par nous-mêmes dans un espace qui nous est inconnu.

- Je vois. Mais ça va être possible, avec ton boulot ?

- Il faudra que j'aie une demie-journée et un jour de repos consécutifs. Ça devrait pouvoir se faire.

- Je pense aussi. On verra ça plus en détails quand on en parlera aux autres. On pourrait en discuter davantage maintenant mais Justin t'attend…

- Oui, je vais le rejoindre, d'ailleurs, sinon il ne nous restera qu'une demie-heure pour travailler, ce qui ne servirait pas à grand-chose.

Ginny acquiesça, souhaita une bonne séance à Théo et tous deux se quittèrent en prenant un chemin différent. En se dirigeant vers les escaliers, Ginny décida de parler au début de la semaine suivante à Pansy. Elle ne devait pas faire traîner les choses, mais elle avait besoin de temps pour penser à ce qu'elle allait dire à Pansy. Il allait falloir qu'elle soit plus précise avec elle et qu'elle lui donne tous les détails. Elles chercheraient peut-être le binôme de Pansy ensemble et Ginny voulait y réfléchir en amont. Tandis qu'elle montait au septième étage, elle repensa à tout ce qui s'était passé durant la journée. Elle se rendit compte que depuis qu'elle avait pris la décision de suivre le garçon jusqu'aux toilettes, elle avait fait ni plus ni moins le travail d'une vraie préfète alors qu'elle avait assuré ne pas être intéressée par ce poste. Elle avait accusé le professeur Lupin de l'avoir piégée mais en réalité, elle s'était piégée elle-même. Personne ne l'avait forcée à pister le garçon. Personne ne lui avait dit d'écouter aux portes. Personne ne l'avait obligée à en parler à Hermione. Elle avait fait tout ça toute seule. Mais cela ne voulait certainement rien dire… Elle avait juste eu envie de découvrir un trafic afin de faire avancer un peu les choses sur le front de la lutte contre les potions droguées… Oui, ça devait être ça. Ce fut sur cette pensée absolument dénuée de mauvaise foi qu'elle accéda à la Tour Gryffondor. Elle allait se plonger dans ses cours et oublier Hannah, le trafic de potions, sa mission et l'insigne de préfet qui semblait se rapprocher dangereusement d'elle…

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(samedi 11/05) POV Harry

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- J'ai les bras en compote… Je ne suis pas poursuiveur, pourtant, mais j'ai dû faire face à tellement de buts…

- Qui sont restés des lancers puisque tu les as presque tous parés. Tu as été très bon. Je te voyais, de là où j'étais, et j'ai bien vu que le souafle a très peu franchi les anneaux. L'exercice était compliqué, il y a eu quarante-cinq minutes de tirs au but pour chaque gardien et tu as tenu bon.

Un «mmmh» répondit à Harry. Ron et lui rentraient au château après un entraînement qui avait duré deux heures et demie. Le match contre Serdaigle avait lieu huit jours plus tard et l'équipe mettait les bouchées doubles pour se préparer. Serdaigle étant une équipe qui fonçait vers les buts dès qu'elle avait le souafle, Alicia avait estimé important que Ron s'exerce le plus possible. L'un après l'autre, Ron et Sam, le gardien remplaçant, avaient dû parer les tirs des poursuiveurs pendant trois quarts d'heure, sans interruption. Cela avait été aussi un exercice pour les poursuiveurs mais ils en avaient eu un autre, davantage axé sur eux, pendant lequel ils avaient dû filer d'un bout à l'autre du terrain en essayant d'éviter les cognards et les poursuiveurs adverses. L'objectif était d'atteindre les buts et de marquer. Cela avait duré trente minutes. Durant la dernière demie-heure restante, il y avait eu un exercice pour les batteurs qui consistait à viser un maximum de joueurs, avec précision mais sans blesser qui que ce soit. Pendant tout ce temps, les attrapeurs, eux, avaient une mission très simple : se saisir en premier du vif d'or et le relancer à chaque fois pour le courser de nouveau. Ça avait été très intense pour Harry et Ginny qui n'avaient eu des pauses que lorsque le vif d'or disparaissait. Ils avaient été autant mis à contribution que les batteurs, les poursuiveurs et les gardiens. Ils avaient pu jouer le vif d'or quatre fois. Il avait été attrapé trois fois par Harry et une fois par Ginny. Mais lors du troisième match, Harry n'avait dû sa victoire qu'au cognard qui avait été savamment envoyé sur Ginny. Elle avait de l'avance à ce moment-là et c'était elle qui aurait eu la petite balle dorée si elle n'avait pas été déstabilisée par le cognard d'Andrew Kirke. Celui-ci avait été félicité par Alicia, ce qui avait eu l'air de le gêner autant que cela lui avait fait plaisir. Jack et lui n'étaient, certes, pas au niveau de Fred et George, mais ils étaient très bons et ils allaient largement pouvoir assurer face aux Serdaigle. Ce serait leur premier match en tant que titulaires mais Harry était sûr qu'ils allaient bien s'en tirer. Tout comme Ron qui avait vraiment fait un super entraînement. Depuis que Remus l'avait encouragé à tenter sa chance dans une équipe à sa sortie de Poudlard, il semblait ragaillardi et prêt à tous les sacrifices pour s'améliorer et devenir le meilleur gardien de Poudlard. Et Harry n'en doutait pas : il en était capable. Il devait juste croire en lui. Harry était heureux de voir ce regain de passion pour le Quidditch chez son meilleur ami. Il aurait pu être jaloux, ou envieux, mais ce n'était pas le cas. Car cette passion, il l'avait eue. Elle l'avait accompagné durant ses quatre premières années au sein de l'équipe. Elle l'avait fait progresser, elle l'avait incité à donner le meilleur de lui-même, elle l'avait aidé à gagner quasiment tous ses matchs… Mais à l'heure qu'il était, il ne l'avait plus. Et il savait, au fond de lui, qu'elle l'avait déserté pour toujours. C'était pour ça, entre autres, qu'il voulait être capitaine l'année suivante. Car il n'était pas sûr de continuer le Quidditch jusqu'à la fin de ses études à Poudlard. Et il souhaitait connaître l'expérience du capitanat, même si ce n'était que pour sa sixième année. Il n'avait pas envie de s'en aller avec des regrets. Il avait prévu de parler de tout cela avec Remus le jour-même puisque celui-ci l'avait convoqué dans son bureau à quinze heures. Cela ne dérangeait pas Harry qui n'avait souvent rien à faire le samedi après-midi jusqu'à quinze ou seize heures, puisque Draco avait son entraînement de Quidditch. Il avait lieu soit de treize à quinze heures, soit de quatorze à seize heures. Ce jour-là, c'était la seconde option. Harry et Draco seraient donc tous deux occupés jusqu'à seize heures. En fait, Harry avait une journée assez remplie. Entre son entraînement le matin, sa séance de thérapie en début d'après-midi, et juste après, son entretien avec Remus… Il n'allait pas s'ennuyer ! Sans compter qu'il avait une séance de travail prévue avec Draco de seize heures à dix-neuf heures et qu'ils devaient se voir après le dîner pour passer un long moment en amoureux dans la salle sur demande… Il allait être éreinté en revenant à son dortoir…

Une fois rentrés au château, Harry et Ron se rendirent à la Grande Salle. Ils retrouvèrent Hermione qui était déjà assise à la table des Gryffondor. Ils s'installèrent à côté d'elle et ne tardèrent pas à être rejoints par Ginny.

- Ah, tu es décidée à manger, aujourd'hui ? se moqua Ron.

Ginny lui envoya un regard noir.

- Je n'avais pas faim, hier, et je voulais travailler.

- On ne peut pas être efficace si on a le ventre vide, fit remarquer Hermione.

- Eh bien je ne dois pas être comme les autres car j'ai eu ensuite une séance de travail avec Simon et on a super bien avancé, et je n'avais pas mangé grand-chose au petit-déjeuner. Mais je me suis bien rattrapée le soir.

- C'est le repas de la journée qui est censé être le plus léger, protesta Hermione. Si tu manges trop lourd, tu n'auras pas un sommeil récupérateur.

- Ça ne m'a pas empêchée de dormir, et je suis en pleine forme, répliqua Ginny. Ron, est-ce que tu sais ce que va faire Pansy après son entraînement ?

- Sûrement aller dans son dortoir. Elle ne se sentait pas très bien, ce matin, quand on s'est vus. Elle va entrer dans la période pénible du mois, ça va être le week-end comme ça. Elle prend une potion, maintenant, mais ça n'a pas l'air de lui faire grand-chose…

- Soit la potion ne lui convient pas, soit il faut du temps pour que ça fasse effet. Enfin j'imagine, je ne m'y connais pas en potions de ce genre… Je suis plutôt chanceuse, je n'en ai pas besoin.

- Vous n'en prenez pas toutes ? s'étonna Ron.

- Non, si on ne souffre pas et qu'on est régulière, on peut s'en passer.

- Oh là là, qu'est-ce que vous êtes compliquées, vous, les filles…

- Je suis bien content d'être épargné, plaisanta Harry.

- Oui, Théo, Justin, Draco et toi avez de la chance. Tout comme Sirius et le professeur Lupin…

- Oh, ne crois pas ça, Remus aussi a sa période difficile du mois, rappela Harry. Même si ça se passe mieux depuis deux pleines lunes, apparemment.

- Oh, c'est super pour lui, se réjouit Hermione. C'est peut-être grâce à son couple avec Sirius.

- C'est ce que je pense aussi. C'est la version naturelle de la potion Tue-Loup, rit Harry.

- J'allais dire que ça lui fera faire des économies mais j'oubliais qu'il l'avait gratuitement, songea Ron. Bon, sinon, pourquoi tu voulais voir Pansy, Ginny ?

- Désolée, mais je ne peux pas en parler.

- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas nous en parler ? soupçonna Ron.

- Je ne peux pas, répondit fermement Ginny.

- Non mais tu ne vas pas me laisser comme ça, si c'est quelque chose de grave, tu dois me le dire ! Je suis son petit-ami !

- C'est quelque chose de sérieux, oui, mais ça n'a rien à voir avec elle. Du moins, jusqu'à ce que je lui en parle. Ne me forcez pas à en dire plus, s'il vous plaît.

- Ginny, attends… Ça ne concerne pas ce qui s'est passé hier, quand-même ? se méfia Hermione.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Parce que Pansy était son binôme au début de l'année scolaire, tu pourrais être tentée de chercher des informations auprès d'elle…

- Tu n'es pas préfète pour rien, toi, tu as toujours de bonnes pistes, ironisa Ginny. Mais j'aimerais qu'on évite d'aborder le sujet, on n'a pas la même opinion là-dessus…

- Je croyais que tu avais compris que tu faisais fausse route !

- Eh bien j'ai changé d'avis. Mais je ne te force pas à penser comme moi, la preuve, je vais couper court à la discussion, sinon on va se disputer et je n'en ai aucune envie. Bon appétit.

Ginny se leva et s'en alla, malgré les tentatives de Hermione de la retenir.

- Elle va encore sauter un repas ! s'écria-t-elle.

- Laisse-la tranquille, Hermione, s'agaça Ron. Si tu ne l'avais pas asticotée, elle ne serait pas partie.

- Non mais je rêve ! C'est toi qui as commencé en la sommant de te dire la vérité !

- Et tu étais obligée de faire comme moi en l'attaquant à ton tour ?

- Je voulais juste m'assurer de quelque chose, se défendit Hermione.

- Oui bah résultat, tu l'as braquée !

- Hé, oh, stop, c'est bon, vous n'allez pas vous disputer ! intervint Harry. Vous l'avez tous les deux énervée, mais elle semblait être un peu sur les nerfs, donc tout le monde a ses torts, balle au centre, on peut passer à autre chose.

Ron et Hermione ne dirent rien et adoptèrent chacun une attitude différente. Hermione regarda droit devant elle tandis que Ron replongea le nez dans son assiette, l'air maussade. Harry retint un soupir et se remit lui aussi à manger. Il garda un œil sur Hermione qui continuait à fixer ce qu'il y avait en face d'elle. Harry pensa d'abord qu'elle boudait mais il comprit vite qu'elle observait réellement un truc ou bien quelqu'un. Alors qu'il s'apprêtait à lui demander ce qu'il y avait de si intéressant, elle se leva soudain en s'exclamant :

- Je le tiens !

Ni Ron, ni Harry n'eurent le temps de lui poser la moindre question. Elle prit congé d'eux et quitta la Grande Salle à toute vitesse.

- Oh non, elle recommence, se lamenta Ron.

- Elle n'a jamais vraiment arrêté, grimaça Harry.

- Mais ça devient grave, là. Elle reproche à Ginny de sauter des repas mais elle en fait tout autant ! Tout ça pour courser un gars qui est sûrement encore innocent…

- J'avoue que son comportement est tout aussi inquiétant que celui de Ginny.

- Heureusement que toi, ça va mieux, soupira Ron. Sinon je deviendrais fou.

- Ne t'inquiète pas, on va faire front commun contre les filles, dit Harry en souriant. Enfin, on ne va pas non plus leur faire la guerre… S'il le faut, on leur viendra en aide. Comme vous l'avez fait pour moi.

Ron acquiesça.

- J'espère qu'on n'aura pas à en arriver là mais oui, si besoin, on le fera. Bon, sinon, tu te sens prêt pour le match contre Serdaigle ?

La question de Ron les emmena sur un sujet beaucoup plus joyeux sur lequel ils débattirent durant le reste du déjeuner. Harry remercia intérieurement son meilleur ami d'avoir lancé cette discussion. Cela détendit l'atmosphère et c'était exactement ce qu'il fallait à Harry avant son rendez-vous avec Remus.

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Grâce au professeur Snape qui le libéra plus tôt que prévu, Harry arriva pile à l'heure à son entretien avec Remus. Il savait que son second tuteur aurait compris s'il avait eu quelques minutes de retard mais il préférait être ponctuel. La porte étant ouverte, il se présenta dans l'entrebâillement, attirant l'attention de Remus qui l'invita à entrer. Harry pénétra dans le bureau et s'installa en face de Remus.

- Bonjour, Harry. Tu dois être un peu surpris que je te convoque ici…

- Je ne m'y attendais pas, en effet.

- J'aurais aimé te demander de venir dans mes quartiers mais étant donné que je souhaite te parler de quelque chose d'officiel, je me suis dit qu'il valait mieux que cette conversation ait lieu dans un endroit neutre. Mais ça s'arrête là, je ne vais pas pousser jusqu'à te considérer uniquement comme mon élève… Je doute que Severus l'ait fait avec Draco, donc…

- Et après, c'est à nous qu'on dit «ce n'est pas parce que ton ami a désobéi sans se faire attraper que tu dois faire de même» !

- Les adultes ont toujours raison, répliqua Remus avec une mauvaise foi évidente. Mais bon, si tu y tiens… M. Potter, vous êtes ici présent afin que nous traitions de votre potentiel futur capitanat.

Harry fit les gros yeux à Remus qui haussa un sourcil moqueur, visiblement fier de lui. Harry leva les yeux au ciel.

- Ok, j'ai rien dit… Je t'écoute.

- J'ai convoqué Alicia récemment afin d'avoir son avis sur le choix du futur capitaine. Elle hésitait entre Katie, Ginny et toi, mais elle trouvait Katie trop timide et pas assez sûre d'elle et pour Ginny, ça ne faisait pas assez longtemps qu'elle était dans l'équipe, alors elle a opté pour toi. Nous avons discuté de ce que tu pourrais apporter à l'équipe, de tes qualités, de ton rapport aux autres et de tout ce qui ferait de toi un bon capitaine. Tu es donc le meilleur candidat à ce poste. Mais il faut que tu le veuilles. Si tu n'as pas envie de devenir capitaine, je reconsidérerai le profil de Katie et de Ginny. Tu ne dois pas te sentir obligé d'accepter.

- Je sais, affirma Harry. J'y ai beaucoup réfléchi, dernièrement, et même si ce n'est pas mon rêve le plus fou d'occuper ce rôle, je souhaite découvrir cette expérience. Tout dans le rôle du capitaine me plaît. Sauf peut-être diriger une équipe dans le sens où c'est moi que tout le monde doit écouter. Tu dois le savoir maintenant, je déteste être au centre de l'attention… Et je n'ai pas le désir d'avoir du pouvoir sur les autres.

- Tu n'en as pas besoin pour être capitaine. Au contraire, ça veut dire que tu seras respectueux de tes joueurs et c'est très important. Après, le risque à éviter, c'est de ne pas te faire marcher dessus.

- Non, ne t'inquiète pas, je saurai trouver le juste milieu.

- Je te fais confiance pour ça. Donc tu serais intéressé ?

- Oui. Je suis prêt à tenter l'expérience.

- Bien, on va juste voir quelques petites choses ensemble. Severus m'a fait une liste de questions à te poser…

- Il a dû se faire un plaisir d'en mettre un maximum…

- Harry, voyons, Severus n'est plus comme ça… Bon, c'est vrai qu'il y a pas mal de questions, mais c'est pour être sûr que tu fasses le bon choix. Bon, tu m'as dit que diriger un groupe, ce n'était pas ce qui t'attirait le plus. Mais tu n'as pas un dégoût total envers cette idée ?

- Bien sûr que non, sinon ça suffirait à ce que je refuse de pourvoir ce poste. C'est quand-même la base du capitanat…

- C'est ce que je me disais aussi. Niveau stratégie, tu penses être bon ?

- En réfléchissant bien, oui. Je demanderai peut-être l'avis des joueurs les plus observateurs.

- Très bonne idée. Tu auras un ou une co-capitaine à choisir, donc déjà, tu auras un soutien de taille. Mais il ne faudra pas non plus que tu t'appuies toujours sur les autres, ce sera à toi seul de prendre les décisions. C'est toi le capitaine, pas les autres. Si tu vois que tu as trop tendance à te reposer sur ton équipe, tu devras venir m'en parler, pour que je t'aide à assumer ton rôle de capitaine. Après, tu pourras t'adresser également à l'ancien capitaine de Gryffondor, il sera sûrement ravi de te donner des conseils.

Harry se mit à rougir.

- Oh oui, je n'en doute pas. Il faudra juste que je précise bien en début de lettre que mes intentions sont tout à fait professionnelles…

Un éclair de compréhension traversa le regard de Remus qui eut l'air alors gêné.

- Ah oui, pardon, j'avais oublié… Pourtant, c'est moi qui t'avais poussé à me parler de lui. J'avais deviné qu'il avait été davantage que ton capitaine…

- Oui, je m'en souviens. Sirius n'avait encore rien compris, à ce moment-là. J'avais d'ailleurs quitté le salon en claquant la porte car il avait fait une énième réflexion sur les filles…

- Il avait été long à la détente. Mais pour en revenir à Olivier, il ne penserait quand-même pas que tu souhaiterais retenter quelque chose avec lui juste parce que tu lui enverrais une lettre ?

- Je ne sais pas, nous sommes tous deux en couple mais je préfère être prudent.

- Je comprends. Écris-lui quand-même, c'était un très bon capitaine, il pourra te conseiller. Mais il est essentiel que tu en fasses autant avec tes joueurs. Est-ce quelque chose que tu aimes faire ?

- Je le fais souvent avec Ginny et Théo, parfois avec Ron et Draco, et un peu moins avec Hermione. Donc j'ai plutôt l'habitude et j'aime ça, oui.

- Bien, c'est une bonne chose pour un capitaine. Mais ça, tu dois t'en douter.

- Oui, ça aussi, c'est la base. Si un capitaine ne conseille pas ses joueurs, ils vont avoir beaucoup de mal à s'améliorer…

- Tout à fait. Cela peut paraître inutile à préciser, mais il y a des capitaines qui passent leur temps à hurler sur leurs joueurs et à leur faire des reproches mais qui ne leur donnent aucun conseil. Je sais que ce ne sera pas ton cas mais c'est pour souligner l'importance d'accompagner ses joueurs. Est-ce que tu penses avoir ce qu'il faut pour les pousser à s'investir, à se dépasser ?

- Oui, j'ai assez de force de conviction pour ça.

- Est-ce que tu penses pouvoir gérer une dizaine de joueurs ? Être à la fois patient et autoritaire ?

- Patient, oui, je ne suis pas une boule de nerfs, je ne m'énerve pas facilement, sauf quand je suis à cran mais je saurai faire la différence entre le privé et le professionnel.

- Je n'en doute pas une seule seconde, tu ne seras pas du genre à passer ta mauvaise humeur sur tes joueurs. Est-ce que tu estimes avoir suffisamment confiance en toi pour avoir l'autorité nécessaire ?

Cette question rendit Harry pensif. Il réfléchit un bref moment avant de répondre :

- Ce n'est pas mon point fort, ce n'est un secret pour personne. Mais en tant que capitaine, je peux être une personne différente de celle que je suis en tant qu'élève. Quand je fais du Quidditch, je suis à mon aise, je suis dans mon élément, je suis conscient de mes capacités. Et le fait que je sois dans l'équipe depuis ma première année va m'aider à me sentir légitime.

- Je vois, c'est une très bonne façon de considérer les choses. Et tu as entièrement raison. Ce n'est pas parce que tu es un élève assez timide en classe, qui n'est pas très sûr de lui, que ce sera la même chose en tant que capitaine. Dans le monde moldu, il y a des jeunes qui sont perdus et mal dans leur peau dans la sphère scolaire mais qui s'épanouissent complètement dans le sport, dans la musique, dans la peinture, dans la cuisine, dans l'artisanat… Mais tout cela n'est malheureusement pas assez valorisé, car trop de gens pensent qu'il vaut mieux faire des études plutôt qu'apprendre un métier en allant dans un lycée professionnel. Pourtant, ça ouvre parfois plus de voies, avec l'expérience qu'on acquiert. C'est pour ça que, même si je ne suis pas fan de Quidditch, j'encourage les élèves qui le souhaitent de poursuivre dans cette voie. Il n'y a pas que les formations, après Poudlard.

- C'est vrai. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais il doit y avoir plus de choix qu'on ne le pense.

- Exactement. Je te pose une dernière question et ensuite je te laisserai tranquille. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu vas devoir prendre un ou une co-capitaine. Ce sera à toi de choisir. Tu pourras me demander mon avis, je te le donnerai, mais la décision finale te reviendra. Je te répète mot pour mot ce que m'a dit Severus. Nul ne peut t'imposer la personne que tu auras toujours à tes côtés. Toi seul peux savoir qui doit occuper ce rôle important. Il faut que ce soit quelqu'un avec qui tu as une bonne relation, en qui tu aies confiance et qui soit apte à t'aider. C'est donc assez personnel, comme jugement. Je ne suis pas dans ta tête, j'ignore avec qui tu t'entends le mieux dans l'équipe. Il n'y a que toi qui le saches. Tu as peut-être déjà une idée, mais si tu n'en as pas, tu peux attendre que les sélections soient passées pour faire ton choix. Il est possible que la personne que tu voudras comme adjoint ou adjointe soit un nouveau membre de l'équipe. Tu auras une période de réflexion après les sélections, le temps que tu te familiarises avec l'équipe que tu auras constituée, que tu apprennes à connaître les nouveaux joueurs et que tu vois qui sera digne de devenir co-capitaine. Est-ce que tout est clair là-dessus ?

- Oui, affirma Harry.

- As-tu une idée de la personne qui te secondera ?

- Oui, je pense à Ginny. Si je ne serai plus capitaine lors de ma septième année, et si elle le désire, ce sera elle qui prendra ma place. Quand tu me convoqueras comme tu l'as fait avec Alicia, je dirai que ce sera elle qui méritera d'être capitaine.

- Bien, mais prends quand-même le temps d'y réfléchir, notamment quand l'équipe sera faite. Bon, je crois t'avoir tout dit. Au vu des réponses que tu m'as fournies, tu me sembles être prêt à endosser le rôle de capitaine, même si tu n'as pas un profil parfait, ce qui est très dur à trouver. Mais tu feras un bon capitaine, j'en suis persuadé.

Harry sourit, touché.

- Merci. Je ferai de mon mieux.

- Je ne me fais aucun souci pour ça. As-tu des questions ?

- Non, c'est bon.

- Tu peux y aller, alors.

Harry se leva, salua Remus et quitta le bureau. Avisant l'heure, il décida d'aller attendre Draco à la sortie des vestiaires. Il était bientôt seize heures et Draco n'était jamais long sous la douche, Harry n'aurait donc pas à trop patienter. Lorsqu'il arriva, plusieurs joueurs quittaient déjà les vestiaires. Il y en avait toujours qui préféraient se laver dans leurs dortoirs, où ils étaient davantage à leur aise. Il vit défiler cinq ou six joueurs, dont Théo avec qui il discuta un peu, avant que Draco ne sorte à son tour. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'il aperçut Harry.

- Tu es venu me chercher, c'est trop mignon…

- J'avais peur que tu ne saches plus où était la salle sur demande, plaisanta Harry.

- Je ne suis pas encore sénile, pour ta gouverne, se vexa faussement Draco. Et ce n'est pas parce que nous n'y allions plus en amoureux que je n'y allais plus du tout.

Harry feignit l'indignation.

- Tu m'as trompé ?!

- Oui, avec toute la bande, déclara Draco. Non, plus sérieusement, quand on était sur le plan «sauver Harry», il nous fallait un endroit pour se réunir sans que tu ne puisses nous surprendre. On a profité d'une de tes séances avec Severus et lorsque j'ai annulé une de nos séances de travail, la veille de la soirée où tout a basculé, on devait en réalité se rejoindre dans la salle sur demande pour mettre en commun tout ce qu'on avait et décider du jour où on allait voir tes tuteurs.

Les confessions de Draco troublèrent Harry.

- Je ne me suis rendu compte de rien… Je vous cachais tout, je vous tenais à l'écart, et vous, au lieu de m'en vouloir, vous vous arrachiez les cheveux pour me venir en aide…

- Oui, et c'est tout à fait normal. Si ça avait été un autre membre du groupe à ta place, tu aurais fait pareil avec les autres.

- C'est vrai, admit Harry. Bon, on y va ?

- Euh… je veux bien, mais… on n'était pas censés avoir une séance de travail ?

Harry grimaça. Il avait oublié. Draco sourit.

- On peut la décaler après le dîner, si tu veux.

- Je préfère, oui. Si ça te va, bien sûr…

Draco acquiesça et tous deux rentrèrent au château, main dans la main. Ils prirent les escaliers et les montèrent jusqu'au septième étage. Ils se rendirent à la salle sur demande que Draco fit apparaître. Ils y pénétrèrent et s'installèrent sur leur canapé habituel où ils s'allongèrent. Harry posa sa tête sur le torse de Draco qui se mit à passer une main dans ses cheveux.

- Comment s'est passé ton entraînement ? s'enquit Harry.

- Bien, il n'y a plus de pression, donc on est moins nerveux et on fait moins d'erreurs. Graham m'a dit que lors du prochain entraînement, ce serait bien que j'apprenne à observer l'équipe. J'ai trouvé que c'était une bonne idée. On fera un debrief ensemble quand tout le monde sera parti. Ça va me permettre de m'exercer à mon futur rôle de capitaine. Et toi, alors ? Ça a été, ton entraînement et ton entretien avec ton directeur de maison ?

- Oui, Alicia nous a fait énormément travailler, Ginny et moi nous sommes battus quatre fois pour le vif d'or, et les deux gardiens ont dû arrêter des buts non-stop pendant quarante-cinq minutes. C'était hyper intense. Il y a aussi eu un exercice pour les batteurs et les poursuiveurs. Si on subit le même entraînement mercredi, on sera plus que prêts pour le match ! Mais il va falloir que les poursuiveurs marquent un max de buts.

- Serpentard est à huit cent points tandis que Gryffondor est à cinq cent vingt points. Si tu attrapes le vif d'or, il vous faudra au moins quatorze buts pour nous dépasser.

- C'est faisable, songea Harry. Les Serdaigle ne sont pas très dangereux en termes de possession du souafle. Mais quand ils l'ont, ils marquent. C'est de ça dont on devra se méfier.

- Tu as déjà un bon esprit d'analyse. C'est indispensable pour un capitaine.

- Ça tombe bien, alors.

La main dans les cheveux de Harry cessa ses mouvements.

- C'est officiel ? Tu seras capitaine à la rentrée ?

- Oui, Remus et moi avons fait le tour de la question et il m'estime apte à devenir capitaine. Je vais sûrement avoir besoin de son aide, au début, mais sinon ça devrait aller. J'aurai quelqu'un pour me seconder, comme toi, et comme les deux autres capitaines, donc ce sera encore mieux.

- C'est clair. Par contre, il va vraiment falloir éviter de parler stratégie, qu'on soit seuls toi et moi ou qu'on soit avec la bande. Je compte faire de Théo mon adjoint et je suppose que toi, tu choisiras Ginny…

- Exactement. Mais du coup, vous allez être mes ennemis, Théo et toi, s'attrista Harry.

- Ça ne va rien changer entre nous, c'est promis, apaisa Draco.

- Mais vous allez être obligés de comploter contre moi… «Harry il va faire ci, Harry il va faire ça, il faut se méfier de lui, il va tout faire pour nous déstabiliser, il ne faut pas le laisser faire...»

- Je pense qu'on parlera surtout de Gryffondor, et non pas de toi. Mais tout cela te dérange tant que ça ?

- Je n'ai pas envie qu'on soit en concurrence. Je ne veux pas qu'on tombe dans le cliché du couple qui s'aime mais qui ne se fait aucun cadeau sur le terrain… Je n'ai pas envie qu'on se balance des phrases du genre «Si tu crois que je vais te laisser le vif d'or, Malfoy, tu peux toujours courir»… Ce n'est pas nous, ça. Ce n'est pas parce qu'on fait partie de deux équipes différentes que devant tout le monde, on doit faire comme si on se détestait… On peut tout simplement se comporter comme deux adversaires normaux…

- Je te promets qu'on ne fera rien de tout ça, jura Draco. On sera deux capitaines comme les autres. On se respectera et on ne se donnera pas en spectacle. On ne sera pas «le roi de Serpentard et le roi de Gryffondor qui sont en couple et qui s'affrontent». C'est peut-être ce que les autres attendront de nous, et dans ce cas ils seront déçus. On ne jouera pas de rôle. On sera authentiques.

Ces mots rassurèrent grandement Harry.

- Bon, ça ira, alors. Mais c'est aussi par rapport à Théo que je m'inquiète. Toi et moi, encore, ça va, on a l'habitude d'être rivaux, mais lui et moi, on ne l'a jamais été… Alors que là, s'il est ton adjoint et que nous sommes tous deux capitaines, on va être l'un contre l'autre niveau stratégie… Et être le rival de Théo, moi, ça ne me plaît pas du tout.

- Je crois que tu te prends un peu trop la tête, dit gentiment Draco. Tu prends tout ça trop au sérieux. Ce n'est que du Quidditch, Harry. Ça n'aura aucun impact sur nos relations. On va devoir oublier ce que nous sommes les uns pour les autres quand nous serons dans la sphère du Quidditch et une fois que nous serons dans la sphère du privé, on oubliera tout ce qui aura été dit car cela n'appartiendra qu'au domaine du Quidditch.

- D'accord, concéda Harry. On fera comme ça.

Il se redressa et déposa un baiser sur les lèvres de Draco avant de se blottir de nouveau contre lui en exhalant un soupir de bien-être. Ils restèrent un moment ainsi, puis Draco se baissa vers Harry pour ravir ses lèvres. Harry répondit à son baiser et se décala afin de permettre à Draco de se positionner au-dessus de lui. Ils purent ainsi s'embrasser et se caresser librement, et ils s'en donnèrent à coeur joie. Lorsque Draco dégrafa la robe de sorcier de Harry, celui-ci se rappela pourquoi ils étaient dans la Salle sur Demande à la base, et cela le troubla. Draco dut s'en apercevoir car il rompit le baiser.

- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta-t-il.

- Non, c'est juste que… ça me fait un peu bizarre d'être venu ici pour ça. Je n'aime pas trop le fait de planifier le jour, l'heure et l'endroit auxquels on aura un moment intime…

- Moi non plus, ce n'est pas du tout mon truc, assura Draco. Mais là, c'est assez particulier. Ça fait un mois qu'on a eu notre toute première relation intime et depuis, on n'a plus rien fait. Non pas que ça m'ait dérangé, puisque ni toi, ni moi n'avions la tête à ça à cause du fait que tu avais tes soucis, que tu les cachais et que je voyais pourtant que ça n'allait pas, ce qui ne me donnait pas très envie de te sauter dessus, mais maintenant que tu vas mieux, disons qu'on en a profité pour rattraper notre retard. C'est exceptionnel, on ne planifiera pas à chaque fois quand et où on se verra pour avoir des moments intimes… Sinon, ça fait couple qui se voit juste pour ça et qui ne pense qu'à ça… Ce qui n'est pas du tout notre cas.

Harry acquiesça et attira Draco à lui, joignant ainsi une nouvelle fois leurs lèvres. Ils échangèrent un long baiser et se caressèrent doucement à travers leurs vêtements. Entre deux baisers, ils enlevèrent leurs robes de sorcier et ne tardèrent pas à faire de même avec leurs chemises. Draco s'amusa avec les tétons de Harry qui fit voyager ses mains dans le dos de son blond adoré. Au bout d'un moment, Draco délaissa les lèvres de Harry qui protesta avant de crier quand les lèvres de Draco se posèrent dans son cou qu'elles mordillèrent. Harry jeta la tête en arrière, exposant davantage son cou à Draco qui entreprit d'embrasser tout ce qui était érogène dans cette zone-là. Harry gémissait sans retenue et fourrageait dans les cheveux de Draco. Après avoir fait le tour de ses points sensibles, Draco prit un petit morceau de peau, l'aspira et le mordit délicatement, faisant gémir sourdement Harry. Draco s'appliqua dans son œuvre, y allant lentement et doucement, pour le plus grand plaisir de Harry, et une fois avoir relâché le bout de peau, il lécha le suçon qu'il venait de faire, arrachant un frisson de plaisir à Harry. Il remonta son visage vers celui de Harry et lui donna un léger baiser.

- Ça m'avait manqué, ces petits bruits que tu pousses quand je te fais ce genre de choses… Tu m'as l'air bien réceptif, d'ailleurs.

- Tu ne crois pas si bien dire, avoua Harry.

- Oh, te ferais-je tant effet que ça ?

- Je dirais plutôt «étais-je tant en manque que ça ?» répliqua Harry du tac au tac.

Draco ne se départit pas de son air supérieur, ce qui avait le don d'agacer autant Harry que cela le charmait. Draco le savait et il en jouait.

- Je suis sûr que j'y suis quand-même pour beaucoup. Déjà, le suçon, tu ne te le serais pas fait tout seul.

Harry leva les yeux au ciel.

- Tu parles trop. Laisse-moi m'occuper de toi.

Harry poussa Draco à s'allonger, l'entraîna dans un baiser passionné et passa ses mains partout sur son torse, s'attardant sur les tétons, puis sur le bas-ventre qu'il découvrit très sensible. Le fait qu'il prenne les devants plut visiblement à Draco puisqu'il réagit très vite, aidé par les savantes caresses de Harry. Il inversa alors leurs positions, se retrouvant une fois de plus au-dessus de Harry.

- Nous sommes un peu trop habillés, tu ne trouves pas ?

- Oh oui, il faudrait peut-être y remédier…

Draco sourit, embrassa Harry et lui enleva son pantalon. Harry débarrassa ensuite Draco du sien. Ils unirent de nouveau leurs lèvres et se frottèrent l'un contre l'autre. Harry sentit la chaleur monter en flèche mais Draco cessa soudain tout mouvement, le faisant gémir de frustration.

- Je ne veux pas qu'on vienne trop vite, dit Draco.

- Mais j'ai trop envie, se plaignit Harry.

- Je sais mais un peu de patience, mon petit lion…

Harry voulut protester mais il ne put que gémir lorsque Draco l'embrassa dans une zone érogène de son cou. Cela le fit réagir encore plus alors qu'il souhaitait au contraire calmer son excitation.

- Draco, je veux bien faire des efforts pour me contenir mais je ne suis pas un surhomme non plus !

Draco délogea son visage du cou de Harry et le regarda d'un air amusé.

- D'accord, ne t'énerve pas. Est-ce que je peux te soulager avec ma main ?

La question de Draco provoqua un malaise chez Harry. Il avait très envie d'accepter, mais il ignorait s'il était prêt pour ça. La dernière fois qu'il avait été touché à cet endroit, il n'était pas consentant et cela avait abouti à un viol. Il avait peur d'y repenser malgré lui et que cela gâche tout. «Mais que ce soit maintenant ou plus tard, tu vas avoir la même réaction, la même crainte, alors autant surmonter ce blocage tout de suite» se dit-il. Fort de cette pensée, il fit un «oui» de la tête, ce qui lui valut un sourire plein d'amour et de tendresse de Draco. Il posa une main chaude sur le ventre de Harry et la descendit lentement. Harry frissonna sous son contact. Merlin que c'était agréable… Jusque-là, tout allait bien. Mais lorsque la main de Draco atteignit son caleçon et se glissa dedans, Harry se crispa. Draco leva des yeux inquiets vers lui mais Harry le rassura d'un sourire. Cela parut suffire à Draco qui poursuivit son geste. Le coeur de Harry se mit à battre plus vite tandis que les doigts de Draco effleuraient sa toison. Il pouvait encore refuser. Mais il ne voulait pas. Pourtant, il ne parvenait pas à empêcher les souvenirs de son agression d'affluer à son esprit. Il se revoyait dire non, repousser la main d'Adrian, lui dire qu'il n'avait pas envie, lui demander de le lâcher, sans qu'il ne l'écoute. Il se rappelait la terreur et le dégoût qui l'avaient envahi en sentant la main d'Adrian sur son sexe… Il tenta de chasser tout cela de sa mémoire mais plus la main de Draco s'approchait de son sexe, plus sa respiration se faisait laborieuse. Quand elle le rencontra enfin, une violente nausée le prit et il se pencha brusquement au-dessus du sol pour vomir son repas du midi qu'il avait pourtant apprécié. Il resta de longues minutes dans cette position, attendant que les spasmes se calment. Il tremblait de tous ses membres, mais demeurer immobile et respirer profondément lui permirent vite d'apaiser ce désagrément.

- Ça va ? interrogea la voix inquiète de Draco.

Harry acquiesça. Draco se colla dans son dos et l'entoura de ses bras en déposant un baiser dans ses cheveux. Harry bascula la tête en arrière afin de la poser sur l'épaule de Draco.

- Pourquoi tu ne m'as pas dit que ça n'allait pas ?

- Je croyais que ça allait passer… Et je ne voulais pas arrêter, car sinon je n'aurais pas pu effacer ce blocage alors que j'avais décidé de le faire.

- Mais c'était trop tôt, visiblement.

- Non, c'est juste que je n'ai pas su gérer mon esprit… J'en avais envie, pourtant, et j'en ai toujours envie. Je ne veux pas qu'on reste sur un échec, Draco.

- On peut réessayer une autre fois…

Harry se retourna et planta son regard dans celui de Draco.

- Non, maintenant.

- Mais tu n'es pas en état, Harry… Tu viens de…

- C'était une réaction due au stress, j'ai trop paniqué et je me suis rendu malade à cause de ça.

- Ça prouve peut-être que tu n'es pas prêt.

- Si, je dois simplement me focaliser sur le moment présent. Fais-moi confiance, Draco, je sais ce que je fais. Je n'insisterais pas si j'avais un doute sur le fait que je sois prêt. Et puis on n'avancera jamais si on abandonne au moindre échec… C'est normal qu'il y ait des couacs, tout ne pouvait pas se passer aussi bien que lors de notre premier moment intime… J'ai subi un traumatisme, et même si je l'ai traité avec ton parrain durant la thérapie, ça ne s'oublie pas aussi facilement. Mais c'est en essayant que je vais surpasser mes peurs.

Draco hocha la tête.

- Tu as raison. Mais tu es certain de vouloir recommencer ?

- Oui, mais je pense que je serais plus à l'aise si je te guidais avec ma main sur la tienne… Non pas que tu ne saches pas comment t'y prendre, mais…

- T'inquiète, je comprends. Tu as besoin de gérer les choses, d'être maître de la situation, d'être sûr de pouvoir y aller à ton rythme…

- C'est ça. Avec Adrian, j'ai subi, je ne pouvais rien faire. Avec toi, je veux être acteur. Du moins, au début, car une fois détendu, je te laisserai faire.

Draco sourit.

- Tout ça me va très bien. Tu veux garder ton caleçon ou… ?

- Oui, je préfère. Bon, par contre, tu dois t'en douter mais il n'y a plus rien, là…

- Ce n'est pas un problème, ça, ça peut se régler, chuchota Draco d'une voix suave.

Il allongea Harry et repartit à la découverte de son cou. Il l'embrassa, le mordilla, le lécha, faisant gémir Harry et revenir doucement son excitation. Trop doucement pour Harry qui souhaitait que ça aille un peu plus vite. Il eut soudain une idée et n'hésita pas à la mettre en application. Il attrapa la main de Draco et la posa sur son caleçon, là où une bosse commençait tout juste à se former. Draco leva la tête et l'observa avec surprise. Harry prit un petit air mutin :

- On n'a pas fait les choses bien, tout à l'heure. Avant de le toucher à même la peau, il faut d'abord faire connaissance avec lui à travers son tissu. Ça va moins l'effrayer.

Draco pouffa.

- T'es bête… Non mais c'est vrai, il faut le ménager, le pauvre petit.

Tout en disant cela, Draco pressa sa main sur le caleçon de Harry et malaxa lentement le membre à semi dressé. Cela plut beaucoup à Harry qui ne put retenir un petit gémissement. Draco s'empara de ses lèvres et mit plus de vigueur dans son massage. Son autre main caressa Harry un peu partout et s'attarda particulièrement sur ses tétons qu'il tritura en les pinçant et en les faisant rouler sous ses doigts. Sa bouche délaissa celle de Harry et revint titiller son cou et plus précisément ses zones les plus sensibles. Face à toutes ces attentions, Harry ne sut où donner de la tête, le plaisir l'assaillant de toute part, et il sentit son sexe se faire de plus en plus dur dans son caleçon. Il reprit la main de Draco et le força à arrêter ce qu'il faisait. Le visage de son petit-ami réapparut dans son champ de vision et il lut dans les yeux métalliques de l'interrogation.

- Si tu continues comme ça, je vais jouir, avoua Harry.

- Oh… Montre-moi ce que tu veux que je fasse, dans ce cas, proposa gentiment Draco.

Harry ne se fit pas prier et dirigea la main de Draco vers le haut de son caleçon. Sans hésiter, il la fit glisser à l'intérieur. Il la guida jusqu'à son sexe et frémit lorsque les doigts de Draco le touchèrent. Il ne bougea plus, se concentrant sur la sensation des doigts de son petit-ami sur son membre érigé. Cela n'eut rien à voir avec la fois précédente. Là, il trouva cela très agréable. L'idée d'avoir la main de Draco à cet endroit-là le fit rougir mais l'excita également. Il ôta sa propre main et laissa Draco prendre les rênes. Draco comprit le message et commença à faire aller et venir ses doigts autour du sexe de Harry. Celui-ci gémit longuement, ce qui encouragea Draco à continuer. Il accueillit avec joie les lèvres de son petit-ami qui vinrent se poser sur les siennes. Elles étouffèrent les nombreux gémissements qu'il poussa alors que la main s'activait de plus en plus vite sur son membre tendu à l'extrême. Il était incapable de contenir les manifestations de son plaisir tellement il était fort. Cela faisait beaucoup trop longtemps qu'il n'avait pas éprouvé un tel plaisir. Il s'abandonnait entièrement à Draco qui le masturbait avec énergie en passant de temps à autre son pouce sur son gland. Harry sentait la jouissance approcher à grands pas mais il faisait de son mieux pour la retarder afin de faire durer au maximum le plaisir que lui apportait Draco. À un moment, son Serpentard adoré rompit le baiser qu'ils partageaient et, sans cesser ses mouvements, lui demanda, la voix hachée :

- Est-ce que… je peux… me soulager… en même temps ?

- Oui, bien sûr, haleta Harry.

En d'autres circonstances, il aurait été gêné de savoir que Draco allait se masturber en sa présence, mais là, il était bien trop perdu dans le plaisir pour s'en préoccuper. Il était même conquis par cette idée. Il préférait jouir avec Draco plutôt que tout seul. Et lorsqu'il entendit les gémissements de son blond chéri se mêler aux siens, il ne regretta pas du tout d'avoir accepté. Draco redoubla d'ardeur dans ses mouvements et au vu des bruits qui sortaient de ses lèvres, Harry devina qu'il adoptait la même cadence sur son propre sexe. Draco reprit possession de ses lèvres, et ce fut dans la bouche l'un de l'autre qu'ils crièrent en jouissant quelques minutes plus tard. Draco retomba doucement sur Harry sans pour autant l'écraser de son poids. Ils retrouvèrent petit à petit une respiration normale, l'un bercé par celle de l'autre. Alors que Harry profitait du calme et du silence, Draco fit courir ses doigts le long de sa jambe. Harry frissonna, appréciant beaucoup ce contact. Il le laissa faire jusqu'à ce que les doigts viennent s'aventurer vers son entrejambe.

- Draco, je te vois venir, avec tes gros sabots…

- Ça te gêne ? Si tu veux, je peux arrêter, il suffit de me le dire…

Draco prononça ces mots tout près de l'oreille de Harry qui frémit de nouveau de tout son être. S'il devait être honnête, il ne voulait pas du tout que Draco arrête, bien au contraire. Ils venaient de jouir mais il avait encore envie. Il n'était pas rassasié. Tout comme Draco, visiblement. Il fut alors franc :

- Non, continue…

- À tes ordres…

Draco poursuivit ses caresses et égara régulièrement ses doigts vers le caleçon de Harry. Sa bouche ne fut pas en reste et mordilla le lobe de Harry avant de l'embrasser derrière l'oreille, lui arrachant un long gémissement de plaisir. Cet endroit était très sensible chez lui et Draco le savait très bien. Ne voulant pas demeurer passif, Harry se mit à faire voyager ses mains sur le torse de Draco, puis dans son dos. Il les descendit ensuite vers ses fesses, se contenta de passer dessus, sans s'y attarder, et dévia ses doigts vers l'arrière des cuisses pâles. Ce simple toucher fit sursauter Draco qui donna un coup de rein involontaire, faisant se frotter leurs sexes déjà quelque peu éveillés. Ils poussèrent un même cri et s'immobilisèrent, n'ayant pas prévu d'entamer les choses sérieuses maintenant.

- Désolé, s'excusa Harry. Je ne pensais pas que ça allait te faire cet effet-là…

- Ne t'excuse pas, voyons, ça m'a beaucoup plu…

- Oh, dans ce cas, je vais en profiter…

Harry joignit le geste à la parole et commença à faire de légers cercles aériens sur la zone sensible des cuisses de Draco, qui gémit et frissonna tout en continuant ses caresses sur les cuisses de Harry qui gémit tout autant. Les lèvres de Draco étaient tantôt sur celles de Harry, tantôt dans son cou, et lorsqu'ils s'embrassaient, leurs baisers se faisaient intenses et passionnés, preuve de l'excitation qui montait en eux. Ils se retrouvèrent bien vite avec une bosse dans leurs sous-vêtements et une envie urgente de se soulager. Draco finit par se détacher de Harry, récoltant une plainte de frustration de sa part.

- Draco, tu ne vas pas te remettre à me frustrer…

- Non, je veux juste te proposer quelque chose.

- Je t'écoute.

- Serais-tu d'accord pour que nous enlevions nos caleçons ?

Harry rougit face à cette suggestion. Il avait été plus d'une fois en tenue d'Adam avec Adrian, il s'y était habitué, cela ne l'avait plus gêné, mais il y avait toujours cet embarras et cette appréhension de se montrer nu pour la première fois avec son petit-ami, même s'il y en avait eu d'autres avant. Ce n'était pas rien de laisser quelqu'un voir cette partie de son corps… Et puis c'était Draco, quoi… Ils s'étaient longtemps haï, ils s'étaient viscéralement détestés, ils avaient été ennemis, et à présent, ils étaient là, ensemble et amoureux, à deux doigts de se découvrir mutuellement dans leur plus simple appareil… Jamais il n'aurait cru ça. C'était une étape importante, et il avait envie de la franchir. En fait, il était plus angoissé à l'idée de voir l'érection de Draco que lui voie la sienne. Il savait qu'un jour ou l'autre, ils s'uniraient, et ne désirant pas être au-dessus, il craignait que Draco soit tout aussi imposant qu'Adrian. Mais il était un Gryffondor, alors il allait dépasser cette peur.

- Oui, répondit-il. Mais est-ce que tu peux attendre que le mien soit retiré ?

- Bien sûr, il suffit de demander, dit tendrement Draco. Tu le fais ou je le fais ?

- J'aimerais bien que tu le fasses mais ça signifierait que tu devras le faire pour nous deux car je ne me sens pas prêt à…

- Il n'y a pas de souci, le coupa doucement Draco. On fait tout à ton rythme. Détends-toi et laisse-moi m'occuper de tout.

Harry acquiesça et se relaxa. Draco saisit les bords de son caleçon et le fit glisser lentement le long de ses jambes. Harry vit le regard de Draco se poser sur son érection et fut certain d'être aussi rouge qu'une tomate. Merlin, est-ce qu'il était obligé de fixer son membre comme ça ?! Il protestait mais il savait très bien qu'une fois la gêne passée lorsque Draco serait nu, il en ferait autant. Il ne pouvait donc pas le blâmer. Désirant reprendre un peu le contrôle de la situation, il lança :

- La vue te plaît ?

- Oui, beaucoup, affirma Draco, à la fois sincère et moqueur. Je suis ravi de voir l'effet que j'ai sur toi.

- Je suis sûr que j'ai le même sur toi, assura Harry.

- Il faudrait peut-être que tu vérifies, alors, dit innocemment Draco.

Harry rougit pour la troisième fois en dix minutes. Mais il ne se laissa pas démonter et répliqua :

- Je croyais que c'était à toi de le faire ?

Draco haussa un sourcil avant d'afficher un air amusé.

- C'est vrai. Et je vais le faire tout de suite.

Draco mit ses doigts sur l'élastique de son caleçon et commença à le baisser. Harry sentit son coeur battre un peu plus vite, mais pas de la même manière qu'une heure plus tôt. Ce n'était pas pareil. Ce n'était pas de l'angoisse. Il y avait de l'appréhension et de la peur, oui, mais aussi de la hâte et de la curiosité. Il fut tenté de tourner la tête quand le sous-vêtement s'apprêta à dévoiler ce qu'il cachait mais il se força à garder les yeux rivés dessus. Draco retira entièrement son caleçon et Harry ne put retenir sa surprise en voyant le sexe tendu de son petit-ami. Même s'il était plus pâle, il ressemblait beaucoup au sien. Il était dans les mêmes dimensions, ce qui rassura énormément Harry. Lui n'avait aucun complexe, se considérant ni trop court, ni trop long, ni trop fin, ni trop large. Il était standard, quoi. Draco était peut-être un tout petit peu plus long mais si c'était le cas, c'était très insignifiant.

- Tu sembles étonné, remarqua Draco. Tu t'attendais à quoi ?

- À rien de spécial, mais j'avais peur de me retrouver face à un gros truc qui m'aurait effrayé.

- Oh… Tu dois bien être l'un des seuls à se contenter d'une taille normale chez son partenaire.

- Il y a des sorts qui existent pour ceux qui ne sont pas contents, rétorqua Harry. De toute façon, peu importe tes mensurations, ça m'aurait plu.

- Oh, c'est trop mignon, ça…

Draco vint se rallonger sur Harry, faisant se rencontrer leurs sexes, ce qui leur fit pousser un même gémissement de plaisir. Il ne leur en fallut pas plus pour se mettre à onduler l'un contre l'autre tout en s'embrassant, étouffant leurs gémissements entre leurs lèvres. Harry était au comble du bonheur. C'était mille fois mieux que la première fois où ils avaient fait ça à travers leurs caleçons. Là, c'était beaucoup plus fort. Ils étaient à même la peau et ils partageaient tout. Mais ce qui rendait Harry si heureux, c'était qu'il franchissait une nouvelle étape dans sa relation avec celui qui faisait battre son coeur et pour qui il donnerait tout. Il l'aimait tellement… Il sentit les larmes lui monter aux yeux en réalisant à quel point il aimait Draco. Ils n'avaient pas ce moment intime juste pour se soulager. Ils l'avaient aussi et surtout pour se montrer tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Et pour ça, ils s'abandonnaient complètement, se prouvant ainsi leur confiance et leur amour mutuels. Même s'il n'y avait pas que du désir dans leur relation intime, il était quand-même là et il brûlait dans les reins de Harry. Il accompagna alors du mieux qu'il put les mouvements de Draco qui devait être dans le même état que lui puisqu'il se frotta avec plus d'ardeur contre Harry. Mais ce n'était pas suffisant et Harry voulut accentuer les frictions en appuyant ses mains sur les fesses de Draco. Ils gémirent tous deux plus fort et accélèrent encore le rythme. Les cris remplacèrent les gémissements tandis que les respirations se faisaient haletantes et irrégulières. Draco sépara leurs lèvres et posa son front contre celui de Harry. Leurs regards emplis de désir s'accrochèrent, dans lesquels ils purent également lire tout l'amour qu'ils se portaient.

- Je t'aime, murmura Draco.

- Je t'aime aussi, chuchota Harry.

Draco sourit et unit de nouveau leurs lèvres. Leurs mouvements, qu'ils avaient ralentis, reprirent et avec encore plus de force qu'avant. Leurs cris s'entendirent malgré le baiser mais ils n'en avaient cure. Ils bougèrent de plus en plus vite, se répétèrent une litanie de «je t'aime» entre deux baisers et ce fut de longues minutes plus tard qu'ils jouirent ensemble en criant à l'unisson leur plaisir. Draco s'affala sur Harry qui ne lui en tint pas rigueur, trop perdu dans les limbes de l'orgasme qu'il venait d'avoir. Ils restèrent un bon moment immobiles, récupérant doucement leurs esprits ainsi que leurs souffles. Alors que Harry retrouvait tout juste le monde réel, Draco se détacha de lui et les nettoya d'un coup de baguette. Harry ferma les yeux de bien-être, appréciant le vent de fraîcheur qui passa sur ses cuisses et son entrejambe. Draco le prit ensuite dans ses bras et Harry s'y lova en exhalant un soupir de bonheur.

- Il va bientôt être l'heure d'aller manger, regretta Draco.

- On peut attendre un peu, le service est ouvert jusqu'à vingt heures, dit mollement Harry. Et puis je suis trop fatigué pour bouger maintenant. Et je n'ai pas envie de quitter tes bras.

- Et moi j'aime trop te sentir contre moi, avoua Draco. On est trop bien, là.

- Alors restons jusqu'à dix-neuf heures. Ça nous laisse encore une heure et demie rien qu'à nous.

- D'accord, on fait comme ça.

Satisfait, Harry se blottit davantage contre Draco, voulant profiter au maximum de son corps chaud et nu contre le sien. Il se sentait tellement bien… À tel point que ses paupières s'alourdirent petit à petit sans qu'il ne cherche à les en empêcher. Heureux comme il l'avait rarement été, il s'endormit, bercé par la respiration paisible de Draco et par la sensation de sécurité que lui procuraient ses bras amoureusement serrés autour de sa taille…

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(dimanche 12/05) POV Théo

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- Vous avez prévu quoi pour cet après-midi ?

Blaise posa cette question alors que Théo s'apprêtait à s'en aller. Draco aussi était dans le dortoir et devait sûrement être en train de lire un livre.

- Je vais rester là, dit-il. Il faut que je révise pour le devoir sur table de sortilèges.

- Ah ouais, je devrais en faire autant…

- Ouh là, t'as l'air déprimé, toi. Tu t'es disputé avec ta belle et tendre ?

- Non, même pas. Ce serait un peu compliqué puisqu'on ne se voit très peu, en ce moment. Elle est très occupée, elle n'a pas une seconde à elle. Normalement, le dimanche, on passe une partie de la journée ensemble mais là, elle a trop de choses à faire.

- Du genre ?

- Du genre une séance de travail avec Harper, un footing autour du lac, un truc personnel à régler…

- Attends, t'as dit quoi, là ? Un footing ? répéta Draco, incrédule.

- Oui, c'est sa nouvelle lubie… J'étais très perplexe quand elle m'a dit ça, pour moi elle n'en a pas du tout besoin mais elle y tient… Selon elle, ça va l'aider à être dans les meilleures conditions qui soient pour le match contre Serdaigle. Elle dit que ça ne sert à rien qu'elle fasse attention à sa ligne si elle ne travaille pas son corps.

- Elle se muscle déjà avec les entraînements, protesta Draco. Et elle est très bien comme ça.

- Je suis tout à fait d'accord, mais ce n'est pas son avis. Je n'ai pas réussi à lui faire entendre raison.

- Tu m'étonnes, têtue comme elle est… T'en penses quoi, toi, Théo ?

- Eh bien, je pense que le sport peut être un moyen pour elle de se détendre. Tu disais qu'elle était très occupée, elle doit donc être sous tension et se dépenser lui permet de l'évacuer, cette tension. Il n'y a pas que le côté physique dans le sport. Il y a aussi le côté mental. Bien sûr, il ne faut pas que ça devienne une obsession qui puisse la mettre en danger… Si elle se met à faire du sport à chaque fois qu'elle a du temps libre et qu'elle va jusqu'à sacrifier ses études, son couple et ses amis, là, il faudra intervenir.

- On n'en est pas là, affirma Blaise. Mais je vais la surveiller.

- Ne la flique pas trop non plus, conseilla Draco. Laisse-lui de l'air.

- Évidemment, je vais juste garder un œil sur elle. Bon, je vais aller me promener dans les couloirs.

- Et les révisions ?

- Je m'y mettrai en rentrant. À tout à l'heure.

Draco ne chercha pas à retenir Blaise, ce qui soulagea Théo. Blaise n'était pas d'humeur à se faire dire qu'il ferait mieux de travailler plutôt que se balader dans le château. Et Théo savait que Blaise relirait suffisamment ses cours pour le devoir sur table de sortilèges. Il était un élève sérieux qui ne négligeait jamais ses études, étant bien conscient qu'il devait avoir le meilleur dossier pour intégrer une formation de médicomage. À peine fut-il parti que Draco vint rejoindre Théo.

- Tu t'en vas, toi aussi ?

- Oui, je passe l'après-midi avec Justin. Enfin, une partie seulement, car Justin veut lui aussi réviser pour le devoir. Il va retourner à son dortoir vers dix-sept heures, du coup.

- Vous comptez utiliser la salle sur demande ?

- On n'a pas encore décidé mais s'il me le propose, je dirai oui.

- Tu vas lui parler de tout ce que tu m'as dit ?

- Oui, promit Théo. Mais je pense qu'on va d'abord aller dans sa salle commune.

- Pourquoi vous allez toujours dans la sienne et jamais dans la nôtre ?

- Parce que ça ne nous vient pas à l'esprit pour l'instant. Et j'aime beaucoup l'antre des Poufsouffle, donc ça ne me dérange absolument pas d'y aller. Et j'y suis sûrement plus à l'aise que Justin ne le serait dans notre salle commune. Ce n'est pas du tout la même ambiance.

- Je vois. Si ça vous convient comme ça, alors c'est le principal. Mais dis-lui qu'il est le bienvenu chez nous.

- Il le sait déjà, à mon avis. Bon, j'y vais. Mais ça me gêne de te laisser tout seul…

- Ne t'en fais pas pour moi, mes cours sont là pour me tenir compagnie. Profite plutôt de ton après-midi avec ton chéri.

Théo acquiesça, souhaita de bonnes révisions à Draco et quitta le dortoir, puis la salle commune. Il se rendit près des escaliers, là où Justin et lui devaient se retrouver. Son petit-ami arriva peu après lui et sourit en le voyant.

- Toujours en avance, fit-il remarquer.

- Je ne sais pas faire autrement, plaisanta Théo.

Ils s'embrassèrent tendrement et demandèrent en même temps :

- On va où ?

Ils rirent et Justin suggéra :

- Ma salle commune, ça te va ?

- Oui, c'est parfait.

Ils entrelacèrent leurs doigts et prirent le chemin de la salle commune de Poufsouffle. Ils furent vite arrivés et Théo ne fut pas surpris de constater qu'elle était pleine de monde. C'était dimanche et il ne faisait pas très beau dehors. Le fauteuil dans lequel ils avaient l'habitude de s'installer étant pris, ils en choisirent un autre, près d'un petit groupe de jeunes élèves qui jouaient à un jeu sorcier. À côté d'eux, Alex lisait un livre, sans paraître ennuyé par l'agitation de ses camarades. En face de lui, une fille qui devait être de sa classe était plongée dans ses parchemins, semblant ignorer elle aussi le bruit autour d'elle. Ils faisaient bien la paire, songea Théo. Sauf qu'ils avaient l'air autant réservés et solitaires l'un que l'autre. Cela fit naître une question dans l'esprit de Théo.

- Est-ce que tu vois souvent Alex avec les élèves qui étaient venus lui parler spontanément ?

- Oui, et je surprends parfois leurs conversations, puisqu'on choisit tout le temps le même coin de la salle. J'ai appris, par exemple, que ces élèves font partie du club de bavboules. Ils sont fans. Ils ont essayé de convaincre Alex de les accompagner et de s'y initier mais il n'est pas très emballé. Ils y sont actuellement, je pense, puisque le club est ouvert le dimanche de huit heures à midi et de treize heures à dix-neuf heures.

- Ce serait logique, oui. Et ça expliquerait pourquoi Alex n'est pas avec eux. Je comprends qu'il ne veuille pas s'essayer aux bavboules, mais je suis sûr que ça lui plairait beaucoup. C'est un jeu assez calme. Ça n'a rien à voir avec les échecs ou la bataille explosive.

- Tu t'y connais ? s'étonna Justin.

- Un peu, oui, j'y jouais quand j'étais petit. Tout seul, évidemment. Normalement, ça se joue à deux, mais comme je n'avais personne, eh bien je me battais contre moi-même en changeant de couleur à chaque tir. Ça n'a jamais été aussi populaire que les échecs ou la bataille explosive, c'était souvent traité de ringard mais il y a un réel engouement qui est en train de renaître autour de ce jeu. Il y a de plus en plus d'élèves qui s'inscrivent au club, surtout de jeunes élèves.

- Il faudrait que j'y aille, un de ces jours, songea Justin. Tu viendrais avec moi ?

- Oui, si tu veux, approuva Théo. On pourrait faire ça un week-end, ce sera plus facile de trouver un moment pour y aller car en semaine, c'est ouvert à des heures assez irrégulières.

Justin s'apprêta à répondre mais une jeune fille passa au même moment devant Théo et lui à toute vitesse, les faisant tous deux sursauter. La mine défaite, elle s'assit lourdement entre Alex et un des élèves qui jouaient au jeu sorcier.

- Il n'y a plus de doutes, je suis complètement détraquée, déplora-t-elle. J'ai encore été séduite par un garçon de sixième année qui n'a pourtant rien fait pour attirer mon attention… Il est trop vieux pour moi, je devrais plutôt viser dans les garçons de mon âge, mais comme je suis la plus vieille de ma classe… Il est vraiment nul, ce système. Je suis encore en deuxième année alors que je vais sur mes quatorze ans, tout ça parce que je suis née quelques semaines après la rentrée ! Enfin bon, peu importe la classe où on me mettrait, je serais intéressée par des garçons beaucoup plus vieux… J'en ai discuté avec des filles de quatrième année et elles m'ont dit que je faisais un transfert ou un truc dans le genre car je n'ai pas de figure paternelle à la maison…

- Tout de suite, marmonna Alex.

Il n'avait pas parlé fort, sûrement pensait-il que personne ne l'entendrait, mais tout le monde tourna pourtant la tête vers lui. Justin et Théo s'observèrent, stupéfaits. Cela ne ressemblait pas à Alex de donner son opinion dans une conversation à laquelle il n'était pas forcément mêlé… Il dut se rendre compte que son intervention n'était pas passée inaperçue car il leva le nez de son livre. Il parut alors gêné.

- Ne vous préoccupez pas de moi, je ne faisais que réagir de mon côté… Désolé, je ne le ferai plus, tout ça ne me concerne pas…

- Non, au contraire, si tu as un avis, je veux bien l'écouter. Même si tu as l'air bien jeune pour avoir un avis sur la question… Mais comme les filles de mon âge semblent ne rien comprendre, je me dis qu'un avis plus innocent serait peut-être davantage constructif…

- Non mais c'est juste que ma mère est psychomage, et elle râle souvent contre les préjugés liés à la psychologie, et celui-là en fait partie. Elle dit que ce n'est pas parce qu'une fille est attirée par des garçons plus vieux qu'elle qu'il y a obligatoirement une histoire de père absent. Ça peut arriver, oui, mais ce n'est pas toujours le cas. La preuve, il y a des filles qui sortent avec des garçons plus vieux et qui s'entendent pourtant hyper bien avec leur père. C'est ce que ma mère m'a dit, en tout cas. Et je pense qu'elle s'y connaît. Elle est spécialisée auprès des enfants et des adolescents, elle en a donc vu passer, dans son cabinet. Mais je ne dis pas pour autant que les filles à qui tu as parlé ont tort, je ne fais que répéter les paroles de ma mère, alors faites comme si je n'avais rien dit…

Et Alex se replongea dans son livre. Le groupe de jeunes élèves ainsi que la fille se regardèrent, l'air interloqués. Ils finirent par hausser les épaules et vaquer de nouveau à leurs occupations. Au bout de quelques minutes, ce fut comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu, mais c'était loin d'être le cas pour Théo. Ses méninges fonctionnaient à plein régime. Il venait d'apprendre quelque chose qui était susceptible de beaucoup intéresser le professeur Snape… Mais il ne pouvait pas aller lui en parler comme ça, sans en savoir davantage…

- Théo ? Ça va ?

Théo sursauta et se tourna vers Justin. Il lui sourit.

- Oui, je réfléchissais juste à ce qu'avait dit Alex.

- Qu'a-t-il dit de spécial ?

- Il a évoqué sa mère, qui est psychomage.

Justin fronça légèrement les sourcils avant qu'un éclair de compréhension ne traverse son regard.

- Ooooh… Tu voudrais en faire part au professeur Snape ?

- Exactement.

- Mais… il a Alex comme patient, tu ne crois pas qu'il doit être au courant ? Alex a dû le lui dire…

- Pas forcément, objecta Théo. Tu le connais mieux que moi. Il est hyper timide, il ne doit pas trop aimer parler de lui.

- Mais le professeur Snape a dû informer la mère d'Alex que son fils suit des séances de thérapie…

- Oui, mais quand elle lui a répondu, elle n'était pas obligée de lui révéler son métier… Et je crois que c'est mieux ainsi, car en ayant face à lui un fils de psychomage, le professeur Snape pourrait, de façon involontaire, adapter son langage, sa manière de parler, son comportement… Or, il doit traiter Alex comme n'importe quel patient. Bon, là, s'il vient à avoir sa mère comme collègue, il saura du coup qu'Alex a une mère psychomage… Mais il a déjà eu plusieurs séances avec lui, il a moins de risques d'adapter son attitude que s'il l'avait su dès la première séance.

- Je vois. Tu as un super esprit de réflexion, c'est dingue. J'imagine que tu vas aborder le sujet avec le professeur Snape lors de ta prochaine séance ?

- J'aimerais bien, mais je n'ai pas assez d'informations, regretta Théo. Et puis, ça me gêne de faire ça dans le dos d'Alex…

- Qu'est-ce qui t'empêche de lui en parler en amont ? rétorqua Justin. Il est là, juste à côté de nous, on va l'appeler…

- Non, Justin, siffla Théo. Ne fais…

Son petit-ami ne l'écouta pas et héla le jeune Poufsouffle :

- Alex !

Le première année tourna la tête vers Justin et Théo. Celui-ci gémit en enfouissant son visage dans ses mains. Il n'avait jamais été question qu'il aille au bout de son idée ! Il voulait toucher deux mots à son directeur de maison de la mère d'Alex, mais il n'avait jamais dit qu'il le ferait ! Il n'était pas du genre à se mêler de quoi que ce soit ! Ce n'était pas à lui de conseiller le professeur Snape sur le choix de sa future collègue ! Pour qui se prendrait-il ?! Il se maudit d'avoir fait part de ses pensées à Justin. Il aurait dû les garder pour lui. Maintenant il était trop tard, Alex s'était levé et les rejoignait.

- Merci d'être venu, Alex, salua joyeusement Justin. Nous sommes désolés de t'avoir dérangé mais Théo souhaiterait te parler…

- Justin, arrête, tu me mets dans l'embarras, protesta Théo à voix basse.

- Mais pas du tout, je te facilite la tâche, au contraire !

Théo retint un soupir et se résigna à improviser. À présent qu'Alex était là… Ce dernier l'observait, l'air à la fois curieux, timide et intrigué. Théo ne put s'empêcher de lui sourire. En dépit de ce qu'il avait subi de la part de Milligan et Parker, il dégageait tellement d'innocence… Cela donna encore moins envie à Théo de l'embêter avec des affaires d'adultes qui ne concernaient que le professeur Snape et, peut-être, sa mère. Mais il se lança tout de même :

- Je t'ai entendu discuter avec la fille qui a le béguin pour un élève de sixième année. Ce n'était pas voulu, c'est juste qu'il n'y a pas de sort d'insonorisation, ici…

- À quoi ça servirait ? s'étonna Alex.

Cette question surprit Théo autant qu'elle le dépassa. Il jeta un coup d'oeil à Justin qui se contenta d'une moue signifiant «Les Poufsouffle, tu sais…». Théo savait déjà que dans cette salle commune, personne n'usait de bulles de silence pour protéger leurs conversations, mais là, en comprenant que les jeunes élèves n'en connaissaient même pas l'existence, il réalisa pleinement à quel point l'esprit de communauté était bien réel dans cette maison. Il se sentit un peu moins gêné d'avoir écouté ce que disaient Alex et la fille de deuxième année. Il devait quand-même répondre à la question que lui avait posé Alex et il le fit donc :

- Ça sert à empêcher les autres d'entendre ce qui se passe dans un certain périmètre donné. Ça peut être très utile quand tu veux de l'intimité ou quand tu discutes de choses qui doivent rester secrètes. Pour l'instant, tu n'as pas cette notion d'intimité car tu peux tout partager, mais plus tard, tu auras ce besoin d'avoir un espace rien qu'à toi, même ici.

- D'accord, j'ai un peu de mal à imaginer mais je te crois. De quoi voulais-tu me parler, alors ?

- De ce que tu as dit à propos de ta mère. Elle est psychomage, c'est ça ?

- Oui, pourquoi ?

- Parce que ça pourrait bien intéresser le professeur Snape. Es-tu au courant qu'il est à la recherche de quelqu'un pour le seconder, pour se répartir les élèves dont il s'occupe ?

- Euh… peut-être, mais si je l'ai su, j'ai oublié, avoua Alex. Tu aimerais donc que ma mère travaille ici ?

- Moi non, enfin, je veux dire, ce n'est pas moi qui décide, mais je peux parler d'elle au professeur Snape. Mais avant ça, il faudrait que j'en sache un peu plus, histoire de ne pas le déranger avec ça s'il s'avère que ta mère n'a pas le profil adéquat… Par exemple, est-elle indépendante ou travaille-t-elle dans un endroit comme Sainte-Mangouste ?

- Elle a son propre cabinet mais elle a longtemps exercé à Sainte-Mangouste.

Théo échangea un regard avec Justin qui grimaça. Nul doute qu'ils pensaient exactement la même chose. Si la mère d'Alex avait quitté son ancien poste afin d'ouvrir son propre cabinet, elle n'allait sûrement pas vouloir venir exercer dans une école où elle retrouverait les mêmes contraintes qu'à Sainte-Mangouste, même si les conditions de travail à Poudlard seraient bien meilleures… Sauf si Mrs Powell avait démissionné pour une autre raison… Théo n'osa pas demander, mais Justin, qui devait avoir la même interrogation, le fit à sa place :

- Sais-tu pourquoi elle a changé de poste ?

- Son travail à Sainte-Mangouste l'épuisait. Et puis ça devenait trop difficile pour elle de tout gérer, car elle commençait le matin à huit heures et elle terminait le soir à dix-neuf heures, et ça, toute la semaine, et quand elle rentrait le soir, elle devait aller nous récupérer, mon frère, ma sœur et moi, chez nos grands-parents. Notre père ne pouvait pas le faire vu qu'il finissait encore plus tard qu'elle. Le samedi, elle était obligée de se reposer la journée tellement elle était fatiguée. Comme notre père travaillait, je m'occupais de mon petit frère et de ma petite sœur. Du moins, quand j'ai été en âge de le faire, et jusqu'à ce que j'entre à Poudlard. Ma mère était triste de quitter Sainte-Mangouste mais elle disait que ce n'était plus possible, qu'elle allait devenir folle et que c'était elle qui allait devoir consulter un psychomage si ça continuait comme ça… Elle ne mangeait presque jamais le midi et elle enchaînait les patients sans avoir la moindre minute de répit. Enfin bref, elle a pris la décision de partir et ça va beaucoup mieux depuis.

Alex acheva sa tirade sur ces mots. Théo resta un moment silencieux, tout comme Justin. Étant issu d'une famille de Sang-Pur, il vivait dans le monde sorcier depuis sa naissance et avait donc toujours connu Sainte-Mangouste avec l'image qu'il avait actuellement, à savoir un hôpital sous tension où le personnel n'était pas heureux. Ce qui n'était guère étonnant. Tous les services étaient débordés à cause du fait que Sainte-Mangouste était le seul hôpital sorcier de Grande-Bretagne. Médicomages, psychomages, gynécomages, pédiatrimages et toutes sortes d'autres spécialistes réclamaient depuis longtemps l'ouverture d'un autre hôpital afin de soulager les professionnels de Sainte-Mangouste. Mais le Ministère s'y opposait, arguant que cela coûterait beaucoup trop cher. Il refusait également d'accorder le droit aux médicomages d'ouvrir leurs propres cabinets, craignant qu'ils désertent tous Sainte-Mangouste comme l'avaient fait les psychomages qui, eux, avaient eu ce droit. Le Ministère ne souhaitait pas répéter la même erreur. Théo n'était donc pas surpris par les explications d'Alex. Il était en revanche admiratif de la force de caractère qu'avait sa mère. Mener de front un métier qui prenait beaucoup de temps et une vie de famille avec trois enfants, c'était quelque chose qui n'était pas donné à tout le monde. Il sortit de sa rêverie sur cette pensée et sourit à Alex.

- Merci d'avoir répondu à nos questions. C'est super gentil de ta part.

- Vous allez parler de ma mère au professeur Snape ?

- On ne sait pas trop, dit franchement Théo. Si elle a préféré devenir psychomage libérale, elle ne va certainement pas accepter de renoncer à sa liberté en revenant travailler dans une institution… C'est peut-être un peu trop compliqué, ce que je viens de dire, mais en gros, si elle exerce à Poudlard, elle va avoir les mêmes contraintes qu'à Sainte-Mangouste, même si ce sera beaucoup plus souple. Mais elle ne pourra plus organiser ses journées comme elle l'entend, elle dépendra d'un emploi du temps qui lui sera imposé. Mais rien ne coûte d'en parler quand-même au professeur Snape qui estimera si cela vaut le coup de contacter ta mère.

- D'accord, tu me tiendras au courant ?

- Oui, promis, jura Théo. Je passerai peut-être par Justin qui aura plus de chances de te voir.

- Merci, j'espère que le professeur Snape trouvera quelqu'un, même si ce n'est pas ma mère. Je n'ai pas envie qu'il risque de devenir fou, lui aussi… Bon, j'y vais, à plus tard.

Alex adressa un petit sourire à Justin et Théo et retourna s'asseoir à sa place. Justin se tourna vers Théo.

- Bon, qu'est-ce que tu vas faire, du coup ?

- Ce que j'ai dit à Alex. Je vais parler de sa mère au professeur Snape, je ne vais rien lui cacher et il décidera si ça vaut la peine ou non de lui écrire.

- Il perdra son temps, à mon avis. Elle n'acceptera pas de venir exercer ici. Elle ne s'est pas mise en libérale pour redevenir employée… Il y en a qui font les deux mais ça ne doit pas être son cas…

- Elle a quitté son emploi car les conditions de travail étaient beaucoup trop dures à supporter, mais Poudlard n'est pas Sainte-Mangouste. C'est une école, pas un hôpital, et il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup moins de patients qu'à Sainte-Mangouste. Le professeur Snape pourra jouer sur ces deux arguments. Et si jamais il y a besoin d'un troisième psychomage, je pense que ce sera plus facile à trouver qu'actuellement. Si Mrs Powell est satisfaite de son expérience à Poudlard et qu'elle n'en dit que du bien, ça va inciter d'autres psychomages à venir poser leur candidature.

- Ce n'est pas faux. Bon, on verra bien ce que le professeur Snape en dira. Est-ce que tu veux bien qu'on bouge un peu ? Qu'on aille se promener ou qu'on aille dans notre ancien repère secret ?

- Alors, je suis d'accord pour qu'on bouge, mais on pourrait plutôt aller dans la salle sur demande, suggéra timidement Théo.

Justin haussa les sourcils.

- Je croyais que tu t'en étais lassé ?

- Oui, j'ai dit ça… Je vais t'expliquer, mais pas ici.

- D'accord, on y va.

Justin et Théo se levèrent et sortirent de la salle commune. Ils se dirigèrent vers les escaliers et les montèrent jusqu'au septième étage. Ils se rendirent à la salle sur demande que Théo fit apparaître et ils s'y installèrent.

- Vas-y, dis-moi tout. Pourquoi veux-tu de nouveau venir ici alors que tu croyais être lassé ?

- Parce que je n'étais pas vraiment lassé, en réalité, avoua Théo.

- Tu m'as menti ? s'étonna Justin.

- C'est surtout que je n'osais pas te dire la vérité…

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas, un stupide réflexe…

- Mais c'est quoi, cette vérité que tu me cachais ?

- J'avais peur que… non mais c'est vraiment idiot…

- Je ne te jugerai pas, promit doucement Justin. Tu peux tout me dire.

Théo se mordit les lèvres.

- Après notre premier moment intime ici, j'ai eu peur qu'à chaque fois qu'on allait revenir, on allait devoir avoir d'autres relations intimes… Et je craignais de ne pas en avoir envie alors que toi oui… Je ne voulais pas te frustrer…

- Oh, Théo… Je suis désolé si je t'ai donné l'impression de n'être intéressé que par ça…

- Non, non, tu n'y es pour rien, c'est moi qui me suis fait des idées… Pour moi, maintenant qu'on avait eu notre première relation, on allait être obligés d'en avoir à chaque fois qu'on se verrait ici… Et je savais que je n'aurais pas systématiquement ce désir…

- Je te rassure, moi non plus, affirma Justin. Je comprends que tu aies eu ces peurs, mais tu n'as pas à t'en faire, ce n'est pas parce qu'on vient là qu'on aura forcément une relation sexuelle. Il n'y a pas que ça, dans notre couple. Avant, on s'en passait très bien. À présent, certes, c'est différent car on y a goûté, mais ça ne veut pas dire qu'on doit en avoir continuellement envie ensuite…

Théo acquiesça, soulagé.

- Je m'étais confié à Draco qui m'avait déjà apaisé, mais il fallait que j'en parle avec toi aussi…

- C'est préférable, oui, se moqua gentiment Justin. Je suis quand-même concerné… Mais du coup, je ne vais plus oser te faire comprendre que j'aimerais plus que des bisous et des caresses avec toi…

- Ah mais non, il ne faut pas que tu t'en empêches, protesta Théo. Je sais maintenant que tu n'auras pas toujours envie qu'on ait un moment intime ensemble… Je ne veux pas que tu te retiennes de me dire que tu en as envie.

- D'accord, mais à la condition que toi, tu me le dises si tu n'en as pas envie. Sans pour autant être accro ou obsédé, je vais sûrement en avoir plus souvent envie que toi, car je suis davantage à l'aise avec ça, donc c'est important que tu me le fasses savoir si tu n'es pas réceptif. Si je commence à te caresser et que ça ne te plaît pas, tu me le dis, tu ne dois pas me laisser faire contre ton gré.

- Message reçu. Je crois que c'était nécessaire qu'on fasse cette mise au point.

- Je crois aussi. Tous les couples devraient en faire autant. Mais il faudrait déjà qu'on ait tous accès à de la prévention… Aucun adulte ne t'a fait la discussion sur les rapports sexuels, le consentement, les précautions, tout ça tout ça ?

- Non, on m'a juste rapidement expliqué l'appareil génital masculin et féminin, comment se passait un rapport et comment les bébés étaient conçus. Mais personne n'a jamais jugé utile de m'informer sur les réactions matinales.

- Ça porte un nom, tu sais.

- Oui, mais je ne suis pas encore prêt à le prononcer.

- Ok, je ne te force pas, alors. Bon, sinon, comment ça va ? Pas trop fatigué à cause de ta séance de duel ?

- Non, pas du tout, même si ça a été très intense. C'est toujours comme ça, avec le professeur Black, mais plus ça va, plus ça devient dur. Mais c'est ce qu'il me faut, et ça me fait du bien. Ça calme ma magie. Je me demande comment j'ai pu m'imaginer passer tout l'été sans avoir la moindre séance…J'aurais explosé, c'est sûr. Mes deux professeurs de duel ainsi que le professeur Snape soutiennent que non mais ils admettent que ma magie aurait été plus instable et que j'aurais été moi-même plus agité.

- C'est vraiment une bonne chose que tu puisses poursuivre ces séances pendant les vacances. Mais ce serait encore mieux si on pouvait se voir…

- Il faudrait qu'on trouve un moyen, grimaça Théo. Mais ça va être hyper compliqué… Tu m'avais dit que tu utiliserais l'excuse du travail en binôme pour convaincre ton père de te laisser sortir mais ça ne marchera qu'une ou deux fois, après il va se poser des questions…

- Eh bien j'inventerai une autre excuse. Personne ne m'empêchera de venir te voir. Pas même mon père.

Théo sourit, touché.

- Tu as raison, notre amour est plus fort que ça.

Il avança son visage vers celui de Justin et posa ses lèvres sur les siennes. Justin répondit aussitôt à son baiser et l'attira vers lui. Ils s'embrassèrent tendrement et discutèrent ensuite de choses un peu plus légères, blottis l'un contre l'autre. Ils passèrent tout le reste de l'après-midi ensemble, profitant de ce moment de quiétude en amoureux qui se ferait de plus en plus rare au fur et à mesure qu'ils se rapprocheraient des BUSE…

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Ça bouge, ça bouge ! Ne m'en voulez pas trop d'avoir fâché Ginny et Hermione, elles sont meilleures amies mais elles ont un caractère tellement différent que ça peut facilement exploser entre elles XD Et ça va s'arranger, comme toujours, je vous le promets *-* Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 12 juin pour le prochain chapitre intitulé «Accords et désaccords entre préfets». Passez deux bonnes semaines d'ici là, je vous embrasse et bisous tout le monde !