Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-douzième chapitre de SAMLP =)
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blan1268 : Heureuse de te compter parmi mes nouveaux lecteurs ! Je serai toujours fascinée par le courage des personnes comme toi qui se lancent dans une fic qui compte plus de 1 500 000 mots, vous avez toute mon admiration ! Merci pour ce que tu dis, j'espère que la fic continuera à te plaire =)
mimibou : Théo et Severus, intéressant ! Ah ça c'est sûr, sans eux, Harry aurait eu bien plus de mal à sortir de ses ennuis… Tu as parfaitement cerné le personnage de Théo *-* Sa peur de déranger (qu'on retrouve aussi chez Harry) lui vient de son enfance et même si ça devrait s'atténuer avec le temps, ça restera toujours un peu présent :) Alors je pense que Severus doit passer des nuits blanches de temps en temps pour faire tout ce qu'il a à faire XD En ce qui concerne le lien entre Harry et Théo, je ne peux rien dire (que ce soit oui ou non, j'aurais peur de spoiler des personnes qui ne voudraient pas être spoilées XD) mais je peux au moins dire quelque chose : James n'a jamais trompé Lily :) Bon bah tu n'auras pas eu le temps de lire le chapitre 71 avant la parution du chapitre 72 (oui, FF indique 72 chapitres mais je n'en compte que 71 car je ne considère pas la note comme un chapitre XD) et je crois qu'il y aura toujours un chapitre d'écart XD J'espère que ça va aller pour toi, bon courage, c'est la dernière ligne droite avant les vacances =)
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Merci à vous pour vos retours, je le dis à chaque fois mais c'est toujours un plaisir de vous lire ! Merci également à ceux qui follow cette fic et qui l'ajoutent dans leurs favoris, et merci à tous ceux qui continuent à suivre assidûment cette histoire ! Sur ce, je vous laisse avec ce nouveau, en espérant qu'il vous plaira =)
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Warning : présence d'une scène sexuellement explicite en début de chapitre.
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72 – Accords et désaccords entre préfets
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(lundi 13/05) POV Pansy
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- Je vais avoir un Acceptable en métamorphose si ça continue comme ça…
Pansy sortait de la salle de métamorphose avec Draco, Harry, Théo et Justin. Blaise, Terry, Ron et Hermione ne tardèrent pas à les rejoindre.
- Ce n'était que le premier cours de la semaine, relativisa Draco. Et ce sort est particulièrement dur, c'est pour ça que le professeur Lupin nous y a initiés aujourd'hui alors que le lundi, on est censés ne faire que de la théorie. Normalement, c'est le mercredi qu'on commence la pratique du sort.
- Eh bien une demie-séance de plus ne sera pas de refus, grimaça Blaise. C'est la première fois que j'ai autant de mal avec un sort.
- Ça ira mieux avec de l'entraînement, il faudra juste être plus concentré que jamais, conseilla Théo. Bon, Hermione, Terry et moi devons aller en runes.
- N'oubliez pas qu'on se voit à seize heures, rappela Ron.
- Tu crois vraiment que ça pourrait nous sortir de la tête ? C'est Terry et moi qui avons eu l'idée, et Théo n'oublie jamais rien. Mais ça fait plaisir et c'est rassurant de voir que tu as hâte qu'on se voit pour faire le planning des révisions des BUSE…
- J'espérais au contraire échapper à ça, ironisa Ron.
- Tu nous remercieras quand tu tomberas sur un sujet aux BUSE que tu auras bien travaillé, répliqua Hermione. Bon, allons-y, sinon on va être en retard.
Théo, Hermione et Terry prirent congé du groupe et s'éloignèrent.
- Bon, on va dans la salle des binômes, Harry et moi, déclara Draco.
- Et moi je vais rentrer à ma salle commune, annonça Justin. À tout à l'heure, ajouta-t-il à l'adresse de Pansy, Ron et Blaise.
Draco, Harry et Justin s'en allèrent à leur tour.
- Vous n'avez pas de séances de travail, vous ? s'enquit Blaise.
- Non, indiqua Pansy. Mais j'en ai une prévue demain avec Padma après le dîner, une mercredi de treize heures à quinze heures et une jeudi de neuf heures à onze heures.
- Je vais être pas mal occupé cette semaine aussi, ajouta Ron.
- Eh bien nous sommes trois, conclut Blaise. Je n'ai pas de séance non plus avec Kellah aujourd'hui mais je vais réviser dans mon dortoir pour le devoir qu'on a vendredi sur table de botanique. À plus tard.
Blaise s'éclipsa et Pansy et Ron se retrouvèrent seuls. Pansy se tourna vers son petit-ami.
- Je n'ai rien osé dire devant les autres mais… c'est un peu tendu entre Hermione et toi, non ?
- Disons qu'on s'est pris la tête samedi et que depuis, la tension n'est pas vraiment redescendue.
- Oh… Ce n'est pas trop grave, j'espère ?
- Non, j'ai juste pris la défense de Ginny face à Hermione, elle m'a attaqué, j'ai riposté et Harry a eu la bonne idée d'intervenir car sinon, on se serait vraiment disputés. Je ne sais pas si je dois te le dire mais tout est parti du fait que Ginny te cherchait. J'ai voulu savoir pourquoi, elle a refusé de me répondre, je me suis énervé – trop facilement, je l'admets – et Hermione en a rajouté une couche en insinuant quelque chose que je n'ai pas du tout compris. Elle suggérait que Ginny voudrait avoir des informations sur quelqu'un auprès de toi car ce quelqu'un – une fille – était ton binôme au début de l'année scolaire…
- Hannah ? s'étonna Pansy. Pourquoi est-ce que Ginny s'intéresserait à elle ?
- Aucune idée, mais ça semblait couler de source pour Hermione. Et Ginny n'a pas nié. Elle a même à moitié avoué que c'était bien pour ça qu'elle souhaitait te parler car elle a dit à Hermione qu'elle préférait changer de sujet car elles n'avaient pas la même opinion là-dessus. C'était beaucoup plus tendu entre Hermione et Ginny qu'entre Hermione et moi, en fait.
- Je vois ça… C'est bizarre, tout ça. Mais si Ginny veut me voir, j'irai l'attendre à la sortie de son cours à dix-sept heures. Elle a botanique, je crois ?
- Oui, un double cours, si mes souvenirs sont bons.
- Bon, je sortirai vers seize heures quarante de la salle sur demande. Je prétexterai ne pas me sentir très bien. Ce qui pourrait être tout à fait vrai puisque je suis dans ma période pénible du mois. Si tu veux bien, tu attesteras que j'étais un peu pâle quand on était ensemble après la métamorphose…
- S'ils ont l'air perplexes, je le leur dirai, oui. Mais ton excuse devrait passer comme une lettre par hibou… En tout cas, c'est cool que tu n'aies pas de séance de travail avec Padma.
Pansy avait en effet préféré ne pas prévoir de séance, ne sachant pas si elle serait en forme après les cours.
- Oui, mais on aurait pu en avoir une, tout compte fait, vu que je vais bien. Mais ce n'est pas grave, on va pouvoir passer deux heures ensemble et ça aussi, c'est cool. On fait quoi ? On va se balader ou on va dans la salle sur demande ?
- Je serais plutôt d'avis à aller dans la salle sur demande.
- D'accord, on y va, alors.
Pansy et Ron se prirent la main et se dirigèrent vers les escaliers. Ils n'eurent qu'un étage à monter, la salle de métamorphose se trouvant au sixième étage. Ils se rendirent devant la salle sur demande qui apparut après les trois allers-retours que fit Ron. Ils y pénétrèrent et s'installèrent sur le canapé qui apparaissait désormais à chaque fois qu'ils venaient. Pansy se blottit contre Ron qui l'entoura de ses bras.
- Ah, ce qu'on est bien…
- Oui, c'est presque dommage qu'on ne puisse pas rester seuls jusqu'au dîner, regretta Ron.
- Je croyais que tu étais content qu'on se voit tous à seize heures ?
- Oui, pour discuter, jouer, se marrer… Mais pas pour faire un planning de révisions…
- C'est très utile, ça permet de bien s'organiser, plaida Pansy. Et le but est de trouver des créneaux où on est sûrs d'être tous libres pour qu'on puisse réviser ensemble.
- Mais ça va être de la torture, on ne pourra pas parler pendant deux heures, il faudra être sérieux, ça va être barbant…
- Concentre-toi à fond sur tes cours et tu verras que ce sera hyper agréable d'être dans une ambiance studieuse avec tous tes amis.
- Mais les cours m'ennuient, Pansy, et le fait d'être en groupe n'y changera rien. Ils ne deviendront pas plus passionnants parce que je serai avec mes amis…
- Essaie quand-même. Ce serait bête que tu sois tout seul alors qu'on sera tous ensemble…
Ron soupira.
- D'accord, mais c'est uniquement pour être avec vous. C'est nous tous ou personne.
Pansy fut touchée par les mots de Ron. C'était exactement ça. Ils étaient tous unis et il était hors de question de laisser l'un d'entre eux de côté. Tout en se faisant cette réflexion, Pansy pensa à Ginny.
- Mais comment on va faire, avec Ginny ? Elle ne sera pas là pour donner ses disponibilités…
- Blaise doit les connaître par coeur, supposa Ron. Mais il faudra savoir si Ginny voudra bien faire partie du groupe de révisions. Elle n'aura pas les mêmes cours à réviser, elle ne se sentira peut-être pas à l'aise…
- C'est vrai, reconnut Pansy. Je verrai ça avec elle quand j'irai la chercher à dix-sept heures.
- Du coup, on ne pourra pas passer le reste de la journée ensemble jusqu'au dîner ?
- Non, mais on se retrouvera lors du cours d'astronomie.
- Ah oui, je l'avais presque oublié, celui-là…
- En même temps, on l'a une fois sur trois, ce cours, ironisa Pansy. Je ne compte plus le nombre de fois où le professeur Sinistra a annulé son cours…
- Elle doit avoir des problèmes, elle n'est pas du genre à s'absenter juste pour le plaisir…
- Oui, je n'en doute pas, mais ce serait bien qu'il y ait quelqu'un pour la remplacer…
- On peut toujours faire cette requête auprès de nos directeurs de maison mais c'est un peu trop tard, il doit rester quatre ou cinq cours…
- Eh bien ce sera pour l'année prochaine, décréta Pansy. On ne sera plus concernés, puisque nous ne suivrons plus ce cours mais il faut penser aux futurs cinquième année qui devront eux aussi passer leurs BUSE. Ce serait bien qu'ils ne soient pas dans la même situation que nous.
- Tu as raison, approuva Ron. J'en parlerai au professeur Lupin.
- Et moi au professeur Snape. Il faudrait qu'un préfet en fasse part également au professeur Black et au professeur Chourave… J'ai une ronde mercredi avec Wayne, j'en profiterai.
- Et moi je retiendrai Terry après la réunion de seize heures.
- Parfait, se réjouit Pansy. On est trop complémentaires, toi et moi.
- Nous l'avons toujours été depuis que nous sommes préfets…
- Oui mais nous sommes plus que préfets, maintenant.
- Ah oui ? C'est fou, j'ai une amnésie qui me prend, là, tout à coup…
- Ben voyons, se moqua Pansy.
- Je pense que la mémoire me reviendrait si tu me prouvais que nous sommes bien ensemble…
- Je crois qu'elle te reviendrait encore plus vite si j'embrassais un mec, là, tout de suite, devant toi, railla Pansy. Mais comme nous sommes seuls…
Laissant sa phrase en suspens, Pansy se délogea des bras de Ron, passa une jambe de l'autre côté de son corps, et ainsi à genoux au-dessus de lui, telle une prédatrice, elle posa doucement ses lèvres sur les siennes. Ron répondit aussitôt à son baiser et mit ses mains sur le bas du dos de Pansy. Celle-ci dégrafa la robe de sorcier de Ron et infiltra ses doigts sous sa chemise. Ils approfondirent le baiser qui devint vite plus enflammé tandis que les mains caressaient ce qu'elles avaient à leur portée. Ron finit par enlever la robe de sorcier de Pansy afin d'avoir accès à son chemiser sous lequel il glissa lui aussi ses doigts. Lassée de se tenir sur ses genoux, Pansy s'allongea sur Ron, ce qui ne sembla absolument pas le gêner. Il la pressa au contraire contre lui d'une main tandis que l'autre fourrageait dans ses cheveux. Le baiser s'intensifia de plus en plus, faisant monter la température au même titre que les caresses qui se firent plus osées et plus sensuelles. Pansy finit cependant par abandonner les lèvres de Ron afin de descendre les siennes le long de son cou, tout en déboutonnant lentement sa chemise. Les lèvres de Pansy continuèrent leur chemin, passant du cou au torse sous les soupirs de Ron qui lui prouvaient qu'il aimait ce qu'elle faisait. Mais alors qu'elle remontait vers son cou, Ron repoussa sa tête.
- Pansy, ce n'est pas raisonnable, la bande sera là dans un peu plus d'une heure, il faudra qu'on soit présentables…
- On le sera, ne t'inquiète pas. Tu auras juste à te lancer un sort de nettoyage.
- Mais je ne vais pas te laisser me soulager alors que moi je ne peux rien faire pour toi…
- Si ça me dérangeait que tu ne puisses pas me rendre la pareille, je n'aurais pas initié tout ça. Alors laisse-moi faire et profite, d'accord ?
Ron capitula, à la plus grande satisfaction de Pansy. Elle dirigea ses mains vers le pantalon de Ron et le déboutonna tout en égarant ses lèvres sur l'épaule de son petit-ami. Elle débarrassa ensuite Ron de son pantalon et effleura de ses doigts la bosse qui déformait le caleçon. Les deux mains de Ron s'agrippèrent aussitôt aux cheveux de Pansy, signe qu'il avait apprécié le geste. Pansy déposa des baisers un peu partout sur le torse de Ron et massa doucement le membre tendu à travers le caleçon. Elle poursuivit ses attentions et ses caresses pendant un long moment et fut surprise de l'endurance de Ron qui était au bord de l'implosion mais qui ne disait rien. Il aurait déjà pu se libérer mais non, il tenait bon. Il était cependant vraiment sur le point de jouir et ne tarda pas à le faire comprendre à Pansy :
- S'il te plaît, arrête, enfin non, continue, mais pas comme ça…
Pansy sourit en entendant Ron s'embrouiller dans ce qu'il disait. Elle saisit toutefois le message et glissa sa main dans le caleçon de son petit-ami. Elle enroula sa main autour de la hampe de chair et commença de lents mouvements de va-et-vient. Ron gémit longuement et se mit à malaxer le cuir chevelu de Pansy. Celle-ci délaissa le torse de Ron et remonta son visage afin d'unir ses lèvres avec celles de son chéri. Ses doigts s'activèrent plus vite autour du sexe de Ron dont les gémissements furent étouffés par le baiser que Pansy et lui partageaient. Au son de sa respiration haletante, Pansy sut qu'il se rapprochait de la jouissance et elle accéléra donc le rythme. Elle passait parfois le pouce sur le gland gonflé, ce qui ne manquait pas de faire gémir Ron plus fort. Elle intensifia de plus en plus la cadence de ses va-et-vient et ce fut dans un long râle de plaisir que Ron jouit en se déversant dans la main de Pansy. Son corps entier se relâcha, comme s'il était vidé de toute tension superflue. Pansy extirpa sa main du caleçon souillé, prit sa baguette et nettoya d'un sort toutes les traces de ce qui venait d'avoir lieu, aussi bien sur sa main que dans le sous-vêtement de Ron. Une fois ceci fait, elle leva les yeux et sourit tendrement en voyant Ron complètement détendu. Elle se blottit contre lui et l'observa reprendre doucement ses esprits. Au bout d'un moment, il tourna la tête vers elle et elle fut émue par l'amour qu'elle vit dans son regard.
- Merci, tu m'as procuré énormément de plaisir, dit-il sincèrement.
- C'est le principal, affirma Pansy. Je suis contente que ça t'ait plu. Moi aussi, j'ai aimé. Tu es beau quand tu es perdu dans l'extase. Je t'aime.
- Je t'aime aussi, murmura Ron. La prochaine fois, c'est moi qui m'occupe de toi. Ou on se donnera du plaisir en même temps.
- Oh, ça me plaît beaucoup, ça. Bon, on ferait mieux de se rhabiller, il ne doit pas être loin de seize heures.
Ron acquiesça et ramassa son pantalon tandis que Pansy remettait correctement son chemisier. Ron fit de même avec sa chemise, puis ils enfilèrent leur robe de sorcier et sortirent ensemble de la salle sur demande.
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Un quart d'heure plus tard, leurs amis commencèrent à pointer le bout de leur nez. Justin fut le premier, rapidement suivi de Blaise qui devança de peu Harry et Draco. Théo, Terry et Hermione furent les derniers et arrivèrent à leur tour peu après seize heures. Ils entrèrent un à un dans la salle sur demande et s'assirent par terre sur des coussins moelleux et confortables. Il y eut un bref silence pendant lequel chacun sembla penser qu'un membre du groupe allait prendre la parole. Au bout de plusieurs minutes, ce fut Hermione qui finit par se lancer :
- Bon, je vais présider la réunion, si ça convient à tout le monde.
- Tu es l'une des trois personnes qui ont en eu l'idée, donc ça nous paraît naturel, signala Pansy. Et vu que les deux gars n'avaient pas l'air décidés…
- Théo est trop timide pour ça et moi je suis un gentleman, je laisse la parole aux femmes, répliqua Terry. Et puis, Hermione est la meilleure oratrice d'entre nous.
Hermione rougit, ce qui fit sourire Pansy et les autres membres de la bande.
- Bien, alors nous sommes là pour choisir des créneaux où nous pourrons réviser tous ensemble nos cours pour les BUSE. Je crois qu'à partir de la semaine prochaine, il n'y a plus d'entraînements de Quidditch ?
- Non, Graham hésitait à garder au moins celui du samedi mais il a préféré privilégier la préparation aux examens, que ce soit pour les cinquième et septième année ou pour les autres, déclara Draco.
- Pareil pour Alicia, ajouta Ron.
- Super, donc vous êtes de nouveau libres le mardi et le mercredi de dix-sept heures jusqu'au dîner. Mais comme il y a les rondes sur ce créneau, on va plutôt se retrouver de vingt heures à vingt-trois heures. Les rondes ne concernant que deux d'entre nous grand max, les autres pourront profiter du créneau après les cours pour avoir une séance de travail avec leur binôme. Car il y a également cela à prendre en compte. Mais on ne va pas placer une séance de révisions le mardi et le mercredi, on va faire un choix. Déjà, trois séances de révisions en groupe par semaine, ça vous va ?
Pansy acquiesça aussitôt, tout comme Ron et leurs amis.
- Ok, donc entre le mardi et le mercredi, qu'est-ce qui vous arrange le plus ?
- Le mercredi, on commence tous à dix heures, étant donné qu'on ne fait pas duel, et nous sommes plusieurs à ne pas avoir arithmancie, il vaudrait donc mieux avoir une séance ce jour-là, puisqu'on a une journée assez cool, fit remarquer Blaise. Est-ce que ça irait à tout le monde ?
Tous approuvèrent de nouveau.
- D'accord, c'est noté. Après, on peut se voir le samedi à la même heure, Théo ayant une séance de thérapie le matin et Harry en début d'après-midi, et on peut aussi caler une séance le dimanche de treize heures à dix-sept heures. Est-ce que ça vous plairait ?
Une fois de plus, tous hochèrent la tête.
- Super, on a notre planning ! Ça aura été rapide à organiser, tout compte fait. Bon, par contre, il n'y aura pas de séance dimanche, puisqu'il y a le match de Quidditch. J'espère que nous serons tous de bonne humeur, quel que soit le classement final à l'issue du score du match…
- Ce sera le cas, ne t'inquiète pas, assura Ron. Même si on ne parvient pas à dépasser Serpentard, on sera heureux quand-même. Je pense même que quelque part, on sera soulagés. Car si on gagnait, on aurait un peu l'impression de voler cette victoire à Serpentard qui mérite sans conteste de gagner. Si on remportait la Coupe, ce serait uniquement grâce au fait que Harry nous ait fait gagner le premier match face à Serpentard. Sans le vif d'or, Serpentard nous aurait laminés et aurait fait la course seul en tête ensuite. Et nous serons tout de même fiers de ce que nous aurons accompli malgré une année très compliquée, entre l'absence de Harry de décembre à mars, la tyrannie d'Angelina, son renvoi de son poste de capitaine, le départ des jumeaux… Bon, Serpentard n'a pas été mieux loti avec deux de ses poursuiveurs qui ont quitté l'équipe…
- Oui, et ça ne les a pas empêchés de continuer à avoir la meilleure équipe de poursuiveurs, que ce soit avec Graham, Adrian et Théo ou Graham, Blaise et Théo, renchérit Harry.
- Ce sera une autre paire de manches l'année prochaine sans Graham, soupira Draco. C'était lui, le pilier. L'équipe ne sera pas pareille sans lui.
Il y eut un court silence, puis Harry posa la main sur celle de Draco.
- Ce sont même tes journées qui ne seront pas pareilles sans lui, dit-il doucement.
Draco acquiesça silencieusement.
- Tu sais bien que je n'ai jamais été amoureux de lui, mais… il est très important, pour moi. Il est un peu comme un mentor.
- Vous allez rester en contact, vous n'allez pas vous lâcher comme ça, positiva Harry.
- Oui, mais il sera très occupé. Tu me diras, je le serai aussi…
- C'est vrai, ça, entre les cours, les séances de travail en binôme, les devoirs, tes fonctions de préfet, ton rôle de capitaine et Harry, tu n'auras pas une seconde à toi, commenta Pansy.
- Et après on dit que c'est moi qui abuse sur mon emploi du temps, ironisa Théo.
- Je n'ai pas gardé dix matières, moi, rétorqua Draco.
- Encore heureux ! s'écrièrent Harry, Ron, Pansy, Blaise et Justin.
Toute la bande éclata de rire. La discussion s'orienta vers des sujets plus légers et ce fut à regret que Pansy dut s'en aller peu avant dix-sept heures. Comme prévu, elle prétexta ne pas se sentir très bien et prit congé de ses amis en marchant assez lentement. Une fois sortie de la salle sur demande, elle fonça vers les escaliers. Elle descendit les sept étages, quitta le château et se rendit aux serres. Les quatrième année s'en allaient lorsqu'elle arriva. Elle vit rapidement Ginny et la héla. Son amie de Gryffondor parut surprise de la voir. Elle s'excusa auprès de Simon et rejoignit Pansy.
- Qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna-t-elle.
- Ron m'a dit que tu me cherchais, samedi, mais comme j'ai passé le week-end dans mon dortoir, je n'étais pas très disponible.
- Ce n'est pas grave, je comprends. Tu vas mieux ? Car j'imagine que tu n'étais pas très bien… Ou alors tu révisais.
- Non, je me reposais, dit Pansy en souriant. Et ça va mieux, oui. Est-ce que tu as toujours besoin de me parler ?
- Oui, mais pas ici. Attends-moi là, je vais dire à Simon d'aller sans moi à la salle des binômes.
Ginny s'éclipsa et revint une minute plus tard.
- C'est bon, allons-y.
Pansy et Ginny regagnèrent le château et se mirent dans un coin du hall, là où il n'y avait pas trop de passage. Ginny les engloba d'une bulle de silence et se tourna vers Pansy. Celle-ci s'inquiéta de l'air un peu trop sérieux de son amie.
- Tout ce que je vais te dire, il faut que tu le gardes pour toi. Enfin non, tu vas devoir en parler à une personne de ton choix mais c'est tout.
- Ouh là, tu me fais peur… Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- Je vais t'expliquer. Il y a trois semaines, après le cours de métamorphose du mardi, j'ai été retenue avec cinq de mes camarades par le professeur Lupin. Il nous a demandés si le poste de préfet nous intéresserait pour l'année prochaine, le directeur ayant décidé qu'il n'y aurait plus huit préfets mais seize préfets afin de pouvoir mieux lutter contre le trafic de potions droguées. Chaque directeur de maison devait faire une liste de six candidats, à savoir trois garçons et trois filles, parmi les élèves de sa maison, et j'en faisais partie avec les cinq candidats qui, comme moi, ont été retenus. On a eu le droit à une semaine de réflexion, j'en ai parlé avec Simon qui a lui aussi été choisi, et il m'a bien fait comprendre que ce serait de la folie d'accepter avec tout ce qu'on a déjà à faire, entre les cours, les séances de travail en binôme, les devoirs et les entraînements de Quidditch, sans compter que si on était élus tous les deux, ça allait être encore plus compliqué de nous organiser pour nos séances puisqu'il faudrait composer à la fois avec les entraînements et nos rondes… J'ai estimé qu'il avait raison, ou, du moins, j'ai voulu m'en convaincre, et j'ai donc dit au professeur Lupin que je refusais d'être candidate au poste de préfète. J'étais censée donner ma décision le lendemain avec les autres candidats mais je n'ai pas souhaité attendre, sûrement par peur de changer d'avis, ce que j'ai nié sur le moment face au professeur Lupin. Il a eu l'air très surpris que je ne veuille pas devenir préfète, et un peu embêté car il reposait visiblement tous ses espoirs sur moi, et il a essayé de voir s'il y avait moyen de me faire revenir sur mon choix mais il a dû se résigner en voyant que c'était impossible. Il m'a laissée partir et il ne m'en a plus reparlé. Il y a un peu moins de deux semaines, Blaise et moi avons croisé Hannah dans un couloir. Elle était très bizarre. Elle était complètement ailleurs. Blaise s'est obstiné à affirmer qu'elle était simplement sous anti-dépresseurs alors que pour moi, elle était clairement sous l'effet de la drogue. Blaise ne voulait pas y croire mais il a fini par se rallier à mes arguments. Il n'était pas totalement convaincu mais il acceptait cette hypothèse. J'ai émis l'idée de pister Hannah mais comme nous n'étions ni préfets, ni professeurs, ce n'était pas à nous de le faire. J'ai oublié cette histoire jusqu'à vendredi où je m'y suis retrouvée mêlée contre mon gré. Alors que je me rendais à la bibliothèque, j'ai vu un garçon vérifier que personne ne le suivait avant d'entrer dans les toilettes. Ça m'a intriguée car c'était typiquement l'attitude d'un dealer qui ne voulait pas se faire repérer. Je n'ai pas trop réfléchi et je l'ai suivi. Je te passe les détails mais j'ai entendu une discussion entre une fille et lui. J'ai cru reconnaître la voix de Hannah et plusieurs indices ont laissé penser que c'était bien elle. Le dealer lui a demandé ce qu'elle voulait comme potions, elle lui a pris des coupe-faim ainsi qu'un… zut, je n'ai plus le nom. Un truc bien corsé, apparemment. Trop pour elle, d'ailleurs. Car elle a dit au dealer que les potions qu'elle lui prenait étaient trop fortes et qu'elle s'était sentie complètement à l'ouest à cause d'elles. Comme par hasard, une semaine plus tôt, c'est l'impression que j'avais eue chez elle. Ils se sont ensuite disputés et le dealer lui a dit que ce n'était pas parce qu'elle avait des privilèges que ça lui donnait le droit de le rabaisser ou un truc comme ça. Des privilèges. Hannah en a, en tant que préfète. Et l'indice le plus flagrant, ça a été quand la fille a dit au dealer qu'elle pouvait très bien aller voir ailleurs et qu'il n'aurait qu'à trouver un autre moyen pour avoir les informations qu'elle lui donnait. Elle parlait probablement du planning des rondes et de l'itinéraire des préfets qu'elle renseignait au dealer pour qu'il sache quels étages et quels endroits éviter à telle ou telle heure. Pour moi, tout correspond. Bien sûr, je ne suis pas intervenue. N'étant pas préfète, je ne pouvais rien faire. Mais j'en ai parlé à Hermione qui a refusé de croire que cette fille était bien Hannah. J'ai eu beau lui exposer tous les indices qu'il y avait, elle les réfutait à coups de contre-arguments. Elle suggérait même d'autres pistes qui, en soi, étaient plausibles et que j'étais prête à prendre en considération, mais ce que je voulais, moi, c'était qu'elle en fasse autant avec ma piste ! Mais il n'y avait rien à faire, elle ne voulait pas imaginer une seule seconde que sa collègue puisse se droguer. Le ton est monté et à un moment, elle m'a dit que si c'était vraiment Hannah, ce serait un sacré hasard que je sois tombée deux fois de suite sur elle alors qu'elle était à chaque fois dans une situation compromettante. Comme si c'était fait exprès qu'elle se soit systématiquement trouvée sur mon chemin. Il y a eu un blanc et Hermione a voulu s'excuser pour ce qu'elle avait dit. Mais ses mots avaient agi comme un déclic en moi. Je me suis effectivement dit que c'était bizarre, tout ça, et que ça ressemblait à un coup monté. J'ai alors pensé que c'était le professeur Lupin qui était derrière tout ça, que Hannah et le dealer étaient de mèche avec lui et qu'ils avaient simulé un trafic pour me faire passer un test pratique à mon insu. Tout ça dans le but de me faire réaliser que j'étais faite pour être préfète. J'ai eu le sentiment d'avoir été piégée, trahie, ça m'a mise hors de moi et je suis allée voir le professeur Lupin le soir-même après ses cours. Je lui ai dit d'emblée que son stratagème était bien pensé mais que ce n'était pas comme ça que j'allais accepter d'être candidate pour le poste de préfète. Il m'a demandé de quoi je parlais, je lui ai répondu, mais il ne semblait pas comprendre, c'était un vrai dialogue de sourds et j'ai fini par lui faire le récit de ce que je viens de te raconter. Il paraissait tellement choqué par le fait qu'une préfète puisse être mêlée à un trafic de drogue que je me suis mise à douter. Il n'avait pas l'air de celui qui s'était fait démasquer. Et il m'a confirmé qu'il ne m'avait jamais tendu de piège et qu'il n'avait donné aucune consigne à Hannah et à son dealer. Cela signifiait donc que j'avais dénoncé Hannah sans le vouloir, tant j'étais persuadée qu'il s'agissait d'une manigance. Et que j'avais accusé le professeur Lupin de m'avoir piégée alors qu'il n'avait rien fait. Je me suis excusée mais tu le connais, il m'a dit d'oublier tout ça. Comme je n'avais pas de preuves concrètes que Hannah s'était fournie de la drogue et qu'elle n'avait pas été prise en flagrant délit par des préfets, le professeur Lupin ne pouvait pas la convoquer. Il m'a alors confié une mission, à savoir chercher un préfet ou une préfète qui voudrait bien traquer Hannah et la prendre sur le fait avec un binôme de son choix. Comme je n'ai jamais eu de contacts avec Padma Patil et le remplaçant d'Ernie MacMillan, j'ai préféré me tourner vers un préfet ou une préfète de la bande, ce qui me laissait cinq possibilités : Ron, Hermione, Draco, Terry ou toi. J'ai rayé Hermione de la liste, évidemment. Comme j'étais en désaccord avec elle au sujet de Hannah, j'avais peur qu'il y ait des tensions entre Ron et elle ou Terry et elle si je m'adressais à l'un d'entre eux. Une gaffe est vite arrivée, même en faisant attention. Il ne restait donc que Draco et toi. Étant donné que j'ai plus d'affinités avec toi qu'avec Draco, le choix paraissait évident. J'ai confiance en toi, je sais que tu ne diras rien à personne, sauf à ton binôme, bien entendu. Mais tu n'es pas obligée d'accepter. Si tu ne veux pas traquer Hannah, j'essaierai de trouver quelqu'un d'autre. Soit je l'ignorais, soit j'ai zappé l'info, mais en plus, tu as été son binôme de travail au début de l'année… Ça pourrait être comme si tu la trahissais, à tes yeux. Donc c'est toi qui vois.
Ginny se tut sur ces mots et attendit visiblement la réaction de Pansy. Celle-ci avait écouté son amie avec attention et avait été quelque peu dépassée par toute cette histoire. Mais Ginny avait tout bien expliqué, sans se perdre dans les détails, et Pansy avait saisi l'essentiel. Elle eut néanmoins besoin de réfléchir un peu avant de répondre :
- Je ne crois pas que je verrais cela comme une trahison. Je ne ferais que mon devoir de préfète. Et puis j'aiderais Hannah en interpellant son dealer. Il ne lui vendra plus ces saletés de poisons et elle sera prise en main par le professeur Snape qui lui fera suivre une thérapie ainsi qu'un traitement de sevrage. Et même si, pour moi, je la trahirais en la traquant, je la trahirais tout autant en refusant de la pister et en laissant d'autres préfets le faire à ma place. Car en ne lui disant rien et en permettant à des collègues de mettre en place cette filature, je les encouragerais à coincer Hannah. En fait, pour ne pas la trahir, il faudrait que je la prévienne. Et je deviendrais ainsi à mon tour une taupe parmi les préfets. Et je ne suis pas comme ça. Ma priorité, c'est de venir à bout de ces trafics de potions. Donc je suis d'accord pour traquer Hannah.
Le soulagement se vit dans les yeux de Ginny.
- Merci, dit-elle d'une voix sincèrement reconnaissante. Est-ce que tu as une idée de la personne à qui tu proposeras de t'accompagner dans cette mission ?
- Je n'ai pas encore eu le temps d'y songer mais ça ne devrait pas être trop dur de faire mon choix…
- Il faut que ce soit quelqu'un qui, à coup sûr, va accepter de participer à la traque. Par conséquent, ce sera aussi quelqu'un qui n'hésitera pas à croire que Hannah puisse se droguer. Est-ce que, selon toi, ça élimine déjà des personnes ?
Pansy fit une moue pensive.
- Que ce soit Draco, Terry ou Ron, ils finiront par accepter de me suivre. Mais pour Draco et Ron, ça risque d'être à contrecoeur. Ils ne seront pas totalement persuadés. Terry, en revanche, n'est pas du genre borné. Et il admettra facilement que tout porte à croire que Hannah se drogue. Je n'aurai pas besoin de lui mettre trente-six mille arguments sous le nez pour qu'il consente à voir la réalité en face. Bref, tu l'auras compris, c'est vers lui que je me tournerai.
- D'accord, je trouve que c'est un très bon choix. J'aurais sûrement fait le même. Merci mille fois de bien vouloir t'acquitter de cette tâche.
- Mais de rien, merci à toi de me faire autant confiance. Tu aurais très bien pu demander à ton frère, même en ayant peur de provoquer un conflit entre Hermione et lui, au lieu de t'adresser à une fille que tu connais depuis peu…
- Tu n'es plus n'importe quelle fille pour moi, maintenant, répliqua Ginny. Tu es une amie, on fait partie de la même bande et je me sens plus proche de toi que de Draco, Théo, Justin ou Terry. Et ce n'est pas parce que tu es la seule fille du groupe en plus de Hermione. Ça faisait déjà longtemps que j'étais amie avec elle et j'ai aussi Luna.
- Et moi j'avais Daphné avec qui je me suis réconciliée en même temps que le groupe a commencé à se former. Ça veut dire qu'on n'a pas cherché l'une dans l'autre quelque chose qui nous manquait. On est devenues amies de la façon la plus pure qui soit. Ça me rassure un peu car ça m'intriguait. Ça s'est fait tellement facilement…
- C'est vrai. Mais en ce qui me concerne, je pense que j'essaie d'avoir les amies qui se ressemblent le moins au monde, rit Ginny. J'ai Hermione qui est hyper sérieuse, très terre-à-terre et plongée en permanence dans ses bouquins, j'ai Luna qui est très rêveuse et qui croit en des choses auxquelles presque personne ne croit, et j'ai toi qui débordes d'énergie et qui n'es jamais la dernière pour faire une farce à quelqu'un. Vous êtes toutes hyper différentes. Et c'est très bien ainsi. Vive la diversité. Oh, avant qu'on ne se quitte… J'ai une précision de la plus haute importance à t'apporter. Hannah et son dealer se voient certainement tous les vendredis à l'heure du déjeuner. Apparemment, c'est ce jour-là que Hannah se réapprovisionne et c'est le seul moment de la journée où elle est libre.
- En effet, on a cours de neuf heures à dix-sept heures avec juste une heure pour manger, et après les cours, Hannah peut avoir une ronde, comme tout préfet, ou une séance de travail, comme tout élève de troisième, quatrième ou cinquième année. Elle peut très bien n'avoir ni l'un ni l'autre mais étant donné que c'est susceptible de changer d'une semaine à l'autre, c'était plus sûr pour elle de fixer le rendez-vous hebdomadaire à l'heure du déjeuner. En tant que préfet, on connaît la psychologie des dealers et des clients, ça n'a donc pas été compliqué pour Hannah de faire les meilleurs choix pour être tranquille.
- Le meilleur choix, ça aurait été de ne pas tomber dans la drogue, soupira Ginny. Mais quand on ne va pas bien, on prend rarement les bonnes décisions. Bon, je vais y aller, Simon m'attend et on a un long devoir en binôme à faire en potions. Il est à rendre dans un peu plus de deux semaines mais il est tellement long qu'il vaut mieux vite s'y mettre.
- D'accord, bon courage, alors. De mon côté, je vais essayer de trouver Terry. Oh, attends, pendant que j'y pense… Avec le groupe, on va réviser tous ensemble trois fois par semaine. Est-ce que ça te plairait de te joindre à nous ?
- Ça m'aurait beaucoup plu, oui, mais j'ai eu la même idée avec plusieurs personnes de ma classe, avoua Ginny. Je vais régulièrement réviser avec Luna et son binôme, Colin et son binôme, Simon et sa petite-amie et le binôme de celle-ci.
- Eh bien c'est super, ça ! Ça va vous permettre de passer du temps les uns avec les autres… Allez, je te laisse y aller. On se verra sûrement plus tard dans la semaine.
Ginny acquiesça, souhaita une bonne soirée à Pansy et s'en alla. Pansy resta un instant sans bouger, se demandant où elle aurait le plus de chances de trouver Terry. Mais avisant l'heure, elle préféra le chercher après le dîner. Elle décida d'aller poser son sac dans son dortoir, puis d'aller manger afin de quitter le plus tôt possible la Grande Salle et d'être sûre d'attraper Terry à la sortie.
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- Tu as un train à prendre ou quoi ? Tu en es au dessert alors que je viens tout juste d'entamer mon bol de soupe !
- J'ai des choses à faire, répondit Pansy. Je suis désolée de te laisser en plan comme ça, mais Draco et Théo ne devraient pas tarder à arriver.
- Ça va mieux, alors, si tu es prête à t'activer ? supposa Blaise.
- Pas vraiment, mais ces choses doivent être faites, alors je les fais, peu importe mon état de forme.
Pansy goba le reste de son dessert et se leva.
- Allez, j'y vais. Peut-être à plus tard dans la salle commune.
Pansy entendit un «Ouais, peut-être» alors qu'elle s'en allait. Elle quitta la Grande Salle et se posta près de l'entrée. Elle n'eut pas à attendre longtemps, Terry sortant à son tour quelques minutes plus tard.
- Terry !
Son collègue préfet et ami tourna la tête et parut surpris de la voir. Elle lui fit signe de la rejoindre, ce qu'il fit. Pansy l'entraîna aussitôt à l'écart, loin de toute oreille indiscrète.
- Pansy, je te rappelle que je suis en couple et toi aussi.
Pansy leva les yeux au ciel mais ne put s'empêcher de sourire.
- Je veux juste un endroit tranquille pour discuter, banane.
Si Pansy s'était très vite entendue avec Ginny, cela avait été également le cas avec Terry. Pansy était sûrement la seule à oser traiter Terry de «banane». C'était toujours avec humour, bien sûr. Et Terry lui rendait ses piques par des petites attaques très subtiles.
- Tu sais qu'on pouvait rester près de la Grande Salle et lancer une bulle de silence autour de nous ?
- Il vaut mieux que personne ne nous voit, j'ai dit à Blaise que j'avais des choses à faire et s'il nous aperçoit ou s'il apprend que j'étais avec toi, il va trouver ça suspect.
- Mais pourquoi toutes ces cachotteries, aussi ?!
- Je vais t'expliquer.
Pansy trouva un coin suffisamment isolé, jeta un sort d'insonorisation et se tourna vers Terry.
- J'ai une proposition à te faire, ou plutôt un service à te demander. Tu as le droit de refuser, mais il faut que tu n'en parles à personne jusqu'à ce que l'histoire soit résolue.
- D'accord, je ne dirai rien, promit Terry. Mais qu'est-ce donc que ces histoires ?
Pansy raconta alors à Terry tout ce que lui avait dit Ginny. Elle vit son visage passer par toutes les émotions. Il fut surtout choqué et abattu d'apprendre qu'une de leurs collègues préfètes se droguait probablement, admiratif de tout ce qu'avait fait Ginny, triste qu'elle se soit disputée avec Hermione et intéressé par la discussion qu'avait eue Ginny avec le professeur Lupin.
- Elle est incroyable, Ginny, souffla-t-il lorsque Pansy eut terminé son récit. Elle a tout pour devenir préfète… Tu m'étonnes que le professeur Lupin ait pensé à elle… Mais ça n'a pas dû être simple, pour elle. Elle s'est retrouvée dans une situation de préfète sans rien pouvoir faire car elle n'est pas préfète, elle s'est disputée avec Hermione, elle a accusé à tort son directeur de maison de lui avoir tendu un piège et elle se voit confier une mission qui est loin d'être facile… Comment fait-elle pour ne pas craquer, sérieusement ?
- Je ne sais pas, elle m'épate aussi, avoua Pansy. Elle était super calme quand elle m'a tout expliqué, comme si elle gérait de main de maître la situation, ce qui est sûrement le cas. Mais là, elle ne peut pas régler le problème d'elle-même. Il n'y a que des préfets qui sont en mesure de le faire. Je lui ai dit que j'étais prête à traquer Hannah. Seulement, il me faut un binôme. Car il s'agit d'un trafic de potions droguées, et que ce soit pendant les rondes ou en-dehors des rondes, il faut obligatoirement être deux pour intervenir. Comme Ginny, je ne connais pas trop Padma et le remplaçant d'Ernie. Je ne vais donc pas m'adresser à eux, car il vaut mieux que j'en parle à quelqu'un de confiance. Inutile de préciser que Hermione est hors course. Je ne vais pas aller lui demander si elle veut bien m'aider à traquer Hannah alors qu'elle refuse de croire qu'elle puisse se droguer… Elle se douterait ensuite que je tenterais ma chance avec d'autres préfets de la bande et cela créerait des tensions. C'est pour ça qu'il faut que la personne vers qui je me tourne soit la bonne. Je n'ai droit qu'à un essai. Padma, Wayne et Hermione étant éliminés, il restait donc Ron, Draco et toi. Il fallait que je choisisse celui qui, à coup sûr, allait me croire et accepter de pister Hannah avec moi. J'avais un doute sur Ron et Draco, alors c'est sur toi que mon choix s'est porté. J'espère ne pas m'être trompée.
Terry sembla touché par la preuve manifeste de confiance que Pansy lui témoignait. Il ne tarda pas à le lui confirmer :
- Je suis flatté, tu avais six possibilités, parmi lesquelles un de tes meilleurs amis et ton petit-ami, et c'est moi que tu as choisi alors qu'on n'est pas aussi proches que tu ne l'es de Draco et de Ron… J'ai un peu de mal à réaliser. Mais je comprends parfaitement ton raisonnement. Et tu as fait le bon choix. Ça me surprend et ça me choque que Hannah soit tombée là-dedans, je ne m'attendais pas du tout à ça, mais je suis tout à fait prêt à y croire. Oui, les préfets sont censés lutter contre les trafics de drogue, mais ils ne sont pas à l'abri de se laisser tenter. Que ce soit dans le monde moldu ou dans le monde sorcier, ceux qui sont censés faire la loi, c'est-à-dire les policiers ou les Aurors, changent parfois de camp et deviennent des taupes au sein de leur équipe. C'est pareil chez les préfets. Tous ne sont pas aussi irréprochables qu'ils devraient l'être. Et même si ça n'excuse rien, il peut y avoir des circonstances atténuantes. Et Hannah en a. Mais il faut l'aider à se sortir de là. Et pour ça, il faut la coincer. Elle perdra sûrement ses fonctions de préfète, mais au moins, elle sera suivie aussi bien pour être sevrée que pour aller mieux psychologiquement parlant. C'est ça, le plus important. Donc tu peux compter sur moi pour la traquer avec toi et coincer son dealer.
Pansy fut soulagée, même si elle n'avait jamais douté que Terry accepterait.
- Merci, dit-elle sincèrement. J'étais sûre, au fond de moi, que tu voudrais bien m'aider. Mais je ne pouvais pas en être totalement sûre pour autant… Du coup, on pistera Hannah vendredi, à l'heure du déjeuner, vu qu'apparemment, c'est le jour et l'heure de leur rendez-vous hebdomadaire.
- Ok, alors on suivra Hannah dès qu'on sortira du cours de métamorphose ?
- C'est ça, approuva Pansy.
- Est-ce qu'on prévient nos amis de nos maisons respectives qu'on sera en retard pour déjeuner ?
- Non, si Draco, Blaise et Théo apprennent par hasard que tu n'iras pas manger tout de suite toi non plus, ils vont se poser des questions, grimaça Pansy. Je n'aime pas ça mais on va plutôt ne rien leur dire.
- D'accord, ils sauront tout une fois l'intrigue résolue, de toute manière. Ils comprendront qu'on ne pouvait pas tout leur dire. Bon, par contre, le truc, c'est qu'on risque de ne pas pouvoir manger, du tout… Le temps qu'on traque Hannah et son dealer, qu'on les appréhende, qu'on les fouille, qu'on vérifie la nature des potions et qu'on aille voir les directeurs de maison concernés, il ne nous restera rien sur l'heure du déjeuner…
- Je pense qu'on aura un mot d'excuse de la part des professeurs qu'on ira voir et qu'on donnera ce mot au professeur Gordon après être allés manger. On a le droit de rater partiellement ou totalement un cours quand on doit faire notre devoir de préfet. Surtout que c'est assez urgent, là. La lutte contre le trafic de potions droguées n'attend pas, tant que ça ne met pas en danger notre scolarité, bien sûr. De plus, c'est une mission qui nous est confiée par le professeur Lupin. Tout est donc en règle.
Terry acquiesça.
- Tu as raison. On peut faire notre travail la conscience tranquille.
- Oui, et ça nous permettra d'être entièrement focalisés sur ce qu'on doit faire. Bon, je ne vais pas te retenir davantage, tu as peut-être des choses à faire avant le cours d'astronomie…
- Aller chercher mon sac, oui, rigola Terry.
- Pareil, on va y aller, alors. Mine de rien, l'heure tourne… Sors en premier, il faut vraiment qu'on se fasse discrets. Et merci encore de m'accompagner dans cette mission.
Terry sourit en guise de réponse, chuchota un «À tout à l'heure» et s'en alla. Pansy laissa passer une ou deux minutes, puis elle quitta à son tour la cachette. Elle prit le chemin de sa salle commune et une fois arrivée, elle monta à son dortoir. Lorsqu'elle y entra, elle faillit marcher sur un parchemin qui traînait par terre. Elle le ramassa, et reconnaissant l'écriture de Daphné, elle se dirigea vers les rideaux de son amie. Comme ils étaient à moitié ouverts, elle ne put savoir si elle était là. Elle jeta un coup d'oeil à l'intérieur et ne vit personne. Elle posa le parchemin sur la table de chevet et sortit de l'espace de son amie. Elle rejoignit le sien, attrapa son sac dans lequel elle mit ses cours et son manuel d'astronomie, puis elle passa ses rideaux pour quitter le dortoir. Elle tomba alors nez à nez avec Daphné et retint de justesse un cri de stupeur.
- Mais d'où viens-tu ? s'exclama Pansy.
- De mon espace, pourquoi ?
- Mais tu n'y étais pas il y a cinq minutes !
- Parce que j'étais dans la salle de bain.
- Elle est juste à côté de moi et je n'ai pas entendu la porte s'ouvrir…
- Elle ne fait pas beaucoup de bruit, contrairement à celle du dortoir.
Pansy n'était pas vraiment convaincue mais elle n'insista pas.
- Bon, allons-y, pour une fois que le professeur Sinistra est là, ce serait dommage d'arriver en retard à son cours…
Daphné se mit à rire et toutes deux sortirent de leur dortoir. Malgré la présence de son amie, Pansy ne fit que penser à la traque de Hannah durant tout le temps qu'elles prirent pour se rendre à la Tour d'Astronomie. Elle espérait de toutes ses forces réussir à coincer Hannah et son dealer, et sauver par la même occasion sa collègue préfète, même si, pour ça, celle-ci devait la détester si elle considérait cette filature comme une trahison…
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(mardi 14/05) POV Hermione
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- Dépêchez-vous, les gars, on a un entraînement de Quidditch, je vous signale ! C'est le dernier de l'année, ça ferait mauvais genre d'arriver en retard…
Hermione entendit Draco marmonner derrière elle tandis qu'elle rangeait ses affaires. Pansy et Théo attendaient entre la table de Draco et celle de Blaise. Ils étaient prêts depuis plusieurs minutes à s'en aller alors que Draco et Blaise, eux, traînaient.
- Merci de nous rappeler qu'il n'y aura plus d'entraînements ensuite, grommela Draco.
Hermione échangea un regard avec Terry. Pour Draco, la fin des entraînements signifiait le départ imminent de son capitaine et il n'était pas prêt à imaginer le reste de sa scolarité à Poudlard sans lui. Mais Hermione était sûre qu'avec toutes les responsabilités qu'il allait avoir, en plus des cours, des devoirs et des séances de travail en binôme, il n'aurait pas l'occasion d'y penser.
- Tu es lente, toi aussi, constata gentiment Terry.
- Oui, je suis un peu fatiguée, avoua Hermione. Je n'ai pas écrit autant que d'ha…
- Veuillez vous presser un peu, s'il vous plaît, je devrais déjà avoir fermé la salle, j'ai un patient qui m'attend, déclara le professeur Snape.
Hermione se hâta aussitôt de mettre pêle-mêle le reste de ses affaires dans son sac et sortit du cachot avec Terry. Draco, Théo, Pansy et Blaise étaient partis et Harry patientait près de la porte, ayant une séance de thérapie avec le professeur Snape. Justin n'était plus là également et avait dû suivre ses amies de Poufsouffle. Ron, lui, avait sa ronde à faire avec Padma.
- On va où ? demanda Terry. Dans la salle sur demande ? À la bibliothèque ? Dans le parc ?
- À la bibliothèque, j'aimerais commencer le devoir individuel de sortilèges.
- Ça tombe bien, moi aussi. Mais tu ne préférerais pas plutôt te reposer ?
- Non, je me coucherai simplement plus tôt ce soir, dit Hermione. Allez, en route.
Terry acquiesça et tous deux se dirigèrent vers les escaliers. Ils montèrent au quatrième étage et se rendirent à la bibliothèque. Ils entrèrent, s'installèrent et se mirent au travail. Ils planchèrent sur leur devoir pendant une trentaine de minutes jusqu'à ce qu'un élève vienne perturber leur tranquillité. Il ne vint pourtant pas les voir, mais il rejoignit ce qui devait être un ami et s'adressa à lui sans lancer le sort d'insonorisation :
- Dis donc, c'est rare de te trouver ici, qu'est-ce que tu fais là ?
- À ton avis ? Je me cure les ongles, ironisa l'ami en question.
Hermione fronça les sourcils. Cette voix lui était légèrement familière. Elle était sûre de l'avoir déjà entendue quelque part. Mais pas dans un couloir entre deux cours ou dans la Grande Salle pendant un dîner… Non, c'était à une occasion beaucoup plus précise que ça. Mais elle était incapable de se souvenir laquelle.
- Non mais je veux dire, ça ne te ressemble pas de venir travailler ici…
- Je n'ai pas trop le choix, je n'ai plus personne pour me faire mes devoirs…
- Ah, parce que tu te les faisais faire par quelqu'un d'autre ?!
- Comment crois-tu que je réussissais à avoir des Effort Exceptionnel et des Optimal ?
- Mais normalement, les professeurs ne se laissent pas berner…
- Bah il suffit juste de recopier toi-même pour que ce soit ton écriture et pas celle de la personne qui a fait le devoir à ta place… Et pour éviter tout soupçon, la personne qui fait ton travail fait en sorte de changer les tournures de phrase pour que ça ne ressemble pas à son propre devoir.
- Et qu'est-ce que tu lui donnais, en échange ? De l'argent ou… aïe ! Pardon, j'ai rien dit…
Hermione sentit son coeur battre à tout rompre alors que le mot «ALERTE» clignotait en rouge et à toute vitesse dans son esprit. Cette voix, c'était celle du dealer dont elle avait raté la filature à cause de McLaggen ! Il avait proposé à sa cliente de lui faire ses devoirs en échange d'une réduction sur le prix des potions. Et comme par hasard, il venait d'empêcher son ami de terminer sa phrase alors qu'il demandait ce qu'il avait donné à la fille pour qu'elle s'occupe de ses devoirs… Cela signifiait que son ami avait sûrement connaissance de ses activités illégales…
- Et pourquoi la personne qui t'a aidé t'a lâché ?
- Elle n'était pas très rassurée, elle avait peur qu'on se fasse attraper. Mais je dois la voir à dix-huit heures. Je vais essayer de lui faire changer d'avis. Car ça me prend du temps précieux, ces devoirs. Et le temps, c'est de l'argent.
Il y eut un bref silence, puis l'ami du dealer reprit la parole :
- Euh… Steve, je crois qu'il y a un gros souci, là…
- Pourquoi ?
- Tu n'as pas fait attention à où tu t'es assis.
Zut ! Elle avait été repérée ! Jusque-là, le dealer ne s'était pas aperçu qu'elle était là, puisqu'il était dos à elle. Il ne l'avait pas vue rentrer non plus, visiblement, et comme exigé par le règlement, Terry et elle n'avaient pas parlé depuis qu'ils étaient arrivés. Le dealer n'avait donc pas pu être au courant de sa présence. Mais contrairement à ce à quoi elle s'attendait, il n'eut pas l'air inquiet :
- Oh, ne t'en fais pas pour ça, ils ont dû jeter un sortilège d'insonorisation. Comment veux-tu qu'ils restent bien longtemps sans discuter alors qu'ils sortent ensemble, qu'ils sont binômes de travail et qu'ils sont tous deux préfets ? Ils ont forcément des choses à se dire, et comme on doit respecter le silence ici, ils ont dû protéger leur espace…
«Eh bah non» songea Hermione. Mais elle comprenait le raisonnement qui était tout à fait censé. Et cela l'arrangeait bien que le dealer pense que Terry et elle avaient insonorisé leur table… Ayant eu suffisamment d'informations, elle décida de le faire réellement. Discrètement et à voix basse, elle lança le sort adéquat. Cela allait être moins pratique pour savoir quand le dealer allait partir, mais si Terry lui parlait alors que leur espace n'était pas insonorisé, le dealer se douterait qu'elle avait tout entendu… Il valait mieux jouer la sécurité. Elle tenta de se concentrer sur son devoir mais elle avait peur de ne pas voir à temps le dealer s'en aller, à présent qu'elle était isolée de tout bruit extérieur. Il n'y avait qu'une solution si elle ne voulait pas prendre le risque. Elle devait sortir la première et attendre, en se cachant, que le dealer en fasse autant. Elle ne se laissa pas le temps d'hésiter et ferma d'un coup sec son livre de sortilèges. Elle reboucha son encrier et enroula son parchemin sous l'oeil intrigué de Terry.
- Qu'est-ce que tu fais ? s'étonna-t-il.
- Je m'en vais, j'ai quelque chose d'urgent à faire, répondit Hermione en rangeant ses affaires.
Terry fronça les sourcils.
- Ne me dis pas que tu vas encore suivre un pseudo dealer ?
- Si c'était le cas, je ne vois pas où serait le problème, répliqua Hermione.
- Mais tu ne fais que ça, Hermione ! Tu ne penses qu'à ça ! Ce n'est plus une fixette mais carrément une obsession ! Il n'y a plus que ça qui compte ! Tu es en boucle là-dessus ! Ça fait au moins quatre fois que tu écourtes un moment qu'on passe ensemble ! Et tu as fait le coup aussi une ou deux fois quand on était avec toute la bande ! Ça commence à avoir des répercussions sur tes relations avec tes amis, sur notre couple et même sur ta scolarité ! Abandonner un devoir pour aller satisfaire une lubie, c'est quelque chose que tu n'avais encore jamais fait ! Car ça ne te ressemble pas ! Certes, le devoir de sortilèges n'est à rendre que dans deux semaines, mais si tu te mets à reléguer ton travail scolaire au second plan, c'est que tu n'as déjà plus le sens des priorités ! Et dans ce cas, ça devient très inquiétant ! Surtout à l'approche des BUSE !
Hermione comprenait ce que disait Terry, ses mots avaient du sens, mais ils coulaient sur elle sans réussir à lui faire parvenir le message. Son esprit était comme imperméable à toute tentative de lui faire entendre raison. Pour elle, il n'y avait pas de fixette, pas d'obsession. Elle faisait simplement de la lutte contre le trafic de drogue sa priorité. Mais elle n'en oubliait pas le reste pour autant ! Elle consacrait toujours du temps à son petit-ami et à ses amis. La preuve, c'était elle qui avait proposé à Terry de travailler ensemble à la bibliothèque ! Il ne pouvait pas lui reprocher de le négliger… Elle s'en allait plus tôt que prévu, certes, mais parce qu'elle avait un dealer à suivre ! C'était important, Terry devait le comprendre…
- Je ne m'en irais pas si tôt si le devoir était à rendre demain, je suis trop sérieuse pour ça, rétorqua-t-elle. J'estime juste que traquer un dealer est plus urgent que faire un devoir qui est à rendre deux semaines plus tard ! Nous sommes préfets, nous nous sommes engagés dans cette lutte ! Je ne fais que mon devoir ! Les rondes ne sont pas suffisantes, alors il faut bien traquer les dealers en-dehors de nos horaires de service !
Hermione se tut et soutint le regard de Terry qui la fixait, semblant ne pas savoir quoi dire, ni quoi faire. Il finit par soupirer.
- Ok, vas-y, je n'ai pas à t'empêcher de faire ce que tu veux, je suis ton petit-ami, pas ton père… Et je suis plus jeune que toi, en plus. Je ne pourrais même pas être ton grand frère.
Hermione sourit.
- Tu as raison, tu es mon petit-ami et c'est très bien comme ça. Je t'aime.
Terry eut l'air ému. Hermione réalisa que cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas dit ces trois petits mots-là, alors qu'elle aimait toujours autant Terry et que c'était réciproque. Elle le voyait bien dans ses yeux lorsqu'il les posait sur elle. Alors pourquoi ne se prouvaient-ils plus leur amour en se le disant ? Parce que tu ne lui en laisses pas l'occasion, lui souffla une petite voix. Quand vous êtes ensemble, tu le lâches une fois sur deux pour aller courir après un élève et quand tu daignes rester avec lui, tu as la tête ailleurs. Ça n'incite pas vraiment aux mots tendres… Hermione fut troublée par ces remarques. Mais elle les chassa vite de son esprit.
- Hermione ? Tu es avec moi ?
Hermione leva brusquement la tête.
- Hein ? Quoi ? Oh, pardon, je… j'étais perdue dans mes pensées. Qu'est-ce que tu disais ?
- Que je t'aimais aussi, répondit Terry, l'air mi-sérieux, mi-moqueur.
- Parce que ce n'est plus le cas ? demanda Hermione, mutine.
- Concordance des temps, ça te dit quelque chose ? s'exaspéra faussement Terry. Non, évidemment que je t'aime toujours. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Même si, parfois, il nous arrive de ne pas être d'accord sur certaines choses.
- Évitons d'en parler, alors, suggéra Hermione. Je sais ce que je fais, de toute manière. Tu n'as pas à t'en faire.
Terry acquiesça.
- Je ne te retiens pas davantage, dans ce cas.
Hermione sourit de nouveau, embrassa Terry, prit son sac et quitta la bibliothèque. Elle se cacha un peu à l'écart et attendit que le dealer se montre, ce qu'il fit quelques minutes plus tard. Sept élèves sortirent en même temps que lui et empruntèrent le même chemin, ce qui arrangea bien Hermione. Elle allait pouvoir le suivre sans risquer de se faire repérer. Elle pista le dealer qui se dirigea vers les escaliers. Il les monta tandis que les autres élèves, eux, descendirent. «Ah bah non ! Comment vais-je faire, du coup ?» se lamenta mentalement Hermione. Sa couverture venait de tomber. Elle allait devoir être la plus discrète possible. Elle laissa le suspect prendre de l'avance et grimpa les marches lorsqu'il fut arrivé tout en haut. Elle le traqua à distance et râla intérieurement quand elle dut le filer dans un couloir désert. Elle avait espéré qu'il y aurait du monde sur le chemin qui le mènerait à son point de rendez-vous, ce qui aurait permis à Hermione de se fondre dans la masse, et voilà qu'il n'y avait personne… Il allait vraiment falloir qu'elle fasse attention. Elle garda une distance raisonnable avec le dealer tout en restant assez proche de lui pour éviter qu'il ne la sème. Ils étaient au sixième étage, un endroit où il y avait bon nombre de coins isolés, entre les culs-de-sac et les statues derrière lesquelles il était facile de se dissimuler. Ils passèrent l'un après l'autre devant toutes les cachettes que Hermione connaissait, ce qui l'intrigua. Où comptait-il aller ? Où avait-il prévu de rejoindre sa cliente ? Il n'y avait pas d'autres lieux secrets qui, d'après Hermione, étaient susceptibles d'abriter un trafic de potions droguées… De plus, elle avait l'impression de tourner en rond. Ils avaient déjà traversé deux fois plusieurs couloirs. À quoi jouait-il ? Elle songea un instant que le dealer était à la recherche de sa cliente. Mais cela lui parut vite absurde. Ils avaient forcément convenu d'un endroit bien précis… Plongée dans ses pensées, elle ne vérifiait plus où allait le dealer. Elle finit cependant par relever la tête et elle manqua de jurer en voyant qu'il n'était plus devant elle. Elle pressa le pas et regarda à gauche et à droite à chaque fois qu'il y avait plusieurs directions possibles. Mais elle ne le vit nulle part. Elle avait perdu sa trace. Elle décida de revenir sur ses pas, fit demi-tour… et faillit hurler en se retrouvant nez à nez avec le dealer. Elle recula instinctivement mais il combla l'espace en avançant vers elle. Il était si près d'elle qu'elle put voir son blason. C'était un Poufsouffle. Elle aurait été étonnée si elle n'était pas autant paralysée par la peur. La situation était effrayante. Et elle le fut encore plus quand un horrible sourire étira les lèvres du dealer. Hermione se sentit alors prise au piège.
- Tu croyais que tu allais me berner aussi facilement ? Je sais très bien que tu m'as entendu, tout à l'heure, quand je parlais avec mon ami. J'ai prétendu le contraire car je voulais que tu te dises que tu pouvais me filer sans que je ne me méfie. Et ça n'a pas raté. Tu as pu t'enfuir, la première fois, et moi aussi, parce que je n'avais aucun intérêt à ce qu'on se croise, mais tu n'auras pas cette chance, cette fois. On va avoir une petite discussion, toi et moi.
Le dealer attrapa le poignet de Hermione et voulut l'entraîner derrière lui mais elle ne se laissa pas faire et parvint à se dégager de son emprise. Elle dégaina sa baguette et la pointa vers le Poufsouffle qui réagit aussitôt en faisant de même. Il tenta de la désarmer mais elle esquiva aisément le sort et riposta en lui lançant un maléfice du saucisson. Un duel s'engagea dès lors entre eux. Ils ne se firent aucun cadeau, chacun ayant deviné que l'autre n'était pas à prendre à la légère. Hermione était une très bonne duelliste mais elle comprit vite que son rival était plus expérimenté qu'elle. Il la projeta plusieurs fois en arrière et elle dut se relever dans la foulée et attaquer à chaque fois malgré le choc pour l'empêcher de s'acharner sur elle en profitant de sa position de faiblesse. Elle envoyait sort sur sort mais il les essuyait tous avec une facilité déconcertante. Il était inépuisable alors que Hermione, elle, fatiguait, n'étant pas habituée à autant de puissance et d'intensité. Elle ne réussissait pas à se défendre efficacement, si bien qu'elle était touchée une fois sur deux par les sorts que le Poufsouffle lui jetait. Elle reçut un énième sort qui la catapulta et qui la fit atterrir lourdement sur le sol. Sonnée, elle resta immobile pendant quelques secondes, ce qu'elle regretta très vite quand elle vit le dealer se rapprocher, la baguette dirigée vers elle. Tétanisée, elle ne put rien faire tandis qu'il la rejoignait. Il avait de nouveau ce sourire terrifiant sur ses lèvres.
- Alors, que vais-je faire ? Te pétrifier ? T'immobiliser ? Te stupéfixer ? Te désillusionner en plus de l'un de ces trois sorts ? Histoire que tu restes comme ça le plus longtemps possible, sans pouvoir ni parler, ni bouger, ni appeler à l'aide ? C'est un programme très tentant… Allez, je vais être gentil, je t'autorise à choisir. Que veux-tu ? Le maléfice du saucisson, le sort d'immobilisation ou le sortilège de stupéfixion ?
Incapable de prononcer le moindre mot, Hermione put cependant adresser au Poufsouffle un regard dans lequel elle mit toute la haine qu'elle avait envers lui. Loin de l'impressionner, cela n'eut pour effet que le faire sourire davantage.
- Tu me hais, hein ? Ne t'en fais pas, c'est réciproque. Bon, trêve de bavardages. Tu n'as pas voulu choisir, eh bien je vais le faire pour toi.
Le dealer abaissa légèrement sa baguette, visant de façon plus précise Hermione qui ferma les yeux, ne souhaitant pas voir le sort qui allait la toucher. Le Poufsouffle commença à prononcer la formule du maléfice de saucisson quand il fut coupé par quelqu'un qui le désarma. Osant à peine croire à ce qui venait de se passer, Hermione mit un moment à rouvrir les yeux, et lorsqu'elle le fit, ce qu'elle vit la stupéfia. Devant elle se trouvait Cormac McLaggen qui tenait le dealer en joue avec sa propre baguette.
- Tu as de la chance que je t'aie seulement désarmé, siffla-t-il. Si je m'étais écouté, je t'aurais réduit en charpie ! Mais tu as suffisamment traumatisé cette jeune fille pour que j'en rajoute. Mais on n'en restera pas là. On se reverra en cours. À ta place, je me terrerais dans mon dortoir, quitte à sécher, afin de ne pas subir mon courroux. Maintenant, dégage, et ne t'avise plus de recommencer.
McLaggen rendit sa baguette au Poufsouffle qui la prit avant de détaler à toute vitesse. Le regard du Gryffondor se posa sur Hermione. Ses traits se radoucirent considérablement et un sourire se forma sur ses lèvres. Il tendit une main à Hermione qui hésita un peu avant de s'en saisir. McLaggen l'aida ainsi à se remettre sur ses pieds. Ses jambes tremblaient mais elles arrivaient à la supporter.
- Ça va ?
Hermione leva les yeux vers McLaggen. Il semblait vraiment inquiet. Un dilemme s'imposa alors dans son esprit. Elle ne savait pas quelle attitude adopter face à lui. Elle lui en voulait encore de lui avoir fait rater son coup lorsqu'elle espionnait la conversation entre ce dealer et sa cliente, mais elle lui était reconnaissante de l'avoir sauvée. Indécise, elle opta pour un air neutre.
- Oui, je suis juste encore sous le choc.
- Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie ?
- Non, merci, ça va aller. Je vais plutôt aller dîner.
- Ah oui, c'est vrai, c'est l'heure de manger… Je vais te laisser y aller, dans ce cas. Mais d'abord, je tiens à m'excuser. Je me suis encore immiscé entre un dealer et toi… Mais les circonstances ne sont pas du tout les mêmes et je t'avoue qu'en venant ici, c'était un peu mon but. Je t'ai suivie et je m'en suis mêlé car je voulais éviter qu'il ne t'arrive quoi que ce soit…
Hermione fut touchée à la fois par les paroles de McLaggen que par la sincérité qui s'entendait dans sa voix. Elle oublia quelque peu sa rancœur et secoua la tête :
- Tu as bien fait, cette fois. Il s'apprêtait à me lancer le maléfice du saucisson et à me désillusionner ensuite…
- Ce type est dangereux. Il est dans ma classe depuis six ans, je le connais bien. Il vaut mieux que tu sois avec quelqu'un pour t'attaquer à lui. Enfin, je te dis ça, mais je sais que je n'ai pas de conseils à te donner…
Hermione grimaça.
- Tu as pourtant raison. Mais je ne peux demander à personne de venir avec moi quand je décide de pister quelqu'un.
- Pourquoi ?
- Parce qu'ils ne comprennent pas. Ils disent que je fais une fixette, que je suis obsédée par la chasse aux dealers, mais c'est faux. Je veux simplement débarrasser l'école de tous ces dealers qui mettent en danger leurs camarades.
- Mais tu ne peux pas faire ça toute seule, il y en a beaucoup trop… Et c'est très risqué de faire une traque en solo…
- J'en suis bien consciente, mais je n'ai pas le choix. Et je prends mes précautions. Si j'estime que c'est trop dangereux, je laisse tomber. Là, je ne m'attendais pas à ce qu'il se doute que je le suivais et à ce qu'il me piège… Mon plan, c'était juste d'essayer de récolter un maximum d'infos, plus que la fois précédente. Mais je n'ai même pas pu le pister jusqu'à son rendez-vous, il s'en est pris à moi sur le chemin…
- Je vois. Fais juste attention à toi à l'avenir, d'accord ? Et reste loin de ce type. Bon, je te laisse, je dois rejoindre quelqu'un, confia McLaggen. Passe une bonne soirée.
Hermione acquiesça et voulut souhaiter de même à son interlocuteur mais il partit sans attendre de réponse. Elle n'avait peut-être pas été très réactive… Mais il fallait dire qu'en plus d'être encore un peu sonnée par son duel, elle était également troublée par l'échange qu'elle venait d'avoir avec son camarade de maison. Un tas de questions se bousculaient dans sa tête. Comment McLaggen avait-il su qu'elle était là, à cet endroit précis, aux prises avec un dealer ? Avait-il été informé par une tierce personne ? Avait-il été alerté par les cris en se promenant dans les couloirs ? Comment avait-il fait pour désarmer le dealer aussi facilement ? Pourquoi ne s'était-il pas vanté de l'avoir sauvée, lui qui était si prétentieux ? Pourquoi avait-il soudain changé de comportement envers elle ? Cela cachait-il quelque chose ? Ou était-il vraiment sincère ? Toutes ces interrogations lui donnèrent le tournis. Il était préférable qu'elle songe à autre chose pour le moment. Déjà, elle devait aller manger, même si elle n'avait pas faim. Elle avait eu de fortes émotions, elle s'était dépensée et elle avait été épuisée de toutes ses forces lors du duel. Elle avait donc besoin d'en reprendre. Ce fut sur cette sage pensée qu'elle se dirigea vers les escaliers. Tout en les descendant, elle s'efforça d'avoir l'air normale. Elle n'avait pas envie que Harry, Ron et Ginny s'inquiètent. Ils le faisaient déjà un peu trop à son goût en s'entêtant à croire qu'elle faisait une fixette sur les dealers. C'était limite s'ils ne la traitaient pas de malade mentale… Bientôt, ils allaient lui dire qu'elle ferait mieux d'aller faire un séjour dans un hôpital psychiatrique ! Ce qui serait complètement absurde. Elle allait parfaitement bien. Elle faisait juste la guerre aux dealers pour le bien de l'école. Mais ça, ses amis refusaient de le comprendre. Ils étaient trop bornés pour cela. Elle aurait pourtant aimé qu'ils la soutiennent et que les préfets de la bande s'allient avec elle… Mais si elle devait se battre seule, eh bien soit, elle le ferait. Cela ne lui faisait pas peur. Après tout, c'était une histoire personnelle. Quelques mois plus tôt, elle n'avait pas eu besoin de ses amis pour faire des choix qui avaient mis en danger son meilleur ami, lorsqu'elle savait qu'Adrian se droguait et qu'elle n'avait rien dit à personne. Alors c'était à elle de se rattraper. À elle et à personne d'autre. Elle devait assumer, seule. Elle n'avait pas su aider et protéger un des êtres qui lui étaient les plus chers au monde, elle ne pouvait pas retourner en arrière pour réparer ses erreurs, mais elle pouvait sauver l'avenir en empêchant les dealers de gâcher celui de leurs clients. C'était peut-être un défi osé, mais elle devait réussir. Pour le bien de Poudlard.
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(mercredi 15/05) POV Ginny
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Ginny était énervée. Elle détestait voir ses plans perturbés. Elle avait prévu d'aller faire un footing dans le parc, comme tous les matins, mais elle voulait à tout prix parler à Pansy. Elle n'avait pas pu le faire la veille, ne l'ayant pas vue, et elle espérait donc la trouver dans la Grande Salle. Elle n'avait pas faim mais elle n'allait pas attendre Pansy pendant trois quarts d'heure près de l'entrée… Voilà pourquoi elle se rendait à la Grande Salle au lieu d'aller courir dehors. Une fois arrivée, elle s'installa à la table des Gryffondor, à côté de Harry et en face de Hermione. Elle chercha Pansy à la table des Serpentard et fut soulagée de la voir. À présent, il fallait qu'elle la surveille pour ne pas la rater lorsqu'elle sortirait. Mais elle devait le faire discrètement afin de ne pas attirer les soupçons de ses amis. Alors qu'elle se servait du jus de citrouille, elle se sentit épiée. Elle leva les yeux et haussa les sourcils en voyant ses amis l'observer d'un air étrange.
- Quoi, qu'est-ce que vous avez à me fixer comme ça ?
- Tu n'as rien remarqué ? s'étonna Hermione.
Ginny jeta un coup d'oeil autour d'elle.
- Ben… non. Qu'est-ce que j'aurais dû remarquer ?
- Tu ne trouves pas la table des professeurs un peu vide ?
Ginny regarda la table en question et vit que Ron avait raison.
- Ah oui, c'est vrai. Il n'y a que le professeur Lupin, le professeur Snape, le professeur McGonagall et le directeur… Et ils sont en grande discussion. Ils semblent préoccupés.
- Peut-être que les professeurs absents sont à la recherche d'un élève et que les deux autres se sont dévoués pour gérer le petit-déjeuner avec le directeur et la sous-directrice, suggéra Harry.
- Ou alors un psychopathe a enlevé presque tous les professeurs et les retient en otage quelque part, renchérit Ron.
- Dans ce cas, il aurait aussi pris le professeur Snape et le professeur Lupin, lâcha Ginny.
- Eh bah ils devaient être ensemble dans la salle sur demande.
- Ben voyons, et bientôt tu vas nous dire que Remus trompe Sirius avec le professeur Snape, ironisa Harry. Alors que le professeur Snape est hétéro et en couple…
- Justin aussi se croyait hétéro, et lui aussi était en couple, et ça ne l'a pourtant pas empêché d'aller fricoter avec Théo… Mais je plaisantais, va, je pense comme toi que ceux qui ne sont pas là ont dû avoir une urgence.
Ginny s'apprêta à répondre mais Dumbledore décida de prendre la parole au même moment :
- Votre attention, s'il vous plaît !
Le silence se fit aussitôt dans la Grande Salle.
- Comme vous l'avez sûrement constaté, bon nombre de vos professeurs ne sont pas venus déjeuner. Ils sont souffrants et ne sont pas en état de se déplacer. Nous pensons savoir ce qu'ils ont, et si c'est le cas, ils seront vite remis sur pied. Le professeur Snape travaille en étroite collaboration avec Mrs Pomfrey afin de les y aider. Même si nous n'avons aucune preuve quant à l'origine de leurs maux, nous pouvons vous partager les éléments que nous avons à disposition. Hier soir, vos professeurs se sont réunis afin de fêter l'anniversaire de l'un des leurs. Ce matin, seuls deux membres de l'équipe enseignante se portaient bien, et il s'agit de ceux qui n'ont pas assisté à cette fête. Tout laisse donc à croire que ceux qui sont malades ont été intoxiqués par le festin qui a été préparé. C'est presque une certitude, mais ce que nous ignorons, c'est ce qui a bien pu provoquer cette intoxication. Par mesure de précaution, toute la nourriture sera jetée et les cuisines seront nettoyées de fond en comble. Pas de panique, vous pourrez manger ce midi, et le repas sera sain. Vos professeurs étant indisponibles, tous les cours sont donc annulés aujourd'hui, y compris ceux de potions et de métamorphose, étant donné que le professeur Snape doit faire des recherches et préparer des potions, et que le professeur Lupin doit retourner à ses appartements et y rester pour des raisons personnelles.
Ginny échangea un regard avec Harry, Ron et Hermione. Tout comme eux, la quasi-totalité de leurs camarades avaient probablement deviné qu'il y avait en réalité une seule et unique raison et qu'elle s'appelait Sirius. Le lien qui l'unissait au professeur Lupin devait obliger celui-ci à demeurer près de son compagnon qui était souffrant, qui avait besoin de lui, de son soutien et de son réconfort, et Ginny trouvait cela très beau.
- Vous avez donc quartier libre pour cette journée et celle de demain et si tout va bien, vendredi, vos professeurs iront suffisamment mieux pour pouvoir reprendre les cours. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée et je vous recommande vivement d'utiliser votre temps libre à bon escient.
Le directeur fit un signe de tête et se rassit à sa place. Les discussions reprirent mais beaucoup plus timidement qu'avant l'annonce de Dumbledore.
- À bon escient, ça veut dire quoi, ça ? grommela Ron.
- Eh bien, éviter de faire les zouaves dans les couloirs et privilégier plutôt les révisions, les séances de travail en binôme, les devoirs individuels…
- Oh la barbe, on a des congés pas du tout prévus qui nous tombent tout cuit dans le bec d'un coup, c'est trop beau pour être vrai, alors je compte bien en profiter au maximum pour faire ce que j'aime faire, à savoir dormir, manger, jouer, et plein d'autres choses très agréables… Et je vais commencer dès maintenant en retournant me coucher !
Ron joignit le geste à la parole, se leva et quitta la Grande Salle.
- Il n'aura jamais ses BUSE, commenta Hermione.
Ginny haussa les épaules.
- Pour ce que ça l'intéresse…
- Mais c'est important, protesta Hermione.
- S'il veut se lancer dans une carrière de joueur professionnel de Quidditch, ça ne lui servira pas à grand-chose…
- Et s'il rate sa vocation ? S'il se rend compte que ce n'est pas fait pour lui ? S'il ne supporte pas la pression ? Qu'est-ce qu'il va faire ? Qu'est-ce qu'il va devenir ?
- On croirait entendre ma mère lors de la réunion avec le professeur Lupin ! Mais fais-lui confiance, bon sang ! On peut très bien réussir dans la vie sans avoir passé ses BUSE et ses ASPIC ! D'accord, c'est mieux de les avoir, ça ouvre plus de portes, mais il y a des métiers qui ne demandent aucune qualification, qui offrent un salaire convenable et qui sont tout aussi utiles que le métier d'avocat, de médicomage, de professeur ou d'employé du Ministère ! Il faut s'ouvrir un peu au monde, et ne pas rester dans son monde étriqué où pour être bien vu de la société, il faut obligatoirement avoir un métier qui prouve que tu as eu tes ASPIC et avoir un salaire qui paye bien et qui permet de partir en vacances dès que tu as une semaine de congés !
Ginny se tut sur ces mots et rougit en voyant que tout le monde la regardait comme si elle était une bête curieuse. Ils avaient tous l'air choqués, mais sûrement pas autant que Hermione et Harry qui ne s'attendaient pas à une telle explosion de sa part. En même temps, elle s'était peut-être un peu trop énervée… Elle ne savait pas pourquoi elle s'était emballée comme ça. Hermione l'avait agacée à ne prendre en considération que les BUSE et les ASPIC, mais ce n'était pas une raison pour s'emporter ainsi... Elle aurait pu exposer ses arguments calmement… Mais elle était légèrement sous tension, en ce moment. Il suffisait donc d'un rien pour qu'elle parte au quart de tour. Mais son amie n'y était pour rien. Elle décida alors de s'excuser :
- Pardon, je ne voulais pas être aussi désagréable… Mes plans ont été chamboulés ce matin, ça m'a mis les nerfs en pelote et ça s'est ressenti à l'instant…
- Ne t'en fais pas, je comprends. Je crois qu'on est un peu tous à cran, actuellement. Le fait que les examens approchent doit y être pour quelque chose.
«Non, il n'y a pas que ça» pensa Ginny. En ce qui la concernait, les examens étaient bien loin d'être la source première de son stress… Mais elle se garda bien de le dire. Cela risquerait vite de tourner en dispute et c'était tout ce dont elle n'avait pas envie. N'ayant pas non plus faim, elle préféra s'en aller.
- Bon, je vais faire un tour, histoire de voir à quoi ressemble le château un mercredi à huit heures… À plus tard.
Ginny prit congé de ses amis et sortit à son tour de la Grande Salle. Elle s'apprêtait à se diriger vers les escaliers lorsqu'elle se souvint qu'elle devait parler à Pansy. Elle fit demi-tour et se posta près de l'entrée de la Grande Salle. Pansy ne tarda pas à montrer le bout de son nez. Elle vit très vite Ginny et dut se douter que c'était elle qu'elle guettait car elle la rejoignit.
- Tu m'attendais ? demanda-t-elle en souriant.
- Oui, je voulais te voir à propos de la mission, dit Ginny assez bas.
- Allons un peu plus loin, alors.
Pansy et Ginny reculèrent jusqu'à une zone un peu moins fréquentée.
- Tu veux savoir comment ça s'est passé avec Terry ?
- Oui, ça me turlupine depuis lundi soir, j'aurais aimé te croiser hier mais impossible de te trouver où que ce soit dans le château…
- Oui, le mardi, je ne suis pas très disponible, j'ai cours toute la journée, et j'ai mon entraînement de Quidditch après les cours. Mais j'ai réussi à intercepter Terry après le dîner, quelques heures après notre discussion, il m'a cru sans hésiter et il a accepté de faire la traque avec moi.
- Tu lui as dit que Hermione refusait d'y croire, elle ?
- Oui, je lui ai répété tout ce que tu m'as dit.
- Et ça ne le dérange pas de s'engager dans quelque chose que désapprouverait Hermione ?
- Il ne m'a rien dit à ce sujet mais à mon avis, il préfère ne pas y penser, de peur que, justement, ça influence sa décision. Et il ne veut pas tout mélanger. Ses actions en tant que préfet ne doivent pas avoir d'impact sur leur couple. C'est ce qu'il doit se dire. Il sépare donc la sphère professionnelle et la sphère privée.
- Je vois. Et il a entièrement raison. Je suis rassurée, dans ce cas. Le mieux, c'est que Hermione ne sache rien tant que la traque n'a pas eu lieu et que Hannah n'a pas été convoquée.
- Tout à fait. Et elle te devra des excuses, à ce moment-là, estima Pansy. Car elle aura la preuve que c'était toi qui avais vu juste depuis le début, alors qu'elle s'entêtait à ne pas te prendre au sérieux…
- Je veux juste qu'elle reconnaisse qu'elle aurait dû donner du crédit à ce que je disais. Le reste, je m'en fiche. Tout ce que je souhaite, c'est retrouver ma meilleure amie et la relation que j'avais avec elle avant toute cette histoire. Pour ça, il faut qu'elle admette qu'elle a eu tort de ne pas vouloir me croire. Mais je crains que ce ne soit pas suffisant. Il n'y a pas que ça qui nous a éloignées l'une de l'autre. Il y a également nos divergences d'opinion sur l'importance des BUSE et des ASPIC, mais aussi sa fixette sur les dealers… Et puis il y a moi qui accumule les contrariétés, qui suis à fleur de peau et qui réagis vite au quart de tour… C'est pour ça que j'ai décidé de me reprendre en main. Je cours tous les jours avant d'aller en cours. Ce matin, je n'ai pas pu le faire car je devais à tout prix te parler. J'étais donc assez irritable et je me suis pris la tête avec Hermione. Le sport, ça m'aide à me canaliser. Pour être détendu, il faut avoir le contrôle sur tous les aspects de sa vie, que ce soit le mental, la condition physique, les études, le travail… C'est très dur et c'est pour ça que je m'inflige une discipline de fer. Du coup, comme je n'ai pas pu faire mon footing ce matin, je vais me balader un peu dans le château. Ça ne vaudra pas une heure de footing mais ce sera toujours ça de pris. Si on ne se revoit pas d'ici vendredi, je te souhaite bon courage pour la traque.
- Merci, on va tout faire pour coincer Hannah et son dealer. Mais ne tire pas trop sur la corde, pense à te reposer, les examens approchent, il faut que tu sois au top de ta forme…
- Je fais attention, ne t'en fais pas pour ça. Tiens, pour te prouver que je sais aussi prendre du temps pour moi, et vu qu'on a deux jours de congés, on peut se retrouver tous ensemble demain et passer l'après-midi dans la salle sur demande…
- Oh oui, super idée ! Je vais soumettre la proposition à Draco, Blaise et Théo, Draco transmettra le message à Harry qui en parlera à Hermione qui verra ça avec Terry, Théo fera de même avec Justin, et moi j'en informerai Ron.
- Génial, on fait comme ça. Je n'ai rien à faire, du coup, s'amusa Ginny.
- C'est ça, rit Pansy. Allez, passe une bonne journée.
Ginny acquiesça et souhaita de même à Pansy qui s'en alla. Ginny prit de nouveau la direction des escaliers et monta au premier étage, n'ayant pas envie de faire le rez-de-chaussée qui était souvent bondé.
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Alors qu'elle longeait l'un des premiers couloirs de l'étage, elle entendit quelqu'un l'appeler et se retourna. C'était Simon.
- Tu ne peux plus te passer de moi, même quand les cours sont annulés ? se moqua-t-elle gentiment.
- C'est ça, mais ne le répète pas à Fiona, plaisanta Simon. Non, plus sérieusement, je voulais savoir si tu serais d'accord pour qu'on ait une séance de travail cet après-midi, puisqu'on est libres…
- Oui, bien sûr, je n'avais rien de prévu, en plus. Quinze heures, ça t'irait ?
- C'est parfait ! Ça nous laisse quatre heures devant nous si on va manger à dix-neuf heures, on aura le temps de bien avancer sur un ou deux devoirs.
- Et ce ne sera pas de refus car même si on a encore deux semaines pour rendre le devoir de potions et le devoir de botanique, ils sont très longs et très compliqués, il vaut donc mieux vite s'y mettre…
- Ça se sent que ce sont les derniers devoirs de l'année, soupira Simon. Soixante-dix centimètres de parchemin en botanique, c'était du jamais vu… Qu'est-ce que ça va être l'année des BUSE… Bon, je ne vais pas te retenir davantage, tu allais peut-être à ta salle commune ou à ton dortoir…
- En me baladant au premier étage ?
- Bah, tu sais, les escaliers peuvent te mener n'importe où lorsqu'ils n'en font qu'à leur tête, indiqua Simon avec humour.
- C'est vrai, mais je fais juste un tour pour le moment. Tu veux m'accompagner, d'ailleurs ?
- Avec grand plaisir !
Ginny et Simon se mirent en route et reprirent la promenade de Ginny ensemble. Arrivés à l'étage suivant, ils croisèrent de jeunes élèves qui couraient et se poursuivaient en chahutant. Ginny eut la folle envie de les rappeler à l'ordre en leur signalant que ce n'était pas parce qu'ils étaient dispensés de cours qu'ils devaient faire les idiots dans les couloirs, mais elle se ravisa. Ce n'était pas à elle de leur dire ça, elle n'avait aucune autorité sur eux. Elle jeta un coup d'oeil à Simon qui avait les traits un peu tendus. Elle devina qu'il était dans le même état d'esprit qu'elle, ce qui la surprit. Quand ils s'étaient rejoints après avoir été convoqués par leurs directeurs de maison pour se voir proposer une candidature au poste de préfet pour l'année suivante, il avait clairement dit à Ginny qu'il n'était pas du tout fait pour ce rôle… C'était même lui qui avait convaincu Ginny de refuser de faire partie de la liste du professeur Lupin. Il avait tellement semblé farouchement opposé à l'idée de figurer dans celle du professeur Snape… Avait-il caché ses véritables désirs ? Aurait-il aimé, en réalité, devenir préfet ? Si oui, pourquoi avait-il fait croire le contraire ? En y repensant, sa réaction avait été peut-être un peu trop excessive… Il avait été outré par le fait que leurs directeurs de maison aient voulu les avoir dans leur liste, comme si c'était une insulte à leur égard alors que c'était plutôt flatteur… Il avait réagi au quart de tour, en fait. Ginny aurait dû se douter que cela cachait quelque chose. Mais elle avait été elle-même troublée par tout ça. Elle s'était rangée du côté des arguments de Simon et s'était dit qu'il avait raison, que ce serait absurde de vouloir être préfet alors qu'ils avaient déjà trop de choses à faire entre leurs cours, les devoirs, les séances de travail en binôme, les entraînements de Quidditch, leurs amis, leurs moitiés respectives… Sans compter que ce serait l'année des BUSE. Mais elle s'était sentie triste sans savoir pourquoi. Du moins, c'était ce dont elle s'était efforcée de se persuader. Car en vrai, elle était parfaitement consciente de la raison pour laquelle elle avait été chagrinée. Mais elle n'avait pas voulu voir la vérité en face. À présent, elle l'admettait : le poste de préfète l'avait toujours intéressée. Et devoir y renoncer à cause d'un emploi du temps trop surbooké l'avait affligée. Et c'était sûrement pareil pour Simon. Sauf que lui était cent fois plus dans le déni qu'elle. En clamant haut et fort que jamais il n'intégrerait la liste des potentiels préfets, que c'était complètement stupide de la part des professeurs Snape et Lupin d'avoir pensé à Ginny et lui, qu'ils allaient être obligés de se débrouiller sans eux, il avait cherché à se convaincre lui-même. Ginny se rendit alors compte qu'ils étaient passés à côté d'une belle opportunité qu'ils auraient pu avoir haut la main face à leurs adversaires puisqu'ils étaient de toute évidence les favoris… C'était désormais trop tard pour revenir en arrière. L'amertume et la déception envahirent Ginny à cette pensée. Mais elle ne devait pas s'attarder là-dessus. Ce qui était fait, était fait. Cela ne servait à rien de ressasser. Elle se concentra donc sur sa balade et monta au troisième étage avec Simon. Celui-ci fut bien plus calme que les précédents. Ils ne rencontrèrent personne sur leur chemin et arrivèrent vite à l'escalier qui menait au quatrième étage. Mais à peine eurent-ils posé le pied sur la première marche que des chuchotements attirèrent leur attention. Ils tournèrent la tête l'un vers l'autre et chacun put lire dans les yeux de l'autre la même question : «Qu'est-ce qu'on fait ?».
- C'est quoi, à ton avis ? murmura Simon. Un trafic ? Des intimidations ? Des élèves qui préparent un mauvais coup ?
- Aucune idée, grimaça Ginny. Si c'est un trafic, on ne peut rien faire. Si c'est autre chose, on peut se précipiter vers là où ils sont en rigolant et une fois face à eux, leur faire croire qu'on souhaitait se cacher au même endroit qu'eux et qu'on n'était pas au courant que c'était déjà occupé…
Les yeux de Simon pétillèrent.
- Ça c'est brillant ! s'exclama-t-il à voix basse. Allons-y.
Ginny et Simon firent demi-tour et s'avancèrent vers le coin d'où provenaient les voix. Lorsqu'ils furent sûrs qu'ils étaient sur la bonne voie, Ginny arrêta Simon. Elle fouilla dans son sac de cours et en sortit deux bonbons de Fred et George.
- Ce sera notre mobile, expliqua-t-elle. On va prétexter qu'on cherchait une cachette pour tester ces bonbons.
- Super idée, approuva Simon. On va juste reculer un peu pour courir sur une assez grande distance et avoir l'air un peu essoufflés.
Ginny acquiesça et revint sur ses pas avec Simon. Ils retournèrent presque au niveau des escaliers, puis ils se mirent à courir à toute vitesse afin de ne pas laisser le temps aux suspects de réagir et de s'enfuir, sachant qu'ils allaient forcément les entendre. Ils débouchèrent une trentaine de secondes plus tard sur un recoin où se trouvaient trois élèves qui parurent terrifiés en les voyant débarquer. Ils pilèrent et feignirent l'étonnement.
- Oups, pardon, s'excusa Ginny. On voulait faire une expérience, il nous fallait un endroit tranquille pour ça et on s'est dirigés vers celui qui était le plus proche de nous…
- Eh bien revenez dans une demie-heure, car pour l'instant, c'est pris, déclara l'un des élèves.
Tous des Serpentard, remarqua Ginny. Elle s'apprêta à répondre mais un froissement qui ne venait ni d'elle, ni de Simon, ni du trio l'en empêcha. Elle regarda derrière les trois élèves et ce qu'elle vit la choqua. Assise par terre, une jeune fille qui devait être en première année était recroquevillée sur elle-même et semblait trembler de tous ses membres. Ginny serra les poings mais face au trio, elle s'efforça de garder un air neutre.
- Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle d'un ton détaché.
- Ça ne te concerne pas, répliqua le plus grand des Serpentard.
- Oui, bien sûr, renchérit Ginny comme s'il venait d'affirmer que les Frelons de Wimbourne allaient gagner la Coupe de la Ligue. Si vous ne faisiez rien de mal, en effet, ce ne sont pas mes affaires, je n'ai pas à m'en mêler. Mais si vous étiez en train d'embêter cette jeune élève, en revanche, j'ai tout à fait le droit d'intervenir. C'est même un devoir. Ai-je besoin de vous répéter ce que le directeur et le professeur Snape ont dit au sujet du harcèlement ?
- Non, c'est bon, on était là, rétorqua un Serpentard brun.
- Dans ce cas, vous devriez savoir que ce que vous faites est interdit, intervint Simon. Et lourdement sanctionné. Avant qu'on n'arrive, vous intimidiez et menaciez cette élève en profitant du fait qu'elle soit plus jeune que vous et qu'elle ne puisse pas se défendre. C'est terriblement lâche. Vous n'avez donc pas compris le discours qui nous a été fait ?
- Mais qui êtes-vous pour nous faire la morale ? s'emporta le troisième Serpentard. Vous n'êtes pas préfets, à ce que je sache !
- Il n'est pas nécessaire d'être préfet pour empêcher des élèves de s'en prendre à un autre, c'est une chose que quiconque devrait faire s'il en a la possibilité, asséna Ginny. Mon ami et moi ne faisons pas partie des gens qui passent devant une scène de harcèlement sans rien faire. Si quelqu'un est en difficulté, nous lui venons en aide. Ne rien faire alors qu'on en a les moyens, c'est cautionner et se rendre complice. Et nous, nous ne voulons pas être complices d'actes d'intimidations, de menaces, de violences physiques ou verbales proférées à l'encontre d'un de nos camarades. Nous ne faisons qu'appliquer ce qu'a dit le directeur. Et même sans ça, nous ne vous aurions jamais laissés ennuyer cette élève. Et je vous conseille fortement de ne plus vous approcher d'elle à l'avenir. Fichez-lui la paix. Vous devez avoir de sérieux problèmes de compréhension pour ne pas avoir saisi ce que vous encourrez en vous en prenant à quelqu'un de la sorte. Ou alors vous vous en moquez. Vous pensez sûrement que vous pouvez agir ainsi en toute impunité, mais vous savez, ce n'est pas parce qu'elle n'osera rien dire que vous ne risquez rien. D'autres personnes peuvent s'unir pour l'aider, même si c'est contre son gré, et faire éclater la vérité au grand jour. C'est ce que j'ai fait avec tous mes amis pour mettre un terme à l'acharnement que subissait l'un des nôtres. Il refusait d'en parler, alors nous avons pris les devants. Nous avons monté tout un plan, ça a marché et c'est ce qui a donné lieu à ce discours qu'ont prononcé le directeur et le professeur Snape. Donc ne vous croyez pas à l'abri juste parce que votre victime est trop terrorisée pour se confier à qui que ce soit sur ce qu'elle subit. Des gens peuvent venir à son secours à son insu. Et sans que vous, vous ne vous doutiez de rien. Vous voyez, je suis gentille, je vous préviens, je ne vous prends pas en traître. J'aurais très bien pu ne rien vous dire de tout ça. Si vous êtes un tant soit peu intelligents, vous devriez rester loin de cette élève et ne pas vous rabattre sur une autre personne. Allez, assez parlé, vous feriez mieux de partir, car si mon ami et moi entendons un professeur rôder par-là, nous pourrions parfaitement les alerter pour qu'ils viennent constater la situation…
- Espèce de balance, éructa le brun. C'est bon, on se casse, ça sent les fayots, par ici…
Les trois Serpentard jetèrent un regard haineux à Simon et Ginny, puis ils s'en allèrent. Lorsqu'ils furent suffisamment loin, les deux amis reportèrent leur attention sur la jeune élève. Ginny préféra s'en occuper, ce qu'approuva Simon. Elle s'avança donc à pas de loup vers l'élève et s'agenouilla à quelques centimètres d'elle. Elle devina qu'elle appartenait à la maison de Poufsouffle en voyant la couleur de sa cravate.
- Tu n'as plus à avoir peur, ils ne sont plus là, dit doucement Ginny. Tu es en sécurité.
La jeune fille leva lentement la tête. Ses yeux étaient brillants de larmes qu'elle peinait visiblement à retenir et la peur se reflétait sur son visage.
- Ils vont revenir, prédit-elle d'une voix tremblante.
- Non, on les a fait déguerpir pour de bon, assura Ginny. Et je pense que nous leur avons fait assez peur pour qu'ils cessent de t'embêter. Mais si ce n'est pas le cas, tu dois en parler. N'écoute pas ce qu'ils te disent, si tu vas voir un préfet ou un professeur, des mesures seront prises pour te protéger. Ils ne pourront pas te faire subir de représailles.
L'élève ne répondit pas mais elle ne semblait pas convaincue.
- Comment t'appelles-tu ? demanda gentiment Ginny.
- Laura, murmura la Poufsouffle.
- Enchantée, moi c'est Ginny, et lui c'est Simon, indiqua Ginny en désignant son ami derrière elle. Il est de la même maison que ceux qui t'ont ennuyée, sauf que lui est très gentil. Crois-moi, s'il était un méchant garçon, je ne me promènerais pas avec lui. Nous détestons les personnes qui embêtent leurs camarades. Tu peux donc nous faire confiance. Tu veux que je te confie un secret ?
Laura acquiesça timidement.
- Est-ce que tu sais ce que sont les préfets ?
- Oui, ceux de Poufsouffle nous ont dit qui ils étaient à la rentrée. Ils doivent faire régner l'ordre et ils font le tour de l'école après les cours pour punir les élèves qui font des bêtises.
- C'est ça, mais ils n'ont pas que le mauvais rôle. Ils sont aussi là pour aider ceux qui en ont besoin et ils servent également d'intermédiaires entre les élèves et les professeurs. Je ne suis pas censée te le dire mais Simon et moi, on a failli devenir préfets. Mais on a dit à nos directeurs de maison qu'on n'était pas intéressés.
Laura eut l'air surprise.
- Mais pourquoi vous leur avez dit ça ?
- Eh bien ça, tu vois, c'est une bonne question. Il doit t'arriver, parfois, de faire des choses que tu ne comprends pas ?
- Comme mettre deux chaussettes différentes, par exemple ?
- Oui, ou prendre une décision que tu regrettes par la suite.
- Ah oui, j'ai déjà dû faire ça…
- Comme à peu près tout le monde, je pense. C'est ce que j'ai fait quand j'ai refusé d'être candidate au poste de préfète. J'étais pourtant la favorite du professeur Lupin. Tout comme Simon était l'élève que le professeur Snape voulait voir devenir préfet. Ce qui signifie que nous sommes de confiance. Tout ça pour te dire que tu peux te confier à nous sans crainte. Si ces garçons s'en reprennent à toi, essaie de nous trouver et dis-le-nous. On fera un signalement auprès de nos directeurs de maison qui en parleront au professeur Chourave. Ils ne pourront pas convoquer directement les trois Serpentard car ils ne peuvent pas prendre en compte nos déclarations comme si nous étions des préfets, mais ils agiront en informant ta directrice de maison qui te convoquera. On aura déjà déblayé le terrain, elle sera au courant de tout, ça lui permettra de t'aiguiller pour te faciliter la tâche quand tu devras tout lui dire.
Ginny se tut et regarda Laura qui l'avait écoutée attentivement.
- Ça paraît hyper simple, dit comme ça…
- Mais parce que ça l'est, affirma Ginny. Quand on sait quoi faire, tout devient simple. On compte donc sur toi pour venir nous voir si ces garçons t'embêtent de nouveau. D'accord ?
- D'accord, répéta Laura.
- Bien, on va te laisser. À moins que tu veuilles qu'on t'accompagne quelque part ?
- Non, ça va aller, merci, déclina Laura en souriant.
Elle se leva, souhaita une bonne journée à Ginny et Simon et s'en alla.
- Tu as été géniale, admira Simon. On aurait cru une vraie préfète. Tu m'as épaté.
- Je n'ai fait que suivre mon instinct, se justifia Ginny, gênée.
- Tu as un instinct de préfète, alors.
- Toi aussi. J'ai presque tout fait mais tu as quand-même su placer quelques mots très justes et tu as perfectionné notre plan pour surprendre ces garçons en flagrant délit. On a fait un travail d'équipe.
- Qu'on pourrait faire de façon officielle si on était préfets…
Un silence suivit les mots de Simon. Ginny finit par le rompre au bout de quelques minutes :
- On aurait peut-être dû réfléchir un peu plus avant de donner notre décision…
Le soulagement se vit sur les traits de Simon.
- Je n'osais pas le dire, avoua-t-il. Parce que c'est moi qui t'ai poussée à refuser d'être candidate…
- Hé, j'ai mon libre arbitre, rétorqua Ginny. À ce moment-là, j'étais paumée, je ne savais pas quoi penser, toi tu étais sûr de toi, alors je me suis appuyée sur toi et je me suis rangée de ton avis. Mais j'ai toujours senti, au fond de moi, que j'avais fait le mauvais choix.
- Et tu avais raison. J'ai voulu me persuader moi-même que je n'étais pas fait pour le rôle de préfet, et je t'ai entraînée dans ce déni par la même occasion. Je suis désolé.
Ginny secoua la tête.
- Je ne t'en veux pas. Tu étais aussi paumé que moi, sauf que tu as voulu te donner l'illusion que tu maîtrisais tout et ça t'a fait agir n'importe comment.
- Et maintenant je le regrette, dit tristement Simon. Car je vois bien que j'aurais adoré être préfet… Faire respecter l'ordre dans les couloirs, venir en aide aux élèves, rapporter les ennuis qu'ils ont aux directeurs de maison…Tout ça, c'est exactement ce que j'adorerais faire. Mais il n'est peut-être pas trop tard…
Ginny fronça les sourcils. Elle tenta de se rappeler la discussion qu'elle avait eue avec le professeur Lupin lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle ne souhaitait pas devenir préfète. Il lui avait dit qu'elle avait une date butoir pour changer d'avis… Il lui semblait qu'il y avait un «quinze» dans cette date, et elle doutait fortement que cela puisse être le quinze juin, alors cela ne pouvait être que…
- On est quel jour, aujourd'hui ? demanda-t-elle lentement.
- Le quinze mai, pourquoi ?
Ginny faillit pousser un soupir de soulagement. Elle avait cru un instant qu'ils étaient le seize ou le dix-sept et que la date était dépassée. Mais s'ils étaient le quinze, cela signifiait qu'ils n'avaient que quelques heures pour informer leurs directeurs de maison que, tout compte fait, ils étaient d'accord pour faire partie de la liste des candidats au poste de préfet… Par chance, le professeur Snape et le professeur Lupin étaient les deux seuls professeurs à ne pas avoir été intoxiqués lors de la fête de la veille, mais Dumbledore avait bien dit qu'ils allaient être indisponibles, eux aussi… Un dilemme fit rage dans l'esprit de Ginny. Elle savait où se trouvaient les appartements du professeur Lupin, elle pouvait donc très bien aller le voir, mais elle ne voulait pas le déranger alors qu'il était au chevet de Sirius… Mais si son directeur de maison apprenait après-coup qu'elle avait souhaité revenir sur sa réponse mais qu'elle n'avait pas osé se rendre chez lui, il allait probablement lui dire qu'elle aurait dû venir lui en parler, peu importe les circonstances… Ce fut cette pensée qui la décida.
- On peut toujours intégrer la liste, déclara-t-elle. En espérant que nos directeurs de maison n'aient pas choisi quelqu'un d'autre pour nous remplacer… S'ils étaient obligés d'avoir trois filles et trois garçons dans leurs listes, alors on ne pourra rien faire.
- Ça vaut le coup d'essayer, estima Simon.
- Je pense aussi. On y va, alors ?
Simon acquiesça. Ginny et lui firent demi-tour et se dirigèrent vers les escaliers. Ils les descendirent jusqu'au rez-de-chaussée et se séparèrent pour aller chez leur directeur de maison respectif.
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Ginny arriva aux appartements du professeur Lupin au bout de quelques minutes et hésita un peu avant de frapper à la porte. Elle s'ouvrit assez rapidement sur son professeur de métamorphose qui parut un peu surpris de la voir. Mais il lui sourit bien vite chaleureusement.
- Bonjour, Ginny, que me vaut l'honneur de votre visite ?
- Bonjour, professeur, je dois vous parler de quelque chose d'assez urgent mais comme je sais que c'est un peu compliqué pour vous aujourd'hui, je ne voudrais pas vous déranger…
- Ce n'est pas le cas, ne vous inquiétez pas, assura le professeur Lupin. Entrez, je vous prie.
Ginny pénétra dans les appartements et suivit son professeur qui l'emmena au salon. Il lui proposa de s'asseoir, ce qu'elle fit, et elle accepta la tasse de thé qu'il lui offrit.
- Je n'arrête pas d'en faire pour Sirius. Il n'a le droit qu'à ça. Il faut éliminer ce qui l'a intoxiqué et le thé est très efficace pour ça. Bien sûr, il ne doit pas trop en boire, mais respirer les vapeurs apaise certains désagréments. C'est pour ça que j'en refais régulièrement.
- Je vois, c'est pour cette raison, entre autres, que vous devez rester près de lui, en plus du lien qui vous unit.
- Tout à fait. Si j'avais dû faire cours, je n'aurais pas été tranquille et j'aurais souffert d'être loin de Sirius et de ne pas lui apporter ma présence qui lui est indispensable du fait de notre lien. Et il aurait été lui-même encore plus mal, il était donc hors de question que je m'éloigne de lui. Mais venons-en à l'objet de votre visite. Qu'est-ce qui vous amène ?
- Je ne sais pas trop comment vous dire ça…
- Si vous me permettez, Ginny, je commence à bien vous connaître, et vous n'êtes pas vraiment du genre à tourner autour du pot. Et vous savez qu'avec moi, vous pouvez y aller directement. Alors ne prenez pas de pincettes et dites-moi tout.
C'était exactement ce que Ginny avait besoin d'entendre. Elle prit une grande inspiration intérieure et se lança :
- J'aimerais finalement faire partie de la liste des candidates au poste de préfète.
Le professeur Lupin regarda Ginny avec un air surpris.
- Mais je croyais que vous n'étiez pas intéressée ?
- Honnêtement, professeur, est-ce que vous y avez cru une seconde ?
- Non, avoua d'emblée le professeur Lupin. Mais je respectais votre choix, même si, je le reconnais, cela ne m'arrangeait pas du tout.
- Parce que c'est moi que vous voudriez voir devenir préfète ? Je sais que vous n'avez pas le droit de répondre à cette question, mais je pense avoir deviné que vous auriez aimé me mettre en haut de votre liste.
- Si vous n'étiez pas déjà favorite sans même figurer dans cette liste, vous m'avez prouvé il y a peu que vous étiez faite pour être préfète. Mais avoir les qualités et les compétences requises n'est pas suffisant. Il faut aussi en avoir envie. Et c'est ça qui bloquait avec vous.
- Ce n'est plus le cas, à présent. J'en ai toujours eu envie, en réalité, mais je refusais de l'admettre. Je crois que ça m'effrayait, le fait d'être autant faite pour quelque chose. C'était comme si c'était le destin qui l'avait voulu, et je n'ai jamais cru à ces choses-là. Mais tous ces signaux qui disaient que j'avais l'âme d'une préfète, ça remettait en doute mes convictions, et ça m'a donc perturbée. Je ne savais plus quoi penser.
- Je comprends. Mais tout ça, vous auriez dû m'en parler. Quand vous êtes désorientée comme vous l'avez été, c'est à moi que vous devez vous adresser. Je suis là pour vous écouter, pour vous aider, pour vous guider. Mais je ne vous fais pas de reproches, car j'aurais fait comme vous, à votre place, je ne me serais confié à personne. Mais la prochaine fois que vous serez dans ce genre de situation, venez me voir. Si vous voulez être crédible en conseillant à un élève qui a un problème d'en parler à son directeur ou à sa directrice de maison, vous devez en faire autant quand c'est vous qui avez un souci. Enfin bon, je dis ça, mais rares sont les préfets qui montrent l'exemple à ce sujet…
- J'essaierai de me détacher du lot, alors, promit Ginny.
Le professeur Lupin acquiesça.
- Je compte sur vous. Bon, je parle comme si vous étiez déjà préfète, mais ce n'est pas encore fait. Il faut que vous passiez des tests, comme les autres candidats. J'ignore si vous vous en souvenez, mais vous aviez jusqu'à aujourd'hui pour revenir sur votre décision… C'est une chance que vous l'ayez fait à temps.
- Je me suis rappelée ce que vous m'aviez dit, oui, confirma Ginny. J'ai eu un doute sur la date, j'ai demandé à Simon quel jour on était et j'ai eu peur qu'il me dise qu'on était le seize ou le dix-sept, auquel cas il aurait été trop tard pour changer d'avis… Lui aussi veut intégrer la liste des candidats au poste de préfet. Il doit être avec le professeur Snape, à l'heure qu'il est.
- C'est une excellente nouvelle, se réjouit le professeur Lupin. Votre professeur de potions était tout aussi désemparé que moi à l'idée que son élève qui faisait office de favori ait refusé de faire partie de la liste. Vous aimez jouer avec nos nerfs, en fait.
- Nous sommes surtout de grands indécis, s'amusa Ginny. Je suis vraiment désolée d'avoir attendu la date butoir pour finalement accepter de candidater pour le poste de préfète…
- Ne vous excusez pas, j'ai bien compris que cela avait été compliqué pour vous. Le principal, c'est que vous soyez sortie à temps de votre déni. Comme la date butoir était valable pour tous les élèves retenus, aucun test n'a encore été fait. Il y aura d'abord le test théorique basé sur le règlement, puis les tests pratiques en conditions réelles. Mais je vous convoquerai tous ensemble cette semaine pour vous expliquer tout cela. Avez-vous des questions ?
- Non, pas à ma connaissance.
- Êtes-vous sûre de votre choix ?
Ginny se retint de lever les yeux au ciel. Son professeur se moquait d'elle. Ce n'était pas gentil.
- Oui, j'en suis sûre.
- Bien, vous pouvez y aller, dans ce cas, dit le professeur Lupin en souriant.
Ginny le remercia, lui souhaita une bonne journée et s'en alla. Une fois sortie des appartements, elle prit la direction des escaliers, voulant se rendre à sa salle commune. Sur le chemin, elle croisa Luna avec qui elle discuta un long moment, puis Fiona, qui cherchait Simon, son petit-ami, et enfin Terry, qui, contrairement à Luna et Fiona, passa à côté de Ginny sans la voir. Elle aurait pu ne rien lui dire et le laisser tranquille mais son air préoccupé l'intrigua. Elle le suivit donc et le rattrapa.
- Terry !
Son ami de Serdaigle sursauta et se retourna. Il parut surpris de la voir.
- Tu étais tellement plongé dans tes pensées que tu ne m'as même pas vue, lui dit gentiment Ginny.
- Oups, pardon, s'excusa Terry, contrit. Heureusement que je ne t'ai pas foncé dedans…
- Je t'aurais évité, le rassura Ginny. Mais est-ce que ça va ?
- Oui, pourquoi ?
- Parce que tu as l'air soucieux. Ça ne te ressemble pas de ne pas regarder où tu vas.
Terry soupira.
- Je suis inquiet pour Hermione.
Ces simples mots suffirent à alerter Ginny. Si Terry commençait vraiment à s'en faire, c'était que la situation devenait vraiment sérieuse.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est ce que j'aimerais bien savoir, grimaça Terry. Hier, on était en train de travailler sur un devoir individuel à la bibliothèque quand elle a soudain tout plaqué. Ça ne faisait même pas quarante-cinq minutes qu'on était là et elle est partie pour aller courir après un pseudo dealer… Elle ne me l'a pas dit explicitement mais je l'ai deviné et on s'est disputés à cause de ça… Mais on n'est pas du genre à se quitter fâchés, donc on s'est calmés et la tension est redescendue avant qu'elle ne s'en aille. On était dans un dialogue de sourds, de toute façon, alors j'ai fini par lâcher l'affaire et la laisser faire ce qu'elle voulait. Comme je le lui ai dit, je suis son petit-ami, pas son père, je n'ai pas à lui dicter ce qu'elle doit faire, même si je ne suis pas d'accord avec ce qu'elle fait.
- Ce n'est pas faux, reconnut Ginny. Mais c'est difficile de se taire quand on la voit faire n'importe quoi…
- Exactement, et ça l'est encore plus quand on sent qu'il y a un truc qui cloche… Je viens de passer quelques minutes avec elle et elle n'était pas comme d'habitude. Elle était hyper tendue et elle s'est crispée lorsque je l'ai embrassée. Je lui ai demandé si tout allait bien, elle m'a dit qu'elle n'avait pas très bien dormi, qu'elle était fatiguée et qu'elle allait retourner à son dortoir pour se reposer. Pour le coup, elle me disait sûrement la vérité, mais elle ne m'a pas tout dit. À mon avis, sa traque d'hier a mal tourné et elle s'est faite menacer par l'élève qu'elle pistait. Et si c'est le cas, soit il a été irrité de se faire suivre alors qu'il n'avait rien à se reprocher, soit c'était bel et bien un dealer et Hermione a dû pleinement comprendre pourquoi il ne fallait jamais s'en prendre en solo à un dealer… J'espère pour elle que c'était un élève clean. Sinon, si un dealer l'a dans le collimateur…
- Elle est en danger, compléta Ginny dans un murmure.
Terry acquiesça d'un air grave.
- On ne peut pas la laisser seule dans cette situation, il faut l'aider, plaida Ginny. Et pas seulement en ce qui concerne ce dealer qui en aurait après elle. Sa lubie, ça ne peut plus continuer. Ça lui fait prendre des risques inconsidérés.
- Mais que veux-tu qu'on fasse ? Pour elle, ce n'est ni une lubie, ni une fixette, ni une obsession, se désola Terry. Je pense qu'on a tous essayé de la raisonner mais aucun de nous n'y est arrivé…
- Parce que ce n'est plus de notre ressort. À notre niveau, on ne peut rien faire pour l'aider. C'est un problème mental, ce qu'elle a. Ça ne veut pas dire qu'elle est folle, mais il y a quelque chose qui ne va pas dans son esprit et qui fait qu'elle a développé une vraie obsession envers les dealers… Et si ça vient de son esprit, alors c'est un psychomage qu'il lui faut.
Terry sembla troublé par ce que venait de dire Ginny.
- Je ne pensais pas que c'était aussi grave, mais tu as probablement raison… Mais elle n'acceptera jamais d'aller voir le professeur Snape…
- C'est à nous de le faire. On lui expose la situation en lui décrivant précisément le comportement de Hermione et s'il estime que c'est inquiétant, il la convoquera.
- Très bien, on fait comme ça. Je vais m'en occuper, si tu veux bien.
- Ce serait mieux, oui, tu es celui qui est le plus souvent avec Hermione, s'il y a quelqu'un qui peut attester de son attitude étrange, c'est bien toi. Mais ça va aller, avec tout ce que tu as à faire ?
- Oui, je n'ai rien à faire, aujourd'hui, puisqu'on n'a pas cours, je ne suis pas de ronde et je n'ai pas de séance de travail avec Hermione. Je vais donc bien réussir à trouver une heure ou deux pour aller voir le professeur Snape…
- Ça devrait être faisable, oui, s'amusa Ginny. Oh, pendant que tu es là… Pansy m'a dit que tu avais bien voulu l'accompagner pour traquer Hannah et son dealer. C'est super gentil de ta part, tu étais le seul qui accepterait à coup sûr de croire au fait que Hannah se drogue…
- Ça a été dur à digérer, mais je pars du principe que tout le monde peut s'y mettre, et il y avait des indices irréfutables qui laissaient peu de place au doute pour Hannah, affirma Terry. Bravo pour ta traque improvisée, d'ailleurs. Tu es parvenue à avoir un maximum d'infos sans te faire repérer. Tu aurais fait une très bonne préfète.
- Eh bien puisque tu en parles… Quand on s'est croisés, toi et moi, je revenais des appartements du professeur Lupin. Ne dis rien aux autres, car ça doit rester secret pour le moment, mais j'ai annoncé au professeur Lupin que, tout compte fait, je voulais bien candidater pour le poste de préfète.
- Oh mais c'est super ! Je n'étais pas au courant qu'il y aurait huit préfets de plus l'année prochaine avant que Pansy ne me le dise quand elle m'a relaté tout ce que tu lui avais raconté, et j'ai trouvé ça dommage que tu aies refusé d'être candidate. Mais tu devais avoir tes raisons et je les respectais. Je suis donc trop content d'apprendre que tu as changé d'avis. Avec un élément comme toi parmi nous, les dealers n'ont qu'à bien se tenir ! Tu vas n'en faire qu'une bouchée.
- N'exagère pas trop, rit Ginny. J'apporterai mon aide, je m'investirai corps et âme dans cette lutte, mais ça restera un travail d'équipe. Il faut être deux pour démanteler un trafic, de toute façon.
- Tout à fait, hors de question d'agir seul. Bon, je vais chercher mes amis dans le château, puis j'irai manger et ensuite j'irai parler au professeur Snape. J'espère ne pas le déranger, il sera peut-être en pleine préparation de potions…
- Il y a des choses qui n'attendent pas, et il le comprendra parfaitement. Tu peux y aller sans crainte.
Terry acquiesça, souhaita une bonne journée à Ginny et s'en alla. Ginny reprit son chemin et tandis qu'elle se dirigeait vers les escaliers, elle se sentit fatiguée alors qu'il n'était même pas encore onze heures. Ce début de journée avait été un peu trop intense. Beaucoup trop de choses s'étaient passées en seulement deux heures. Si elle voulait avoir une chance de se reposer un tant soit peu durant ces deux jours de congés, il allait falloir qu'elle reste enfermée dans son dortoir et qu'elle n'en sorte que pour aller manger. Car «repos» et «promenade dans les couloirs» étaient clairement deux choses qui n'étaient pas du tout compatibles. Mais elle ne savait même plus si elle se souvenait de ce que cela faisait de se «reposer». L'année avait été tellement mouvementée… Et elle sentait que les semaines à venir allaient l'être tout autant…
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Avant de se quitter, j'ai une petite question pour vous : quel est votre professeur préféré dans la saga ? Et celui que vous aimez le moins ? Oui, bon, ça fait deux questions, mais l'une va avec l'autre XD Sur ce, je vais vous laisser et je vous donne rendez-vous le dimanche 26 juin pour le prochain chapitre intitulé «Severus débordé, traque et explications». D'ici là, passez deux bonnes semaines, je vous embrasse et plein de bisous tout le monde !
