Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-quatorzième chapitre de SAMLP !
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Mel : Je ne suis pas Sacha de Bourg-Palette XD Mais j'adore la référence XD J'espère que ta soutenance s'est bien passée ! Tu vas pouvoir relâcher la tension, maintenant *-* Mais tu régales, niveau références XD «la traversée du désert» et «la pause à l'oasis», je n'aurais pas trouvé mieux XD De rien pour le Drarry, contente que la scène t'ait plu *-* Oui, le pauvre Severus ne sait plus où donner de la tête ! Il doit utiliser un retourneur de temps, ce n'est pas possible autrement XD Merciii, ça me fait plaisir que tu aimes autant le personnage de Severus *-* Oui, Terry et Pansy ont bien réussi leur coup ! Hannah ne va effectivement pas bien du tout, mais elle va avoir le suivi nécessaire pour essayer d'aller mieux *-* Les dealers ne sont pas les meilleures personnes du monde, en effet :/ On va avoir la réaction de Hermione au sujet de Hannah dans ce chapitre =) L'histoire avec Hannah va avoir une grande incidence sur Hermione qui va tirer des leçons de tout ça, c'est sûr et certain ! C'était ça, le but recherché en créant cette intrigue de dealers autour de Hermione : en faire un personnage qui a ses défauts, comme tout le monde, et qui n'est pas seulement la Miss-Je-Sais-Tout qu'on a l'habitude de voir dans la saga, du coup je suis ravie qu'elle t'agace XD Aaaah, c'est une bonne théorie, pour la dispute dans ce chapitre ! Ça peut être plein de choses, en vrai XD Oui, à la place de Terry, on se serait sûrement tous tourné aussi vers un adulte ! Oui, on l'aime, notre Hermione, même si elle peut être agaçante XD Oui, je crois que tu as plus souvent dit que tu aimais Drarry que le couple Justin/Théo XD Moi aussi je veux un amour comme celui qui existe entre Justin et Théo *-* Bon, par contre on ne veut pas d'une histoire aussi compliquée que la leur XD Oui, Justin a beaucoup changé depuis le début de la fic ! Il y avait un gros travail à faire avec ce personnage XD Je pense aussi que Justin aurait été plus rancunier avant, il n'aurait pas forcément voulu entendre les explications de Théo … Mais il faut dire qu'au tout début, Justin se méfiait de Théo comme de la peste XD Je ne sais pas encore si Ernie va revenir à Poudlard juste avant les BUSE (qu'il ne passera pas tout de suite) ou à la rentrée, mais j'opterais plutôt pour la première option *-* Merci à toi pour ta review, c'est toujours aussi agréable de lire tes retours *-*
mimibou : l'histoire de l'intoxication aura surtout un impact sur un personnage, mais pas que, et ça aura lieu dans le troisième tome :) Oui, la brouille entre Ernie et Justin a duré pas mal de temps, mais il s'est tellement passé de choses entre temps qu'on ne s'en rend pas forcément compte XD Si tu parles du temps qui s'est écoulé entre leur dispute et leur réconciliation, il s'est passé presque trois mois, et ça s'est écoulé sur vingt-quatre chapitres :) Le nombre 292 a été choisi tout à fait au hasard, il n'y a pas de raison précise XD Ce n'est pas grave pour l'erreur, je ne sais plus si j'avais bien précisé «dans la saga», j'ai peut-être oublié XD Bon, Ombrage est clairement détestée de tous XD En même temps, c'est une vraie peau de vache ! Aaaah Lockhart, c'est vrai qu'on a envie de lui donner des claques, à lui aussi … Ou de le mettre sous Silencio XD Le seul moment où il me fait rire, c'est quand il a perdu la mémoire XD Sinon, le reste du temps, qu'est-ce qu'il est imbu de sa personne … Et puis, franchement, s'approprier les exploits d'autres personnes, ce n'est pas très glorieux ! Il est très bien là où il est, c'est-à-dire à Sainte-Mangouste XD Merci d'être toujours aussi fidèlement au rendez-vous *-*
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Merci à vous deux pour vos retours toujours aussi gentils, et merci à ceux et celles qui continuent à suivre assidûment cette histoire ! Sur ce, je vous laisse découvrir ce chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !
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P.S n°1 : ce n'est pas précisé avant le match, alors je le fais ici afin que vous ne soyez pas trop perdus durant le match : dans l'équipe de Serdaigle, il y a Conley, Aberline et Kirby comme poursuiveurs, Hartle et Jobs comme batteurs, Hale comme gardien et Downey comme attrapeur. Dans l'équipe de Gryffondor, Andrew Kirke et Jack Sloper sont les batteurs.
P.S n°2 : désolée pour la longueur du chapitre, il fait plus de 27 000 mots, je n'ai pas pu faire autrement XD Voilà, je vous laisse lire, maintenant XD
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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
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74 – Match, fête et dispute
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(dimanche 19/05) POV Ron
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- Eh bien Ron, tu fais la grève de la faim ?
- J'ai envie de vomir rien qu'en voyant mon assiette…
- C'est le stress, ça, devina Hermione. Mais je croyais que tu avais appris à le maîtriser ?
- Oui, en temps normal, mais là, l'enjeu est beaucoup trop important pour que je puisse le gérer ! Ce n'est pas n'importe quel match, c'est le dernier match de l'année, celui au bout duquel on saura qui aura gagné la Coupe ! Même si je serais heureux que Serpentard finisse premier du tournoi, il faut que je fasse tout pour que Gryffondor ait une chance de l'emporter. Si j'encaisse trop de buts, ça va galvaniser l'équipe de Serdaigle qui gardera plus facilement le souafle alors qu'on doit marquer le plus possible pour battre le score total de points de Serpentard. J'ai une assez grosse pression sur les épaules.
- Mais tu n'es pas tout seul, objecta Hermione. Il y a tes coéquipiers qui ont leur rôle aussi à jouer. À commencer par les poursuiveurs qui doivent avoir encore plus le trac…
- C'est vrai, admit Ron. On est à cinq cent vingt points pour le moment, si Harry attrape le vif d'or, on sera à six cent soixante-dix points, et comme Serpentard est à huit cent points, on doit avoir au minimum huit cent dix points, ce qui nous fait quatorze buts à marquer. C'est exactement ce qu'on avait fait face à Poufsouffle, alors qu'ils sont réputés pour être forts en possession…
- Et l'équipe de Serdaigle est connue pour avoir du mal à conserver le souafle.
- Oui mais quand ils l'ont, ils marquent. Il suffit qu'ils se réveillent sur la possession pour qu'on se fasse laminer… Il peut tout se passer et c'est ça qui rend incertaine l'issue du match. Mais on va se battre et on va tout donner.
- Je vous fais confiance pour ça.
- Vous serez tous là pour nous encourager ? Terry supporte l'équipe de sa maison, je crois ?
- Non, finalement, il sera pour Gryffondor. Il veut être fidèle au groupe. Réalise un peu qu'il connaît beaucoup plus la moitié des membres de l'équipe de Serpentard que les membres de l'équipe de sa propre maison…
- Oui, ça craint un peu. Il passe trop de temps avec nous, plaisanta Ron. Mais du coup, il ne sera pas avec ses amis de Serdaigle ? Ça ne les dérange pas ?
- J'imagine que non, ils doivent comprendre pourquoi Terry préfère supporter Gryffondor. Surtout que c'est la maison de sa petite-amie…
- Ouais, donc en gros, il laisse tomber ses meilleurs amis pour sa petite-amie… C'est beau, l'amour, s'amusa Ron.
- C'est ça, moque-toi, bougonna Hermione en rougissant. Il fait ça aussi par amitié envers tous les Gryffondor de la bande.
- C'est vrai, et c'est super sympa de sa part, reconnut Ron. Ça prouve son amitié envers nous. Donc si je comprends bien, il y aura toute la bande derrière nous ?
- Oui, mais il ne faut pas que ça te mette une pression supplémentaire… Nous serons fiers de toi et de toute l'équipe, peu importe l'issue du match, car nous savons que vous aurez fait de votre mieux. Et puis, avec l'année que vous avez eue, finir deuxième, ce sera déjà un exploit…
Ces mots ragaillardirent Ron. Il fixa son assiette et la trouva plus appétissante que cinq minutes plus tôt. Il se mit à manger et dévora bientôt son repas.
- Je croyais que tu n'avais pas faim ? s'interrogea Hermione.
- Oui, mais j'ai décidé d'être raisonnable, prétendit Ron. Il vaut mieux que j'aie le ventre plein si je veux être en forme pendant le match…
Hermione eut un sourire qui signifia à Ron qu'elle n'était pas dupe. Il l'ignora et continua à manger. Harry vint les rejoindre quelques minutes plus tard, l'air bien moins stressé que Ron. Il s'assit et se servit de la viande et une assez grande quantité de légumes. Au vu de sa bonne humeur manifeste, Ron n'aurait pas été surpris de l'entendre siffloter.
- Tu as appris une bonne nouvelle pour être joyeux comme ça ? demanda-t-il, curieux.
- Non, j'ai juste passé la matinée avec Draco.
- Ah, c'est ça qui te rend si détendu à l'approche du match ?
- Oui, et puis je suis bien content que ce soit le dernier match. Après il n'y aura plus de matchs, plus d'entraînements, plus de pression… On sera libres.
Ron fut étonné, voire choqué, par la vision des choses de Harry. Il avait l'impression que pour son ami, le Quidditch était devenu une sorte de fardeau. C'était un peu inquiétant pour quelqu'un qui se destinait à être capitaine… Mais Ron mit cela sur le compte de l'année compliquée qu'il avait eue. Peut-être retrouverait-il tout son amour pour le Quidditch à la rentrée, en commençant une nouvelle année sur de bonnes bases… Ron, lui, en tout cas, n'avait jamais été aussi motivé par le Quidditch. Même s'il devait vaincre son manque de confiance en lui, il avait bien l'intention de tout faire pour intégrer une équipe locale de Quidditch après Poudlard. Et pour cela, il devait faire ses preuves dès maintenant en repoussant le plus de buts possibles.
Lorsque Harry et Hermione eurent fini de manger, les trois amis quittèrent la Grande Salle, puis le château, et ils se séparèrent une fois arrivés sur le terrain de Quidditch. Hermione se dirigea vers les tribunes tandis que Ron et Harry se rendirent aux vestiaires. Après s'être changés, ils assistèrent au briefing et ce fut peu avant treize heures trente qu'ils rejoignirent les Serdaigle sur le terrain. Ils se jaugèrent du regard, chacun étant bien déterminé à gagner le dernier match de l'année. Le coup de sifflet retentit vite et les quatorze joueurs s'élevèrent dans les airs. Ron se posta devant les anneaux et observa le début du match tout en écoutant les commentaires de Lee :
- Et le coup d'envoi est donné avec le souafle dans les mains de l'équipe de Serdaigle ! Ouh là, dix secondes que le match a commencé et il y a déjà eu quatre passes… Ils sont chauds, les Serdaigle ! Là c'est Conley qui a le souafle, il le passe à Kirby qui passe à Aberline qui passe à Conley qui se rapproche des buts, il hésite, il est un peu trop loin, il a deux Gryffondor devant lui, il trouve Kirby sur sa droite, il lui envoie le souafle, Kirby le réceptionne, il passe à Aberline qui passe à Conley qui s'est avancé vers les buts, il tire ET IL MARQUE ! Serdaigle ouvre le score avec ce but.
Ron grogna. Conley l'avait trompé en s'élançant vers l'anneau du milieu avant de changer d'avis et d'opter pour l'anneau de droite. Le souafle fut cette fois pour les Gryffondor qui eurent bien du mal à percer la défense bleue et bronze. Ils peinèrent à atteindre les buts et Alicia, prise en sandwich par Kirby et Aberline, était sur le point de lâcher le souafle quand Aberline commit une faute sur elle, ce qui valut un penalty en faveur de Gryffondor. Alicia se mit en position, fit mine à deux reprises de s'apprêter à marquer, avant de prendre le gardien de Serdaigle par surprise en lançant le souafle vers l'anneau de gauche alors que Hale avait cru bon de protéger l'anneau de droite.
- Magnifique penalty marqué par Spinnet ! Dix partout, le souafle est redonné aux Serdaigle.
Ron vit Alicia s'adresser à Angelina et Katie qui vinrent aussitôt au plus près des trois poursuiveurs de Serdaigle. Andrew et Jack reçurent eux aussi un ordre et se disposèrent aux deux extrémités du terrain. Ainsi, Conley, Kirby et Aberline eurent moins d'espace pour circuler et se passer le souafle à cause de la présence d'Angelina et de Katie dans leur périmètre. C'était une stratégie relativement risquée de laisser toute la place derrière soi avec un seul poursuiveur pour défendre mais Ron pensa qu'Alicia savait ce qu'elle faisait. Il comprit quel était le rôle d'Andrew et de Jack lorsque Conley et Kirby furent chacun visés par un cognard alors qu'Aberline avait le souafle. Il ne put donc passer la balle à un de ses deux coéquipiers et il n'eut d'autre choix que d'avancer tout seul vers les buts. Angelina et Katie profitèrent du fait que Conley et Kirby essayaient de recouvrer leur équilibre pour aller prêter main forte à Alicia et empêcher Aberline de marquer. Il se retrouva alors face aux trois poursuiveuses de Gryffondor et quand Conley et Kirby le rejoignirent, la défense rouge et or s'était bien installée devant les buts, si bien que Ron dut se mettre en hauteur pour voir leurs adversaires. Alicia, Katie et Angelina formaient un véritable bloc et il fut impossible pour les Serdaigle de tenter de marquer. Hartle et Jobs, les batteurs, vinrent en aide à leurs camarades en déstabilisant Angelina et Katie avec les cognards. Cela fonctionna, puisqu'elles furent déviées de leurs places, ouvrant une brèche qui permit à Kirby de lancer le souafle en direction de l'anneau du centre. Mais n'ayant pas pu préparer son tir, il manqua d'élan et de précision, ce qui facilita la tâche à Ron qui put intercepter aisément le souafle. La tactique d'Alicia s'était avérée payante et avait totalement déboussolé les Serdaigle.
- Belle stratégie défensive de la part de Gryffondor ! Cela ne rapporte aucun point ni pour eux, ni pour Serdaigle, mais au moins, l'honneur des rouge et or est sauf. Ce sont d'ailleurs eux qui ont le souafle et Johnson est déjà partie vers les buts… Kirby et Aberline la talonnent de près et… ouille ! Son balai vient de se faire percuter par un cognard… Heureusement, elle a gardé le souafle mais sa trajectoire a été déviée et les anneaux de Serdaigle sont désormais bien protégés par Conley, Kirby et Aberline qui ont eu le temps de se déplacer… Spinnet et Bell sont également là et c'est à Bell que Johnson transmet le souafle. Bell passe à Spinnet qui passe à Johnson qui a migré vers la droite et qui oblige les poursuiveurs de Serdaigle à se resserrer de ce côté, mais c'est une grossière erreur car Johnson fait une longue passe à Bell qui est restée à gauche, qui a le champ libre pour marquer à gauche ou au centre, elle ne réfléchit pas, elle choisit l'anneau du milieu ET ELLE MARQUE ! Vingt à dix en faveur de Gryffondor.
Des cris de joie et des applaudissements se firent entendre dans les gradins. Ron lui-même était fier de ses coéquipières. Elles étaient plus motivées que jamais, elles avaient un but, celui d'en marquer quatorze, et elles allaient les chercher, coûte que coûte. Le souafle fut donné aux Serdaigle qui ne se démontèrent pas et qui firent reculer lentement mais sûrement la défense rouge et or jusqu'aux buts gardés par Ron. Il focalisa toute son attention sur les poursuiveurs de Serdaigle qui continuaient à se passer le souafle tout en se rapprochant dangereusement des buts. À un moment, Kirby prit son élan pour marquer, mais il se rétracta soudain et envoya le souafle à Aberline qui était à l'autre bout et ce fut lui qui tenta de marquer. Mais Ron eut un très bon flair et il se jeta vers l'anneau qu'avait choisi Aberline. Il para ainsi le but et évita l'égalité à son équipe.
- Superbe arrêt de Weasley ! Tout était bien réalisé de la part des Serdaigle mais cela n'a pas suffi pour recoller au score. Le souafle est donné aux Gryffondor qui peut creuser l'écart et prendre une avance un peu plus confortable…
Lee ne croyait pas si bien dire. Grâce à Andrew et Jack qui lancèrent très vite les cognards sur Kirby et Conley, Angelina, Katie et Alicia purent foncer vers les buts adverses sans se soucier d'Aberline qui, à trois contre un, ne fit pas le poids. Hale, le gardien, fut aussi pris de court et il ne parvint pas à stopper le souafle qu'Angelina fit passer dans l'anneau central.
- Trente à dix pour Gryffondor ! Les Serdaigle ont été entièrement dominés sur ce coup-là… Vont-ils réussir à se relever ? On va le savoir tout de suite. En tout cas, ils n'ont pas l'air abattus par ce qui vient de se passer.
En effet, les Serdaigle s'étaient déjà frayé un chemin, étant parvenus à contourner la défense rouge et or et ils filaient droit vers l'autre bout du terrain. Ron les voyait venir à toute allure et il sut qu'il n'aurait pas le temps d'anticiper quoi que ce soit. L'un des poursuiveurs allait lancer le souafle dès qu'il serait assez proche et ne réfléchirait pas à l'anneau qu'il allait choisir. Lorsque Ron vit Conley mettre son bras en arrière, il se jeta vers l'anneau de droite mais ce fut l'anneau central que Conley visa.
- Et ce sprint fou se termine par un but ! Trente à vingt, toujours en faveur de Gryffondor. Spinnet récupère le souafle, passe à Bell qui passe à Johnson qui passe à Spinnet qui essaie d'avancer mais qui est bloquée par Conley et Aberline, elle passe à Johnson qui passe à Bell qui repasse à Johnson qui veut à son tour gagner du terrain mais qui est coincée par Conley et Kirby… Ils la prennent en sandwich, l'empêchant d'avoir un appui à gauche et à droite, elle tente de se dépatouiller et OH LE SUPERBE MISSILE DE SLOPER QUI VIENT HEURTER LE BALAI DE CONLEY ! Il manque de tomber et ça fait les affaires de Johnson qui est libérée et qui en profite pour foncer vers les buts ! Elle a le soutien de Bell mais pas de Spinnet qui s'est fait elle aussi attaquer par un cognard par les bons soins de Hartle… Johnson et Spinnet se font courser par Kirby et Aberline mais elles sont plus rapides, Johnson n'aura même pas besoin de s'aider de Spinnet car elle arrive devant les buts en ayant toujours le champ libre, elle lance le souafle ET ELLE MARQUE ! Le score est désormais de quarante à vingt en faveur de Gryffondor. Le souafle est redonné aux Serdaigle…
L'euphorie qui avait été provoquée par le but d'Angelina se calma bien vite dans les tribunes. Il n'y avait que vingt points d'écart et chacun savait que rien n'était joué à ce stade du match. Et, surtout, Gryffondor était encore bien loin des quatorze buts nécessaires pour gagner la Coupe. Si Ron était stressé, il sentait que les Gryffondor présents dans les gradins l'étaient tout autant. Sauf que lui avait un rôle à jouer. Il devait rester concentré. Durant la demie-heure qui suivit, Gryffondor marqua trois buts, contre deux pour Serdaigle, dont un sur penalty. Il n'y avait eu que deux fautes depuis le début du match, un dans chaque camp, mais en un quart d'heure, Angelina, Alicia et Katie avaient toutes trois failli en faire une qui avait été évitée de justesse. Cela démontrait à quel point les Gryffondor étaient tendus, ce qui risquait de leur être très préjudiciable. Ron ne se leurrait pas : son équipe allait très vite faire de vraies fautes, elle allait les enchaîner et ce n'était pas du tout bon pour lui. Il n'était pas trop mauvais pour arrêter les penalties mais il n'était pas non plus le meilleur à cet exercice. Il s'efforça de ne pas y penser et observa Angelina et Katie qui avaient pris Aberline en sandwich. Le poursuiveur de Serdaigle ne semblait pas apprécier cela et jouait des coudes pour se débarrasser de ses deux adversaires. Mais il était intelligent et contrôlait ses nerfs car il n'utilisait pas ses coudes au point de commettre un coudoyage. Il demeurait raisonnable malgré la pression que lui mettaient ses deux rivales et c'était très frustrant pour Ron qui admirait cependant le sang-froid de ce joueur. Au terme d'un combat acharné, il parvint à se dégager mais Angelina ne l'entendit pas de cette oreille et saisit le manche d'Aberline. «Non, pas le manche» gémit intérieurement Ron.
- FAUTE ! hurla Mrs Bibine.
«Et voilà, qu'est-ce que je disais» se lamenta Ron. Si ses coéquipières commençaient déjà à laisser les nerfs prendre le dessus, ils n'allaient jamais arriver à marquer les quatorze buts… Ils en étaient à sept, il en fallait encore la moitié à aller chercher… «Non, tu dois croire en ton équipe» se dit Ron. Et en lui aussi… Car là, c'était à lui de faire son travail. Mais il avait le trac. Si les Serdaigle étaient connus pour être très bons face aux buts, Aberline l'était tout autant pour réussir quasiment tous ses penalties. «Mais pas celui-là» songea Ron. Fort de cette pensée, il se mit en position et se tint prêt à parer le penalty. Mais Aberline prit tout son temps, jouant visiblement avec les nerfs quelque peu sensibles de Ron. Il était parvenu presque au bout du temps qui lui était accordé lorsqu'il se décida enfin à lancer le souafle. Au vu de l'angle de son bras, Ron crut qu'il allait viser l'anneau du milieu mais il sut qu'il s'était fait avoir quand une ovation et des cris de joie retentirent dans les tribunes.
- Et Aberline marque son penalty ! Le score est désormais de soixante-dix à quarante, toujours en faveur de Gryffondor. Ce sont d'ailleurs eux qui récupèrent le souafle, avec Johnson qui n'a pas de temps à perdre et qui a déjà fait une longue passe à Bell qui a le champ libre et qui en profite pour foncer droit vers les buts… Mais Conley et Kirby viennent en diagonale pour lui barrer la route, ce qui la pousse à passer le souafle à Johnson qui, du coup, n'a qu'Aberline pour la gêner, mais elle le sème très vite et elle s'élance à toute vitesse vers les buts… OUI, VAS-Y ANGELINA, TU ES LA MEILLEURE, TU PEUX LES…
- Jordan ! coupa le professeur McGonagall.
- Oups, pardon, professeur… Donc, je disais, Johnson est maintenant devant les buts, elle n'hésite pas une seconde, elle envoie le souafle vers l'anneau de droite que Hale a choisi de protéger mais il rate de peu le souafle QUI PASSE DANS L'ANNEAU ET QUI OFFRE DIX POINTS DE PLUS À GRYFFONDOR ! Quatre-vingt à quarante pour Gryffondor ! L'écart se creuse ! Et c'est Serdaigle qui a le souafle… Ouh là, ils ont l'air prêts à en découdre ! Cinq passes en à peine dix secondes, ça perturbe les Gryffondor qui essaient tant bien que mal de suivre le rythme, ils veulent empêcher les Serdaigle d'avancer mais les passes s'enchaînent, les échanges sont hyper fluides et ça permet aux Serdaigle de s'approcher tranquillement des buts… Non, Katie, ne va pas si vite, tu vas provoquer une… HÉ MAIS C'EST INTERDIT ÇA ! Kirby n'avait pas le droit de repousser Katie comme ça ! Elle a carrément dû se rattraper à la queue du balai d'Aberline !
- FAUTE ! cria en même temps Mrs Bibine. Penalty accordé à Serdaigle !
- QUOI ?! s'égosilla Lee.
Il ne fut pas le seul à faire part de son mécontentement. Angelina, Alicia, Andrew et Jack allèrent se plaindre auprès du professeur Bibine et Ron se dépêcha de les rejoindre afin d'ajouter son grain de sel.
- Professeur, c'est nous qui devrions avoir un penalty, Kirby a donné un coup de pied à Katie pour la dégager ! protesta Angelina.
- Ce n'est pas ce que j'ai vu, répliqua calmement le professeur Bibine. Le pied de M. Kirby a heurté le balai de Miss Bell mais n'a pas touché Miss Bell elle-même. Elle était sur le point de commettre une faute en fonçant ainsi vers M. Kirby et elle a fini par en faire une en saisissant la queue du balai de M. Aberline qui était en pleine course.
- Mais c'était pour se rattraper ! plaida Alicia.
- Oui, elle n'a jamais eu l'intention de freiner Aberline ! ajouta Ron.
- C'était soit ça, soit elle chutait, renchérit Andrew.
- Cela ne change rien aux faits, déclara le professeur Bibine. Si c'était l'inverse qui s'était produit, à savoir un joueur de Serdaigle qui était à la place de Miss Bell, vous seriez d'accord pour accorder un penalty à Gryffondor. Et je ne pense pas avoir besoin de vous dire qu'il ne faut pas contester les décisions d'un arbitre.
Ron s'apprêta à répondre mais Angelina l'en dissuada en lui marchant sur le pied.
- Bien, tout le monde remonte sur son balai ! ordonna Mrs Bibine.
Ron maugréa mais obéit et enfourcha son balai. Il s'éleva dans les airs et retourna à sa place devant les anneaux. Aberline était déjà prêt pour son penalty. Ron se demanda ce qu'il avait bien pu faire de mal pour qu'il doive affronter deux penalties d'Aberline en quinze minutes seulement. Il avait dû manquer de respect à un proche de Merlin ou à Merlin lui-même dans une vie antérieure, ce n'était pas possible autrement… Il se prépara du mieux qu'il put mentalement parlant et guetta le moindre geste d'Aberline. Il attendit que celui-ci lance le souafle pour voir quelle direction il prenait mais ce fut une erreur car il ne fut pas assez rapide et se jeta trop tard vers l'anneau qu'avait choisi Aberline.
- Aberline réussit une nouvelle fois son penalty ! Quatre-vingt à cinquante, l'écart se resserre mais Gryffondor mène encore. C'est à eux que revient le souafle. Johnson est toujours aussi pressée et cherche à gagner du terrain en volant d'un bout à l'autre, ce qui porte ses fruits. Elle se fait suivre mais en zigzagant, elle avance de quelques mètres. Sauf que ce petit jeu a déjà trop duré pour Kirby et Conley qui lui bloquent le passage. Johnson trouve Bell sur sa droite mais il y a Conley qui gêne entre elles. Johnson envoie quand-même le souafle à Bell mais Conley l'intercepte sans difficulté, fait aussitôt demi-tour et file droit vers les buts qui sont encore tout près puisque Johnson n'a pas tant avancé que ça, et en plus il a un gros boulevard devant lui car Bell et Spinnet étaient tellement occupées à venir en aide à Johnson qu'elles ont complètement abandonné la défense ! Il n'y a donc personne pour bloquer Conley, il en profite, il est déjà près des buts, il lance le souafle et… OH LA MAGNIFIQUE PARADE DE WEASLEY ! Conley croyait le berner mais Weasley a bien anticipé et a paré le souafle d'une main ferme ! Il ne l'a pas vue venir ce bellâtre de Conley, hein ?
- Jordan ! réprimanda le professeur McGonagall.
Ron ne put s'empêcher de sourire. Malgré le vacarme dans les gradins qu'avait occasionné son bel arrêt, il avait parfaitement saisi ce qu'avait dit Lee. Il était ému d'avoir engendré une telle liesse et il s'empourpra lorsque le public se mit à scander son prénom. Il entendit même un «Je t'aime Ron !» crié par Pansy qui le fit rougir encore plus fortement. Il fallut plusieurs minutes pour que les gradins retrouvent leur calme. Ron remit le souafle en jeu en le lançant à Angelina qui le passa à Alicia qui voulut le transmettre à Katie mais qui en fut empêchée par un cognard qui vint frapper l'arrière de son balai. Elle lâcha par mégarde le souafle qui fut récupéré par Conley qui plongea vers le bas pour le rattraper. Déstabilisées, les poursuiveuses de Gryffondor ne réagirent pas assez vite, ce qui permit à Conley de filer vers les buts. Une fois arrivé, il lança le souafle en l'air et lui donna un grand coup avec son balai qui l'envoya fuser si vite vers l'anneau central que Ron ne put même pas le voir.
- Sublime fourberie de Finbourgh réalisée par Conley qui soulage un peu son équipe avec ce but ! Le score est désormais de quatre-vingt à soixante en faveur de Gryffondor. C'est à cette équipe de jouer le souafle.
La tension se faisait de nouveau sentir, aussi bien sur le terrain que dans les tribunes qui devinrent bien silencieuses lorsque l'euphorie causée par le but de Conley fut retombée. Ceux qui soutenaient Gryffondor voyaient leur équipe perdre du terrain tandis que ceux qui étaient pour Serdaigle avaient un regain d'espoir d'assister à une victoire de leur équipe qui avait alors une chance d'échapper à la dernière place du classement. Dans tous les cas, le but que Conley venait de marquer avait créé un tournant dans ce match. Car après un but raté, Serdaigle avait réussi à voler le souafle à Gryffondor et avait cette fois pu valider un but. Serdaigle était en train de prendre le dessus sur Gryffondor. Et il ne fallait surtout pas rester dans cette situation.
- Ça rame du côté des Gryffondor… Spinnet est aux prises avec Kirby et Aberline qui font barrage devant elle, et Hartle et Jobs tiennent Johnson et Bell à l'écart en les attaquant avec les cognards… Spinnet est coincée, elle cherche une solution mais ses coéquipières sont trop loin… Johnson s'est remise du cognard qu'elle a reçu, elle a retrouvé son équilibre et elle vole au secours de Spinnet… Et pendant ce temps, ça bouge, là-haut ! Potter et Downey ont brusquement viré vers la droite… Le vif d'or serait-il apparu ? Ou bien est-ce une feinte de la part de l'un d'entre eux ? L'un a-t-il fait croire à l'autre qu'il avait vu le vif d'or ? Si Gryffondor veut gagner la Coupe, il serait préférable que ce ne soit effectivement qu'une feinte… Ils doivent marquer quatorze buts et ils n'en sont qu'à huit, si Potter attrape le vif d'or maintenant, ils remporteront le match mais pas la Coupe… Pour l'instant, je ne vois pas de vif d'or, mais… ah si, je le vois ! Aïe aïe aïe, il va falloir que Potter fasse en sorte d'éloigner Downey le plus longtemps possible de la petite balle, le temps que son équipe marque ces satanés six buts… Et le neuvième but ne va pas être pour tout de suite puisque Johnson vient de se faire prendre le souafle par Aberline… Spinnet et Bell ont bien tenté de lui venir en aide mais elle était toujours prise en sandwich entre Kirby et Aberline… Ce dernier fonce direct vers les buts, il se fait poursuivre par ses trois adversaires mais leur réactivité ne sera pas suffisante pour le rattraper… Il arrive devant Weasley, il ne s'arrête pas, il lance le souafle, Weasley se jette aussitôt vers le bon anneau mais il rate de peu le souafle qui passe aisément dans le cercle… Ça fait monter le score à quatre-vingt à soixante-dix, toujours en faveur de Gryffondor. Mais l'écart se resserre de plus en plus… Il faut que Gryffondor se réveille sinon la Coupe va leur échapper…
Ron grinça des dents. Il avait raté cette stupide balle de quelques millimètres seulement ! Tout était contre lui ! Les penalties d'Aberline, le souafle qui partait un peu trop haut… Mais il ne devait pas se laisser abattre. Tout était encore possible ! À condition que Harry ne soit pas obligé de se saisir trop vite du vif d'or… De toute façon, si Gryffondor souhaitait avoir la Coupe, il fallait à la fois les cent cinquante points du vif d'or et les cent quarante points des quatorze buts… Donc si Downey se montrait trop dangereux, il valait mieux que Harry sauve l'honneur et fasse gagner le match à leur équipe en s'emparant du vif d'or, même s'il manquait des buts à Gryffondor… Ils n'auraient pas la Coupe mais au moins, ils sortiraient vainqueurs de ce match. Alors qu'il se faisait cette pensée, des cris de frayeur se firent entendre dans les tribunes. Ron leva la tête et se glaça d'effroi en voyant son meilleur ami faire des roulades dans les airs. Son balai s'était visiblement pris un cognard de plein fouet, ce qui l'avait brutalement propulsé en arrière… Heureusement, malgré les cabrioles causées par le choc, Harry maintint son équilibre, au plus grand soulagement de Ron. Il se retrouva très loin de sa place initiale, mais il était resté sur son balai et c'était le principal.
- Plus de peur que de mal, Potter n'a rien lâché et doit maintenant revenir là où il était avant de se faire attaquer par ce cognard… Sauf si le vif d'or se pointe près de lui… Mais le cognard lui a fait peur et il semble s'être volatilisé… Ce qui est une bonne chose pour Gryffondor. En bas, le souafle est entre les mains de Bell qui se fait courser par Conley et Kirby. Johnson vient au-devant de Bell qui lui passe le souafle, Johnson contourne Aberline qui voulait lui barrer le passage, elle file vers les buts, elle envoie le souafle en direction de l'anneau de droite et… aaaargh, c'est repoussé par la main de Hale ! Le souafle revient aux Serdaigle. Le score ne bouge pas, et le vif d'or est toujours aux abonnés absents. Conley a donc le souafle mais il hésite. Il a vu l'ouverture à gauche, mais il se doute bien que s'il y va, les poursuiveuses de Gryffondor vont aussitôt venir le bloquer… Il passe alors le souafle à Kirby et OH LE BOULET DE CANON ! Il en profite maintenant, de la brèche, il file en diagonale vers Kirby qui lui repasse le souafle, il fonce vers les buts, il sème absolument tout le monde, il n'attend même pas d'être arrivé dans la surface, il lance le souafle de toutes ses forces ET ÇA PASSE DIRECT DANS L'ANNEAU CENTRAL ! IL MARQUE L'ÉGALISATION AVEC CE BUT ! Ça ne va plus du tout pour Gryffondor qui se fait complètement dominer depuis une demie-heure…
Ron était désespéré. S'il avait d'infimes chances d'être pris au sérieux durant ce match, elles étaient clairement en train de voler en éclats avec tous ces buts qu'il laissait passer… Et il voulait intégrer une équipe locale après Poudlard ? Eh bien l'espoir faisait vivre, comme le disait le proverbe… Il se faisait ridiculiser dans les grandes largeurs et il n'oserait plus jamais regarder son équipe en face après la raclée qu'ils allaient prendre à ce rythme-là… À peine se fit-il cette réflexion qu'il se donna une gifle mentale. Ce n'était pas le moment de s'apitoyer sur son sort ! Rien n'était joué, le vif d'or se faisait désirer, ils pouvaient encore redresser la barre ! Galvanisé, il se concentra de nouveau sur le match. Katie était près des buts et cherchait un soutien qui était difficile à trouver puisqu'elle était cernée à gauche par Aberline et à droite par Conley. Elle put cependant compter sur Andrew qui la libéra en envoyant un cognard sur Conley qui fut projeté dans les airs. Le champ étant libre à droite, Katie passa le souafle à Alicia qui passa à Angelina qui passa à Alicia qui passa à Katie qui évita de justesse un cognard en se déportant sur sa droite. Elle dut faire une longue passe assez risquée pour lancer le souafle à Katie qui le réceptionna habilement et qui se rua vers les buts. Hale ne s'attendit pas du tout à cela et s'empressa de protéger au mieux un de ses buts. Mais dans la panique, il ne fit pas attention au cognard qui fusa droit vers lui et qui heurta violemment l'arrière de son balai. Katie fit alors face à des buts sans gardien et elle put marquer facilement en choisissant l'anneau central. Les Gryffondor se levèrent dans les gradins et ovationnèrent le but de Katie.
- Super travail d'équipe qui a permis à Bell de faire reprendre l'avantage à Gryffondor !
Les mots de Lee intensifièrent les manifestations de joie qui firent sourire Ron. Il perçut des sifflets et des huées mais il les ignora. Certains n'appréciaient pas le fait que Katie ait profité de l'absence de Hale dans sa surface pour marquer. Mais c'était tout à fait autorisé par les règles et bon nombre de joueurs ne s'étaient pas privés de le faire avant elle. Les sifflets devinrent plus bruyants, si bien que cela agaça quelques Gryffondor et une bagarre ne tarda pas à éclater dans les tribunes. Elle ne dura cependant pas longtemps et n'ayant pas entendu McGonagall intervenir, Ron devina qu'un ou plusieurs préfets avaient fait revenir le calme. Il se plut à penser que sa chère et tendre y était pour quelque chose, elle qui n'hésitait jamais à faire son devoir, qui savait se faire respecter, ce qui ne la rendait que plus…
- RON ATTENTION !
Ron sursauta brusquement et esquiva à temps un cognard qui avait bien failli le désarçonner. Merlin mais qu'est-ce qui lui avait pris de se perdre dans sa rêverie comme ça ?! Ça n'allait pas du tout, il fallait à tout prix qu'il se reprenne ! Il n'eut pas l'occasion de se flageller plus longtemps car Kirby s'était lancé dans un sprint en direction des buts. Ron porta toute son attention sur lui et lorsque le poursuiveur envoya le souafle vers l'anneau de droite, Ron bondit vers l'anneau en question et ses doigts parvinrent à toucher la balle. Mais ce ne fut pas suffisant pour l'empêcher de passer à travers l'anneau.
- Oh non, à quelques millimètres près, encore une fois ! se lamenta Lee. Gryffondor est maudit, il n'y a pas d'autres explications ! Il y a pourtant mis toute son âme… Bon, égalité avec quatre-vingt-dix points dans chaque camp. Si le vif d'or pouvait patienter un peu avant de se montrer…
«Ce serait bienvenu, en effet» songea Ron. Mais la petite balle dorée n'exauça pas le souhait qu'il partageait avec Lee. Alors qu'Alicia se démenait pour se frayer un chemin entre Kirby et Aberline, les commentaires de Lee s'orientèrent vers ce qui se passait en haut :
- Ouh là, ça s'agite de nouveau du côté de Potter et de Downey… Ont-ils vu le vif d'or ? Mais oui, il est bien là ! Et Downey semble bien décidé à l'avoir puisqu'il vole droit vers lui ! Lui n'a pas de consignes, lui n'a pas reçu l'ordre de laisser son équipe marquer un certain nombre de buts avant de tenter de s'emparer du vif d'or… Mais ce n'est pas le cas de Potter qui doit encore attendre que son équipe marque au moins cinq buts… Mais il ne peut pas prendre le risque que Downey attrape le vif d'or, sinon il ferait perdre à la fois le match et la Coupe à son équipe… Son choix est fait, il se lance à la poursuite de la petite balle ailée ! Bon, il va d'abord devoir grignoter son retard sur son adversaire… Et il est aidé par Kirke qui envoie un cognard sur Downey mais il le rate de peu… Pas grave, il y a un deuxième cognard et cette fois il vient frapper l'arrière du balai de Downey qui est dévié de sa trajectoire ! Potter est désormais seul dans la course mais il n'a pas du tout l'intention de se saisir du vif d'or et il le lui fait bien comprendre en le dégageant d'un mouvement de bras ! Le pauvre vif d'or a eu peur et il s'est barré…
La tension qui s'était accumulée dans le corps de Ron retomba d'un coup. Ils avaient eu chaud… Pendant ce temps, Alicia venait tout juste de réussir à se débarrasser de Kirby et Aberline mais elle fut visée par un cognard qui la déstabilisa et qui lui fit lâcher le souafle. Conley le récupéra et fonça vers les buts gardés par Ron qui sentit très mal cette tentative. Conley s'arrêta devant lui, fit mine de vouloir lancer le souafle à plusieurs reprises vers un anneau différent et lorsqu'il le fit pour de bon, Ron se jeta vers le mauvais anneau.
- ET IL MARQUE ! Quatre-vingt-dix à cent en faveur de Serdaigle qui prend la tête du match !
«Non, ils prennent la tête tout court» grommela Ron pour lui-même. Il était démoralisé. C'était un désastre. Son équipe se faisait dominer par les Serdaigle qui devaient avoir enfin compris que pour gagner un match, il fallait posséder et garder le souafle… Et cette soudaine révélation se faisait au détriment de Gryffondor qui n'avait pas à rougir de ses nombreux efforts pour tenter de reprendre le contrôle de la situation… Mais pour l'instant, tous ces efforts étaient vains. Serdaigle enchaînait les buts tandis que Gryffondor n'arrivait plus à en marquer. Et les choses n'allèrent pas en s'arrangeant. En l'espace de vingt minutes, Serdaigle marqua trois buts, contre un seul pour Gryffondor.
- Le score est à présent de cent à cent trente, toujours en faveur de Serdaigle… Il faut que Potter se bouge et vite, sinon les cent cinquante points du vif d'or ne seront même pas suffisants pour faire gagner le match à Gryffondor… Ah bah tiens, quand on parle du loup ! Revoilà le vif d'or… Et les deux attrapeurs l'ont vu ! Ils ont foncé comme des boulets de canon vers la pauvre balle qui, je le crains, n'aura aucune chance face à eux tant ils ont l'air prêts à en découdre… Potter accélère et prend de l'avance sur Downey qui va avoir bien du mal à le suivre… Le vif d'or vire brusquement à droite, puis à gauche, puis de nouveau à droite, c'est très dur de garder les yeux rivés dessus mais il en faut plus à Potter pour le désorienter… Downey, lui, par contre, est complètement largué et a cru que le vif d'or était parti à gauche alors qu'il était parti à droite… Du coup, Potter se retrouve comme tout à l'heure seul derrière le vif d'or, il en profite pour accélérer, il se rapproche de plus en plus du vif d'or, il tend le bras, il accélère encore, il étire le plus possible ses doigts, ils ne sont plus qu'à quelques millimètres de la balle, il accélère une dernière fois ET OUI, C'EST BON, ÇA Y EST, IL L'A, IL A ATTRAPÉ LE VIF D'OR ! GRYFFONDOR GAGNE LE MATCH AVEC DEUX CENT CINQUANTE POINTS CONTRE CENT TRENTE POUR SERDAIGLE !
Une explosion de joie se fit entendre dans les gradins. Il y avait aussi beaucoup de soulagement et c'était surtout cela que ressentait Ron. Il redescendit en douceur, à l'instar de tous ses coéquipiers, et à peine ses pieds eurent-ils touché le sol qu'une tornade blonde se jeta sur lui. Le choc fut si fort qu'il tomba à la renverse mais il n'en eut cure car la fille qu'il aimait était en train de lui donner le baiser du siècle. Ce ne fut que de longues minutes plus tard qu'elle le libéra de son poids et qu'il put se relever. Mais il attira aussitôt Pansy à lui et prit à son tour possession de ses lèvres. C'était tout ce dont il avait besoin en ce moment-même. Le match avait été long, rude et épuisant, il avait envie de réconfort et c'était dans les bras de sa chérie qu'il souhaitait le trouver. Et il savait qu'elle était toute disposée pour cela. Elle le lui prouva en lui rendant son baiser et en se serrant fort contre lui, mais elle finit par rompre leur étreinte au bout de cinq bonnes minutes.
- Tu ferais mieux d'aller te changer, une fête nous attend, dit-elle, les yeux brillants.
Ron eut quelques secondes de flottement avant de comprendre ce que voulait dire Pansy. Il n'y avait non pas une, mais deux victoires à fêter : celle de Gryffondor sur Serdaigle, et celle de Serpentard qui avait remporté le tournoi. La joie et l'émotion envahirent Ron à cette pensée. Il n'aurait jamais cru dire ça un jour, mais il était heureux que Serpentard ait gagné la Coupe. C'était plus que mérité. Il n'était même pas déçu de sa prestation et de celle de sa propre équipe, car ils avaient vraiment fait de leur mieux et s'étaient battus corps et âme contre leurs adversaires. Et ce qui l'emplissait surtout de joie, c'était qu'avec l'issue de ce match qui déterminait à la fois le vainqueur et le score final de chaque équipe, Gryffondor et Serpentard étaient unies par le point commun d'avoir gagné quelque chose. C'était comme une conclusion à cette année qui avait vu ces deux maisons se rapprocher. Et ce, bien plus que ce qu'avait pu espérer Dumbledore. Des amitiés, mais aussi des couples s'étaient créés, ainsi qu'une belle bande d'amis tous aussi différents les uns que les autres qui s'apprêtaient à fêter tous ensemble les victoires respectives de Gryffondor et de Serpentard. Il allait juste falloir se mettre d'accord sur la salle commune où se tiendrait cette soirée. Car il n'y aurait pas que la bande, mais également toutes les personnes qui voudraient bien s'y joindre… Ron décida de faire part de ce détail à Pansy :
- Euh… est-ce que tu sais où on va la faire, cette fête ?
- On va essayer de convaincre tout le monde de la faire dans la salle commune de Serpentard. On va s'en occuper, ne t'inquiète pas. Toi, tu vas te laver, et tu nous rejoins devant ma salle commune une fois que tu seras beau et propre.
Ron sourit, amusé.
- Bien, j'y vais. Je t'aime.
- Je t'aime aussi, murmura Pansy.
Ils s'embrassèrent tendrement, puis Ron se dirigea vers les vestiaires afin d'aller se décrasser. Pansy avait raison : il était tout sale et une bonne douche bien chaude allait lui faire le plus grand bien !
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POV Harry
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- Sérieux, les gars, ça va être trop petit, on va être serrés comme des sardines !
- Mais non, en bougeant les tables, les chaises, les canapés et les fauteuils, ça devrait le faire, plaida Draco. Et puis je trouve ça normal de faire la fête dans la salle commune de la maison qui a gagné le tournoi. On ne va pas aller faire ça chez les Poufsouffle ou chez les Serdaigle… Désolé pour ceux qui font partie de ces maisons, mais…
- T'inquiète, on comprend, assura Terry. Mais on aurait tout aussi bien pu faire cette soirée chez les Gryffondor, vu qu'ils ont gagné le match d'aujourd'hui…
- On y a pensé, mais c'est trop le bordel là-bas. Et pas la peine de nier, ajouta Draco en voyant Ron ouvrir la bouche. C'est un Gryffondor lui-même qui me l'a dit.
Harry essaya de se faire tout petit alors que les regards convergeaient vers lui.
- Oui bah c'est bon, vous n'allez pas dire le contraire, se défendit-il. Je n'ai fait que dire la vérité. Et j'avoue contribuer à ce bordel. Mais vous allez voir, c'est très cool chez les Serpentard.
- C'est vrai, reconnut Ron. On y est allés une fois, Hermione et moi, en fin d'année dernière, on y a passé l'après-midi et c'était sympa.
Harry vit Hermione se tendre à l'évocation de ce souvenir. Il savait que Ron et elle s'étaient rendus à la salle commune de Serpentard pour avoir de ses nouvelles auprès de Draco et Théo, ce fameux jour où tout avait basculé pour lui. Et il avait souvent remarqué que Hermione se crispait lorsqu'il était fait mention de ce qui lui était arrivé avec Adrian. Il pensait que c'était dû au fait qu'elle était traumatisée par toute la souffrance qu'il avait endurée, mais il sentait qu'il y avait autre chose. Mais ce n'était pas le moment de songer à tout cela. Ils étaient dans le hall et interpellaient chaque élève qui passait devant eux pour l'inviter à la fête organisée dans la salle commune de Serpentard le soir-même à vingt heures. Harry et Ron venaient tout juste de rejoindre leurs amis après s'être douchés et délassés dans les vestiaires. Il était un peu plus de seize heures, ce qui leur laissait environ quatre heures pour tout préparer. De nombreux élèves avaient été intéressés par cette fête, principalement des Gryffondor et des Serpentard de troisième, quatrième et cinquième année. Tous les Serdaigle de leur promotion avaient accepté de venir, en dépit du fait qu'ils avaient perdu le match, preuve s'il en fallait que les tensions entre les maisons avaient bel et bien disparu dans leur classe. La moitié des Poufsouffle avaient également été séduits, dont Susan, Wayne Hopkins et Sophie Roper. En-dehors de leur promotion, seuls quelques Poufsouffle et quelques Serdaigle avaient été conquis par l'idée de passer une soirée avec plein d'élèves issus de maisons et d'années différentes. Selon Harry, une cinquantaine de personnes seraient donc présentes. Il avait un gros doute sur la capacité de la salle commune de Serpentard à accueillir autant d'élèves mais il faisait confiance à son petit-ami. Après tout, ils étaient bien soixante-dix élèves par maison… Mais c'était très rare qu'ils se retrouvent tous ensemble en même temps dans l'antre de leur maison…
- Du coup, ça va à tout le monde si on fait la fête chez les Serpentard ? s'enquit Draco.
Harry, Ron, Hermione, Ginny, Blaise, Pansy, Théo, Terry et Justin acquiescèrent.
- Par contre, il va sûrement y avoir de l'alcool, prévint Blaise. Graham, Cassius et Miles seront là et ils n'imaginent pas une fête sans whisky pur feu, hydromel ou rhum groseille…
- Je n'aurais rien dit si les plus jeunes élèves avaient été des cinquième année, mais là, ce seront des troisième année, protesta Hermione.
- Eh bien celui qui tiendra le bar aura pour ordre de ne leur servir que des boissons non alcoolisées, décréta Draco. Et ce n'est pas ce qui manquera. Peu importe la maison qui aurait gagné le tournoi, nous, les Serpentard, avions prévu de faire la fête, et depuis plusieurs semaines, j'avais stocké pour l'occasion plein de boissons différentes. Et je pense que certains se ramèneront avec de quoi boire et manger.
- Oh, c'est pour ça que tu tiens absolument à faire cette soirée dans ta salle commune, parce qu'il y a déjà tout ce qu'il faut, comprit Ron.
- Tout à fait, affirma Draco. Et si on veut que tout soit prêt pour vingt heures, il vaut mieux que j'y aille maintenant.
- Je t'accompagne, décida Harry.
- J'aurais bien aimé vous aider mais il faut à tout prix que je me mette au devoir de sortilèges, il est à rendre pour vendredi et je n'y ai pas encore touché, grimaça Justin.
- Ouh là, vas-y vite, alors, il est assez long, prévint Blaise.
- C'est ce que j'ai cru voir… J'aurais pu le commencer hier mais je suis allé voir Ernie. Si j'ai bien avancé d'ici dix-huit heures, je viendrai donner un coup de main avant d'aller dîner.
- Le mot de passe est vert royal, informa Pansy.
- D'accord, merci, c'est noté ! À tout à l'heure !
Justin s'en alla sous les yeux de Théo qui le suivit du regard jusqu'à ce qu'il soit hors de vue.
- Hé, il ne s'est pas volatilisé, il va juste à sa salle commune, dit gentiment Draco.
Théo rougit, ce qui fit sourire le reste du groupe.
- Et nous, on va à la nôtre, déclara Blaise. Qui vient avec nous, à part Harry ?
Personne ne se manifesta.
- On a tous quelque chose de prévu, je crois, supposa Ron.
- Eh bien tant mieux, comme ça, vous aurez la surprise, se réjouit Blaise. Allez, à plus tard !
Ce fut sur ces mots que les neuf amis se séparèrent. Harry, Draco, Blaise, Pansy et Théo se rendirent à la salle commune de Serpentard tandis que Ron, Hermione et Terry vaquèrent à leurs occupations.
- Il n'y a pas grand-monde, observa Harry lorsqu'il entra dans l'antre des Serpentard.
- Beaucoup vont rester dehors jusqu'au dîner, il fait beau et la plupart des élèves mettent du temps à retourner au château après un match. Et c'est une bonne chose pour nous. Au moins, on n'aura pas les petits dans nos pieds.
Harry s'attendrit de la façon dont Draco parlait des jeunes élèves de sa maison. Il n'y avait aucune once de méchanceté, bien au contraire. Harry ne l'aurait jamais cru quelques mois plus tôt mais son petit-ami était du genre très affectueux envers les première et deuxième année. Son statut de préfet y était probablement pour quelque chose. Il savait que le soir, les préfets s'occupaient beaucoup des plus jeunes qu'il fallait calmer quand ils étaient trop agités, rassurer quand ils avaient peur, consoler quand ils avaient du chagrin, mettre au lit quand venait l'heure du coucher… C'était un rôle à part entière et Draco le remplissait merveilleusement bien.
- Bon, on va d'abord coller les tables contre les murs, indiqua Draco. On fera ensuite de même avec les canapés, sauf qu'on s'y mettra à deux car ils sont un peu plus lourds. Enfin, toi, Blaise, tu peux le faire tout seul, mais Harry, Pansy, Théo et moi, c'est autre chose…
Harry dut admettre que Draco avait raison. À part Blaise, ils étaient tous fins et assez peu musclés. Mais cela ne les empêcha pas de venir à bout de toutes les tables. La tâche fut plus laborieuse quand ils s'attaquèrent aux canapés, non seulement à cause de leurs poids, mais aussi parce que Draco, qui dirigeait les opérations, se montrait très pointilleux :
- Plus à gauche, Blaise ! Pansy, va aider Théo, le canapé doit être davantage à droite… Harry, viens porter ce canapé avec moi, il était bien tout à l'heure mais il gêne un peu avec l'arrivée des autres… Non, Blaise, il est trop à gauche, là, pousse-le un peu plus à droite, sinon on va se prendre les pieds dedans…
Harry se mordit la lèvre pour ne pas rire en voyant Blaise faire «gnagnagna» tout en levant les yeux au ciel. Il rejoignit Draco qui l'avait appelé et qui semblait désespéré… et embêté.
- Je crois que j'ai été un peu trop optimiste, dit-il, l'air penaud. Voire carrément idéaliste... Je vous saoule depuis tout à l'heure à vous donner des ordres à tout va mais ce n'est pas vous, le problème, c'est la salle… Elle est trop petite. Elle accueillera facilement cinquante personnes mais à condition qu'on reste toute la soirée debout, sans bouger… On ne pourra pas circuler.
- Qu'est-ce qu'on va faire, alors ? On a dit à tout le monde de venir ici…
- Eh bien on va les attendre devant la porte et on va les emmener autre part.
- Et où ça ?
- Bah je ne vois qu'un seul endroit qui soit assez grand et où on est sûrs de ne pas se faire repérer…
Harry comprit ce à quoi pensait Draco.
- Ce serait le rêve, c'est clair, on aurait tout le nécessaire à portée de main, exceptées la nourriture et les boissons, mais ils seraient alors tous au courant de l'existence de la salle sur demande… Et cette salle n'est pas vouée à être connue de tous. Elle doit rester un minimum secrète. Et puis ils voudront tous y aller quand ils en auront besoin et ce sera alors galère de l'utiliser pour y passer des moments entre amis ou en amoureux…
- T'inquiète, j'ai la solution. Ça va ajouter du piment avant même de commencer la soirée.
- Ouh là, tu me fais peur…
- Mais non, fais-moi confiance. On va tout simplement leur bander les yeux, leur faire descendre et monter des escaliers et leur faire traverser plusieurs couloirs entre chaque étage jusqu'à arriver à la salle sur demande pour qu'ils ne sachent pas où ils sont. À nous dix, on aura cinq ou six personnes chacun à guider. On fera trois ou quatre allers-retours, évidemment.
- On sera plutôt sept ou huit meneurs, car ce serait mieux que deux ou trois personnes restent dans la salle sur demande avec les invités afin de les empêcher de sortir et de voir où ils se trouvent.
- Ah oui, pas bête. On confiera cette tâche à Justin, Hermione et Terry. Ce sont les moins sportifs, et il en faudra, du souffle, pour faire quatre fois tout ce chemin…
- Bien vu, approuva Harry avec enthousiasme. Ce seront donc Pansy, Blaise, Théo, Ron, Ginny, toi et moi qui conduirons les autres à la salle sur demande. En gros, tous ceux de la bande qui font du Quidditch, ajouta-t-il, amusé.
- Il faut bien que ça serve, renchérit Draco sur le même ton. Bon, je vais prévenir Blaise, Pansy et Théo. Changement de plan, les amis ! La fête aura lieu dans la salle sur demande, ce sera bien plus grand qu'ici et on aura tout à disposition.
- T'es sérieux ? s'exclama Pansy. On vient de s'esquinter les bras pendant trois quarts d'heure pour rien ?! J'ai les muscles en compote, moi, hors de question que je refasse tout ça tout là-bas !
- On s'en occupera, Harry et moi, annonça Draco. Vous êtes libres jusqu'à vingt heures. On ne veut voir personne d'ici là. Faites passer le message aux autres si vous les voyez.
- Dites donc, vous n'auriez pas envie de réquisitionner la salle sur demande pour faire autre chose que de l'aménagement, par hasard ? soupçonna Blaise.
- On y fera ce qu'on voudra, éluda Draco. Ne vous en faites pas, tout sera propre quand vous…
- Ok, c'est bon, on y va, coupa Blaise, visiblement soudain pressé de partir.
Il s'en alla, très vite imité par Pansy et Théo. Harry se tourna vers Draco.
- Est-ce que je dois avoir les mêmes doutes que Blaise ? Comptais-tu m'emmener dans la salle sur demande dans l'unique but de profiter honteusement de mon corps ? s'indigna faussement Harry.
- Absolument pas, rétorqua Draco. C'est Blaise qui a les idées mal placées.
- Alors pourquoi tu n'as pas réfuté ses accusations ?
- Parce que je voulais le mettre mal à l'aise et je suis content car ça a réussi.
Harry secoua la tête, feignant la désolation.
- Tu es un vrai gamin. Mais j'avoue qu'il l'a bien cherché. Bon, allons-y.
Draco et Harry se prirent la main et se dirigèrent vers les escaliers. Ils montèrent au septième étage et allèrent à la salle sur demande que Harry fit apparaître. Pour cela, il songea à un endroit fait pour se détendre et s'amuser et il ne fut pas déçu du résultat. Il n'y avait même presque rien à faire.
- La salle a fait tout le boulot pour nous, commenta Draco. Enfin, quasiment, car on va quand-même rajouter des trucs et réagencer certaines choses.
- Je te laisse faire, déclara Harry.
Draco se mit aussitôt à la tâche et réarrangea la salle à sa manière. Vingt minutes plus tard, elle était fin prête pour accueillir une fête avec une cinquantaine de personnes.
- Beau travail, complimenta Harry.
- Ça te plaît ?
- Oui, beaucoup.
- Tant mieux. Et moi, je te plais ?
Harry leva les yeux au ciel.
- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ?
- Pour mon ego, oui.
Harry sourit et combla les quelques mètres qui le séparaient de Draco. Il déposa un léger baiser sur ses lèvres et le regarda dans les yeux.
- J'aimerais bien te faire mariner en te demandant dans quel sens tu souhaites savoir si tu me plais mais tout me plaît chez toi, alors je ne peux même pas me faire ce plaisir…
- Oh c'est trop mignon… Mais si tu veux du plaisir, je peux t'en donner…
- Je ne parlais pas de ça, Draco ! Tu con…
Harry ne put terminer sa phrase car Draco le fit taire en le bâillonnant avec ses lèvres. Harry oublia bien vite ce qu'il voulait dire et rendit son baiser à Draco. Mais lorsque les doigts de son petit-ami commencèrent à dégrafer sa robe, il le repoussa gentiment.
- Je croyais que tu ne m'avais pas emmené ici pour ça ? rappela-t-il malicieusement.
- Oui, et je maintiens que tout à l'heure, je n'y pensais pas du tout. Mes intentions étaient purement innocentes. Mais là, j'en ai eu envie tout à coup… Mais ce n'est peut-être pas réciproque… Et dans ce cas, il faut que tu me le dises. Je ne veux pas te forcer.
- Non, rassure-toi, il suffit que tu me fasses sentir ton désir pour que le mien se réveille… Là, c'est juste que j'avais un peu de mal à te suivre, s'amusa Harry. À présent que tout est clair, je veux bien qu'on continue ce qu'on faisait…
- Tu es sûr ? Vu l'heure qu'il est, on ne va pas pouvoir faire grand-chose…
- Il est dix-sept heures, on a deux heures devant nous avant d'aller manger, on ne pourra rien faire de nouveau mais ce sera largement suffisant pour se soulager mutuellement… Et puis c'est bien de ne pas aller plus loin, de temps en temps. On peut se contenter de ce qu'on a déjà fait. On n'est pas obligés de franchir de nouvelles étapes à chaque fois…
- Tout à fait, approuva Draco. Le principal, c'est de se donner du plaisir, toujours dans le respect et dans l'amour…
Sur ces mots, Draco reprit possession des lèvres de Harry tandis que ses doigts repartirent à l'assaut des agrafes de sa robe de sorcier. Harry en fit autant et débarrassa Draco de la sienne. Bientôt, ils se retrouvèrent en chemise et en pantalon, mais leurs hauts furent vite enlevés. Draco fit reculer Harry jusqu'à un canapé qui se matérialisa et sur lequel il le fit basculer, sans jamais rompre le baiser qui se faisait de plus en plus passionné et ardent. Ils se caressèrent pendant de longues minutes, Draco passant ses mains sur tout le torse de Harry alors que celui-ci s'attardait sur les tétons de son chéri. Il gémit de frustration quand Draco détacha leurs lèvres mais il n'eut pas l'occasion de protester car la bouche de Draco vint se poser dans son cou où elle embrassa ses zones les plus sensibles. Harry ne sut plus où donner de la tête et il ne fut pas le seul à apprécier ces attentions. Une certaine partie de son anatomie réagissait à tout ce que lui faisait Draco, mais aussi à la sensation de la peau de son petit-ami sous ses doigts. Il avait délaissé les tétons de Draco et s'était remis à parcourir son torse de haut en bas. Draco s'attaqua à son tour aux deux bouts de chair de Harry tout en mordillant son cou, ce qui le fit gémir davantage. Sans cesser de triturer ses tétons, Draco se pencha à son oreille :
- Tu ne serais pas un peu à l'étroit dans ton pantalon ?
- Autant que toi, je suppose…
- Si tu veux vérifier, je t'en prie, fais-le…
Harry ne se démonta pas et avança sa main vers le jean de Draco. Il ne fut pas étonné de rencontrer une bosse tout aussi dure que la sienne. Avec un sourire machiavélique, il pressa doucement sa main dessus et la frotta lentement contre le tissu rêche du pantalon, arrachant des gémissements à Draco qu'il tenta de contrôler. Harry voulait lui faire payer son ton moqueur, alors il poursuivit ses gestes qui firent grossir le membre sous l'effet de l'excitation. Draco se mit à trembler et finit par attraper le poignet de Harry.
- Arrête, ce n'est pas comme ça que j'ai envie de jouir…
- Vraiment ? C'était pourtant amusant de te voir te retenir d'exprimer pleinement le plaisir que je te procurais…
- Sadique.
- Tu n'avais qu'à pas te moquer de moi. Il fallait y réfléchir à deux fois. Mais comme je suis gentil, je vais ôter ma main et on va se soulager ensemble…
- C'est trop aimable de ta part, railla Draco.
Harry lui tira la langue et retira sa main lorsque Draco lui eut lâché le poignet. Draco s'allongea sur lui et ils gémirent de concert en sentant leurs sexes se toucher à travers leurs pantalons.
- Draco, redresse-toi, qu'on puisse se mettre à l'aise…
Draco obéit et tous deux purent se délester de leurs jeans. Draco lorgna sur leurs caleçons.
- Pendant qu'on y est…
- Je n'osais pas le dire, pouffa Harry.
Ils enlevèrent leurs sous-vêtements et les lancèrent négligemment loin d'eux. Draco se recoucha sur Harry et ils poussèrent un long gémissement lorsque leurs sexes entrèrent en contact. Ils ondulèrent sans attendre l'un contre l'autre, faisant grimper le plaisir en flèche. Draco scella de nouveau leurs lèvres, les entraînant dans un long baiser rempli d'amour et de douceur. Leurs mains ne furent pas en reste et voyagèrent partout sur le corps de l'autre. Là aussi, tout n'était que tendresse et amour. L'émotion gagna Harry et il eut besoin de dire ces trois petits mots à Draco. Il parvint à s'extraire au baiser et dut s'empêcher de gémir durant quelques secondes pour pouvoir faire sa déclaration :
- Je t'aime, Draco…
Son Serpentard adoré baissa ses yeux remplis de désir vers les siens et Harry put y lire tout l'amour qu'il lui portait.
- Je t'aime aussi, Harry…
Ils unirent une nouvelle fois leurs lèvres et accélérèrent le rythme de leurs frottements. Mais ce ne fut pas assez ni pour l'un, ni pour l'autre, et il ne leur fallut qu'un regard pour qu'ils comprennent qu'ils avaient la même envie. Draco enroula ses doigts autour de leurs deux érections et les pressa l'une contre l'autre. Harry cria et envoya son bassin vers l'avant, créant une friction qui les fit gémir bruyamment. Ils intensifièrent encore la cadence de leurs mouvements qui, combinés à la main de Draco qui les masturbait ensemble avec énergie, les rapprocha dangereusement de l'orgasme. Car oui, Harry savait qu'il allait en avoir un, tant le plaisir qui l'envahissait était fort. Leur baiser ne fut plus suffisant pour étouffer leurs cris et leurs gémissements et ils devinrent de plus en plus sonores alors que leurs hanches bougeaient à un rythme effréné et que les doigts de Draco s'activaient avec toujours plus d'ardeur autour de leurs deux hampes de chair. Ils étaient au bord de la jouissance et ce fut plusieurs minutes plus tard qu'ils l'atteignirent en criant à l'unisson leur extase. Jamais Harry n'avait eu autant de plaisir, et il avait pourtant adoré son dernier moment intime avec Draco. Mais là, c'était différent. Il s'était totalement abandonné et cela s'était ressenti dans son plaisir. Et le fait qu'il aimait éperdument Draco y était aussi pour quelque chose. Il resta un bon moment dans un état second et il reprenait tout juste ses esprits lorsque Draco les nettoya d'un sort. Cela faisait du bien. Il tourna la tête vers son chéri et fondit en voyant un océan d'amour dans ses magnifiques yeux gris.
- Tu es encore plus beau que d'habitude quand tu es serein, dit tendrement Draco. S'il faut que je te donne un orgasme tous les jours pour te voir aussi détendu, je suis partant.
Harry se mit à rire.
- Ça risque d'être un peu compliqué… Mais une vie sexuelle saine et régulière contribue largement à être continuellement de bonne humeur. Enfin, je pense qu'il faut surtout avoir des rapports quand on en a tous les deux envie et qu'il ne faut surtout pas se prendre la tête à ce sujet. Laisser venir les choses comme elles sont. Ne pas se précipiter. Ne pas se forcer. Communiquer. S'aimer. C'est ça, la clé du bonheur.
- Te voilà bien philosophe… Mais tu as entièrement raison. Et tout ça, on vient de le respecter. Je ne sais pas si tu t'en es rendu compte mais on avait dit qu'on ne faisait rien de nouveau aujourd'hui et au final, on est quand-même allés un peu plus loin. C'était la première fois que j'accompagnais nos mouvements avec ma main. Ça a l'air de rien, comme ça, mais le plaisir qu'on en retire n'est pas du tout le même.
- Ça, c'est sûr ! Ça n'a rien à voir avec tout ce qu'on a pu faire jusque-là. Je ne me rappelle plus si j'avais déjà fait ça et honnêtement, je ne veux pas m'en souvenir. Il n'y a que ce que je fais avec toi qui compte, maintenant.
L'émotion se lut dans le regard de Draco.
- Comment suis-je censé résister quand tu me dis des choses pareilles… Je t'aime tellement…
- Moi aussi, murmura Harry avec toute la sincérité du monde. Et tu vois, le fait qu'on ait franchi une nouvelle étape naturellement, sans que ce soit prévu, ça prouve à quel point notre relation est saine. Et à quel point on se fait confiance. Les choses viennent toutes seules, tranquillement, sans qu'on se pose de questions. Et j'aimerais que ce soit toujours ainsi entre nous.
- Ce sera le cas, dit Draco en souriant.
Harry lui rendit son sourire et se blottit tout contre lui. Ils passèrent l'heure qui restait avant le dîner en s'embrassant et en se câlinant, profitant de ce moment d'amour et de quiétude qu'ils chérissaient tant.
.
Après avoir bien mangé, Harry et Draco retournèrent à la salle sur demande après avoir fait un saut à la Tour Gryffondor, Harry ayant souhaité récupérer sa cape d'invisibilité dans son dortoir. Il n'était pas sûr de boire mais s'il sortait bourré de la fête, il ne voulait pas se faire réparer à cause d'un manque de discrétion.
- Je n'aurais pas dû me gaver autant, grimaça Draco alors qu'ils entraient dans la salle. Surtout qu'il va y avoir de la nourriture avec les boissons…
- Eh bien au moins, si tu bois, tu n'auras pas le ventre vide, relativisa Harry. C'est très important, ça permet de mieux gérer une soirée un peu trop arrosée. L'idéal, c'est de boire de l'eau entre chaque verre, mais bon, peu de gens le font…
- Bah ce n'est pas trop le principe d'une cuite, vois-tu… D'ailleurs, qu'est-ce que tu vas faire, toi ? T'en tenir au jus de citrouille ou t'essayer au Whisky pur Feu ou au rhum groseille ?
- Je verrai. Si je devais vraiment me prendre une cuite, je pensais plutôt le faire lors de la fête qu'on fera peu avant les BUSE. Mais je me demande si ça vaut la peine de la maintenir, du coup. Il y aura presque toute la promo ce soir et le but de notre petite fête, c'était de réunir cinq élèves de chaque maison…
- Ce ne sera pas du tout la même chose. Là, dans quelques heures, il y aura beaucoup plus de monde que ce qui est prévu pour notre fête. Ce qu'on veut, nous, c'est un truc sympa, avec un comité assez restreint et composé uniquement de gens qu'on connaît de près ou de loin. Ce qui ne sera pas le cas ce soir puisqu'il y aura pas moins de cinquante personnes issues de cinq promos différentes.
- C'est vrai. En fait, je crois que je vais avoir bien plus de plaisir à préparer la fête de ce soir et à y emmener les invités qu'à y participer. Je m'en irai sûrement vers vingt-deux ou vingt-trois heures.
Draco fronça les sourcils.
- Si ça ne te tente pas, n'y va pas et rentre à ton dortoir une fois que tout le monde sera là.
Harry secoua la tête.
- Non, j'ai envie de m'amuser, mais je ne sais pas, je la sens mal, cette fête.
- On peut encore tout annuler, si tu veux.
- Ouais et on leur dira quoi ? Qu'on préfère ne rien faire parce que j'ai un mauvais pressentiment ? Ils vont nous rire au nez… En plus je n'aurai aucune crédibilité étant donné que j'ai toujours été nul en divination…
- C'est vrai que ce serait risqué de faire confiance à ton Troisième Oeil, se moqua gentiment Draco.
- Tout à fait, renchérit Harry sur le même ton. Alors on ne change rien. Et puis ce ne serait pas cool de notre part d'empêcher les autres de faire la fête et de s'aérer l'esprit… Bon, sinon, Hermione est d'accord pour rester ici pendant qu'on ira chercher les invités. Elle va en parler à Terry qui devrait bien vouloir lui aussi.
- Super, se réjouit Draco. J'en ai également discuté avec Théo qui passera le message à Justin. Ça ne devrait pas poser de problèmes non plus avec lui.
- Parfait, tout est ok, il n'y a plus qu'à attendre Hermione, Terry et Justin.
Draco acquiesça et ils se mirent à patienter en s'assurant qu'il y avait bien tout ce qu'il fallait et en réaménageant un peu la salle, ayant toujours un doute sur la disposition de tel ou tel élément. Vers dix-neuf heures quarante-cinq, ils sortirent et accueillirent très vite Justin qui fut rapidement suivi de Terry et de Hermione.
- On y va, on revient d'ici quinze minutes, prévint Draco.
- Je dirais plutôt vingt, rectifia Harry. On ne montera pas tous les escaliers d'une traite, on fera des détours pour désorienter les invités.
- Ah oui, j'avais oublié. Bon, si nous ne sommes pas revenus d'ici une demie-heure, vous pourrez commencer à vous inquiéter.
Harry leva les yeux au ciel et entraîna Draco avec lui alors que leurs trois amis souriaient, amusés. Ils descendirent au rez-de-chaussée et se rendirent à la salle commune de Serpentard. Ils trouvèrent bon nombre de personnes déjà présentes.
- Bon, on vous l'a peut-être dit mais la fête n'aura finalement pas lieu ici, mais dans un endroit qui doit rester secret. C'est pourquoi on va vous y emmener en vous bandant les yeux, afin que vous ne sachiez pas où vous serez, annonça Draco.
- Ouh là, ce ne serait pas illégal, votre truc ? soupçonna un élève de sixième ou septième année de Gryffondor.
- Pas du tout, affirma Harry. Si ça peut vous rassurer, Hermione et Terry nous y attendent avec un de nos amis. Ce sont les préfets les plus intègres avec Padma Patil. Ils ne cautionneraient pas une fête si elle se tenait dans un lieu illégal.
- Bon, ça va, alors. Et puis ça donne un petit côté pimenté de ne pas savoir où on est. En fait, j'adore l'idée.
Quelques élèves approuvèrent, bientôt suivis par les autres qui se laissèrent tous gagner petit à petit par le frisson exaltant de l'inconnu. Harry et Draco échangèrent un regard et se sourirent, partageant la même pensée. Cela présageait de passer une bonne soirée s'ils étaient tous conquis par le concept d'aller quelque part sans savoir où c'était situé. Ils cachèrent donc la vue à chaque élève avec Ron, Ginny, Blaise, Théo et Pansy et ils se mirent ensuite en route. Sur le chemin, Harry pria pour qu'ils ne croisent aucun professeur. Si c'était le cas, ils allaient beaucoup moins rigoler. Mais il se détendit en se disant qu'ils ne faisaient rien de mal tant qu'ils demeuraient assez calmes dans les couloirs. Ce fut donc l'esprit apaisé qu'il emmena Anthony Goldstein ainsi qu'un élève de Poufsouffle à la salle sur demande. Malgré tous leurs efforts, ils ne purent s'empêcher de rire et de faire les idiots sur tout le trajet. C'était principalement dû à l'adrénaline provoquée par le risque de se faire coincer. Mais heureusement, ils ne virent pas de professeur et ils parvinrent sans encombres à destination. Terry, Justin et Hermione promirent de bien remplir leur rôle à Harry et Draco qui retournèrent à la salle commune de Serpentard avec les cinq autres membres de la bande. Plusieurs élèves étaient arrivés entre-temps et ils furent eux aussi charmés par le fait de ne pas connaître l'endroit où se déroulerait la fête. Après quatre allers-retours supplémentaires, constatant qu'il n'y avait plus personne devant l'antre des Serpentard, Harry et Draco estimèrent qu'ils étaient au complet. Tout cela avait duré plus d'une heure mais le résultat en valait la peine. Ils étaient fiers d'eux car ils avaient super bien géré les choses. Ils avaient été aidés par l'absence de professeurs lors de chacun de leurs voyages, si bien que Harry se douta qu'il y avait également une fête dans la salle des professeurs. Il espéra qu'il n'y aurait pas d'intoxication alimentaire cette fois-ci. Il se demandait si c'était raisonnable de remettre ça si tôt quand Draco prit la parole :
- Un petit mot avant de vous laisser profiter de cette fête préparée par les bons soins de deux d'entre nous. Tout d'abord, bravo à Gryffondor pour sa victoire de cet après-midi, au terme d'un match qui nous a bien tenus en haleine, mais aussi à Serpentard pour avoir remporté le tournoi en dépit d'une année très difficile, et enfin à Poufsouffle et Serdaigle qui n'ont jamais baissé les bras, qui se sont bien battus et qui n'ont pas à rougir de leurs prestations. Ensuite, je vous remercie d'être tous venus, et pour terminer, je vous souhaite une excellente soirée et vive le Quidditch, vive l'entente entre les maisons, vive la joie, vive le rire et vive la bonne humeur !
Un tonnerre d'applaudissements salua le discours de Draco. Harry s'approcha de lui et lui glissa à l'oreille :
- Toi, plus tard, tu seras directeur de Poudlard.
Draco se retourna et haussa un sourcil.
- Tu t'es déjà mis au Whisky pur Feu ?
Harry pouffa.
- T'es bête… Non mais c'est vrai, ce que je dis, tu as hérité des talents d'orateur de ton parrain mais avec ton style à toi.
- Eh bien j'animerai peut-être des conférences quand je serai potionniste. Je dois avouer que c'est un exercice qui me plairait. Mais je ne dirigerai pas cette école. Je n'ai pas envie que nous habitions ici. Après, si toi, ça te tente…
- Non merci, grimaça Harry. Bon, je vais aller voir Ron, Hermione et Ginny. Je n'ai pas trop pu leur parler après le match.
- D'accord, je vais aller en faire autant avec Blaise, Théo et Pansy.
Harry et Draco s'embrassèrent et se séparèrent afin de rejoindre leurs meilleurs amis respectifs.
- Voilà le héros du jour, plaisanta Ginny.
- Tout de suite… Tout ça parce que j'ai mis la main sur une malheureuse petite balle ? ironisa Harry.
- Cette malheureuse petite balle, comme tu dis, nous a permis de gagner le match, rétorqua Ginny. On se faisait mener par Serdaigle. Ils avaient trois buts d'avance sur nous et ça aurait pu continuer longtemps comme ça si tu ne t'étais pas empressé d'attraper le vif d'or. Si tu avais laissé le temps à Angelina, Alicia et Katie de marquer les quatre buts qui nous manquaient, on aurait gagné la Coupe mais pas le match, et la victoire aurait eu un goût amer. Car Serdaigle aurait enchaîné trop de buts pour que les cent cinquante points du vif d'or soient suffisants pour nous faire remporter le match.
- Très bonne analyse, complimenta Harry, faisant rougir Ginny. Bon, le principal, c'est qu'on ait pu sauver le match et que Serpentard ait eu la Coupe.
- Tout à fait ! s'écria une voix derrière Harry.
Il sursauta, comme Ron, Hermione et Ginny, et fit volte-face. Il se retrouva nez-à-nez avec Seamus, qui avait l'air très gai et qui était avec Dean et Neville.
- Bravo à vous, Harry et Ron, vous avez été extra, félicita Dean. Et ne t'en fais pas pour les buts que tu as laissés passer, Ron, même Olivier Dubois aurait eu du mal à les bloquer. Les poursuiveurs de Serdaigle sont connus pour être excellents face aux buts. Ils feraient trembler n'importe qui. Et ça, tu ne peux rien y faire. Ça vient d'eux, pas de toi.
Harry jeta un coup d'oeil à Ron et fut impressionné en constatant que les paroles de Dean l'avaient profondément détendu. Lui-même n'avait jamais réussi à rassurer autant son meilleur ami.
- Tu ferais un très bon psychomage, dit-il à Dean. Tu sais parler aux gens.
- Je m'oriente plutôt vers le métier de médicomage, confia Dean. Et vous ?
Harry, Ron, Hermione et Ginny s'observèrent. À part Ginny, tous étaient un peu gênés.
- C'est encore flou, pour nous, répondit Hermione. Mais on a jusqu'aux ASPIC pour y réfléchir. On a gardé les matières qui, dans tous les cas, pourraient nous être utiles.
- C'est ce qu'il y a de mieux à faire, confirma Dean. Et vous n'êtes pas les seuls. Seamus, lui, hésite entre trois métiers.
- Bon courage pour choisir, compatit Ron. C'est parfois dur de devoir éliminer des pistes… Ah, il y a Susan qui arrive.
Harry vit effectivement le binôme de Ron venir vers eux.
- Je voulais juste vous féliciter pour le match, déclara-t-elle timidement. Je ne suis pas vraiment fan de Quidditch mais je dois reconnaître que ce match était hyper passionnant. Vous n'avez rien lâché, et Serdaigle non plus. C'était très plaisant à voir.
- Merci, Susan, sourit Ron. Tu es avec Justin, j'imagine ? Tu ne l'as quand-même pas abandonné ?!
- Mais non, rit Susan. On a rejoint Théo et j'en ai profité pour faire un saut ici. On commence déjà à se mélanger, en fait.
- Eh bien tant mieux, c'est le but, décréta Ginny. J'irai voir Luna durant la soirée, pour l'instant elle est avec des filles de sa maison, je n'ose pas trop aller la déranger.
- Au contraire, ce serait une bonne chose que tu te fasses connaître auprès d'un maximum de gens, conseilla Harry.
Il accompagna ces mots d'un regard entendu qui sembla faire sens dans l'esprit de Ginny.
- Oui, ce n'est pas faux… J'y vais, alors. Amusez-vous bien.
Ginny s'éloigna et se dirigea vers le groupe que formait Luna avec Padma Patil, Lisa Turpin et Sue Li. Si Harry l'avait poussée à aller vers elles, c'était pour la préparer à son futur rôle de préfète. Ils avaient pu passer deux heures ensemble la veille au soir et Ginny lui avait tout raconté. Elle devait donc établir le contact avec le plus de personnes possibles afin qu'elles s'adressent naturellement à Ginny si elles avaient besoin d'aide l'année suivante. Il la vit s'immiscer parmi les quatre Serdaigle, puis il reporta son attention sur ses camarades et amis. Il remarqua alors que Hermione fixait Ginny avec un air triste. La veille, elle avait été convoquée avec les autres préfets par tous les directeurs de maison qui leur avaient appris toute l'histoire au sujet de Hannah. Harry et Ron avaient vu leur amie rentrer choquée dans leur salle commune, elle leur avait tout dit et elle avait terriblement regretté de ne pas avoir cru Ginny lorsqu'elle lui avait fait part de ses doutes concernant Hannah. Depuis qu'ils étaient ensemble dans la salle sur demande, Ginny faisait comme si de rien n'était mais Hermione, elle, se tenait en retrait. Harry imaginait bien que Ginny avait été soulagée d'avoir une raison d'aller voir ailleurs. C'était peut-être pour ça, entre autres, qu'il avait mal senti cette fête. Car tout n'allait pas comme sur des roulettes au sein de la bande. Heureusement, il y avait du monde, permettant à chacun de se disperser.
- Dites, il n'est pas un peu trop proche de Pansy, Warrington ?
Cette question fit sortir Harry de ses pensées. Il suivit le regard de Ron et n'eut pas l'impression que l'ex poursuiveur de Serpentard menaçait l'espace vital de Pansy. De plus, ils n'étaient pas seuls. Il y avait Draco, Blaise, Graham et Miles avec eux.
- Non, ils ont juste une conversation amicale, analysa Harry. Ils se connaissent bien, ils ont un peu joué ensemble et je crois que Cassius est en couple, de toute façon. C'est ce que Draco m'a dit. Et je ne pense pas qu'il soit du genre à tromper sa copine ou à mettre le grappin sur une fille qui est déjà prise.
- Oh… Je ne savais pas tout ça. Je n'ai pas à m'en faire, alors.
Harry acquiesça et surprit la mine triste de Susan. Seamus dut s'en apercevoir aussi car il engagea la discussion avec elle :
- Alors, Susan, il n'est pas trop chiant, Ron, lors de vos séances de travail ? Tu peux tout nous dire, hein, on le pratique depuis cinq ans, on sait comment il est. Encore, toi, ça va, tu n'as pas à subir ses chaussettes qui traînent partout !
Susan émit un petit rire qui encouragea Seamus à continuer sur sa lancée. Bientôt, le visage sombre de Susan ne fut plus qu'un lointain souvenir tandis qu'elle riait en parlant avec Seamus. Ce dernier avait vite laissé de côté le sujet «Ron» et Harry commença alors à comprendre ce qui se passait dans la tête de Susan. Ou, plutôt, dans son coeur, car c'était lui qu'avait blessé Ron sans le vouloir en se montrant jaloux envers Cassius et en se faisant du souci pour son couple avec Pansy. Seamus avait donc réussi à redonner le sourire à Susan mais Harry ne tarda pas à voir Dean afficher à son tour un air peiné, lui qui était habituellement si joyeux. Il semblait même complètement démoralisé. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à déprimer, bon sang ?! Faire face à une Susan chagrinée que Harry ne connaissait pas trop, c'était une chose, mais faire face à un Dean dans le même état, c'en était une autre… C'était vraiment inquiétant, venant de lui. Harry eut soudain le désagréable sentiment que la joie perpétuelle de Dean ainsi que son sourire permanent cachaient en réalité un secret et un profond mal-être qu'il souhaitait à tout prix garder pour lui. Et malgré cette tristesse qui le rongeait, il faisait de son mieux pour aider les autres, les faire rire, leur changer les idées, les pousser à voir ce qu'il y avait de meilleur en eux… Dean, c'était le garçon sympa, populaire et léger, apprécié de la plupart de ses camarades, qui savait attirer l'attention mais qui n'en faisait pourtant jamais trop. Et c'était bien connu que ce genre de personnes n'étaient pas forcément celles qui allaient le mieux. Cela ne les concernait pas toutes, évidemment, mais c'était assez courant. Harry fut arraché une fois de plus à sa rêverie par Dean lui-même qui s'adressa à lui :
- Dis, toi qui connais un peu les garçons de septième année de Serpentard par le biais de Draco, est-ce que tu sais si Montague est libre, en ce moment ?
Harry fut quelque peu étonné par cette question mais il ne fit aucun commentaire.
- Euh… je ne pourrais pas te dire, désolé… Mais tu peux toujours tenter ta chance.
Dean baissa les yeux vers son verre vide, comme s'il étudiait cette possibilité, ce qui était sûrement le cas. Il releva d'un coup la tête, avec un air bien décidé sur le visage.
- Oui, c'est ce que je vais faire. Merci, Harry. Et bravo encore pour le match !
Dean s'en alla sur ces mots et rejoignit Draco, Blaise, Pansy, Graham et Miles. Bizarrement, Draco s'éclipsa aussitôt et alla voir Théo et Justin. Le malaise gagna Harry en voyant cela. Il avait tout à coup l'impression de voir tous les problèmes qu'il y avait entre ses proches et les gens de sa classe. Est-ce que le rapprochement entre les maisons n'était qu'une illusion ? Non, il savait bien que non, sinon la bande n'existerait pas et il ne sortirait même pas avec Draco. Le fait que les tensions aient disparu entre les maisons ne voulait pas dire que tout le monde devait bien s'entendre tout au long de l'année… Il y aurait toujours des hauts, des bas, des disputes, des réconciliations, des doutes, des trahisons… C'était la vie, tout simplement. Ça avait toujours été ainsi depuis la nuit des temps, et il n'y avait pas de raisons pour que la bonne entente inter-maisons y change quoi que ce soit. Il fallait accepter que tout n'était pas parfait dans le meilleur des mondes, mais sans en faire une fatalité et se concentrer sur le positif. Harry venait tout juste de le réaliser pleinement et cela l'apaisa. La soirée ne se déroulait peut-être pas vraiment comme il l'avait imaginée mais au moins, elle lui avait ouvert les yeux sur quelque chose d'important. Il était plus serein et il comptait bien profiter de la présence de tous ceux qu'il aimait.
.
Deux heures plus tard, la fête battait son plein dans la salle sur demande. Harry avait passé du temps avec Ron et Hermione, puis avec Ginny, puis avec Draco, et il était maintenant avec Théo. Justin était parti, ne s'étant pas senti bien après avoir bu trois verres de Whisky pur Feu. Draco avait demandé – voire ordonné – à Théo de rester et de s'amuser et avait raccompagné lui-même Justin à son dortoir.
- Draco et toi nous avez rejoints pile au bon moment, annonça Théo. Cela faisait quelques minutes que Justin avait la nausée quand vous êtes venus. J'essayais de le persuader de rentrer à son dortoir mais il ne voulait pas me laisser seul.
- Ah oui, en effet, tu es très seul, se moqua gentiment Harry. Ce n'est pas comme si tu avais toute la bande dans cette salle ainsi que Luna et tes coéquipiers de Quidditch qui t'apprécient beaucoup… Mais je le comprends. Il t'aime, c'est normal qu'il s'inquiète pour toi… Sinon, toi, ça va ?
- Oui, j'ai passé du temps avec à peu près tous les membres de la bande, même avec Ginny qui était pourtant un peu partout, puis j'ai discuté avec plein de gens de sixième et septième année. Ils étaient tous gentils. Ils m'ont tous emmené au comptoir car c'est là qu'il y a les meilleures conversations, apparemment.
Harry se mordit la lèvre pour ne pas rire. Il avait déjà eu un doute en arrivant mais là il en était sûr : Théo avait un peu trop bu. Il devinait sans peine qu'il s'était fait embarquer sans pouvoir résister et qu'il n'avait pas su dire non à tous ceux qui lui avaient proposé de boire un verre. Heureusement, il semblait bien tenir l'alcool, ce qui n'étonnait pas tellement Harry. Lui alternait entre rhum groseille et jus de citrouille et il sentait déjà les effets des deux verres de rhum sur lui.
- Et ça racontait quoi, au comptoir ? s'intéressa-t-il.
- Des tas de trucs drôles. C'est fou l'humour que peuvent avoir les gens. On n'a pas tous le même, mais il y a du bon dans la diversité. Bon, je me suis carapaté quand ça s'est mis à faire des blagues grivoises. Faut pas abuser quand-même…
Harry ne put s'empêcher de sourire. Même quand il était pompette, Théo restait lui-même. Il était juste un peu plus détendu. Et cela lui allait très bien.
- Tiens, pendant que je t'ai… Il va falloir qu'on retourne voir les licornes, toi et moi.
Harry dut vraiment faire un gros effort pour ne pas partir dans un grand fou rire. Théo lui avait dit cela comme s'il s'agissait d'une chose très grave à laquelle il avait longuement réfléchi avant de lui en parler.
- C'est vrai, on devait aller les revoir ensemble pour que je les caresse, se souvint Harry. On pourra également rendre visite à Hagrid. Ça lui ferait plaisir de nous voir en même temps.
- Très bonne idée, approuva Théo. Il va être content, c'est sûr. J'aimerais bien savoir qui sera avec moi l'année prochaine en cours de soins aux créatures magiques… Je sais qu'il y aura déjà Blaise, Pansy et Dean, je crois qu'il y aura aussi Daphné, mais à part eux, je ne vois personne d'autre.
Harry fronça les sourcils.
- Comment tu sais pour Dean ?
- Il me l'a dit, avoua Théo. Mercredi, nous avons aidé le professeur Snape à préparer tout un tas de potions pour les professeurs touchés par l'intoxication alimentaire. On s'est plusieurs fois retrouvés seuls et on a discuté.
- Ah bah oui, je suis bête, j'aurais dû faire le lien, je savais que tu avais secondé le professeur Snape et c'est moi qui ai suggéré à Dean d'aller lui proposer son aide… Oui, parce que je suis allé voir le professeur Snape pendant que tu étais dans son laboratoire, il m'a confié qu'il t'avait réquisitionné et qu'il aurait bien besoin d'une deuxième personne. Il m'a donné la liste des élèves à qui il pourrait faire appel et Dean y figurait. J'ai donc fait le messager. Je suis bien content qu'il soit allé apporter son aide. Surtout que ça a l'air de s'être bien passé entre vous alors que vous ne vous étiez sûrement jamais adressé la parole auparavant…
- En effet, reconnut Théo. Et c'est dommage car on a plein de points communs. Il suit exactement le même nombre de cours que moi mais lui va abandonner l'astronomie et la divination. Par contre, il va lui aussi se mettre aux cours de duel.
- S'il est choisi comme suppléant par Ron, ça pourra lui être utile, jugea Harry.
- Sauf qu'il ne le sait pas encore, s'amusa Théo. Tu crois que ça lui plairait ?
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question, railla Harry. Tu as plus échangé avec lui en un après-midi que moi en cinq ans alors qu'on partage les mêmes cours, la même salle commune et le même dortoir depuis notre arrivée à Poudlard… Non, je plaisante, je connais quand-même assez bien Dean et je pense qu'il serait ravi de seconder Ron. Ah bah tiens, le voilà qui vient vers nous…
Dean se dirigeait effectivement vers Harry et Théo. Il avait l'air dépité.
- Il est pris, lâcha-t-il.
Harry mit quelques secondes à comprendre de qui il parlait.
- Il te l'a dit ? Tu lui as posé clairement la question ?
- Non, enfin je ne sais pas s'il est en couple mais en tout cas, il a un mec en tête. J'ai peut-être envie de passer du bon temps avec un gars, mais je ne suis pas désespéré à ce point. C'est bon, j'ai assez donné en début d'année avec un gars qui était amoureux de quelqu'un et qui m'a un peu baladé en n'osant pas me dire qu'il voulait mettre fin à nos petits rendez-vous… Je ne lui en veux pas, hein, il était malheureux le pauvre, et c'est un type bien, j'aurais même pu…
Dean s'interrompit brusquement et regarda Harry comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Il parut alors gêné.
- Ouais euh bref, c'est pas important. Je n'ai plus qu'à me trouver un autre mec. Bon, sinon, ça va ? Vous passez une bonne soirée ?
- Oui, c'est plutôt cool, répondit Harry. Il y a de l'ambiance, on se détend, on peut parler avec tout le monde… Ah, il y a Draco qui me fait signe…
- Vas-y, je tiens compagnie à Théo. À moins que ce soit l'inverse… Et si tu veux bien de moi, bien sûr.
- Avec grand plaisir, accepta Théo. Si tu es d'accord, tu pourras m'en dire plus sur les techniques de relaxation sorcières basées sur l'appel de notre magie intérieure…
Rassuré de voir Théo entre de bonnes mains, Harry s'éloigna et rejoignit Draco.
- Tu avais quelque chose à me dire ? s'enquit Harry.
- Non, je voulais juste t'avoir avec moi.
- Oh, c'est mignon…
Harry posa ses lèvres sur celles de Draco et lui donna un tendre baiser. Draco le lui rendit avec tout autant d'amour mais lorsqu'ils se séparèrent, Harry vit qu'il était soucieux.
- Dis-moi, tu es souvent avec Dean Thomas depuis le début de la soirée…
Harry arqua un sourcil.
- C'est un reproche ?
- Non, pas du tout, sourit Draco. Juste une remarque.
Harry crut deviner ce qui tracassait son chéri. Il l'apaisa aussitôt :
- Je m'en fiche que vous ayez couché ensemble ou non lors de la fête du Nouvel An, nous n'étions pas encore en couple, ça ne concerne que vous.
Draco sembla sur le point de répondre à ces mots mais il se ravisa et dévia le sujet :
- Et donc tu as laissé Théo avec lui ? Tu veux que Théo se fasse un nouvel ami ? plaisanta-t-il.
- C'est surtout que mon adorable petit-ami m'a arraché à ma discussion avec mes deux amis afin de m'accaparer pour lui tout seul, et Dean s'est gentiment proposé de tenir compagnie à Théo. Comme ils se connaissent déjà un peu, je me suis dit que c'était une bonne idée.
Draco parut surpris.
- Ils se connaissent déjà ? Mais… comment ?
- Théo t'expliquera. Là, j'ai envie que tes lèvres fassent autre chose que parler…
Draco saisit vite le message et ne se fit pas prier. Il s'empara des lèvres de Harry et l'embrassa avec douceur et amour. Harry répondit à son baiser qui se fit d'abord langoureux avant de devenir un peu plus passionné. Ils commençaient à oublier où ils étaient lorsqu'ils furent coupés par Hermione qui vint les voir.
- Salut les garçons ! Oh je vous en prie, ne vous gênez pas pour moi, j'ai vu des couples faire bien plus que ça un peu partout dans la salle sur demande ! Ce n'est pas un baiser de rien du tout qui va me choquer…
Harry échangea un regard avec Draco. Ils pensaient la même chose : Hermione était légèrement trop joyeuse et volubile pour être sobre.
- Tu te sens bien, Hermione ? s'inquiéta Harry.
- Mais oui, je pète le feu ! Pardon, je voulais dire… je déborde d'énergie. Je suis préfète, je ne peux pas me permettre des écarts de langage comme celui-là…
«Bon, ça va, elle est encore lucide» songea Harry. Il ne s'était pas attendu à ce que Hermione boive autant, mais cela ne l'étonnait pas tant que ça. Elle avait certainement souhaité se changer les idées. Il comprit alors ce qu'il n'avait pas su voir : Hermione n'allait pas bien du tout. Et cela ne datait pas de la veille. Cette révélation le déstabilisa et l'ébranla fortement. Que devait-il faire ? Il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était, comme s'il ne s'était pas aperçu du profond mal-être intérieur de sa meilleure amie… Mais était-ce le moment de se torturer l'esprit avec cela ? Vu l'état dans lequel était Hermione, cela ne servirait absolument à rien d'essayer de lui parler… Il gâcherait la soirée de son amie et la sienne par la même occasion.
- Tu peux te lâcher, on ne t'en voudra pas, s'amusa-t-il.
«Ben oui, vas-y, encourage-la à s'enfoncer encore plus, t'as pas d'autres conseils à lui donner ?» lui souffla une voix. Il l'ignora.
- Non, je préfère être correcte. J'aurais dû faire comme Terry et m'en tenir au jus de citrouille, mais bon…
Hermione haussa les épaules et vida d'un trait le reste de son verre.
- Il est où, d'ailleurs ? demanda Draco.
- Qui ça ?
- Ton chéri.
- Ah, il est parti se coucher il y a une heure, il avait mal à la tête à cause du bruit. Les fêtes, ce n'est vraiment pas son truc. Du coup, je suis libre ! Pas pour aller draguer qui que ce soit, hein, mais au moins, je peux enchaîner les verres sans qu'il ne soit là pour désapprouver ce que je fais… Bon, je vais aller discuter avec Parvati, quand elle n'est pas avec Lavande, elle est carrément différente, et franchement, ça ne me surprend pas du tout ! C'est Lavande qui la rend bête. C'est un vrai poison, cette fille…
Hermione s'en alla sur ces mots, laissant derrière elle Harry et Draco médusés.
- Elle a craqué, commenta Draco.
- Complètement, soupira Harry. Je viens de réaliser qu'elle ne va pas bien, qu'elle souffre et que ça doit être bien plus ancien que ça n'en a l'air. Et je ne sais pas quoi faire pour l'aider.
- Pour l'instant, rien, grimaça Draco. Laissa-la s'aérer la tête. Ça ne réglera rien mais elle est déjà à moitié bourrée et elle ne nous écoutera pas si on lui dit de rentrer à son dortoir. Et c'est quelqu'un de raisonnable. Quand elle se réveillera avec une grosse gueule de bois, elle sera tellement mal que l'envie lui passera de recommencer.
- Justement, je crois qu'en ce moment, elle n'est plus la fille raisonnable qu'on a toujours connue… Sinon, elle ne ferait pas cette fixette sur les dealers et elle ne mettrait pas en danger sa sécurité ainsi que sa relation avec ses proches et son travail scolaire.
Tout en disant ces mots, Harry sentit qu'il touchait du doigt la source du problème. Mais son esprit était quelque peu embrumé par les deux verres de rhum groseille qu'il avait bus. Tout cela manqua de le démoraliser et il refusa de déprimer jusqu'à la fin de la soirée, désirant profiter au maximum de cette fête. Alors qu'il avait plutôt prévu d'attendre celle du mois suivant pour se lâcher davantage sur l'alcool, il décida finalement de le faire dès à présent afin d'oublier tout ce qui le tourmentait. Il s'excusa auprès de Draco, alla chercher un verre de Whisky pur Feu et revint vers son petit-ami. Il but d'un coup la moitié de son verre, ce qui lui valut un regard stupéfait de la part de Draco.
- J'en ai besoin, se justifia-t-il. Mais ne t'en fais pas, je n'abuserai pas trop non plus.
Draco n'était visiblement pas d'accord mais il trouva un compromis :
- Bien, mais je t'accompagne, dans ce cas.
Draco laissa Harry là-dessus et partit lui aussi se prendre un verre. Il fut vite de retour avec le même verre que Harry dans la main. Il le leva :
- À nous deux, puisqu'il n'y a apparemment que ça qui va bien…
Harry se mit à rire, trinqua avec Draco et but une bonne gorgée de son verre. Il allait probablement le regretter plus tard mais là, tout de suite, maintenant, c'était vraiment ce qui lui fallait pour penser à autre chose que tout ce qu'il voyait depuis le début de la fête.
.
Sur les coups d'une heure du matin, Harry jugea qu'il était temps pour lui d'aller se coucher. Draco avait regagné son dortoir peu après minuit, ayant trop bu et ayant voulu être le plus en forme possible le lendemain en cours. Harry était allé voir Ron, Pansy et Hermione, puis Blaise et Ginny, puis Susan et Seamus qui discutaient toujours. Il les avait vite quittés, craignant de les déranger. Un couple était peut-être en train de naître et il aurait culpabilisé d'avoir tout gâché, même s'ils avaient beaucoup ri lorsqu'il était là. Il avait hésité à retourner voir Dean et Théo mais ils étaient tellement plongés dans leur conversation qu'il n'avait pas osé. Il ignorait de quoi ils parlaient mais cela avait l'air passionnant. En regardant autour de lui, il constata qu'ils n'étaient plus là. Ils n'étaient pas les seuls : la salle sur demande s'était bien vidée. Le fait qu'ils avaient tous cours à huit ou neuf heures y était pour quelque chose. Il espérait que tous les invités avaient été escortés par un membre de la bande jusqu'à leur dortoir afin d'éviter qu'ils sachent où ils se trouvaient. Il avait plusieurs fois vu Blaise, Pansy et Ginny s'en occuper, même quand il était avec eux, alors il était plutôt rassuré. Ils étaient restés sobres, eux, et avec Terry, ils devaient bien être les rares exceptions. Harry sortit donc de la salle sur demande et prit la direction de la Tour Gryffondor. Mais à peine eut-il fait quelques pas qu'il vit Théo, adossé contre un mur, et Dean qui se rapprochait de lui. Harry écarquilla les yeux quand il embrassa Théo mais cela ne dura qu'une seconde car Dean se recula aussitôt en faisant un bond en arrière, comme s'il avait été brûlé, alors que Théo était trop hébété pour réagir. Dean s'en alla et s'enfuit presque en courant. Harry se remit de son choc et rejoignit Théo.
- Mais qu'est-ce qui vient de se passer ?
- Aucune idée, répondit Théo, l'air de ne pas en revenir. Enfin, si, je pense savoir… Mais ne lui en veux pas, il est complètement perdu, le pauvre…
- C'est ce que j'ai cru comprendre, murmura Harry.
- Je crois qu'il est malheureux, qu'il a un chagrin d'amour, qu'il essaie de l'oublier et qu'il cherche désespérément quelqu'un pour l'y aider… Et comme il a pas mal bu, ça l'a poussé à faire ce qu'il n'aurait pas fait en temps normal. Mais je n'ai pas eu l'occasion de faire quoi que ce soit, il a juste effleuré mes lèvres et il s'est immédiatement éloigné de moi, comme si je l'avais giflé alors que pas du tout… Il s'est confondu en excuses, il avait extrêmement honte et il est parti. Mais franchement, il dramatise, il n'a presque rien fait ! Il s'est rendu compte de ce qu'il faisait avant d'avoir exercé la moindre pression… Il a su s'arrêter au bon moment alors qu'il a bu et que dans son état, n'importe qui aurait continué… Je sais que je suis du genre à excuser tout le monde trop facilement et qu'il ne faut pas minimiser les baisers volés, mais là ce n'en était même pas un, il n'y a quasiment rien eu… Il avait l'intention de m'embrasser, oui, mais il s'est rétracté car il était conscient que ce n'était pas bien. Sa réaction à son geste est vraiment abusée…
- Pour lui, c'est déjà trop, ce qu'il a fait, grimaça Harry. Mais s'il n'y a pas eu réellement de baiser, alors c'est le principal. Tu le raccompagnais à son dortoir ?
- Non, c'est lui qui me ramenait au mien. Mais il a d'abord voulu aller me chercher une potion dans le sien. Parce que ça tanguait trop autour de moi et que je n'étais pas en état de rentrer tout seul.
- Bon, je vais prendre le relais, alors. Vu qu'il t'a abandonné… Draco doit avoir les mêmes potions que lui, il ne m'en voudra pas si je lui en pique une, surtout si c'est pour toi. Allez, en route !
Harry soutint Théo et l'escorta jusqu'à sa salle commune, puis jusqu'à son dortoir. Une fois arrivés, Harry prit une potion dans la table de chevet de Draco sans réveiller celui-ci, il la fit boire à Théo et il l'aida ensuite à se mettre en pyjama. Il profita honteusement que Théo n'était pas en mesure de se plaindre pour le border, ce qu'il adora faire. Il savait que c'était sûrement la seule fois qu'il aurait la chance de pouvoir s'occuper ainsi de Théo, alors il mettait le paquet. Il avait ce besoin, cette envie de le protéger, de le chouchouter, sans qu'il ne sache d'où ça venait. Enfin, il avait bien une idée. Ils avaient tous deux eu une enfance très compliquée, dépourvue d'amour, cela avait créé un lien entre eux, et depuis qu'ils avaient appris à se connaître, ils voulaient se donner l'affection qu'ils n'avaient pas eue à un âge où ils auraient dû en avoir. Si cela ne tenait qu'à lui, Harry demanderait à Sirius et à Remus de prendre Théo avec eux au Square pendant les vacances d'été. Mais Théo avait d'autres projets et cette tête d'hippogriffe était trop bornée pour lui faire changer d'avis. Surtout qu'il était d'ores et déjà embauché… Mais Harry pourrait le voir une fois par semaine grâce à ses séances de duel avec Sirius et cela suffisait à son bonheur. Il verrait aussi Draco, Ron, Hermione, Ginny… Ces vacances promettaient d'être bien plus joyeuses que celles de l'année passée. Ce fut sur cette pensée qu'il déposa un baiser sur le front de Théo avant de sortir du dortoir et de quitter la salle commune de Serpentard. Puis il se dirigea vers les escaliers, les monta jusqu'au septième étage et se rendit à la Tour Gryffondor. Il s'éclairait avec un Lumos et sur le chemin, il manqua de pousser un cri d'effroi en voyant quelqu'un allongé par terre. Il s'approcha et reconnut vite Hermione. Il se précipita vers elle, s'agenouilla et devina rapidement qu'elle avait été stupéfixée. Il la libéra du sort en lançant un «Enervatum» qu'il maîtrisait heureusement à la perfection.
- Hermione, tu vas bien ?!
Hermione se redressa en se massant l'arrière du crâne.
- Oui, je crois…
- Que s'est-il passé ? demanda Harry pour la deuxième fois en une demie-heure.
- J'ai été agressée… Je ne faisais pourtant rien de mal, cette fois-ci, je te le jure ! s'écria Hermione.
Harry se retint de réagir à ces mots. Elle disait cela comme si elle lui avait déjà parlé d'une traque qui avait mal tourné alors qu'il n'en avait pas du tout le souvenir. Elle s'était trahie sans le vouloir. Elle dut s'en apercevoir car elle eut l'air gênée.
- Oui, parce qu'il y a quelques jours, j'ai pisté un supposé dealer, il l'a senti sans me le montrer, il m'a piégée, il m'a provoquée en duel, il a eu le dessus et il s'apprêtait à me donner le coup de grâce quand j'ai été secourue par McLaggen.
Harry n'essaya même pas de savoir ce que faisait McLaggen dans cette histoire. Il était choqué par ce qu'il venait d'apprendre. Et il ne tarda pas à s'en vouloir. Il n'avait rien fait pour empêcher cette situation. Il avait tenté de raisonner Hermione, comme bon nombre des personnes de la bande, mais ce qu'ils auraient dû faire, c'était parler à un professeur, que ce soit Remus ou le professeur Snape. Au lieu de ça, il avait laissé les choses traîner, il avait laissé Hermione s'enfoncer dans sa lubie de coincer un maximum de dealers en se basant sur des soupçons injustifiés. Tout ça parce qu'elle leur assurait qu'elle ne se mettait pas en danger. Et ils l'avaient cru, parce qu'elle était préfète et qu'elle avait toujours été sage. Mais Hermione n'était plus tout à fait la même fille qu'avant. Quelque chose avait changé en elle. Quelque chose la faisait souffrir au fond d'elle et la poussait à faire n'importe quoi et à prendre des risques inconsidérés. Mais ça avait trop duré, il fallait agir et l'aider.
- Je te crois quand tu dis que tu n'as rien fait pour que cet élève t'agresse, commença prudemment Harry. Mais c'est parce que tu t'es faite avoir pendant que tu le filais qu'il ne te fait plus confiance.
- Attends, tu es en train de le défendre, là ?! s'offusqua Hermione.
- Non, pas du tout, je cherche juste à te faire comprendre que ce sont tes actes passés, à la base, qui sont à l'origine de ce que cet élève t'a fait. Je ne veux pas te faire la morale mais on t'a pourtant dit des dizaines de fois d'arrêter de suivre chaque élève qui te semblait un poil suspect… Je suis sûr, en plus, que la plupart du temps, tu te rends compte que l'élève que tu pistes est innocent…
- Peut-être, mais je préfère me méfier à tort de quelqu'un plutôt qu'accorder ma confiance à tout le monde et passer à côté d'un éventuel dealer ! J'ai déjà fait l'erreur une fois et je ne veux plus jamais la refaire ! Je me battrai seule s'il le faut mais je coincerai tous ces dealers qui vendent leurs saletés de potions et qui sont la cause de modifications de la personnalité de certains élèves qui mettent en danger leurs proches ! Je n'ai pas su t'aider quand Adrian se droguait alors que j'avais la possibilité de le faire ! J'avais toutes les cartes en main ! Je l'avais grillé, mais ça me faisait tellement mal de me dire que mon meilleur ami était fou amoureux d'un garçon qui n'était pas net que j'ai refusé de voir la vérité en face et que je n'ai rien voulu te dire car je craignais de me tromper et de risquer de détruire votre couple pour rien s'il s'avérait qu'Adrian était innocent ! Et puis je n'avais pas envie de te faire de la peine et en même temps, j'avais peur qu'il finisse par s'en prendre à toi sous l'effet de ses potions s'il se droguait vraiment… Alors j'ai fait taire mes doutes. Et je n'aurais pas dû. Car ce que je redoutais tant est arrivé et quand je l'ai su, jamais, je dis bien jamais, je ne me suis sentie autant coupable… Ça a duré un moment, puis j'ai été envahie par le besoin viscéral de me racheter, de mener une vraie chasse aux dealers, de les mettre tous hors d'état de nuire… Toute personne est devenue suspecte à mes yeux. Je ne faisais plus confiance à qui que ce soit. À part à mes amis, bien entendu. Mais ça ne m'a pas empêchée de répéter la même erreur avec Hannah. Ginny m'avait fait part de ses doutes dès le début, mais je n'ai pas voulu l'écouter. Je me suis entêtée à me persuader que Hannah ne pouvait pas se droguer puisqu'elle était préfète, que son comportement bizarre était uniquement dû au fait qu'elle avait perdu son père et qu'elle était anéantie et perturbée à cause de ça et à aucun moment je n'ai envisagé que Ginny puisse avoir raison… Mais quel genre de meilleure amie suis-je ?! Elle a dû avoir l'impression d'être humiliée et rejetée par l'une de ses amies les plus proches ! J'en ai d'ailleurs eu la preuve ! Hier, les directeurs de maison nous ont caché qui avait filé Hannah mais Ginny m'a avoué que c'était elle. Et Terry m'a confié une info qu'il tenait lui-même de Pansy. Vu que Ginny n'a pas pu compter sur mon soutien et qu'elle ne connaissait pas assez les autres préfets, elle a été obligée par la suite de s'adresser à Théo pour qu'il l'aide à choisir le préfet à qui elle devait confier la mission de traquer Hannah ! Est-ce que tu réalises jusqu'où elle a dû aller parce que celle qui était censée être sa meilleure amie n'a pas daigné la croire au sujet de Hannah ?! Je suis la plus mauvaise amie qu'il ait été donné à la Terre de porter ! Je n'apprends jamais de mes erreurs ! Je n'ai pas su te sauver alors que j'étais en mesure de le faire, j'ai laissé Hannah continuer à se droguer alors que j'aurais pu la sortir plus tôt de cet engrenage grâce aux infos de Ginny, et je crois vraiment que je peux attraper à moi seule tous les dealers ALORS QUE JE NE SUIS MÊME PAS CAPABLE DE VENIR EN AIDE A MES AMIS ? MAIS À QUOI JE SERS AU JUSTE ?! TU PEUX ME LE DIRE ? JE NE DEVRAIS MÊME PAS OSER TE REGARDER DANS LES YEUX APRÈS CE QUE J'AI FAIT, OU PLUTÔT, CE QUE JE N'AI PAS FAIT ! SI TON OVERDOSE DE POTIONS T'AVAIT EMPORTÉ, JE NE ME LE SERAIS JAMAIS PARDONNÉE ! TU T'EN ES PEUT-ÊTRE REMIS AUJOURD'HUI, MAIS ÇA N'ENLÈVE RIEN AU FAIT QUE JE T'AI LAISSÉ ENTRE LES MAINS D'ADRIAN ALORS QUE JE SAVAIS TRÈS BIEN QU'IL ÉTAIT DANGEREUX !
Hermione se tut sur ces mots. Harry était de nouveau choqué, mais cette fois-ci par l'éclat de voix de Hermione ainsi que tout ce qu'elle lui avait dit. Ce ne fut que lorsqu'il regarda attentivement son amie qu'il sortit de sa léthargie. Elle avait les yeux remplis de larmes, elle tremblait et elle semblait prête à s'effondrer d'une minute à l'autre. Et pour cause. Cela faisait six mois qu'elle traînait cette culpabilité derrière elle sans en parler à qui que ce soit. Ou alors si, elle le faisait, mais pas comme elle le devrait et pas aux bonnes personnes. Et lui ne pouvait rien faire. Mais il fallait pourtant à tout prix qu'elle se fasse aider. Et il n'y avait que le professeur Snape qui était apte à le faire. Mais Harry n'était pas sûr de parvenir à la convaincre. Il allait quand-même essayer, car il avait vraiment peur pour son amie.
- Je crois que tu ferais mieux d'aller voir le professeur Snape, suggéra-t-il.
- Qu'est-ce que ça changera ? demanda-t-elle d'un ton agressif.
- Il pourra t'écouter, t'aider à aller mieux…
- Mais je n'ai pas besoin qu'on m'aide ! Il me dira quoi ? Que je n'ai pas à m'en vouloir ? Mais est-ce qu'il est à ma place ? Est-ce que c'est lui qui a laissé son meilleur ami se faire violenter par son petit-ami alors qu'elle aurait pu éviter cela ? Non ! Alors il ne saura pas de quoi il parle ! De toute façon, il est plus d'une heure du matin, il a autre chose à faire que me recevoir ! Il doit être couché et je vais en faire autant ! Et je n'ai pas intérêt à le voir débarquer !
Hermione s'en alla sur ces mots. Harry resta de longues minutes debout sans bouger, sonné par tout ce qui venait de se passer. Il ne se rendit pas aussitôt compte que les larmes coulaient sur ses joues, et quand il s'en aperçut, il prit conscience de son chagrin et il pleura sans pouvoir s'en empêcher. Il eut la présence d'esprit de sortir la cape de sa poche de sa robe de sorcier et de s'en recouvrir, puis il s'assit par terre, s'adossa contre le mur, ramena ses jambes vers sa poitrine et posa la tête sur ses genoux. S'il avait été en état de réfléchir, il se serait dit que c'était complètement idiot de se cacher sous sa cape s'il se faisait repérer à cause de ses sanglots… Mais il n'avait trouvé que cela pour être tranquille. Il voulait oublier que sa meilleure amie souffrait par sa faute, qu'elle était rongée par la culpabilité depuis six mois, qu'elle n'avait pas pu en parler, qu'elle n'avait pas été suivie alors que lui avait bénéficié de tous les soins, qu'elle avait continué à aller mal pendant que lui s'était rétabli, qu'il n'avait rien vu, qu'il n'avait rien fait lorsqu'elle avait développé une lubie envers les dealers… Il voulait oublier tout cela. Mais il n'eut pas le loisir de déverser tout son chagrin. Une demie-heure avait dû s'écouler – peut-être plus, il n'avait plus la notion du temps – quand il entendit des pas se rapprocher de lui. Il essaya de ne plus faire de bruit mais quelques secondes plus tard, il fut libéré de sa cape. Il leva les yeux et vit Remus et le professeur Snape qui le regardaient avec stupeur.
- Harry, mais que fais-tu là ? Qu'est-ce qui t'arrive ? s'inquiéta Remus.
Harry voulut répondre mais il fut pris d'une brusque quinte de toux due au fait d'avoir trop pleuré. Ce faisant, tout l'alcool qu'il avait ingurgité remonta et il se mit à vomir sans avoir pu prononcer le moindre mot.
- Oh non, c'est pas vrai…
Bon, Remus avait visiblement compris ce qu'il avait. Et ça n'avait pas l'air de beaucoup lui plaire… Il allait se faire sérieusement tancer lorsqu'il aurait dessoûlé. Il n'avait pourtant pas tant bu que ça, et les effets s'étaient largement dissipés avec ce qui s'était passé avec Théo et Hermione, mais une fois l'agitation retombée, c'était revenu et avec plus d'intensité qu'avant.
- Je vais m'occuper de lui, déclara le professeur Snape. Il a besoin d'une bonne potion pour purger son organisme ainsi que d'une bonne oreille. On avait fini notre ronde, de toute façon. Je ne sais pas s'il ira à ses cours de la matinée, normalement, quand il y a juste de la fatigue, la gueule de bois ne dispense pas d'aller en cours, mais là, je pense qu'il n'y a pas que ça.
- Je te fais confiance, assura Remus. Est-ce que je dois en parler à Sirius ?
- Oui, c'est typiquement le genre de bêtises qu'il ne faut pas lui cacher. En ce qui concerne Harry, il assumera en temps et en heure. Une petite discussion s'imposera à ce sujet, si ça n'a pas encore été fait…
«Super» songea Harry, las.
- Allez, en route, jeune homme.
Harry se leva et suivit sans enthousiasme ses deux professeurs. Ils descendirent ensemble jusqu'au rez-de-chaussée, puis ils se séparèrent, Remus rentrant à ses appartements tandis que le professeur Snape amenait Harry aux siens.
- Installez-vous, je reviens avec du thé.
Harry obéit et alla s'asseoir dans le salon. Son psychomage le rejoignit au bout de quelques minutes avec deux tasses, une potion et des petits gâteaux.
- Buvez d'abord la potion, vous apprécierez mieux le thé.
Harry acquiesça et but la fiole. Il se sentit aussitôt un peu mieux. Il était toujours autant fatigué mais il était moins barbouillé et il avait les idées un peu plus claires.
- Bon, je ne vais pas vous faire la morale sur le fait de vous être mis la tête à l'envers, je serais tout à fait en droit de le faire mais ce sont votre parrain et votre directeur de maison qui le feront. Là, ce qui m'intéresse, c'est de savoir pourquoi vous pleuriez à chaudes larmes quand Remus et moi vous avons découvert.
- Ce serait trop long à expliquer… C'est un mélange de tout, mais c'est surtout à cause de quelque chose que j'ai réalisé…
- Eh bien nous allons nous concentrer là-dessus, alors. Le reste est-il important ?
- Assez, oui, mais je ne peux rien faire. Ce sont des histoires de coeur dont je n'ai pas à m'en mêler, de toute manière.
- D'accord, focalisons-nous sur ce que vous avez réalisé, dans ce cas. De quoi s'agit-il ?
- C'est à propos de Hermione. Depuis plusieurs semaines, elle est à fond sur les dealers, elle en fait une fixette, c'est même devenu une obsession, elle soupçonne n'importe qui de vendre des potions droguées sans vraiment avoir d'arguments valables, elle piste chaque élève qui lui semble suspect, sans emmener personne avec elle, elle fait ça tout le temps, à tout moment de la journée, ça impacte sa relation avec son petit-ami, sa relation avec ses amis, ça commence à avoir des répercussions sur son travail scolaire… On est plusieurs à avoir essayé de lui parler, mais elle ne veut rien entendre. Comme on n'avait pas de preuves de sa lubie, qu'il n'y avait pas de conséquences visibles et qu'elle nous assurait qu'elle ne se mettait pas en danger, on n'osait pas en faire part à un professeur… On avait peur de ne pas être pris au sérieux, qu'on nous dise qu'on se faisait trop facilement du souci, que c'était juste une lubie passagère… Mais ce soir, j'ai su qu'on avait raison de s'inquiéter. Et que c'était allé trop loin. Déjà, durant la soirée, elle s'est mise à boire et elle n'était plus trop elle-même. Elle était encore lucide, ce n'était pas le cliché de la fille sage et coincée qui, après quelques verres, se désinhibe complètement et se met à danser nue sur les tables et à draguer tous les garçons autour d'elle… Mais ça se voyait qu'elle était à moitié bourrée. Elle était un peu déjantée et elle se lâchait au niveau du vocabulaire. Elle m'a carrément dit que comme Terry n'était plus là, elle pouvait boire autant qu'elle le voulait. Elle a aussi critiqué ouvertement une de ses camarades de dortoir et elle a d'un coup sympathisé avec la meilleure amie de celle-ci alors qu'elle la détestait auparavant. Je ne la reconnaissais plus du tout. Elle est repartie voir la fille qu'elle ne supportait pas avant et je ne l'ai plus revue jusqu'à ce que je m'en aille. J'ai raccompagné Théo à son dortoir car il n'allait pas très bien et en allant à la Tour Gryffondor, j'ai aperçu Hermione étendue par terre. Elle était stupéfixée, je l'ai ranimée et je lui ai demandé ce qui s'était passé. En temps normal, elle ne m'aurait rien dit et elle aurait coupé court à la conversation mais là, elle a fait une bourde et elle a ensuite tout déballé. Elle m'a avoué qu'elle s'était faite provoquer en duel par un gars qu'elle suivait et qui l'a repérée, il a eu le dessus et elle n'a dû son salut qu'à un type de Gryffondor qui est intervenu à temps et qui l'a sauvée. Elle a eu beaucoup de chance sur ce coup-là. Mais en sortant de la soirée, elle est retombée sur le gars et là, il a pu la neutraliser à sa guise. J'ai mis du temps à me remettre de ce qu'elle venait de dire et je n'ai pas réagi avec les bons mots. J'ai tenté de lui faire comprendre que si elle ne l'avait pas traqué, rien de tout cela ne serait arrivé. Et c'est là qu'elle m'a balancé ce qui m'a tant choqué. Si elle faisait cette fixette sur les dealers, c'était pour se rattraper de n'avoir rien fait pour coincer Adrian alors qu'elle savait très bien qu'il se droguait. Mais elle a fait une sorte de déni à ce sujet car c'était trop dur pour elle de se dire que son meilleur ami était en couple avec un garçon pas net qui pouvait lui faire du mal en étant sous l'effet de la drogue… Mais au fond d'elle, elle était consciente que c'était la réalité et elle avait peur qu'Adrian me fasse quoi que ce soit… Quand elle a su qu'il s'en était effectivement pris à moi, elle a été dévastée par la culpabilité. Elle m'a confié par la suite qu'elle s'en voulait, mais c'était un millième de ce qu'elle ressentait réellement. Elle était plus que rongée par le remords mais elle n'en a parlé à personne et elle a cherché à se racheter en se lançant dans la traque à tous les dealers. Cette lubie, c'était la marque de sa souffrance qu'elle cachait. Mais j'étais loin d'imaginer ce mal qui l'envahissait. Elle ne le montre pas mais ça fait six mois qu'elle ne va pas bien du tout, professeur. Et ce qui s'est produit avec Hannah n'a absolument rien arrangé. Elle s'en veut de ne s'être rendue compte de rien et de ne pas avoir cru Ginny qui lui avait pourtant fait part de ses doutes. Elle a terminé ses aveux en me hurlant qu'elle ignorait comment elle pouvait espérer coincer tous les dealers de l'école si elle n'était même pas capable d'aider un de ses amis et de s'apercevoir qu'une de ses collègues préfètes se droguait alors que sa plus proche amie lui avait donné des preuves… Mais elle n'a pas eu de suivi psychologique après l'histoire d'Adrian, elle n'a pas pu comprendre pourquoi elle a refusé d'admettre la réalité à son sujet, c'est donc normal qu'elle ait répété la même erreur avec Hannah… Voilà, vous savez tout, maintenant.
Harry se tut sur ces mots. Le professeur Snape avait l'air un peu sonné, ce qui n'était pas étonnant. Il finit cependant par reprendre l'usage de la parole :
- Merci pour toutes ces informations, Harry. Il y a eu de gros manquements jusqu'en début d'année, j'étais entièrement focalisé sur vous et sur votre convalescence, je n'ai pas pensé une seule seconde que Miss Granger ait pu avoir elle aussi besoin d'une thérapie… Cela paraît toutefois logique… En fait, cela aurait dû être proposé à tous vos proches…
- Mais vous étiez débordé, protesta Harry. Vous ne pouviez pas vous occuper de tout le monde à la fois. Surtout quand j'étais chez vous… Vous l'avez dit vous-même, vous n'étiez concentré que sur moi, je monopolisais tout votre temps. Et puis, vous aviez vos propres problèmes personnels, à côté. Et il y avait également Théo, qui était déjà votre patient. À l'époque, vous n'étiez pas prêt à prendre en main tous les élèves qui nécessitaient votre aide. Vous n'étiez pas encore dans cette optique et il aurait fallu que les journées durent trente-six heures pour que vous puissiez penser à tout et avoir un œil sur tout le monde… C'était juste impossible.
Le professeur Snape soupira.
- Je sais tout ça, mais c'est toujours dur pour un psychomage d'accepter qu'il ne peut pas aider tous ceux qui ont besoin d'une oreille attentive. C'est son métier. Mais oublions cela. Le principal, c'est le fait que Miss Granger puisse avoir la thérapie qu'elle n'a pas eue, même si c'est avec six mois de retard. Je verrai cela au plus vite. Mais revenons-en à vous. Vous n'avez pas totalement répondu à la question que je vous ai posée. Est-ce le récit en lui-même que votre amie vous a fait qui vous a fait pleurer comme cela ?
- Oui… et non. Je m'en veux, en fait. Car c'est à cause de moi si Hermione ne va pas bien.
- Non, je vous arrête tout de suite, c'est absolument faux. Les seuls responsables, ce sont M. Pucey mais aussi la personne qui lui a vendu ces potions. Vous en vouloir pour le mal-être de votre amie, cela revient à vous en vouloir de ne pas avoir deviné que votre petit-ami se droguait, et nous avons longuement traité ce sujet au début de la thérapie. Vous aviez bien compris que vous n'aviez pas à vous sentir coupable de cela. Faut-il refaire un point là-dessus ?
- Non, c'est bon, affirma Harry. C'est juste que je n'avais pas toutes mes facultés à ce moment-là, je ne réfléchissais pas bien et il n'y avait pas que ça, comme je vous l'ai dit. Et le fait de voir autant de souffrance chez Hermione, ça m'a anéanti et c'est ça aussi qui m'a mis dans cet état, je n'étais pas prêt à ça. Mais ça ira mieux dans quelques heures, quand j'aurai dormi et que je ne serai plus sous l'effet des verres que j'ai bus. Et savoir que vous allez suivre Hermione me rassure déjà beaucoup. Cette histoire avec Adrian aura fait bien du mal, mais là, c'est bon, Hermione va pouvoir elle aussi tourner la page.
- Exactement, approuva le professeur Snape. Bien, je crois que nous avons fait le tour. Pensez-vous être apte à aller à vos cours de la matinée ? Psychologiquement parlant, je veux dire.
- Oui, ça va le faire. Ça va m'occuper l'esprit. Et je serai mieux en cours que dans mon dortoir.
- Je suis bien d'accord avec vous. Je vais vous ramener à votre salle commune, alors.
Harry se leva et quitta les appartements avec le professeur Snape. Sur le chemin, plusieurs questions lui vinrent en tête.
- Professeur ?
- Oui ?
- Vous n'allez pas retirer de points à Gryffondor ? Car j'étais en-dehors de ma salle commune bien après le couvre-feu…
- Avec les autres professeurs, nous avons convenu de faire preuve d'indulgence jusqu'à deux heures du matin. Nous avons briefé Rusard pour qu'il n'y ait pas de soucis avec lui. Même s'il y a cours le lendemain, nous pouvons bien tolérer une ou deux fêtes dans l'année, tant que ça ne donne pas lieu à des débordements. Et nous avons été agréablement surpris de ne croiser que très peu d'élèves qui faisaient un peu trop de bruit. Nous en avons amené un certain nombre à l'infirmerie mais sinon, à part ça, la ronde a été plutôt calme.
- C'était exceptionnel, cette ronde, à cette heure-là ?
- Non, pas du tout, c'est comme ça toutes les nuits, les rondes nocturnes sont assurées soit par deux professeurs, soit par un professeur et un préfet-en-chef, et elles se font dès vingt-et-une heures, afin de repérer les élèves de première, deuxième, sixième ou septième année qui se promèneraient dans le château après leur couvre-feu.
- Je vois. J'ai eu de la chance, alors. Mais je ne comptais pas me coucher trop tard, je voulais être en forme pour les cours.
- En buvant ? Drôle de méthode. Mais j'ai dit que je ne vous ferai pas la morale là-dessus et je m'y tiendrai. J'espère juste que Draco s'est montré sage, lui…
Harry fit de son mieux pour ne pas rougir mais il sut très vite qu'il n'y était pas parvenu :
- Qu'il remercie sa bonne étoile de ne pas m'avoir croisé quand il est rentré à sa salle commune… Car il y est, n'est-ce pas ?
- Oui, il est parti avant moi, il a été un peu plus raisonnable.
Harry entendit le professeur Snape marmonner «raisonnable, raisonnable…» et il ne put réprimer un sourire amusé. Il n'avait tellement pas l'impression de se faire raccompagner par son professeur de potions… Ils arrivèrent à la Tour Gryffondor au bout de dix minutes sans avoir vu qui que ce soit. Harry remercia le professeur Snape, lui souhaita une bonne nuit et monta à son dortoir. Il se mit en pyjama, se coucha et exhala un soupir fatigué. Il repensa à sa soirée et en dépit du fait qu'elle ne se soit pas très bien passée, il ne regretta pas d'être allé à cette fête. Tout ce qu'il avait envie de retenir, c'était que Hermione allait être aidée et c'était ce qui avait le plus d'importance pour lui.
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(lundi 20/05) POV Blaise
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- Quelle connerie, cette fête…
Blaise sourit en entendant les mots de Draco.
- Elle était plutôt cool, jugea-t-il. Et d'après ce que j'ai vu, tu t'es bien amusé.
- J'étais bourré, même si la fête avait été hyper nulle, je l'aurais trouvée drôle…
- Vous êtes bêtes aussi à avoir bu autant… Toi encore, j'ai l'habitude, mais Théo…
- Il s'est laissé entraîner. Et il tient mieux l'alcool que moi, ajouta Draco. La preuve : il n'a eu aucun mal à se lever, lui. À sept heures et demie, il prenait déjà sa douche… Je ne sais pas comment il fait.
- Il est parfait, tout simplement. Et il a de la volonté. Bon, on ferait mieux d'aller déjeuner.
- Je ne vais rien pouvoir avaler.
- Tu as des potions contre les nausées, non ?
- Oui, mais il faut la boire.
- C'est le principe, en effet.
Draco leva les yeux au ciel et regagna ses rideaux derrière lesquels il disparut. Il revint vers Blaise quelques minutes plus tard, l'air un peu plus en forme.
- Allons-y.
Blaise et Draco quittèrent leur dortoir, puis leur salle commune et se rendirent à la Grande Salle. Ils se dirigèrent vers la table des Serpentard à laquelle ils s'assirent à côté de Théo. Il avait presque fini de manger. Au vu de ce qu'il y avait devant lui, il avait dû avoir faim. Cela surprit Blaise.
- Eh bah dis donc, tu as de l'appétit, toi, commenta-t-il. Ça fait plaisir à voir. Surtout pour quelqu'un qui devait avoir la gueule de bois au réveil…
- Eh bien pas tant que ça, figure-toi. Ça allait très bien. C'est sûrement grâce à la potion que Harry m'a fait boire avant que je ne me couche…
- Harry ? s'étonna Draco.
- Oui, il m'a raccompagné au dortoir.
- Hé, mais j'ai pas eu le droit à ça, moi ! protesta Draco.
- Peut-être parce que tu tenais mieux que moi sur tes jambes. D'ailleurs, je me sens un peu coupable car c'est une de tes potions qu'il m'a donnée…
- Et il a eu raison, ça ne me dérange pas du tout. Bon, je vais manger, sinon mon ventre va faire de drôles de bruits en cours…
«Et aussi parce qu'il le faut, même si ce n'est qu'un petit pain» songea Blaise. C'était plus fort que lui : son instinct de futur médicomage s'exprimait sans qu'il ne puisse le retenir. Il se mit également à manger et fut content de voir Draco faire des efforts. Trois quarts d'heure plus tard, ils sortirent de la Grande Salle et se dirigèrent vers le hall, devant aller aux serres pour leur cours de botanique. Sur le chemin, Blaise fut hélé par quelqu'un qui était derrière lui. Il se retourna et fit face à un élève de Gryffondor plus âgé que lui.
- Ça te fait quoi de t'être fait trahir par un de tes meilleurs amis ?
Blaise écarquilla les yeux, ne s'étant pas du tout attendu à cela.
- Quoi ? lâcha-t-il, incrédule.
- Ah, tu n'es pas au courant… Viens qu'on discute en privé, si tu veux bien.
- Euh… ça ne se voit peut-être pas mais j'allais en cours, là…
- Il va falloir que tu choisisses, Zabini. Si tu vas à ton cours, jamais tu ne sauras ce que je voulais te dire.
Blaise retint un soupir. Ce garçon n'avait visiblement rien de mieux à faire que de lui faire perdre du temps mais Blaise avait bien envie de savoir ce qu'il avait bien pu inventer. Il fit signe à Draco, Théo et Pansy de partir devant lui, puis il suivit l'élève à l'écart.
- Je t'écoute. Qu'as-tu à me dire ?
- Tu n'as rien remarqué, hier, lors de la fête ?
- Je n'avais pas les yeux partout et j'ai raccompagné pas mal d'élèves à leurs dortoirs, donc j'ai pu rater certaines choses, oui.
- C'est vrai que je ne t'ai pas vu dans les parages quand je les ai repérés… Ils ont sûrement profité du fait que tu n'étais pas là, d'ailleurs…
- Mais de quoi tu parles ? s'impatienta Blaise.
- De ta copine et de Nott, répondit le Gryffondor d'un air sournois. Ils semblaient très proches, si tu vois ce que je veux dire.
- C'est un peu normal, on fait tous partie de la même bande d'amis, signala Blaise.
- Tu ne m'as pas bien compris, je crois. Ils étaient presque collés l'un à l'autre. Ils se chuchotaient des choses, ils se parlaient à l'oreille.
- Parce qu'ils ne voulaient pas être entendus, répliqua Blaise sur le ton de l'évidence.
- Si c'est ça, ils n'avaient qu'à lancer une bulle de silence autour d'eux.
- Ils n'en avaient peut-être pas envie, supposa Blaise, agacé. Non mais franchement, ils sont connus pour être intelligents, tu crois vraiment qu'ils auraient profité de cette fête pour se rapprocher alors qu'ils étaient entourés d'une cinquantaine de personnes ? Ils se seraient forcément doutés que l'une de ces personnes les verrait et irait les balancer auprès de moi !
- Ils ont dû partir du principe que tu ne croirais pas cette personne. Ce qui a l'air d'être le cas.
- Mais évidemment que je ne te crois pas ! Ils ne sont pas du tout comme ça ! Ginny est trop fidèle pour me tromper, surtout avec un de mes meilleurs amis ! Et Théo ne me trahirait jamais de la sorte, il ne me trahirait même jamais tout court ! Et puis, surtout, il est gay, il ne peut pas être intéressé par Ginny ! S'il devait mettre le grappin sur la moitié de quelqu'un, ce serait plutôt sur celle de Draco, de Pansy ou de Hermione !
- Il a très bien pu vous balader à ce sujet. On sait tous que Nott est quelqu'un de très malin et que c'est un très bon stratège. En faisant croire qu'il est gay et en allant jusqu'à voler le petit-ami d'une fille pour bien faire voir qu'il est à fond sur les garçons, il assure ses arrières et il peut faire ce qu'il veut avec les filles sans attirer les soupçons ! La preuve, tu ne t'es même pas aperçu qu'il avait des vues sur ta copine. On tombe souvent de haut sur ceux qu'on pense le mieux connaître, Zabini.
- Tu dis n'importe quoi, rétorqua Blaise. Théo ne me ferait jamais ça, je le sais. Et il est gay, je n'ai aucun doute là-dessus. Une fille pourrait danser nue devant lui que ça ne lui ferait rien du tout !
- Tu essaies juste de te convaincre toi-même, là. Mais si tu as tant confiance en ton meilleur ami et en ta petite-amie, tu peux leur demander pourquoi, il n'y a pas si longtemps, ils sont allés se cacher dans un coin isolé du couloir principal du troisième étage… C'était un vendredi, à dix-sept heures. Je m'en souviens car c'était le dernier cours de la journée. On a cours au même étage à cette heure-là, toi et moi. J'avais déjà quitté ma salle quand j'ai vu Weasley faire signe à quelqu'un. En voyant Nott se diriger vers elle, j'ai compris que c'était lui dont elle voulait attirer l'attention. Nott est allé dire quelque chose à son copain, puis il a de nouveau rejoint Weasley et ils sont partis ensemble en mode «on doit aller quelque part où on ne sera pas dérangés». Encore une fois, si c'était juste pour avoir une conversation à l'abri des oreilles indiscrètes, il existe un sort pour ça, ils doivent très bien le maîtriser, ils n'avaient qu'à l'utiliser. Au lieu de ça, ils ont préféré se planquer. Tu ne trouves pas ça bizarre, toi ?
- Non, au risque de te surprendre, ça m'arrive parfois aussi d'emmener quelqu'un à l'écart quand je dois avoir une sérieuse conversation avec lui… Ça devait être pareil pour eux, c'était sûrement très important et ils voulaient donc être sûrs de ne pas être écoutés…
- Ouais bah là je ne sais plus quoi te dire. Soit t'es bête, soit t'es naïf. Ou bien les deux à la fois. En tout cas, je t'aurais prévenu. Tu te souviendras de moi le jour où tu ouvriras les yeux sur ta copine et sur ton meilleur ami. Allez, je te laisse aller en cours. Quand tu n'auras plus de copine et plus d'ami, tu auras toujours la compagnie de tes cours !
Le Gryffondor s'en alla sur ces mots en riant lui-même de ce qu'il venait de dire. Blaise le regarda s'éloigner et resta un moment sans bouger, plus troublé qu'il ne l'aurait souhaité par ce que lui avait dit cet élève. Il ne croyait pas du tout à une tromperie de la part de Ginny ainsi qu'à une trahison de la part de Théo, mais il s'inquiétait de ce dont ils avaient bien pu parler. Pourquoi Ginny avait-elle préféré s'adresser à Théo plutôt qu'à lui, alors qu'elle connaissait peu Théo ? Ne lui faisait-elle pas assez confiance ? Ou bien cela voulait-il dire que ça le concernait, lui, Blaise ? Avait-elle des doutes sur leur couple ? Hésitait-elle à faire un break ou voire, carrément, à le quitter ? Ou est-ce que cela la concernait, elle, mais que c'était trop grave pour qu'elle ait osé lui en parler ? Il était réellement angoissé. Il s'imaginait des scénarios tous plus effrayants les uns que les autres. Non, il fallait qu'il se calme. Le mieux qu'il avait à faire, c'était d'en référer à Ginny et de lui demander pourquoi elle était allée se cacher avec Théo dans un couloir du troisième étage. Il ferait cela le jour-même après les cours. Il irait attendre Ginny à la sortie de son dernier cours à dix-sept heures et il l'emmènerait à la salle sur demande. Il trouvait cela plus logique que ce soit Ginny qui lui dise la vérité plutôt que Théo puisque c'était elle qui avait souhaité s'entretenir avec Théo. Il avait hâte d'y être afin de tirer tout cela au clair. D'ici là, il s'efforcerait de se conduire le plus normalement possible avec Théo. Il ne devait se douter de rien. De toute façon, Blaise savait qu'il n'avait rien fait de mal. Cet élève de Gryffondor racontait n'importe quoi. Ce fut sur cette pensée que Blaise quitta le château pour aller aux serres. Il était en retard à son cours de botanique et il détestait cela. La journée commençait bien et il avait l'intuition que ça allait continuer sur la même lancée…
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- Bon, j'y vais, je dois aller voir Ginny.
Alors que Blaise se levait, il vit le regard surpris de Draco et Pansy.
- Quoi ? demanda-t-il, perplexe.
- Ben, je ne sais pas, Ginny est ta petite-amie et ce que tu viens de dire laisse davantage penser que c'est une simple camarade ou une connaissance avec qui tu vas régler tes comptes…
Blaise retint une grimace. Pansy avait raison. Il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça ainsi. Il n'avait pas du tout l'intention de s'expliquer de cette manière avec Ginny…
- Désolé, ce n'est pas l'impression que je voulais donner.
- Il y a un problème avec Ginny ? s'inquiéta Pansy.
- Non, tout va très bien.
- Tu es sûr ? insista Draco.
- Mais oui, apaisa Blaise. Cessez de vous en faire. Il faut vraiment que j'y aille, à tout à l'heure.
Blaise se leva et quitta la salle commune. Il sortit du château et retourna aux serres, Ginny finissant le lundi par botanique. Il arriva au moment où les élèves s'en allaient. Il n'y avait pas pensé mais il espéra soudain que Ginny n'avait pas prévu de séance de travail. Lorsqu'il la vit, elle était avec son binôme mais celui-ci prit vite congé d'elle pour courir vers le château. «Ouf» songea Blaise. Ginny ne tarda pas à le voir et la surprise se lut clairement sur son visage. Elle le rejoignit cependant avec un sourire aux lèvres.
- Que fais-tu là ? On devait passer la fin d'après-midi ensemble jusqu'au dîner ?
- Non, rassure-toi, je dois juste te parler. Tu veux bien qu'on aille à la salle sur demande ?
Ginny acquiesça et ils rentrèrent main dans la main au château. Ils montèrent les escaliers jusqu'au septième étage et une fois devant la tapisserie de Barnabas le Follet, Blaise hésita sur l'ambiance et le décor qu'il désirait. Il choisit un endroit apaisant et fit apparaître la salle sur demande en faisant trois allers-retours. Ils y pénétrèrent et s'installèrent sur un canapé aux tons verts et rouges.
- Je t'écoute, déclara Ginny, calée contre Blaise. Que voulais-tu me dire ?
Blaise sentit l'angoisse monter en lui. Il n'avait pas du tout préparé la façon dont il allait aborder les choses et mit donc plusieurs secondes avant de se lancer :
- Ce matin, je m'apprêtais à aller en botanique quand j'ai été retenu par quelqu'un, finit-il par dire. Il m'a dit n'importe quoi sur toi dans le but, je pense, de briser notre couple. D'après lui, hier soir, tu étais beaucoup trop proche de Théo. Tu aurais profité d'un moment où je n'étais pas là pour faire plus qu'ami-amie avec lui. Et ça n'aurait pas été la première fois que vous étiez dans ce genre de situation. Récemment, un vendredi, tu l'aurais attendu à dix-sept heures devant la salle de sortilèges et vous seriez partis vous cacher. Cet élève qui m'a raconté tout ça était persuadé que vous m'aviez trahi, Théo et toi. Je vous ai défendus en disant que vous n'étiez pas comme ça, que vous étiez trop intelligents pour prendre le risque de vous rapprocher devant une cinquantaine de personnes et que Théo ne pouvait pas être intéressé par toi puisqu'il était gay. Mais le gars était vraiment déterminé et il a prétendu que Théo mentait depuis le début sur son orientation sexuelle pour mieux endormir la confiance des autres et draguer tranquillement leurs petites-amies. J'ai cru halluciner tellement ça ne correspond pas du tout à Théo. Je ne l'ai donc pas cru et il a laissé tomber. Mais même si j'étais sûr que vous ne m'auriez jamais trahi, j'ai trouvé cela bizarre que vous vous soyez cachés dans ce couloir du troisième étage. Tu avais visiblement quelque chose d'important à dire à Théo mais vous ne vous connaissez pas tant que ça, c'est plutôt à moi que tu aurais dû en parler… Du coup, depuis ce matin, je me fais tout un tas d'idées, et j'ai peur que tu te sois confiée à Théo parce que tu avais des doutes sur notre couple, que tu voulais me quitter, ou que tu avais un truc grave à dire sur toi et que tu n'osais pas m'en faire part… Je sais que je suis sûrement en train de dramatiser les choses et que le sujet de ta discussion avec Théo était beaucoup plus léger que tout ce à quoi je pense, mais ce mec a réussi à m'inquiéter. J'ai donc besoin de savoir.
Ginny soupira.
- Cette histoire me suit jusque dans mon couple, c'est fou… Je ne vais jamais pouvoir l'oublier… Je suis désolée que ça ait eu des répercussions sur toi alors que tu n'as rien à voir du tout avec ça… Et c'est pour ça que je me suis adressée à Théo et non à toi. Lui non plus n'est pas concerné, à la base, mais… c'est long et compliqué à expliquer, en fait. Mais je peux déjà te promettre une chose : il n'y a rien de grave me concernant, je n'ai pas de doutes sur nous et je n'ai aucune envie de te quitter. Ça n'a vraiment aucun rapport avec toi.
Blaise sentit un énorme soulagement l'envahir.
- Et il n'y a rien avec Théo, mais ça, tu t'en doutais, ajouta Ginny.
Blaise ne put s'empêcher de sourire.
- Bien sûr, c'est une évidence, pour moi. Je n'ai pas cru une seconde cet abruti. Mais j'aimerais bien que tu me racontes tout, même si c'est long et compliqué, comme tu dis. Je ne t'y oblige pas, mais j'ai vraiment besoin de comprendre.
- Je veux bien te dire le principal mais sans entrer dans les détails, car ça impliquerait de t'annoncer quelque chose et il vaut mieux que je le fasse à part. J'ai d'ailleurs eu peur que Hermione balance le morceau hier quand elle a relaté l'histoire avec Hannah. Mais elle ne m'a même pas mentionnée, et je pense qu'elle n'est pas au courant de ce truc que j'ai à te dire. Les directeurs de maison n'ont pas dû divulguer l'information, à mon avis, ce qui est somme toute assez logique. Enfin bref, pour faire simple, c'est moi qui ai coincé Hannah. Je l'ai surprise dans les toilettes avec un dealer, et pour la raison que je te dirai plus tard, je suis allée voir le professeur Lupin. Ça a été un peu tendu, puis on a mis les choses au clair et il m'a confié la mission de demander à un préfet de traquer Hannah. J'ai accepté, mais je ne savais pas du tout vers qui me tourner. Il fallait quelqu'un de confiance et qui me croirait au sujet de Hannah. Car en tant que préfet, ça doit être très difficile de se dire que l'une de ses collègues se drogue… Et je n'avais droit qu'à un essai si je choisissais un des préfets qui font partie de la bande. Parce que s'il refusait de voir la réalité en face et que je me rabattais sur un autre préfet de la bande qui, lui, voulait bien filer Hannah, et que le premier venait à le savoir, eh bien ça aurait créé des tensions entre eux. Et c'était tout ce que je voulais éviter. Je devais alors opter pour la bonne personne. Sauf que comme je te l'ai dit, je n'avais aucune idée du préfet qui serait le plus à même d'accomplir cette mission. Je rayais déjà Hermione de la liste car j'avais déjà eu des doutes sur Hannah, comme tu le sais, puisqu'on l'avait croisée ensemble dans un couloir, tu avais été très sceptique mais tu avais fini par admettre qu'il était possible qu'elle se droguait, mais quand j'en ai parlé à Hermione, elle n'a pas voulu y croire et elle n'a pas envisagé une seule seconde le fait que je pouvais avoir raison. Pour elle, c'était juste inconcevable que Hannah puisse se droguer. Elle avait le chic pour rejeter tous mes arguments. Vu qu'on n'était absolument pas d'accord, il était hors de question que je lui fasse part de cette traque. Et comme je craignais de provoquer des tensions, je me suis dit qu'il fallait aussi exclure Terry et Ron, Terry étant le petit-ami de Hermione et Ron étant son meilleur ami. Il ne restait que Draco et Pansy parmi les préfets du groupe et ce n'étaient pas les personnes que je connaissais le plus. J'avais donc besoin de quelqu'un pour m'aiguiller. Et c'est là qu'intervient Théo. C'est à lui que j'ai pensé car il est discret et toujours de bon conseil. Tout ce que je te raconte, ça s'est passé un vendredi et c'est ce vendredi-là où j'ai fait signe à Théo à la sortie de votre cours de sortilèges. Je l'ai entraîné à l'écart, comme te l'a dit ce type ce matin, mais pas pour les raisons qu'il croyait. Il était totalement à côté de la plaque. Certes, il ne savait rien de toute cette histoire, mais il aurait pu s'abstenir de dire n'importe quoi sans connaître le contexte… Mais bon, ça m'aura permis de te dire la vérité à ce sujet.
- Tu aurais pu garder ça pour toi, en fait, commenta Blaise, gêné. Ça ne me regardait pas vraiment.
- Je n'ai rien à cacher, donc je m'en fiche, dit Ginny en haussant les épaules. C'est juste que je ne pouvais rien dire tant que la traque n'était pas passée.
- Je comprends mieux, maintenant. Et je suis content que Théo ait pu t'aider. Tu avais autre chose à me dire, je crois ?
- Oui, affirma Ginny, l'air soudain tendue. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : il y a presque un mois, le professeur Lupin m'a proposé de candidater pour être préfète à la rentrée. Ce n'était pas prévu, mais comme huit préfets, ce n'est pas suffisant pour aider à lutter contre le trafic de potions droguées, le directeur a décidé de doubler l'effectif. Tu sais comment ça se passe, chaque directeur de maison doit faire deux listes, une de trois filles, une de trois garçons, et le professeur Lupin m'a choisie pour intégrer la liste des filles. Sauf que j'ai vite refusé, sans même profiter de la semaine de réflexion, étant donné que j'étais déjà très occupée entre les cours, les devoirs, les séances de travail en binôme, les entraînements de Quidditch… Sans compter que Simon, lui, faisait partie de la liste des candidats pour le poste de préfet de Serpentard… Si l'un de nous était devenu préfet, ça aurait été bien plus compliqué pour s'organiser, et je ne te raconte même pas si nous avions tous deux été élus… Mais c'est surtout Simon qui, involontairement, m'a poussée à dire non au professeur Lupin pour la candidature. Il a eu des arguments qui m'ont convaincue. Mais j'étais triste, au fond de moi, sans vraiment savoir pourquoi. Je ne me suis pas attardée là-dessus, préférant passer à autre chose, mais je n'en ai pas eu l'occasion. Il y a eu cette histoire avec Hannah, qui a commencé quand nous l'avons croisée dans un couloir, toi et moi ; son comportement étrange a fait naître quelques doutes en moi et ils se sont confirmés lorsque je l'ai surprise dans les toilettes avec ce dealer. J'en ai parlé avec Hermione qui, comme je te l'ai dit, n'a pas voulu me croire. Elle a jugé ça très étrange que ça fasse deux fois de suite que je sois tombée sur Hannah dans une situation délicate, j'ai alors cru que c'était un coup du professeur Lupin qui me mettait face à des cas typiques de rondes pour me faire prendre conscience que j'étais faite pour le poste de préfète, je l'ai mal pris, je suis allée le voir et j'ai connu l'un de mes plus grands moments de honte en comprenant qu'il n'y avait aucun piège et que le professeur Lupin n'était au courant de rien concernant Hannah. Je venais donc de la balancer sans le vouloir. Je pensais que c'était une mise en scène, ce que j'avais entendu dans les toilettes, et que Hannah ne risquait donc rien puisqu'elle ne se droguait pas pour de vrai… Alors que si, en fait. Quand j'ai réalisé que ce n'était pas une mascarade comme je le croyais, j'ai réalisé en même temps que j'avais dénoncé Hannah. Je me suis sentie mal et il était impossible de faire machine arrière. Le professeur Lupin, lui, était choqué et c'est ça qui m'a fait comprendre que je me trompais. Il ne m'a pas tenu rigueur de mon emportement et il m'a missionnée de demander à deux préfets de traquer Hannah. Ça, je te l'avais déjà dit. Même si c'était assez triste, une partie de moi a bien aimé faire ça. Et, avouons-le, j'étais contente d'avoir contribué à coincer un dealer. J'aurais juste préféré que Hannah n'y soit pas mêlée. Quelques jours plus tard, je me promenais avec Simon quand on a perçu des chuchotements qui ne nous disaient rien qui vaille. C'était soit un trafic, soit des menaces ou un truc dans le genre, soit des élèves qui préparaient un mauvais coup… On n'avait pas très envie de passer notre chemin sans rien faire, alors on a élaboré un plan afin de surprendre ces élèves pas nets selon nous. Il s'agissait en réalité de trois Serpentard qui embêtaient une jeune élève. On a réussi à les faire déguerpir et on a rassuré leur victime. C'est là qu'on a su qu'on avait eu tort d'avoir refusé de candidater pour le poste de préfet et de préfète. Car nous étions faits pour ça. Nous devions tenter notre chance. Nous n'avons pas réfléchi bien longtemps et nous sommes allés voir nos directeurs de maison respectifs. Heureusement, il était encore temps de changer d'avis. C'est ce que nous avons fait et cela signifie que, comme Simon, je suis candidate pour devenir préfète à la rentrée.
Un silence suivit les paroles de Ginny. Blaise ne s'était pas du tout attendu à cela. Il aurait pourtant dû s'en douter dès le début du récit… Mais il s'était persuadé qu'au terme de celui-ci, Ginny allait lui annoncer tout autre chose. Il n'avait pas voulu voir l'évidence en face. Mais il ne pouvait plus la nier, à présent. Ce que venait de dire Ginny était très clair. À moins que ce fût une farce… Cela lui parut peu probable mais il se raccrocha à cet espoir et préféra s'en assurer :
- C'est une blague ? finit-il par lâcher.
- Non, je suis très sérieuse, je suis vraiment candidate.
Blaise encaissa difficilement le choc. Il ne faisait aucun doute que Ginny disait la vérité, mais il ne parvenait pas à réaliser que c'était bien réel. Ginny ne pouvait pas prétendre au poste de préfète, pas avec tout ce qu'elle avait à faire… Avait-elle pensé à eux, à leur couple ? Car c'était bien cela qui le choquait le plus, dans cette histoire. S'en fichait-elle donc qu'ils n'aient plus le temps de se voir ? Tenait-elle si peu à leur couple ? L'incompréhension, la rancœur mêlées à un sentiment de trahison vinrent se bousculer dans son coeur et dans son esprit. Tout cela fit monter une colère qu'il s'efforça de maîtriser.
- Tu ne peux pas convoiter ce poste, déclara-t-il calmement.
- Bien sûr que si, puisque je suis candidate, rétorqua Ginny.
- Mais tu n'as pas dû assez réfléchir, sinon tu n'aurais jamais dit oui au professeur Lupin pour faire partie de sa liste ! Tu l'as dit toi-même, tu es méga occupée ! Tu vas vite faire un burn-out avec un emploi du temps aussi rempli ! Mais qu'est-ce qui t'est passé par la tête ? Comment as-tu pu te dire que ce serait une bonne idée d'ajouter des fonctions de préfète à tout ce que tu as déjà à faire ?!
- Il y aura moins de séances de travail en binôme l'année prochaine, les rondes ne couvriront même pas tout le temps que j'aurais libéré, répliqua Ginny. J'en ai parlé avec le professeur Lupin, je n'ai pas décidé de candidater sur un coup de tête sans songer aux conséquences !
- Mais ce que tu as l'air d'oublier, c'est que Simon va peut-être lui aussi devenir préfet, ce qui fera quatre rondes par semaine à vous deux, et là, ça va couvrir tout le temps libre que vous aurez gagné grâce aux séances de travail en moins, même si ce ne sera pas sur les mêmes plages horaires ! Avec les rondes et les entraînements de Quidditch, vous ne serez plus dispos de dix-sept heures à dix-neuf heures et c'était le seul moment de la journée où on pouvait se voir en semaine ! On n'aura plus que le week-end pour se retrouver, et encore, il va falloir jongler entre nos entraînements du samedi ou du dimanche et les séances de travail !
- Il y aura quand-même un jour dans la semaine où on pourra se voir après les cours ! Je ne ferai que deux rondes maximum entre le lundi et le vendredi, et sur ce même laps de temps, on n'aura qu'un entraînement chacun de Quidditch ! Il y aura donc au moins un jour où je serai libre après les cours. Voire deux quand je n'aurai qu'une ronde hors week-end, ce qui arrivera de temps en temps.
- Tu auras peut-être besoin de ce jour-là pour une séance de travail.
- Je réussirai à me dégager. Simon et moi concentrerons nos séances sur nos heures de creux, là où toi, tu auras sûrement cours.
- Et si Harry te choisit comme co-capitaine ? Tu y as pensé ? Ne crois pas que ton rôle, ce sera juste le remplacer quand il ne pourra pas assumer le sien ! Il va te consulter régulièrement pour avoir ton avis, vous aurez des réunions qui vont durer plus longtemps que ce que tu peux imaginer ! Il y aura plein de trucs que vous devrez traiter !
- Je m'arrangerai pour qu'on se voit quand toi, tu seras occupé. Lors de ton entraînement du week-end, par exemple. Ou même de la semaine si je n'ai pas de ronde ce jour-là. Je ferai de mon mieux pour qu'on ait du temps pour nous.
- Mais tu n'as pas l'air de te rendre compte, se désespéra Blaise. Ça va être la folie ! Tu n'auras pas une minute à toi ! On se plaignait depuis le début de notre histoire de ne pas avoir assez de temps pour se voir ; l'année prochaine, avec l'allègement des devoirs en binôme, on avait la possibilité de passer plus de temps ensemble et au final, ça va être tout l'inverse parce que tu es incapable de dire non et que tu acceptes tout et n'importe quoi !
- Mais arrête de te regarder le nombril deux secondes ! Arrête de ne penser qu'à toi ! C'est fou, ça ! Tu pourrais être heureux pour moi au lieu de faire une fixette sur notre couple ! Évidemment que ça me gêne de devoir sacrifier du temps qu'on aurait pu prendre pour nous, mais le poste de préfète me tente énormément, on me propose de le pourvoir, c'était inespéré, alors je ne veux pas passer à côté de cette opportunité ! Et pour moi qui souhaite intégrer une équipe professionnelle de Quidditch à la sortie de Poudlard, seconder Harry dans son capitanat est une véritable aubaine ! Je vais acquérir de l'expérience qui me sera toujours utile pour appuyer mon dossier !
- Ça, je veux bien l'entendre, mais le problème, c'est que tu relègues notre couple au second plan et qu'il ne va pas tenir longtemps dans de telles conditions !
- Tu as donc si peu confiance en nous ? Notre couple est-il donc si peu solide pour toi pour qu'il ne puisse pas perdurer si on ne se voit pas trois fois par semaine ? Mais qu'est-ce que ça va être quand tu t'en iras et que je serai encore à Poudlard ? Si tu estimes que notre couple ne peut pas supporter l'éloignement, alors autant rompre tout de suite !
- Non mais alors ça c'est la meilleure ! Tu es en train d'essayer de me culpabiliser pour retourner la situation en ta faveur alors que c'est toi qui as tous les torts ! Et sache que j'ai foi en notre couple, ce n'est pas une question de confiance, c'est une question de réalisme ! Je vois mal comment notre couple pourrait survivre si on ne se voit que deux heures par-ci par-là, que ce soit entre les cours et le dîner, un entraînement de Quidditch et une séance de travail, ou une réunion et une ronde ! Si tu n'as pas l'intention de renoncer à ton futur rôle de co-capitaine ou à ta candidature pour le poste de préfète, alors oui, on ferait mieux de rompre dès maintenant !
Les mots de Blaise furent suivis d'un court silence durant lequel il put lire un mélange de choc, de peine et de colère dans les yeux marron de Ginny. Ce fut d'une voix brisée qu'elle répondit au bout de quelques minutes :
- C'est vraiment ce que tu veux ?
- Ce n'est pas à moi de choisir. C'est à toi. C'est soit moi, soit tes ambitions. Mais certainement pas les deux en même temps.
Le regard de Ginny s'assombrit.
- Tu me déçois. Je ne pensais pas que tu réagirais comme ça. J'espérais que tu me soutiendrais, que tu serais heureux pour moi. Je me suis bien trompée. Mais, au fond, c'est peut-être un mal pour un bien. C'est révélateur de la solidité de notre couple. Tu m'as d'ailleurs demandé de faire un choix, eh bien je vais le faire, mais je vais avoir besoin de temps. Car il y a visiblement pas mal de choses à remettre en question. Ne t'attends donc pas à ce que je revienne de si tôt vers toi.
Blaise sentit son coeur se briser alors que Ginny s'en allait, le pas raide et la tête haute. Il eut envie de la retenir mais quelque chose l'en empêcha. Il ignora si c'était la fierté, le chagrin ou le manque de courage, mais ce qui était certain, c'était qu'il faisait une erreur en la laissant partir. Mais il était incapable de faire quoi que ce soit. Ce n'était pourtant pas faute de vouloir la rattraper et s'excuser, mais cela n'aurait pas été totalement sincère. Il ne regrettait pas ce qu'il avait dit. Il était blessé par le peu d'importance que Ginny accordait à leur couple. Il comprenait son désir de devenir préfète, il affirmait même qu'elle était faite pour ce poste, mais elle ne pouvait pas tout assumer à la fois et il craignait vraiment que leur couple finisse par pâtir de son emploi du temps surbooké. Cela semblait cependant être le cadet des soucis de Ginny et c'était bien cela qui l'attristait. Il avait l'impression qu'elle tenait moins à leur histoire que lui. Alors qu'il savait très bien qu'elle l'aimait autant que lui l'aimait. Peut-être était-ce lui qui interprétait mal les choses ? Peut-être aurait-il dû s'efforcer de les voir sous un autre angle ? Il n'avait pas cherché à écouter les arguments de Ginny, pas plus qu'elle n'avait cherché à écouter les siens. C'était sûrement un tort qu'ils avaient eu. Blaise commençait à s'en vouloir d'avoir réagi comme il l'avait fait. Il aurait dû être ravi pour Ginny, et le lui montrer. Il aurait dû la féliciter, et ensuite traiter de la place à donner à leur couple parmi toutes les activités de Ginny… Au lieu de ça, il l'avait tout de suite attaquée sur la décision qu'elle avait prise… Il avait agi sans réfléchir, parce qu'il avait eu peur. Peur de ne pas réussir à gérer leur couple s'ils n'avaient plus le temps de se voir. Peur que Ginny s'éloigne de lui et que ses nombreuses responsabilités aient raison de leur couple. Peur de perdre la fille qui faisait battre son coeur et avec qui il se voyait déjà passer le restant de ses jours, se marier et avoir des enfants. Il avait eu peur car il aimait Ginny. Et c'était parce qu'il l'aimait qu'il allait tout faire pour se racheter et recoller les morceaux. Et il allait y arriver, même si cela allait demander du temps. Il en était persuadé. Car il tenait à leur histoire et qu'elle méritait qu'il se batte pour elle.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Et qu'il ne vous a pas semblé trop long XD Le prochain est plus court, promis XD Honte à moi, j'ai oublié de vous poser une question ! La voici : si vous deviez aller à Poudlard, quel animal choisiriez-vous entre le chat, le hibou et le crapaud ? Je vous dis d'ailleurs rendez-vous le dimanche 24 juillet pour le prochain chapitre intitulé «Décision, prévention et réconciliation». Passez d'ici là deux bonnes semaines, prenez soin de vous, je vous embrasse, et bisous tout le monde !
