Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-dix-septième chapitre de SAMLP ! Il y a eu une confusion lors du chapitre précédent, mais il s'agit bien ici du soixante-dix-septième chapitre XD Je ferai la rectification un peu plus tard :) Désolée pour cette confusion XD
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cassandre24 : Le plan anti-Forester, c'est dans 3 chapitres XD Ah ouais, 15 ans d'équitation, ça fait déjà une bonne expérience XD Je t'ai directement contactée, c'était plus simple ainsi XD Les Trois Balais, c'est ce qui intéresse tout le monde, je pense XD Mais bizarrement, je ne prendrais pas de Bièraubeurre, j'ai goûté à une reproduction de cette boisson et j'ai pas trop aimé XD Zonko, c'est pratique quand on aime bien faire des farces XD Et Honeydukes, ça doit être cool aussi, rien que pour faire la collection des cartes XD Mais ça doit être frustrant quand on tombe souvent sur la même carte XD Deux bonnes semaines à toi aussi *-*
Mel : Je pense qu'on peut tous comprendre Pomona, même si, comme tu dis, ça n'excuse pas tout, mais en effet, elle va redevenir la gentille directrice de maison qu'elle était *-* Oui, on sait que tu adoooores le Drarry XD C'est exactement ça, la communication dans un couple, c'est hyper important ! Il faut se parler, ce n'est pas possible autrement ! Même si parfois, c'est dur :/ Mais ça n'empêche pas le fait qu'on puisse garder notre jardin secret ! Oh, si tu vas donner trois paires de claques à Forester, tu vas sûrement avoir du monde avec toi pour en faire autant XD Il va falloir établir un ordre de passage XD Non, évidemment, pas de violence, mais c'est sûr que c'est tentant XD C'est très difficile pour Severus d'impliquer Draco là-dedans, il a tellement peur que ça se passe mal, il ne veut pas mettre en danger son filleul :/ Il sait de quoi est capable Forester, et il ne veut pas qu'elle s'en prenne à Draco qui est assez fragile :/ Mais tout est sous contrôle *-* Ah ah, bonne question pour Harry ! Est-ce que Draco va le lui dire ? Severus le lui a conseillé, Draco a dit qu'il le ferait, mais est-ce qu'il va vraiment le faire ? Les paris sont ouverts XD Oui, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu Severus et Tonks ensemble ! J'essaie de trouver une solution pour qu'ils puissent se voir plus souvent XD Oui, pour le coup, Lavande est un poil trop collante XD (quel doux euphémisme XD) Mais oui, elle était trop insupportable dans les films XD Et dans les livres aussi, d'ailleurs XD En vrai, elle n'est pas méchante, mais on se demande comment fait Ron pour la supporter XD Mais même si on n'aime pas trop ce personnage, on doit être beaucoup à avoir été peinés par ce qui est arrivé lors de la bataille de Poudlard :/ Tuée dans le film par Greyback, gravement mordue par le même homme dans le livre… C'est pas cool, elle ne méritait pas ça :/ Mais dans une guerre, il y a toujours des pertes dans les deux camps :/ Ouh là, tu détestes autant sinon plus McLaggen que Lavande XD Ça se comprend, mais je crois que tu vas vite détester davantage Lavande que McLaggen XD Oui, Terry ne doit pas garder ça pour lui, car comme on le disait récemment : la communication, c'est la base du couple ! C'est un plaisir pour moi aussi de voir tes retours *-* Vous êtes tous tellement gentils ! Ah, la réf à Dobby XD J'espère que tu ne t'es pas trop cognée la tête XD Ce sont les dentistes qui seraient contents si tout le monde allait chez Honeydukes XD Mais c'est vrai que c'est tentant ! Ah, toi aussi, la bièreaubeurre ça ne t'enchante pas trop ? XD Zonko, ça paraît tellement pauvre en farces comparé à la boutique des Weasley XD Il semble y avoir plus de choix chez Fred et George XD Mais il y a des choses à essayer chez Zonko, c'est sûr XD Pour la Cabane Hurlante, encore faut-il réussir à y aller XD Il y a tant de questions qu'on peut se poser par rapport à HP ! Ça permet d'échanger sur différents aspects *-*
mimibou : Oui, Pomona aurait dû s'expliquer bien plus tôt avec Sirius et Remus ! Ça aurait évité de tomber dans cette relation conflictuelle qui ne faisait de bien à personne… Mais elle avait trop honte pour en parler :/ Pour Forester, c'est vrai que ça pourrait être l'un ou l'autre ! Et en effet, il y aura prochainement la réponse quant au comportement de Forester :) Enfin, prochainement, je ne sais pas encore quand exactement mais ce sera au début du deuxième tome, je pense :) Pour le rat, eh bien le dénouement se trouve dans ce chapitre XD En ce qui concerne Lavande, tout s'explique aussi dans ce chapitre :) Mais je suis bien d'accord avec le fait que ce n'est pas gentil pour Terry qui ne mérite clairement pas qu'on vienne semer la zizanie dans son couple :/ Mais ce serait trop beau s'il n'y avait jamais de problèmes, il faut bien que ça bouge XD Je te rassure : Terry et Justin sont parfaitement intégrés au groupe :) Tu as peut-être cette illusion car Terry et Justin ont leurs propres amis en-dehors du groupe : Terry a Anthony et Michaël et Justin a Susan, Ernie et Hannah. Harry, Ron et Hermione étaient déjà amis, tout comme Draco, Blaise, Théo et Pansy, et Ginny avait déjà des liens avec Harry, Ron et Hermione. Mais Terry et Justin ne sont pas délaissés, promis :) Ils ont juste moins de liens avec certaines personnes du groupe, mais ils sont très bien intégrés tout de même :) Je vais essayer de faire en sorte que ça transparaisse davantage XD Merci d'avoir relevé ça, du coup =) Scribenpenne, ça m'attire aussi beaucoup ! Plus que Zonko et Honeydukes, à vrai dire XD C'est surtout utile, en fait XD Et il doit y avoir le choix en matière de plumes ! Et il doit y avoir plusieurs couleurs de parchemins… Et plusieurs variétés d'encres ! La bièraubeurre, c'est le truc qu'il faut essayer XD En espérant que dans HP, ce soit meilleur que les bièraubeurres qu'on tente de reproduire en vrai XD 44 degrés, c'est chauuuud XD C'est bien, la chaleur, mais parfois c'est abusé XD Au mois d'août, les fortes températures sont moins spectaculaires, apparemment, mais on n'est pas à l'abri d'un regain de chaleur ! Mais ce serait bien que ça se calme, on a déjà eu trop chaud comme ça XD À dans deux semaines pour un nouveau chapitre !
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Merci à vous pour vos retours, et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire, à l'ajouter en follow et en favoris, ça fait plaisir de voir que vous êtes toujours là au rendez-vous ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
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Warning : Présence d'une scène sexuellement explicite dans ce chapitre.
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77 – Vérités, stress et discours
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(jeudi 30/05) POV Hermione
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- C'est bien la première fois qu'un sort me pose autant de difficultés, grimaça Terry en sortant de la salle de métamorphose.
- Peut-être parce que tu n'étais pas très concentré, supposa Hermione. Mais il faut dire que ce sort est assez complexe.
- Non, tu as raison, je n'étais pas suffisamment concentré.
- Est-ce qu'il y a une raison à ça ?
Terry s'arrêta, poussant Hermione à faire de même.
- Je dois te parler, annonça-t-il de but en blanc.
Ces quelques mots troublèrent Hermione qui tenta pourtant de garder un air neutre. Elle voyait bien depuis le début de la semaine que Terry n'était pas comme d'habitude. Elle était soulagée d'être sur le point de savoir pourquoi, mais en même temps, elle avait peur de ce que Terry allait lui dire. Car il semblait beaucoup trop sérieux à son goût.
- D'accord, où veux-tu qu'on aille ? interrogea-t-elle, la voix légèrement tendue.
- Dans la salle sur demande, c'est là où on sera le plus tranquille.
Hermione acquiesça et emboîta le pas à Terry. Ils se rendirent en silence à la salle sur demande qui se situait à l'étage du dessus. Une fois arrivés, ils s'installèrent sur les couvertures rouges et bleues et se calèrent contre le canapé en se calant le dos avec des coussins.
- Je t'écoute, déclara Hermione.
Terry tritura un bout du tissu sur lequel il était assis.
- Lundi midi, alors que j'attendais Michaël qui était allé récupérer quelque chose dans notre dortoir, Lavande est venue me parler. J'ai regretté de ne pas avoir accompagné Michaël, ça m'aurait évité de me retrouver seul avec Lavande… Je ne te l'ai pas dit car l'occasion ne s'est pas présentée, et il n'y avait pas d'intérêt à ce que je le fasse sans contexte particulier, mais l'année dernière, peu après ma rupture avec Lisa, Lavande m'a clairement fait comprendre que je l'intéressais beaucoup. Sauf que ce n'était pas du tout réciproque. Et je n'étais pas prêt à me mettre en couple avec qui que ce soit. Je sortais tout juste d'une relation qui avait été assez décevante dans le sens où je m'étais trompé sur mes sentiments, et puis si j'avais dû m'engager dans une nouvelle relation, ça n'aurait absolument pas été avec Lavande. Je n'avais rien contre elle, à la base, mais elle ne me plaisait pas et je n'avais pas apprécié la façon dont elle m'avait abordé. J'avais carrément l'impression qu'elle avait attendu que je rompe avec Lisa pour qu'elle me mette le grappin dessus… Je l'ai gentiment mais fermement rembarrée et elle n'a plus rien tenté depuis. Mais je sais qu'elle ne m'a pas oublié, dès qu'il y a un contact visuel entre nous, elle me regarde d'un air charmeur, limite en battant des cils. Et elle le fait encore aujourd'hui, alors que je suis avec toi et qu'elle le sait, comme tout le monde. Je l'ai toujours ignorée, en me disant qu'elle allait bien finir par se lasser, mais j'avoue que je commence un peu à désespérer, là. Et j'avais surtout peur que tu te rendes compte de quelque chose…
- Je n'ai jamais rien vu, mais je ne suis pas surprise d'apprendre qu'elle a le béguin pour toi. Le jour où on a officialisé, toi et moi, j'ai eu droit à toutes sortes de réactions, dont la sienne. Elle était très moqueuse, elle avait des préjugés débiles sur moi et elle n'en revenait pas que je sorte avec toi. Je ne sais pas si elle aurait été aussi méchante si je m'étais affichée avec quelqu'un d'autre. Ginny, qui était avec moi, a aussitôt eu des doutes sur les intentions de Lavande. Elle a deviné qu'elle avait des vues sur toi, et elle a même supposé qu'elle avait tenté sa chance avec toi, que tu l'avais repoussée et que ça l'avait vexée. Elle m'a conseillé de voir ça avec toi, mais je ne l'ai pas fait et je n'y ai pas repensé. Et je n'ai jamais eu affaire de nouveau à Lavande, donc bon… Mais j'aurais peut-être dû, tout compte fait. Car j'imagine que si Lavande est venue te voir lundi midi, c'était pour te relancer ?
- C'est ça, confirma Terry.
- Et c'est de ça dont tu veux me parler ? demanda Hermione, perplexe.
- Non, pas vraiment, rectifia Terry. En fait, elle a voulu te faire passer pour une fille qui court après tous les garçons dans le but de me faire rompre avec toi. Évidemment, je n'ai pas cru le quart de ce qu'elle m'a dit. J'ignore comment elle faisait pour se trouver au même endroit que toi à chaque fois, mais par exemple, elle t'a vue courser plusieurs fois le même garçon que tu soupçonnais d'être un dealer. Pour elle, tu étais juste intéressée par ce garçon.
- N'importe quoi, réfuta Hermione en levant les yeux au ciel.
- Elle t'attaquait aussi sur Harry et Viktor Krum en disant que tu sortais avec les deux à la fois lors du tournoi des trois sorciers.
- C'est bien de lire la Gazette, mais c'est encore mieux de faire la part des choses et de ne pas croire tout ce qui est écrit dedans, cingla Hermione.
- C'est ce que je lui ai dit, à quelques mots près, renchérit Terry. Et c'est elle qui osait me traiter de naïf… Elle n'est franchement pas mieux. Jusque-là, je savais qu'elle mentait. Mais elle m'a ensuite parlé de quelque chose et elle semblait trop bien renseignée pour que ce soit totalement faux. Je sais qu'il n'y a rien eu sans même avoir à te le demander, mais j'aimerais avoir toute la vérité à ce sujet.
Hermione fronça les sourcils, ne voyant pas où Terry voulait en venir.
- Je t'écoute, dit-elle, anxieuse.
Terry laissa passer quelques secondes avant de lâcher :
- Est-ce que McLaggen t'a approchée ?
Hermione écarquilla légèrement les yeux, ne s'étant pas du tout attendue à cela, alors que le malaise l'envahissait petit à petit.
- Je… c'est… il… c'est compliqué, balbutia-t-elle.
- Donc c'est oui ?
- Il n'a jamais rien tenté, clarifia aussitôt Hermione. Il m'a juste… draguée de façon un peu lourde, mais il n'a pas insisté bien longtemps, il m'a même secourue à un moment, lorsque je me suis faite démasquer par un élève que je voulais à tout prix coincer. McLaggen m'a aidée sans rien espérer en retour.
- Il ne manquerait plus que ça, ironisa Terry. Mais est-ce qu'il t'a draguée au point que tu le gifles ?
Hermione regarda Terry, les yeux ronds comme des gallions.
- Mais… comment…
- C'est une des informations que Lavande m'a données, je voulais savoir si c'était vrai ou non.
- Je l'ai giflé, oui, mais j'étais un peu sur les nerfs, il m'avait fait rater une filature, j'étais en colère, alors j'ai peut-être surréagi… Mais c'est tout. S'il te plaît, ne va pas t'imaginer des choses…
- Excuse-moi, mais… essaie de me comprendre, c'est normal que je sois inquiet, dit Terry avec une moue. Ça ne te ressemble pas de gifler quelqu'un, et quoi que puisse en dire Lavande, j'étais certain que ce geste ne cachait pas des sentiments enfouis, refoulés et inavoués ou je ne sais quelle bêtise dans ce genre… Alors j'ai eu peur qu'il se soit montré trop entreprenant envers toi. Le fait que tu ne m'en aies pas parlé n'a pas aidé à me rassurer…
Malgré le léger reproche que lui faisait Terry, Hermione se sentit soulagée. Terry ne croyait pas une seule seconde qu'elle ait pu être attirée par McLaggen. Il avait simplement eu peur pour elle. Il lui faisait confiance. Face à de telles preuves d'amour, elle s'en voulut de ne rien lui avoir dit. Il avait appris tout cela par quelqu'un d'autre et ce n'était agréable ni pour lui, ni pour elle. Surtout que ce quelqu'un en question n'avait manifestement pas de bonnes intentions…
- Je n'avais pas envie de te mêler à ça, se justifia-t-elle.
- Mais on s'était pourtant promis de tout se dire, rappela Terry.
- Je sais, mais… ce n'est pas aussi évident que ça, mets-toi à ma place, quand on se retrouve dans ce genre de situation, on préfère garder ça pour soi au lieu d'en parler à son petit-ami…
- C'est vrai, admit Terry. On a tous ce réflexe. Et je sais que ce n'est pas un problème de confiance. Sinon, tu nierais tout depuis le début de la discussion. Mais si tu ne m'as rien dit, ce n'est pas aussi parce que tu as craint que je m'en prenne à McLaggen ? Car ça fait également partie des réactions typiques qu'on peut avoir…
Hermione secoua la tête.
- Non, tu es trop pacifiste pour ça, je ne te vois du tout pas aller te battre avec qui que ce soit… À la rigueur, il se peut que j'aie eu peur que tu ailles t'expliquer verbalement avec lui, et encore, je n'en suis pas sûre…
- Dans ce cas, tu as peut-être cru que j'allais penser qu'il y avait quelque chose entre lui et toi si tu m'en parlais ?
- C'est possible, mais je sais que tu me fais confiance, donc j'aurais eu tort de croire ça… Écoute, je suis désolée de ne t'avoir rien dit, ce n'est pas contre toi, c'est juste que…
- Ne t'en fais pas, j'ai compris, je ne t'en veux pas, coupa doucement Terry. En soi, si McLaggen est resté correct avec toi, tu n'avais pas vraiment de raisons de m'en parler… Mais c'est parce que j'ai cru qu'il n'avait pas été correct que j'ai voulu te confronter…
- Le problème, ce n'est pas McLaggen, c'est Lavande, grimaça Hermione. Elle est toujours accro à toi et elle cherche un moyen de nous séparer…
- J'ai été clair avec elle, elle a bien vu que son petit manège ne marchait pas avec moi, elle devrait me laisser tranquille, à présent.
- Je l'espère, répondit Hermione. Mais tu ne trouves pas ça bizarre, toi, qu'elle en sache autant sur ce qui s'est passé avec McLaggen ?
- Elle doit te suivre depuis un moment, à mon avis, supposa Terry.
- À ce stade, ce n'est plus de la filature, mais de l'espionnage… Si elle m'a pistée du matin au soir dans le seul but de trouver de quoi me discréditer auprès de toi, c'est qu'elle est encore plus cinglée que je ne le croyais… Et ça en devient presque effrayant.
- Il doit y avoir une autre explication, je ne connais pas bien Lavande, mais je ne pense pas qu'elle soit suffisamment discrète pour tracer quelqu'un à répétition sans se faire repérer… Et puis, elle est quand-même assez fourbe, son mode d'action serait plutôt d'agir de façon détournée…
- Genre, en envoyant quelqu'un à sa place ?
- Par exemple.
Terry et Hermione se regardèrent. Ils pensaient à la même chose.
- Ou en utilisant quelqu'un ? ajouta Hermione.
Terry hocha lentement la tête.
- Il faut aller le voir et lui faire cracher le morceau, décréta-t-il. Mais en douceur, bien sûr. Tu as une idée d'où il pourrait être ?
- Non, mais on peut commencer par ma salle commune. Tu veux qu'on s'en occupe maintenant ?
- Oui, je ne pourrai pas passer à autre chose tant qu'on n'aura pas le fin mot de cette histoire.
- D'accord, allons-y.
Terry et Hermione se levèrent, quittèrent la salle sur demande et se rendirent à la Tour Gryffondor qui se situait au même étage. Hermione alla voir si son camarade de maison se trouvait dans la salle commune tandis que Terry patientait au pied de la Tour. Hermione n'eut pas besoin d'aller jusqu'au portrait puisqu'elle croisa McLaggen sur le chemin.
- Ah, tu tombes bien, lança-t-elle. Je voudrais te parler.
- J'allais manger, indiqua McLaggen.
- Il est à peine plus de dix-huit heures, tu auras tout le temps d'y aller après notre petite discussion. À moins que tu aies quelque chose d'urgent de prévu ?
- Non, c'est bon, affirma McLaggen. Où veux-tu qu'on aille ?
- Alors avant d'aller où que ce soit, j'aimerais préciser quelque chose. Je ne suis pas toute seule. Il y a aussi mon petit-ami, Terry. Il est en bas de la Tour.
McLaggen fronça les sourcils.
- Attends, tu n'aurais pas dans l'idée de me jeter en pâture à ton petit-ami pour qu'il me règle mon compte, par hasard ?
- Bien sûr que non, répliqua Hermione. Je ne suis pas comme ça, et Terry non plus. Nous souhaitons juste avoir une conversation avec toi pour tout mettre au clair. Terry ne te fera rien, je te le promets. Et puis bon, tu n'aurais aucun mal à te défendre et à prendre le dessus…
Hermione avait beau aimer Terry de tout son coeur, elle savait que dans un duel à mains nues face à McLaggen, il ne ferait pas le poids. À la façon sorcière, par contre… Terry avait de fortes chances de gagner.
- Je ne me fais pas de soucis là-dessus, mais ça me dérangerait de me faire piéger comme ça. Enfin bon, vous êtes préfets, ça m'étonnerait que vous montiez ce genre de plan… Mais piège ou pas, je n'ai pas forcément envie d'avoir une quelconque discussion avec ton petit-ami et toi. Surtout si tu lui as avoué que je t'avais tourné autour…
- Nous cherchons simplement la vérité, insista Hermione. Je crois que tu nous dois bien ça. Même si, au fond, tu n'es pas vraiment coupable, mais plutôt un pantin dans cette histoire.
La surprise, voire le choc se lurent sur les traits de McLaggen.
- Tu n'as jamais voulu sortir avec moi, pas vrai ? continua Hermione. Tu étais juste sous les ordres de quelqu'un ? Tu peux me le dire, ça ne fera que confirmer ce que Terry et moi pensions. Et ça te libérera sûrement. Car tu dois être mal d'avoir failli détruire un couple… Et c'est ce qui serait arrivé si ma relation avec Terry n'était pas basée sur la confiance. Elle a tenté de nous séparer mais ça n'a pas réussi. Elle t'a utilisé pour rien. Mais il y a quand-même des manigances derrière tout ça et on veut la vérité à ce sujet. On en a besoin pour tourner la page et passer à autre chose. On ne te tiendra même pas rigueur de tout ce que tu as fait. Car tu n'as jamais eu l'intention de semer la zizanie dans mon couple, alors qu'elle, oui. On ne lui dira pas que tu nous as tout raconté. Ça restera entre nous. On t'offre la possibilité de te défendre, alors profite-en.
McLaggen fixa Hermione pendant quelques secondes avant de soupirer.
- D'accord, je vais tout vous dire. Mais personne ne doit nous entendre.
- Ne t'en fais pas pour ça. Nous aussi, on préfère que ça soit privé.
McLaggen acquiesça et suivit Hermione. Ils rejoignirent Terry qui les attendait et ce fut lui qui les mena à un endroit à l'abri des oreilles indiscrètes.
- Nous t'écoutons, intima-t-il. Est-ce que c'est bien Lavande qui t'a demandé de séduire Hermione ?
- Oui, avoua McLaggen. Je ne voulais pas, ça me rebutait, mais… je n'ai pas vraiment eu le choix. J'espère que vous avez du temps devant vous car c'est assez long, comme histoire. Vers le milieu du mois de mars, j'ai traversé une phase difficile, rien n'allait, j'étais désespéré et au lieu de me confier à quelqu'un comme j'aurais dû le faire, je me suis tourné vers les potions droguées. Sauf qu'en plus de ne pas avoir d'argent, j'en avais besoin, mon père ayant perdu son emploi et ma mère étant mère au foyer, ce qui fait que je ne pouvais pas payer ces potions. Le dealer m'a alors proposé un marché qui consistait à me les donner gratuitement, en échange de services que je lui rendais. Ma principale mission était de le seconder dans la vente de ses potions quand lui n'était pas disponible. Il déduisait ce que je lui devais de la part qui me revenait de ces ventes et il restait quelques gallions qui étaient plus que bienvenus. C'était un moyen très simple de gagner de l'argent, mais j'ai vite mis un terme à cette collaboration. J'avais peur de me faire attraper et je préférais arrêter les potions avant d'en devenir accro. Ça n'a pas du tout plu au dealer qui a tenté de me retenir en me faisant du chantage mais je n'ai pas cédé et je l'ai laissé seul avec ses potions. Mes problèmes n'étaient pas réglés pour autant, c'était toujours la galère, mais au moins, je m'étais fait des économies et j'avais réussi à ne pas tomber dans la dépendance. Mais ce que j'ignorais, c'était que quelqu'un m'avait vu en pleine transaction. Comme vous vous en doutez, ce quelqu'un, c'était Lavande. Ce qu'elle avait vu, c'était une aubaine pour elle. Car elle avait un moyen de pression sur moi et elle avait justement besoin de moi. Elle m'a abordé début avril et m'a demandé de l'aider à avoir le garçon qu'elle convoitait. J'ai évidemment refusé, d'une parce qu'on se connaissait à peine et que je ne voyais pas pourquoi je lui rendrais ce service, et de deux parce que je n'aimais pas du tout ce plan. C'est là qu'elle m'a piégé en me disant que si je ne coopérais pas, elle irait me dénoncer au professeur Lupin. Elle m'a parlé de la transaction et elle a donné beaucoup trop de détails pour qu'elle ait pu inventer cette scène. Je me retrouvais donc dans une situation délicate. Je ne voulais pas avoir d'ennuis, alors j'ai accepté de l'aider. Ma tâche était simple : te séduire, Granger. Enfin, simple… Ça ne l'était pas tant que ça. La preuve, je n'y suis pas arrivé.
- Tu n'as pas dû y mettre toute ta volonté, commenta Hermione. Mais peu importe ce que tu aurais fait, tu aurais échoué, car j'aime trop Terry pour céder aux avances d'un autre garçon.
- Je le sais bien. J'ai quand-même tenté une première fois, le jour où je t'ai faite repérer alors que tu traquais un dealer. Ça n'a pas été un franc succès. Tout ce que j'ai gagné, c'est une gifle. Je me suis dit que ça n'allait pas plaire à Lavande mais quand je lui ai raconté ce qui s'est passé, elle était au contraire satisfaite. Pour elle, cette gifle, ça cachait quelque chose. Elle pensait que si tu avais perdu le contrôle de tes nerfs, Granger, c'était parce que je t'avais troublée. Elle ne voyait que ce qu'elle voulait bien voir mais moi, je savais que j'étais allé trop loin dans mes propos et que je t'avais trop énervée. La deuxième fois où j'ai tenté de t'approcher, c'était le jour du match entre Poufsouffle et Serpentard. Tu étais vite partie, je n'avais donc pas pu utiliser mes meilleures techniques de drague. La troisième occasion que j'ai eue, c'était il y a deux semaines, environ. Je faisais le tour du château quand j'ai entendu deux personnes se lancer des sorts. Curieux, je suis allé voir ce qu'il se passait et j'ai déboulé pile au moment où tu t'es faite neutraliser par un type que j'ai aussitôt reconnu puisque c'était un élève de ma classe. Quand je t'ai vue à sa merci, je n'ai pas hésité une seule seconde et je suis venu à ton secours. Une fois avoir fait fuir le type, j'aurais pu profiter de t'avoir sauvé la mise pour te draguer de nouveau mais je n'en ai pas eu la moindre envie. J'en avais déjà ma claque de ce plan. Je ne suis peut-être pas le mec le plus moral de cette école mais faire semblant de séduire une fille pour faire exploser son couple et permettre à une autre fille de voler le petit-ami de la première fille, ce n'est pas dans mes valeurs. Heureusement, Lavande m'a dit qu'elle n'aurait plus besoin de moi, du moins, pour l'instant, car elle avait de quoi semer le doute dans ton esprit, Boot, au sujet de ton couple. Ça m'a soulagé, mais pas entièrement. Car Lavande avait bien dit «pour l'instant». Elle pouvait refaire appel à moi n'importe quand, et je n'aurais pas d'autre choix que d'accepter. Je suis vraiment désolé d'avoir essayé de mettre la zizanie dans votre couple. S'il n'y avait pas eu Lavande, jamais je ne l'aurais fait.
Hermione et Terry se regardèrent quelques secondes, puis Hermione s'adressa à McLaggen :
- Le principal, c'est que ça n'ait pas marché, déclara-t-elle. Et ce n'est pas comme si tu étais le seul responsable dans cette histoire… Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu n'as été qu'un pantin entre les mains de Lavande. Bien sûr, il y avait d'autres solutions que de te plier à ses ordres, mais c'est plus facile à dire qu'à faire… À ta place, beaucoup auraient également cédé à son chantage. Mais il n'est pas trop tard pour reprendre le contrôle de la situation. Il n'y a qu'une chose à faire si tu veux te débarrasser de Lavande et ne plus avoir peur qu'elle te dénonce.
McLaggen fronça les sourcils.
- Et c'est quoi, exactement, ce que je dois faire ?
- La devancer, répondit Hermione. La base du problème, c'est cette transaction qu'elle a surprise à ton insu et qu'elle te menace de révéler au professeur Lupin si tu ne fais pas ce qu'elle veut. Eh bien si tu vas toi-même tout dire au professeur Lupin, elle ne pourra plus le faire et elle n'aura donc plus de moyen de pression sur toi.
McLaggen écarquilla les yeux.
- Mais… tu es complètement folle ! Il est hors de question que je fasse ça ! Si j'ai obéi à Lavande, c'était justement parce que j'avais peur qu'elle me balance, je ne vais donc pas aller me livrer moi-même !
- C'est soit ça, soit tu resteras la marionnette de Lavande. Et je doute fortement que tu puisses tenir longtemps ainsi. Et dis-toi qu'elle n'hésitera pas à te dénoncer lorsqu'elle n'aura plus besoin de toi. Il vaut mieux que le professeur Lupin apprenne par toi que tu as momentanément vendu des potions plutôt que par quelqu'un d'autre… Comme on dit, faute avouée, faute à demi pardonnée. Et crois-moi, le professeur Lupin respecte cet adage. Surtout dans ce genre de cas.
- Mais je serai quand-même sanctionné et renvoyé temporairement de Poudlard…
- Pas forcément, intervint Terry. Le fait que tu aies vite arrêté de ta propre initiative de consommer des potions et d'en vendre jouera grandement en ta faveur. Et tu as des circonstances atténuantes. Si tu expliques bien ta situation au professeur Lupin, il pourra te proposer un deal. Il ne constituera pas de dossier si tu lui donnes le nom de ton ancien dealer ainsi que toutes les informations qui seraient susceptibles d'aider à le coincer.
McLaggen afficha un air franchement sceptique.
- Désolé mais ça me paraît trop simple. J'ai vendu de la drogue, peu importe ce qui m'a poussé à le faire, je ne peux pas m'en tirer aussi facilement…
- Si, parce qu'il n'y a pas d'intérêt à punir quelqu'un quand il a compris son erreur et quand il n'est pas un danger pour la société. Ce qui est ton cas, affirma Terry. Tu ne deales plus, tu ne te drogues plus, et tu as eu trop peur de te faire prendre pour recommencer.
- Mais quand bien même tu aurais raison et qu'il passerait l'éponge pour cette fois, il va sûrement me demander pourquoi je viens soudain lui avouer que j'ai consommé et vendu de la drogue…
- Dans ce cas, dis-lui la vérité, intima Hermione. N'attends même pas qu'il te pose la question. Non seulement tu vas couper l'herbe sous le pied à Lavande en allant te livrer avant qu'elle ne décide de le faire, mais en plus ça va se retourner contre elle car c'est toi qui vas la dénoncer pour les menaces qu'elle a proférées à ton encontre. Ça ne doit pas rester impuni. Ce n'est pas anodin de faire chanter quelqu'un. Elle ne peut pas s'en sortir comme ça. Et tu n'as même pas à craindre des représailles de sa part puisqu'elle n'aura plus de moyen de pression sur toi…
- Mais à quoi ça servira ? Ce sera ma parole contre la sienne, elle n'aura qu'à nier et comme je n'ai pas de preuves, le professeur Lupin ne sera pas en mesure de savoir qui dit vrai et qui dit faux…
- Il saura la faire parler, assura Hermione. Il suffit juste qu'il l'incite à se trahir en disant qu'elle t'a surpris en train de vendre des potions à quelqu'un. Elle se rendra complice vu qu'elle n'aura rien dit à ce sujet. Ça la déstabilisera et elle aura plus de mal à se défendre et à mentir quand le professeur Lupin lui fera part des accusations que tu auras portées contre elle. Fais confiance à notre directeur de maison. Il gérera parfaitement la situation.
Les mots de Hermione furent suivis d'un court silence durant lequel McLaggen sembla en proie à un combat intérieur. Il finit par soupirer et capituler :
- D'accord, j'irai voir le professeur Lupin et je lui dirai absolument tout. De toute façon, je n'ai rien à perdre, alors autant essayer…
- Exactement, approuva Terry.
McLaggen esquissa un sourire.
- Merci pour vos conseils. J'ai tenté de vous séparer, et vous…
- Oublie ça, coupa Terry. Tu es victime avant d'être coupable, dans cette histoire. Ce n'est pas à toi qu'on en veut, mais à Lavande. Je serai bien soulagé lorsqu'elle se sera faite convoquer. Et je pense que ce sera pareil pour Hermione et toi. En attendant, le principal, c'est qu'elle ne puisse plus nuire à qui que ce soit d'entre nous. Il n'y a pas d'autre secret compromettant que tu caches et dont elle aurait pu avoir connaissance d'une manière ou d'une autre ?
- Non, il n'y avait que ça.
- Bon alors il n'y a plus de quoi s'en faire. On va tous passer à autre chose et faire comme si rien de tout cela n'avait existé, et ce, sous le nez de Lavande qui sera bien dégoûtée de n'avoir rien eu de ce qu'elle voulait.
- Excellente idée, renchérit Hermione. Bon, on ferait mieux d'aller manger, car à force de parler, il est bientôt dix-neuf heures…
- Oui, j'y vais. Merci encore et je vous promets de vite aller voir le professeur Lupin.
McLaggen s'éclipsa sur ces mots. Terry se tourna vers Hermione.
- C'est fou, quand-même. À la base, on souhaitait juste avoir des explications, et on s'est retrouvé à faire notre devoir de préfet…
- Que veux-tu, c'est ça d'être un bon préfet ou une bonne préfète, s'amusa Hermione. En tout cas, je suis bien contente que tout cela soit réglé, même si rien n'est encore fait.
- Oui, mais on sait que ça va aller et que le professeur Lupin fera les bons choix.
Hermione acquiesça. Terry lui sourit et déposa doucement ses lèvres sur les siennes.
- Ce qui me rend encore plus heureux, c'est qu'on a réussi à passer au-dessus de tout ça sans avoir la moindre dispute.
- Oui, et ce n'était pourtant pas gagné… Mais quand on s'aime et qu'on se fait confiance, ce genre d'épreuves sont bien plus faciles à surmonter.
- Alors on est prêts à faire face à tout et à n'importe quoi, car je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne.
Hermione sourit à son tour et entraîna Terry dans un long et doux baiser. Ce fut lui qui le rompit au bout de plusieurs minutes, mais sans séparer leurs fronts pour autant.
- On va manger ? proposa-t-il.
- Avec grand plaisir, j'ai une faim de loup ! s'exclama Hermione.
Terry et elle se décollèrent l'un de l'autre et se rendirent main dans la main à la Grande Salle. Sur le chemin, Hermione repensa à tout ce qui venait de se passer depuis leur discussion dans la salle sur demande et elle mesura la chance qu'elle avait d'avoir un petit-ami comme le sien…
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(vendredi 31/05) POV Théo
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- Si j'ai mes BUSE en potions et en métamorphose, ce sera un miracle !
Ce fut sur ces mots de Justin que Théo et lui quittèrent les cachots.
- Ne dis pas ça, tempéra Théo. Tu n'es pas le seul à avoir du mal avec cette potion. La moitié de la classe n'a pas réussi à avoir la couleur escomptée à la fin de la préparation… Et le professeur Snape a dit que c'était normal. Il va laisser une séance supplémentaire à ceux qui en ont besoin tandis que les autres s'entraîneront sur la potion de leur choix en guise de révisions.
- Mais c'est plus d'une séance qu'il me faudrait !
- Il reste deux cours pratiques avant les BUSE, et vu que ce seront des cours de révisions, tu pourras les consacrer à cette potion…
- Il n'y a pas que celle-là qui me pose problème, j'aurais besoin d'au moins cinq cours de révisions pour m'exercer sur toutes celles que je ne maîtrise pas encore !
- Tu exagères un peu, tu as bien progressé durant les cours particuliers que je te donne, et pour moi, il n'y a que deux potions qui te bloquent, en plus de celle qu'on voit actuellement. Avec les séances qu'on va avoir ensemble jusqu'aux BUSE, tu devrais venir à bout de ces trois potions sur lesquelles tu dois travailler.
- Tu es trop optimiste. Ou alors tu ne veux pas me dire la vérité en face. Mais moi je sais bien que je n'aurai pas ma BUSE en potions. Ni en métamorphose. Il n'y a pas un sort parmi les trois derniers qu'on a appris que je parviens à lancer correctement. C'était pourtant une matière où je n'avais plus de difficultés…
- Ça aussi, c'est normal, déclara Théo. À quelques semaines des BUSE, les sorts deviennent de plus en plus compliqués, on se rapproche davantage du niveau de sixième année, et le professeur Lupin a bien précisé que ces sorts ne nous seront pas demandés aux BUSE, que ce soit à l'examen théorique ou à l'examen pratique. Tu n'as donc pas à t'en faire pour les derniers sorts qu'on a vus, ce n'est pas grave si tu as du mal avec eux.
Justin sembla à peine rassuré par les paroles de Théo. Celui-ci décida de laisser tomber. Ils étaient presque arrivés au troisième étage, de toute façon. Ils allaient en sortilèges, leur dernier cours de la journée, et ce n'était donc pas le bon moment pour argumenter sur les capacités de Justin à réussir ses BUSE. Mais Théo se promit de convaincre Justin qu'il était prêt pour les examens la prochaine fois qu'ils aborderaient le sujet. Ils entrèrent quelques minutes plus tard dans la salle de sortilèges et s'installèrent à leur place habituelle. Ce jour-là, comme tous les vendredis, c'était là aussi un cours pratique et au plus grand soulagement de Théo, son petit-ami maîtrisa avant la fin de l'heure le sort qu'ils devaient étudier. Cela faisait trois semaines qu'ils étaient sur ce sort et à partir de la semaine suivante, ils feraient des révisions, comme c'était le cas en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose et potions.
Une heure plus tard, en sortant du cours de sortilèges, Théo espéra qu'avoir performé sur le sort de regain d'énergie avait fait oublier à Justin ses déconvenues de la journée, mais il fut vite déçu.
- Ça te dirait qu'on aille se promener dans le parc ? proposa Théo.
- J'aurais bien aimé, mais il faut absolument que j'avance sur le devoir individuel de potions. Il est à rendre pour mardi et je n'ai fait que deux parties.
- Je croyais que tu n'avais plus que la conclusion à faire ? s'étonna Théo.
- Oui, mais j'ai tout recommencé. Ça n'allait pas du tout et c'était tellement décousu que j'avais du mal à m'y retrouver.
- Tu as bien fait, alors. Mais tu ne veux pas plutôt attendre ce week-end pour continuer ton devoir ? Ce serait mieux… Car là, c'est la fin de la semaine, on a eu sept heures de cours, tu es fatigué, tu ne vas pas être dans les bonnes conditions pour travailler…
- Non, je préfère le faire maintenant. Je suis désolé, mais si on reste ensemble jusqu'au dîner, je ne vais pas arrêter de penser à mon devoir et je ne vais pas être de très bonne compagnie.
- Je comprends, dit Théo en souriant. Tu vas à la bibliothèque, j'imagine ?
- Non, dans mon dortoir. Il y a beaucoup trop de monde, à la bibliothèque. Même si tous les espaces sont insonorisés, un endroit aussi bondé, ça m'oppresse.
- On est pareil, grimaça Théo. Bon courage, alors.
Théo embrassa Justin et s'apprêta à s'en aller. Mais à peine eut-il fait quelques mètres que Justin le retint :
- Théo, attends…
Théo se retourna.
- Je ne vais pas passer toute la soirée non plus sur mon devoir, je vais juste essayer de m'avancer au maximum avant le dîner, mais on peut se voir après, si tu veux.
Théo signifia son accord d'un hochement de tête.
- Je serai sûrement sorti avant toi, du coup je serai près de l'entrée.
Justin acquiesça à son tour et adressa un doux sourire à Théo qui le lui rendit. Ils se regardèrent un moment, puis Théo s'arracha à contrecoeur à la vue de son petit-ami pour reprendre son chemin. Il se promena un peu mais oublia vite l'idée de faire le tour du château comme il en avait l'intention en voyant le monde qu'il y avait dans les couloirs. N'ayant pas envie de se balader dans le parc tout seul, il décida d'aller se poser dans sa salle commune jusqu'au dîner. Une fois arrivé, il chercha ses amis et les vit dans leur coin habituel. Il les rejoignit et s'assit à côté de Blaise et en face de Draco et de Pansy.
- Tiens, tu n'es pas avec ton chéri ? s'étonna Blaise.
- Non, il voulait faire son devoir de potions dans son dortoir. Mais on se voit après le dîner.
- Il est bien studieux, dis donc, remarqua Draco.
- Pourquoi dis-tu ça ? demanda Pansy.
- Bah, parce qu'on est vendredi, qu'on a eu une semaine épuisante et que n'importe qui préférerait se reposer plutôt que faire ses devoirs…
- Parle pour toi, moi aussi je vais travailler, répliqua Pansy. Je vais bientôt m'y mettre, d'ailleurs. Le devoir de métamorphose est assez long et je n'ai fait qu'une partie pour l'instant.
- Mais il est à rendre dans une semaine, tu as largement le temps de le faire ! s'exclama Draco.
- J'avoue, soutint Blaise. Encore, Justin ça peut se comprendre, le devoir de potions est plus urgent, mais toi…
- Qu'est-ce que vous avez à vous jeter sur vos devoirs comme ça ? enchaîna Draco, perplexe.
- Les BUSE, ça te dit quelque chose ? ironisa Pansy. Ce sont nos tout derniers devoirs, et donc notre dernière occasion de voir ce qu'on vaut dans les matières concernées.
- Mais ce n'est pas représentatif de ton vrai niveau, il faut s'appuyer sur les trois ou quatre derniers devoirs, protesta Draco.
- Ça permet au moins de savoir où on en est, s'entêta Pansy.
Draco ne chercha pas à argumenter plus longtemps et se contenta de hausser les épaules. Satisfaite, Pansy attrapa son sac et se mit à fouiller dedans. Théo, qui avait suivi l'échange sans rien dire, était partagé sur ce qu'il devait penser de tout cela. Pour lui, ses deux amis avaient des arguments tout à fait valables. Le fait d'être prêt ou non pour les BUSE ne se calculait pas sur un seul devoir, mais si Pansy voulait tout donner pour réussir l'ultime devoir de potions, c'était son droit. Et si elle voulait le faire maintenant, c'était là aussi son droit. Lui trouvait que ce n'était pas le meilleur moment pour étudier, comme il l'avait dit à Justin, mais il respectait l'avis de tout le monde. Il espérait juste que, l'un comme l'autre, ils n'allaient pas faire une fixette sur les examens au point de dédier leur temps jour et nuit à leurs devoirs et à leurs révisions…
- Zut, je n'ai pas mon manuel de métamorphose, pesta Pansy.
- Tu ne l'as pas rangé dans ton dortoir ce midi, vu qu'on a métamorphose le matin ?
- Non, puisque j'avais prévu de faire mon devoir après les cours… J'ai dû l'oublier sur la table en sortant de cours. Est-ce que l'un d'entre vous a le sien ?
Draco, Blaise et Théo secouèrent la tête. Comme le vendredi, à l'instar du mardi, était une journée où ils avaient sept heures de cours, ils se délestaient de leurs affaires du matin après le déjeuner afin de ne pas passer l'après-midi avec un sac trop lourd.
- Bon bah je vais demander à Daphné si elle peut me prêter le sien… Je l'ai vue monter aux dortoirs il y a dix minutes, et elle n'est pas redescendue depuis. J'y vais, j'en ai pour cinq minutes.
Pansy se leva et se dirigea vers les escaliers qui menaient aux dortoirs des filles.
- Elle y tient, à son devoir, commenta Théo.
- Oui, si elle devait aller jusqu'en Australie pour avoir son manuel, elle le ferait, renchérit Draco.
- Il faut bien qu'elle en ait un, les cours ne sont pas suffisants pour avoir assez de matière, répondit Blaise.
- Oui, surtout quand tu dois écrire soixante-dix centimètres de parchemin, soupira Draco. Perso, je n'ai pas encore commencé le devoir de métamorphose. Ce n'est pas pour tout de suite, alors je n'ai pas envie de me prendre la tête avec ça maintenant.
Théo haussa les sourcils. Si Justin et Pansy étaient visiblement stressés par les BUSE, Draco, lui, ne semblait pas inquiet pour un sou. Pour quelqu'un qui développait tous les ans une anxiété excessive à l'approche des BUSE, c'était assez étonnant.
- Ne tarde pas trop non plus, il est long à faire, ce n'est pas la veille qu'il faudra s'y coller, prévint Blaise.
- Je sais ce que je fais, ne t'inquiète pas…
Blaise n'eut pas l'air convaincu mais il n'insista pas. Pansy revint peu après… les mains vides.
- Daphné n'est pas dans le dortoir. J'ai vérifié absolument partout, mais il n'y a aucune trace d'elle. C'est bizarre car j'étais sûre qu'elle y était.
- Elle est peut-être descendue sans que tu ne la voies, supposa Blaise.
- Je m'en serais aperçue, quand-même, j'ai une vue directe sur les escaliers… Mais je commence à avoir l'habitude, avec elle. Ce n'est pas la première fois qu'elle devient soudain invisible. C'est déjà arrivé que je la cherche dans tout le dortoir, qu'elle ne soit nulle part et qu'elle apparaisse d'un coup sans que je n'ai vu ou entendu la porte s'ouvrir…
- Comme si elle transplanait ? suggéra Théo.
- C'est exactement ça, affirma Pansy. Sauf que c'est impossible dans l'enceinte de Poudlard, donc ça ne peut pas être ça. Et puis, on ne voit ça qu'en sixième année si on est majeur… Et ce n'est pas quelque chose qu'on peut apprendre en autodidacte.
- Transplaner, non, ça, c'est sûr. Par contre, le sortilège de désillusion…
Trois paires d'yeux se braquèrent sur Théo.
- Tu crois qu'elle userait de ce sort pour ne pas se faire remarquer ? souffla Pansy.
- Ça se pourrait, oui. Ce n'est pas un sort bien compliqué. À partir du moment où tu as la technique, tu peux désillusionner tout ce que tu veux. Et Daphné est une élève douée, ce serait un jeu d'enfant pour elle.
- J'oubliais que tu t'y connaissais, pour l'avoir fait l'année dernière, à King's Cross, grimaça Draco. Mais pourquoi ferait-elle ça ?
- J'ai une idée, mais… si c'est ça, ce serait encore plus grave que je ne le pensais…
- Comment ça ? À quoi tu penses ? s'alarma Draco.
Pansy parut hésiter, puis elle lâcha :
- Elle peut faire ça pour échapper à son fiancé… Elle ne le supporte pas, et ça a l'air d'être un… je n'ose même pas terminer ma phrase, car il n'y a que des mots pas jolis qui me viennent en tête pour qualifier cet individu. En gros, pour lui, Daphné, c'est sa chose.
- Bienvenue au Moyen-Âge, ironisa Blaise. C'est fou qu'à l'aube du vingt-et-unième siècle, il y ait encore cette mentalité chez certaines personnes… Mais pour en revenir à Daphné, si ton hypothèse est vraie, alors c'est très inquiétant.
- Ça doit être horrible pour elle, murmura Pansy. Elle aime les filles, elle va pourtant être obligée de se marier à un homme et elle est promise à quelqu'un qui ne la respecte pas du tout…
- C'est malheureusement comme ça dans de nombreuses familles Sang-Pur, regretta Draco. Et je ne veux pas que ça arrive à Daphné. Mais on ne peut pas faire grand-chose…
- Je pense qu'elle se sortira elle-même de cette situation, estima Théo. Je ne sais pas comment, mais elle fera en sorte que ce mariage n'ait pas lieu.
- Oui, sûrement, affirma distraitement Pansy.
Théo fronça les sourcils. Il avait l'impression que Pansy en savait plus à ce sujet. Daphné lui avait-elle fait part de ses plans ? Théo n'en serait pas étonné. Pansy et elle s'étaient beaucoup rapprochées depuis que Pansy avait changé d'avis et d'attitude vis-à-vis de Daphné. Quoi qu'il en soit, Théo ne chercherait pas à tirer les vers du nez de Pansy. Si Daphné ne s'était confiée qu'à elle, c'était qu'elle avait ses raisons. Craignant que Draco ne se rende compte lui aussi de l'air étrange de Pansy et qu'il ait les mêmes soupçons que lui, Théo décida d'orienter la discussion vers un autre sujet :
- Du coup, tu n'as toujours pas de manuel, Pansy ?
- Non, mais je vais aller voir si la salle de métamorphose est encore ouverte. Avec de la chance, le professeur Lupin y est resté pour corriger ses copies…
- Je peux t'accompagner, si tu veux. J'ai envie de bouger.
- Avec grand plaisir ! Mais ça ne te ressemble pas d'être autant actif, constata Pansy. Normalement, la fin de semaine te rend plus calme que d'habitude. Là, c'est le contraire.
- Oui, j'ignore ce qui se passe mais ça fait quelques jours que je ne tiens pas en place.
- À ce point ?
- Non, j'exagère un peu, mais c'est l'idée. Bon, on ferait mieux d'y aller. Ça se trouve, le professeur Lupin est en train de quitter sa salle et on va le rater à peu de choses près…
Pansy acquiesça et se leva, tout comme Théo. Ils prirent congé de leurs amis et sortirent de la salle commune. Ils se dirigèrent vers les escaliers et montèrent jusqu'au sixième étage. Ils se rendirent à la salle de métamorphose et virent avec déception que celle-ci était fermée.
- Tant pis, je vais réviser mes cours. Ce sera tout aussi productif. Tu rentres avec moi ?
Théo hésita.
- Non, je préfère me promener, finit-il par dire. Il paraît y avoir moins de monde que tout à l'heure. Les couloirs étaient bondés. Là, c'est mieux.
- D'accord, mais n'oublie pas d'aller manger. Ton regain d'énergie pourrait te pousser à te balader jusqu'au couvre-feu…
- Non, ne t'inquiète pas, je suis quand-même raisonnable, assura Théo.
- C'est vrai. Bon eh bien, à tout à l'heure, si on se voit au dîner.
Pansy s'en alla, laissant Théo seul devant la salle de métamorphose. Il se remit bien vite en marche et prit de nouveau le chemin des escaliers. Il comptait monter au septième étage, puis redescendre et faire tout le tour du château en traversant les couloirs entre chaque étage. Il avait une heure et demie devant lui avant le dîner, c'était largement suffisant. Mais ses plans allaient bientôt être contrariés. En arrivant aux escaliers, il découvrit un rongeur aux pieds de ceux-ci. Il repensa aussitôt à ce que lui avaient dit Draco et Pansy cinq jours plus tôt. Il s'avança lentement, en essayant de ne pas faire de bruit, et une fois près de l'animal, il s'accroupit et l'examina attentivement. Ce n'était ni un rat, ni une souris, ni un hamster, mais une gerbille. C'était, à ses yeux, et à égalité avec le hamster et le cochon d'Inde, le plus craquant de tous les rongeurs. Et celui-ci était particulièrement mignon. Mais il avait une attitude qui intriguait Théo. Il sentait que la gerbille savait qu'il était là, qu'il la scrutait, mais qu'elle faisait comme si elle ne s'apercevait de rien. Comme si elle se jouait de lui. Ce n'était pas un comportement très normal pour un rongeur. Ni pour aucun autre animal. Une pensée fugace traversa l'esprit de Théo mais il l'ignora. Il observa encore plus en détail le rongeur et ce fut là qu'il l'aperçut. La tâche. Mais pas n'importe quelle tâche. Une tâche qu'il connaissait bien, qu'il n'avait vue qu'une seule fois mais dont il se souvenait parfaitement. Et cette tâche n'appartenait à nul autre qu'à…
- Daphné, murmura-t-il.
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(dim 11/07/1993)
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Ce soir de juillet, Théo, Blaise et Draco se trouvaient chez les Greengrass qui avaient invité plusieurs familles de leur rang. Théo détestait les soirées mondaines de ce genre entre aristocrates Sang-Pur mais elles avaient le mérite d'avoir au moins deux avantages : cela lui permettait de voir ses amis pendant les vacances, et il échappait ainsi aux tortures de son père – à part le Doloris – durant les trois jours qui précédaient ces soirées auxquelles ils étaient conviés. Elles étaient assez rares, aussi Théo en profitait-il au maximum, surtout lorsque cela se passait chez lui ou chez l'un de ses amis et que les adultes les envoyaient autre part afin de discuter de choses qu'ils ne devaient pas forcément entendre. C'était ce qu'avait fait Mrs Greengrass quelques minutes plus tôt, au plus grand plaisir des adolescents. Daphné avait emmené Théo, Blaise et Draco dans sa chambre tandis qu'Astoria avait entraîné les enfants de son âge dans la sienne.
- C'est dingue, ça, à chaque fois qu'on vient, il y a toujours quinze livres de plus sur l'histoire des baguettes, commenta Draco.
- Tu exagères, protesta Daphné. J'en ai reçu deux à Noël, trois à mon anniversaire et j'en ai acheté deux cette semaine sur le Chemin de Traverse.
- Je ne comprendrai jamais ton intérêt pour les baguettes. Ok, c'est cool, c'est ce qui fait de nous des sorciers, mais de là à faire la collection de tous les bouquins qui peuvent exister à ce sujet…
- C'est une passion comme une autre, se défendit Daphné.
- Oui mais quand on était petits, tu étais comme moi, tu n'avais d'yeux que pour le Quidditch. Là, tu trahis les balais et leur magnifique sport pour de vulgaires bouts de bois… Je suis sûr que tu ne saurais même plus citer d'un coup, et sans réfléchir, toutes les équipes britanniques et irlandaises de la Ligue.
Daphné ouvrit grand les yeux, l'air choquée, voire offensée.
- Tu m'insultes, là, Draco. Je me sens obligée de te prouver que tu as tort. On va faire un jeu. On va se poser des questions sur le Quidditch et dès que quelqu'un répondra faux, il aura un gage. Blaise, Théo, vous jouez avec nous ? Si on n'est que deux, ce ne sera pas drôle.
Théo échangea un regard avec Blaise. Ils étaient également tous deux fans de Quidditch, même si Théo ne l'admettait pas encore, et ils s'y connaissaient sûrement autant que Draco et Daphné. Mais cette guéguerre ne concernait que leurs amis. Ils n'avaient rien à voir là-dedans. Devaient-ils s'en mêler ? S'il n'y avait pas eu d'histoire de gages, Théo aurait facilement accepté. Il aimait bien les défis, mais ses amis avaient tendance à pousser le bouchon un peu trop loin. C'était surtout le cas de Draco, Blaise et Pansy. Cette dernière n'était pas là, et bien que Théo aurait préféré qu'elle soit présente, il songeait que c'était mieux ainsi. Les parents de Pansy avaient beau être des Sang-Pur et faire partie des familles les plus fortunées de Grande-Bretagne, ils désapprouvaient l'idéologie que partageaient bon nombre de personnes de leur sang et de leur rang. De plus, si les Parkinson avaient été conviés, cela aurait créé des tensions entre leur fille et celle des Greengrass. Car il était de notoriété publique que Pansy détestait Daphné, qu'elle accusait de n'en vouloir qu'aux intérêts de son futur mariage avec Draco. Théo savait que c'était faux, tout comme Draco et Blaise, mais il n'y avait pas moyen de raisonner Pansy. Si celle-ci avait été là, elle aurait participé volontiers au jeu et en aurait profité pour piéger Daphné et lui donner les gages les plus pénibles.
- On sera sympa avec les gages, ajouta Draco.
Cela aida Blaise et Théo à se décider.
- On joue, déclara Blaise.
- Super ! s'exclama Draco. Alors, on va commencer gentiment… Daphné, quelle est l'équipe qui a remporté le plus de fois la Coupe de la Ligue ?
- Les pies de Montrose.
- Ouais, c'était facile… À toi de poser une question à Blaise.
- Comment appelle-t-on la faute qui consiste à toucher ou saisir le vif d'or sans être attrapeur ?
- Le pincevif.
- Exact, déclara Daphné.
Blaise s'adressa à Théo :
- Ça va être dur de te poser une colle. Tu es persuadé du contraire mais tu aimes le Quidditch. Tu as lu des tonnes de livres et il n'y a jamais eu une seule question qui t'a fait défaut.
- C'est juste de la culture générale…
- Non, c'est plus que ça. Et du coup, c'est embêtant car si je choisis une question hyper compliquée, il y a de fortes chances pour que je ne sache pas la réponse et je ne saurai donc pas si tu as faux ou non…
- Tu n'as qu'à prendre un livre et tu y trouveras bien une question, proposa Daphné. Par contre, ne le feuillettes pas trop, histoire que tu ne tombes pas sur quelque chose qu'on pourrait te demander.
Blaise suivit le conseil de Daphné et prit un livre. Il consulta le sommaire, se rendit à une page, en tourna plusieurs et fut bientôt satisfait. Il leva de nouveau les yeux vers Théo :
- Cite-moi trois équipes d'Afrique et leur pays d'origine.
Théo écarquilla les yeux.
- Et on était censés commencer «gentiment» ?!
- Quoi, c'est trop dur pour toi ? se moqua Blaise.
Théo le fixa avec une expression indéchiffrable. Blaise avait voulu le piéger ? Eh bien soit, il allait en faire autant.
- J'avoue que c'est une question très difficile, se contenta-t-il de dire. Ça aurait été plus facile si ça avait été l'Asie, puisqu'il n'y a qu'une seule équipe.
- Ouh là, tu sembles bien renseigné…
- Alors qu'en Afrique, il y a quatre équipes.
- Ok, c'est bon, il a la réponse, grogna Blaise.
- Mais les noms ne sont pas évidents à retenir, continua Théo, sans prêter attention à ce que disait son ami. Et quant à se souvenir qui appartient à quel pays…
- Ah, donc tu sèches ! se réjouit Blaise, ragaillardi.
Théo fit une moue déçue.
- Si seulement tu m'avais demandé pour l'Amérique du Nord…
- Ça aurait été trop simple, voyons, répliqua Blaise, fier de lui. Tu donnes ta langue au Fléreur ou tu veux quand-même essayer ?
- Je ne vais pas inventer des noms…
Blaise triompha :
- Et voilà, j'ai réussi à te…
- Ça m'ennuie mais je suis obligé de te dire que les Rayons-de-soleil du Sumbawanga viennent de Tanzanie, les Enchanteurs de Tchamba du Togo et les Fiers-du-manche de Patonga d'Ouganda.
Draco, Blaise et Daphné dévisagèrent Théo avec un air ahuri. Blaise se remit le premier du choc et vérifia dans le livre si les affirmations de Théo étaient justes. Sans grande surprise, c'était le cas et Blaise afficha une mine franchement dégoûtée.
- Pourquoi tu as fait celui qui n'en savait rien ? bouda-t-il.
- Parce que tu paraissais trop content à l'idée de m'avoir dupé. J'ai voulu te faire redescendre un peu.
- C'est très mesquin, ça. Bon, vas-y, pose une question à Draco.
Théo réfléchit quelques secondes avant de se tourner vers Draco :
- Cite-moi cinq compétitions officielles.
- Oh, fastoche… Il y a la Coupe du Monde, il y a la Coupe d'Europe, il y a la Coupe de la Ligue, il y a la Coupe d'Afrique et… euh… mince, j'en avais six, sur le coup… Ah, c'est bon, il y a aussi la Coupe de la Ligue des États-Unis !
- Je l'avais oubliée, celle-là, commenta Blaise. Il n'y en a pas d'autres, je crois ?
- Si, il y a le Championnat de l'Europe de l'Est, répondit aussitôt Daphné.
Blaise jeta un regard désolé à Draco.
- Tu vas avoir du mal à la faire plier…
- T'inquiète, j'ai de la ressource, affirma Draco d'un ton guerrier. Elle va moins faire la maline, je peux te l'assurer. C'est d'ailleurs à moi de la défier.
Draco fixa Daphné avec un air qui laissait clairement voir son hésitation. Une bonne minute passa au bout de laquelle Daphné décida à sa place :
- Allez, vas-y, pose-la-moi, ta question que tu veux me poser depuis tout à l'heure…
- Figure-toi que je n'en ai plus trop envie, tu vois, répliqua Draco. Si tu me pousses à le faire, c'est que tu es sûre d'avoir le nom de toutes les équipes de la Ligue…
- C'est possible, oui. Mais qui sait, peut-être que je bluffe… Mais dis-moi, mon cher Draco, aurais-tu peur de devoir avouer que tu t'étais trompé et te rendre compte que je suis encore au point sur le Quidditch, même si je m'intéresse également aux baguettes ?
- Ce n'est pas non plus la question la plus dure, je peux très bien te piéger sur autre chose, rétorqua Draco. Alors allons-y pour le nom de toutes les équipes britanniques et irlandaises de la Ligue. Il y en a treize, je te rappelle. Et tu dois les citer toutes d'un coup. C'était ça, le défi, à la base.
Daphné acquiesça sans paraître le moins du monde stressée par la contrainte imposée par Draco. Mais Théo, qui avait toujours été observateur, vit tout de même un peu d'angoisse dans les yeux de son amie. Elle sembla se préparer mentalement avant de commencer à donner les premiers noms qui lui venaient à l'esprit, tels que les Canons de Chudley, le Club de Flaquemare, les Frelons de Wimbourne, les Flèches d'Appleby, les Harpies de Holyhead, les Pies de Montrose, les Tornades de Tutshill et les Faucons de Falmouth. Lorsque Daphné prononça ce nom-là, Draco se mit à l'imiter, ce qui la perturba et l'interrompit dans son énumération :
- Draco, c'est de la triche, ce que tu fais ! Tu m'empêches de me concentrer !
- Si tu connaissais vraiment tous les noms par coeur, tu pourrais tous les citer sans être gênée par mes pitreries.
- Ça n'a rien à voir, riposta Daphné. Tu ne dois pas savoir ce que c'est de se faire distraire par tout et n'importe quoi pour dire ça. Mais j'ai les autres noms et je vais te les dire tout de suite. Il y a les Chauves-Souris de Fichucastel, les Vagabonds de Wigtown, l'Orgueil de Portree, les Catapultes de Caerphilly et les Crécerelles de Kenmare. Alors, t'en dis quoi ?
Draco fit une moue perplexe.
- Tu as quand-même bloqué quand j'ai fait le pitre. Et on avait bien dit «tout citer d'un coup».
- Mais tu m'as déstabilisée ! s'écria Daphné. Dans le défi, à aucun moment ce n'était précisé que je devais rester impassible quoi que tu fasses ! Mais je vais te faire plaisir, je vais accepter un gage. Car tu n'auras pas d'autres occasions de m'en donner et je suis quelqu'un de joueur.
- Non mais la modestie, je rêve, ironisa Draco en levant les yeux au ciel. Bon, qu'est-ce que je vais te demander de faire… Oh, je sais ! Il y a quelques mois, Blaise, Théo et moi parlions avec ta sœur et tu la connais, elle est incapable de garder un secret… J'ai voulu la piéger et je lui ai balancé un truc du genre «Je suis sûr que tu ne sais même pas si Daphné a des grains de beauté à des endroits généralement cachés par les vêtements, comme dans le bas du dos ou à l'intérieur des cuisses». Et là…
- Non, elle n'a pas fait ça ?! s'horrifia Daphné.
- … elle nous a dit que tu avais une tâche de naissance en forme de losange tout en bas à droite du dos, poursuivit Draco, l'air fier de lui. Je ne m'attendais pas à autant de détails et je dois t'avouer que ça m'a beaucoup interpellé. On a rarement un losange en guise de tâche de naissance, si bien que je soupçonne Astoria d'avoir menti… Donc, déjà, est-ce que c'est vrai ? Et si oui, pourrais-tu nous montrer cette tâche, afin qu'on en ait la preuve ?
- C'est assez limite, comme requête. Enfin, pas tant que ça, en y réfléchissant… Si je me mettais en maillot de bain deux pièces, vous la verriez, donc ça ne me gêne pas vraiment d'exhiber cette tâche que moi-même, je n'ai jamais vue… Vous me direz si c'est réellement un losange, du coup. Car ça peut-être quelque chose qui ressemble vaguement à un losange mais qui n'en est pas totalement un, en réalité…
Par chance, Daphné portait une robe dont la fermeture se trouvait à l'arrière et qui s'arrêtait juste en-dessous de l'endroit où se situait la fameuse tâche.
- C'est bien un losange, confirma Draco. Avec des bouts un peu arrondis et des contours nets, sinon ce serait inquiétant. Ta sœur n'est pas aussi mesquine que je ne le pensais.
- Mais elle aurait pu s'abstenir de vous dire ça… Quelle commère, je vous jure… Bon, à mon tour de poser une question à Blaise.
Le jeu continua ainsi pendant une heure qui fut bien plus calme et bien plus fair-play que les trente premières minutes. Durant toute cette soirée, ils oublièrent tout ce qui les tracassait au quotidien et profitèrent de ce long moment de détente entre amis.
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Ce soir-là, Théo avait appris deux choses : que Draco n'avait aucun scrupule à tricher quand un pari était en jeu, et que Daphné avait un losange en bas du dos. Il n'avait jamais pensé que cette information lui serait utile un jour, et pourtant, à cet instant précis, il remerciait Draco d'avoir lancé ce gage à Daphné. Car cela venait de lui permettre de découvrir un secret qui devait être très dur à cacher pour Daphné. Il ignorait ce qu'il devait faire, à présent. Il n'allait pas la dénoncer, ça, c'était hors de question, mais il hésitait simplement sur la conduite à adopter face à Daphné. Il n'était pas fan à l'idée de la mettre devant le fait accompli en lui disant qu'il savait qu'elle était un Animagus. Elle allait être terriblement gênée. Elle n'était sûrement pas prête à affronter ce genre de situation. Mais en même temps, il serait malhonnête en faisant comme si de rien n'était en sa compagnie alors qu'il avait deviné quelque chose de très important à son sujet… Et l'une des nombreuses qualités de Théo, c'était qu'il n'était pas malhonnête. Et ce fut bien cela qui le poussa à se décider. De plus, il était persuadé que Daphné l'avait entendu murmurer son nom. Il aurait été difficile, plus tard et face à elle, de faire semblant de ne pas avoir compris sa «double» identité…
- Daphné ? répéta-t-il plus fort. Tu ne crains rien, il n'y a que moi. Et je ne dirai rien, je t'en donne ma parole.
Il y eut quelques secondes de flottement avant que le rongeur ne bouge. Il pivota et en l'espace d'un clignement de yeux, Daphné apparut devant Théo.
- Ne le dis à personne, Théo, je t'en supplie…
- Je te l'ai promis, rappela doucement Théo.
Il sortit sa baguette et les entoura, Daphné et lui, d'une bulle de silence.
- Voilà, nous serons mieux pour discuter.
Théo fixa Daphné.
- Comment es-tu devenue un Animagus ? Qu'est-ce qui t'a fait prendre la décision de te lancer dans cet apprentissage ?
Daphné soupira.
- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour supporter mon quotidien et pour me protéger quand ça ne va pas du tout. Sans ça, je… je crois que je serais tombée dans la dépression ou dans la folie.
Théo sentit son coeur se serrer à l'entente de ces mots. Il ne connaissait que trop bien cette volonté d'échapper à la réalité. Lui aussi avait voulu le faire, quelques années plus tôt, en se réfugiant sous une forme Animagus. Il aurait été plus que prêt à subir toute la préparation pour arriver à ce résultat. Mais il n'avait pas pu. Car cela requerrait un état physique relativement bon et c'était loin d'être le cas de celui de Théo. Il n'aurait pas résisté aux premiers essais. Ses os et ses muscles trop fragiles se seraient déchirés et il était de toute façon trop maigre et trop faible pour tenter quoi que ce soit. Il avait donc dû se contenter du sortilège du Patronus. Bien que ce ne fût pas aussi efficace que de se transformer en Animagus, cela avait toujours été largement suffisant pour Théo.
- C'était si dur que ça pour que tu te sois embarquée dans quelque chose d'illégal ?
- Tu ne peux pas imaginer à quel point… Enfin si, tu peux. C'est juste que si je ne t'en parle pas, eh bien tu ne peux pas deviner.
- Tu n'es pas obligée de le faire, je me doute bien que ce n'est pas facile…
- Tu es sûrement celui qui peut le mieux me comprendre. Je ne me fais pas maltraiter physiquement comme tu l'as été, mais la pression que mon père me met et la façon qu'il a de régir ma vie sur tous les fronts, ça a le don de m'épuiser et de me rendre folle. Je savais depuis toute petite que mon père avait des projets de contrats et d'alliances avec les Malfoy et que cela passerait, entre autres, par un mariage entre Draco et moi. Sauf qu'à force de lui demander s'il n'y avait pas d'autres alternatives, je pensais naïvement qu'il finirait par voir que je ne voulais pas épouser Draco et que je serais plus malheureuse qu'autre chose dans ce mariage… Mais cette prise de conscience n'a jamais eu lieu et c'est moi qui ai fini par réaliser que mon bonheur était le dernier de ses soucis et qu'il s'en moquait comme de sa première chemise. J'allais donc être forcée de me marier avec celui que je connaissais depuis notre plus tendre enfance, que je considérais comme mon frère et que je ne pouvais donc pas concevoir comme étant mon futur mari… Lorsque mon père m'a annoncé par lettre, le jour de mes douze ans, que le contrat était signé avec les Malfoy et que j'étais dorénavant fiancée à Draco, j'ai su que rien ne ferait changer d'avis mon père et je me suis mise à sérieusement déprimer. Je n'étais pas du tout prête à me voir mariée avec Draco et, surtout, à avoir des enfants avec lui. C'était juste inconcevable pour moi. Mais il n'y a pas que ça. Tout ça, c'est déjà de la souffrance psychologique, mais ça ne s'arrête pas là, bien au contraire. Mon père, c'est un homme très porté sur le patriarcat, en plus d'être un macho. Il ne me laisse aucune liberté. Il faut toujours que je sois parfaite, que je me conduise de la meilleure façon qui soit, que je sois digne du statut de Sang-Pur, que je m'apprête à être la bonne petite femme de mon futur mari… Il me conditionne pour tout ça, et dès que je fais un pas de travers, les reproches fusent, il me dispute, il me rabaisse, il me menace… Mais jamais il ne me frappe. Parfois, je préférerais. Ça me ferait moins mal que d'entendre tout ça. Et ce n'est pas tout. On a un elfe, comme bon nombre de familles Sang-Pur, mais il ne peut pas être partout. Alors lorsqu'il est occupé et qu'il faut faire quelque chose, c'est à moi de m'y coller. Mais même quand il est disponible, il arrive à mon père de m'ordonner de faire la cuisine, la vaisselle ou le ménage. Car je suis une fille, une future femme, et que je dois par conséquent me rendre utile. Heureusement que je suis dans une famille de Sang-Pur et que je peux utiliser ma baguette, sinon je devrais tout faire à la moldue et bien que je n'aie rien contre le monde moldu, je trouverais ça davantage humiliant… Ça n'a donc jamais été la joie, chez moi. Mais j'ai déchanté une nouvelle fois quand j'ai su que je n'étais pas attirée par les garçons, mais par les filles. Déjà que je n'avais aucune envie de me marier avec Draco, mais si en plus je n'aimais pas les hommes, ça allait être encore plus compliqué… J'ai commencé par nier et rejeter mon homosexualité mais ça n'a pas duré très longtemps car j'en ai vite parlé avec Draco et il m'a aidée à accepter cette partie de moi qui m'effrayait un peu. Mais assumer mon attirance pour les filles n'a pas arrangé mon moral pour autant, loin de là. J'étais complètement anéantie. Je devais me marier contre mon gré avec un garçon que je ne pouvais pas désirer et envers qui je ne pouvais pas éprouver de sentiments amoureux à cause de notre relation fraternelle, et à ça venait s'ajouter le fait que je n'aimerais jamais les garçons… Le mariage qui se profilait allait être un véritable calvaire, je ne voyais pas comment j'allais être capable de supporter cette situation… Deux ans ont passé, la fin de la quatrième année approchait et j'ai réussi pour la première fois à me transformer en Animagus. J'avais choisi la gerbille car c'était un rongeur très doux, très sociable, un peu à mon image, et grâce à sa petite taille, c'était un animal qui passait facilement inaperçu quand il y avait de bonnes cachettes. Et comme il y a plein de gens qui ont peur des rongeurs, j'étais sûre qu'on me laisserait tranquille si on me croisait. Je suis très sociable, comme je viens de le dire, mais lorsque je suis sous ma forme Animagus, cela signifie que j'ai besoin d'être seule et que je ne veux donc pas être dérangée. Jusque-là, personne ne m'a prise dans les mains pour me faire des caresses ou des papouilles. Quelques semaines plus tard, la Troisième Tâche du Tournoi des Trois Sorciers a eu lieu et Tu-Sais-Qui a enfin été défait. Le père de Draco est parti en cavale et au grand damne de mon père, ça a signé l'annulation du contrat et de mon mariage prévu avec Draco. J'ai été un temps soulagée, mais mon père m'a rapidement trouvé un autre fiancé. Si j'avais su que j'allais finalement devoir épouser ce garçon, je ne me serais pas autant plainte lorsque j'étais promise à Draco… Car à cette époque, c'était le bonheur comparé à ce que je subis depuis que j'ai fait la connaissance de cet individu… C'est exactement mon père, mais en version plus jeune. Il vient me harceler dès qu'il me voit, il cherche à tout prix à obtenir mes faveurs alors que nous sommes censés attendre le mariage, il me traite comme une moins que rien, il est limite violent quand je suis trop distante ou que mon comportement lui déplaît… Je n'ai tellement pas envie de le voir que je fais tout pour l'éviter. Alors depuis le début de la cinquième année, je me métamorphose en gerbille dès que je le peux. Je le fais également dans mon dortoir quand ça devient trop dur et que je suis sur le point de craquer. Quand je suis sous ma forme Animagus, je ressens moins les choses. J'ai toujours mon esprit humain, mais j'ai aussi mon esprit animal. C'est comme ce que nous disait le professeur Black. À Azkaban, quand il était sous sa forme de chien, il était moins impacté par le pouvoir des Détraqueurs. C'est pour ça qu'il n'est pas devenu fou comme il aurait dû l'être après douze ans enfermé là-bas. C'est la même chose pour moi. Si je tiens bon malgré tout ce que j'endure avec mon fiancé, c'est grâce au fait que je puisse me transformer en un animal. Voilà, tu sais tout, maintenant.
Daphné se tut, laissant le loisir à Théo de réagir. Mais il demeura silencieux un moment, abasourdi et choqué par tout ce qu'il venait d'apprendre. Il savait que Daphné n'était pas heureuse et que son père y était pour beaucoup, mais jamais il n'aurait pensé que c'était à ce point… La haine s'empara de lui à l'idée de tout ce que vivait Daphné, aussi bien avec son père qu'avec son fiancé. C'était tout bonnement injuste. Elle ne méritait clairement pas ça. Tout comme lui n'avait pas mérité toutes les violences de son père. Il avait longtemps cru le contraire, et ce n'était qu'au cours de ses séances de thérapie qu'il avait enfin compris qu'il n'aurait jamais dû subir tout ça, mais il lui arrivait encore de temps en temps de se dire que tout cela était de sa faute et de trouver des excuses à celui qui l'avait élevé. Il finissait toujours par se raisonner, mais pas totalement. Une partie de lui restait convaincue qu'il avait mérité tous ces châtiments. Il espérait que Daphné n'était pas dans cet état d'esprit-là. Si c'était le cas, il craignait que le professeur Snape ait un jour ou l'autre une nouvelle patiente du nom de Daphné Greengrass… Sauf si, d'ici là, une autre psychomage était là pour le délester un peu de son travail… Mais ce n'était pas le moment de songer à cela. Il leva les yeux qu'il avait baissés sans s'en apercevoir et offrit un petit sourire à Daphné.
- Merci de t'être ainsi confiée à moi. Je comprends mieux pourquoi tu as eu besoin de recourir à ce moyen, tu n'avais que ça pour protéger un tant soit peu ta santé mentale… Mais c'est horrible que tu doives supporter tout ça sans rien dire à personne… Car j'imagine bien que tu ne voudras jamais en parler au professeur Snape…
- Il ne pourrait pas faire grand-chose, de toute façon, grimaça Daphné.
Théo dut admettre la véracité de ces dires. Il n'y avait aucune preuve de maltraitance, et ce serait la parole de Daphné contre celle de son père en ce qui concernait la violence morale que le patriarche exerçait à l'encontre de sa fille. Et puis, grâce à sa haute position dans la société, il n'aurait aucun mal à faire en sorte de ne pas être inquiété en dépit de tout ce qui lui serait reproché… Théo n'était plus partisan du fait de ne pas se battre quand tout semblait perdu d'avance mais là, cela ne servirait vraiment à rien d'entreprendre quoi que ce soit.
- Mais ça ne pourra pas continuer éternellement comme ça, il est hors de question que tu te maries avec ce garçon…
- Ne t'inquiète pas pour ça, ce n'est pas du tout dans mes projets. Ce mariage n'aura jamais lieu, tu peux me croire. Je m'exilerai s'il le faut, c'est d'ailleurs ce qui est prévu car c'est sûrement ce que je vais devoir faire, mais en aucun cas je n'épouserai ce type. Je préfère encore me marier avec un de mes amis, même si ça me dégoûterait. Au moins, je serais sûre d'être respectée. Mais Ashby peut toujours rêver pour que je m'unisse à lui. Je m'en fiche d'être reniée, je m'en fiche de ne plus revoir mes parents, je serai libre de faire ma vie avec qui je veux et pour moi, c'est tout ce qui compte. Je ne dirai qu'à quelques personnes où je serai et je sais que lorsqu'elle sera majeure, Astoria trouvera le moyen de venir me voir, je ne me fais aucun souci là-dessus. Et je sais aussi qu'elle fera comme moi et qu'elle ne laissera pas notre père décider qui sera son futur mari. Donc ne t'en fais pas, c'est difficile pour le moment, mais tout est sous contrôle pour plus tard. J'ai juste à prendre mon mal en patience et attendre de quitter Poudlard pour être libre, même si je dois fuir pour ça.
Théo hocha la tête, à la fois soulagé et impressionné par les mots de Daphné. Celle-ci prit soudain un air curieux :
- Mais dis-moi, comment as-tu su que c'était moi qui me cachais derrière cette gerbille ?
- La tâche, sur la croupe, répondit simplement Théo.
- Ah oui, j'avais oublié que tu l'avais vue, une fois… Et ce n'est pas courant, comme marque.
- Ça, c'est sûr. Il n'y a que Draco, Blaise et moi qui pouvions deviner la vérité.
- Draco m'a vue, il y a quelques jours, mais pas d'assez près pour me reconnaître. Il y a aussi Pansy qui m'a aperçue, mais ça, c'est beaucoup plus vieux.
- En parlant de Pansy… Ce serait bien que tu lui dises la vérité, au moins à elle. On discutait de toi, tout à l'heure, et elle se posait beaucoup de questions. Elle a bien remarqué à plusieurs reprises que tu surgissais de nulle part dans le dortoir alors que tu semblais ne pas être là. Enfin là, pour le coup, c'était l'inverse. Il y a une heure, elle voulait te demander si tu avais ton manuel de métamorphose et elle a été surprise de constater que tu n'étais pas dans le dortoir alors qu'elle était persuadée que tu y étais, étant donné qu'elle t'avait vue y monter mais pas en redescendre. Elle ne dira rien, elle a beau être une commère, la différence avec ta sœur, c'est que Pansy sait garder un secret. Elle savait presque avant moi que j'étais gay et elle n'en a jamais touché un mot à personne, pas même à Blaise ou à Draco. Tu peux avoir confiance en elle.
Daphné parut hésiter.
- J'aimerais bien, mais… elle va m'en vouloir de ne rien lui avoir dit alors que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de le faire…
- Non, elle comprendra pourquoi tu lui as caché ça. Mais c'est fou car j'aurais pu te démasquer bien plus tôt. Pansy m'avait fait part de sa rencontre inattendue avec ta forme Animagus et elle souhaitait savoir de quel animal il s'agissait exactement. Je lui avais dit que je passerais par le sixième étage après mon rendez-vous avec le professeur Snape pour vérifier si l'animal était toujours là et voir si c'était un hamster, une gerbille, un octodon, une gerboise ou un autre rongeur. En quittant le bureau du professeur Snape, je me souvenais encore de ma «mission». Ayant envie de me promener un peu, j'ai traversé les couloirs entre chaque étage. À cette époque, j'étais en froid avec Justin avec qui je sortais en cachette à l'insu de quasiment tout le monde. Lors de notre entrevue, le professeur Snape m'avait entre autres convaincu de mettre un terme à ma relation avec Justin, car elle me faisait plus de mal que de bien. Mais lors de ma balade, j'ai sauvé Justin d'une probable agression, j'ai quand-même voulu rompre avec lui mais il m'a fait une déclaration à sa manière, on s'est réconciliés, on a décidé de poursuivre notre histoire et j'étais tellement heureux que j'en ai oublié que je devais aller au sixième étage. Pourtant, je savais que j'avais un truc à faire, mais je n'ai pas réussi à me rappeler ce truc en question. Maintenant, je me demande si ce n'était pas fait exprès.
- Comment ça ? s'étonna Daphné.
- Ce n'est pas très rationnel, car ça aurait quelque chose à voir avec l'inconscient, ou avec le destin, ou un truc dans le genre. Pour faire simple, c'était trop tôt pour que je découvre ton secret. Déjà, ni toi, ni moi n'aurions su comment réagir. Ensuite, je n'aurais pas pu te proposer d'en parler à Pansy car vous n'étiez pas en de très bons termes à cette époque. J'aurais alors été obligé de cacher ce que j'avais appris à Pansy et je n'aime pas ça. Là, c'est complètement différent. Tu es amie avec Pansy depuis un moment et à présent qu'il y a quelqu'un dans la confidence par rapport à ton secret, ça va être plus facile pour toi de dire la vérité à Pansy. Surtout que ça urge, vu qu'elle s'interroge de plus en plus à ton sujet… Il valait donc mieux que ce soit aujourd'hui que je devine ta double identité, et pas au début de l'année quand Pansy t'a vue avec Ron…
- C'est vrai. Tu as raison, c'est une explication assez mystique mais moi, je suis prête à y croire. Du coup, j'essaierai de trouver le bon moment pour tout avouer à Pansy. Merci pour tout, Théo. Ça m'a fait du bien de me confier ainsi et de te dire tout ça. Bon, on ferait mieux d'y aller, il est déjà l'heure de manger.
Théo acquiesça et emboîta le pas à Daphné. Ils descendirent ensemble à la Grande Salle. Face à ses amis, Théo fit de son mieux pour dissimuler son trouble. Heureusement, il était maître dans l'art de cacher ses émotions lorsque la situation le nécessitait.
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Après avoir dîné, Théo attendit sa moitié à la sortie de la Grande Salle. Justin ne tarda pas à pointer le bout de son nez. Il embrassa Théo et demanda :
- Je n'ai pas été trop long ?
- Non, pas du tout, affirma Théo en souriant. On va à la salle sur demande ?
- J'allais te le proposer, confia Justin.
Ils se prirent la main et se dirigèrent vers les escaliers. Ils les montèrent jusqu'au septième étage et se rendirent au couloir où se trouvait la tapisserie de Barnabas le Follet. Théo passa trois fois devant et fit ainsi apparaître la salle sur demande. Justin et lui entrèrent et s'installèrent sur les couvertures jaunes et argent.
- Elles ne sont pas vertes et jaunes, normalement ? s'intrigua Justin.
- Si, mais mon inconscient avait visiblement envie de changer, plaisanta Théo.
Justin secoua la tête, amusé, et vint ravir les lèvres de Théo. Celui-ci répondit au baiser et laissa son chéri se rapprocher de lui. Ils échangèrent un long et doux baiser et se caressèrent tendrement le dos et les cheveux. Ce fut Justin qui finit par séparer leurs lèvres, un air inquiet sur le visage.
- Je te sens tout crispé, est-ce qu'il y a un problème ?
- Non, c'est juste que j'ai appris des choses sur quelqu'un et ça me hante l'esprit.
- Oh, je vois… Voudrais-tu que je te masse, afin de te détendre ?
Théo fut très séduit par cette idée.
- Avec grand plaisir, accepta-t-il.
- Alors enlève ta robe de sorcier et ta chemise et allonge-toi.
Théo obéit, se mit torse nu et s'allongea sur le ventre. Deux mains se posèrent vite sur ses épaules et commencèrent à les masser. Théo se décontracta en quelques minutes sous les doigts experts de son petit-ami et apprécia grandement ce qu'il faisait. Justin continua et entreprit de s'occuper du haut du dos de Théo qui avait lui aussi grandement besoin d'être délassé. Théo ferma les yeux de bien-être et laissa Justin descendre progressivement jusqu'en bas de son dos. Les doigts de Justin dérivèrent ensuite vers ses hanches et exercèrent une légère pression qui fit sursauter Théo sous la sensation de chatouillis. Il entendit Justin rire et grogna :
- Tu en as fait exprès !
- Mais non, voyons, mes doigts ont simplement ripé…
- Ouais, c'est ça…
Théo fit mine de bouder, ce que comprit Justin qui tenta de le dérider en reprenant le massage. Mais Théo refusa de céder aussi facilement. Il avait sa dignité, nom d'un hippogriffe ! Il devait tenir bon. Il fit donc de son mieux pour demeurer impassible mais sa volonté fut mise à rude épreuve lorsque les lèvres de Justin vinrent se poser dans son cou qu'elles couvrirent de baisers. Le massage, quant à lui, perdit de son professionnalisme et devint beaucoup plus sensuel. Théo dut mordre la couverture afin d'empêcher le moindre son de sortir de sa bouche. Mais Justin était visiblement tout aussi têtu que lui car ses mains cherchèrent à se faufiler sous le torse de Théo qui était toujours allongé sur le ventre. Elles y parvinrent et remontèrent afin d'aller titiller les deux boutons de chair. Dans le même temps, Justin embrassa une zone très sensible du cou de Théo qui ne put en supporter davantage et capitula :
- C'est bon, tu as gagné, j'arrête de bouder !
- Tu dis ça pour que j'arrête ou pour pouvoir exprimer librement le bien que je te fais ?
- Si tu arrêtes, je me remets à bouder.
Justin éclata de rire.
- Mais quel enfant capricieux ! Mais le message est reçu.
À peine Justin eut-il prononcé ces mots que Théo eut la preuve de ce qu'il venait de dire : son cou et ses tétons subirent vite de nouveau les assauts des lèvres et des doigts de Justin. Il gémit cette fois sans se retenir et souleva un peu le haut de son corps pour faciliter l'accès à son petit-ami. Celui-ci en profita allègrement et parcourut tout le torse de Théo, s'attardant parfois sur ses hanches, avant de revenir agacer les deux pointes de chair. Ses lèvres n'étaient pas en reste et s'amusaient à suçoter les endroits érogènes du cou de Théo. Toutes ces attentions finirent par faire réagir Théo qui sentait déjà depuis un moment l'excitation monter en lui. En plus de cela, n'étant pas face à Justin, il était dans l'incapacité de le toucher et cela commençait à le frustrer sérieusement. Ce fut pour ces deux raisons qu'il voulut changer de position.
- Justin, il faut que je me retourne…
- Pourquoi ? Est-ce une façon de me dire que tu n'aimes plus ce que je fais ?
- Non, au contraire…
- Oh… Tu es inconfortable, c'est ça ?
- Oui, et j'aimerais te caresser, moi aussi.
- Qui serais-je pour te priver de ce plaisir…
Le poids au-dessus de Théo disparut, lui permettant ainsi de se mettre sur le dos. Il vit Justin retirer sa chemise avant de venir s'allonger sur lui et s'emparer de ses lèvres. Ce simple contact fit presque soupirer Théo de bonheur, tant cela lui avait manqué lorsqu'il était sur le ventre. Il répondit plus que positivement au baiser que lui offrait Justin et n'attendit pas plus longtemps pour faire voyager ses mains partout où il le pouvait, comme le faisait Justin qui n'en avait pas eu assez précédemment. Ils ne se laissaient aucun répit, redécouvrant avec délice chaque parcelle de peau qui était à leur portée. Ils tentaient de se montrer tout l'amour et toute la passion qu'ils avaient l'un pour l'autre, aussi bien dans leurs gestes que dans leur baiser. Ce dernier se fit d'ailleurs de plus en plus intense, tandis que leurs mains fourrageaient avec énergie dans les cheveux ou s'efforçaient de rapprocher leurs corps le plus possible. La chaleur grimpa de plusieurs crans et la tension se fit bientôt trop présente dans leurs sous-vêtements.
- Théo… Il faut qu'on fasse quelque chose…
- Mais je n'attends que ça, signala Théo d'un ton plaintif.
- Je me doute bien, mais en fait… j'aimerais qu'on se soulage autrement par rapport à d'habitude.
Théo fronça les sourcils.
- Comment ça ?
Justin se mordit la lèvre.
- Est-ce que tu accepterais que je te fasse venir avec ma main ? Je ferai de même pour moi, si ça ne te dérange pas. Dans tous les cas, tu n'auras rien à faire.
Théo se retrouva pris au dépourvu. Était-il prêt pour ça ? C'était la question qu'il se posait. Il n'en était pas sûr. Il devait cependant avouer qu'il avait un peu peur de se lasser à force de toujours faire la même chose, et qu'il avait envie de découvrir de nouvelles choses avec Justin. Et puis, comme il ignorait s'il était prêt, il n'y avait qu'un seul moyen pour être fixé : essayer. Il n'avait aucune crainte à avoir : si ça n'allait pas, Justin n'insisterait pas et ils utiliseraient la bonne vieille méthode pour se soulager. Et franchir ce pas avec Justin allait peut-être l'aider à se toucher lui-même lorsqu'il aurait une érection matinale… Au moins, il n'aurait plus à se doucher à l'eau froide avant d'aller prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle… Il n'y avait que des arguments qui l'incitaient à se lancer dans cette nouvelle étape. Il ne réfléchit pas davantage et donna son assentiment à Justin :
- Je suis d'accord, mais il se peut que je change d'avis à tout moment, je préfère te prévenir…
- Ce n'est pas un problème, assura Justin. Tu peux me dire stop quand tu veux, n'hésite surtout pas à me repousser si ça ne va pas.
Théo acquiesça, un peu détendu.
- Je crois que le mieux, ce serait que tu te mettes dos à moi. Comme ça, il n'y a pas de risques que je voie quoi que ce soit et idem pour toi.
- Attends, on ne va quand-même pas tout enlever ?!
- Mais non, dit Justin d'un ton apaisant. C'est juste qu'avec les mouvements, ça peut sortir un peu par le haut et tu serais sûrement gêné de voir ça chez moi et encore plus si c'était moi qui voyais ça chez toi… Enfin j'imagine que ça peut arriver, je n'ai jamais fait ça par le passé, ce sera tout aussi nouveau pour toi que pour moi…
Les mots de Justin troublèrent légèrement Théo. Il avait tendance à oublier que son petit-ami n'avait pas plus d'expérience que lui avec les garçons. Mais comme c'était à chaque fois Justin qui prenait les choses en main, cela donnait l'illusion à Théo qu'il s'y connaissait davantage. Ce qui était faux. Et même si Justin avait lui aussi besoin d'y aller par étape, cela ne devait pas être très évident pour lui d'y aller aussi lentement, lui qui avait subi une progression beaucoup plus rapide dans l'intimité avec son ancienne petite-amie… Théo lui serait éternellement reconnaissant d'être patient à ce point avec lui. Ils étaient donc autant ignares l'un que l'autre, bien que Justin soit beaucoup plus à l'aise, et ils allaient tester quelque chose de nouveau, ensemble.
- Je te fais confiance, affirma simplement Théo.
Justin lui répondit par un sourire et se leva. Théo fit de même et se mit dos au garçon qu'il aimait. Il s'obligea à se détendre et fut grandement aidé par Justin qui passa ses mains le long de son torse. Il remonta, redescendit et répéta l'opération plusieurs fois. Au bout d'un moment, les doigts de Justin se firent plus inquisiteurs et déboutonnèrent le pantalon de Théo afin de se faufiler à l'intérieur. Un léger stress gagna Théo mais il garda facilement le contrôle. Un souffle chaud vint soudain caresser son oreille, le faisant frémir.
- N'oublie pas, si ça ne va pas, tu me le dis et j'arrête, rappela Justin.
Théo hocha la tête.
- Je t'aime, ajouta Justin.
- Je t'aime aussi, murmura Théo.
Les lèvres de Justin déposèrent un baiser derrière l'oreille de Théo qui frissonna de tout son corps. S'il y avait une zone qui était sensible chez lui, c'était bien celle-là. Les doigts de Justin, qui étaient restés immobiles depuis qu'ils étaient entrés dans le pantalon de Théo, se déplacèrent et effleurèrent la bosse qui déformait le caleçon. Théo laissa échapper un petit cri de surprise et de plaisir mêlés. Il ne s'attendait pas à ce qu'un simple toucher l'électrise autant. Si c'était aussi agréable à travers un sous-vêtement, il n'osait même pas songer à ce que ça devait être sans le sous-vêtement… Allait-il tenir ne serait-ce que cinq minutes ? Il n'en avait aucune idée, mais ce dont il était sûr, à cet instant précis, c'était qu'il voulait connaître cette sensation. Il était toujours angoissé, mais beaucoup moins qu'avant, la peur étant annihilée par l'envie, le désir et la curiosité. Les doigts frôlèrent de nouveau le tissu, mais cette fois, ils ne se contentèrent pas de ce bref contact et appuyèrent plus franchement avant de masser lentement le membre tendu. Théo se crispa tout entier sous l'effet du plaisir et sans qu'il ne sache pourquoi, il attrapa le poignet de Justin.
- Ça ne te plaît pas ? s'inquiéta celui-ci.
- Non, au contraire…
- Je peux continuer, alors ?
- Oui…
- Je ne peux rien faire si tu prends mon poignet en otage, s'amusa Justin.
- Désolé, s'excusa Théo, penaud. C'est juste que… je crois que j'ai besoin de plus, en fait.
- Oh… Tu es sûr ?
- Oui.
Justin n'insista pas, ce dont Théo le remercia mentalement. Il aimait la prévenance de son petit-ami, qui était nécessaire pour ne pas le brusquer, mais il ne fallait pas que cela tombe dans l'excès. Et ça, Justin le savait très bien. Le «oui» ferme de Théo suffit donc à Justin qui remonta ses doigts jusqu'à ce qu'ils atteignent l'élastique du caleçon. Ils pénétrèrent à l'intérieur et s'enroulèrent délicatement autour de la hampe de chair dressée. Théo crut qu'il allait défaillir tellement c'était bon. Et ce ne fut rien comparé à ce qu'il ressentit lorsque les doigts glissèrent le long de son érection. Ils entamèrent alors de lents va-et-vient qui firent accélérer la respiration de Théo. Il ne tarda pas à gémir et oublia absolument tout. Il oublia que vingt minutes plus tôt, il se demandait s'il était prêt à ce que Justin le touche de cette manière. Il oublia qu'au début de l'année scolaire, il refusait tout ce qui avait trait au sexe, qu'il était complètement ignare dans ce domaine et qu'il n'avait jamais rien essayé. Il oublia tout, sauf cette main qui lui faisait voir monts et merveilles, qui lui faisait du bien et qui appartenait au garçon qu'il aimait par-dessus tout. Cette main poursuivit ses mouvements et alla de plus en plus vite, arrachant à Théo des soupirs et des gémissements de plaisir. Celui-ci se fit plus fort lorsque le pouce de Justin s'égara sur son gland, chose qui se produisit ensuite à de multiples reprises et qui donna envie à Théo de dire à Justin d'arrêter car cela le précipitait trop vers l'orgasme, mais aussi de continuer car c'était divinement bon. Il ne fit ni l'un ni l'autre, trop transporté par le plaisir pour prononcer le moindre mot, et il ne put que gémir plus bruyamment au fur et à mesure que le rythme s'intensifiait. Il entendit Justin haleter à son tour derrière lui, et il devina qu'il s'occupait également de sa propre érection. Il imagina malgré lui Justin se livrer à cette activité et ses joues le chauffèrent à la fois de honte et d'excitation. Les sons évocateurs du plaisir que prenait Justin l'émoustillèrent davantage qu'il ne l'était déjà et il ne put retenir ses hanches qui se propulsèrent d'elles-mêmes vers l'avant, accompagnant ainsi les mouvements de la main de Justin. Ce dernier comprit le message et augmenta encore la cadence. Théo laissa libre cours aux manifestations de son plaisir et bougea son bassin en rythme avec les va-et-vient de son petit-ami. Il se rapprocha dangereusement de l'orgasme et jouit quelques minutes plus tard dans un long râle de plaisir. Justin le suivit peu après en plantant ses dents dans l'épaule de Théo qui poussa un petit cri. Justin chuchota un «pardon» à son oreille et déposa un baiser dans son cou. Il y plongea son nez, ce qu'apprécia Théo qui, toujours dos à Justin, se blottit contre lui, et il soupira de bien-être quand son chéri resserra leur étreinte en l'entourant de ses bras. Ce fut ainsi qu'ils reprirent tranquillement leur souffle, debout et amoureusement enlacés. Ce ne fut qu'au bout d'une dizaine de minutes que Justin se sépara de Théo afin de lancer un sort de nettoyage sur eux. Comme l'avait prédit Justin, Théo avait reçu un peu de sa semence dans son dos mais il s'en fichait. C'était à un endroit où il ne pouvait rien voir et ça avait été autant involontaire qu'inévitable. Le plus important pour lui, c'était qu'ils avaient franchi une nouvelle étape dans leur couple, qu'ils avaient pris du plaisir ensemble, et qu'ils avaient fait cela avec tout l'amour qu'ils se portaient l'un pour l'autre. Une fois propre, ils s'allongèrent sur les couvertures et Théo se lova de nouveau dans les bras de Justin. Ils restèrent un instant sans rien dire, profitant de la douce torpeur dans laquelle ils étaient tombés, puis Justin finit par briser le silence :
- Je voulais attendre le bon moment pour commencer à te faire des suçons, mais je n'ai en revanche rien pu faire pour empêcher cette morsure…
Théo se mit à rire.
- Ce n'est pas grave, personne ne la verra. Et puis ça ne m'a pas fait mal, ça m'a juste surpris. Mais qu'est-ce que tu entends par «suçon» ?
- C'est la marque qu'on fait quand on aspire la peau de quelqu'un avec sa bouche. C'est souvent fait avant ou pendant les relations sexuelles, ça peut être légèrement douloureux si on y va un peu fort, mais c'est surtout censé apporter du plaisir quand c'est consenti.
- Je vois. Si tu m'en fais, je pourrai t'en faire aussi ?
- Évidemment, dit Justin en souriant.
- Bon alors on fera ça une prochaine fois, mais uniquement là où ça ne peut pas se voir. Je n'ai pas du tout envie de recevoir des remarques de la part de Blaise, de Draco ou des gars de l'équipe…
- Ne t'inquiète pas, je ne suis pas fan non plus à l'idée d'exhiber ça en public. J'aurais l'impression d'inviter les gens à entrer dans notre intimité… Après, je respecte totalement ceux qui le font. C'est leur choix. Mais c'est le nôtre aussi de garder ça secret.
- Tout à fait, approuva Théo. En tout cas, merci pour le plaisir que tu m'as donné. J'ai adoré.
- C'était le but, et je suis content que ça t'ait plu. Par contre, ça a l'air de t'avoir lessivé…
- Oui, j'ai eu une journée assez difficile.
- Ça a dû beaucoup te remuer, ce que tu m'as dit tout à l'heure, à propos de la personne sur qui tu as appris des choses. Car depuis quelques jours, tu es plutôt vif et plein d'énergie…
- Oui, c'est comme si le trop-plein qu'il y avait dans ma magie s'était réincarné dans mes veines…
- Ce sont peut-être tes potions qui font ça ? Tu es sûr qu'elles sont encore bonnes ?
- Oui, je ne me réapprovisionne jamais trop à l'avance, je ne vais en chercher auprès du professeur Snape que lorsqu'il ne me reste que trois ou quatre fioles. Mais j'irai lui en parler si ça continue et si ça devient trop gênant.
Théo sentit Justin acquiescer dans ses cheveux et le serrer davantage contre lui. Il poussa un soupir de bonheur et se retourna afin de nicher son visage dans le cou de son petit-ami. Leur respiration se fit bientôt plus lente et régulière, et ils s'endormirent ainsi sans se soucier de l'heure, épuisés par la semaine de cours qu'ils avaient eue et par le moment intime qu'ils venaient de partager…
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(samedi 31/05) POV Sirius
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- À quoi ça sert de faire une réunion juste avant de parler aux élèves ? se plaignit Sirius.
- À vérifier qu'on n'a rien oublié, répondit Remus.
- Mais Dumbledore sait très bien ce qu'il va dire…
- Un des professeurs peut ajouter une proposition à laquelle il n'a pas pensé avant…
- Ouais… Mais j'aurais franchement préféré éviter cette réunion. Je suis loin d'avoir fini les sujets des examens…
- Tu seras dans les temps, ne t'en fais pas pour ça, assura Remus. Tu n'auras bientôt plus de copies à corriger, tu auras tout le loisir de t'occuper de ces examens.
- C'est vrai. Bon, allons-y, sinon ils vont commencer sans nous.
Sirius et Remus se levèrent, quittèrent leurs appartements et se rendirent à la salle des professeurs. Il ne manquait plus que Sybille et Ernest qui arrivèrent quelques minutes plus tard. Dumbledore prit la parole :
- Merci à tous d'être venus. Comme vous le savez, nous sommes ici pour finaliser l'allocution qui aura lieu après le déjeuner. Lors d'une précédente réunion, nous avons retenu les thèmes des cours approfondis, de la session de rattrapages et des stages que les élèves de cinquième et sixième année actuels peuvent effectuer durant l'été. Parmi les directeurs de maison, est-ce que l'un d'entre vous rencontre des problèmes avec les demandes de stages ? Où est-ce que cela en est ? Oui, Severus ?
- Pour ce qui est des élèves de cinquième année, je devrais bientôt recevoir des réponses pour Miss Parkinson, Miss Jones et M. Zabini. De même pour une élève de sixième année, à savoir Miss Birx. En revanche, je n'ai rien trouvé pour Miss Davies, en cinquième année. Je la convoquerai d'ici peu pour voir si elle serait intéressée par un autre domaine ou si cela ne la dérangerait pas d'obtenir un stage ailleurs qu'en Irlande, là où elle réside. À part cela, à l'exception de Miss Birx, tous les élèves de sixième année qui souhaitaient un stage ont reçu une réponse favorable.
- Parfait. Et vous, Pomona ?
- Je n'ai que deux élèves, M. Rivers et Miss Roper, qui ont voulu un stage chez les cinquième année et ils l'ont eu. Chez les sixième année, M. Corbett, M. Adelson et Miss O'Flaherty ont également un stage et j'en recherche un pour Miss Bolen.
- Elle veut travailler dans un restaurant, c'est cela ? intervint Remus.
- Comment tu le sais ? s'étonna Pomona.
- Lors d'un cours où j'apprenais aux élèves à métamorphoser un verre en carafe, j'ai évoqué le fait que j'avais travaillé dans un restaurant lorsque j'étais plus jeune, et à la fin du cours, Miss Bolen est venue me voir afin de me poser des questions sur tous les métiers qui touchaient de près ou de loin à la cuisine, que ce soit pour la faire ou pour la servir. Est-ce que tu lui as suggéré des auberges, des bars ou des restaurants moldus ?
- J'y ai bien pensé, mais cela fait très longtemps que je n'ai plus eu de contacts avec ce monde-là, je n'aurais donc eu aucune adresse à lui fournir…
- C'est dommage, car il me semble qu'elle est née-moldue ?
- Oui, mais elle souhaite peut-être rester dans le monde sorcier…
- Il faut le lui demander. Est-ce que tu m'autoriserais à voir ça avec elle ? Ce sera plus simple pour moi, et en plus, je suis en avance dans la préparation des examens.
- J'avoue que tu m'ôterais une sacrée épine du pied… Je la redirigerai vers toi, dans ce cas.
- Tu es sûr que ça ira, Remus ? s'inquiéta Sirius.
- Oui, cela ne me prendra que quelques heures, ce n'est pas ça qui me mettra en retard dans ce que j'ai à faire.
- Mais…
- Faites-lui confiance, Sirius, intima Dumbledore. D'ailleurs, Remus, où cela en est-il pour vous, au sujet de ces stages ?
- Chez les cinquième année, j'en ai un pour M. Thomas et Miss Barney, et je suis dans l'attente d'un retour pour Miss O'Neal. Chez les sixième année, Miss Bell et M. McLaggen ont déjà leur stage, et j'en cherche un pour M. Moncky et M. Dunn.
- Bien, n'hésitez pas à en parler entre vous, il se peut que certains d'entre vous aient des pistes pour un ou plusieurs élèves d'un de leurs collègues. Et vous, Sirius ? Comment cette histoire de stages se passe-t-elle pour vous ?
- Les élèves de cinquième année ont presque tous un stage. J'en ai trouvé un pour M. Goldstein, M. Cornfoot, Miss Li et Miss Turpin, il n'y a que Miss Patil qui n'en a pas encore. Et chez les élèves de sixième année, M. Conley, M. Aberline et Miss Norton ont un stage, j'attends une réponse pour M. Hart et je n'ai pour l'instant rien pour Miss Brock. Mais je suis sur le coup.
- Si d'ici mi-juin, vous n'avez toujours pas de retours, relancez toutes les personnes que vous avez contactées, et dites-leur que vous avez besoin d'une réponse, même si c'est un refus, afin que vous puissiez avancer dans vos recherches.
- D'accord, je le ferai.
- Tâchez d'être le plus organisé possible, car dans les jours qui viennent, vous allez sûrement avoir la visite de plusieurs élèves. C'est chaque année la même chose. Lorsque j'apprends vers la fin-mai aux élèves de cinquième et sixième année qu'ils ont encore deux ou trois semaines pour demander un stage, certains d'entre eux se réveillent d'un coup et les directeurs de maison se retrouvent avec trois ou quatre dossiers supplémentaires sur les bras. La moitié de ces élèves parviennent à avoir un stage pour la dernière quinzaine d'août et l'autre moitié n'a rien car tout est complet.
- Je ferai de mon mieux pour ne pas me laisser déborder et je ferai tout pour qu'aucun élève ne soit sur le carreau.
- Je n'en doute pas, j'ai toute confiance en vous. Bien, pour les stages, c'est donc presque réglé pour vous tous. Pour la session de rattrapages, j'ai le plaisir de vous annoncer qu'ils seront tous assurés par les examinateurs du Ministère. Ils ne seront pas libres pour les examens dans un mois, mais ils le seront pour les rattrapages. Venons-en maintenant aux cours approfondis de sixième année. Avez-vous des questions à ce sujet ? Oui, Horace ?
- Ce n'est pas une question, mais une requête. Je n'avais pas ce problème lorsque j'enseignais il y a quinze ans, car le programme était un peu plus léger, mais là, j'ai eu beaucoup de mal à venir à bout de celui des sixième et septième année. Par contre, j'ai déjà bouclé depuis deux semaines celui des première et deuxième année. C'est bien pour eux, car je peux profiter de cette avance pour leur faire réviser toutes les potions qu'on a vues cette année, mais ils commencent déjà à s'ennuyer car ça fait six cours qu'ils revoient les potions qu'ils ont mis trois semaines à maîtriser pour chacune d'elles… C'est barbant pour eux, à leur âge, de passer un mois à réviser et ne rien apprendre de nouveau. J'ai donc l'impression que le nombre de cours pour ces quatre classes est mal réparti. J'ignore s'il en est de même pour mes collègues, mais si c'est le cas, peut-être faudrait-il remédier à cela…
- Je vois, déclara Dumbledore. Quelqu'un veut-il réagir au problème soulevé par Horace ? Cela ne concerne-t-il que lui ou d'autres d'entre vous ? Oui, Sirius ?
- Plusieurs élèves de sixième et septième année se sont plaints que les cours allaient trop vite, que ce soient les cours théoriques ou les cours pratiques, et qu'ils avaient du mal à suivre. Certains ont même complètement décroché et je n'ai pas besoin de les espionner pour savoir qu'ils recopient les cours de leurs camarades pour être à jour et qu'ils s'entraînent plus que de raison le soir dans leurs dortoirs pour se maintenir à niveau. Il n'y a pas eu d'incidence sur les notes, mais je rejoins Horace sur le fait qu'il faut faire quelque chose. Tout comme lui, j'ai beaucoup d'avance avec les première et deuxième année, et même avec les troisième année, bien que ce soit un peu moins considérable.
- Merci, Sirius. Qui rencontre le même souci que Horace et Sirius ?
Pomona, Brian et Remus levèrent la main. Septima, Sybille, Charity, Hagrid et Bathsheda n'avaient pas le même problème puisqu'ils n'avaient pas les élèves de première et deuxième année en cours, étant donné qu'ils enseignaient des options. Seul Ernest, qui avait toutes les classes, semblait ne pas être impacté par la répartition du nombre de cours pour chacune d'entre elles. Mais il y avait tout de même cinq professeurs qui n'étaient pas satisfaits de cette répartition. À ce constat, Sirius regretta d'avoir pesté contre cette réunion. Elle était beaucoup plus utile qu'il ne le pensait. Il se faisait cette réflexion quand Brian intervint :
- Pour ma part, je crois que j'ai eu du mal à boucler le programme car c'était la première année que j'enseignais. Sinon, c'est largement faisable de terminer le programme dans les temps avec quatre heures de cours hebdomadaires.
- Il n'y a donc pas besoin de rajouter une heure, selon vous ?
- Non, ce ne sera pas nécessaire.
- Bien, votre matière sera exemptée de l'heure supplémentaire, dans ce cas. Mais même sans cela, avec quatre heures de plus dans leur emploi du temps, certains élèves vont peut-être être obligés de renoncer à plus de cours qu'ils ne l'avaient prévu. Quoi qu'il en soit, pour la rentrée, dans l'emploi du temps des sixième et des septième année, il va falloir ajouter une heure de cours en botanique, en métamorphose, en potions et en sortilèges, et dans l'emploi du temps des première et des deuxième année, il faudra enlever une heure de cours de ces quatre matières. Et pour les sixième et septième année, il y aura donc trois heures de cours normaux, et deux heures de cours approfondis. Ou deux heures et demie pour chaque type de cours s'ils sont tous deux concernés par ce problème de retard dans le programme. Est-ce le cas ?
Horace, Sirius, Pomona et Remus secouèrent la tête.
- Non, il n'y a que pour les cours normaux où j'ai eu du mal à finir le programme, précisa Sirius.
Trois «pareil» émanèrent des autres professeurs.
- Bien, ce seront donc trois heures de cours normaux et deux heures de cours approfondis, conclut Dumbledore. Oui, Severus ? Avez-vous quelque chose à ajouter ?
- Oui, puisque les élèves de première et de deuxième année auront moins de cours, ce serait bien de saisir l'occasion pour intégrer des cours de méthodologie ainsi que des séances de prévention et de sensibilisation dans leur emploi du temps. Et afin de réduire davantage les clivages entre les élèves qui ne viennent pas tous du même monde, il serait aussi intéressant d'inclure des cours sur le monde sorcier et sur le monde moldu. À mon sens, le cours d'étude des moldus ne devrait pas être qu'une option. Comment les élèves Sang-Pur et nés-moldus peuvent-ils se comprendre et se tolérer s'ils ne savent rien sur le monde qui leur est inconnu ? C'est dès le plus jeune âge qu'il faut leur faire une éducation à ce sujet. Je suis désolé, Charity, cela changerait complètement ton emploi du temps et le programme de tes cours, mais je trouve cela vraiment essentiel de rendre ces cours accessibles dès la première année.
Charity sourit.
- Cela ne me dérange absolument pas, je n'ai que dix heures de cours par semaine, je peux bien en avoir quatre de plus, et pour ma part, j'ai toujours pensé aussi que ce cours devrait être obligatoire lors des deux premières années, et ensuite être proposé en option, comme c'est le cas actuellement. Mais ce n'est pas à nous de décider.
Sirius fut séduit et amusé par la façon dont Charity s'adressait implicitement au directeur. Celui-ci ne tarda d'ailleurs pas à réagir :
- Je vais vraiment songer à vous laisser ma place, Severus. Vous n'auriez aucun mal à diriger cette école, les élèves seraient en sécurité avec vous.
- Merci, professeur, mais je crains d'avoir déjà beaucoup de travail pour en plus me voir confier une telle responsabilité.
- Oh, je n'ai pas dit que c'était pour tout de suite, mais d'ici quelques années, peut-être devrais-je en parler avec vous…
Sirius ne put s'empêcher de sourire face à l'air gêné de Severus qui avait l'air de ne plus savoir où se mettre.
- Quoi qu'il en soit, j'adhère à toutes vos idées, Severus. Il va juste falloir trouver les personnes qui viendront pour assurer les cours de sensibilisation. Il vaut mieux que chaque thème soit traité par un spécialiste. Pour ce qui est de la méthodologie, un des professeurs d'options pourra sûrement s'en occuper. Quelqu'un serait-il intéressé ?
Charity et Bathsheda se manifestèrent.
- Vous pourrez vous partager les niveaux, proposa Dumbledore.
Les deux collègues se regardèrent.
- Je veux bien prendre les première année, indiqua Bathsheda. J'aurais sûrement du mal à contrôler les deuxième année qui sont réputés pour être un peu trop… agités.
- Pour ne pas dire insolents, renchérit Charity. J'assumerai les cours des deuxième année, alors.
- Bien, il ne reste plus que le poste de professeur du monde sorcier à pourvoir.
Septima leva la main.
- Merci, Septima, nous avons quelqu'un pour chaque cours, c'est parfait. Beaucoup de choses vont changer dans les emplois du temps mais ce sera pour le mieux. Je crois que nous avons fait le tour. À moins que quelqu'un ait une autre requête à faire ? Non ? Personne ? La réunion est donc levée.
Tout le monde se leva. Alors qu'il ramassait sa mallette, Sirius se souvint soudain de quelque chose. Il se tourna vers son compagnon :
- Remus, avant que Severus ne s'en aille, il faudrait aller le voir pour lui parler du petit oubli d'hier soir…
Remus soupira.
- J'avais presque oublié… Tu as raison, allons-y.
Sirius et Remus se faufilèrent entre leurs collègues et rejoignirent Severus. Celui-ci les vit et arqua un sourcil.
- Vous, vous avez quelque chose à me dire ou à me demander.
- On ne peut rien te cacher, avoua Remus. Mais on aimerait attendre qu'il n'y ait plus personne.
- Ouh là, vous me faites peur…
Tous les professeurs étaient presque déjà partis, sauf Charity et Bathsheda qui discutaient. Ce ne fut qu'au bout de dix minutes qu'elles partirent, au plus grand soulagement de Sirius et de Remus. Ils adoraient leurs collègues, mais là, ils avaient besoin d'être seuls avec Severus.
- Enfin, quelles pipelettes, ces deux-là, s'exclama Sirius.
- À vrai dire, je me serais mêlé à leur conversation si je ne vous avais pas vus venir vers moi, confia Severus. Mais je suis tout à vous.
- Hé, tu as une copine, ne t'avise pas d'aller draguer une de nos collègues, ordonna Sirius d'un ton faussement menaçant.
Severus leva les yeux au ciel.
- Comme si c'était mon genre… Je suis quelqu'un de fidèle, Sirius. En plus, je dois aller chez Tonks ce soir, je choisirais bien mal mon jour pour aller voir ailleurs…
- Ah ouais, donc on tombe vraiment mal, grimaça Sirius.
- Mais non, je suis libre jusqu'au déjeuner qui ne sera pas servi avant une heure. Je vous l'ai dit : je suis tout à vous. Même si je suis occupé, je ne refuserai jamais de vous écouter, surtout que là, ça a l'air assez sérieux…
- Oui, confirma Sirius, mal à l'aise. Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins : hier soir, Remus et moi avons… euh… on a…
Sirius se tut, trop gêné pour aller au bout de sa phrase. Remus dut donc prendre le relais :
- Hier soir, Sirius et moi avons oublié le sort de protection, annonça-t-il de but en blanc. Cela fait un bon moment que je ne me suis pas fait dépister, et même si je crois m'être protégé durant chacun de mes rapports, il y a toujours le risque d'un oubli involontaire que je n'aurais pas remarqué. Quant à Sirius, le dernier test qu'il a fait remonte à avant Azkaban. Depuis, il a eu deux relations : une avant et une après Azkaban. Et pour la plus ancienne d'entre elles, il n'a pas la certitude de s'être toujours protégé. Nous voudrions donc effectuer un test sanguin afin d'être fixés.
Severus hocha la tête.
- Je vois. Je comprends que vous soyez gênés, mais c'est quelque chose qui peut malheureusement arriver à tout le monde. Même aux personnes les plus sérieuses. Le principal, c'est de réagir aussitôt en conséquence. Et c'est ce que vous avez fait. Je vais sans plus tarder vous emmener à l'infirmerie où vous effectuerez les tests adéquats.
- Tu ne les as pas chez toi, ces tests ? s'étonna Sirius.
- Non, je n'ai que des potions dans mes placards. J'ai des appartements de potionniste, à la base, pas de médicomage.
- Ah oui, c'est vrai…
Sirius vit Severus sourire.
- Ne vous inquiétez pas, Poppy ne saura pas la raison de votre visite. Cela restera entre nous.
Les mots de Severus rassurèrent de suite Sirius. En jetant un coup d'oeil à Remus, il devina que son compagnon avait eu les mêmes peurs que lui.
- À présent que vos craintes sont apaisées, vous voulez bien venir avec moi ?
Sirius et Remus acquiescèrent et quittèrent la salle des professeurs en compagnie de Severus. Celui-ci les précéda jusqu'à l'infirmerie qu'ils découvrirent presque vide. Seuls quelques paravents étaient fermés. Poppy devait être occupée avec un élève car elle n'était ni dans l'allée, ni dans son bureau. Cela arrangeait bien Sirius et Remus, même si Severus leur avait bien dit qu'il ne divulguerait rien à la gérante des lieux. Il fit entrer le couple dans un box et leur demanda de s'asseoir sur le lit ou sur l'une des chaises.
- Je vais chercher le nécessaire, annonça-t-il.
Il s'éclipsa et revint deux minutes plus tard avec le matériel.
- Je vais d'abord vous prélever du sang, puis je récupérerai un peu de votre fluide magique.
Sirius fronça les sourcils.
- Ce n'est pas un généticomage qui est censé faire ça ?
- Pour des examens très poussés et uniquement liés à la génétique comme c'était le cas pour Harry, oui, mais là, il s'agit de tests médicaux et il n'y a rien de plus basique que ce test-là. Pour dire, des étudiants en deuxième année de médicomagie sont parfaitement capables de réaliser ce test. Pas de les interpréter, ça, c'est beaucoup trop tôt à ce niveau-là, il faut être diplômé pour ça, mais prélever du fluide magique pour vérifier s'il n'est pas infecté par des maladies sexuellement transmissibles, c'est vraiment quelque chose qui s'apprend très vite et très facilement. Car il ne faut pas beaucoup de fluide pour ce test.
- Je vois. On te fait confiance, de toute façon. Tu commences par qui ?
- À vous de choisir.
Remus se dévoua pour passer en premier. Severus lui prit plusieurs tubes de sang, puis il s'empara d'une aiguille plus petite et bien plus fine que celle qu'il avait utilisée précédemment.
- Ça va être un peu plus douloureux mais tu ne dois surtout pas bouger, Remus, il faut que tu sois le plus immobile possible pour que le fluide aille directement dans le tube.
Remus hocha la tête sans avoir l'air particulièrement stressé. Il réagit à peine lorsque Severus planta la petite aiguille dans son avant-bras. Sirius vit alors le tube se remplir d'un mince filament. Il était semblable aux souvenirs que les sorciers extrayaient de leur mémoire, à part que le fluide magique était plus fin, moins brumeux et moins consistant. C'était quasiment translucide, constata Sirius.
- À ton tour, Sirius, déclara Severus.
Sirius remonta sa manche et laissa Severus lui prendre quelques centilitres de son sang. Il grimaça légèrement quand son collègue et ami effectua la seconde partie du test. Mais tout se passa très bien et Sirius se sentit soulagé d'un poids. Il espérait désormais que tout serait négatif pour Remus et lui.
- Les résultats seront disponibles d'ici quelques jours, je vous convoquerai quand je les aurai.
- D'accord, merci pour tout, Severus. Et nous sommes désolés de t'avoir dérangé alors que tu ne vas pas avoir une seconde à toi aujourd'hui, s'excusa Remus.
- Ne t'en fais pas, j'aurai quelques heures pour me reposer avant d'aller chez Tonks, assura Severus. Elle rentre de son travail vers dix-neuf heures et elle m'attend pour vingt heures, histoire qu'elle ait un peu de temps pour elle avant que je ne débarque.
- Tant mieux, alors. Profite bien de cette soirée, dit Remus en souriant.
- Et de cette nuit, ajouta Sirius.
Remus le gronda d'un «Sirius» exaspéré tandis que Severus levait les yeux au ciel.
- Allez, filez d'ici, avant que je ne doive expliquer ce soir à ma bien-aimée pourquoi j'ai transformé son cousin en crapaud…
- Tu n'as pas d'autres preuves d'amour à lui donner que de maltraiter son cousin ? s'offusqua Sirius.
- Remus, emmène-le tout de suite ou tu vas vraiment finir par te retrouver avec un crapaud en guise de compagnon…
Sirius regarda Severus avec un air faussement outré alors que Remus le traînait hors de l'infirmerie.
- Tu ne grandiras donc jamais, soupira Remus.
- Oui, mais c'est pour ça que tu m'aimes.
- Mmmh, j'ai quand-même d'autres raisons et qui sont bien loin devant celle-là.
- Ah oui ? Lesquelles ? fit Sirius, vivement intéressé.
- Tu veux que je te fasse la liste pour flatter ton ego ? Il va falloir la mériter, prévint Remus. Je n'ai pas envie de manger dans la Grande Salle, ce soir, ni de cuisiner, alors c'est toi qui vas t'y coller.
Sirius haussa les sourcils.
- Ah ouais, t'es comme ça, toi… Heureusement que j'ai fait des progrès depuis l'été dernier, sinon tu te serais contenté d'un steak avec des petits pois…
- Tout me convient tant que c'est mangeable et fait avec amour.
- Oh, c'est mignon…
Sirius s'arrêta en plein couloir afin d'embrasser Remus qui n'hésita pas à répondre à son baiser qui fut aussi tendre que passionné. Ce fut main dans la main qu'ils reprirent ensuite le chemin de leurs appartements, unis et plus amoureux que jamais.
.
Sirius entamait son dessert lorsque Dumbledore prit la parole :
- Silence, s'il vous plaît ! J'ai plusieurs informations de la plus haute importance à vous donner. Vos professeurs ont déjà dû vous en parler, mais je souhaiterais apporter quelques précisions au sujet des rattrapages. Pour les élèves de première et deuxième année, vous devrez repasser toutes les matières où vous aurez eu Piètre, Désolant ou Troll. Pour les élèves de troisième et quatrième année, il en est de même pour vous, à la différence près que vous devrez aussi repasser les options où vous n'aurez pas eu la moyenne. Si vous en avez plus de deux et que vous désirez ne pas poursuivre l'une d'entre elles, vous ne serez pas obligé de la repasser. Il faut néanmoins que vous gardiez au minimum deux options pour les BUSE. Pour les cinquième, sixième et septième année, vous devrez repasser toutes les matières qui vous seront indispensables aux ASPIC selon la formation que vous aurez choisie. Si vous n'avez pas la moyenne à une matière qui ne vous sera pas essentielle, à vous de décider si vous voulez la repasser ou non. Les rattrapages auront lieu du huit au dix-neuf juillet et seront assurés par les examinateurs du Ministère. Je me devais de faire le point là-dessus, mais si je puis vous donner un conseil, ne pensez pas trop à ces rattrapages, concentrez-vous plutôt sur les examens qui arrivent et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour les réussir. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser à votre directeur ou à votre directrice de maison. Je vais vous parler maintenant des stages que les élèves de cinquième et de sixième année peuvent effectuer durant l'été. Là aussi, vous devez être au courant puisque bon nombre de vos camarades ont d'ores et déjà leur stage. Il est cependant encore temps de demander à en obtenir un auprès de vos directeurs de maison. Mais attendez-vous à essuyer des refus. Les places sont limitées, il faut s'y prendre tôt afin d'espérer d'être accepté. C'est pour cette raison que vos professeurs vous en parlent assez tôt dans l'année. Et c'est surtout valable pour les stages en service de médicomagie, de vétérimagie ou d'avocamagie. Ce sont des stages très demandés, les places sont donc vite prises. Mais tentez tout de même votre chance. Je rappelle les modalités de stage : il n'y a pas de durée imposée, c'est au bon vouloir de votre maître de stage. Je vous conseille toutefois de ne pas aller au-delà de six semaines, car vous aurez un rapport de stage à rendre et cela ne se fait pas en quelques jours, loin de là. De plus, les vacances sont avant tout faites pour se reposer, et vous en aurez besoin, alors pensez à garder du temps pour vous afin d'affronter dans les meilleures conditions qui soient l'année qui vous attend avec la préparation des ASPIC. De nouveau, si vous avez des questions concernant le stage ou le rapport de stage, adressez-vous à vos directeurs de maison. Avant de clore ce sujet, je précise que les élèves de sixième et septième année peuvent effectuer un stage durant les vacances de Noël et de Pâques s'ils rentrent chez eux, mais j'y reviendrai en temps voulu. Je tenais juste à vous le dire afin que les élèves de cinquième année ne s'angoissent pas trop. Si vous n'avez pas de stage cet été, vous pourrez peut-être en avoir pendant les vacances de Noël, ou celles de Pâques, ou durant l'été suivant. Vous aurez plusieurs occasions d'avoir un stage, d'autant plus que c'est plus facile d'en obtenir un à Noël ou à Pâques, étant donné que la plupart des élèves préfèrent rester à Poudlard afin d'étudier et de réviser. Vous aurez moins de concurrence. Mais il y a plus d'offres de stages à Pâques qu'à Noël, pour des raisons évidentes. Ne stressez donc pas tout de suite. Bien, j'en viens à présent au troisième et dernier sujet. Les élèves concernés doivent déjà le savoir, mais dès la sixième année, des cours approfondis dans les matières principales sont proposés aux élèves qui ont besoin de ces matières pour la formation qu'ils devront intégrer après les ASPIC. Jusque-là, les élèves de sixième et septième année avaient deux heures de cours normaux et deux heures de cours approfondis dans ces matières-là. Mais cela va changer à la rentrée. En effet, plusieurs professeurs rencontrent des difficultés à terminer le programme avec ces classes-là, et de nombreux élèves se sont plaints d'avoir du mal à suivre les cours normaux qui vont trop vite à leur goût, tandis que ces mêmes professeurs finissent avec considérablement d'avance le programme avec les élèves de première et deuxième année. C'est pourquoi il a été décidé ce matin que dès la rentrée prochaine, les élèves de sixième et septième année auront désormais trois heures de cours normaux et deux heures de cours approfondis en botanique, en métamorphose, en potions et en sortilèges. Seules l'histoire de la magie et la Défense Contre les Forces du Mal ne seront pas concernées par cette nouvelle répartition horaire, les professeurs Gordon et Ernest pouvant réussir à finir leur programme dans les temps. Néanmoins, avec ces quatre heures de cours supplémentaires, certains élèves vont être obligés de revoir leur choix quant aux matières qu'ils souhaitaient garder pour leurs ASPIC. Avec quatre heures de cours en plus, il vous sera impossible de suivre plus de dix ou onze cours. Vos directeurs de maison vous convoqueront d'ici peu afin d'en discuter avec vous. Je vais aborder plus en détail cette question de cours approfondis avant de vous laisser y aller. Vous pourrez avoir tous accès à ces cours qui seront proposés en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, histoire de la magie, métamorphose, potions et sortilèges, bien qu'ils soient plutôt réservés aux élèves qui auront besoin de ces matières pour leur future formation, et ils sont vivement conseillés pour eux. Il n'y a pas de notes requises aux BUSE pour pouvoir assister à ces cours, mais le niveau est bien plus élevé que lors des cours normaux, alors autant vous dire que cela ne sert à rien de venir à ces cours si vous n'avez pas eu la note suffisante pour suivre les cours normaux. Je précise aussi que vous aurez tous le même sujet dans ces matières-là aux ASPIC. Il n'y aura donc pas d'examens spécifiques aux cours approfondis. Ces cours sont juste destinés à vous préparer convenablement à votre future formation. Le but est de vous aider, et non pas de vous mettre des bâtons dans les roues et de vous empêcher d'accéder à la formation de vos rêves en vous imposant de réussir un examen bien plus compliqué que celui basé sur les cours normaux. Ces cours sont déjà suffisants en soi pour vous permettre d'entrer dans ces formations, mais les cours approfondis vous apportent un bagage plus conséquent et non négligeable. Là encore, si tout n'est pas clair pour vous, je vous invite à aller en discuter avec vos directeurs de maison. Je crois vous avoir tout dit, alors je vous souhaite un bon après-midi ainsi qu'un bon week-end et de bonnes révisions pour vos examens.
Dumbledore se rassit sur ces mots. Les élèves de cinquième et sixième année avaient l'air dépassés par tout ce qu'ils venaient d'entendre. Cela faisait un peu trop pour eux d'un coup. Mais la réaction qui intéressait le plus Sirius, c'était celle de Harry. Le regard dans le vide, il semblait en proie à une profonde réflexion interne. À quoi pensait-il ? Aux rattrapages ? Avait-il peur de rater ses examens et songeait-il donc déjà à la seconde session ? Aux stages ? Réalisait-il soudain qu'il voulait en faire un, alors qu'il n'en avait jamais parlé jusque-là ? Aux cours approfondis ? Se demandait-il s'il allait pouvoir suivre ceux qui lui seraient nécessaires pour une formation qu'il n'avait même pas encore choisie ? «Ça se trouve, ce n'est rien de tout ça, il a peut-être d'autres choses en tête qui n'ont rien à voir avec les sujets que Dumbledore vient d'aborder, si bien qu'il n'a peut-être même rien écouté» se dit Sirius. En fait, c'était lui qui s'inquiétait à la place de son filleul avec toutes ces interrogations qu'il venait d'avoir. De toute façon, si Harry avait des doutes sur un de ces trois sujets, il viendrait en parler à son directeur de maison préféré ou à son parrain adoré. Ce fut sur cette pensée que Sirius se leva, ayant fini de manger. Remus, qui devait attendre après lui, l'imita. Ils quittèrent la Grande Salle et rentrèrent à leurs appartements. À peine se furent-ils débarrassés de leurs robes de sorciers que des coups se firent entendre à la porte. Sirius alla ouvrir et fut surpris de tomber sur Harry.
- Tu nous as suivis ? demanda-t-il, mi-perplexe, mi-amusé.
- J'ai un peu hésité avant de venir, avoua Harry. Mais je savais que c'était ce que je devais faire et je me suis donc dépêché pour ne pas me donner le temps de changer d'avis sur le chemin.
- Tu as bien fait. C'est en rapport avec le discours de Dumbledore ?
- Oui.
- Bien, entre, nous allons discuter de tout ça autour d'un bon thé. Ça t'aidera à digérer, aussi bien le repas de ce midi que le long monologue du directeur…
Harry laissa échapper un petit rire et accompagna Sirius jusqu'au salon. Il s'assit tandis que Sirius et Remus se disputaient, voulant tous deux préparer le thé. Ce fut finalement Sirius qui eut gain de cause, arguant que Remus l'avait souvent fait depuis le début de la semaine, s'étant octroyé plus de pauses que Sirius dans la préparation de ses examens. Sirius s'occupa donc du thé et revint dans le salon au bout de cinq minutes. Il disposa les trois tasses sur la table et y versa le thé brûlant. Puis il s'installa à son tour.
- Dis-nous tout, intima-t-il à Harry.
Celui-ci se mordit la lèvre avant de se lancer :
- C'est à propos du stage que l'on peut faire cet été. Comme je n'avais toujours pas la moindre idée de ce que je voulais faire après Poudlard, ça ne m'avait pas du tout intéressé quand Remus nous en avait parlé il y a quelques mois, mais là, ce midi, je me suis dit que faire un stage pourrait peut-être m'aider à trouver ma voie… Mais il faudrait que je choisisse un métier au hasard et il faudrait que je sois sacrément chanceux pour tomber directement sur celui qui me plairait… Et je ne sais pas si j'ai vraiment envie de chercher un stage. L'été dernier, j'étais trop embourbé dans mon mal-être et je n'ai pas pu profiter de vous. Je voudrais me rattraper cet été. Mais d'un autre côté, si je tente un stage, il y a tout de même une chance infime pour que je tombe sur le métier que je souhaiterai faire plus tard… J'ignore ce que je dois faire.
- Je vois, répondit Remus. Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que ce serait une bonne idée pour toi de faire un stage cet été. Si tu te demandes si tu en as envie, c'est que déjà, quelque part, tu n'en as pas envie. Si tu en avais envie, tu le sentirais. Et ça se voit que l'idée ne t'enchante pas trop. Et c'est en partie dû au fait que tu ne saches pas quelle formation t'attirerait une fois que tu auras tes ASPIC en poche. Et comme tu le disais, il y a peu de chances que tu choisisses au pif le métier qui est fait pour toi. Surtout que si tu décides de chercher un stage maintenant, tu risques de n'avoir que des refus s'il n'y a plus de place nulle part. Et n'oublie pas qu'il n'y a pas que cet été que tu pourras faire un stage. Tu as les vacances de Noël et de Pâques de la sixième et la septième année ainsi que l'été suivant ta sixième année pour effectuer un stage. C'est ce que disait Dumbledore : il y a encore du temps, il ne faut pas déjà commencer à angoisser parce que tu n'as pas de stage. Si ce n'est pas pour cet été, ce sera pour plus tard. Et peut-être que tu trouveras ta voie durant ta sixième année. Ce sera alors plus facile pour toi de dénicher un stage. Ne te mets pas la pression, d'accord ?
Harry acquiesça.
- En plus, il me semble que tu as prévu de voir beaucoup de monde, cet été, ajouta Sirius.
- Oui, mais encore faut-il qu'ils soient tous disponibles… J'aimerais au moins voir Ron, Hermione, Draco et Théo. Et le reste de la bande, si possible.
- Il y en a beaucoup parmi eux qui ont prévu de faire un stage ?
- Pour l'instant, je crois qu'il n'y a que Blaise et Pansy. Pour Blaise, c'est pratiquement sûr qu'il va en avoir un, mais pour Pansy, c'est un peu plus compliqué. Et il y a Théo qui va travailler, aussi.
- Tu vas bien réussir à tous les voir, dit Sirius d'un ton optimiste.
- S'il faut que je les vois un par un, on n'est pas sortis de l'auberge…
- Eh bien s'il n'y a que ça, nous te permettrons de t'absenter du Square autant de fois qu'il le faudra. Bon, ce serait quand-même bien si tu pouvais réunir plusieurs de tes amis d'un coup, sinon on ne va pas pouvoir beaucoup profiter de toi… Surtout si tu dois passer une ou deux semaines chez Severus pour voir Draco, comme c'est convenu. En fait, c'est dommage que ton anniversaire ne tombe pas un week-end, tu aurais pu inviter tous tes amis au Square…
Harry fronça légèrement les sourcils et sembla réfléchir jusqu'à ce qu'un sourire ne vienne soudain éclairer son visage.
- Le mien, non, mais celui de Ginny tombe un dimanche, si ses parents sont d'accord, et vous aussi, elle pourra le fêter au Square…
- Ça, c'est une bonne idée, approuva Remus. Qu'en dis-tu, Sirius ?
- Je suis tout à fait d'accord.
- Après, je ne veux pas vous chasser du Square…
- Oh, ne t'en fais pas pour nous, j'ai plein de projets pour Remus et moi. Nous rentrerons sûrement au petit matin, et nous compterons sur toi pour que tout soit propre et bien rangé.
- Évidemment.
- Je ne pense pas avoir besoin de préciser qu'il ne devra pas y avoir une seule goutte d'alcool, étant donné que vous serez tous mineurs, prévint Sirius. Et même si tout le monde sera sobre, je veux que tu veilles à ce que personne ne reparte tout seul. Je préfère que tes amis dorment au Square si leurs parents ne peuvent pas venir les chercher. On ne sait jamais ce qui peut se passer dehors. Remus et moi les raccompagnerons chez eux le lendemain en les faisant transplaner. Je leur proposerais bien d'utiliser la cheminée, mais ce sera trop court pour la relier avec celle de tes amis.
- Sans compter que Hermione et Justin sont des nés-moldus, rappela Harry. Mais ce serait bien que cette nuit-là, le parrain de Draco soit exceptionnellement occupé…
Sirius écarquilla les yeux alors que Remus pouffa à côté de lui. Harry dut comprendre le quiproquo car il se mit à rougir.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, se défendit-il. Ça va juste nous permettre de passer un peu plus de temps ensemble, même si on se verra normalement à la fin des vacances. Ça m'étonnerait qu'on fasse quoi que ce soit, on sera certainement trop fatigués… Bon, j'en parlerai à Ginny la prochaine fois que je la verrai. Elle me donnera sa réponse au début des vacances, à mon avis, car je ne pense pas qu'elle en discutera avec ses parents par lettres… Je vous tiendrai au courant.
- Bien, ce n'est pas pressé, de toute façon, signala Sirius.
- Mais ça va vite venir, car je sens que les vacances vont passer à une vitesse folle… J'ai tellement hâte d'y être, confia Harry.
- Patience, encore un mois et on y sera, dit gentiment Remus.
- Oui, avant ça, il y a les examens… Je vais d'ailleurs y aller, j'aimerais réviser avant la séance de ce soir avec le groupe.
- Ça marche toujours, ces séances de révisions ? s'enquit Sirius.
- Oui, mais il y en a qui sont moins concentrés que d'autres. Et pas seulement pendant ces séances. Pansy et Justin commencent à se mettre un peu trop la pression, Ron n'est pas du tout motivé mais fait quand-même des efforts, Draco est trop confiant à mon goût depuis quelques jours, et Théo est un peu bizarre en ce moment, il ne tient pas en place et a sans cesse besoin de bouger. Ce qui n'est pas vraiment pratique pour réviser. Mais il connaît déjà tous ses cours sur le bout des doigts, donc ce n'est pas trop problématique pour lui. Sinon, Terry et Blaise sont très sérieux, comme d'habitude, et Hermione est redevenue aussi studieuse qu'elle ne l'était avant sa fixette sur les dealers. Mais elle devra continuer ses séances de thérapie pendant l'été et même après la rentrée. Par contre, je ne sais pas comment le professeur Snape va faire pour voir ses patients durant les vacances. Il y en a pour qui ce sera facile, comme pour Draco, Théo et moi, mais pour les autres…
- Severus va trouver une solution, ne t'en fais pas pour ça, assura Remus. Et ne t'inquiète pas trop non plus pour tes amis. Chaque élève a sa façon de réagir à l'approche des examens. Après, si leur comportement devient trop inquiétant, là, tu pourras en parler à Severus. N'attends pas en te disant que ça va s'arranger, c'est l'erreur à éviter à tout prix.
- D'accord, je vais garder un œil sur eux, alors. Et sans trop dévier de mes révisions, promis. Allez, j'y vais, merci de m'avoir accueilli, je repasserai vous voir dans la semaine ou le week-end prochain entre deux révisions.
Harry se leva, souhaita une bonne fin de journée à Sirius et Remus et s'en alla.
- Je ne sais pas comment il fait pour gérer efficacement la préparation de ses BUSE tout en ayant un œil sur chacun de ses amis, s'étonna Sirius.
- Ce n'est pas si difficile quand on passe énormément de temps avec toutes ces personnes. À force d'être avec elles, on remarque vite la moindre chose qui change. Mais tant que ça n'empiète pas sur ses révisions, c'est le principal.
Sirius acquiesça et entreprit de débarrasser le thé. Alors qu'il se rendait à la cuisine, il songea qu'il était fier de son filleul. Malgré l'année chaotique qu'il avait passée et les rechutes qu'il avait eues, il était toujours parvenu à se relever et il semblait en bonne voie de réussir ses BUSE. C'était tout ce que lui souhaitait Sirius, ainsi que d'être heureux. Il y veillerait personnellement, comme il le faisait depuis qu'il avait sa garde, et il l'aiderait autant qu'il le pourrait.
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Pas mal de révélations dans celui-là, hein ? XD Désolée s'il a été publié un peu tard, je n'ai pas pu me mettre à la correction aussi tôt que d'habitude, et je tiens à vous offrir des chapitres corrigés, même si pour cela, je dois les poster un peu tard :) C'est quand-même plus agréable XD Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 4 septembre pour le prochain chapitre intitulé «Projets d'été et nouveaux préfets». D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, prenez bien soin de vous, portez-vous bien, et bisous tout le monde !
